Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2216717
Le Tribunal Administratif de Nantes rejette l'opposition formée par Mme D... contre une contrainte de la CAF de la Loire-Atlantique lui réclamant 605 euros de trop-perçu d'allocation de logement familial (ALF). La requérante n'a pas contesté utilement le motif de l'indu, à savoir l'absence de déclaration du déménagement de sa locataire, et n'a pas formé de recours administratif préalable. Le tribunal rejette également les conclusions reconventionnelles de la CAF tendant à la validation de sa contrainte, car un organisme public ne peut demander au juge une mesure qu'il peut prendre lui-même. La décision s'appuie notamment sur l'article L.823-6 du code de la construction et de l'habitation et le principe d'irrecevabilité des conclusions reconventionnelles des personnes publiques.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2217100
Le Tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête de M. B... contestant le refus de la commission de médiation de la Loire-Atlantique de reconnaître sa demande de logement comme urgente et prioritaire. Le tribunal a écarté le moyen tiré d'un défaut de motivation, la décision attaquée comportant les considérations de droit et de fait requises. Il a également rejeté les moyens d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation, constatant que M. B... n'avait pas fourni les pièces complémentaires demandées dans le délai imparti, avant l'édiction de la décision. La solution est fondée sur les dispositions du code de la construction et de l'habitation, notamment l'article L. 441-2-3.
Avocat : KADDOURI
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2301669
Le Tribunal Administratif d'Orléans a été saisi par Mme D... d'une demande d'indemnisation à la suite d'une chute sur la voie publique à Chartres, imputée à un défaut d'entretien normal de la voirie communale. La commune a contesté sa responsabilité en arguant de la faible profondeur du trou et de la présence d'un éclairage public. Le tribunal a retenu la responsabilité de la commune pour défaut d'entretien normal de l'ouvrage public, en application des principes généraux de la responsabilité administrative. Il a condamné la commune à verser à Mme D... une somme totale de 8 000 euros en réparation de ses préjudices, et à la CPAM d'Eure-et-Loir la somme de 2 158,65 euros au titre de ses débours, ainsi que l'indemnité forfaitaire de gestion.
Avocat : UBILEX - SCP FOUGERAY LE ROY LEBAILLY NOUVELLON ET ASSOCIES
Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — N° TA51-2402057
Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a examiné la demande de M. B... visant à obtenir la remise gracieuse d’un trop-perçu de revenu de solidarité active (RSA) de 500,82 euros. Le juge a estimé que la bonne foi du requérant était établie, les omissions déclaratives étant isolées et non révélatrices d’une volonté de dissimulation. Il a également constaté la précarité de sa situation financière, ses ressources étant insuffisantes pour rembourser la dette tout en subvenant aux besoins de son foyer. En application de l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles, le tribunal a accordé la remise totale de la dette.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2304081
Le Tribunal Administratif de Lille a examiné la demande de M. A... visant à obtenir une remise gracieuse totale d’un indu d’allocation de logement sociale (ALS) de 3 037 euros, pour lequel la CAF du Nord n’avait accordé qu’une remise partielle de 25%. Statuant en plein contentieux, le juge unique a rejeté la requête, estimant que M. A... n’apportait pas la preuve de sa situation de précarité financière, malgré sa bonne foi reconnue. La décision s’appuie sur les articles L. 821-1, L. 822-5 et L. 823-9 du code de la construction et de l’habitation, ainsi que sur l’article L. 553-2 du code de la sécurité sociale.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2305103
Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en juge unique, a examiné la demande de M. B... visant à obtenir une remise gracieuse totale d’un indu d’aide personnalisée au logement (APL) de 439 euros, après que la CAF du Nord ne lui a accordé qu’une remise partielle de 50 %. Le tribunal a écarté l’exception de non-lieu à statuer soulevée par la CAF, le solde de la dette étant soldé, et a rappelé qu’il lui appartient d’apprécier la situation de précarité et la bonne foi du requérant à la date de sa décision. En l’espèce, il a constaté que l’indu résultait d’un changement de situation professionnelle du fils de M. B..., sans manœuvre frauduleuse, et que le quotient familial du requérant était faible. Par conséquent, le tribunal a accordé à M. B... la remise gracieuse totale du solde restant de 219,50 euros, en application des articles L. 553-2 du code de la sécurité sociale et L. 823-9 du code de la construction et de l’habitation.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2411351
Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en juge unique, était saisi par M. A... d’un recours en annulation contre la décision de la commission de médiation du Nord du 27 août 2024, qui avait rejeté sa demande de logement social comme prioritaire et urgente sur le fondement du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation. En défense, le préfet du Nord a soulevé un non-lieu à statuer, arguant que M. A... s’était relogé dans le parc privé après l’introduction de la requête. Le tribunal a constaté que le requérant ne contestait pas ce relogement et que sa situation d’urgence avait ainsi disparu. Par conséquent, la requête est devenue sans objet, et le tribunal prononce un non-lieu à statuer.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2510168
Cette décision du Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, concerne la demande d'un surveillant pénitentiaire déclaré inapte, souhaitant une intégration directe dans une communauté urbaine. Le juge des référés a rejeté la requête de M. A... qui demandait d'enjoindre au ministre de la justice de formaliser une décision implicite d'acceptation et de transmettre des documents. Le tribunal a estimé qu'une décision implicite d'acceptation était déjà née le 24 septembre 2025, en application de l'article L. 511-3 du code général de la fonction publique, et que le requérant n'établissait pas que l'administration d'accueil conditionnait son arrêté à une décision expresse de l'administration d'origine. Par conséquent, la mesure sollicitée n'était pas utile et la condition d'urgence n'était pas suffisamment justifiée.
