Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2406756
Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en formation de magistrat unique, a examiné la requête de M. B... contestant des retraits de points sur son permis de conduire. Le tribunal a constaté un non-lieu à statuer sur la décision 48 SI d'invalidation du permis, le solde de points étant redevenu positif suite à un stage de sensibilisation. Les conclusions contre les retraits de points de 2016 ont été jugées irrecevables car les points avaient été restitués avant l'introduction de la requête. Pour les infractions de 2017 et 2023, le tribunal a rejeté le moyen tiré du défaut d'information préalable, estimant que l'administration apportait la preuve de la délivrance des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. La requête a été rejetée dans son ensemble.
Avocat : SCP A.B.C.G. (ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE ROMAND)
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2406798
Le Tribunal Administratif de Nice a examiné la requête de M. A... contestant le refus implicite du ministre de l'intérieur de reconstituer son capital de points, suite à plusieurs infractions routières. Le tribunal a constaté que certaines demandes étaient devenues sans objet ou irrecevables, notamment pour les infractions des 21 janvier, 28 juillet et 25 décembre 2022, déjà régularisées. Sur le fond, il a rejeté les moyens tirés de l'absence de notification des retraits de points et du défaut d'information préalable, en application des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. En conséquence, le tribunal a prononcé un non-lieu à statuer sur certaines conclusions et rejeté le surplus de la requête.
Avocat : SCP A.B.C.G. (ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE ROMAND)
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506470
Le Tribunal administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme B... qui se heurtait à un dysfonctionnement de la plateforme ANEF l'empêchant de déposer une demande de réintégration dans la nationalité française. Le juge a constaté l'urgence et l'utilité de la mesure, la requérante étant maintenue sous récépissé et dans l'impossibilité de déposer sa demande. Il a enjoint au ministre de l'intérieur de débloquer l'accès au téléservice ANEF sous quinze jours, et à défaut, au préfet des Alpes-Maritimes de recevoir la demande en préfecture, sous astreinte de 200 € par jour de retard. La décision applique les articles L. 521-3 du code de justice administrative et 35 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2403068
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de Mme D... contestant la décision du 26 février 2024 du département des Bouches-du-Rhône radiant ses droits au revenu de solidarité active (RSA). Le tribunal a jugé que le principe du contradictoire n'avait pas été méconnu, la requérante ayant pu présenter ses observations lors du recours administratif préalable, et a écarté comme inopérant le moyen tiré de l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme. Sur le fond, appliquant les articles R. 262-6, R. 262-35 et R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles, le tribunal a estimé que la radiation était justifiée, Mme D... n'ayant pas démontré avoir fourni l'ensemble des justificatifs requis sur ses ressources et activités.
Avocat : MONARD
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2600082
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la demande de M. A..., ressortissant algérien, qui sollicitait une injonction à l’encontre du préfet de la Haute-Saône pour obtenir la délivrance d’un récépissé de demande de titre de séjour avec droit au travail. Le juge estime que le requérant ne justifie pas avoir déposé une demande de titre de séjour ou de duplicata auprès de l’administration, ni l’utilité de la mesure sollicitée. En l’absence de preuve d’une décision administrative implicite ou d’une urgence caractérisée, les requêtes sont rejetées.
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2600112
Le Tribunal administratif de Besançon, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la demande de M. A..., ressortissant algérien, qui sollicitait une injonction à l’encontre du préfet de la Haute-Saône pour obtenir la délivrance d’un récépissé de demande de titre de séjour avec droit au travail. Le juge estime que le requérant ne justifie pas avoir déposé une telle demande auprès de l’administration, ni l’utilité de la mesure sollicitée, faute de preuves suffisantes. Les requêtes sont donc rejetées.
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2205999
Le Tribunal administratif de Grenoble a examiné l'opposition formée par Mme A... contre une contrainte de Pôle emploi (devenu France Travail) pour le recouvrement d'un indu d'allocation de solidarité spécifique de 2 828,16 euros, dû à un cumul illégal avec l'allocation aux adultes handicapés. Le tribunal a rejeté l'opposition, confirmant le bien-fondé de l'indu sur le fondement de l'article L. 5423-7 du code du travail, la bonne foi de la requérante étant sans incidence. Statuant en plein contentieux sur la demande de remise gracieuse, il a accordé une remise partielle de la moitié de la dette (1 414,08 euros) en raison de la situation financière précaire de Mme A..., et a rejeté le surplus des conclusions.
