Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2521665
Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé sur la demande du préfet de la Vendée, a ordonné l'expulsion sans délai de M. et Mme E... et de leurs enfants du logement pour demandeurs d'asile qu'ils occupent à La Roche-sur-Yon. La solution retenue se fonde sur les articles L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 521-3 du code de justice administrative. Le juge a considéré que, bien que les intéressés aient obtenu la protection subsidiaire, ils avaient commis des manquements graves au règlement du lieu d'hébergement en abandonnant le centre provisoire d'hébergement qui leur avait été proposé, justifiant ainsi la mesure d'expulsion. L'urgence et l'utilité de la mesure ont été retenues en raison de la pression sur le dispositif d'hébergement pour demandeurs d'asile dans le département.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2203691
Le Tribunal Administratif de Lille a été saisi par Mme C... d'une demande de provision sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, afin d'obtenir réparation des préjudices subis lors de sa prise en charge au centre hospitalier d'Arras en novembre 2019. Le tribunal a constaté qu'un jugement au fond du 8 janvier 2025 avait déjà condamné l'hôpital à indemniser la requérante, rendant sans objet la demande de provision. En conséquence, il a rejeté la requête de Mme C..., ainsi que les conclusions des caisses de sécurité sociale et de l'assureur, et a mis fin à l'instance.
Avocat : SELARL RESSOURCES PUBLIQUES AVOCATS
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2311061
Le Tribunal administratif de Lille a été saisi par M. C... d'une demande de provision de 200 000 euros, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, afin d'obtenir réparation d'un accident médical non fautif survenu lors d'une opération du canal carpien au centre hospitalier de Valenciennes. Le requérant soutenait que les conditions de l'indemnisation au titre de la solidarité nationale, prévues à l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, étaient remplies. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que l'obligation de l'ONIAM n'était pas suffisamment certaine, dès lors que l'expertise n'avait pas établi le caractère anormal du dommage au regard de l'état de santé antérieur du patient et de l'évolution prévisible de sa pathologie.
Avocat : SCP MASSON ET DUTAT
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2101385
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a été saisi par Mme A... D... E... et Mme H... D... E... d’une demande d’indemnisation du préjudice économique résultant du décès de M. D..., survenu le 5 novembre 2018. Les requérantes imputent la responsabilité du centre hospitalier Paul Ardier pour ne pas avoir communiqué les résultats d’un examen anatomopathologique du 28 juillet 2016, révélant un adénocarcinome, ce qui a entraîné un retard de diagnostic et de traitement d’un an, réduisant les chances de survie. Le tribunal a jugé que cette faute engageait la responsabilité de l’hôpital sur le fondement de l’article L. 1142-1 du code de la santé publique, et a fixé le taux de perte de chance à 80 %. Il a condamné le centre hospitalier à verser 41 704,74 euros à Mme A... D... E... et 13 901,57 euros à Mme H... D... E... au titre des arrérages échus jusqu’au 10 juillet 2024, tout en réservant leurs droits pour les arrérages à échoir.
Avocat : PAPIN AVOCATS
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2202317
Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand rejette la requête de Mme B... qui demandait l’annulation de la décision du 5 septembre 2022 du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand refusant de faire droit à sa demande d’indemnisation. Le tribunal juge que le courriel de Mme B... du 13 juin 2022, par lequel elle indiquait « souhaite[r] faire une réclamation », ne constitue ni une demande indemnitaire préalable ni une décision faisant grief, et que la réponse de l’hôpital, qui ne lie le contentieux que dans le cadre d’un litige indemnitaire, n’est pas susceptible de recours pour excès de pouvoir. En conséquence, les conclusions à fin d’annulation sont irrecevables. La requête est rejetée, y compris les conclusions fondées sur l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Avocat : LANTERO & ASSOCIÉS
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2300198
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la demande de M. A... tendant à la décharge de l'impôt sur la plus-value immobilière (3 479 euros) lors de la cession d'un immeuble à Chauriat. Le tribunal a jugé que le bien, qualifié de « grange » et inhabitable, ne constituait pas la résidence principale du cédant au jour de la vente, excluant ainsi l'exonération prévue au 1° du II de l'article 150 U du code général des impôts. Il a également estimé que le requérant n'établissait pas que le bien pouvait être qualifié de logement pour bénéficier de l'exonération de première cession prévue au 1° bis du même article. La requête a donc été rejetée.
