Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2406366
Le Tribunal administratif de Lille a rejeté la requête de Mme A... contestant le refus de remise gracieuse d’un indu de prime d’activité de 1 600,02 euros réclamé par la Mutualité sociale agricole Nord-Pas-de-Calais. Le juge a estimé que, bien que l’indu résulte d’une erreur déclarative ne remettant pas en cause la bonne foi de la requérante, celle-ci ne justifiait pas d’une situation de précarité suffisante pour justifier une remise de dette. La décision s’appuie sur les articles L. 845-3 et R. 844-1 du code de la sécurité sociale. Les conclusions reconventionnelles de la caisse visant à obtenir une condamnation au paiement ont été déclarées irrecevables.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2406397
Le Tribunal administratif de Lille a rejeté la requête de Mme B... contestant le refus de remise gracieuse d’une dette de 1 119,67 euros au titre d’un trop-perçu de revenu de solidarité active. Le juge unique a estimé que, sur le fondement de l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles, la bonne foi de la requérante n’était pas remise en cause, mais qu’elle n’établissait pas une situation de précarité suffisante pour justifier une remise de dette. La solution retenue est donc le rejet de la demande d’annulation de la décision de la caisse d’allocations familiales du Nord.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2406665
Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de Mme A... contestant le refus partiel de remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 5 953,76 euros. La requérante, dont la bonne foi n’était pas contestée, n’a pas démontré une situation de précarité suffisante pour justifier une remise totale de sa dette. Le juge a appliqué l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles, qui conditionne la remise à la bonne foi et à la précarité du débiteur. La décision du département, accordant une remise partielle de 1 488,44 euros, a donc été confirmée.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2407456
Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de Mme A... contestant le refus de remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 89,22 euros. Se fondant sur l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles, le juge a estimé que si la bonne foi de la requérante n’était pas contestée, elle n’établissait pas une situation de précarité suffisante pour justifier une remise, malgré ses difficultés financières alléguées. La solution retenue est le rejet de la demande, confirmant ainsi la décision du président du conseil départemental du Pas-de-Calais.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2407618
Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en juge unique, a rejeté la requête de M. B... contestant la remise partielle d’un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 3 822,51 euros. Le requérant invoquait sa situation financière précaire et son rôle d’aidant familial pour obtenir une remise totale. Le tribunal a estimé que, malgré sa bonne foi non contestée, M. B... n’établissait pas une précarité telle qu’il serait dans l’impossibilité de rembourser le solde restant, y compris de manière échelonnée. La décision s’appuie sur l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles, qui conditionne la remise gracieuse à la bonne foi et à la précarité du débiteur.
Tribunal Administratif de Dijon — N° TA21-2500839
Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté la requête de M. A... contestant le refus de délivrance d’une carte nationale d’identité par le préfet de la Nièvre. Le requérant soutenait que la décision était illégale car elle mentionnait par erreur un refus de passeport. Le tribunal a jugé que cette erreur de plume était sans incidence sur la légalité du refus, fondé sur une décision du tribunal judiciaire de Lyon. La solution retenue est le rejet de la requête, sans application de textes spécifiques autres que le code de justice administrative.
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2400072
Le Tribunal Administratif de Besançon était saisi par la SARL MCY d’une demande d’annulation d’un titre exécutoire de 33 073,20 euros émis par la commune de Montperreux pour des travaux de mise en conformité d’assainissement non collectif. Le tribunal a relevé d’office son incompétence, considérant que ces prestations constituent le prolongement du service public de l’assainissement non collectif, lequel a le caractère d’un service public industriel et commercial en vertu des articles L. 2224-8 et L. 2224-11 du code général des collectivités territoriales. Par conséquent, le litige relève de la compétence des juridictions judiciaires, et non de l’ordre administratif. La requête a donc été rejetée comme portée devant une juridiction incompétente.
Avocat : LANDBECK
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2400088
Le Tribunal Administratif de Besançon a examiné la demande de Mme B... visant à obtenir la restitution d'un crédit d'impôt de 3 464 euros sur ses salaires suisses, au motif qu'elle subirait une double imposition. La juridiction a constaté qu'un dégrèvement partiel de 78 euros avait déjà été accordé par l'administration, rendant les conclusions sans objet dans cette limite. Pour le surplus, le tribunal a rejeté la requête en se fondant sur la convention franco-suisse du 9 septembre 1966 et l'accord du 11 avril 1983, qui prévoient que les salaires des travailleurs frontaliers résidant en France sont exclusivement imposables en France, sans droit au crédit d'impôt sollicité.
