| CELEX | 02024R1040-20240403 |
| Type | Règlement (consolidé) |
| Date | mercredi 3 avril 2024 |
| Journal officiel | FR Série L |
| 2024/1040 | 2.4.2024 |
RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) 2024/1040 DE LA COMMISSION
du 27 mars 2024
instituant un droit antidumping définitif sur les importations de certains types de polyéthylène téréphtalate originaires de la République populaire de Chine
LA COMMISSION EUROPÉENNE,
vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,
vu le règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil du 8 juin 2016 relatif à la défense contre les importations qui font l’objet d’un dumping de la part de pays non membres de l’Union européenne, et notamment son article 9, paragraphe 4,
considérant ce qui suit:
1. PROCÉDURE
1.1. Ouverture
| (1) | Le 30 mars 2023, la Commission européenne (ci-après la «Commission») a ouvert une enquête antidumping concernant les importations de polyéthylène téréphtalate (PET) originaire de la République populaire de Chine (ci-après le «pays concerné» ou la «RPC») en vertu de l’article 5 du règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil (ci-après le «règlement de base») (1). Elle a publié un avis d’ouverture au Journal officiel de l’Union européenne (2) (ci-après l’«avis d’ouverture»). |
| (2) | La Commission a ouvert l’enquête à la suite d’une plainte déposée le 14 février 2023 par PET Europe (ci-après le «plaignant»). La plainte a été déposée au nom de l’industrie de l’Union du polyéthylène téréphtalate au sens de l’article 5, paragraphe 4, du règlement de base. La plainte contenait des éléments de preuve suffisants quant à l’existence d’un dumping et d’une menace de préjudice en résultant pour justifier l’ouverture d’une enquête. |
1.2. Enregistrement
| (3) | Comme indiqué aux considérants 3 et 4 du règlement provisoire, la Commission a décidé de ne pas enregistrer les importations de PET originaire de la RPC conformément à l’article 14, paragraphes 5 et 5 bis, du règlement de base. |
| (4) | Dans ses observations sur l’information provisoire, le plaignant a soutenu que la Commission avait confondu, au considérant 3 du règlement provisoire, la décision relative à l’enregistrement et celle relative à l’application rétroactive. Pour justifier de ne pas imposer l’enregistrement, la Commission a invoqué l’absence d’augmentation des importations. Le plaignant a fait valoir qu’il s’agissait d’un critère pertinent pour l’article 10, paragraphe 4 (institution rétroactive), et non pour l’article 14, paragraphe 5, du règlement de base. La Commission a donc, de l’avis du plaignant, commis une erreur dans l’application du règlement de base. |
| (5) | Il convient de noter qu’en effet, l’article 14, paragraphe 5, du règlement de base ne fait pas expressément référence à l’article 10, paragraphe 4, du règlement de base. Il indique toutefois clairement que l’objectif de l’enregistrement des importations est que des mesures puissent par la suite être appliquées à l’encontre de ces importations. Par conséquent, pour justifier l’enregistrement des importations en vertu de l’article 14, paragraphe 5, il doit exister des éléments de preuve suffisants attestant que les conditions de l’article 10, paragraphe 4, du règlement de base pourraient être remplies. L’argument du plaignant est donc rejeté. |
1.3. Mesures provisoires
| (6) | Conformément à l’article 19 bis du règlement de base, la Commission a communiqué aux parties, le 31 octobre 2023, une synthèse des droits provisoires proposés et les détails du calcul des marges de dumping et des marges suffisantes pour éliminer le préjudice causé à l’industrie de l’Union. Les parties intéressées ont été invitées à présenter leurs observations sur l’exactitude des calculs dans un délai de trois jours ouvrables. Aucun commentaire sur l’exactitude des calculs n’a été transmis. |
| (7) | Le 27 novembre 2023, par son règlement d’exécution (UE) 2023/2659 (ci-après le «règlement provisoire») (3), la Commission a institué un droit antidumping provisoire sur les importations de PET originaire de la RPC. |
1.4. Procédure ultérieure
| (8) | À la suite de la communication des faits et considérations essentiels sur la base desquels des mesures antidumping provisoires ont été instituées (ci-après l’«information provisoire»), le plaignant, les producteurs-exportateurs et leur association, les utilisateurs et un importateur indépendant ont présenté des observations. |
| (9) | Les parties qui l’ont demandé ont également eu la possibilité d’être entendues. Des auditions ont eu lieu avec Svepol et PET Europe. |
| (10) | La Commission a continué de rechercher et de vérifier toutes les informations jugées nécessaires à l’établissement de ses conclusions finales. Pour établir ses conclusions définitives, la Commission a examiné les observations présentées par les parties intéressées et a révisé ses conclusions provisoires lorsque c’était nécessaire. Afin de disposer de données plus complètes sur les prix de vente, le coût de production et la rentabilité de l’Union au cours de la période postérieure à l’enquête, elle a demandé aux producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon de fournir des données supplémentaires. Tous ces producteurs ont transmis les informations demandées. |
| (11) | À la suite de l’information provisoire et de l’information finale, l’UNESDA (4), une association d’utilisateurs, a maintenu que la Commission aurait dû clore l’enquête dès lors qu’il est apparu clairement que la plainte ne démontrait aucun préjudice et qu’elle était inexacte et incomplète en ce qui concerne les données relatives au segment du PET recyclé. |
| (12) | Il est rappelé que la plainte faisait état d’une menace de préjudice, et non de l’existence d’un préjudice important, et que les allégations qui y étaient formulées ont été confirmées par l’enquête ultérieure. Comme indiqué au considérant 204 du règlement provisoire, pour que la Commission institue des droits antidumping, il suffit que l’enquête conclue à l’existence d’une menace de préjudice important au sens de l’article 3, paragraphe 9, du règlement de base. Comme exposé au considérant 15 du règlement provisoire, la Commission a considéré les données estimées sur l’industrie du PET recyclé comme des éléments de preuve suffisants au stade de la plainte. Par conséquent, les allégations de l’UNESDA sont rejetées. |
| (13) | L’UNESDA a fait valoir que le règlement provisoire avait été adopté en violation des droits procéduraux prévus par la loi. Elle a évoqué le fait que les données relatives au préjudice ont été modifiées en octobre 2023 et que la décision d’instituer des droits provisoires a été prise lorsque les parties intéressées ne pouvaient plus présenter d’observations. L’UNESDA a déclaré que les utilisateurs se sont vu refuser la possibilité de présenter des observations à la suite de la communication des données relatives au préjudice par le plaignant en octobre 2023. L’UNESDA a réitéré son argument dans sa réponse à l’information finale. |
| (14) | Premièrement, il convient de noter que les données finales relatives au préjudice concernant les indicateurs macroéconomiques n’ont été fournies qu’en octobre 2023, étant donné que la Commission a procédé à une analyse complémentaire du segment du PET recyclé, qui est très dynamique et concerne plus de 50 producteurs de tailles variables et dont les capacités évoluent fréquemment, traité une série d’observations présentées par des parties intéressées et mené une vaste procédure de complément d’information vis-à-vis du plaignant afin de parvenir à des indicateurs macroéconomiques objectivement définis et représentatifs pour l’ensemble de l’industrie du PET, y compris le segment du PET recyclé. En outre, tant les utilisateurs que les autres parties intéressées se sont vu accorder de nombreuses possibilités d’exercer dûment leurs droits procéduraux tout au long de la procédure, notamment au moyen d’une audition avec les services de la Commission, de nombreuses observations écrites présentées jusqu’en octobre 2023 et d’observations sur le règlement provisoire. En outre, les données concernant le préjudice communiquées en octobre 2023 ont été prises en considération dans l’information provisoire, au sujet de laquelle toutes les parties intéressées ont été invitées à présenter des observations. De fait, l’UNESDA a transmis des observations concernant ces données. L’allégation selon laquelle l’UNESDA s’est vu refuser la possibilité de présenter des observations a donc été jugée erronée et non étayée. |
| (15) | La Commission a informé toutes les parties intéressées des faits et considérations essentiels sur la base desquels il était envisagé d’instituer un droit antidumping définitif sur les importations de PET originaire de la RPC (ci-après l’«information finale»). Toutes les parties se sont vu accorder un délai pour formuler des observations sur l’information finale. |
| (16) | Les parties qui l’ont demandé ont également eu la possibilité d’être entendues à la suite de l’information finale. Une audition a eu lieu avec Svepol le 29 février 2024. |
| (17) | Dans sa réponse à l’information finale, Svepol a affirmé que deux aspects du comportement de la Commission dans le cadre de la présente enquête violaient les droits de la défense de Svepol et d’autres parties intéressées. |
| (18) | Premièrement, Svepol a reproché à la Commission d’avoir divulgué le document d’information générale le soir précédant le début des vacances du Nouvel An chinois, alors qu’aucune contrainte procédurale immédiate et pressante ne l’y obligeait. Selon Svepol, la période des vacances chinoises a considérablement perturbé et limité sa capacité et celle des producteurs-exportateurs d’exercer leur droit d’être entendus et de présenter des preuves écrites sur le document d’information générale dans le délai imparti par la Commission. |
| (19) | La Commission a rappelé que les enquêtes ouvertes au titre de l’article 5 du règlement de base devaient être menées à terme dans des délais légaux stricts prescrits par le règlement de base, supposant aussi certaines étapes procédurales internes et externes. La Commission a fait observer qu’en l’espèce, le délai d’au moins dix jours prévu à l’article 20, paragraphe 5, du règlement de base pour la présentation d’observations sur l’information finale avait été dûment respecté. Dans le même temps, conformément au même article, la Commission fixe le délai «en tenant dûment compte de l’urgence de l’affaire». C’est dans ce contexte qu’il faut replacer la fixation du délai dont disposent les parties intéressées pour répondre au document d’information générale. |
| (20) | En outre, la Commission tient dûment compte des circonstances dans lesquelles les parties intéressées pourraient faire face à des contraintes pour tenir les délais qu’elle a fixés, et elle accepte de proroger les délais dans les cas dûment justifiés. C’est ce qui est expliqué au point 9 de l’avis d’ouverture de l’enquête, qui dispose qu’«[e]n ce qui concerne les délais pour la communication d’autres informations spécifiées dans l’avis d’ouverture, les prorogations seront limitées à 3 jours sauf si des circonstances exceptionnelles sont démontrées» (5). En l’espèce, Svepol s’est vu accorder une prorogation de 3 jours sur la base de la justification fournie et en l’absence de circonstances exceptionnelles. La Commission a agi dans la droite ligne de l’avis d’ouverture et de sa pratique habituelle. Par conséquent, l’allégation selon laquelle la Commission aurait violé les droits de la défense de Svepol ou d’autres parties intéressées était dénuée de fondement et a dû être rejetée. |
| (21) | Deuxièmement, Svepol a déploré que des résumés non confidentiels significatifs des questionnaires remplis par les producteurs de l’Union après la période d’enquête n’aient été mis à la disposition des parties intéressées qu’à sa demande, et ce, deux mois après que les producteurs de l’Union avaient communiqué les données sensibles concernées. En outre, selon Svepol, le fait que les parties intéressées n’aient reçu les résumés non confidentiels significatifs des informations sensibles — utilisées et mentionnées par la Commission dans le document d’information générale — que quatre jours après la publication du document d’information générale a forcément affecté la capacité des parties intéressées à présenter des éléments de preuve et à formuler des observations sur le document d’information générale dans le délai imparti par la Commission. |
| (22) | Il convient de signaler que, premièrement, le document d’information générale contenait les données agrégées exactes des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon sur le prix de vente, le coût de production et la rentabilité, tandis que les résumés non confidentiels significatifs des réponses au questionnaire ne contenaient que des indices ou des fourchettes concernant ces informations sensibles et propres à chaque entreprise. Deuxièmement, comme l’indique Svepol, il a été remédié à l’absence de résumés significatifs quatre jours après la communication du document d’information générale, ce qui laissait à Svepol neuf jours pour en prendre connaissance et intégrer des commentaires à ce sujet dans ses observations sur l’information finale. Troisièmement, comme indiqué au considérant 20, Svepol s’est vu accorder une prorogation de trois jours pour réagir à l’information finale. Par conséquent, cet aspect procédural ayant été réglé immédiatement, il n’est pas susceptible d’affecter les droits procéduraux des parties intéressées en l’espèce; les arguments de Svepol ont donc dû être rejetés. |
1.5. Échantillonnage
| (23) | Aucun commentaire n’a été reçu concernant l’échantillonnage. Compte tenu de ce qui précède, les conclusions exposées aux considérants 18 à 27 du règlement provisoire ont été confirmées. |
2. PRODUIT CONCERNÉ ET PRODUIT SIMILAIRE
| (24) | La définition du produit concerné est énoncée au considérant 33 du règlement provisoire. Le produit soumis à l’enquête est le polyéthylène téréphtalate (PET) ayant un coefficient de viscosité égal ou supérieur à 78 ml/g, selon la norme ISO 1628-5. Une fois que la viscosité a été déterminée, le coefficient de viscosité du PET est mesuré sur une solution de PET dans un solvant donné. La norme ISO spécifie cinq combinaisons différentes de solvants qu’il est possible d’utiliser pour effectuer cette mesure:
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| (25) | Si chacun des solvants utilisés peut donner un coefficient de viscosité légèrement différent, des formules mathématiques peuvent être utilisées pour convertir le coefficient de viscosité obtenu dans un solvant en celui qui aurait été obtenu dans un autre solvant. |
| (26) | Il convient de noter qu’en vertu de la norme DIN 53728 précédemment applicable, remplacée par la norme ISO 1628-5, il n’a été fait référence qu’au solvant phénol/1,2-dichlorobenzène (50/50), mentionné au considérant 24, point a), ci-dessus. |
| (27) | Par conséquent, dans un souci de clarté, et afin d’assurer une application uniforme par les autorités douanières des États membres et de garantir la cohérence avec la précédente norme industrielle, il est précisé, aux fins de la présente procédure, que la viscosité du PET doit être mesurée dans le solvant phénol/1,2-dichlorobenzène (50/50) ou convertie en fonction de celui-ci. |
| (28) | En ce qui concerne la définition du produit, en réponse à l’information provisoire, le producteur-exportateur Ceville, soutenu par le producteur-exportateur INCOM Resources Recovery (Tianjin) Co., Ltd, a réitéré sa demande visant à exclure le PET recyclé de la définition du produit visé par l’enquête, telle que décrite au considérant 38 du règlement provisoire. Les deux parties intéressées ont fait référence à une tarification différente du PET recyclé par rapport au PET vierge, aux objectifs de durabilité de l’Union liés à une augmentation de l’utilisation du PET recyclé et au fait qu’il n’y a actuellement pas d’importations de PET recyclé en provenance de la RPC dans l’Union. |
| (29) | Le produit concerné tel que défini par la Commission couvrait à la fois les importations de PET vierge et de PET recyclé en provenance de la RPC, qui sont en concurrence avec le PET vierge et le PET recyclé produits par l’industrie de l’Union. Le fait que deux types de produits puissent avoir une tarification différente ne justifie pas une exclusion du champ d’application d’une enquête. La Commission a constaté que le PET vierge et le PET recyclé présentaient les mêmes caractéristiques physiques, techniques et chimiques, qu’ils étaient en concurrence l’un avec l’autre et qu’il existait entre eux un certain degré d’interchangeabilité (voir, par exemple, considérants 254 et 293 du règlement provisoire). Ces conclusions ne sont pas remises en cause par une différence de tarification. Par conséquent, il serait inapproprié et inefficace d’exclure le PET recyclé du champ d’application de l’enquête. En outre, l’allégation selon laquelle il n’y a pas eu d’importations de PET recyclé est erronée. Les importations de PET recyclé originaire de la RPC étaient, bien que limitées, présentes pendant la période d’enquête. En tout état de cause, comme indiqué ci-dessus, la Commission a conclu que les deux types de produits étaient en concurrence. Il a donc été conclu que les importations de PET faisant l’objet d’un dumping en provenance de la RPC, indépendamment du fait qu’il s’agisse de PET recyclé ou de PET vierge, entraînaient une menace de préjudice pour les producteurs de PET de l’Union. |
