Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2301857
Le Tribunal Administratif d'Orléans a été saisi par M. A..., artiste disc-jockey, contestant des titres de perception émis pour le remboursement d’aides du fonds de solidarité perçues en 2020. Dans la première instance (n°2301857), l’administration a annulé les titres contestés, conduisant le tribunal à constater un non-lieu à statuer. Dans la seconde instance (n°2502040), le tribunal a rejeté la requête de M. A..., jugeant qu'il ne remplissait pas les conditions pour bénéficier des aides, notamment faute de justifier d'une baisse de chiffre d'affaires suffisante ou d'une interdiction d'accueil du public pertinente, en application de l'ordonnance n°2020-317 du 25 mars 2020 et du décret n°2020-371 du 30 mars 2020.
Avocat : SELARL ETHIS
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2304585
Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la requête de M. B..., associé de la SCI B..., qui contestait un avis de mise en recouvrement émis à son encontre pour des rappels de TVA, pénalités et amendes dus par la société. Le tribunal a jugé que l'administration avait justifié de poursuites préalables vaines contre la société, condition nécessaire pour engager la solidarité fiscale de l'associé sur le fondement des articles 1857 et 1858 du code civil. Il a également écarté les moyens relatifs au bien-fondé des impositions, considérant que la SCI ne justifiait pas de son droit à déduction de TVA et que les amendes contestées étaient légalement applicables. La demande de frais de justice a été rejetée.
Avocat : CABINET LAURANT MICHAUD DUCEUX
Tribunal Administratif de Nancy — N° TA54-2300465
Le Tribunal Administratif de Nancy était saisi par M. A... d’un recours en plein contentieux contre un état exécutoire émis par la chambre d’agriculture des Vosges pour le recouvrement d’une créance de 26 297,81 euros, correspondant principalement à une étude de faisabilité de méthanisation. Avant d’examiner le fond, le tribunal a soulevé d’office un moyen tiré de l’incompétence de la juridiction administrative. Il a jugé que la prestation de conseil en litige, relevant d’une mission de service public industriel et commercial de la chambre d’agriculture, ne se distinguait pas de celles proposées par une personne privée, ce qui relève du droit privé et de la compétence du juge judiciaire. Par conséquent, le tribunal a rejeté la requête comme portée devant une juridiction incompétente, sans se prononcer sur les moyens de fond (prescription, erreur sur le débiteur, paiement).
Avocat : SELARL GIURANNA ET IOGNA-PRAT
Tribunal Administratif de Nancy — N° TA54-2301264
Le Tribunal Administratif de Nancy a été saisi par la société Relyens Mutual Insurance, assureur du CHRU de Nancy, pour contester deux titres exécutoires émis par l'ONIAM. Ces titres visaient au remboursement des indemnités versées à un patient, M. D..., à la suite de complications survenues lors d'une intervention chirurgicale. La société requérante soutenait que les préjudices relevaient d'un aléa thérapeutique, relevant de la solidarité nationale, et non d'une faute médicale. L'ONIAM a conclu au rejet de la requête et a formulé des demandes reconventionnelles, notamment le paiement d'intérêts, d'une pénalité de 15% sur le fondement de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, et le remboursement des frais d'expertise. Le tribunal a joint les deux requêtes et, après audience, a statué sur le litige.
Avocat : SCP DUBOIS - MARRION- MOUROT
Tribunal Administratif de Nancy — N° TA54-2301704
Le Tribunal Administratif de Nancy a rejeté la requête de M. B... contestant des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour les années 2012 à 2017, d'un montant total de 172 876 euros. Le requérant contestait la régularité de la procédure pour défaut de motivation de la proposition de rectification, la prescription pour les années 2012 à 2016, le bien-fondé des rectifications fondées sur des avantages occultes, et l'application de la majoration de 80 %. Le tribunal a jugé que la proposition de rectification était suffisamment motivée, notamment sur le délai de reprise, et a rejeté l'ensemble des moyens soulevés. La solution retenue s'appuie sur les articles L. 57 et R. 57-1 du livre des procédures fiscales.
Avocat : SELAS HAVEN
Tribunal Administratif de Nancy — N° TA54-2302683
Le Tribunal Administratif de Nancy a rejeté la requête de M. et Mme B... contestant des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour 2017 à 2019. Les requérants contestaient notamment des rehaussements au titre de plus-values immobilières, de distributions occultes par les sociétés Batimets et Insy, et de revenus d'origine indéterminée. Le tribunal a jugé que la charge de la preuve incombait aux contribuables, en application des articles L. 69 et L. 192 du livre des procédures fiscales, et que ceux-ci n'avaient pas apporté de justifications suffisantes. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des demandes de décharge et des conclusions accessoires.
