Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Limoges — N° TA87-2400143
Le Tribunal Administratif de Limoges était saisi par M. D... d’une demande d’indemnisation pour le non-respect par le département de la Haute-Vienne d’une promesse de vente de la parcelle BE n° 129. Le tribunal a rejeté la requête comme portée devant une juridiction incompétente, considérant que l’action en responsabilité trouvait son origine dans l’exécution d’un acte de cession de 2008, lequel constitue un contrat de droit privé relevant de la compétence judiciaire. En conséquence, les conclusions indemnitaires et celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ont été rejetées.
Avocat : MONPION
Tribunal Administratif de Limoges — N° TA87-2400764
Le Tribunal Administratif de Limoges, statuant en plein contentieux, a rejeté la requête de M. B... qui contestait la délibération du 11 avril 2024 par laquelle Limoges Métropole a approuvé la révision allégée n° 8 du PLU de Limoges. Le requérant invoquait une rupture d'égalité, sa parcelle (PY20) étant classée en zone naturelle tandis que les parcelles voisines (OR60, PY17, PY18, PY32) étaient classées en zone urbaine UB1. Le tribunal a jugé que les auteurs du PLU disposent d'un large pouvoir d'appréciation pour définir le zonage, et que le classement contesté n'est pas entaché d'erreur manifeste, le requérant n'apportant pas la preuve d'une différence de traitement injustifiée. La solution s'appuie sur les articles R. 151-18 et R. 151-24 du code de l'urbanisme.
Avocat : CABINET COUDRAY
Tribunal Administratif de Limoges — N° TA87-2401205
Le Tribunal Administratif de Limoges a été saisi par M. B..., ressortissant marocain, d’une demande d’indemnisation de 12 000 euros pour les préjudices subis du fait de l’illégalité d’un arrêté préfectoral du 28 septembre 2018, annulé par la Cour d’appel de Bordeaux le 10 juillet 2020. Le tribunal a reconnu que cette illégalité constituait une faute de nature à engager la responsabilité de l’État sur le fondement des dispositions du 6° de l’article L. 313-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Il a condamné l’État à verser à M. B... une somme de 3 000 euros en réparation de son préjudice moral et des troubles dans ses conditions d’existence, tout en rejetant le surplus des conclusions, faute de justificatifs pour le préjudice matériel allégué.
Avocat : AKAKPOVIE EKOUE DIDIER
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2310634
Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par la société néerlandaise Kraton Polymers Nederland B.V. de demandes de remboursement de crédits de TVA pour les mois de septembre, octobre et décembre 2022, pour un montant total de près de 2,7 millions d'euros. La société soutenait que les livraisons de matières premières par un sous-traitant constituaient des livraisons de biens imposables en France, et non des prestations de services, et que les opérations réalisées par des fournisseurs distincts ne pouvaient être considérées comme une opération unique. Le tribunal a rejeté l'ensemble des requêtes, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés, et a également relevé d'office l'irrecevabilité des conclusions tendant au paiement d'intérêts moratoires en l'absence de litige né et actif avec le comptable. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du II de l'article 256 et du II de l'article 257 ter du code général des impôts.
Avocat : ERNST & YOUNG SOCIETE D'AVOCATS
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2522761
Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de convoquer Mme B... A... dans un délai de quinze jours pour lui permettre de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour. La requérante, dont le titre de séjour expirait le 27 octobre 2025, avait accompli les démarches préalables en ligne mais n'avait pu obtenir de rendez-vous, ce qui a été jugé constitutif d'une situation d'urgence. La solution retenue s'appuie sur le principe selon lequel l'administration doit recevoir l'étranger dans un délai raisonnable pour enregistrer sa demande, sous peine de porter atteinte à ses droits au séjour et au travail.
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2302865
Le Tribunal Administratif de Rouen a été saisi par M. F... d’une demande d’indemnisation pour les préjudices subis suite à sa prise en charge fautive par le centre hospitalier de Gisors en 2016. L’expertise a établi que l’absence de verrouillage distal lors de l’ostéosynthèse et l’absence de reprise opératoire rapide constituaient une faute engageant la responsabilité de l’établissement, ce que ce dernier ne conteste pas. Le tribunal a retenu la date de consolidation au 4 février 2018. Il a rejeté la demande de remboursement des frais kilométriques pour une cure thermale, faute de lien établi entre ce soin et la faute commise. La décision s’appuie sur l’article L. 1142-1 du code de la santé publique.