| (30) | En l’absence de toute autre observation relative au champ d’application du produit et au produit similaire, les conclusions formulées aux considérants 33 à 39 du règlement provisoire ont été confirmées. |
3. DUMPING
| (31) | À la suite de l’information provisoire, un producteur-exportateur retenu dans l’échantillon, le groupe Sanfame, et un importateur, Svepol, ont formulé des observations sur les conclusions provisoires relatives au dumping. |
3.1. Valeur normale
| (32) | Les détails du calcul de la valeur normale sont exposés aux considérants 40 à 138 du règlement provisoire. |
3.1.1. Existence de distorsions significatives
| (33) | À la suite de la publication des mesures provisoires, le groupe Sanfame a présenté des observations sur l’application des dispositions de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base dans le cadre de la présente enquête. Il a fait valoir que certains facteurs de production nécessaires à la production de PET étaient partiellement importés de pays tiers autres que la RPC qui ne sont pas affectés par des distorsions et que la Commission aurait donc dû utiliser les prix réels à l’importation payés par le producteur pour les matières premières importées au lieu d’appliquer une valeur de référence pour ces coûts, étant donné que les coûts réels reflétaient des prix qui ne sont pas faussés puisqu’ils sont influencés par les forces du marché. |
| (34) | La Commission a rejeté cet argument. Si le groupe Sanfame a indiqué dans sa réponse au questionnaire qu’il importait certaines matières premières utilisées dans la production de PET auprès d’autres pays que la RPC, il n’a pas clairement et systématiquement indiqué quelle partie de ces coûts provenait d’autres pays que la RPC, ni quels coûts ne faisaient pas l’objet de distorsions. Le groupe Sanfame n’a donc pas étayé par des éléments de preuve adéquats sa demande visant à ce qu’il soit tenu compte des prix réels de certaines quantités de matières premières importées dans des conditions de marché. Partant, en l’absence de preuves que les matières premières importées étaient utilisées pour produire du PET destiné à être importé dans l’Union, la Commission a décidé d’utiliser des prix de référence pour l’ensemble des quantités de matières premières utilisées dans la production du PET et a rejeté la demande de la société. |
3.1.2. Sources utilisées pour établir les frais VAG et la marge bénéficiaire non faussés
| (35) | À la suite de la publication des mesures provisoires, le groupe Sanfame et Svepol ont présenté des observations sur le choix de la Commission d’utiliser les données de la société MPI Polyester Industries (ci-après «MPI») pour déterminer la valeur de référence pour les frais VAG et la marge bénéficiaire dans le pays représentatif (Malaisie). |
| (36) | Le groupe Sanfame et Svepol ont réitéré les observations qu’ils avaient formulées sur la deuxième note quant aux sources utilisées pour la détermination de la valeur normale. En sus de leurs arguments précédents, le groupe Sanfame et Svepol ont fait valoir que la nature intégrée de la production de Recron en faisait une valeur de remplacement plus représentative que MPI. Svepol a également affirmé que Recron commençait sa production en utilisant du paraxylène, à l’instar des producteurs chinois retenus dans l’échantillon, et que ses frais VAG constituaient donc un bon indicateur de ceux des producteurs chinois. |
| (37) | En outre, Svepol a fait valoir que la Commission n’avait pas démontré en quoi les données financières de MPI et de Recron devraient être traitées différemment. Selon elle, contrairement aux conclusions provisoires de la Commission, rien, sur le site web de Recron, n’indiquait que celle-ci se concentrait sur des produits dérivés de polyester complexes. De surcroît, si le site web de MPI renseignait sa capacité de production, il n’indiquait pas que sa principale activité, sur le plan de la valeur ou des coûts, était la résine de PET. Il expliquait plutôt que l’usine de résine et la filature étaient toutes deux activement gérées ensemble. Svepol a en outre fait valoir qu’elle n’avait jamais entendu parler de MPI avant la présente enquête, alors que Recron était un producteur bien connu dans l’industrie. |
| (38) | Elle a également soutenu qu’en concluant provisoirement que les niveaux de marge bénéficiaire et de frais VAG de Recron n’étaient pas raisonnables, la Commission n’avait pas évalué les données de manière objective. |
| (39) | Comme le groupe Sanfame l’a admis dans ses observations, les informations de Recron accessibles au public n’ont pas permis de déterminer avec précision l’importance du PET par rapport au chiffre d’affaires total de la société. En d’autres termes, les données aisément accessibles n’étaient pas spécifiques à l’activité de production de PET. La Commission a recherché la valeur de remplacement aisément disponible la plus proche, y compris des informations consolidées sur le ou les producteurs actifs, entre autres, dans les activités couvrant le produit soumis à l’enquête. Bien que Recron soit effectivement une grande entreprise, elle indiquait sur son site web (6) faire partie des plus grandes entreprises intégrées de polyester et de textile au monde, en se concentrant sur des produits dérivés de polyester complexes. MPI, en revanche, se concentre essentiellement sur la production de résine de PET, comme indiqué sur son site web (7). La Commission en a conclu que MPI était la valeur de remplacement aisément disponible la plus proche et a décidé de ne pas utiliser les données de Recron. L’argument nouvellement avancé selon lequel la nature intégrée de Recron était plus proche de celle des producteurs-exportateurs chinois retenus dans l’échantillon n’a pas modifié cette appréciation. Comme déjà expliqué, l’intégration s’étend également aux produits dérivés complexes qui sont au cœur des activités de Recron et qui ne font pas partie du produit soumis à l’enquête, de sorte que la structure de production intégrée n’était pas de nature comparable à celle d’un producteur de résine de PET. |
| (40) | La Commission a donc confirmé sa décision d’utiliser les données de MPI pour déterminer un montant raisonnable de frais VAG et de marge bénéficiaire et pour le calcul de la valeur normale. |
3.1.3. Prix à l’exportation
| (41) | Les détails du calcul du prix à l’exportation ont été exposés aux considérants 139 et 140 du règlement provisoire. N’ayant pas reçu d’observations, la Commission a confirmé ses conclusions provisoires. |
3.1.4. Comparaison
| (42) | Les détails concernant la comparaison de la valeur normale et du prix à l’exportation sont exposés aux considérants 141 et 142 du règlement provisoire. N’ayant pas reçu d’observations, la Commission a confirmé ses conclusions provisoires. |
3.1.5. Marges de dumping
| (43) | Après avoir rejeté les arguments décrits aux considérants 33 et 35 ci-dessus, la Commission a confirmé le calcul de la marge de dumping tel qu’exposé au considérant 144 du règlement provisoire. |
| (44) | Les marges de dumping définitives, exprimées en pourcentage du prix CIF (coût, assurance et fret) frontière de l’Union, avant dédouanement, sont fixées comme suit:
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4. PRÉJUDICE
4.1. Définition de l’industrie de l’Union et de la production de l’Union
| (45) | En l’absence de toute observation concernant la définition de l’industrie de l’Union et de la production de l’Union, les conclusions énoncées aux considérants 150 à 151 du règlement provisoire ont été confirmées. |
4.2. Consommation de l’Union
| (46) | En l’absence de toute observation concernant la consommation de l’Union, les conclusions énoncées aux considérants 152 à 155 du règlement provisoire ont été confirmées. |
4.3. Importations en provenance du pays concerné
| (47) | En l’absence de toute observation concernant le volume, la part de marché et le prix des importations en provenance du pays concerné, la Commission a confirmé ses conclusions énoncées aux considérants 156 à 164 du règlement provisoire sur ces points. |
4.4. Situation économique de l’industrie de l’Union
4.4.1. Observations générales
| (48) | Aucune observation n’a été reçue concernant cette partie du règlement provisoire. |
4.4.2. Indicateurs macroéconomiques
| (49) | À la suite de l’information provisoire, le plaignant a fourni une version révisée des données macroéconomiques relatives au premier trimestre de 2023 (tableau 14 du règlement provisoire), tenant compte des données sous-jacentes actualisées sur la production de PET recyclé fournies par les experts de l’industrie Wood Mackenzie, à partir desquelles les chiffres de vente de PET recyclé ont été extrapolés. Cette modification a entraîné une diminution d’environ 33 700 tonnes des chiffres représentant la production de PET de l’industrie de l’Union et une baisse de plus de 32 100 tonnes des chiffres représentant le volume des ventes de PET de l’industrie de l’Union au premier trimestre de 2023. Cela a entraîné une baisse correspondante des chiffres représentant la consommation de l’Union au cours de ce trimestre, présentée dans le tableau 14 du règlement provisoire. Cette modification n’a toutefois pas modifié les tendances observées et n’a donc pas affecté l’issue de l’évaluation de la Commission. En effet, à la suite de l’actualisation par Eurostat des volumes d’importation pour le premier trimestre de 2023 (qui sont passés de 134 604 tonnes à 127 608 tonnes), la part de marché de l’industrie de l’Union a diminué d’environ 1 point de pourcentage au premier trimestre de 2023 (passant de 63 % à 62 %), tandis que la part de marché des importations en provenance de Chine s’est maintenue au même niveau. |
| (50) | Selon l’UNESDA, les données fournies par le plaignant en octobre 2023 (ci-après les «données d’octobre») et utilisées par la Commission aux fins de la détermination provisoire du préjudice ne tenaient pas compte des données figurant dans le dossier, fournies par l’UNESDA. L’UNESDA a souligné des différences importantes dans les données fournies par le plaignant au cours de l’enquête. |
| (51) | Premièrement, les données d’octobre fournies par le plaignant représentaient la réponse finale du plaignant au questionnaire de la Commission sur les macro-indicateurs, qui faisait suite à plusieurs demandes adressées au plaignant en vue de remédier aux lacunes constatées par la Commission dans les données. Il convient de souligner que les demandes de complément d’information faisaient suite à une nouvelle mission d’enquête de la Commission et à plusieurs déclarations effectuées par les parties intéressées, principalement l’UNESDA, au cours de l’enquête. |
| (52) | Deuxièmement, les données d’octobre reflétaient des données vérifiées relatives aux sociétés ayant coopéré et les meilleures données fondées disponibles concernant les producteurs de PET recyclé de l’Union. L’UNESDA n’a pas indiqué les raisons pour lesquelles les données d’octobre devraient être considérées comme inexactes ou non représentatives. Elle n’a pas expliqué pourquoi la Commission devrait plutôt utiliser d’autres données, ni précisé dans quelle mesure les données auxquelles elle faisait référence étaient plus détaillées ou précises que les données d’octobre. |
| (53) | À la suite de l’information provisoire et de l’information finale, L’UNESDA a remis en cause les révisions apportées aux données macroéconomiques et a indiqué que le plaignant avait sous-estimé les ventes, la production et la consommation de l’Union en utilisant des informations provenant de différentes sources et, à cet effet, en comptabilisant deux fois l’usage captif et en mélangeant les données relatives au PET vierge et au PET recyclé. |
| (54) | Les allégations de manipulation des données formulées par l’UNESDA étaient dénuées de fondement. La Commission s’est efforcée de remédier aux lacunes constatées dans les données macroéconomiques, principalement en ce qui concerne le PET recyclé. Toutes les parties intéressées ont communiqué leur point de vue et leurs données et la Commission a décidé d’utiliser les données de Wood Mackenzie et de PRE (Plastic Recyclers Europe, une association faîtière de producteurs de PET recyclé) respectivement pour les raisons exposées aux considérants 56 et 57 ci-dessous. La Commission a requis les corrections ayant débouché sur l’actualisation d’octobre afin de faire en sorte que les données utilisées reflètent les réponses fournies lors de l’examen de la représentativité et/ou les données vérifiées des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. |
| (55) | En outre, l’UNESDA s’est fondée, pour son estimation de la production, sur le rapport 2022 relatif au marché du PET et sur le taux d’exploitation des producteurs de PET recyclé inclus dans ce rapport et a contesté l’utilisation des données de Wood Mackenzie pour estimer la production de PET recyclé. |
| (56) | La Commission a dûment tenu compte des différentes sources existantes, en cherchant à déterminer la valeur de remplacement la plus fiable et la plus objective en l’absence de données précises sur le PET recyclé. L’utilisation du rapport 2022 relatif au marché du PET a été jugée inappropriée pour deux raisons: ce rapport n’utilisait que 2020 comme année de référence pour établir la capacité d’exploitation et incluait des données relatives au Royaume-Uni, à la Suisse et à la Norvège. En revanche, les données de Wood Mackenzie incluaient des chiffres annuels sur la consommation de paillettes (c’est-à-dire la production de PET recyclé) et concernaient spécifiquement la production de l’industrie de l’Union. Ce rapport opérait même une distinction entre la production de PET recyclé de qualité alimentaire, la production de PET recyclé de qualité non alimentaire et le recyclage chimique, et il a donc été globalement considéré comme une source d’information plus fiable et plus fondée. En tout état de cause, même en utilisant le rapport relatif au marché du PET pour estimer la production de PET recyclé, l’incidence sur les indicateurs serait minime (8) et ne modifierait pas les conclusions formulées par la Commission aux fins de la détermination de l’existence d’une menace de préjudice en l’espèce. |
| (57) | En outre, l’UNESDA a fait valoir que la Commission n’avait pas tenu compte des informations détaillées sur les producteurs de PET recyclé dans l’Union, y compris sur l’identité des sociétés et leurs capacités de production pour la période considérée. Elle s’est toutefois contredite en soutenant que les informations annuelles agrégées sur la capacité de production dans l’Union fournies par PRE (9), et qui ont finalement été utilisées par la Commission dans son évaluation, correspondaient exactement aux données fournies par les utilisateurs. Comme indiqué précédemment, la Commission a évalué différentes sources et décidé d’utiliser celle jugée la plus fiable, à savoir, dans le cas de la capacité de production de PET recyclé, les données d’une association faîtière représentant les producteurs de PET recyclé (PRE). |
| (58) | En l’absence de toute autre observation, les conclusions énoncées aux considérants 170 à 182 du règlement provisoire ont été confirmées. |
4.4.3. Indicateurs microéconomiques
| (59) | En l’absence d’observations sur les indicateurs microéconomiques, les conclusions énoncées aux considérants 183 à 198 du règlement provisoire ont été confirmées. |
4.4.4. Évolutions au cours de la période d’enquête et de la période postérieure à l’enquête
| (60) | À la suite de l’évaluation décrite au considérant 197 du règlement provisoire, la Commission a analysé les données relatives à la période postérieure à l’enquête, comme indiqué dans le tableau 1 ci-dessous (prix de vente de l’Union, coût de production de l’Union, rentabilité de l’Union et volumes et prix des importations en provenance de Chine pour les deuxième et troisième trimestres de 2023). Tableau 1 T2-T3 2023 – Prix de vente/coût de production/rentabilité de l’Union et volumes/prix des importations en provenance de Chine
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| (61) | Par ailleurs, en réponse aux arguments des parties intéressées (exposés en particulier aux considérants 82, 93 et 125), la Commission a présenté, dans le tableau 2 ci-dessous, des données sur les indicateurs microéconomiques (prix de vente de l’Union et coût de production de l’Union) à un niveau trimestriel plus détaillé pour la période d’enquête. Tableau 2 Prix de vente et coût de production dans l’Union au cours de la période d’enquête et au premier trimestre de 2023
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4.4.5. Conclusion sur le préjudice
| (62) | La Commission a conclu, à titre définitif, que l’industrie de l’Union avait été malmenée par les importations en provenance de la RPC, en particulier à la fin de la période d’enquête, mais pas à un point tel qu’elle aurait subi un préjudice important au cours de la période concernée au sens de l’article 3, paragraphe 5, du règlement de base. |
