Décision de la Commission du 06/12/2001 déclarant la compatibilité avec le marché commun d'une concentration (Affaire N IV/M.2550 - MEZZO/MUZZIK) sur base du Règlement (CEE) N 4064/89 du Conseil. (Le texte en langue française est le seul faisant foi.)
| CELEX | 32001M2550 |
| Type | Décision PESC |
| Date | jeudi 6 décembre 2001 |
Résumé IA
Texte intégral
32001M2550
Décision de la Commission du 06/12/2001 déclarant la compatibilité avec le marché commun d'une concentration (Affaire N IV/M.2550 - MEZZO/MUZZIK) sur base du Règlement (CEE) N 4064/89 du Conseil. (Le texte en langue française est le seul faisant foi.)
Journal officiel n° 021 du 24/01/2002 p. 0029 - 0029
Décision de la Commission du 06/12/2001 déclarant la compatibilité avec le marché commun d'une concentration (Affaire N IV/M.2550 - MEZZO/MUZZIK) sur base du Règlement (CEE) N 4064/89 du Conseil. (Le texte en langue française est le seul faisant foi.) Bruxelles, le 06.12.2001 SG (2001) D/292622-23 Aux parties notifiantes Objet : Affaire No COMP/M.2550 - Mezzo/Muzzik Votre notification du 5 novembre 2001 conformément à l'article 4 du règlement (CEE) n° 4064/89 du Conseil Madame, Monsieur, 1. Le 5 novembre 2001, la Commission européenne a reçu notification, conformément à l'article 4 du règlement (CEE) n° 4064/89 du Conseil (ci-après « le Règlement Concentrations »), d'un projet de concentration par lequel les entreprises Lagardère Thématiques, France Télémusique et Wanadoo Audiovisuel acquièrent, au sens de l'article 3 paragraphe 1, point b, du Règlement Concentrations, le contrôle en commun d'une entreprise nouvelle issue de la fusion de Mezzo et MCM Classique Jazz-Muzzik (ci-après « Muzzik »). I. LES PARTIES 2. Muzzik exploite une chaîne de télévision thématique qui diffuse des programmes de musique classique, de jazz, de danse et de musiques du monde. Muzzik est distribuée sur différents réseaux câblés et par satellite en France, en Belgique et dans d'autres Etats membres de l'EEE. Muzzik est une filiale à 100% de Lagardère Thématiques, laquelle société est contrôlée conjointement par les groupes Lagardère et Canal +. Le groupe Canal + lui-même est contrôlé à 100% par Vivendi Universal. 3. Lagardère Thématiques est une société française active sur le marché de l'édition et de la commercialisation de chaînes thématiques. Elle est l'éditeur de plusieurs chaînes thématiques, notamment musicales telles que MCM, MCM2 et Muzzik. Lagardère est une société française qui contrôle un ensemble de société actives dans trois domaines d'activités : (i) la communication et les médias, (ii) l'automobile et (iii) les hautes technologies. 4. Canal + est une société française active dans la commercialisation de télévision payante et de bouquets multi-chaînes par satellite en France et dans plusieurs Etats membres de l'EEE. Vivendi Universal est une société française qui contrôle un groupe de sociétés actives dans deux domaines d'activités : (i) la communication et les médias et (ii) les services à l'environnement. 5. Mezzo exploite une chaîne de télévision thématique qui diffuse des programmes de musique classique, d'opéra et de danse. Mezzo est distribuée sur différents réseaux câblés et par satellite en France et en Belgique. Mezzo est contrôlée conjointement par les sociétés France Télévision (via France Télémusique) et France Télécom (via Wanadoo et Wanadoo Audiovisuel). 6. France Télémusique est une société française qui porte la participation de France Télévision et d'Arte dans la société Mezzo. Elle est contrôlée exclusivement par le groupe France Télévision. France Télévision, dont le capital est intégralement détenu par l'Etat français, contrôle un groupe de sociétés actives essentiellement dans le domaine de la diffusion de chaînes généralistes diffusées par voie hertzienne, ainsi que dans la production audiovisuelle, l'édition et la commercialisation de chaînes thématiques et la commercialisation de droits audiovisuels. France Télévision exerce la quasi-totalité de ses activités en France. 