Avocat : TAMBURINI-BONNEFOY
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2304482
Le Tribunal Administratif de Rouen (3ème chambre) annule le titre de recette émis le 7 septembre 2023 par le nouvel hôpital de Navarre, qui réclamait à M. B... le reversement de 33 903,34 euros pour cumul illégal d'emplois publics. Le tribunal juge que ce titre exécutoire, bien qu'indiquant l'objet de la créance, ne précisait pas les bases de calcul (rémunérations mensuelles perçues) et ne renvoyait à aucun décompte ou bulletin de paie joint, en méconnaissance de l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012. Cette irrégularité suffit à prononcer l'annulation, sans examiner les autres moyens. Le tribunal condamne l'hôpital à verser 1 500 euros à M. B... au titre des frais de justice.
Avocat : MATRAND LUCILE
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2301222
Le Tribunal Administratif de Rouen a été saisi par M. C..., agent hospitalier victime d'une agression en service le 21 décembre 2016, qui demandait la condamnation du nouvel hôpital de Navarre à l'indemniser de ses préjudices corporels et professionnels. Le tribunal a examiné la responsabilité sans faute de l'établissement pour les dommages résultant de cet accident de service, ainsi qu'une demande distincte fondée sur la faute de l'hôpital pour la délivrance tardive de documents administratifs. La solution retenue par le tribunal n'est pas explicitée dans l'extrait fourni, mais les débats ont porté sur l'évaluation des préjudices, notamment les déficits fonctionnels et les souffrances endurées, en application des principes de la fonction publique et du code de la santé publique.
Avocat : NORMAND & ASSOCIES
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2500282
Le Tribunal Administratif de Rouen a été saisi par le préfet de la Seine-Maritime d’une contravention de grande voirie à l’encontre de M. A..., capitaine d’un navire de plaisance, pour avoir franchi le pertuis de la passerelle Colbert malgré des feux rouges. Le tribunal a relaxé le prévenu, estimant que la signalisation n’était pas adaptée : le feu, situé à 80 mètres en aval de la passerelle provisoire, était dissimulé par celle-ci et parfois au vert lors de la manœuvre, rendant impossible l’obtempération aux signaux exigée par l’article L. 5334-5 du code des transports. La solution retenue est le rejet de la requête préfectorale, faute de caractériser l’infraction.
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2111072
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la demande de la société Orly Distribution tendant à la décharge de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019. La société soutenait que le taux de la taxe était manifestement disproportionné par rapport aux dépenses du service, notamment en contestant la prise en compte des dépenses réelles d'investissement dans le calcul de la proportionnalité. Le tribunal a jugé que le produit de la TEOM ne doit pas être manifestement disproportionné par rapport au montant estimé des dépenses du service, conformément à l'article 1520 du code général des impôts. La solution retenue est le rejet de la requête, les moyens soulevés n'étant pas fondés.
Avocat : EGRET
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2111082
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la demande de la société Orlymmo, qui contestait la cotisation de taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) mise à sa charge pour l’année 2019. La société soutenait que le taux de la taxe était disproportionné, notamment en raison de l’intégration de dépenses réelles d’investissement dans le calcul. Le tribunal a jugé que, conformément à l’article 1520 du code général des impôts, ces dépenses d’investissement pouvaient être prises en compte dès lors qu’il n’était pas démontré qu’elles avaient déjà été financées par la taxe au titre d’années antérieures. La solution retenue est le rejet de la requête, confirmant ainsi la légalité de la délibération fixant le taux de la TEOM pour 2019.
Avocat : EGRET
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2313668
Le Tribunal administratif de Melun a examiné la requête de M. A... B... contestant le refus de la préfète du Val-de-Marne de lui communiquer l'intégralité de son dossier de demande de renouvellement de titre de séjour. Le tribunal a relevé que la décision expresse du 4 octobre 2022, prise après la saisine de la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA), s'était substituée à la décision implicite initiale de refus, conformément aux articles L. 342-1 et R.* 343-4 du code des relations entre le public et l'administration. En conséquence, les conclusions dirigées contre la décision implicite du 3 juillet 2022 ont été jugées irrecevables. La solution retenue est donc un rejet partiel de la requête sur ce point, sans qu'il soit statué sur le fond du refus de communication.
Avocat : CABINET D'AVOCATS MAZAS - ETCHEVERRIGARAY
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2305252
Cette décision du Tribunal Administratif de Versailles concerne un litige opposant Mme A... au centre hospitalier Sud Francilien, portant sur le remboursement de sommes prélevées de manière forcée (retenues sur traitement et saisies bancaires) à la suite d’un titre de recettes émis le 1er octobre 2019. La requérante conteste la légalité de ce titre, invoquant l’absence de notification et l’illégalité du recouvrement au regard d’une précédente décision de suspension prononcée par le juge des référés. Le tribunal examine la recevabilité des requêtes, notamment au regard de la tardiveté du recours, et les moyens de fond relatifs à la faute de l’administration et à la répétition de l’indu. La solution retenue par le tribunal n’est pas explicitée dans l’extrait fourni, mais les débats portent sur l’application des règles de prescription, de notification des titres de recettes et de responsabilité administrative, en lien avec les dispositions du code général des collectivités territoriales et du code général de la fonction publique.