| (63) | La Commission a donc analysé l’existence d’une menace de préjudice important au sens de l’article 3, paragraphe 9, du règlement de base. |
5. MENACE DE PRÉJUDICE
5.1. Introduction
| (64) | Comme indiqué au considérant 197 du règlement provisoire, la Commission a poursuivi son analyse prospective après l’institution des mesures provisoires, en recueillant des données relatives aux deuxième et troisième trimestres de 2023, notamment en ce qui concerne la rentabilité des producteurs de l’Union, les prix de vente et le coût de production des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon par rapport aux prix des importations en provenance de la RPC (voir tableau 1). La Commission a ensuite examiné si ces données supplémentaires confirmeraient ou invalideraient les conclusions fondées sur les données de la période d’enquête et du premier trimestre de 2023 (voir en particulier les considérants 96, 79, 96, 119 et 126 pour plus de détails sur les conclusions formulées). |
| (65) | Dans la section 5.3, la Commission répond à toutes les observations reçues après l’institution des mesures antidumping provisoires qui étaient toujours pertinentes après les réexamens et l’analyse complémentaire effectués au stade définitif. |
5.2. Évaluation définitive
5.2.1. Mise à jour des données postérieures à la période d’enquête sur les importations en provenance de Chine
| (66) | Comme indiqué au considérant 210 du règlement provisoire, les importations en provenance du pays concerné ont considérablement augmenté, passant de 192 941 à 305 055 tonnes entre 2019 et la période d’enquête. |
| (67) | Les données disponibles pour la période supplémentaire allant de juillet à septembre 2023 ont montré que les importations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping avaient commencé à diminuer par rapport à la période d’enquête et à la période postérieure à cette dernière jusqu’en juin 2023, lorsqu’elles sont exprimées sur la base de moyennes mensuelles. Tableau 3 Volume des importations en provenance de Chine au cours de la période postérieure à l’enquête
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| (68) | La Commission a donc constaté que la tendance à la hausse des volumes avait cessé après le deuxième trimestre de 2023. Toutefois, au moment d’évaluer l’importance et la fiabilité de ces chiffres en vue de confirmer ou d’invalider l’analyse de la menace de préjudice, la Commission a également observé que la baisse du volume mensuel moyen des importations en provenance de Chine de juillet à septembre 2023 (par rapport à 2022) pouvait être attribuée à l’effet dissuasif i) de l’ouverture de la présente procédure le 30 mars 2023, avec une réelle possibilité d’adoption de mesures provisoires dans un délai maximal de huit mois, et ii) de la demande d’enregistrement introduite par le plaignant le 31 mai 2023. En d’autres termes, les données relatives à la période postérieure à l’enquête se terminant en juin 2023, juste après le dépôt de la demande d’enregistrement des importations par le plaignant, confirment le taux d’accroissement notable des importations faisant l’objet d’un dumping observé au cours de la période considérée. La baisse significative du volume des importations à partir de juin 2023 n’infirme pas cette conclusion, étant donné qu’il s’agit d’un effet probable de la demande d’enregistrement des importations en vue de l’application rétroactive des droits. Cette demande, en particulier compte tenu de l’absence totale, à ce stade-là, d’indications quant au niveau des droits susceptibles d’être institués, a inévitablement eu un effet dissuasif sur le volume des importations. Eu égard à ce qui précède, le taux d’accroissement notable des importations à partir de 2021, tel que confirmé par les données relatives à la période postérieure à l’enquête, dénote la probabilité d’une augmentation substantielle des importations au sens de l’article 3, paragraphe 9, point a), du règlement de base. |
| (69) | Dans sa réponse à l’information finale, l’UNESDA a affirmé que, d’après les données d’Eurostat, les importations en provenance de Chine avaient reculé de 20 % en 2023 et qu’il n’y avait aucune raison de supposer qu’elles atteindraient les niveaux de 2022. Comme indiqué au considérant 68, bien que les volumes des importations chinoises aient cessé d’afficher une tendance à la hausse après le deuxième trimestre de 2023, l’ouverture de la présente enquête et la demande d’enregistrement ont inévitablement eu un effet dissuasif sur le volume des importations. L’argument de l’UNESDA a donc été rejeté. |
| (70) | À la suite de l’information finale, la FCICP a elle aussi soulevé les arguments ci-après au sujet de l’«effet dissuasif» établi par la Commission au considérant 68. |
| (71) | La FCICP a affirmé que la nette baisse des importations au quatrième trimestre de la période d’enquête mettait en évidence le fait que les volumes des importations chinoises étaient déjà sur la pente descendante avant que l’on n’eût pu constater un prétendu «effet dissuasif». La Commission a fait observer que l’existence d’un effet dissuasif valait pour la période postérieure à la période d’enquête et qu’une diminution temporaire des importations au cours du dernier trimestre de la période d’enquête n’affectait pas la validité de la conclusion formulée au considérant 68. En réalité, les importations en provenance de Chine avaient considérablement augmenté sur l’ensemble de la période considérée; la baisse des importations au quatrième trimestre de 2022, quant à elle, a succédé à une augmentation sensible et continue des importations faisant l’objet d’un dumping au cours des trimestres précédents, avant une nouvelle augmentation au cours du premier trimestre suivant la période d’enquête. Une telle baisse au quatrième trimestre de 2022 ne pouvait donc pas invalider les conclusions de la Commission selon lesquelles les importations allaient augmenter prochainement, faute de mesures. |
| (72) | La FCICP a ajouté, en ce qui concerne l’«effet dissuasif» de la présente enquête, que le raisonnement de la Commission devait reposer sur des éléments de preuve concrets et non sur de simples conjectures. Selon la FCICP, la simple conclusion selon laquelle une diminution du volume des importations est un «effet probable» de l’ouverture d’une enquête ou d’une demande d’enregistrement ne constitue pas un élément de preuve positif ou un examen objectif. |
| (73) | Premièrement, ainsi qu’il ressort clairement du considérant 68 lu dans son intégralité, la Commission a établi que l’ouverture de la procédure actuelle et la demande d’enregistrement avaient eu un effet dissuasif sur le volume des importations. Deuxièmement, la conclusion formulée repose sur une évaluation objective des informations positives, assertives et vérifiables publiées par Eurostat au sujet des importations. Il est tout à fait logique que l’ouverture d’une enquête, suivie d’un éventuel enregistrement des importations en vue de l’institution rétroactive de droits potentiels d’une ampleur inconnue, ait un effet dissuasif pour les importateurs de PET dans l’Union. Cet effet ressort clairement des statistiques d’importation. En outre, comme expliqué ci-dessous, les parties intéressées n’ont donné aucune autre explication valable à la nette baisse des volumes d’importation après l’ouverture de l’enquête et la demande d’enregistrement des importations. Cette allégation a donc été rejetée. |
| (74) | Enfin, la FCICP a fait valoir que les tendances passées en matière d’importations (à savoir la baisse des importations de PET en provenance de Chine courant 2018 ou 2021) montraient que les baisses durables des importations étaient sans lien avec l’ouverture d’enquêtes antidumping; selon elle, l’affirmation selon laquelle l’ouverture de l’enquête actuelle et la demande d’enregistrement ont eu un «effet dissuasif» serait dénuée de fondement. Il n’a pas été contesté que la baisse des importations dans le passé pouvait avoir été causée par d’autres facteurs sans rapport avec l’enquête antidumping (tels que la hausse spectaculaire des tarifs d’expédition observée en 2021). Toutefois, pour la période postérieure à la période d’enquête, la FCICP n’a fourni aucun élément prouvant qu’en l’espèce, la baisse serait imputable à des facteurs autres que l’ouverture de la présente enquête et le dépôt d’une demande d’enregistrement, comme expliqué au considérant 68. Par conséquent, les arguments avancés par la FCICP ont été rejetés. |
| (75) | À la suite de l’information finale, Svepol a fait valoir que toute baisse des volumes d’importation que la Commission a perçue pour la première fois en juin 2023 faisait forcément écho à une tendance commerciale née plusieurs mois avant l’ouverture de la présente enquête, à savoir le retour des coûts du transport par conteneur à des niveaux normaux, qui a mis fin aux expéditions en vrac. Dans ce contexte, Svepol a évoqué le décalage temporel considérable entre la négociation de la vente, c’est-à-dire le moment où le produit est commandé en RPC, et l’importation dans l’Union. Svepol a aussi rappelé que le délai moyen entre la commande d’une cargaison en vrac et son arrivée dans l’UE était de quatre à six mois. |
| (76) | Comme indiqué au considérant 68, c’était déjà l’ouverture de la présente procédure le 30 mars 2023 qui avait eu un effet dissuasif sur les importations provenant de Chine après la période d’enquête. De plus, bien que les cargaisons en vrac puissent mettre davantage de temps à arriver, il n’y en a plus eu à partir du moment où les tarifs d’expédition sont redevenus normaux et après la période d’enquête. Les délais habituels de transport des envois en conteneurs standard ne dépasseraient pas deux à trois mois (10); par conséquent, même si l’on tient compte du décalage entre la négociation de la vente et l’importation effective, et même si l’on part du principe que la dernière cargaison en vrac est arrivée en mars 2023 (voir le considérant 103), les envois en conteneurs standards seraient responsables des volumes d’importation élevés au deuxième trimestre de 2023. Il s’ensuit que la baisse des importations en juin 2023 serait due aux événements d’avril 2023. La baisse du volume des importations provenant de Chine en juin 2023 peut donc s’expliquer par l’effet dissuasif de l’ouverture de l’enquête à la fin du mois de mars 2023, plutôt que par le passage des cargaisons en vrac aux conteneurs normaux. De grands volumes d’importations en provenance de Chine ont continué d’arriver par conteneurs en avril et mai 2023, c’est-à-dire après la dernière expédition en vrac en mars, de sorte que la baisse du volume des importations en provenance de Chine à partir de juin 2023 n’aurait pas pu être causée par ce changement. |
| (77) | En ce qui concerne l’importance de l’expédition en vrac et son lien avec le transport par conteneurs, Svepol a fait valoir, dans ses observations sur l’information finale, qu’une analyse correcte sur le plan factuel aurait montré que l’augmentation observée en 2022 s’expliquait par le fait que, à la suite de la hausse des coûts de transport par conteneurs, la Chine était le seul pays exportateur capable d’effectuer des expéditions en vrac vers l’UE, ce qui lui procurait un avantage concurrentiel par rapport à d’autres pays exportateurs de PET. Une fois que les coûts du transport par conteneurs sont revenus à des niveaux normaux, la Chine a perdu cet avantage, ce qui a logiquement entraîné une baisse des volumes des importations provenant de Chine et une hausse des importations provenant d’autres sources. À en croire ce raisonnement, les volumes importés des autres pays exportateurs de PET avant la crise auraient été captés (dans une certaine mesure) par la Chine en 2022, grâce aux capacités d’expédition en vrac dont celle-ci disposait, puis récupérés par lesdits pays tiers une fois la crise passée et après que la Chine a perdu son avantage concurrentiel. Cette analyse n’est pas étayée par les faits de l’espèce. Le tableau 16 du règlement provisoire montre — et Svepol ne le conteste pas — que, au lieu de perdre des parts de marché en 2022, les principaux pays exportateurs de PET, à savoir l’Égypte, la Turquie et le Viêt Nam, en ont tous gagné. De ce fait, il est faux de dire que la Chine voit actuellement s’estomper les effets de l’avantage concurrentiel dont elle disposait en matière de transport maritime au troisième trimestre de 2023 et que les pays tiers sont en train de récupérer les parts de marché dont ils avaient été dépossédés. La Chine n’a jamais pris de part de marché à ces pays. Comme le montre le tableau 14 du règlement provisoire, seule l’industrie de l’Union a vu nettement reculer sa part de marché entre le premier trimestre de 2022 et le premier trimestre de 2023, en ce qu’elle a perdu 11 points de pourcentage de part de marché au cours de cette période. Il s’ensuit que la baisse des importations de PET chinois à partir de juin 2023 est due non pas au fait que d’autres pays exportateurs de PET auraient regagné les parts de marché qu’ils n’ont jamais perdues en 2022, mais à l’ouverture de l’enquête antidumping contre les importations en provenance de Chine trois mois auparavant. |
5.2.2. Autres éléments: rentabilité et autres indicateurs économiques
| (78) | Comme indiqué aux considérants 230, 231 et 233 ainsi que dans le tableau 14 du règlement provisoire, la rentabilité des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon est descendue à des niveaux intenables, à savoir – 12 % et – 11 % respectivement au quatrième trimestre de 2022 et au premier trimestre de 2023, lorsque la pression sur les prix chinois était la plus forte après l’augmentation continue des importations. |
| (79) | Les informations supplémentaires recueillies pour la période postérieure à la période d’enquête ont montré que l’évolution négative de la rentabilité des producteurs de l’Union s’était poursuivie (voir tableau 1), avec des niveaux de perte établis respectivement à – 11 % et – 13 % au deuxième et au troisième trimestres de 2023. |
| (80) | Selon Svepol, le fait que les importations en provenance de la RPC n’aient pas entraîné la baisse de rentabilité de l’industrie de l’Union au quatrième trimestre de 2022 et au premier trimestre de 2023 a été confirmé par la poursuite de la diminution de la rentabilité des producteurs de l’Union en 2023, même si le volume des importations en provenance de la RPC a considérablement diminué à partir de juin 2023. |
| (81) | La Commission n’est pas d’accord avec la manière dont Svepol interprète les faits. Elle a constaté (sur la base des explications fournies par les parties intéressées) qu’il existait un décalage temporel considérable entre la négociation de la vente, c’est-à-dire le moment où le produit est commandé en RPC, et l’importation dans l’Union. C’est au moment où la vente est négociée que les ventes chinoises sont en concurrence avec celles de l’Union. En outre, comme expliqué au considérant 68, la diminution notable du volume des importations à partir de juin 2023 est liée à l’enquête antidumping et, en particulier, à une demande d’enregistrement, et non à une quelconque force du marché spécifique. La diminution du volume des importations observée à partir de juin 2023 reflétait la volonté probable des importateurs de limiter leur exposition à de potentiels droits antidumping rétroactifs, mais n’a pas éliminé la pression exercée sur les prix par les importations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping, qui, à ce stade, n’étaient entravées par aucune mesure. Il n’est donc guère surprenant que, même lorsque les statistiques montraient une baisse des importations faisant l’objet d’un dumping, l’industrie de l’Union soit restée déficitaire et ne se soit pas immédiatement redressée. |
5.3. Observations des parties intéressées après les mesures provisoires
| (82) | Dans ses observations sur l’information provisoire, la FCICP (l’association des producteurs chinois de PET) a fait valoir que la Commission n’avait fourni aucune donnée trimestrielle sur les prix de l’industrie de l’Union pendant la période d’enquête, ni fourni d’informations postérieures à la période d’enquête sur les prix de l’Union, et qu’elle n’avait donc pas procédé à un examen objectif des prix et des effets sur les prix fondé sur des éléments de preuve positifs. La FCICP a également soutenu qu’aucune information relative à la période postérieure à la période d’enquête n’avait été fournie dans le règlement provisoire en ce qui concerne les importations en provenance de la RPC effectuées par les sociétés de l’industrie de l’Union à l’origine de la plainte. |
| (83) | Comme établi au considérant 231 du règlement provisoire, l’industrie de l’Union vendait à des prix inférieurs au coût de production au cours du dernier trimestre de la période d’enquête et du premier trimestre suivant cette période. Par conséquent, la Commission a examiné objectivement, en se fondant sur des éléments de preuve positifs, les effets des importations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping sur les prix de l’Union. Le fait que les données spécifiques sur les prix de vente trimestriels de l’Union pendant et après la période d’enquête, le coût de production de l’Union et les prix et volumes d’importation tenant compte des importations effectuées par les producteurs de l’Union à l’origine de la plainte (désormais exposées, respectivement, dans les tableaux 1 et 2) n’aient pas été présentées précédemment dans le règlement provisoire n’a pas infirmé la conclusion finalement tirée par la Commission. |