7. Wanadoo Audiovisuel est une société de holding qui détient les participations de Wanadoo dans des sociétés actives dans le domaine de la production audiovisuelle et de la commercialisation de chaînes thématiques. Wanadoo Audiovisuel est contrôlé exclusivement par Wanadoo. Le groupe Wanadoo rassemble les activités Internet de France Télécom destinés au grand public et aux professionnels. Wanadoo est lui-même contrôlé exclusivement par France Télécom. France Télécom est l'opérateur historique des télécommunications en France. Il est principalement actif dans le secteur des télécommunications, mais il exerce également d'importantes activités de câblo-opérateur, via sa filiale France Télécom Câble. II. L'OPERATION 8. L'objectif des parties notifiantes est, en fusionnant Mezzo et Muzzik, de créer une chaîne consacrée à la musique classique, au jazz et aux musiques du monde disposant de ressources accrues afin d'encourager la production et la commercialisation de ce type de programmes. Ceci permettra, selon elles, une meilleure exposition de cette thématique au sein de l'offre de programmes des distributeurs par câble ou par satellite. III. LA CONCENTRATION A. Contrôle conjoint 9. La concentration proposée consiste en une prise de contrôle en commun par Lagardère Thématiques, France Télémusique et Wanadoo Audiovisuel d'une entreprise nouvelle issue de la fusion de Mezzo et Muzzik. En vue de la réalisation de l'opération, Muzzik apportera à Mezzo l'intégralité des éléments actifs et passifs composants son patrimoine. En rémunération de cet apport, les actionnaires de Muzzik (France Télémusique et Wanadoo Audiovisuel) recevront des actions nouvelles à créer par Mezzo, à la suite d'une augmentation de son capital. A l'issue de l'opération, le capital de l'entité issue de la fusion sera réparti comme suit : - 60% pour Lagardère Thématiques, - 20% pour France Télémusique, - 20% pour Wanadoo Audiovisuel. 10. La concentration proposée consiste en une acquisition de contrôle en commun, au sens de l'article 3, paragraphe 1, point b, du Règlement Concentrations. L'existence d'un contrôle en commun de l'entité issue de la fusion par ses trois actionnaires découle de l'existence d'un pacte d'actionnaires entre les trois mères, (ci-après « le Pacte d'actionnaires I ») d'une part, et d'un pacte entre France Télémusique et Wanadoo Audiovisuel (ci-après « le Pacte d'actionnaires II »), d'autre part. 11. Aux termes du Pacte d'actionnaires I, le Conseil d'administration de la nouvelle entité disposera d'une compétence exclusive pour l'adoption des décisions stratégiques, en particulier l'approbation et la modification du plan d'affaires et du budget ainsi que toute décision d'investissement [...]. Ces décisions stratégiques devront être adoptées à la majorité des [...] des administrateurs. Le Conseil d'administration de la nouvelle entité sera composé de [...] membres, dont [...] seront issus d'une liste proposée par Lagardère Thématiques et [...l] d'une liste proposée conjointement par France Télémusique et Wanadoo Audiovisuel. Par conséquent, Lagardère Thématiques ne disposera pas seul de la majorité des voix au Conseil d'administration. 12. Aux termes du Pacte d'actionnaires II, France Télémusique et Wanadoo Audiovisuel ont convenu [...]. Ainsi, France Télémusique et Wanadoo Audiovisuel sont tenus [...]. B. Entreprise commune de plein exercice 13. La nouvelle entité, qui reprendra la structure juridique de la société Mezzo, est constituée pour une durée de 99 ans, soit la durée légale maximale en droit français des sociétés. Elle disposera également de son propre personnel d'encadrement qui bénéficiera d'une indépendance totale vis-à-vis des entreprises mères. En outre, elle sera dotée des actifs corporels et incorporels nécessaires pour exercer ses activités de manière indépendante. A cet égard, il convient de relever que le projet de concentration prévoit que Muzzik apporte l'ensemble de ses actifs corporels et incorporels à Mezzo qui seront rémunérés par un certain nombre d'actions nouvelles à créer par Mezzo. Enfin, la nouvelle entité bénéficiera de ressources propres provenant, d'une part, des redevances qui lui seront versées par les opérateurs de réseaux câblés et de plates-formes satellites et, d'autre part, de la publicité. 