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2502728
Le Tribunal administratif de Besançon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme C..., ressortissante cubaine, qui demandait qu'il soit enjoint au préfet du Doubs de statuer sur sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé. Le juge a constaté qu'une décision implicite de rejet était née en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et qu'un arrêté préfectoral du 24 décembre 2025 avait expressément rejeté sa demande et lui avait fait obligation de quitter le territoire. La mesure sollicitée faisant obstacle à l'exécution de cette décision administrative, la condition posée par l'article L. 521-3 n'était pas remplie, entraînant le rejet de la requête.
Avocat : DIAZ
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2600014
Le Tribunal administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la requête de M. A..., ressortissant kosovar, qui demandait la suspension de l’arrêté du préfet du Jura refusant le renouvellement de son titre de séjour. Le juge a estimé qu’aucun des moyens soulevés, notamment l’incompétence de l’auteur de l’acte, l’absence de saisine de la commission du titre de séjour, l’erreur de droit, la violation de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et de l’article 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant, n’était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La solution retenue s’appuie sur les conditions de présence et la condamnation de l’intéressé pour violences intrafamiliales.
Avocat : BERTIN BRIGITTE
Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2406045
Demande d'expertise médicale présentée par les ayants droit de M. K... I... devant le Tribunal Administratif de Toulouse, visant à examiner les conditions de sa prise en charge hospitalière au centre hospitalier de Castres-Mazamet et au CHU de Toulouse, avant son décès survenu en mars 2022. Le juge des référés, statuant sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, fait droit à la demande en ordonnant une expertise, celle-ci étant jugée utile pour éclairer un éventuel litige en responsabilité. La mission d'expertise est confiée à un collège de trois experts spécialisés en pneumologie, maladies infectieuses et cardiologie, exerçant hors du ressort de la cour administrative d'appel de Toulouse. Les frais d'expertise sont provisoirement avancés par l'ONIAM, et les conclusions des parties relatives aux frais irrépétibles sont réservées.
Avocat : SCP GEORGES DAUMAS
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2600199
Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant en référé, a été saisi par la commune d’Olette-Evol sur le fondement de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation. La commune sollicitait la désignation d’un expert pour examiner des immeubles menaçant de s’effondrer sur la voie publique. Le juge des référés a fait droit à cette demande, estimant utile d’ordonner des constatations matérielles face au risque pour la sécurité publique. Il a désigné un expert avec pour mission d’examiner les lieux sous 24 heures, de constater l’état des bâtiments et de proposer des mesures pour faire cesser le danger imminent.
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2505213
Le Tribunal Administratif de Rennes, statuant en référé, a été saisi par M. B... d'une demande de provision de 50 000 euros à valoir sur l'indemnisation de ses préjudices, imputés à des fautes commises par le CHU de Brest lors de sa prise en charge médicale. La responsabilité de l'hôpital a été reconnue à hauteur de 50 % par la commission régionale de conciliation et d'indemnisation (CCI) de Bretagne, en raison d'un retard de diagnostic ayant entraîné une perte de chance pour le patient d'éviter ses séquelles neurologiques. Le juge des référés a condamné le CHU de Brest à verser à M. B... une provision de 27 833,11 euros, correspondant à la moitié des préjudices déjà évalués par la CCI, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative. La demande de provision complémentaire pour des préjudices non encore consolidés a été rejetée comme étant prématurée et non justifiée.
Avocat : CABINET D'AVOCATS EFFICIA
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2204598
Le Tribunal Administratif de Nice a été saisi par la société Inéo Provence & Côte d’Azur d’une demande de condamnation de la commune d’Antibes au paiement de 310 754 euros pour des prestations réalisées dans le cadre d’un marché public de travaux (lot n° 14 « Electricité »). La société requérante invoquait une faute de la commune pour ne pas avoir ajourné le chantier. Le tribunal a rejeté l’intégralité des demandes de la société Inéo Provence & Côte d’Azur, estimant que les préjudices n’étaient pas établis et que la commune n’avait commis aucune faute. La décision s’appuie notamment sur le cahier des clauses administratives générales (CCAG) applicable aux marchés publics de travaux.