| (84) | La FCICP a soutenu que l’appréciation effectuée par la Commission dans le règlement provisoire était fondée sur des données d’importation inexactes. Selon elle, Eurostat a indiqué que le volume des importations en provenance de Chine au premier semestre 2023 était de 216 560 tonnes, ce qui contraste avec le chiffre avancé par la Commission (223 558 tonnes). De même, les importations enregistrées pour la période correspondante en 2022 s’élevaient à 144 706 tonnes, ce qui s’écarte du chiffre relevé par la Commission (139 672 tonnes). Par conséquent, l’augmentation annuelle des importations en provenance de Chine serait inférieure à 50 %, au lieu des 60 % annoncés par la Commission. |
| (85) | L’évaluation effectuée par la Commission dans le règlement provisoire était fondée sur les données d’importation communiquées au moment de l’extraction des données pour le stade provisoire de l’enquête. La différence entre les données utilisées par la Commission et les données extraites par la FCICP dépendait du moment auquel les données ont été extraites d’Eurostat, compte tenu des différentes mises à jour ponctuelles des données enregistrées par Eurostat. Indépendamment de cela, les données révisées ne sauraient, en tout état de cause, invalider ou modifier d’une autre manière l’évaluation de la Commission, et la conclusion formulée au considérant 210 du règlement provisoire resterait identique sur le fond, à savoir qu’il a été constaté, en ce qui concerne les importations faisant l’objet d’un dumping sur le marché de l’Union, un taux d’accroissement notable dénotant la probabilité d’une augmentation substantielle des importations. |
| (86) | Svepol et l’UNESDA ont fait valoir que l’augmentation marginale, de 1 à 1,5 %, de la part de marché des importations en provenance de Chine au cours de la période considérée ne pouvait fonder la constatation d’une menace de préjudice. Svepol a également établi une comparaison entre l’évolution de la part de marché des importations en provenance de Chine et celle de la part de marché des importations en provenance d’autres pays tiers, en évoquant l’augmentation rapide de la part de marché de la Turquie, du Viêt Nam et de l’Égypte (augmentation de 5 points de pourcentage de leur part de marché combinée). |
| (87) | Premièrement, l’augmentation de 1 à 1,5 % de la part de marché chinoise faisait référence à la part de marché obtenue après déduction des importations en provenance de Chine réalisées par l’industrie de l’Union. Dans ce contexte, il est difficile de connaître la proportion des importations en provenance d’autres pays tiers effectuées par l’industrie de l’Union et ses sociétés liées; par conséquent, la comparaison effectuée par Svepol ne peut être considérée comme équitable et objective. En outre, Svepol a additionné les hausses de parts de marché des autres grands pays exportateurs et a comparé ce chiffre agrégé avec les importations en provenance de Chine. |
| (88) | Indépendamment de ce qui précède, contrairement à ce qu’ont soutenu les parties, au moment de constater un taux d’accroissement notable des importations faisant l’objet d’un dumping, la Commission ne s’est pas fondée exclusivement sur l’augmentation de la part de marché des importations en provenance de Chine sur l’ensemble de la période considérée. Une telle approche serait inappropriée compte tenu des faits de l’espèce et, en particulier, du fait que la menace de préjudice n’est devenue visible qu’à la fin de la période d’enquête. Comme indiqué au considérant 210 du règlement provisoire, on a effectué une analyse à un niveau plus détaillé, en évaluant l’évolution de la part de marché des importations faisant l’objet d’un dumping au cours des périodes pertinentes, c’est-à-dire en comparant 2021 à la période d’enquête et le premier semestre de 2022 au premier semestre de 2023. Cette évaluation a révélé un taux d’accroissement notable, indiquant la probabilité d’une augmentation substantielle des importations en provenance de la RPC. Par conséquent, l’argument avancé par Svepol et l’UNESDA a été rejeté. |
| (89) | À la suite de l’information finale, l’UNESDA a fait valoir (en faisant référence au fait que 45 à 62 % de l’augmentation des importations en provenance de Chine intervenue au cours de la période d’enquête était le fait du plaignant) que, si l’industrie de l’Union ne recommençait pas à importer auprès de la Chine, il n’y avait aucune raison de supposer que les importations augmenteraient à nouveau de manière significative. À cet égard, il y a lieu de signaler que la constatation d’une menace de préjudice ne dépend pas des importations de l’industrie de l’Union et, comme indiqué au considérant 252 du règlement provisoire, ces importations n’affectent pas l’analyse du préjudice effectuée par la Commission. |
| (90) | La FCICP a contesté la prétendue conclusion de la Commission selon laquelle l’institution de mesures de défense commerciale par certains pays avait rendu tout à fait impossible l’accès des exportateurs chinois à ces marchés. Elle a également fait valoir que la Commission n’avait pas examiné d’autres marchés d’exportation au cours de la période d’enquête ou de la période postérieure à la période d’enquête. La FCICP a mentionné des marchés tels que l’Indonésie, l’Inde ou le Japon, ainsi que leurs importantes capacités d’importation et/ou leurs importations significatives en provenance de la RPC en septembre 2023 malgré l’existence de mesures de défense commerciale. La FCICP a réitéré ses arguments à la suite de l’information finale. |
| (91) | Premièrement, la Commission n’a pas conclu que l’institution de mesures de défense commerciale par certains pays avait rendu tout à fait impossible l’accès des exportateurs chinois à ces marchés. Ce qu’elle a indiqué, au considérant 217 du règlement provisoire, c’est que l’accès à certains marchés était de plus en plus difficile (mais pas, pour autant, complètement impossible) pour les producteurs-exportateurs chinois. Deuxièmement, contrairement à ce qu’affirme la FCICP, les marchés à l’exportation du PET chinois ont été dûment examinés. Comme expliqué au considérant 220 du règlement provisoire, aucune des autres destinations chinoises d’exportation de PET, en dehors de la Fédération de Russie, n’a été proche du volume des exportations effectuées vers l’Union au cours de la période d’enquête. En outre, cette tendance s’est poursuivie au cours de la période postérieure à la période d’enquête, au premier semestre de 2023. Les statistiques ont montré que l’Union était la principale destination des exportations de PET de la RPC et qu’en l’absence de mesures, une grande partie de la surcapacité chinoise sera probablement destinée à l’exportation vers l’Union. Les parties intéressées n’ont avancé aucun argument étayé invalidant cette conclusion. En outre, aux fins de cette analyse, les chiffres des exportations chinoises vers l’Union et leur comparaison avec les exportations vers d’autres marchés à partir du second semestre de 2023 ont été jugés non représentatifs, compte tenu de l’effet dissuasif que l’enquête a eu sur le niveau des importations en provenance de Chine (voir considérant 68). La Commission s’est en outre référée à l’évaluation effectuée aux considérants 221 et 247 du règlement provisoire, qui est restée valable. |
| (92) | Dans sa réponse à l’information finale, la FCICP a fait valoir qu’en invoquant un effet dissuasif, la Commission a annulé en substance l’objectif de l’article 3, paragraphe 9, point b), du règlement de base relatif à l’existence d’autres marchés d’exportation pouvant absorber des exportations additionnelles, lorsqu’elle a évalué la probabilité d’une augmentation substantielle des exportations faisant l’objet d’un dumping vers l’Union. Il a été rappelé que la Commission a dûment analysé l’existence d’autres marchés d’exportation, notamment au cours de la période déterminante pour établir l’existence d’une menace de préjudice, et a répondu à toute observation de fond formulée à cet égard (voir les considérants 217, 220 et 221 du règlement provisoire ainsi que le considérant 91). Ainsi qu’il ressort clairement du considérant 91, la référence à l’effet dissuasif ne vise que la période postérieure à la période d’enquête du second semestre de 2023 et ne constitue pas la seule justification des conclusions formulées par la Commission en ce qui concerne l’article 3, paragraphe 9, point b), du règlement de base. |
| (93) | Svepol a souligné que la constatation d’une menace de préjudice important devait être effectuée au cours de la période pour laquelle une telle menace est alléguée, à savoir le quatrième trimestre de 2022 et le premier trimestre de 2023. Selon elle, la Commission n’a fourni aucune preuve de la sous-cotation des prix par les producteurs-exportateurs chinois au quatrième trimestre de 2022 et au premier trimestre de 2023, ni du fait que cette sous-cotation avait entraîné une baisse des prix et de la rentabilité de l’industrie de l’Union. Svepol a également fait valoir que, même si la Commission devait constater une sous-cotation des prix au quatrième trimestre de 2022 et au premier trimestre de 2023, elle n’avait pas démontré qu’il y avait eu une dépression ou un blocage des prix à la suite des importations de PET en provenance de la RPC au cours de la période considérée, au cours de la période d’enquête, et en particulier au quatrième trimestre de 2022 et au premier trimestre de 2023, bien qu’elle ait provisoirement conclu que tel était le cas. |
| (94) | À la suite de l’information finale, Svepol a maintenu que, dans une analyse de la menace de préjudice, la Commission examine s’il y a eu, pour les importations faisant l’objet d’un dumping, sous-cotation notable du prix par rapport au prix d’un produit similaire de l’industrie de l’Union ou si ces importations ont, d’une autre manière, pour effet de déprimer sensiblement les prix ou d’empêcher dans une mesure notable des hausses de prix qui, sans cela, se seraient produites. Dans sa réponse à l’information finale, la FCICP a également fait valoir que les dernières données du troisième trimestre 2023, essentielles pour que la Commission analyse la menace de préjudice, indiquent que les prix des importations provenant de Chine ne sous-cotaient pas les prix de vente de l’Union. |
| (95) | La Commission conteste le fait qu’elle était tenue de calculer la sous-cotation pour des périodes trimestrielles au cours de la période d’enquête. En fait, comme l’a relevé le Tribunal dans l’arrêt Giant Electric (11), la Commission n’a pas l’obligation, au titre de l’article 3, paragraphe 3, du règlement de base, de déterminer la moindre marge de sous-cotation de prix et peut fonder son analyse du préjudice et, donc, du lien de causalité sur d’autres phénomènes de prix listés à l’article 3, paragraphe 3, du règlement de base, tels qu’une dépression sensible des prix de l’industrie de l’Union ou un empêchement dans une mesure notable des hausses de prix. La Commission conteste également le fait que son analyse des prix n’ait pas été suffisamment détaillée, alors qu’elle a non seulement pris en considération les informations relatives à la période d’enquête, mais aussi évalué la situation tant des importations faisant l’objet d’un dumping que de l’industrie de l’Union sur une base trimestrielle pour l’enquête et la période postérieure à celle-ci. La Commission a aussi examiné les informations trimestrielles sur les volumes et les prix des importations en provenance de Chine, ainsi que sur la production, les ventes, les prix et les coûts de l’industrie de l’Union (voir tableau 14 du règlement provisoire et tableaux 1 et 2 du présent règlement). Ainsi qu’il ressortait déjà clairement des données et de l’analyse incluses aux considérants 222 à 224 du règlement provisoire, la Commission a conclu qu’en raison de l’afflux important d’importations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping au cours de la période d’enquête, à des prix sous-cotant ceux de l’industrie de l’Union, cette dernière avait été contrainte de baisser ses prix au cours du dernier trimestre de la période d’enquête et du premier trimestre suivant cette période, ce qui a entraîné une situation déficitaire au cours de ces deux trimestres. Le volume toujours élevé des importations en provenance de Chine à des prix en baisse après la période d’enquête, notamment au premier trimestre de 2023, a montré une nouvelle réorientation vers ces importations faisant l’objet d’un dumping à des prix comprimant sensiblement ceux des producteurs de l’Union. |
| (96) | On retrouve la même évolution de ces tendances négatives en examinant les données postérieures à la période d’enquête (deuxième et troisième trimestres de 2023) relatives aux prix de vente, au coût de production et à la rentabilité (voir tableau 1). Les prix de vente moyens ainsi que le coût de production des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon ont montré que, contrairement aux trois premiers trimestres de la période d’enquête, entre le dernier trimestre de la période d’enquête et le troisième trimestre de 2023, les prix de vente des producteurs de l’Union ont été ramenés à un niveau inférieur au niveau du coût de production sous la pression exercée par les importations en provenance de Chine. |
| (97) | En outre, une comparaison entre les données relatives aux ventes de l’Union et les prix à l’exportation des producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon au quatrième trimestre de 2022 a montré que les prix chinois étaient sensiblement inférieurs (de 8 %) aux prix de l’Union. L’industrie de l’Union a donc été confrontée à une sous-cotation importante non seulement pendant la totalité de la période d’enquête, mais aussi à la fin de celle-ci, lorsque la menace de préjudice est apparue. |
| (98) | À la suite de l’information finale, la FCICP a soutenu que la Commission n’avait pas expliqué pourquoi elle attribuait la dépression des prix aux importations faisant l’objet d’un dumping, d’autant que la baisse des prix depuis le quatrième trimestre de 2022 reflétait étroitement la baisse des coûts de l’industrie de l’Union. Comme indiqué au considérant 96 ci-dessus, entre le dernier trimestre de la période d’enquête et le troisième trimestre de 2023, les prix de vente des producteurs de l’Union ont été ramenés à un niveau inférieur à celui du coût de production par les importations en provenance de Chine. Il est certes possible que les prix de vente de l’industrie de l’Union aient diminué au même rythme que le coût de production, mais cette tendance n’explique pas pourquoi les prix de vente sont restés inférieurs aux coûts de production. |
| (99) | La FCICP a contesté la conclusion formulée par la Commission dans le règlement provisoire indiquant que «les importations chinoises faisant l’objet d’un dumping ont augmenté de manière significative au cours de la période considérée, mais aussi que cette tendance s’est poursuivie sans s’inverser pendant la période postérieure à l’enquête», en évoquant une baisse significative des importations depuis juin 2023. La FCICP a réitéré son argument à la suite de l’information finale, ajoutant que, contrairement à ce qui est indiqué dans le règlement provisoire, la Commission a admis que la tendance à la hausse des volumes avait cessé après le deuxième trimestre de 2023. |
| (100) | La diminution du volume des importations en provenance de Chine à partir de juin 2023 peut s’expliquer par l’effet dissuasif de la présente enquête, mentionné au considérant 68. Cette baisse des volumes d’importation est temporaire et cette tendance s’inverserait en l’absence d’institution de mesures. En outre, il n’y a pas de divergence entre les conclusions formulées dans le règlement provisoire (qui porte sur la tendance observée jusqu’au premier trimestre de 2023) et les conclusions définitives formulées dans le présent règlement, selon lesquelles la tendance à la hausse des volumes avait cessé après le deuxième trimestre de 2023. L’argument de la FCICP a donc été rejeté. |
| (101) | La FCICP a en outre affirmé que les données postérieures à la période d’enquête fournies dans le règlement provisoire, en particulier celles relatives à l’évolution positive de la productivité, au volume des ventes de l’Union et la rentabilité au premier trimestre de 2023 par rapport au quatrième trimestre de 2022, ne constituaient pas un élément de preuve étayant l’affirmation selon laquelle les importations de PET en provenance de Chine engendraient une menace de préjudice. |
