LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen32024D1043
Décision32024D1043

Décision (UE) 2024/1043 de la Commission du 9 avril 2024 établissant des règles internes relatives à la limitation de certains droits des personnes concernées dans le contexte du traitement des données à caractère personnel par le conseiller confidentiel en chef et les personnes de confiance dans le cadre de l’exécution des tâches relatives à la prévention du harcèlement moral et sexuel et à la lutte contre celui-ci

CELEX32024D1043
TypeDécision
Datemardi 9 avril 2024

Résumé IA

Cette décision de la Commission européenne établit des règles internes permettant de limiter certains droits des personnes concernées (comme le droit d'accès ou de rectification) dans le cadre du traitement de données à caractère personnel par le conseiller confidentiel en chef et les personnes de confiance. Cette limitation est justifiée par la nécessité de protéger les enquêtes et les procédures liées à la prévention et à la lutte contre le harcèlement moral et sexuel au sein des institutions européennes. Pour un professionnel du droit français, ce texte précise les conditions et garanties encadrant ces restrictions, en conformité avec le règlement général sur la protection des données (RGPD).

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série L


2024/1043

11.4.2024

DÉCISION (UE) 2024/1043 DE LA COMMISSION

du 9 avril 2024

établissant des règles internes relatives à la limitation de certains droits des personnes concernées dans le contexte du traitement des données à caractère personnel par le conseiller confidentiel en chef et les personnes de confiance dans le cadre de l’exécution des tâches relatives à la prévention du harcèlement moral et sexuel et à la lutte contre celui-ci

LA COMMISSION EUROPÉENNE,

vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

vu le règlement (UE) 2018/1725 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2018 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel par les institutions, organes et organismes de l’Union et à la libre circulation de ces données, et abrogeant le règlement (CE) no 45/2001 et la décision no 1247/2002/CE (1), et notamment son article 25, paragraphe 1,

considérant ce qui suit:

(1)

Le statut des fonctionnaires de l’Union européenne et le régime applicable aux autres agents de l’Union européenne, fixés par le règlement (CEE, Euratom, CECA) no 259/68 du Conseil (2) (ci-après le «statut»), prévoient que les membres du personnel sont tenus de s’abstenir de tout acte et de tout comportement qui puissent porter atteinte à la dignité de leur fonction, y compris de toute forme de harcèlement moral ou sexuel.

(2)

La Commission a mis en place une politique visant à prévenir et à traiter de manière efficace les cas réels ou potentiels de harcèlement moral ou sexuel dans le monde du travail au sein de la Commission, conformément à la décision C(2023) 8630 de la Commission (3).

(3)

La décision C(2023) 8630 établit la fonction de conseiller confidentiel en chef et définit une procédure informelle permettant aux victimes ou aux témoins de harcèlement de contacter le conseiller confidentiel en chef. Le conseiller confidentiel en chef est le point de contact principal auprès duquel les victimes de harcèlement peuvent obtenir, rapidement et en toute confidentialité, des conseils, des informations sur les services disponibles et un soutien. Il peut assigner un dossier à l’une des personnes de confiance dans le cadre de la procédure informelle ou, dans des situations exceptionnelles, décider d’exécuter les mêmes tâches que les personnes de confiance. Les personnes de confiance accueillent, écoutent, soutiennent, informent et orientent les victimes dans la recherche d’une solution satisfaisante à une situation qu’elles perçoivent comme relevant du harcèlement. La procédure informelle a pour objectif de fournir une aide appropriée afin de répondre aux questions soulevées par la victime, sans toutefois fournir d’évaluation juridique du comportement dont il est question. En cas d’allégations récurrentes de harcèlement au sein d’une même direction générale ou d’un même service, le conseiller confidentiel en chef peut en informer le directeur général ou le chef de service concerné et, si la victime y consent, l’Office d’investigation et de discipline de la Commission (ci-après l’«IDOC»). Le conseiller confidentiel en chef peut également contacter les acteurs ou services concernés afin de fournir des informations ou des conseils sur les mesures qu’il convient de prendre, sans préjudice de leurs compétences respectives.

(4)

Dans le cadre de cette procédure informelle menée par le conseiller confidentiel en chef et les personnes de confiance, la Commission recueille et traite des informations. Ces informations peuvent comprendre des données à caractère personnel concernant la victime, le harceleur présumé, les témoins potentiels et toute autre personne concernée.