Avocat : AUBE
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2304579
Le Tribunal administratif de Lille a rejeté la demande de provision de la société Manganelli Digital Signage, qui réclamait le paiement de factures impayées à la métropole européenne de Lille (MEL) pour des prestations d’affichage dynamique. Le juge des référés, statuant sur le fondement de l’article R. 541-1 du code de justice administrative, a estimé que la créance était sérieusement contestable : d’une part, une facture de 2021 mentionnait un numéro de marché déjà réglé pour 2020 ; d’autre part, aucun contrat n’avait été conclu pour 2021 et 2022, la tacite reconduction étant prohibée en matière de commande publique. La société a été condamnée à verser 1 000 euros à la MEL au titre des frais de justice.
Avocat : SELARL FABRICE CHATELAIN AVOCAT
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2309406
Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé provision sur le fondement de l’article R. 541-1 du code de justice administrative, a condamné le centre hospitalier du Cateau-Cambrésis à verser à la société Bureau Veritas Construction une provision correspondant aux intérêts moratoires dus pour le retard de paiement de deux factures, ainsi qu’une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 401,32 euros. La solution retenue est fondée sur les articles L. 2192-13, R. 2192-10, R. 2192-16, R. 2192-31 et D. 2192-35 du code de la commande publique, qui prévoient le paiement automatique d’intérêts moratoires et d’une indemnité forfaitaire en cas de dépassement du délai de paiement de trente jours. Le tribunal a jugé que l’obligation de l’hôpital n’était pas sérieusement contestable, les factures ayant été réglées avec un retard de plusieurs mois.
Avocat : SCP SHBK AVOCATS
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2403041
Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé provision sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de la société Tera CVC. Celle-ci sollicitait le paiement provisionnel d'une facture impayée par la commune de Coudekerque-Branche dans le cadre d'un marché de remplacement d'une armoire de chaufferie. Le juge a estimé que le litige portait sur la conformité contractuelle de l'équipement installé, une question excédant son office et rendant l'obligation de la commune sérieusement contestable. La société requérante a été condamnée à verser 800 euros à la commune au titre des frais de justice.
Avocat : ROBILLARD
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2408183
Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé provision sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, a condamné le groupe hospitalier public du Sud de l'Oise à verser à la société Recordati Rare Diseases une provision de 18 550,04 euros. Cette somme correspond à des factures impayées (17 363,70 euros), aux intérêts moratoires (506,34 euros) et à l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement (680 euros), en application des articles L. 2192-13 et suivants du code de la commande publique. Le tribunal a considéré que l'obligation n'était pas sérieusement contestable, le défendeur n'ayant pas produit d'observations malgré une mise en demeure.
Avocat : SIMMONS & SIMMONS LLP
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2503948
Le Tribunal Administratif de Lille a été saisi par la société Dalkia d’une demande de provision de 1 181 343,25 euros fondée sur l’article R. 541-1 du code de justice administrative, dans le cadre de l’exécution d’un protocole d’accord conclu avec le centre hospitalier Le Cateau-Cambrésis. La société requérante s’est ensuite désistée purement et simplement de l’ensemble de ses conclusions. Le président de la 2ème chambre a donné acte de ce désistement par ordonnance, en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Aucune condamnation n’a donc été prononcée.
Avocat : CABINET JOFFE & ASSOCIES (SELARL)
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2510540
Le Tribunal Administratif de Lille a été saisi par l’association Emergences d’une demande de provision de 49 382,40 euros à l’encontre du centre hospitalier Le Cateau-Cambrésis, sur le fondement de l’article R. 541-1 du code de justice administrative. L’association s’est ensuite désistée de l’ensemble de ses conclusions. Par une ordonnance du 23 janvier 2026, le président de la 2ème chambre a donné acte de ce désistement pur et simple, en application de l’article R. 222-1 du même code. Aucune somme n’a été allouée au titre des frais de justice.
Avocat : LASFARGEAS
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2512190
Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par M. A... d’une demande d’injonction visant à obtenir un récépissé de demande de titre de séjour. En cours d’instance, le préfet du Nord a délivré à l’intéressé un récépissé valable jusqu’au 14 mars 2026, incluant une autorisation de travail. Le juge a constaté que cette délivrance rendait sans objet les conclusions de la requête, et qu’il ne pouvait ordonner par avance le renouvellement du document. Il a donc prononcé un non-lieu à statuer.
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2202065
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la demande de M. C... et Mme A... tendant à la décharge d'une cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu de 2 817 euros au titre de l'année 2020. Les requérants contestaient la remise en cause par l'administration d'une demi-part supplémentaire de quotient familial pour leur enfant handicapé. Le tribunal a jugé que la procédure d'imposition était régulière, l'erreur matérielle dans la réponse aux observations étant sans incidence. Sur le fond, il a estimé que, faute pour les contribuables d'avoir sollicité la carte "mobilité inclusion" mention "invalidité" avant l'imposition, ils ne pouvaient bénéficier de la majoration prévue à l'article 195 du code général des impôts, même si l'enfant présentait un taux d'incapacité supérieur à 80%.