| (102) | Si les indicateurs décrits par la FCICP affichaient une tendance positive, ils doivent être replacés dans un contexte plus large et comparés principalement à la situation qui prévalait au cours de la période précédant la constatation d’une menace de préjudice (voir considérant 238 du règlement provisoire). Cette analyse, étayée par des données supplémentaires relatives à la rentabilité pour les deuxième et troisième trimestres de 2023 (voir tableau 1), a clairement montré que l’industrie de l’Union se trouvait dans une situation de vulnérabilité qui pourrait immédiatement se transformer en un préjudice important en l’absence de mesures. |
| (103) | Svepol a fait valoir que le règlement provisoire n’abordait pas l’incidence du passage des producteurs-exportateurs chinois à des expéditions en vrac au cours de la période d’enquête. Selon lui, la flambée des coûts d’expédition au cours de la dernière partie de 2021 et durant la majeure partie de la période d’enquête a eu pour conséquence que les utilisateurs et importateurs de PET de l’Union ont délaissé le transport standard par conteneurs au profit d’expéditions non conteneurisées, augmentant ainsi les volumes d’importation en provenance de la RPC. Svepol a soutenu que l’avantage concurrentiel des expéditions chinoises en vrac n’était qu’un avantage temporaire qui a disparu depuis lors avec la normalisation des coûts de transport par conteneurs, ce qui a été démontré tout particulièrement par la baisse des importations de PET en provenance de la RPC au deuxième trimestre de 2023 après la dernière expédition en vrac qui a eu lieu en mars 2023 (12). À la suite de l’information finale, l’UNESDA a également fait valoir que, puisque les coûts de transport étaient redevenus normaux et que les importations en vrac n’avaient pas été fructueuses, il était injustifié de conjecturer une probable nouvelle augmentation des importations en provenance de Chine. |
| (104) | S’il est admis qu’une grande partie des expéditions de PET en provenance de la RPC en 2022 sont arrivées dans des vraquiers, comme indiqué dans le règlement provisoire (voir le considérant 228), les coûts de transport ont commencé à se normaliser après avoir atteint un niveau record qui a perduré jusqu’à la mi-2022. Néanmoins, une augmentation des importations en provenance de Chine a été constamment observée jusqu’au second semestre de 2023 (13), soit bien après que les coûts d’expédition sont revenus à des niveaux normaux et après le dédouanement de la prétendue dernière expédition non conteneurisée. La Commission a donc constaté que, même sans les expéditions non conteneurisées, les importations en provenance de Chine arrivaient dans l’Union en grandes quantités. En outre, comme indiqué au considérant 68, la baisse du volume des importations en provenance de Chine vers la fin du deuxième trimestre de 2023 peut s’expliquer par l’effet dissuasif de la présente enquête, et non par la transition d’expéditions non conteneurisées vers des expéditions en conteneurs normaux. Par conséquent, même si le recours aux expéditions non conteneurisées avait coïncidé avec l’augmentation des importations en provenance de Chine au cours de l’année 2021 et pendant une partie de l’année 2022, cette circonstance ne saurait invalider l’appréciation faite par la Commission dans le règlement provisoire. |
| (105) | La FCICP a affirmé, à la suite de l’information finale, que les conclusions du quatrième trimestre de 2022 de la période d’enquête, relevant une nette tendance à la baisse des importations vers la fin de la période d’enquête, n’indiquaient pas l’existence d’un préjudice «prévisible» ou «imminent», ni une menace de préjudice «imminente». Elle a également fait valoir que, si une menace de préjudice était effectivement survenue au quatrième trimestre de 2022, elle ne pouvait en aucun cas être imputée aux importations en provenance de Chine. En outre, selon la FCICP, la Commission aurait dû reconnaître comme il se doit et examiner objectivement le fait que l’industrie de l’Union a été en mesure d’augmenter sensiblement ses bénéfices nets, ses ventes et ses prix de vente tout au long de la période considérée alors que les importations en provenance de Chine étaient nettement plus élevées qu’au quatrième trimestre de la période d’enquête. La FCICP a réitéré sa position à la suite de l’information finale, suggérant à tort que la Commission s’était abstenue de répondre à cet argument avancé par la FCICP. |
| (106) | Premièrement, les conclusions formulées concernant le niveau des importations au quatrième trimestre de 2022 ne pouvaient pas être traitées isolément aux fins de la détermination de la menace de préjudice. Deuxièmement, comme indiqué au considérant 237 du règlement provisoire, les importations en provenance de Chine avaient considérablement augmenté sur l’ensemble de la période considérée; la baisse des importations au quatrième trimestre de 2022, quant à elle, a succédé à une augmentation sensible et continue des importations faisant l’objet d’un dumping au cours des trimestres précédents et a été suivie d’une nouvelle augmentation au cours du premier trimestre suivant la période d’enquête. Ces évolutions, évaluées dans leur intégralité et en association avec l’effet dépressif des importations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping sur les prix de l’Union vers la fin de la période d’enquête et après cette dernière, ont révélé un changement de circonstances créant une situation préjudiciable causée par les importations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping, qui était clairement prévisible et imminent. |
5.4. Conclusion relative à la menace de préjudice
| (107) | Comme exposé dans le règlement provisoire, alors que l’industrie de l’Union était performante jusqu’au troisième trimestre de 2022, la quasi-totalité des indicateurs de préjudice a commencé à se détériorer de façon spectaculaire au cours du dernier trimestre de 2022, une situation négative qui était toujours présente au cours du premier trimestre de 2023. |
| (108) | L’examen approfondi réalisé au stade définitif a confirmé que l’industrie de l’Union demeurait dans une situation précaire et que la tendance négative établie dans le règlement provisoire pour les producteurs de l’Union s’était poursuivie aux deuxième et troisième trimestres de 2023. Plus précisément, les prix de vente ainsi que le coût de production des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon pour ladite période montrent que, comme à la fin de la période d’enquête et au premier trimestre de 2023, les importations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping ont continué d’exercer un blocage des prix de vente de l’Union au cours des deuxième et troisième trimestres de 2023. Les prix de vente des producteurs de l’Union sont restés inférieurs au niveau du coût de production et la situation déficitaire de l’industrie de l’Union s’est poursuivie, atteignant respectivement – 11 % et – 13 % aux deuxième et troisième trimestres de 2023. |
| (109) | La Commission a donc confirmé ses conclusions quant à l’existence d’une menace de préjudice clairement prévisible et imminente pour l’industrie de l’Union à la fin de la période d’enquête, telles que formulées aux considérants 238 à 242 du règlement provisoire. |
6. LIEN DE CAUSALITÉ
6.1. Examen
| (110) | Dans ses conclusions provisoires, la Commission a opéré une distinction entre les effets de tous les facteurs connus (les importations par les plaignants et les sociétés liées à destination des plaignants, l’utilisation accrue de PET recyclé par les utilisateurs de PET, les importations en provenance de pays tiers, les résultats à l’exportation de l’industrie de l’Union, l’augmentation des coûts des matières premières et des prix de l’énergie, l’augmentation des coûts d’investissement et les préférences d’achat des clients) sur la situation de l’industrie de l’Union et les effets préjudiciables des importations faisant l’objet d’un dumping. L’effet de ces autres facteurs sur l’évolution négative de l’industrie de l’Union a toutefois été jugé limité, voire nul, et n’a pas atténué le lien de causalité entre les importations faisant l’objet d’un dumping et la menace de préjudice. |
| (111) | À la suite de l’actualisation des données postérieures à la période d’enquête au stade définitif, les données trimestrielles relatives au coût de production et aux prix de vente des producteurs de l’Union aux deuxième et troisième trimestres de 2023 (présentées dans le tableau 1) montrent que les producteurs de l’Union ont continué d’être contraints de vendre à des prix inférieurs aux coûts en raison de la pression exercée par les importations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping, ce qui étaye donc les conclusions provisoires de la Commission. Sur ce point, Svepol a affirmé, dans sa réponse à l’information finale, qu’il n’était pas expliqué en quoi l’inversion des conditions d’importation entre le quatrième trimestre de 2022 et le troisième trimestre de 2023 n’allégeait pas la pression que subissaient prétendument les producteurs de l’Union. |
| (112) | En ce qui concerne les données les plus récentes sur les importations (pour les deuxième et troisième trimestres de 2023) en provenance de Chine et d’autres pays tiers, malgré la baisse des importations en provenance de Chine au cours de ladite période en raison de l’effet dissuasif de l’ouverture de la présente enquête (voir considérant 68), les producteurs de l’Union ont continué de subir les effets du blocage non atténué des prix par les producteurs-exportateurs chinois, qui a empêché les producteurs de l’Union de fixer leurs prix au-dessus de leurs coûts de production. |
| (113) | À la lumière de ce qui précède et conformément à la section 6.1 du règlement provisoire, la Commission a confirmé sa conclusion selon laquelle les importations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping avaient une incidence négative sur la situation de l’industrie de l’Union et constituaient une menace de préjudice important pour l’industrie de l’Union, tandis que les autres facteurs n’étaient pas susceptibles d’atténuer ce lien de causalité. |
6.2. Observations des parties intéressées après les mesures provisoires
| (114) | La FCICP a affirmé que la Commission n’avait pas établi de lien de causalité entre les importations faisant l’objet d’un dumping et la menace de préjudice que représentent ces importations. Selon elle (et sans qu’elle fournisse une analyse détaillée à ce sujet), le règlement provisoire ne contenait pas d’analyse pertinente et ne fournissait aucun élément de causalité étayé par des éléments de preuve suffisants qui démontrerait que le volume et/ou les niveaux de prix ont eu une incidence négative sur l’industrie de l’Union. La FCICP a réitéré son argument à la suite de l’information finale. |
| (115) | La Commission a renvoyé à la section 6 du règlement provisoire, où sont exposées les raisons pour lesquelles elle a conclu que le lien de causalité était établi à suffisance de droit. |
| (116) | Svepol a affirmé que la Commission n’avait pas démontré l’existence d’un lien de causalité positif entre les prétendus «faibles prix des importations chinoises» au quatrième trimestre de 2022 et au premier trimestre de 2023 et le blocage des prix de l’industrie de l’Union ayant provoqué la détérioration significative de la rentabilité de l’industrie de l’Union observée au cours du dernier trimestre de la période d’enquête et les autres pertes enregistrées au premier trimestre de 2023. Dans sa réponse à l’information finale, Svepol a soutenu que la Commission n’avait pas expliqué comment, alors que les volumes d’importation étaient au plus haut et que les prix à l’importation étaient faibles au cours des trois premiers trimestres de 2022, les producteurs de l’Union ont été capables d’obtenir leurs meilleurs résultats et de «contre-attaquer» face au blocage des prix. Nonobstant l’analyse exposée au considérant 117, la FCICP a également argué, dans sa réponse à l’information finale, que l’analyse de la Commission ne mentionnait nulle part le fait que les prix sur le marché du PET de l’Union continuaient à subir une pression à la baisse en raison de la faiblesse persistante de la demande. |
| (117) | Comme exposé au considérant 249 du règlement provisoire, le niveau de production et l’utilisation des capacités de l’industrie de l’Union avaient connu une baisse significative au cours de la période d’enquête, juste après une période au cours de laquelle une augmentation significative des importations en provenance de Chine avait eu lieu. Si l’industrie de l’Union a été en mesure de compenser l’augmentation du volume des importations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping au cours des trois premiers trimestres de la période d’enquête en maintenant des activités rentables dans le secteur du PET et des volumes relativement stables de ventes dans l’Union, cela s’explique par l’augmentation de la demande des clients observée durant la première moitié de la période d’enquête. Toutefois, dès que la demande et les volumes des ventes de l’Union ont commencé à baisser et que les taux d’exploitation de l’Union ont fortement diminué, la pression exercée par les importations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping a atteint des niveaux intenables et a entraîné une aggravation de la situation des producteurs de l’Union à la fin de la période d’enquête et après cette dernière (voir considérant 223 du règlement provisoire), ce qui reflétait la baisse des prix de vente et une rentabilité négative. Par conséquent, un lien de causalité positif entre les importations en provenance de Chine et la détérioration significative de l’industrie de l’Union a été dûment établi, et l’argument de Svepol a été rejeté. |
| (118) | La FCICP a fait valoir que la Commission s’est fondée, pour constater une menace de préjudice, sur ses observations effectuées au cours du quatrième trimestre de 2022 et de la période postérieure à la période d’enquête, distinctes de celles relatives à la période considérée, lors de laquelle aucun préjudice n’a été constaté. Toutefois, selon la FCICP, lors de l’évaluation des effets des importations en provenance de Chine par les producteurs de l’Union, la Commission a comparé ces observations aux tendances globales des importations au cours de la période considérée, au lieu de se concentrer spécifiquement sur le quatrième trimestre de 2022 et la période postérieure à la période d’enquête. La FCICP a réitéré son argument à la suite de l’information finale. |
| (119) | L’argument de la FCICP était erroné. Premièrement, ainsi qu’il ressort des sections 5 et 6 du règlement provisoire (notamment les considérants 210, 212, 213, 222, 223, 230, 233, 244 à 247, 252 et 255), il est évident que la détermination de la menace de préjudice a été fondée sur l’examen des tendances au cours de la période d’enquête, en mettant particulièrement l’accent sur les évolutions trimestrielles. Parallèlement, conformément au considérant 207 du règlement provisoire, la Commission a également examiné les données relatives à la période considérée afin de mieux comprendre la situation de l’industrie de l’Union sur une période plus longue, ce qui l’a conduite à constater l’existence d’une menace de préjudice. Deuxièmement, en ce qui concerne plus particulièrement les importations en provenance de la RPC effectuées par les sociétés à l’origine de la plainte, contrairement à ce qu’affirme la FCICP, comme indiqué au considérant 252 du règlement provisoire, la Commission a évalué la situation en ce qui concerne la période d’enquête ainsi que pour le quatrième trimestre de 2022. En outre, comme indiqué dans le tableau 14 du règlement provisoire et dans le tableau 1 du présent règlement, les chiffres des premier et deuxième trimestres de 2023, selon lesquels les importations de l’industrie de l’Union représentaient [10 à 20] % de l’ensemble des importations en provenance de Chine, n’étaient pas de nature à atténuer le lien de causalité. L’argument de la FCICP a donc été rejeté. |
| (120) | À la suite de l’institution des mesures provisoires, la FCICP a cherché à démontrer l’existence d’une transition du PET vierge au PET recyclé en comparant les chiffres trimestriels des deux segments pour la période allant du quatrième trimestre de 2022 au premier trimestre de 2023. Elle l’a réitéré à la suite de l’information finale. L’UNESDA a également réitéré son argument relatif au remplacement du PET vierge par le PET recyclé, qui a entraîné une diminution des ventes des producteurs de PET vierge. |
| (121) | Premièrement, la Commission a renvoyé aux conclusions effectuées au considérant 254 du règlement provisoire, qui demeurent valables. Deuxièmement, comme indiqué au considérant 49, les chiffres relatifs à la production de PET recyclé au premier trimestre de 2023 ont été actualisés sur la base des dernières données disponibles de Wood Mackenzie, avec un ajustement à la baisse de la production de PET recyclé. Troisièmement, même si l’on tient compte des chiffres initiaux, une augmentation temporaire de la production de PET recyclé due aux efforts de l’UE en matière de durabilité ne saurait remettre en cause de manière plausible l’analyse de la menace de préjudice effectuée en l’espèce, ni atténuer le lien de causalité, compte tenu de la taille du segment de l’industrie de l’Union consacré au PET recyclé et de son incidence sur les indicateurs économiques au cours de la période considérée, pendant la période d’enquête ou après cette dernière. En tout état de cause, la FCICP et l’UNESDA n’ont pas démontré en quoi une compensation temporaire de la baisse de la production de PET vierge par l’augmentation de la production de PET recyclé au cours de la période pour laquelle une menace de préjudice a déjà été constatée aurait eu une quelconque incidence sur le lien de causalité en l’espèce. |