Avocat : JAMAIS
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2512375
Le Tribunal Administratif de Lille a été saisi en référé-suspension par M. B..., ressortissant marocain, contestant le refus implicite de renouvellement de son titre de séjour en qualité de conjoint de français. Le juge a rejeté la fin de non-recevoir soulevée par le préfet du Nord, estimant que le requérant disposait d'un délai de recours de deux mois à compter de la communication des motifs du refus implicite, intervenue en mars 2025. La condition d'urgence a été reconnue présumée pour un refus de renouvellement de titre de séjour, et le juge a considéré qu'il existait un doute sérieux sur la légalité de la décision, notamment au regard de l'absence de motivation et de la méconnaissance potentielle des articles L. 423-1 et L. 423-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, l'exécution de la décision implicite de refus a été suspendue, et il a été enjoint au préfet de réexaminer la situation de M. B... dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
Avocat : GOMMEAUX
Tribunal Administratif de Pau — N° TA64-2300076
Le Tribunal Administratif de Pau, statuant en référé sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, a fait droit à la demande d’expertise médicale présentée par Mme B... C..., fille et ayant droit de Mme D... C... décédée. La requérante sollicitait cette mesure pour déterminer les éventuels manquements de l’Ehpad public Eugénie Desjobert dans la prise en charge de sa mère avant son décès, survenu après une hospitalisation pour déshydratation grave et infection au Covid-19. Le juge a estimé la demande utile pour un éventuel litige en responsabilité administrative et a ordonné l’expertise, rejetant la demande de mise hors de cause de l’Ehpad, dont la présence aux opérations a été jugée nécessaire. Les textes appliqués sont l’article R. 532-1 du code de justice administrative et le code de la santé publique.
Avocat : SELARL ASTREA
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2515219
Le tribunal administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement des articles L. 552-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et L. 521-3 du code de justice administrative, a ordonné l’expulsion de M. C., ressortissant afghan, du logement qu’il occupe sans titre au sein d’un centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA). La demande de la préfète du Rhône a été jugée recevable car le maintien dans les lieux après la fin de l’hébergement constitue un manquement grave au règlement du centre, et la mesure ne se heurte à aucune contestation sérieuse. L’urgence et l’utilité de la mesure ont été reconnues pour assurer la continuité du service public de l’hébergement.
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2502367
Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé provision sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, a condamné l'État à verser à Mme A... une provision de 300 euros. Cette somme répare le préjudice moral subi du fait de ses conditions indignes de détention à la maison d'arrêt des femmes de Fresnes du 11 mai au 9 août 2024, caractérisées notamment par l'exiguïté des cellules et un défaut d'hygiène. Le tribunal a jugé que ces conditions constituaient une faute de nature à engager la responsabilité de l'État, en méconnaissance des articles L. 6 et L. 7 du code pénitentiaire et de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme.
Avocat : LEFEBURE
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2101281
Le Tribunal administratif de Toulon a examiné la requête de consorts M... visant à engager la responsabilité de l’Assistance publique – Hôpitaux de Marseille (AP-HM) et du Centre hospitalier intercommunal Toulon-La Seyne-sur-Mer (CHITS) pour des fautes médicales ayant conduit à l’amputation puis au décès de M. M.... Le tribunal a mis hors de cause les praticiens et la clinique privée, faute de compétence ou de faute personnelle détachable. Il a condamné l’AP-HM à verser 2 800 euros aux ayants droit au titre des souffrances endurées, en retenant une perte de chance de 80 %. Enfin, il a rejeté les conclusions dirigées contre le CHITS, considérant que le dossier médical avait été communiqué et qu’aucune faute de nature à engager sa responsabilité n’était établie.