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2202683
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la demande de M. A... tendant à la décharge de la pénalité de 40 % pour manquement délibéré (article 1729 a) du code général des impôts) appliquée à un supplément d'impôt sur le revenu de 2019, consécutif à l'omission de déclaration de cessions de stock-options. Le tribunal a écarté le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure, estimant que le recours hiérarchique formé par le requérant n'avait pas pour effet de suspendre la mise en recouvrement et qu'il avait bien bénéficié des garanties liées à ce recours. Sur le fond, le tribunal a considéré que l'administration apportait la preuve du caractère intentionnel de l'omission, le requérant ne pouvant se prévaloir d'un simple "droit à l'erreur" compte tenu de la nature des opérations en cause.
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2200003
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a été saisi par M. E... G... et Mme J... I... d'une demande d'indemnisation suite au décès de M. A... G..., survenu lors de sa prise en charge au centre hospitalier universitaire (CHU) de Clermont-Ferrand pour une colite aiguë grave. Les requérants invoquaient un défaut d'information sur les options thérapeutiques et des négligences fautives dans la surveillance et l'orientation du patient, ayant entraîné une perte de chance de survie évaluée à 80 %. Le CHU a reconnu un retard de diagnostic et de prise en charge à l'origine de cette perte de chance, mais a contesté le défaut d'information et l'évaluation des préjudices. Le tribunal a statué sur la responsabilité du CHU pour manquement à l'obligation de soins consciencieux, en application des principes généraux de la responsabilité hospitalière et du code de la santé publique, et a fixé les indemnités en fonction du taux de perte de chance retenu.
Avocat : NOLOT
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2201493
Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand rejette la requête de M. A... qui contestait un titre exécutoire émis par le centre hospitalier de Montluçon-Néris-les-Bains pour le recouvrement de 203,95 euros correspondant à des frais d’hospitalisation aux urgences. Le tribunal estime que le requérant n’apporte pas la preuve que certains actes de soins n’auraient pas été réalisés et que son hospitalisation, bien que brève (environ quatre heures), s’est déroulée sur deux jours, justifiant la facturation de forfaits journaliers et de prestations de soins. La décision s’appuie sur l’arrêté n°2022-18-0198 du 8 avril 2022 fixant les tarifs journaliers applicables. La comparaison avec d’autres établissements est jugée sans incidence sur la légalité du titre exécutoire.
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2503617
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand, statuant en référé précontractuel sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de la SARL « Bâti Group 63 ». Celle-ci contestait le rejet de son offre pour le lot n°1 d'un marché de rénovation énergétique, estimant que la commune d'Auzon avait dénaturé son offre en la considérant comme anormalement basse et méconnu le principe d'égalité de traitement. Le juge a relevé d'office l'irrecevabilité des conclusions de la requête, le contrat ayant été signé le 10 décembre 2025, soit avant l'introduction de la requête le 8 décembre 2025, rendant ainsi le référé précontractuel sans objet. La demande de la commune tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative a également été rejetée.
Avocat : DMMJB AVOCATS
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2309111
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a rejeté la requête de la SCI Espinho, qui contestait des amendes fiscales pour les années 2020 et 2021. La société invoquait notamment l'absence d'activité professionnelle pour écarter l'application de l'article 1737 du code général des impôts, ainsi que la méconnaissance du principe de proportionnalité des peines. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens, y compris ceux tirés de la convention européenne des droits de l'homme et de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. La solution retenue est le rejet de la demande de décharge des amendes et des conclusions accessoires.
Avocat : SARL SEREN AVOCATS
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2309297
Le Tribunal administratif de Strasbourg a été saisi par le centre hospitalier de Rouffach d’un recours en annulation et en décharge d’un titre exécutoire de 571 212 euros émis par le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP) au titre de la contribution annuelle prévue à l’article L. 351-13 du code général de la fonction publique. Le tribunal a rejeté la fin de non-recevoir soulevée par le FIPHFP, considérant que le courrier du centre hospitalier ne constituait pas une demande de remise gracieuse faisant obstacle à la recevabilité du recours. Sur le fond, le tribunal a jugé que le FIPHFP se trouvait en situation de compétence liée pour émettre le titre exécutoire, ce qui rendait inopérants les moyens du requérant, et a rejeté l’ensemble des conclusions du centre hospitalier. Enfin, le tribunal a déclaré irrecevables les conclusions reconventionnelles du FIPHFP tendant à la condamnation du centre hospitalier, au motif qu’une personne publique ne peut demander au juge une mesure qu’elle a le pouvoir de prendre elle-même.
Avocat : CM. AFFAIRES PUBLIQUES