14. Les entreprises mères seront toutefois présentes sur des marchés situés en amont et en aval de celui dans lequel opérera la nouvelle société, à savoir le marché de l'édition et de la commercialisation de chaînes de télévision thématiques. Ainsi qu'il a été exposé ci-dessus, les entreprises mères sont actives sur les marchés en amont de la production audiovisuelle et de l'acquisition et de la vente de droits de diffusion audiovisuels. Ces mêmes entreprises mères sont également présentes sur le marché aval de la distribution de la télévision payante et de bouquets multi-chaînes, que ce soit par réseaux câblés ou par satellite. Or, il existe des relations d'achats et de vente entre Mezzo et Muzzik, d'une part, et chacune de ses entreprises mères, d'autre part. 15. Néanmoins, l'entité issue de la fusion ne sera pas tributaire des ventes ou des achats qu'elle réalisera auprès de ses entreprises mères. Ainsi, sur le marché en amont de l'acquisition de droits de diffusion audiovisuels, la nouvelle société bénéficiera d'une totale indépendance ; elle négociera et conclura elle-même ses contrats d'achats, auprès de ses entreprises mères et de fournisseurs indépendants, sur la base de conditions commerciales normales. De plus, ni Mezzo, ni Muzzik ne sont tributaires, en ce qui concerne leurs achats de droits de diffusion audiovisuels, des entreprises mères de la nouvelle entité. Ainsi, en 2000, les achats de programmes réalisés auprès de fournisseurs indépendants de ses entreprises mères ont représenté, en valeur, [60-80%] du total des achats de droits de diffusion audiovisuels de Mezzo et [60-80%] du total des achats de droits de diffusion audiovisuels de Muzzik. 16. En ce qui concerne le marché aval de la distribution, par câble ou satellite, de la télévision payante et de bouquets multi-chaînes, la nouvelle entité ne sera pas non plus tributaire des ventes réalisées auprès de ses entreprises mères. Ainsi, au cours de l'année 2000, les ventes réalisées auprès de distributeurs indépendants des entreprises mères de la nouvelle entité ont représenté, en valeur [80-100%], des revenus que Mezzo a tiré de la distribution et [40-60%] des revenus que Muzzik a tiré de la distribution. Il importe également de souligner que Mezzo et Muzzik tirent environ [10-20%] de leurs revenus de la publicité, ce qui limite d'autant leur dépendance financière vis-à-vis de leurs entreprises mères. 17. Par conséquent, l'entité issue de la fusion sera une entreprise de plein exercice au sens de l'article 3, paragraphe 2, du Règlement Concentrations. IV. Dimension communautaire 18. Les entreprises concernées par l'opération notifiée réalisent un chiffre d'affaires total sur le plan mondial de plus de 5 000 millions d'euros [1] (Mezzo :[...] ; Muzzik [...]: ; Lagardère : 15 509 millions d'euros ; Vivendi Universal : 52 251 millions d'euros ; France Télévision : 2 102 millions d'euros ; France Télécom : 33 674 millions d'euros). A l'exception de Mezzo et Muzzik, les autres entreprises concernées réalisent dans la Communauté un chiffre d'affaires de plus de 250 millions d'euros (Mezzo : [...] ; Muzzik : [...] ; Lagardère : 9 717 millions d'euros ; Vivendi Universal : 33 770 millions d'euros ; France Télévision : 2 102 millions d'euros ; France Télécom : 28 311 millions d'euros. Seuls Mezzo, Muzzik, France Télévision et France Télécom réalisent plus des deux tiers de leurs chiffres d'affaires dans un seul et même Etat membre, la France. Ni Lagardère, ni Vivendi Universal ne réalisent plus des tiers de leurs chiffres d'affaires dans un seul Etat membre. L'opération a donc une dimension communautaire. [1] Chiffre d'affaires calculé conformément à l'article 5(1) du règlement relatif au contrôle des opérations de concentrations et à la communication de la Commission sur le calcul du chiffre d'affaire (JO C 66, du 2.3.1999, p. 25). Dans la mesure où ces données concernent des chiffres d'affaires relatifs à une période antérieure au 1.1.1999, elles sont calculées sur la base des taux de change moyens de l'écu et traduit en euros sur la base d'un pour un. V. Les marches en cause A. Marché de produits 19. Selon les parties, le marché de produits directement affecté par la transaction proposée est celui de l'édition et de la commercialisation de chaînes de télévision thématiques, marché sur lequel l'entité issue de la fusion exercera ses activités. Les parties estiment qu'il ne convient pas de segmenter le marché des chaînes thématiques en sous-marchés par genre ou par thème traité (par exemple cinéma, documentaire, jeunesse, sport, musique etc...). Les parties insistent sur le fait qu'une telle segmentation ne correspond pas aux critères qui déterminent la demande, ni du point de vue