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2305832
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a rejeté la demande de Mme B... tendant à la décharge des taxes d'habitation et d'habitation sur les logements vacants pour les années 2021 et 2022. Pour l'année 2021, la requête a été jugée irrecevable en raison de la tardiveté de la réclamation préalable, conformément à l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales. Pour l'année 2022, le tribunal a estimé que le moyen tiré de l'absence de base légale de la taxe sur les logements vacants était infondé, les articles 1407 bis et 232 du code général des impôts permettant aux communes de l'instituer.
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2508248
Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a ordonné une expertise médicale à la demande de Mme D..., agent public victime d'un accident de service reconnu imputable le 15 novembre 2022. La région Auvergne Rhône-Alpes contestait l'utilité de cette mesure, arguant que des expertises médicales antérieures avaient déjà établi certains éléments. Le juge a toutefois estimé que ces expertises, réalisées par un médecin agréé sans caractère contradictoire, ne faisaient pas obstacle à une nouvelle expertise judiciaire, laquelle présente un caractère utile pour déterminer l'ensemble des préjudices. La mission confiée à l'expert inclut notamment l'évaluation de la date de consolidation, des déficits fonctionnels, et des préjudices extrapatrimoniaux. Les conclusions de la requête relatives aux dépens ont été rejetées, leur liquidation étant réservée à une ordonnance ultérieure.
Avocat : SELARL PAILLAT CONTI BORY
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2329443
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par Mme A... C... épouse D... d'un recours en plein contentieux visant à contester un titre de recette émis par l'Assistance publique – hôpitaux de Paris (AP-HP) pour un montant de 61 028 euros, ainsi que la saisie administrative à tiers détenteur subséquente. La requérante soutenait que la créance n'était pas fondée, estimant qu'il appartenait à l'AP-HP de se retourner contre la mutuelle marocaine. Le tribunal a joint les deux requêtes. Il a rejeté les conclusions relatives à la saisie administrative à tiers détenteur, jugeant que le contentieux du recouvrement des créances de l'AP-HP relève de la compétence du juge judiciaire. Sur le fond, le tribunal a appliqué les articles L. 6145-11 et R. 6145-4 du code de la santé publique, qui permettent aux établissements publics de santé d'exercer leur recours contre les hospitalisés ou leurs débiteurs.
Avocat : LAOUANI
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2500176
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné le recours de la société d’exploitation de la Clinique du Perreux contestant l’arrêté de l’ARS Île-de-France fixant, pour 2023, sa dotation d’aide à la contractualisation (MIGAC) à 523 686 euros, dont 360 227 euros pour les revalorisations salariales dites "Ségur 1 et 2". La clinique soutenait que le coût réel de ces mesures était de 598 082 euros et que l’État devait assurer une compensation intégrale, conformément aux engagements ministériels et aux textes applicables. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que le montant alloué relevait de l’enveloppe nationale limitée fixée par l’arrêté du 28 mars 2023 pris en application des articles L. 162-21 et L. 162-23 du code de la sécurité sociale, sans que l’ARS ne commette d’erreur manifeste d’appréciation en se fondant sur les données SAE 2019.
Avocat : CABINET MUSSET & ASSOCIES (SCP)
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2502787
**Sujet principal :** Demande d’expertise médicale pour évaluer les préjudices subis par une agente territoriale à la suite d’un accident de service. **Juridiction :** Tribunal administratif de Rouen (juge des référés). **Solution retenue :** Le tribunal fait droit à la demande et ordonne une expertise, confiant au Dr B... D... la mission d’examiner la requérante, de décrire ses séquelles en lien direct avec l’accident du 5 octobre 2023, et d’évaluer l’ensemble de ses préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux (temporaires et permanents). **Textes appliqués :** Article R. 532-1 du code de justice administrative (mesure d’expertise utile). La décision rappelle également le principe jurisprudentiel (CE, 4 juillet 2003, n° 211106) relatif au droit à indemnisation complémentaire des agents publics victimes d’accidents de service.
Avocat : HUON SARFATI
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2301899
Le Tribunal Administratif de MELUN a rejeté la requête de M. A... contestant son imposition supplémentaire à l'impôt sur le revenu pour 2020. Le requérant, expatrié en Haïti, soutenait que ses salaires devaient être exonérés en vertu de l'article 81 A du code général des impôts. Le tribunal a constaté que l'administration fiscale avait effectivement pris en compte cette exonération dans l'avis d'imposition rectificatif. Il a également jugé que l'impôt avait été correctement calculé en intégrant l'ensemble des revenus, imposables et exonérés, conformément à l'article 197 C du même code.