| (122) | Svepol a fait valoir que la Commission n’avait évalué les volumes et les prix des importations en provenance de pays tiers que pour l’ensemble de la période d’enquête, sans examiner les prix et les volumes de ces importations au quatrième trimestre de 2022 et au premier trimestre de 2023. Selon Svepol, rien ne permettait de conclure que les importations en provenance de pays tiers n’ont pas atténué le lien de causalité entre les importations en provenance de la RPC et la menace de préjudice pour l’industrie de l’Union. À l’appui de cette allégation, Svepol a fait valoir que les importations en provenance de Turquie, du Viêt Nam et d’Égypte avaient augmenté au cours de la période comprise entre le quatrième trimestre de 2022 et le premier trimestre de 2023 et qu’elles dépassaient cumulativement de 80 000 tonnes les importations en provenance de la RPC au cours de cette période. Svepol a réitéré ses arguments à la suite de l’information finale, ajoutant que la Commission devrait également prendre en considération les données relatives aux importations en provenance de pays tiers pour les deuxième et troisième trimestres de 2023. Dans le même ordre d’idées, selon la FCICP, la Commission aurait dû tenir compte des données relatives aux importations pour le quatrième trimestre de 2022 et des données postérieures à la période d’enquête dans son évaluation des importations en provenance de pays tiers. Dans son analyse, la FCICP a évoqué une forte hausse des importations en provenance d’Égypte en 2023 ainsi que des données récentes sur les importations (juin à septembre 2023) montrant que le volume et le taux d’accroissement des importations en provenance de divers autres pays tiers dépassaient considérablement ceux attribués à la RPC. La FCICP a réitéré son argument à la suite de l’information finale. L’UNESDA a également fait valoir, à la suite de l’information finale, qu’en 2023, quatre des principaux pays fournisseurs (Indonésie, Pakistan, Viêt Nam et Oman), qui représentaient 29,5 % des importations de l’Union, pratiquaient des prix à l’importation inférieurs au prix des importations en provenance de Chine (qui représentaient 19,7 % des importations de l’Union). Par conséquent, selon l’UNESDA, la Chine ne saurait être tenue pour responsable des niveaux de prix de l’Union. |
| (123) | Au moment de déterminer l’existence d’une menace de préjudice, les importations en provenance de grands pays exportateurs autres que la RPC doivent être évaluées non seulement pour la période d’enquête dans son ensemble, mais aussi à un niveau plus détaillé et sur une base trimestrielle pendant et après la période d’enquête. |
| (124) | Dans ce contexte, au cours de la période composée des trois premiers trimestres de 2022, qui a conduit à la constatation d’une menace de préjudice et d’un blocage des prix de l’Union, ces importations en provenance de pays tiers ont été effectuées à des prix nettement plus élevés que ceux des importations originaires de la RPC. En outre, aucun des prix de ces «importations en provenance d’autres pays tiers» n’était inférieur à ceux de l’Union au troisième trimestre, soit la période qui a immédiatement précédé la détérioration significative de l’industrie de l’Union. De surcroît, alors que les parts de marché de ces importations ont été relativement stables entre 2022 et le premier trimestre de 2023, la part de marché des importations en provenance de Chine, à l’exclusion de celles effectuées par l’industrie de l’Union, a augmenté pour atteindre [12 à 13] % au premier trimestre de 2023 (contre [4,5 à 5,5] % au premier trimestre de 2022 ou au quatrième trimestre de 2022), alors que la menace de préjudice était déjà présente. Par conséquent, compte tenu du niveau des prix et de la stabilité des parts de marché des importations en provenance d’autres pays tiers au cours de la période allant de 2022 au premier trimestre de 2023 par rapport aux importations en provenance de Chine, il a été conclu que les importations en provenance de pays tiers (Turquie, Égypte et Viêt Nam) n’étaient pas en mesure d’atténuer le lien de causalité entre les importations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping et la menace de préjudice pour l’industrie de l’Union établie au considérant 259 du règlement provisoire. En ce qui concerne l’analyse des données les plus récentes sur les importations effectuée par la FCICP et l’UNESDA, l’effet dissuasif qu’a eu l’ouverture de la présente enquête (voir considérant 68 du présent règlement) a privé de représentativité l’analyse de ces données récentes, la comparaison avec les chiffres des importations en provenance de Chine dans l’Union et l’effet sur les prix de l’Union. Par conséquent, les arguments avancés par Svepol, la FCICP et l’UNESDA ont été rejetés. |
| (125) | La FCICP a fait valoir que la Commission n’avait fourni aucune donnée trimestrielle concernant le coût de production de l’industrie de l’Union tout au long de la période d’enquête et de la période postérieure à cette dernière et que, par conséquent, l’analyse du lien de causalité à cet égard était spéculative et manquait d’éléments de preuve positifs. Elle a également soutenu qu’avant le quatrième trimestre de 2022, les coûts de production du PET avaient connu une hausse sans précédent plaçant les producteurs de l’Union dans l’impossibilité d’adapter leurs prix de vente en conséquence, en particulier compte tenu de la diminution parallèle de la demande. À l’appui de son argument, la FCICP a invoqué une augmentation soudaine et extraordinaire des prix de l’électricité, du gaz et du PTA en septembre 2022. |
| (126) | Premièrement, les données trimestrielles relatives au coût de production des producteurs de l’Union au cours de la période d’enquête et de la période postérieure à cette dernière, présentées dans les tableaux 1 et 2, étayaient les conclusions de la Commission exposées au considérant 265 du règlement provisoire. L’analyse trimestrielle a montré que, bien que le coût de production aux deuxième et troisième trimestres de 2022 ait presque atteint les niveaux observés au quatrième trimestre, les producteurs de l’Union ont été en mesure de fixer les prix de vente bien au-dessus du niveau de leur coût de production au cours de cette période (deuxième et troisième trimestres de 2022). Toutefois, au quatrième trimestre de 2022 et du premier au troisième trimestre de 2023, les producteurs de l’Union ont été contraints de vendre à des prix inférieurs aux coûts en raison de la pression exercée par les importations en provenance de Chine faisant l’objet d’un dumping. Deuxièmement, l’argument de la FCICP relatif à l’augmentation soudaine et notable des prix des matières premières et de l’énergie juste avant ou au début du quatrième trimestre de 2022 n’a pas trouvé d’appui dans les données vérifiées relatives au coût de production. Le coût de production de l’industrie de l’Union n’a guère évolué (hausse de 4 %) entre le troisième et le quatrième trimestre de 2022, rendant donc l’argument de la FCICP inopérant. |
6.3. Conclusion concernant le lien de causalité
| (127) | Les conclusions exposées aux considérants 270 et 271 du règlement provisoire ont été confirmées. |
7. NIVEAU DES MESURES
7.1. Marge de préjudice
| (128) | En se référant au considérant 163 du règlement provisoire, ainsi qu’à l’ajustement du prix CIF des exportateurs pour tenir compte des coûts postérieurs à l’importation, Svepol a demandé à la Commission pourquoi ses coûts postérieurs à l’importation n’étaient pas représentatifs dans le cadre de la présente enquête. La Commission fait observer que Svepol a déclaré comme coûts postérieurs à l’importation les frais VAG de la société ainsi que les frais de transport supportés par les clients à la suite du dédouanement. Or, aucune des catégories de coûts énumérées par Svepol ne pouvait être considérée comme des coûts nécessitant d’effectuer un ajustement lors du calcul de la sous-cotation et de la marge de préjudice. |
| (129) | PET Europe a jugé que l’utilisation du bénéfice cible minimal était déraisonnable et a réitéré son argument à la suite de l’information finale. Si le bénéfice cible de 6 % appliqué constitue un minimum légal, comme indiqué au considérant 275 du règlement provisoire, selon PET Europe, il ne reflétait pas les besoins de l’industrie de l’Union, qui est une industrie à forte intensité de capital. Le plaignant a fait référence à l’outil de suivi de CSI Market, selon lequel la rentabilité dans le secteur chimique était de 14,73 % (marge avant impôt), et a souligné qu’aux fins de la construction de la valeur normale en l’espèce, la Commission avait appliqué une marge bénéficiaire de 14,84 %. PET Europe a ensuite conclu qu’une marge bénéficiaire cible d’au moins 14 % était appropriée aux fins de la présente enquête. |
| (130) | Premièrement, le PET est considéré comme un produit de base, comme également rappelé dans les autres mesures couvrant les importations de ce produit [voir considérant 170 du règlement (UE) 2019/1286 (14)], et les producteurs de l’Union obtiennent généralement une rentabilité inférieure au minimum légal. Cela a été démontré par les chiffres relatifs aux deux premières années de la période considérée (2,9 % en 2019 et 0,3 % en 2020) ainsi que par l’enquête précédente, selon laquelle la rentabilité de l’industrie de l’Union avait atteint respectivement 3 % en 2017 et 3,7 % au cours de la période comprise entre avril 2017 et mars 2018 [voir considérant 160 du règlement (UE) 2019/1286]. En outre, les données relatives à la rentabilité provenant de l’outil de suivi de CSI Market concernaient le secteur de la fabrication de produits chimiques plutôt que le secteur de l’industrie du plastique et du caoutchouc, pour lequel la rentabilité était de 5,13 % au troisième trimestre de 2023 (période à laquelle PET Europe se réfère). Enfin, la marge bénéficiaire utilisée pour construire la valeur normale concernait le bénéfice réalisé dans le pays représentatif déterminé au titre de l’article 2, paragraphe 6 bis, du règlement de base, qui ne peut être utilisé comme référence pour le bénéfice cible des producteurs de l’industrie de l’Union. Compte tenu de ce qui précède, l’argument de PET Europe a été rejeté. |
| (131) | Conformément à l’article 9, paragraphe 4, troisième alinéa, du règlement de base, et vu que la Commission n’a pas enregistré d’importations au cours de la période de notification préalable, elle a analysé l’évolution des volumes d’importation pour établir si une nouvelle augmentation substantielle des importations soumises à l’enquête s’était produite au cours de la période de notification préalable et répercuter par conséquent le préjudice supplémentaire causé par cette augmentation sur la marge de préjudice. |
| (132) | D’après les données extraites de la base de données Surveillance 3, les volumes d’importation en provenance de la RPC au cours de la période de notification préalable de quatre semaines étaient inférieurs de 42 % aux volumes d’importation au cours de la période d’enquête sur la même période de quatre semaines. Sur cette base, la Commission a conclu qu’il n’y avait pas eu d’augmentation substantielle des importations soumises à l’enquête au cours de la période de notification préalable. |
| (133) | Par conséquent, la Commission n’a pas ajusté le niveau d’élimination du préjudice à cet égard et, en l’absence d’observations, le considérant 279 du règlement provisoire est confirmé. |
7.2. Conclusion concernant le niveau des mesures
| (134) | Eu égard à l’évaluation ci-dessus, des droits antidumping définitifs devraient être institués comme indiqué ci-dessous conformément à l’article 7, paragraphe 2, du règlement de base:
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8. INTÉRÊT DE L’UNION
8.1. Intérêt de l’industrie de l’Union
| (135) | Outre l’évaluation fournie dans le règlement provisoire, il convient d’observer qu’à la suite de la période d’enquête, en 2023, plusieurs producteurs de l’Union ont temporairement réduit ou totalement arrêté leur production en réaction à la situation difficile causée par les importations faisant l’objet d’un dumping. Par conséquent, en l’absence de mesures, non seulement l’existence de l’industrie du PET de l’Union serait gravement menacée, mais la stabilité de l’approvisionnement des utilisateurs de PET serait également compromise. |
| (136) | En l’absence de toute autre observation concernant l’intérêt de l’industrie de l’Union, la conclusion formulée au considérant 284 du règlement provisoire a été confirmée. |
8.2. Intérêt des utilisateurs et des importateurs indépendants
| (137) | Les utilisateurs ont répété, dans leur réponse à l’information provisoire, que les faits suivants devaient être pris en considération dans l’analyse de l’intérêt de l’Union: i) le PET exprimé en pourcentage du coût de production variait entre 30 % et 60 % pour les producteurs d’eaux en bouteille et entre 14 % et 30 % pour les producteurs de boissons rafraîchissantes, ce qui a une incidence importante sur les activités et la rentabilité des utilisateurs; ii) les exigences découlant de la directive sur les plastiques à usage unique, à savoir des bouchons attachés à partir de juillet 2024 et l’augmentation de la teneur minimale en PET recyclé des bouteilles de boissons en plastique de 25 % à partir de 2025 à 30 % à partir de 2030, et du règlement relatif aux emballages et aux déchets d’emballages vont de pair avec une augmentation du coût du PET recyclé, étant donné que le prix du PET recyclé suit celui du PET vierge tout en étant largement plus élevé; et iii) la croissance de l’industrie du PET est protégée de la concurrence avec le PET originaire de la RPC grâce au cadre réglementaire actuel et futur, tel que la directive sur les plastiques à usage unique et les approbations de l’EFSA (15) pour le PET recyclable de qualité alimentaire. Dans sa réponse à l’information finale, l’UNESDA a affirmé que l’institution des droits antidumping serait prohibitive pour les importations de PET en provenance de Chine, faisant allusion à l’institution du taux de la nation la plus favorisée (NPF) de 6,5 % à l’égard de l’Inde en 2022 et à l’arrêt subséquent des importations de PET en provenance de ce pays en 2023. |
| (138) | La Commission a reconnu que le PET constituait le principal élément de coût des utilisateurs de PET. Toutefois, conformément au considérant 294 du règlement provisoire, les droits institués sont fixés à un niveau qui permettra aux utilisateurs et aux importateurs de continuer d’importer du PET en provenance de la RPC à des prix raisonnables. Étant donné que les droits sont fixés à 6,6 % seulement, même si le PET représentait 14 à 60 % du coût de production des utilisateurs, le niveau des droits ne devrait pas avoir d’effet prohibitif ni affecter sensiblement la mise en œuvre et la réalisation des objectifs de durabilité et pourrait être absorbé par les utilisateurs qui souhaitent continuer à s’approvisionner en matériaux originaires de la RPC. En outre, les approvisionnements peuvent être assurés par d’autres producteurs, tels que l’industrie de l’Union et d’autres pays tiers tels que la Turquie, le Viêt Nam et l’Égypte. En ce qui concerne la comparaison effectuée par l’UNESDA avec l’introduction du droit NPF qui a fait cesser les importations de l’Union en provenance de l’Inde, il a été signalé que les importations de PET en provenance de Chine étaient déjà soumises à un droit de douane commun de 6,5 % avant la présente enquête, ce qui ne les a pas empêchées de détenir une part de marché importante dans l’Union. |
| (139) | La Commission n’a pas non plus contesté que les utilisateurs de PET en aval opéraient dans un environnement réglementaire et macroéconomique difficile et devaient réaliser des investissements supplémentaires ou supporter des coûts additionnels afin de respecter et mettre en œuvre les exigences liées, entre autres, à la directive sur les plastiques à usage unique et au règlement relatif aux emballages et aux déchets d’emballages. Toutefois, l’existence de ces exigences réglementaires, de même que les facteurs influant sur le coût du PET (par exemple, le prix des matières premières ou la pression des acheteurs), ne saurait compromettre l’égalité des conditions de concurrence sur le marché en amont du PET de l’Union en remédiant à la situation de dumping préjudiciable, surtout lorsque l’effet négatif des droits antidumping sur les utilisateurs est jugé minime. |
| (140) | En ce qui concerne le segment du PET recyclé, bien que ce soit un segment en expansion également en raison des exigences de durabilité imposées par la législation de l’Union, il n’a aucunement été protégé d’une éventuelle concurrence déloyale de la Chine. Le cadre réglementaire n’empêchait pas le PET recyclé chinois faisant l’objet d’un dumping d’entrer dans l’Union: au contraire, le programme pour la durabilité ne ferait qu’encourager l’afflux de PET recyclé chinois, et rien n’empêche les exportateurs chinois de demander (ni d’obtenir à cet effet) des approbations réglementaires de l’EFSA. |
