Jurisprudence administrative
187 265 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
187 265
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Mayotte — N° TA107-2600702
Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a été saisi par M. C..., ressortissant comorien, d'une demande de suspension de l'obligation de quitter le territoire français sans délai prise par le préfet de Mayotte. Le juge des référés a reconnu l'urgence, le requérant étant susceptible d'être éloigné à tout moment. Toutefois, il a estimé que la mesure d'éloignement ne portait pas une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, faute pour le requérant de justifier de l'ancienneté de son séjour et de son insertion dans la société française. Par conséquent, la requête a été rejetée.
Avocat : BAYON
Tribunal Administratif de Mayotte — N° TA107-2600704
Le Tribunal Administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... C... visant à suspendre une obligation de quitter le territoire français sans délai. La requérante, ressortissante comorienne, invoquait une atteinte à sa vie privée et familiale (article 8 de la CEDH) et à l'intérêt supérieur de son enfant français (article 3-1 de la CIDE). Le juge a constaté que l'intéressée avait été éloignée de Mayotte le 24 février 2026, avant l'enregistrement de son recours, rendant la condition d'urgence non satisfaite. En conséquence, la demande de suspension a été rejetée, le tribunal estimant qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales.
Avocat : CENTAURE AVOCATS
Tribunal Administratif de Mayotte — N° TA107-2600711
Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a suspendu l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) sans délai prise par le préfet de Mayotte à l'encontre de M. B..., ressortissant comorien. Le juge a considéré que la condition d'urgence était remplie et que la mesure portait une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé, garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Cette atteinte résultait de ce que M. B. justifiait être le père d'un enfant français, vivre maritalement avec la mère française de l'enfant, et avoir déposé une demande de titre de séjour en cours d'examen. La solution retenue s'appuie sur les stipulations de la Convention européenne des droits de l'homme et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Avocat : CENTAURE AVOCATS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2602407
Le Tribunal administratif de Marseille a rejeté la requête de Mme A... D..., ressortissante algérienne, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de lui remettre un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler. Le juge des référés a estimé que le silence gardé par l'administration pendant quatre mois sur sa demande, déposée le 7 novembre 2024, avait fait naître une décision implicite de rejet, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a considéré qu'une injonction ferait obstacle à l'exécution de cette décision implicite, rendant la requête manifestement mal fondée. La demande a donc été rejetée sans instruction ni audience.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2602868
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme A... qui demandait d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de statuer sur sa demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge constate que le silence gardé par l'administration pendant quatre mois a fait naître une décision implicite de rejet le 12 février 2026, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il estime que faire droit à la demande de la requérante reviendrait à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative, ce que l'article L. 521-3 du code de justice administrative interdit. La requête est donc manifestement mal fondée et rejetée sans instruction ni audience.
Tribunal Administratif de Dijon — N° TA21-2501646
Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté la requête de la société Free Mobile, qui contestait son assujettissement à l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER) sur les stations radioélectriques pour les années 2023 et 2024 dans la Saône-et-Loire. La société soutenait que cette taxe était incompatible avec la directive (UE) 2018/1972, soit en relevant de l’article 42 (redevances sur les droits de mise en place de ressources), soit en constituant une entrave aux principes généraux du droit de l’Union. Le tribunal a jugé que l’IFER-SR ne relève pas du champ d’application de l’article 42 de la directive, car elle n’est pas liée à la procédure d’autorisation générale ni à l’octroi de droits d’utilisation, et qu’elle ne méconnaît pas les principes généraux de la directive, s’agissant d’une imposition fiscale générale. La solution retenue s’appuie sur le code général des impôts et la jurisprudence du Conseil d’État du 5 février 2025.
Avocat : CABINET JEAUSSERAND AUDOUARD (AARPI)
Tribunal Administratif de Dijon — N° TA21-2502554
Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté la requête de la société Free Mobile, qui demandait la décharge de l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER) sur les stations radioélectriques pour les années 2023 et 2024. La société soutenait que cette imposition était incompatible avec la directive 2018/1972, mais le tribunal a jugé que l’IFER ne relève pas du champ d’application de l’article 42 de cette directive, conformément à la jurisprudence du Conseil d’État du 5 février 2025. Par conséquent, les moyens soulevés ont été écartés et la demande de restitution de 1 715 016 euros, ainsi que les conclusions accessoires, ont été rejetées.