Avocat : DELACHARLERIE
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2423794
Le Tribunal Administratif de Paris a condamné l’État à verser 2 000 euros à M. A..., reconnu prioritaire et devant être relogé d’urgence par une décision de la commission de médiation du 14 novembre 2019, en raison de la carence fautive de l’État à lui proposer un relogement dans le délai de six mois. La responsabilité de l’État est engagée sur le fondement de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l’habitation. Le préjudice, incluant les troubles dans les conditions d’existence et le préjudice moral, a été évalué pour la période postérieure au 21 mars 2023, M. A... étant toujours dépourvu de logement et hébergé chez un tiers. Les conclusions relatives aux frais de justice ont été rejetées.
Avocat : QUIENE
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431384
Le Tribunal administratif de Paris a été saisi par Mme C... d'une demande d'indemnisation pour carence fautive de l'État à la reloger, après avoir été reconnue prioritaire par la commission de médiation le 3 mars 2022. La responsabilité de l'État est engagée à compter du 3 septembre 2022, faute d'offre de relogement dans le délai de six mois, sur le fondement des articles L. 300-1 et L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Le tribunal retient que le préjudice indemnisable court à partir du 2 mars 2024, après un premier jugement, et que le maintien dans un logement insalubre, attesté par un constat de salubrité, constitue un trouble dans les conditions d'existence ouvrant droit à réparation. La solution retenue est donc une condamnation de l'État à réparer ce préjudice, sans que le montant soit précisé dans l'extrait fourni.
Avocat : BAGUET
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2428991
Le Tribunal Administratif de Paris a condamné l’État à verser 700 euros à M. A..., reconnu prioritaire pour un relogement d’urgence par la commission de médiation le 9 février 2023, en raison de la carence fautive de l’administration à lui fournir une offre dans le délai de six mois. La responsabilité de l’État est engagée sur le fondement de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l’habitation, le requérant étant toujours dépourvu de logement. Le préjudice moral et les troubles dans les conditions d’existence ont été évalués à 700 euros, incluant les intérêts. Les demandes de frais irrépétibles ont été rejetées.
Avocat : TOMAS
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2432376
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l’État à verser 4 400 euros à Mme B..., reconnue prioritaire pour un relogement d’urgence par la commission de médiation en septembre 2021, en raison de la carence fautive de l’administration à lui fournir un logement dans le délai légal de six mois. La responsabilité de l’État a été engagée sur le fondement de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l’habitation, pour les troubles dans les conditions d’existence et le préjudice moral subis par la requérante, qui demeure hébergée chez un tiers avec ses quatre enfants. Le tribunal a rejeté le surplus des conclusions, notamment la demande de frais irrépétibles.
Avocat : BROCHARD
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2433984
Responsabilité de l'État pour carence fautive de relogement. Le Tribunal administratif de Paris condamne l'État à verser 4 400 euros à Mme B..., reconnue prioritaire par la commission de médiation, pour les troubles dans ses conditions d'existence subis du 29 mars 2024 à la date du jugement. La solution retient l'engagement de la responsabilité de l'État sur le fondement de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation, en raison de l'absence d'offre de relogement dans le délai de six mois suivant la décision de la commission.
Avocat : MOMMESSIN
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2507480
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné la requête de M. C... contestant un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 7 560,63 euros pour la période de mars 2022 à mai 2023, ainsi que le titre de recettes correspondant. Le requérant soutenait que les ressources perçues (revenus fonciers et aide familiale) n'étaient pas des revenus professionnels au sens de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles. La Ville de Paris a défendu la régularité du titre de recettes et le bien-fondé de la créance. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés.
Avocat : FITOUSSI
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2508604
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné les requêtes de M. B... contestant des indus de prime d'activité (PPA) et d'allocation de logement sociale (ALS) notifiés par la CAF de Paris. Le juge a constaté que les décisions initiales avaient été remplacées par des décisions expresses en cours d'instance, et que les créances étaient soldées par compensation. Il a rejeté les moyens du requérant, estimant que les nouvelles décisions étaient suffisamment motivées et que l'absence de mention des bases de liquidation n'était pas illégale. En conséquence, le tribunal a rejeté l'ensemble des demandes de M. B..., y compris celles relatives à la remise de dette et aux frais de justice.
Avocat : TERRASSON