| (141) | Les utilisateurs ont par ailleurs souligné que les conditions de concurrence seraient affectées négativement par l’institution de droits antidumping en l’espèce, étant donné que, du côté des fournisseurs, le marché est dominé par le producteur de l’Union Indorama et que les mesures élimineraient le seul grand pays tiers qui n’est pas dominé par Indorama. L’UNESDA a réitéré cet argument à la suite de l’information finale, ajoutant que l’incidence des mesures antidumping sur les prix sera plus importante en raison de la structure oligopolistique du marché. Dans sa réponse à l’information finale, Svepol a également fait valoir que l’institution de droits antidumping en sus du droit de douane commun entraverait l’accès des exportateurs chinois au marché de l’Union, compte tenu notamment des importations à bas prix en provenance d’autres pays tiers. |
| (142) | Premièrement, les importations au juste prix en provenance de Chine ne seront pas empêchées d’entrer dans l’Union. Deuxièmement, l’industrie du PET de l’Union se compose d’au moins huit opérateurs indépendants qui produisent du PET vierge et de plus de cinquante producteurs de PET recyclé, ce qui, contrairement à ce que soutient l’UNESDA, ne saurait être considéré comme une structure de marché oligopolistique. De surcroît, s’il est vrai qu’Indorama est fortement implantée dans l’Union et sur le marché mondial du PET, de grands pays exportateurs tels que le Viêt Nam, la Corée du Sud ou la Turquie et leurs producteurs constituent une saine concurrence pour ses entités. En outre, les utilisateurs n’ont fourni aucun élément de preuve démontrant que ces pays ne seraient pas en mesure de répondre à la demande émanant des utilisateurs et importateurs de l’Union. |
| (143) | Svepol a soutenu dans sa réponse à l’information finale que les autres marchés d’exportation ne seraient pas en mesure d’exercer une pression concurrentielle sur la position dominante d’Indorama sur le marché de l’Union. Dans le même ordre d’idées, l’UNESDA a fait valoir que les importations en provenance du Viêt Nam et de Corée ne suffiraient pas à contrer la concentration du marché qui se profilait. Ces allégations n’étaient étayées par aucun fait, surtout à la lumière des statistiques d’importation pour 2023, qui montrent, par exemple, que les importations du Viêt Nam dans l’Union étaient supérieures de 5 points de pourcentage à celles de la Turquie (marché sur lequel Indorama est également présente, mais pas exclusivement) et de 5,6 points de pourcentage à celles de l’Égypte (marché dominé par Indorama). Ces statistiques attestent clairement que les autres marchés d’exportation font une concurrence saine aux entreprises d’Indorama. Par conséquent, l’argument de Svepol a dû être rejeté. |
| (144) | Les utilisateurs ont aussi présenté l’emploi dans le secteur des boissons comme l’un des éléments clés à prendre en considération et ont réaffirmé cette position dans leur réponse à l’information finale. L’industrie utilisatrice a fait valoir qu’elle se trouvait dans une situation vulnérable: i) ses niveaux d’emploi ont été affectés à la suite des augmentations notables des coûts en 2022, ii) le prix du PET représente désormais le double de tous les autres coûts et iii) les prix de vente (des produits sous emballage PET) stagnent. Un accent particulier a été mis sur les PME, qui représentent 95 % du secteur des eaux en bouteille, représentant lui-même 37 % de la consommation de PET de qualité alimentaire, qui sont plus sensibles à l’inflation et chez lesquelles les coûts liés au PET représentent une plus grande proportion du coût de production total. Svepol a également fait valoir que l’institution de droits antidumping aurait des conséquences désastreuses pour l’industrie en aval de l’Union, en mettant en péril des milliers d’emplois dans l’Union, ainsi que pour les consommateurs de l’Union, étant donné que cela entraînerait une hausse des prix des boissons en bouteille dans un contexte de crise du coût de la vie et d’inflation élevée, alors que la situation des producteurs de PET a peu de chances de s’améliorer une fois les mesures antidumping adoptées, compte tenu également du fait que la rentabilité des producteurs de l’Union a continué de baisser malgré un très faible niveau d’importations en provenance de Chine. Dans sa réponse à l’information finale, Svepol a soutenu que la Commission n’avait pas expliqué pourquoi elle accordait davantage d’importance à l’emploi relativement infime dans l’industrie du PET de l’Union tout en écartant le risque pour 300 000 emplois dans l’industrie utilisatrice de l’Union. |
| (145) | L’effet négatif des droits antidumping sur l’emploi dans l’industrie des boissons a été jugé peu important pour les raisons exposées au considérant 138 ci-dessus. Un risque lointain et inquantifiable pour l’emploi dans l’industrie utilisatrice ne saurait l’emporter sur l’intérêt de remédier au problème spécifique de dumping préjudiciable constaté sur le marché du PET en amont. En ce qui concerne l’intérêt des consommateurs de l’Union, s’il n’a pas été contesté que ceux-ci étaient confrontés à l’inflation et à l’augmentation du coût de la vie, il est difficile de voir en quoi ils ressentiraient l’incidence du droit antidumping, que ce soit dans une situation où le prix de la matière première des emballages PET diminuerait ou dans une situation où, comme l’ont fait valoir les utilisateurs de PET, ces derniers ne seraient pas en mesure de répercuter une augmentation de prix sur les acheteurs (tels que les chaînes de vente au détail), y compris une augmentation hypothétique induite par l’institution d’un droit antidumping. |
| (146) | Les utilisateurs ont également fait valoir que le niveau de rentabilité des producteurs de PET vierge était nettement supérieur à celui des utilisateurs. L’UNESDA a réitéré cet argument à la suite de l’information finale et en ce qui concerne la période 2019-2022. Cette allégation n’était cependant pas étayée en ce qui concerne la fin de la période d’enquête et la période postérieure à celle-ci, et elle ne saurait être retenue dans le contexte de la situation déficitaire actuelle des producteurs de l’Union. |
| (147) | Les utilisateurs ont également indiqué que les problèmes et les perturbations des livraisons du PET provenant des producteurs de PET de l’Union au cours de la période considérée constituaient l’un des éléments à évaluer dans le cadre de l’analyse de l’intérêt de l’Union. À la suite de l’information finale, l’UNESDA a affirmé que les perturbations étaient liées à la structure oligopolistique du marché. La Commission a constaté que la stabilité de l’industrie du PET de l’Union ainsi que la présence d’importations au juste prix en provenance de pays tiers étaient essentielles pour garantir la stabilité de l’approvisionnement de l’industrie utilisatrice ainsi que pour atténuer les effets de tout futur cas de force majeure ou d’autres problèmes liés aux livraisons de PET. En outre, l’industrie du PET de l’Union se compose d’au moins huit opérateurs indépendants qui produisent du PET vierge et de plus de cinquante producteurs de PET recyclé, ce qui, contrairement à ce que soutient l’UNESDA, ne saurait être considéré comme une structure de marché oligopolistique. |
| (148) | Les utilisateurs ont également évoqué l’impossibilité de répercuter sur leurs clients des hausses sans précédent du prix du PET ainsi que l’effet néfaste sur leur rentabilité déjà faible, voire négative, qui était étroitement liée aux pressions visant à éviter une aggravation de l’inflation dans le secteur des biens de consommation. À la suite de l’information finale, l’UNESDA a maintenu que les mesures antidumping entraîneraient une hausse du prix du PET vierge et du PET recyclé dans l’Union, ainsi qu’une augmentation des importations de PET vierge, dominées par Indorama. |
| (149) | Comme indiqué au considérant 291 du règlement provisoire, les utilisateurs de PET disposent d’autres sources d’approvisionnement. En outre, si le prix du PET dans l’Union pourrait augmenter à la suite des mesures antidumping, il existe de nombreux autres facteurs qui pèsent lourdement sur l’évolution du prix du PET, tels que la fluctuation du prix du pétrole brut, qui sert de base au prix du PTA (principale matière première du PET), le prix des services d’utilité publique ou le déstockage du PET. En outre, comme indiqué en l’espèce, le prix du PET a fluctué dans les deux sens, les prix de 2023 étant inférieurs d’au moins 15 à 30 % à ceux de 2022. Compte tenu de ces fluctuations et du prix actuel du PET, cet argument a dû être rejeté. |
| (150) | En conclusion, l’analyse, présentée ci-dessus, des différents éléments ayant une incidence sur l’industrie utilisatrice a répondu aux préoccupations exprimées par l’industrie utilisatrice et d’autres parties intéressées quant à l’ambiguïté potentielle, au manque de clarté ou aux omissions de certains faits dans le règlement provisoire. |
| (151) | Selon Svepol, la Commission devrait tenir compte des observations sur l’intérêt de l’Union présentées par les parties intéressées avant d’adopter des mesures définitives. Svepol a également ajouté que la Commission avait affirmé à tort, aux considérants 288 et 291 du règlement provisoire, que la résine de PET représentait 15 % du coût final de la préforme. |
| (152) | Premièrement, en ce qui concerne les considérants 288 et 291 du règlement provisoire, la Commission s’est référée à des informations provenant directement d’une déclaration de l’association d’utilisateurs (l’UNESDA). Deuxièmement, la Commission a dûment répondu, dans le présent règlement et dans le règlement provisoire, à toutes les observations formulées par les parties intéressées, en soulignant les aspects variés de l’intérêt des différentes parties prenantes, et est parvenue à une conclusion claire et motivée identique à celle exposée aux considérants 294 à 297 du règlement provisoire. |
8.3. Conclusion concernant l’intérêt de l’Union
| (153) | Les conclusions exposées aux considérants 294 à 297 du règlement provisoire ont donc été confirmées. |
9. MESURES ANTIDUMPING DÉFINITIVES
9.1. Mesures définitives
| (154) | Eu égard aux conclusions énoncées en ce qui concerne le dumping, le préjudice, le lien de causalité, le niveau des mesures et l’intérêt de l’Union, et conformément à l’article 9, paragraphe 4, du règlement de base, il convient d’instituer des mesures antidumping définitives afin d’empêcher l’aggravation du préjudice causé à l’industrie de l’Union par les importations du produit concerné faisant l’objet d’un dumping. |
| (155) | Eu égard à ce qui précède, les taux de droit antidumping définitifs, exprimés en pourcentage du prix CIF frontière de l’Union, avant dédouanement, s’établissent comme suit:
|
| (156) | Les taux de droit antidumping individuels par société prévus par le présent règlement ont été établis sur la base des conclusions de la présente enquête. Ils reflètent donc la situation constatée durant l’enquête pour les sociétés concernées. Ces taux de droit s’appliquent donc exclusivement aux importations du produit soumis à l’enquête originaire du pays concerné et fabriqué par les entités juridiques citées. Les importations du produit concerné fabriqué par toute autre société dont le nom n’est pas spécifiquement mentionné dans le dispositif du présent règlement, y compris les entités liées aux sociétés spécifiquement mentionnées, ne peuvent pas bénéficier de ces taux et il convient qu’elles soient soumises au taux de droit applicable à «toutes les autres sociétés». |
| (157) | Les sociétés changeant ultérieurement de raison sociale peuvent demander l’application de ces taux de droit antidumping individuels. La demande doit être adressée à la Commission (16). Elle doit contenir toutes les informations pertinentes permettant de démontrer que ce changement n’a pas d’effet sur le droit de la société à bénéficier du taux qui lui est applicable. Si le changement de raison sociale de la société n’affecte pas le droit de celle-ci à bénéficier du taux de droit qui lui est applicable, un règlement signalant le changement de raison sociale sera publié au Journal officiel de l’Union européenne. |
| (158) | Afin de réduire autant que possible les risques de contournement liés à la différence existant entre les taux de droit, des mesures spéciales sont nécessaires pour garantir l’application adéquate des droits antidumping individuels. Les sociétés soumises à des droits antidumping individuels doivent présenter une facture commerciale en bonne et due forme aux autorités douanières des États membres. La facture doit être conforme aux exigences énoncées à l’article 1er, paragraphe 3, du présent règlement. Les importations non accompagnées d’une telle facture devraient être soumises au droit antidumping applicable à «toutes les autres sociétés». |
| (159) | Bien que la présentation de cette facture soit nécessaire pour que les autorités douanières des États membres appliquent les taux de droit antidumping individuels aux importations, cette facture n’est pas le seul élément que les autorités douanières doivent prendre en considération. De fait, même en présence d’une facture satisfaisant à toutes les exigences énoncées à l’article 1er, paragraphe 3, du présent règlement, les autorités douanières des États membres devraient effectuer leurs contrôles habituels et peuvent, comme dans tous les autres cas, exiger des documents supplémentaires (documents d’expédition, etc.) afin de vérifier l’exactitude des renseignements contenus dans la déclaration et de garantir que l’application consécutive du taux de droit est justifiée, conformément à la législation douanière. |
| (160) | Si le volume des exportations de l’une des sociétés bénéficiant de taux de droit individuels plus bas devait augmenter de manière significative, en particulier après l’institution des mesures concernées, cette augmentation de volume pourrait être considérée comme constituant, en tant que telle, une modification de la configuration des échanges résultant de l’institution de mesures, au sens de l’article 13, paragraphe 1, du règlement de base. Dans de telles circonstances, une enquête anticontournement pourra être ouverte, pour autant que les conditions requises à cet effet soient remplies. Dans cette enquête, on pourra notamment examiner la nécessité de supprimer le(s) taux de droit individuel(s) et d’instituer, par conséquent, un droit à l’échelle nationale. |
| (161) | Afin d’assurer l’application correcte des droits antidumping, le droit antidumping applicable à toutes les autres sociétés devrait s’appliquer non seulement aux producteurs-exportateurs n’ayant pas coopéré à la présente enquête, mais également aux producteurs qui n’ont effectué aucune exportation vers l’Union au cours de la période d’enquête. |
| (162) | Les producteurs-exportateurs qui n’ont pas exporté le produit concerné vers l’Union au cours de la période d’enquête devraient pouvoir demander auprès de la Commission à être soumis au taux de droit antidumping applicable aux sociétés ayant coopéré non retenues dans l’échantillon. La Commission devrait faire droit à cette demande, pour autant que trois conditions soient remplies. Le nouveau producteur-exportateur devrait démontrer i) qu’il n’a pas exporté le produit concerné vers l’Union pendant la PE, ii) qu’il n’est pas lié à un producteur-exportateur l’ayant fait et iii) qu’il a exporté le produit concerné par la suite ou a souscrit une obligation contractuelle et irrévocable d’exportation d’une quantité importante de produits. |
9.2. Libération des droits provisoires
| (163) | À la lumière des conclusions formulées en l’espèce et compte tenu de l’impossibilité d’établir positivement qu’en l’absence de mesures provisoires, la menace de préjudice se serait transformée en préjudice important, la Commission considère que, conformément à l’article 10, paragraphe 2, du règlement de base, les montants déposés au titre du droit antidumping provisoire institué par le règlement provisoire devraient être libérés. |
10. DISPOSITION FINALE
| (164) | Compte tenu de l’article 109 du règlement 2018/1046 (17), lorsqu’un montant doit être remboursé à la suite d’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, le taux d’intérêts à payer devrait être le taux appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement tel qu’il est publié dans la série C du Journal officiel de l’Union européenne en vigueur le premier jour civil de chaque mois. |
| (165) | Le comité établi en vertu de l’article 15, paragraphe 1, du règlement (UE) 2016/1036 n’a pas émis d’avis sur les mesures prévues par le présent règlement, |
A ADOPTÉ LE PRÉSENT RÈGLEMENT:
Article premier
1. Il est institué un droit antidumping définitif sur les importations de polyéthylène téréphtalate (PET) ayant un coefficient de viscosité égal ou supérieur à 78 ml/g, selon la norme ISO 1628-5 [mesuré ou converti en solvant phénol/1,2-dichlorobenzène (50/50)], relevant actuellement du code NC ex 3907 61 00 (code TARIC 3907610010) et originaire de la République populaire de Chine.