Avocat : CABINET JEAUSSERAND AUDOUARD (AARPI)
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2501109
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de la société Refashion comme ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative. La société contestait un titre de recette émis par le syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères de la zone de Dole pour le recouvrement de frais liés à la collecte et au traitement de déchets ménagers. Le tribunal a appliqué l'article R. 222-1 du code de justice administrative, estimant que le litige, portant sur les obligations financières d'un éco-organisme agréé au titre de la responsabilité élargie du producteur, relevait du droit privé et non du service public administratif.
Avocat : GRINFOGEL
Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2303955
Le Tribunal Administratif de Toulouse a examiné la requête de la SAS Wallaby contestant la résiliation de plein droit du lot n°2 d’un marché public de transport d’enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance, prononcée par le département de la Haute-Garonne. La société demandait également l’annulation d’avenants conclus avec d’autres opérateurs et le paiement de factures impayées. Le tribunal a rejeté l’ensemble des demandes, jugeant que la décision de résiliation était légale et que les avenants contestés n’étaient pas entachés d’illégalité. Il a notamment considéré que la résiliation de plein droit était fondée sur le dépassement du montant maximum de l’accord-cadre, conformément aux stipulations contractuelles et au code de la commande publique. La décision s’appuie sur les articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l’administration, ainsi que sur les règles relatives aux marchés publics.
Avocat : VIMINI
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2406105
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a examiné la requête de l’EURL Immo DDL contestant des suppléments d’impôt sur les sociétés (2018-2019) et des rappels de TVA (2019-2020) pour un montant total de 800 910 euros. Le tribunal a d’abord constaté que les conclusions relatives aux rappels de TVA pour 2019 étaient devenues sans objet suite à un dégrèvement partiel de l’administration, et les a déclarées irrecevables. Sur le fond, il a rejeté l’ensemble des moyens soulevés par la société, notamment ceux tirés de l’irrégularité de la procédure de vérification de comptabilité et de l’insuffisance de motivation de la proposition de rectification. La solution retenue est le rejet de la requête, confirmant ainsi les impositions restantes, sur le fondement des dispositions du code général des impôts et du livre des procédures fiscales.
Avocat : TUROT
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2601483
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de M. A... contestant sa radiation des listes électorales de Saint-Gervais et le refus du préfet d'enregistrer sa candidature aux élections municipales de mars 2026. Le tribunal s'est déclaré incompétent pour connaître de la radiation, relevant que l'article L. 20 du code électoral attribue ce contentieux au juge judiciaire. Sur le refus d'enregistrement, il a jugé que, faute de qualité d'électeur suite à sa radiation, M. A... ne remplissait pas les conditions d'éligibilité de l'article L. 228 du code électoral, ce qui obligeait le préfet à refuser l'enregistrement.
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2601568
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête du maire de Quinsac qui demandait la désignation d’un expert pour constater l’état d’un immeuble présentant des moisissures et infiltrations. La juridiction a estimé que la situation relevait de l’insalubrité au sens du 4° de l’article L. 511-2 du code de la construction et de l’habitation, et non d’un péril imminent nécessitant une expertise d’urgence. En conséquence, la procédure de constatation prévue à l’article L. 511-8 du même code, confiée à l’agence régionale de santé, devait être suivie, et non celle de l’article L. 511-9 permettant au juge de désigner un expert. La solution retenue est fondée sur les articles L. 511-2 et L. 511-8 du code de la construction et de l’habitation.
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2400654
Le Tribunal Administratif de Rennes a examiné la requête de Mme I... contestant la sanction pécuniaire de 47 820 euros infligée par le préfet de la région Bretagne pour exploitation sans autorisation de terres agricoles. La juridiction a d'abord jugé irrecevables les conclusions dirigées contre l'arrêté préfectoral du 5 juin 2023, au motif que la décision de la commission des recours du 7 décembre 2023 s'y était substituée. Le tribunal a ensuite rejeté les conclusions relatives aux mises en demeure, considérant que leur signature par une représentante de la DDTM ne constituait pas un vice de procédure affectant la légalité de la sanction.
Avocat : CORNET VINCENT SEGUREL
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2401384
Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête de Mme B... veuve A... contestant l'arrêté du 8 janvier 2024 liquidant la pension de réversion de la rente d'invalidité de son époux décédé. La requérante demandait une prise d'effet rétroactive de cette rente au 1er avril 2021, mais le tribunal a jugé que, conformément à l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite, la jouissance de la rente ne peut débuter qu'à la date du dépôt de la demande de reconnaissance de l'imputabilité au service, intervenue le 6 septembre 2023. L'article R. 97 du même code, relatif au paiement des pensions après décès, n'était pas applicable car le défunt ne percevait pas de rente viagère d'invalidité à son décès. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris celles à fin d'injonction et au titre des frais de justice.
