Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2305121
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de la société EMF, qui contestait une saisie administrative à tiers détenteur de 2 065 euros pour recouvrer l'impôt sur les sociétés. La société invoquait un défaut de notification de l'acte de poursuite. Le tribunal a jugé que ce moyen, portant sur la régularité en la forme de l'acte, relevait de la compétence exclusive du juge de l'exécution en application de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. Par conséquent, il s'est déclaré incompétent et a rejeté l'ensemble des conclusions, y compris celles en restitution et en délai de paiement.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2305237
Le Tribunal administratif de Versailles a été saisi par M. B... d’un recours pour excès de pouvoir contre la décision du 28 avril 2023 du collège territorial de second examen des rescrits de Nanterre, relative à l’exonération du différentiel de TVA lors de la revente d’un bien acquis en VEFA. Le tribunal a relevé d’office que cette décision, prise sur le fondement de l’article L. 80 B du livre des procédures fiscales, n’est pas susceptible d’être contestée par cette voie, car elle n’entraîne pas d’effets notables autres que fiscaux. En conséquence, la requête a été rejetée comme irrecevable, le contribuable disposant de la voie du recours de plein contentieux devant le juge de l’impôt.
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2302712
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de M. A... qui demandait la décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour 2014 et 2015, d'un montant total de 314 404 euros. Le tribunal a d'abord jugé irrecevable la contestation relative à l'année 2014, la réclamation préalable étant tardive au regard de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales. Sur le fond, pour l'année 2015, le tribunal a estimé que l'administration avait démontré l'existence de distributions occultes imposables, M. A... n'apportant pas la preuve de l'existence d'un compte courant d'associé créditeur. La requête a donc été rejetée dans son ensemble.
Avocat : KUJAWA
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2301276
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la demande de la SAS Pulseheberg, qui contestait des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de TVA pour un montant total de 112 837 euros. La société n'a pas apporté la preuve du caractère déductible des charges et de la TVA litigieuses, notamment pour les factures des fournisseurs Bargain, Cdiscount, Ripe NCC, Pomelow, Netrix, Manulevage, Groupe Pulseheberg et Standart Pulseheberg. Le tribunal a appliqué les articles L. 193 et L. 66 du livre des procédures fiscales, ainsi que les articles 39 et 271 du code général des impôts, en retenant que la charge de la preuve incombait à la requérante, taxée d'office. La solution retenue est le rejet de la requête.
Avocat : CARA
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2203332
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté les requêtes de M. A... et de la SCI Bon secours, qui contestaient des rappels de TVA réclamés à la SCI Les Amourenes suite à la vente d’un bien immobilier en 2014. Les requérants, actionnaires de la SCI, invoquaient divers moyens de procédure (absence de débat oral, défaut de motivation) et de fond (prescription, application des règles de régularisation de la TVA). Le tribunal a jugé que les moyens soulevés n’étaient pas fondés, confirmant ainsi les impositions litigieuses. La décision s’appuie sur les dispositions du code général des impôts et du livre des procédures fiscales.
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2501750
Le Tribunal Administratif de Poitiers, statuant en référé, a accordé une provision à M. et Mme A... pour leur fils mineur B..., victime d’une tétraparésie suite à une compression médullaire causée par le mauvais positionnement d’un cathéter lors d’une transfusion en 2012. La solution retenue condamne l’ONIAM à verser une provision de 20 937,39 euros pour les frais de fauteuils roulants et de 12 107 euros pour l’adaptation d’un véhicule, rejetant la demande de prise en charge intégrale du véhicule. Cette décision s’appuie sur les dispositions du II de l’article L. 1142-1 du code de la santé publique et de l’article R. 541-1 du code de justice administrative.