2. Le taux du droit antidumping définitif applicable au prix net franco frontière de l’Union, avant dédouanement, du produit décrit au paragraphe 1 et fabriqué par les sociétés énumérées ci-après s’établit comme suit:
| Pays d’origine | Société | Droit antidumping définitif | Code additionnel TARIC | ||||||||||
| Groupe Sanfame:
| 6,6 % | 899V | ||||||||||
| Wankai New Materials Group:
| 1 0,7 % | 899W | ||||||||||
|
| 1 7,2 % | 899X | ||||||||||
| République populaire de Chine | Autres sociétés ayant coopéré | 1 1,1 % | Voir annexe | ||||||||||
| République populaire de Chine | Toutes les autres sociétés | 2 4,2 % | 8999 |
3. L’application des taux de droit individuels précisés pour les sociétés mentionnées au paragraphe 2 est subordonnée à la présentation aux autorités douanières des États membres d’une facture commerciale en bonne et due forme, sur laquelle doit apparaître une déclaration datée et signée par un représentant de l’entité délivrant une telle facture, identifié par son nom et sa fonction, et rédigée comme suit: «Je soussigné(e) […] certifie que le (volume) de (produit concerné) vendu à l’exportation vers l’Union européenne et visé par la présente facture a été produit par (nom et adresse de la société) (code additionnel TARIC) en/à/au(x) [pays concerné]. Je déclare que les informations fournies dans la présente facture sont complètes et correctes.» Si une telle facture fait défaut, le droit établi pour «toutes les autres sociétés» s’applique.
4. Sauf indication contraire, les dispositions en vigueur en matière de droits de douane sont applicables.
Article 2
Les montants déposés au titre des droits antidumping provisoires conformément au règlement d’exécution (UE) 2023/2659 de la Commission sont définitivement libérés.
Article 3
Il est possible de modifier l’annexe mentionnée à l’article 1er, paragraphe 2, pour ajouter de nouveaux producteurs-exportateurs de la République populaire de Chine et les soumettre au taux de droit antidumping moyen pondéré approprié pour les sociétés ayant coopéré non retenues dans l’échantillon. Tout nouveau producteur-exportateur devra apporter la preuve:
| (a) | qu’il n’a pas exporté les produits visés à l’article 1er, paragraphe 1, au cours de la période d’enquête (du 1er janvier 2022 au 31 décembre 2022); |
| (b) | qu’il n’est pas lié à un exportateur ou à un producteur soumis aux mesures instituées par le présent règlement et qui aurait pu coopérer à l’enquête initiale; et |
| (c) | qu’il a effectivement exporté le produit concerné ou s’est engagé d’une manière irrévocable par contrat à en exporter une quantité importante vers l’Union après la fin de la période d’enquête. |
Article 4
Le présent règlement entre en vigueur le jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.
Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.
Fait à Bruxelles, le 27 mars 2024
Par la Commission
La présidente
Ursula VON DER LEYEN
(1) JO L 176 du 30.6.2016, p. 21.
(2) Avis d’ouverture d’une procédure antidumping concernant les importations de polyéthylène téréphtalate (PET) originaire de la République populaire de Chine (JO C 115 du 30.3.2023, p. 5).
(3) RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) 2023/2659 DE LA COMMISSION du 27 novembre 2023 instituant un droit antidumping provisoire sur les importations de certains types de polyéthylène téréphtalate originaires de la République populaire de Chine (JO L du 28.11.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_impl/2023/2659/oj).
(4) European Soft Drinks Industry association (Association européenne de l’industrie des boissons rafraîchissantes, UNESDA). Toute référence aux observations de l’UNESDA dans le présent règlement s’entend comme comprenant les observations présentées au nom des membres de celle-ci, à savoir Natural Mineral Waters Europe (MNWE), la Verband Deutscher Mineralbrunnen e.V. (VDM) et la WAFG (Allemagne), le Forum Natürliches Mineralwasser (Autriche), la Fédération des Industries des eaux et des boissons rafraîchissantes (FIEB-VIWF) (Belgique), l’association bulgare des boissons rafraîchissantes (Bulgarie), la GIUPPH (Croatie), l’association danoise des brasseurs et Bryggeriforeningen (Danemark), l’Asociación de Aguas Minerales de España (ANEABE) et l’ANFABRA (Espagne), la BRF, la Maison des eaux minérales naturelles (MEMN) et le Syndicat des eaux de sources et des eaux minérales naturelles (SESEMN) (France), l’association grecque des eaux minérales naturelles (SEFYMEN) (Grèce), l’association hongroise des eaux minérales et des jus de fruits (Hongrie), le Conseil irlandais des boissons (IBEC) (Irlande), l’association italienne des eaux minérales naturelles (MINERACQUA) et l’ASOBIBE (Italie), la Fédération de l’industrie et du commerce des eaux et des boissons non alcoolisées (FICEB) (Luxembourg), l’association néerlandaise des boissons rafraîchissantes, des eaux et des jus (FWS) (Pays-bas), la Krajowa Izba Gospodarcza (KIGPR) (Pologne), Águas Minerais e de Nascente de Portugal (APIAM) et la PROBEB (Portugal), l’association roumaine des eaux minérales (APEMIN) (Roumanie), l’association slovène des boissons (ZIP) (Slovénie), l’association tchèque des boissons rafraîchissantes (Tchéquie) ainsi que Danone, Nestlé, Coca-Cola Europacific Partners, Refresco, Spadel, Fontecelta, Polska Woda, Sp. Z o.o, et Nałęczów Zdrój.
(5) JO C 115 du 30.3.2023, p. 5.
(6) https://www.recronmalaysia.com/, «Recron Malaysia offers a wide range of innovative products that include polyester, fibers, yarns, fabrics and also top quality PET chips. The extensive textile facility includes knitting, weaving, dyeing and finishing» (Recron Malaysia offre une vaste gamme de produits innovants, dont du polyester, des fibres, des fils, des tissus ainsi que des granulés de PET de première qualité. Sa vaste usine de textile inclut des installations de tricot, de tissage, de teinture et de finition).
(7) http://www.mpipi.com.my/profile.htm, «Products: We offer the best in PET Resin Manufacturing as well as Spinning Mill products. Our PET Resin Plant currently holds an annual capacity of 38,000MT of quality chips, Co - PET and Homo – PET Resins for making pre-forms and bottles, along with A – PET Resin for all types of rigid packaging such as trays, lids and covers» (Nous offrons le meilleur en matière de production de résine de PET et de produits de filature. Notre usine de résine de PET affiche actuellement une capacité annuelle de 38 000 tonnes de granulés de qualité, de PET sous forme d’homopolymères et de PET modifié par des copolymères pour la fabrication de préformes et de bouteilles et de résine de PET de type A pour tous types d’emballages rigides tels que des barquettes et des couvercles).
(8) À titre d’illustration, la variation globale de la production de PET en 2022 serait d’environ 2 %.
(9) Plastic Recyclers Europe – une association faîtière de producteurs de PET recyclé.
(10) Comme le confirme la plainte, au point 226. Consulter également https://www.maersk.com/logistics-explained/transportation-and-freight/2023/09/27/sea-freight-guide pour connaître les temps de transport des navires porte-conteneurs de la Chine vers l’Europe.
(11) Arrêt dans l’affaire T-242/19, Giant Electric Vehicle Kunshan Co. Ltd/Commission, EU:T:2022:259, point 102.
(12) Dans sa réponse à l’information finale, Svepol a affirmé que les cargaisons en vrac arriveraient dans l’Union et seraient dédouanées jusqu’en mai 2023. Or, cette allégation est infondée et ne repose sur aucun élément de preuve versé au dossier. En effet, dans ses observations sur les conclusions provisoires, Svepol elle-même a prétendu que sa dernière cargaison en vrac avait été dédouanée en mars 2023.
(13) Le niveau des importations en provenance de Chine au deuxième trimestre de 2023 (88 952 tonnes) a même dépassé les niveaux enregistrés au deuxième trimestre de 2022 (84 906 tonnes).
(14) RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) 2019/1286 DE LA COMMISSION du 30 juillet 2019 instituant un droit compensateur définitif sur les importations de certains types de polyéthylène téréphtalate (PET) originaires de l’Inde, à la suite d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures, conformément à l’article 18 du règlement (UE) 2016/1037 du Parlement européen et du Conseil (JO L 202/81, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_impl/2019/1286/oj).
(15) Autorité européenne de sécurité des aliments, EFSA | Science, sécurité des aliments, durabilité (europa.eu).
(16) Commission européenne, direction générale du commerce, direction G, rue de la Loi 170, 1040 Bruxelles, Belgique.
(17) Règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil du 18 juillet 2018 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union, modifiant les règlements (UE) no 1296/2013, (UE) no 1301/2013, (UE) no 1303/2013, (UE) no 1304/2013, (UE) no 1309/2013, (UE) no 1316/2013, (UE) no 223/2014, (UE) no 283/2014 et la décision no 541/2014/UE, et abrogeant le règlement (UE, Euratom) no 966/2012 (JO L 193 du 30.7.2018, p. 1).
ANNEXE
Producteurs-exportateurs ayant coopéré non retenus dans l’échantillon
| Pays | Nom | Code additionnel TARIC |
| République populaire de Chine | SINOPEC YIZHENG CHEMICAL FIBRE LIMITED LIABILITY COMPANY | 899Y |
| République populaire de Chine | Dragon Special Resin (XIAMEN) Co., Ltd. | 899Z |
| République populaire de Chine | Far Eastern Industries (Shanghai) Ltd. | 89AA |
| République populaire de Chine | Jiangsu Ceville New Materials Technology Co., Ltd. | 89AB |
ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_impl/2024/1040/oj
ISSN 1977-0693 (electronic edition)
Règlement délégué (UE) 2020/256 de la Commission du 16 décembre 2019 complétant le règlement (UE) 2019/1700 du Parlement européen et du Conseil en établissant un plan glissant pluriannuel (Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE)
31/12/2024
Règlement (CE) n o 561/2006 du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2006 relatif à l'harmonisation de certaines dispositions de la législation sociale dans le domaine des transports par route, modifiant les règlements (CEE) n o 3821/85 et (CE) n o 2135/98 du Conseil et abrogeant le règlement (CEE) n o 3820/85 du Conseil (Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE) - Déclaration
31/12/2024
Règlement (UE) n ° 165/2014 du Parlement Européen et du Conseil du 4 février 2014 relatif aux tachygraphes dans les transports routiers, abrogeant le règlement (CEE) n ° 3821/85 du Conseil concernant l’appareil de contrôle dans le domaine des transports par route et modifiant le règlement (CE) n ° 561/2006 du Parlement européen et du Conseil relatif à l’harmonisation de certaines dispositions de la législation sociale dans le domaine des transports par route Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE
31/12/2024
Règlement (UE) 2024/3190 de la Commission du 19 décembre 2024 relatif à l’utilisation du bisphénol A (BPA) et d’autres bisphénols et dérivés des bisphénols faisant l’objet d’une classification harmonisée en raison de propriétés dangereuses spécifiques dans certains matériaux et objets destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires, modifiant le règlement (UE) no 10/2011 et abrogeant le règlement (UE) 2018/213
31/12/2024