Avocat : BROGUET
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2400569
Le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. C... contestant sa radiation de la liste des demandeurs d’emploi et la suppression définitive de ses allocations par France Travail (ex-Pôle emploi). Le requérant avait omis de déclarer les revenus de son activité d’agent commercial exercée depuis janvier 2022. Le tribunal a considéré que cette omission constituait une fausse déclaration au sens des articles L. 5412-2 et L. 5426-2 du code du travail, justifiant la sanction. Il a également jugé que la durée de la radiation (six mois) et la suppression des allocations n’étaient pas disproportionnées.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2522071
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé précontractuel sur le fondement de l’article L. 551-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de la société Suez RV Ouest. Celle-ci contestait la procédure de passation d’un marché public de collecte des déchets lancé par la commune de l’Ile d’Yeu, en invoquant notamment l’irrégularité de l’offre retenue, des mises au point abusives et une neutralisation de sous-critères de notation. Le tribunal a estimé que la société requérante n’apportait pas la preuve d’un manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence, les simples différences de notation ou les demandes de précision adressées à l’attributaire ne caractérisant pas une irrégularité. En conséquence, la requête a été rejetée et la société Suez RV Ouest a été condamnée à verser 1 500 euros à la commune au titre des frais de justice.
Avocat : SELARL ATMOS AVOCATS
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2511434
Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par M. A... d'une demande visant à obtenir du ministre de l'intérieur une décision sur sa demande d'échange de permis de conduire. En cours d'instance, le ministre a fait valoir que la demande de l'intéressé avait été validée le 3 décembre 2025. Constatant que cette décision rendait sans objet les conclusions de la requête, le juge des référés a prononcé un non-lieu à statuer.
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2502371
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand, statuant en référé provision sur le fondement de l’article R. 541-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de Mme D... tendant au versement d’une provision de 21 000 euros par le centre hospitalier universitaire (CHU) de Clermont-Ferrand. La requérante sollicitait le remboursement de frais d’avocat exposés dans le cadre de procédures pénales et administratives liées à une situation de harcèlement moral, invoquant l’obligation de protection fonctionnelle prévue à l’article L. 134-5 du code général de la fonction publique. Le tribunal a estimé que la créance n’était pas non sérieusement contestable, notamment en raison du caractère contestable des honoraires facturés et de l’absence de lien établi entre certains frais et l’obligation de protection fonctionnelle. La demande a donc été rejetée.
Avocat : LANTERO & ASSOCIÉS
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2509840
Le Tribunal administratif de Strasbourg a été saisi par M. C... d'une requête en référé, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, visant à obtenir du préfet du Bas-Rhin la remise d'un dossier comprenant une notice explicative et un certificat médical vierge, nécessaires à la régularisation de sa situation administrative. Le préfet a fait droit à cette demande en transmettant le kit médical via le compte ANEF de l'intéressé après l'introduction de la requête. Le juge des référés a constaté que les conclusions de M. C... avaient perdu leur objet et a prononcé un non-lieu à statuer. En application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'État a été condamné à verser 1 200 euros à son avocat, sous réserve de l'admission définitive à l'aide juridictionnelle.
Avocat : BERRY
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2510773
Le Tribunal administratif de Strasbourg, statuant en référé suspension sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a suspendu l’exécution de la décision 48SI du 30 octobre 2025 par laquelle le ministre de l’Intérieur avait invalidé le permis de conduire de M. B..., chauffeur routier, pour solde de points nul. Le juge a estimé que la condition d’urgence était remplie en raison de la nécessité pour le requérant de conserver son permis pour exercer son activité professionnelle. Il a également retenu un doute sérieux sur la légalité de la décision, le ministre n’ayant pas contesté le moyen tiré du défaut d’information préalable prévue à l’article L. 223-3 du code de la route lors de la constatation des infractions.
Avocat : SELARL CABINET KIRMEN & LEFEBVRE
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2509903
Le Tribunal administratif de Lyon a rejeté la demande d’expertise présentée par Mme C..., enseignante, sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative. La requérante sollicitait une mesure pour évaluer les conséquences de son accident de service de 2010 et des conflits avec le rectorat. Le juge a estimé que cette expertise n’était pas utile, car les conséquences de l’accident avaient déjà été évaluées par une expertise antérieure et un jugement définitif, et que la requérante n’établissait ni aggravation ni rechute. De plus, la demande relative aux conflits professionnels n’était pas rattachée à un litige principal actuel ou éventuel suffisamment précis.