Avocat : BASLE
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2501839
Le Tribunal Administratif de Poitiers, statuant en référé sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, a ordonné une expertise médicale à la demande de M. B..., agent territorial. Cette mesure vise à évaluer l’ensemble des préjudices corporels et professionnels résultant de ses maladies professionnelles (épaules et poignets) et de son accident de service, reconnus imputables au service. La communauté de communes du Thouarsais ne s’est pas opposée à la mesure, bien qu’elle ait soulevé une exception de prescription quadriennale (loi n°68-1250 du 31 décembre 1968) pour certains préjudices, ce qui relèvera du juge du fond. La solution retenue est donc l’organisation d’une expertise pour permettre un chiffrage précis des préjudices en vue d’une éventuelle action indemnitaire.
Avocat : NOEL
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2502317
Le Tribunal Administratif de Poitiers, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a fait droit à la demande de la commune de la Couronne. La mesure d'expertise sollicitée a été jugée utile pour déterminer les causes et origines des désordres affectant l'église Saint Jean-Baptiste (glissement des lauzes, fissures, etc.), dans la perspective d'un éventuel recours en responsabilité décennale contre les entreprises de rénovation. La solution retenue est l'ordonnancement d'une expertise, les parties ne s'y étant pas opposées, et la mission de l'expert a été précisée pour inclure l'identification des assureurs concernés.
Avocat : DROUINEAU 1927
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2414964
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de Mme B... qui contestait le refus de la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement. La requérante, mère d’un enfant de deux ans, occupait un T1 de 35 m² et invoquait une situation de suroccupation. Le tribunal a jugé que ce logement n’était pas manifestement suroccupé au sens des articles L. 441-2-3 et R. 822-25 du code de la construction et de l’habitation, la surface étant suffisante au regard des seuils réglementaires. La solution retenue est donc le rejet de la demande d’annulation de la décision de la commission de médiation.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509987
Le Tribunal administratif de Lille a rejeté la requête en référé de M. A..., qui demandait la réouverture de son dossier de naturalisation. Le juge a constaté que la demande visait à faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative de classement sans suite, ce qui est irrecevable sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative. Les circonstances invoquées, comme les dysfonctionnements de la plateforme ANEF, sont sans incidence sur cette irrecevabilité.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2600218
Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, était saisi par Mme B... d’une demande de suspension de la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour. La requérante a ensuite déclaré que sa requête était devenue sans objet, mais le juge a constaté que la décision attaquée n’avait pas été rapportée, ce qui ne rendait pas la demande de suspension sans objet. Il a donc interprété ces conclusions comme un désistement pur et simple et en a donné acte.
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2502151
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand, statuant en référé provision sur le fondement de l’article R. 541-1 du code de justice administrative, a été saisi par la société Baudin Châteauneuf Auvergne-Rhône-Alpes pour obtenir le paiement provisionnel des soldes des lots n°6 et n°7 d’un marché de réhabilitation de piscine. La société soutenait que le décompte général et définitif était devenu tacite, faute de réponse du maître d’ouvrage dans les délais prévus par le CCAG Travaux, ce qui rendait la créance non sérieusement contestable. Le tribunal a fait droit à sa demande en condamnant la communauté de communes des Rives du Haut-Allier à lui verser les sommes provisionnelles réclamées, assorties des intérêts moratoires et de l'indemnité forfaitaire de recouvrement, en application des articles L. 2192-12 et suivants du code de la commande publique.
Avocat : CABINET D'AVOCATS RACINE
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2509686
Le Tribunal administratif de Strasbourg, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la demande de M. A..., ressortissant albanais, qui sollicitait une injonction pour que le préfet de la Moselle statue sur sa demande de titre de séjour. Le juge estime que la mesure demandée ferait obstacle à l’exécution de la décision de classement sans suite prise par le préfet en juin 2023, et que la condition d’urgence n’est pas établie. En conséquence, seules l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle est accordée, et le surplus des conclusions est rejeté.