des distributeurs (câblo-opérateurs ou opérateurs d'une plate-forme satellite), ni du point de vue des téléspectateurs. Ainsi, les parties expliquent qu'en ce qui concerne les distributeurs, la décision d'inclure une chaîne thématique dans leur offre dépend principalement de sa capacité à attirer un nombre significatif d'abonnés et seulement, marginalement de la présence ou non dans son offre d'autres chaînes proposant un contenu similaire ou équivalent. Les parties expliquent également que les goûts des téléspectateurs étant multiples et susceptibles de varier dans le temps, les chaînes thématiques sont donc, de son point de vue, interchangeables en fonction de ces centres d'intérêts au moment où il regarde la télévision. 20. Les parties soutiennent également qu'une telle définition de marché est cohérente avec la position adoptée par la Commission dans les décisions TPS [2], Canal+/Lagardère/Liberty Media [3], Universal/NTL [4] et UGC/Liberty Media [5]. Néanmoins, même si dans ces décisions la Commission n'a pas jugé utile de distinguer des marchés de produits pertinents distincts à l'intérieur du marché de l'édition et de la commercialisation de chaînes thématiques, la nécessitée de sub-diviser le marché de chaînes thématiques doit être examiné au cas par cas. [2] Aff. n° IV/36.237, décision du 3 mars 1999, JO L 90/6 du 2 avril 1999 [3] Aff. n° COMP/JV 40 Canal+/Lagardère et COMP/JV 47 Canal+/Lagardère/Liberty Media [4] Aff. n° COMP/M.2211, décision du 20 décembre 2000 [5] Aff. n° COMP/M.2222, décision du 24 avril 2001 21. En tout état de cause, il n'apparaît pas nécessaire de prendre position sur la définition exacte du marché de l'édition et de la commercialisation de chaînes thématiques, car quelle que soit la définition retenue, la transaction proposée ne soulève pas de problèmes concurrentiels. 22. Les parties précisent, en outre, que trois autres marchés de produits sont indirectement affectés par l'opération notifiée, du fait des activités des entreprises mères de l'entité issue de la fusion. Il s'agit (i) du marché de la distribution de télévision payante et/ou de bouquets multi-chaînes, (ii) du marché de l'acquisition de droits de diffusion audiovisuelle, et (iii) du marché de la production audiovisuelle. Les parties ne prennent pas position quant à la délimitation exacte de ces trois marchés. En ce qui concerne le marché de la distribution de télévision payante et/ou de bouquets multi-chaînes, les parties estiment ne pas devoir prendre position quant à l'existence d'un marché distinct de la distribution de bouquets multi-chaînes au sein du marché de la télévision payante. En ce qui concerne le marché de l'acquisition de droits de diffusion audiovisuelle, les parties estiment ne pas devoir prendre position quant à l'existence de marchés distincts selon la nature des droits acquis (droits de diffusion sportifs, cinématographiques, etc...). Enfin, en ce qui concerne le marché de la production audiovisuelle, les parties estiment ne pas devoir prendre position quant à l'existence d'un marché distinct de la production de programmes audiovisuels concernant la musique classique, le jazz ou les musiques du monde. 23. En tout état de cause, il n'apparaît pas nécessaire de prendre position sur la définition exacte du marché de la commercialisation de télévision payante et/ou de bouquets multi-chaînes, du marché de l'acquisition de droit de diffusion audiovisuelle et du marché de la production audiovisuelle, car quelle que soit la définition retenue, la transaction proposée ne soulève pas de problèmes concurrentiels. B. Marché géographique 24. Selon les parties, le marché de l'édition et de la commercialisation de chaînes thématiques serait de dimension nationale. Cette définition est conforme à l'approche de la Commission dans la décision Universal/NTL [6]. S'il devait exister un marché des chaînes thématiques de musique classique, les parties estiment que celui-ci serait de dimension au moins européenne pour les raisons suivantes : (a) ces chaînes proposent des contenus qui ont par nature une vocation transnationale ; (b) les droits de diffusion des programmes de musique classique sont fréquemment acquis sur une base multinationale ; (c) la majorité des chaînes consacrées aux thématiques musique classique est distribuée dans plusieurs Etat membres. Ces différents points relatifs à la dimension géographique d'un hypothétique marché distinct de l'édition et de la commercialisation de chaînes thématiques de musique classique ont été globalement confirmés par le test de marché réalisé par la Commission. [6] précitée à la note 4 25. En tout état de cause, il n'est pas nécessaire de prendre position sur la dimension géographique exacte du marché de l'édition et de la commercialisation de chaînes thématiques, car qu'elle que soit la définition géographique retenue, la transaction ne soulève pas de problèmes concurrentiels. 