Avocat : SOCIETE D'AVOCATS TEISSONNIERE TOPALOFF LAFFORGUE ANDREU ASSOCIES
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2505524
Le Tribunal Administratif de Rennes a été saisi par le préfet du Morbihan pour liquider l'astreinte prononcée à l'encontre de M. B... par un jugement du 18 décembre 2023, qui lui enjoignait de libérer le domaine public maritime à l'île de Gavrinis. Constatant que M. B... n'avait pas exécuté cette injonction et n'avait pas contesté les faits, le tribunal a procédé à la liquidation de l'astreinte. En application des principes régissant les astreintes en matière de contravention de grande voirie, il a condamné M. B... à verser au préfet une somme de 23 100 euros, calculée sur 462 jours de retard au taux de 50 euros par jour. Cette décision se fonde sur le code général de la propriété des personnes publiques et le code de justice administrative.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2109419
Le Tribunal Administratif de Nantes a statué sur la demande de la SAS Elivia, spécialisée dans la transformation de viandes, qui contestait son assujettissement à la taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années 2017 et 2018 concernant son établissement du Lion d'Angers. Le tribunal a d'abord constaté un non-lieu à statuer partiel, l'administration ayant accordé un dégrèvement de 1 427 euros pour 2017 et 1 445 euros pour 2018 en cours d'instance. Sur le fond, la société demandait l'exonération de ses installations de froid, d'électricité, de sécurité et de fluides, soit sur le fondement du 11° de l'article 1382 du code général des impôts, soit en les qualifiant de biens non dissociables de l'immeuble. La solution retenue par le tribunal n'est pas explicitée dans l'extrait fourni, mais le litige porte sur l'application des articles 1380, 1381 et 1382 du code général des impôts.
Avocat : SCP RGM
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2602176
**Sujet principal** : Demande d'expulsion d'une famille déboutée du droit d'asile d'un centre d'hébergement. **Juridiction** : Tribunal administratif de Nantes (formation de référé). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête du préfet, estimant que les conditions d'urgence et d'utilité de la mesure d'expulsion ne sont pas établies. Il relève notamment la vulnérabilité de la famille (deux enfants en bas âge) et l'absence de solution d'hébergement alternative. **Textes appliqués** : L'article L. 521-3 du code de justice administrative (conditions du référé), l'article L. 552-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (prise en compte de la vulnérabilité) et l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme (respect de la vie privée et familiale).
Avocat : PHILIPPON
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2603835
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé, rejette la demande de M. B... visant à obtenir le versement d'indemnités journalières de maladie par la CPAM. Le juge administratif s'est déclaré incompétent pour connaître de ce litige, relevant que le contentieux relatif au paiement des indemnités journalières de sécurité sociale relève exclusivement de la compétence du juge judiciaire. Cette solution est fondée sur les articles L. 142-1 et L. 142-8 du code de la sécurité sociale, combinés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2601087
Le Tribunal administratif d'Orléans, statuant en référé-suspension, a rejeté la demande de M. B... visant à suspendre le retrait de son permis de conduire pour solde de points nul. Le juge a estimé que le requérant, retraité, ne démontrait pas une situation d'urgence suffisamment grave et immédiate, notamment en l'absence de preuve d'un impact concret sur son accès aux soins ou sa vie professionnelle. La décision est fondée sur l'absence de condition d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, sans qu'il soit nécessaire d'examiner les moyens soulevés contre la légalité de la décision du ministre de l'intérieur.
Avocat : CABINET SJ2A
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509872
Le Tribunal Administratif de Lille, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de Mme B... en partie pour incompétence. Il a jugé que le litige relatif au refus d'attribution de l'allocation aux adultes handicapés (AAH) relevait de la compétence exclusive du tribunal judiciaire (pôle social du tribunal judiciaire de Dunkerque), conformément aux articles L. 241-9 du code de l'action sociale et des familles et L. 142-1 du code de la sécurité sociale. En revanche, le tribunal s'est déclaré compétent pour examiner la demande concernant le refus de délivrance de la carte mobilité inclusion mention « stationnement », qui relève du contentieux administratif.