Avocat : OLSZAKOWSKI
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2510386
Le Tribunal administratif de Strasbourg, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par M. D..., ressortissant turc, afin d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé de sa demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français. En cours d'instance, le préfet a délivré l'attestation demandée le 23 décembre 2025. Par conséquent, le juge des référés a constaté que les conclusions de la requête avaient perdu leur objet et a prononcé un non-lieu à statuer.
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2510948
Le Tribunal administratif de Strasbourg a été saisi en référé suspension par Mme A... contre la décision du 28 octobre 2025 du ministre de l'Intérieur invalidant son permis de conduire pour solde de points nul. La requérante invoquait l'urgence et un défaut d'information préalable au titre de l'article L. 223-3 du code de la route. En cours d'instance, le ministre a retiré sa décision, rendant la requête sans objet. Par ordonnance du 19 janvier 2026, le juge des référés a prononcé un non-lieu à statuer.
Avocat : SJ2A
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2600616
Le Tribunal Administratif de Lyon a été saisi par la commune d'Estivareilles sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, afin de désigner un expert pour examiner un bâtiment menaçant ruine et présentant un danger pour la sécurité publique. La juridiction a fait droit à cette demande en nommant un expert chargé d'examiner le bien, de dresser un constat de son état (y compris des bâtiments mitoyens), de se prononcer sur l'existence d'un danger imminent et de proposer des mesures de mise en sécurité. L'expert devra remettre son rapport dans un délai maximal de trois semaines, conformément aux dispositions des articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2600635
Le Tribunal Administratif de Lyon a été saisi par la commune de Pont-de-Vaux sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, afin de désigner un expert pour examiner un bâtiment dangereux appartenant à la SCI PMA. La juridiction a fait droit à cette demande, estimant qu'elle entrait dans le champ d'application des dispositions légales relatives à la police de la sécurité des immeubles. Un expert a été désigné avec pour mission de constater l'état du bâtiment, d'évaluer l'existence d'un danger imminent et de proposer des mesures de mise en sécurité. La décision applique les articles L. 511-1, L. 511-2, L. 511-9 et R. 511-2 du code de la construction et de l'habitation, ainsi que les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505739
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné la requête de Mme B..., reconnue prioritaire pour un relogement d'urgence par la commission de médiation, qui demandait réparation pour l'absence de relogement. La juridiction a jugé que la carence fautive de l'État à exécuter cette décision engage sa responsabilité sur le fondement de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation. Le tribunal a condamné l'État à verser à Mme B... une indemnité de 2 000 euros pour les troubles dans ses conditions d'existence et le préjudice moral subis, en raison du maintien de sa situation de logement précaire.
Avocat : MARTIN HAMIDI
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505743
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par Mme B... d’une demande de provision de 500 euros sur le fondement de l’article R. 541-1 du code de justice administrative, en réparation du préjudice lié à l’absence de relogement après une décision de la commission de médiation. La requérante invoquait la responsabilité de l’État sur la base de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l’habitation. Le tribunal a constaté qu’un jugement au fond, rendu le 19 janvier 2026, avait déjà statué sur la même demande indemnitaire, rendant la requête en référé-provision sans objet. En conséquence, il a prononcé un non-lieu à statuer sur la demande de provision et rejeté les conclusions accessoires.
Avocat : MARTIN HAMIDI
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505745
Le Tribunal administratif de Paris a été saisi par Mme C... A..., reconnue prioritaire par la commission de médiation pour un hébergement d'urgence, qui n'a reçu aucune offre de relogement. La carence fautive de l'État à exécuter cette décision dans le délai de six semaines a engagé sa responsabilité sur le fondement de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Le tribunal a condamné l'État à verser 810 euros à la requérante en réparation des troubles dans ses conditions d'existence et de son préjudice moral, compte tenu de la durée de la carence et de sa situation d'hébergement en centre pour demandeurs d'asile. Les conclusions à fin d'annulation de la décision de rejet de la demande indemnitaire ont été rejetées comme sans incidence sur le litige de plein contentieux.
Avocat : MARTIN HAMIDI