26. Les parties estiment que le marché de la distribution de la télévision payante et/ou de bouquets multi-chaînes est de dimension nationale. Cette définition est conforme à l'approche de la Commission dans la décision Universal/NTL [7]. En tout état de cause, il n'est pas nécessaire de prendre position sur la dimension géographique exacte du marché de la distribution de télévision payante et/ou de bouquets multi-chaînes, car qu'elle que soit la définition géographique retenue, la transaction ne soulève pas de problèmes concurrentiels. [7] précitée à la note 4 27. En ce qui concerne le marché de l'acquisition de droits de diffusion audiovisuelle, les parties, sans prendre formellement position, attribuent à ce marché une dimension nationale. Néanmoins, dans la décision Universal/NTL [8], la Commission n'a pas exclu par exemple, que ce marché pouvait avoir une dimension régionale (par zone linguistique). En tout état de cause, il n'est pas nécessaire de prendre position sur la dimension géographique exacte du marché de l'acquisition de droits de diffusion audiovisuelle, car qu'elle que soit la définition géographique retenue, la transaction ne soulève pas de problèmes concurrentiels. [8] précitée à la note 4 28. Enfin, en ce qui concerne le marché de la production audiovisuelle, les parties, sans prendre formellement position, attribuent à ce marché une dimension nationale. Néanmoins, dans la décision Universal/NTL [9], la Commission n'a pas exclu que ce marché pouvait avoir une dimension régionale (par zone linguistique). En tout état de cause, il n'est pas nécessaire de prendre position sur la dimension géographique exacte du marché de la production audiovisuelle, car qu'elle que soit la définition géographique retenue, la transaction ne soulève pas de problèmes concurrentiels. [9] précitée à la note 4 VI. ANALYSE CONCURRENTIELLE 29. A titre préliminaire, et avant d'analyser l'impact de la concentration proposée sur les marchés identifiés ci-dessus, il convient de souligner que l'entité issue de la fusion réalisera un chiffre d'affaires extrêmement faible, de l'ordre de [5-10] MEUR, qui sera négligeable au regard des activités de ses entreprises mères. A. Dimension horizontale et coordination du comportement des entreprises mères 30. Selon les parties, les marchés affectés par la présente transaction sont (i) les marchés français et belge de l'édition et de la commercialisation de chaînes thématiques, (ii) le marché français de la distribution de télévision payante et/ou de bouquets multi-chaînes, (iii) le marché français de l'acquisition de droits audiovisuels et (iv) le marché français de la production audiovisuelle. 31. Sur les marchés français et belge de l'édition et de la commercialisation de chaînes thématiques, l'entité issue de la fusion détiendra une part de marché combinée inférieure à [0-5 %] tant en nombre d'abonnés qu'en termes de chiffres d'affaires. Sur un marché hypothétique des chaînes thématiques musicales, la nouvelle société devra faire face la concurrence de chaînes beaucoup plus puissantes, telles que MTV Europe (groupe Viacom), Fun TV et M6 Music (groupe M6) et RFM TV (groupe AB). Même dans l'hypothèse où il existerait un marché des chaînes thématiques de musique classique, il existe dans l'EEE de nombreuses autres chaînes qui pourraient éventuellement être distribuées sur les marchés français et belge, telles que Artsworld (BSkyB), Canal Classico (RTVE), et Classica (groupe Kirch). Ces chaînes s'ajoutent à BET International (groupe Viacom), à Musique Classique (groupe AB) qui sont déjà distribuées en France. Cette analyse a été largement confirmée par le test de marché auquel la Commission a procédé. 