Avocat : CAUTENET
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2507380
Le Tribunal Administratif de Paris a condamné l’État à verser 1 500 euros à M. B..., reconnu prioritaire pour un relogement d’urgence par la commission de médiation le 20 juillet 2023, en raison de la carence fautive de l’État à lui fournir une offre de logement dans le délai légal de six mois. Cette somme répare les troubles dans ses conditions d’existence, notamment le maintien à la rue, sur le fondement de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l’habitation. La responsabilité de l’État a été engagée à compter du 20 janvier 2024, et la demande de frais de justice a été rejetée faute de frais non couverts par l’aide juridictionnelle totale.
Avocat : GHERON
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2306512
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la demande de l’EURL Mahr France, qui sollicitait le remboursement d’un crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) au titre de l’année 2018 pour un montant de 27 066 euros. La société contestait l’imputation prioritaire du CICE 2018 sur l’impôt sur les sociétés dû pour l’exercice 2018, estimant que l’administration aurait dû imputer d’abord le CICE 2016. Le tribunal a jugé que, conformément aux articles 244 quater C et 199 ter C du code général des impôts, le CICE doit être imputé sur l’impôt dû au titre de l’année de versement des rémunérations, ce que l’administration avait correctement appliqué. Par conséquent, la demande de remboursement a été rejetée.
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2301370
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la demande de M. B..., adjoint technique, qui sollicitait la condamnation de l'État à lui verser 42 330 euros pour des préjudices économique et moral. Le requérant reprochait au rectorat de Nice une mauvaise gestion de sa carrière, l'ayant privé de la possibilité de contester son admission à la retraite, et un manquement à l'obligation de protection de sa santé en raison d'un harcèlement. Le tribunal a opposé la prescription quadriennale pour les faits de harcèlement et a jugé que les autres moyens n'étaient pas fondés, notamment en l'absence de faute de l'administration dans l'information sur les droits à retraite. La décision s'appuie sur la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'État et le code de la sécurité sociale.
Avocat : CARLHIAN
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2302793
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de la SAS TD Développement, qui demandait le bénéfice du report en arrière de son déficit de l'exercice 2022 sur l'exercice 2021, ainsi que le remboursement d'une créance fiscale de 265 000 euros. Le tribunal a jugé que la société ne pouvait bénéficier de ce mécanisme prévu à l'article 220 quinquies du code général des impôts, car elle n'avait pas acquitté l'impôt sur les sociétés dû au titre de l'exercice 2021, condition nécessaire à la naissance de la créance. Il a également écarté les moyens tirés de l'existence d'une procédure de sauvegarde et de l'interdiction de compensation, estimant que la dette fiscale antérieure au jugement d'ouverture restait exigible. En conséquence, la demande subsidiaire de remboursement d'acomptes a également été rejetée.
Avocat : COUDERC DINH & ASSOCIÉS
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2401094
Le Tribunal Administratif de Toulon a été saisi par M. A... d'une demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, pour un montant total de 70 428 euros, consécutives à une plus-value immobilière réalisée en 2019. Le litige portait sur l'acquisition à un prix minoré d'un terrain à bâtir auprès de sa société, constitutive d'un avantage occulte. Le tribunal a rejeté l'ensemble des moyens soulevés par le requérant, tant sur la régularité de la procédure d'imposition que sur le bien-fondé des rectifications. La solution retenue est le rejet de la requête, fondée sur les dispositions du code général des impôts et du livre des procédures fiscales.
Avocat : DRAGONE
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2401459
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de Mme C..., AESH, qui demandait l'annulation du refus implicite de la rectrice de l'académie de Nice de lui verser l'indemnité de sujétions liée à l'exercice de ses fonctions en éducation prioritaire, ainsi que le paiement de sommes à ce titre. Le tribunal a jugé que sa demande, portant sur des indemnités dues entre le 1er janvier 2018 et le 31 août 2023, était prescrite en application de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'État. Par conséquent, la requête a été rejetée sans qu'il soit nécessaire d'examiner le fond du litige.
Avocat : BAZILE