Avocat : DEGUITRE
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2600024
Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en référé, a rejeté la demande de provision de 2 000 euros présentée par M. B... contre la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de la Seine-Maritime. Le requérant invoquait des préjudices moral, social, financier et administratif résultant d'une carence fautive dans le traitement de son dossier de compensation du handicap. Le juge a constaté que M. B... ne justifiait pas avoir formé une demande préalable auprès de l'administration, ni d’une décision de rejet, ce qui rend sa requête irrecevable en application des articles R. 421-1 et R. 541-1 du code de justice administrative. La requête a donc été rejetée comme manifestement irrecevable.
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2504480
Le Tribunal administratif d'Orléans a été saisi par la ministre des armées et des anciens combattants d'une demande de rectification d'une erreur matérielle entachant l'ordonnance n° 2504480 du 7 janvier 2026. Sur le fondement de l'article R. 741-11 du code de justice administrative, le président du tribunal a constaté une omission matérielle dans l'article 1er de cette ordonnance. Il a ordonné la correction de cette omission en ajoutant les mots « du désistement » entre « donné acte » et « des conclusions ». La décision rectificative a été rendue le 15 janvier 2026.
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2505382
Le Tribunal Administratif d'Orléans, statuant en référé, a rejeté la demande de provision de 42 600 euros formée par le cabinet Rewards Expertise contre la SAEML C’CIN. Le litige portait sur l'éviction de ce cabinet d'une procédure d'attribution d'un marché d'externalisation de la paie. Le tribunal a jugé que le contrat en cause, conclu entre deux personnes privées, relevait du droit privé et non du droit public, et a donc décliné sa compétence au profit de la juridiction judiciaire. La solution est fondée sur l'article R. 541-1 du code de justice administrative.
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2505527
Le Tribunal Administratif d'Orléans, statuant en référé provision sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, a été saisi par la société CM-CIC Leasing Solutions pour obtenir le paiement de loyers impayés et d'indemnités de résiliation de deux contrats de location de matériel (un TOTEM d'affichage et une imprimante) conclus avec la commune de La Chapelle Saint-Ursin. Le juge a considéré que l'obligation de paiement de la commune n'était pas sérieusement contestable, dès lors que la réalité des contrats, leur cession à la société requérante, la livraison du matériel et le défaut de paiement des loyers à compter de mars et avril 2025 étaient établis. En conséquence, le tribunal a condamné la commune à verser à la société une provision de 79 346,16 euros, correspondant aux loyers impayés et aux indemnités de résiliation contractuellement prévues, en application des stipulations des contrats de location et des principes régissant la commande publique.
Avocat : BOLLENGIER-STRAGIER
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2506069
Le Tribunal Administratif d'Orléans, statuant en référé provision sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de M. B..., agent de maîtrise principal, qui sollicitait le versement d'une provision de 10 886,45 euros au titre de ses salaires impayés de juin à octobre 2025. Le tribunal a jugé que l'obligation de la communauté de communes Pithiverais Gâtinais n'était pas sérieusement contestable, car l'agent avait fait l'objet d'un détachement d'office auprès de la société Véolia à compter du 1er janvier 2025, dans le cadre du transfert de la compétence "eau et assainissement". En conséquence, les salaires de M. B... devaient être versés par Véolia, et non par la communauté de communes. La requête a été rejetée, et la demande de la communauté de communes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative a également été rejetée.
Avocat : BONVILLAIN
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2506566
Le Tribunal administratif d'Orléans, statuant en urgence, a été saisi par Mme et M. C... d’une demande d’injonction visant à obtenir un logement adapté au handicap de leur fille, suite à leur reconnaissance comme prioritaires par la commission de médiation du Loiret le 29 juillet 2025. La préfète du Loiret invoquait la rareté des logements de type T5 adaptés pour justifier l’absence d’offre dans les délais légaux. Le juge a rappelé que l’État est soumis à une obligation de résultat en matière de droit au logement opposable, en application des articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation. Constatant qu’aucune offre conforme n’avait été faite et que l’urgence persistait, le tribunal a enjoint à la préfète de procéder au relogement des requérants.
Tribunal Administratif de Nancy — N° TA54-2504010
Le Tribunal Administratif de Nancy a été saisi par la commune de Piennes d'une demande d'expertise en référé concernant un immeuble appartenant à la SCI Dobannef, situé rue de Verdun, et présentant un risque pour la sécurité publique. Sur le fondement des articles L. 511-2 et L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, le juge des référés a fait droit à cette demande. Il a désigné un expert avec pour mission d'examiner le bâtiment, de dresser un constat de son état, d'évaluer les risques pour la sécurité des occupants et des tiers, et de proposer des mesures pour y remédier, le tout dans un délai de 24 heures.