32. Les entreprises mères de l'entité issue de la fusion disposent d'une part de marché cumulée élevée sur le marché français de l'édition et de la commercialisation de chaînes thématiques [40-50 %] en nombre d'abonnés et [35-45 %] en termes de chiffre d'affaires). Toutefois, l'opération notifiée ne conduira pas à la coordination de leur comportement concurrentiel sur ce marché. En premier lieu, l'entité issue de la fusion ne représentera qu'une part infime des activités des entreprises mères sur ce marché. Ainsi, le chiffre d'affaire de la nouvelle entité devrait être de l'ordre de [5-10] MEUR alors que les entreprises mères réalisent ensemble un chiffre d'affaires supérieur à [200-250] MEUR (Lagardère Thématiques : [30-50] MEUR ; Vivendi Universal (sans Lagardère Thématiques) : [100-150] MEUR ; Lagardère (sans Lagardère Thématiques) : [0-10] MEUR. France Télévision : [30-50] MEUR ; France Télécom : [10-20] MEUR). En second lieu, à la différence des chaînes thématiques consacrées au sport, au cinéma ou à l'information, les chaînes Muzzik et Mezzo ne sont pas des chaînes dites « moteur d'audience » ou « moteur d'abonnement ». 33. La nouvelle société ne sera pas active en tant que telle sur le marché français de la distribution de télévision payante et/ou de bouquets multi-chaînes. En revanche, ses entreprises mères disposent d'une part de marché cumulée élevée sur ce marché [60-70 %] sur le marché de la distribution de la télévision payante et [50-60 %] sur le marché de la distribution de bouquets multi-chaînes en nombre d'abonnés). Toutefois, l'opération notifiée ne conduira pas à la coordination de leur comportement concurrentiel sur ce marché. En effet : (a) Mezzo et Muzzik ne représentent chacune qu'une part infime des activités des trois entreprises qui contrôleront conjointement la nouvelle société ; (b) à la différence des chaînes thématiques consacrées au sport, au cinéma ou à l'information, les chaînes Muzzik et Mezzo ne sont pas des chaînes dites « moteur d'audience » ou « moteur d'abonnement » ; enfin (c) d'autres chaînes françaises ou étrangères consacrées à la thématique de la musique classique sont disponibles pour être distribuées en France. Donc, l'opération notifiée n'altérera pas les incitations concurrentielles des entreprises mères. Cette analyse a été largement confirmée par le test de marché auquel la Commission a procédé. 34. Sur le marché de l'acquisition de droits de diffusion audiovisuels, le montant total des achats annuels cumulés de Mezzo et de Muzzik sont compris entre [0-5] MEUR, alors que la taille totale du marché est supérieure à 10 milliards d'euros. Sur un marché hypothétique de l'acquisition de droits audiovisuels concernant des programmes musicaux ou de musique classique, la nouvelle société continuera à faire face à la concurrence de groupes puissants, telles que les chaînes thématiques musicales énumérées ci-dessus. Un hypothétique marché français de l'acquisition de droits de diffusion audiovisuelle serait affecté du fait des achats réalisés par les entreprises mères de la nouvelle société. Toutefois, l'opération notifiée ne conduira pas à la coordination de leur comportement concurrentiel sur ce marché pour les motifs suivants : (a) les droits de diffusion des programmes de musique classique sont cédés à Muzzik et Mezzo sur une base non exclusive et sont donc disponibles pour être vendus aux éditeurs des chaînes concurrentes de Muzzik et Mezzo ; (b) il existe de nombreux fournisseurs de ce type de programmes qui sont indépendants des parties et qui disposent parallèlement de débouchés importants auprès des chaînes thématiques françaises ou étrangères diffusant les programmes concernés ; et enfin (c) les entreprises mères garderont intactes leurs incitations concurrentielles en vue d'acquérir les programmes consacrés à la musique classique, au jazz et aux musiques du monde susceptibles de fédérer un large public sur leurs chaînes généralistes diffusées en mode hertzien. Cette analyse a été largement confirmée par le test de marché auquel a procédé la Commission. 