Avocat : PUJOL
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2304548
Le Tribunal Administratif de Nice rejette la requête de M. A..., agent territorial, qui contestait un titre de recette de 2 453,79 euros émis par la commune de Cannes pour un trop-perçu de traitement. Le tribunal juge que le requérant, ayant déjà épuisé ses droits à plein traitement lors d’un précédent congé de longue durée pour la même affection mentale, ne pouvait prétendre qu’à un demi-traitement pour son second congé, conformément aux articles L. 822-12 et L. 822-15 du code général de la fonction publique. Les moyens tirés de l’antidatation du certificat administratif et d’erreurs sur les salaires sont écartés comme manquant en fait.
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2304865
Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en formation de 6ème chambre, a rejeté les requêtes de la SARL Lionello contestant deux avis de sommes à payer émis par le CHU de Nice, l’un de 124 500 euros pour un marché de travaux et l’autre de 13 981 euros pour des prestations complémentaires. Le tribunal a écarté les moyens d’incompétence de l’auteur de l’acte, d’insuffisance de motivation, de prescription et de caractère définitif du décompte général, en application du code de la commande publique et du code général des collectivités territoriales. La solution retenue est le rejet des demandes d’annulation et des conclusions subsidiaires d’expertise, ainsi que le rejet des conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Avocat : DE PREMARE
Tribunal Administratif de la Polynésie française — N° TA103-2500458
Le Tribunal administratif de la Polynésie française a été saisi par M. C... d’une demande d’astreinte pour inexécution d’une ordonnance de référé du 29 octobre 2024 enjoignant à la commune de Faa’a de raccorder son habitation à l’eau potable. La commune n’ayant pas exécuté cette décision, le tribunal a prononcé une astreinte à son encontre, sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative.
Avocat : CROSS
Tribunal Administratif de la Polynésie française — N° TA103-2500525
Le Tribunal Administratif de la Polynésie française était saisi par le centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF) d’une demande de récusation du docteur E..., désigné comme expert dans un litige mettant en cause l’établissement. Le CHPF invoquait un risque objectif de défaut d’impartialité de l’expert, en raison d’un passé professionnel conflictuel et d’une sanction disciplinaire pour manquement déontologique. En cours d’instance, le docteur E... a informé le tribunal qu’elle renonçait à sa mission d’expertise en raison de son départ définitif de la Polynésie française. Par conséquent, le tribunal a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur la demande de récusation.
Avocat : SELARL MILLET VARROD AVOCATS (MVA)
Tribunal Administratif de la Polynésie française — N° TA103-2500150
Le Tribunal Administratif de la Polynésie française rejette la requête de la société commerciale de Taiarapu. Celle-ci contestait le refus de la direction générale des finances publiques de lui accorder un agrément fiscal pour l’installation de panneaux photovoltaïques en autoconsommation, sur le fondement de l’article 199 undecies B du code général des impôts. Le tribunal juge que la condition d’éligibilité liée au secteur d’activité (le commerce étant exclu) s’applique également aux investissements photovoltaïques, et que l’administration n’a commis aucune erreur de droit.
Avocat : ERNST & YOUNG, SOCIETE D'AVOCATS
Tribunal Administratif de la Polynésie française — N° TA103-2500192
Le Tribunal Administratif de la Polynésie française a été saisi par M. A..., instructeur pompier d’aérodromes, qui demandait la condamnation de la Polynésie française à lui verser 8 965 297 F CFP en réparation du préjudice financier résultant du non-versement d’indemnités de sujétions spéciales (ISS) pour ses missions itinérantes entre 2016 et 2024. La Polynésie française a opposé une fin de non-recevoir partielle pour défaut de liaison du contentieux et prescription, et a contesté le bien-fondé de la demande. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que le requérant n’établissait pas avoir exercé des fonctions itinérantes distinctes de son poste principal d’instructeur, pour lesquelles il percevait déjà des ISS. La décision s’appuie notamment sur la délibération n° 2016-16 APF du 18 février 2016 portant statut particulier des pompiers d’aérodromes.
Avocat : FIDELE