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2304637
Le Tribunal Administratif de MELUN a rejeté la requête de M. D... A... C... contestant les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales pour 2017 et 2018. Le requérant n'ayant pas répondu aux propositions de rectification, la charge de la preuve de l'exagération des bases d'imposition lui incombait, conformément à l'article R*194-1 du livre des procédures fiscales. Le tribunal a jugé que les propositions de rectification étaient suffisamment motivées, en application des articles L. 57 et R. 57-1 du même code, et que les moyens soulevés n'étaient pas fondés. La solution retenue est le rejet de la demande de décharge.
Avocat : MICHALLON
Conseil d'État — N° 511365
Avocat : VERDIER
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2406313
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a condamné le CREPS Île-de-France à verser 1 500 euros à M. A... pour le préjudice moral subi du fait de son recrutement et de son maintien illégal sous le statut de vacataire entre 1997 et 2018, alors qu'il occupait un emploi permanent d'agent contractuel. La responsabilité du CREPS a été engagée sur le fondement de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 et du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986. Le tribunal a également accordé les intérêts au taux légal à compter du 26 décembre 2023, avec capitalisation, et a condamné le CREPS à verser 1 000 euros au titre des frais de justice.
Avocat : VIOLETTE
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2406312
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a condamné le CREPS Ile-de-France à verser 1 000 euros à Mme B... pour le préjudice moral subi du fait de son recrutement et de son maintien illégal sous le statut de vacataire entre 2008 et 2018. Le tribunal a reconnu la faute du CREPS, qui aurait dû employer Mme B... comme agent contractuel, puis en contrat à durée indéterminée à compter de 2014. La solution retenue s’appuie sur les principes de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 et du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatifs aux agents non titulaires de la fonction publique.
Avocat : VIOLETTE
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2406311
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a condamné le CREPS Île-de-France à verser 1 000 euros à Mme B... pour le préjudice moral subi du fait de son recrutement et maintien illégal sous le statut de vacataire entre 2007 et 2019, alors qu'elle occupait un emploi permanent d'agent contractuel. La faute du CREPS a été reconnue sur le fondement des lois n° 83-634 du 13 juillet 1983 et n° 84-16 du 11 janvier 1984, ainsi que du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986. La somme est assortie des intérêts au taux légal à compter du 26 décembre 2023, avec capitalisation à partir du 30 avril 2025. Le tribunal a également alloué 1 000 euros à Mme B... au titre des frais de justice.
Avocat : VIOLETTE
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2301648
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise (12ème Chambre) a rejeté la requête de Mme B..., animatrice territoriale, qui demandait la condamnation de la commune de Clichy-la-Garenne pour un préjudice lié à son affiliation à une mutuelle de prévoyance. La requérante soutenait que la commune avait commis une faute en ne prenant pas en compte son affiliation au contrat de prévoyance collective à compter de janvier 2020. Le tribunal a jugé qu'aucune faute de nature à engager la responsabilité de la commune n'était établie, dès lors que Mme B... avait elle-même renoncé à adhérer à la garantie proposée par la mutuelle « Territoria Mutuelle » par un courriel du 5 février 2020. La solution retenue est le rejet de l'intégralité des demandes indemnitaires et accessoires de Mme B..., sur le fondement des articles L. 827-9 et L. 827-10 du code général de la fonction publique.
Avocat : EVODROIT-SCP INTER BARREAUX D'AVOCATS
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2520141
Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé, a rejeté la demande de provision de 100 000 euros présentée par Mme A..., agent communal, en réparation des préjudices consécutifs à un accident de service survenu le 16 juin 2023. Le juge a estimé que le lien de causalité entre l'accident et l'ensemble des troubles invoqués (cognitifs et vasculaires) n'était pas établi avec un degré suffisant de certitude, rendant l'obligation de la commune d'Aubervilliers sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative. La requête a donc été rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles fondées sur l'article L. 761-1 du même code.
Avocat : PIERSON
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2404947
Le Tribunal Administratif de Montreuil (10ème chambre) a rejeté la requête de la société Ge HealthCare Technologies France, qui demandait le remboursement d’un crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) de 422 067 euros au titre des années 2016 et 2017. Le tribunal a jugé que, pour les salariés temporairement absents, le plafond d’éligibilité de 2,5 fois le SMIC doit être proratisé en fonction de la rémunération effectivement versée, conformément à l’article 244 quater C du code général des impôts. Il a ainsi écarté le moyen de la société selon lequel cette proratisation n’était pas prévue par la loi. La solution retenue confirme la position de l’administration fiscale, rejetant l’inclusion dans l’assiette du CICE des rémunérations dépassant le plafond après ajustement pour absences.
Avocat : SCP RGM