35. Enfin, le marché français de la production audiovisuelle n'est affecté par la transaction notifié qu'en raison des activités des sociétés mères de l'entité issue de la fusion. Toutefois, l'opération notifiée ne conduira pas à la coordination de leur comportement concurrentiel sur ce marché. En effet : (a) les activités de production de programmes audiovisuels destinés à la musique classique, au jazz et aux musiques du monde représentent, en valeur, moins de [0-5%] de leurs activités de production audiovisuelle ; et (b) la production de ce type de programmes audiovisuels ne constitue pas un élément déterminant du jeu concurrentiel sur ce marché, car les programmes consacrés à la musique classique, au jazz et aux musiques du monde ne sont que très rarement susceptibles de fédérer une large audience. Sur un hypothétique marché français de la production de programmes audiovisuels concernant la musique classique, le jazz et les musiques du monde, Mezzo et de Muzzik ont réalisés au cours de l'année 2000 un chiffre d'affaires cumulé de [0-5] MEUR (Mezzo : [0-5] MEUR, Muzzik : [0-5] MEUR). Sur ce même marché hypothétique, leurs entreprises mères ont réalisé pour la même un chiffre d'affaires cumulé de [5-15] MEUR. Toutefois, l'opération notifiée ne conduira pas une coordination de leur comportement sur ce marché. En effet, les entreprises mères garderont intactes leurs incitations à se concurrencer pour produire des programmes de musique classique, de jazz ou de musiques du monde susceptibles de fédérer une large audience et destinés, par conséquent, à être diffusés en exclusivité sur leurs chaînes hertziennes généralistes. Cette analyse a été largement confirmée par le test de marché auquel a procédé la Commission. 36. L'opération notifiée n'affectera donc pas la concurrence sur les marchés français et belge de l'édition et de la commercialisation de chaînes thématiques. Elle ne conduira pas non plus par une coordination du comportement concurrentiel des entreprises mères sur ces mêmes marchés ou tout autre marché situés en amont ou en aval de celui-ci sur lesquels elles sont actives. B. Dimension verticale 37. Les trois entreprises mères de l'entité issue de la fusion seront présentes sur des marchés situés en aval (distribution de la télévision payante/de bouquets multi-chaînes) et en amont (production audiovisuelle et acquisition de droits audiovisuels) du marché sur lequel la nouvelle entité exercera ses activités. Toutefois, cette transaction ne conduira pas à des effets verticaux pour trois raisons essentielles. En premier lieu, la nouvelle société sera d'une taille extrêmement réduite (son chiffre d'affaires étant de l'ordre de [5-10] MEUR) et ses activités seront donc marginales par rapport aux autres activités des entreprises mères. En deuxième lieu, les pactes d'actionnaires conclus entre les entreprises mères ne prévoient aucun accord d'exclusivité quant à la diffusion sur leurs réseaux câblés ou leurs plates-formes satellite en faveur de la chaîne de télévision qui sera contrôlée par la nouvelle entité. En troisième lieu, même s'il existait de telles relations exclusives, cela ne conduirait pas à des problèmes concurrentiels car les chaînes en cause ne sont pas « moteur d'audience » ou « moteur d'abonnement », et de nombreuses autres chaînes, françaises ou étrangères, diffusent les programmes concernés. Elles seront donc contraintes par le jeu concurrentiel de diffuser sur leurs réseaux câblés ou leurs plates-formes satellites toutes les chaînes thématiques susceptibles d'attirer de nouveaux abonnés, quel que soit leur éditeur. Cette analyse a été largement confirmée par le test de marché auquel a procédé la Commission. 38. En outre, la réalisation de l'opération notifiée ne changera pas de manière significative la situation ex ante, en ce sens que chacune des entreprises mères de la nouvelle entité est d'ores et déjà liée à une chaîne thématique (Mezzo ou Muzzik) diffusant de la musique classique, du jazz et de la musique du monde. 39. La transaction notifiée ne se traduira pas par des effets de forclusion, tant en ce qui concerne l'acquisition de droits de diffusion audiovisuelle qu'en ce qui concerne la commercialisation de chaînes thématiques sur les réseaux câblés ou les plates-formes satellite. VII. Conclusion 40. Pour les raisons développées ci-dessus, la Commission a décidé de ne pas s'opposer à l'opération de concentration notifiée et la déclare compatible avec le marché commun. Cette décision est adoptée en application de l'article 6, paragraphe1, point b, du Règlement Concentrations. Pour la Commission, Signed by Mario MONTI Membre de la Commission
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