(5)

Au-delà de la procédure informelle, le conseiller confidentiel en chef doit également être en mesure, le cas échéant, de faciliter la mise en œuvre de mesures de protection provisoires et des mesures d’accompagnement et de contacter les services compétents. Dans ce contexte, le conseiller confidentiel en chef a également accès aux données à caractère personnel de la victime, des harceleurs présumés, des témoins potentiels et de toute autre personne concernée.

(6)

En outre, il peut aussi être demandé au conseiller confidentiel en chef de conseiller les victimes de harcèlement qui ont engagé une procédure formelle. Dans le cadre de cette procédure, conformément à l’article 39, paragraphe 2, de la décision C(2023) 8630, le conseiller confidentiel en chef peut être invité par la victime à donner un avis indépendant sur certains aspects de l’examen préliminaire et peut avoir accès, à cette fin, à des données à caractère personnel concernant la victime, le harceleur présumé, les témoins et toute autre personne concernée.

(7)

Pour s’acquitter de leur mission, le conseiller confidentiel en chef et les personnes de confiance peuvent rassembler et traiter plusieurs catégories de données à caractère personnel, y compris les données d’identification, les coordonnées et les données relatives au comportement, ainsi que les données à caractère personnel visées à l’article 10, paragraphe 1, et à l’article 11 du règlement (UE) 2018/1725. La Commission agit en tant que responsable du traitement des données.

(8)

Dans l’exercice de ses missions conformément au statut, la Commission est tenue de respecter les droits des personnes physiques concernant le traitement des données à caractère personnel, qui sont consacrés par l’article 8, paragraphe 1, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et par l’article 16, paragraphe 1, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, ainsi que les droits prévus par le règlement (UE) 2018/1725. Dans le même temps, tous les membres du personnel de la Commission sont tenus de respecter les règles de confidentialité.

(9)

Dans certaines circonstances, il est nécessaire de concilier les droits de certaines personnes concernées prévus par le règlement (UE) 2018/1725, d’une part, et la nécessité de garantir l’efficacité de la réponse de la Commission aux allégations de harcèlement ou d’autre comportement inapproprié, d’autre part, tout en veillant au plein respect des libertés et droits fondamentaux d’autres personnes concernées. À cette fin, l’article 25 du règlement (UE) 2018/1725 prévoit, dans des conditions strictes, la possibilité pour la Commission de limiter l’application des articles 14 à 22, 35 et 36 du règlement (UE) 2018/1725, ainsi que de son article 4, dans la mesure où ses dispositions correspondent aux droits et obligations prévus aux articles 14 à 20 du règlement (UE) 2018/1725. Il est nécessaire d’adopter des règles internes en vertu desquelles la Commission est autorisée à limiter ces droits, sauf si des limitations sont prévues dans un acte juridique adopté sur la base des traités.

(10)

Afin de garantir la confidentialité et l’efficacité des procédures de lutte contre le harcèlement, y compris les enquêtes administratives, les procédures pré-disciplinaires et disciplinaires et les procédures de suspension, la Commission a adopté les décisions (UE) 2019/165 (4) et (UE) 2022/121 (5) qui limitent, respectivement, l’exercice des droits des personnes concernées en vertu de l’article 25, paragraphe 1, points b), c), g) et h), du règlement (UE) 2018/1725.

(11)

La Commission pourrait être tenue de concilier les droits des personnes concernées avec la nécessité de garantir tant les objectifs de la procédure informelle menée par le conseiller confidentiel en chef et les personnes de confiance que l’exécution d’autres tâches du conseiller confidentiel en chef, comme le prévoit la décision C(2023) 8630.

(12)

Il pourrait notamment être nécessaire de mettre en balance les droits du harceleur présumé en tant que personne concernée, tels que son droit d’accéder aux données à caractère personnel collectées par le conseiller confidentiel en chef et les personnes de confiance, avec les droits et libertés fondamentaux de toutes les autres personnes concernées, telles que la victime et les témoins potentiels. La Commission peut en décider ainsi, notamment pour protéger ces personnes contre d’éventuelles représailles de la part des personnes concernées contre lesquelles ont été formulées des allégations, qui n’ont toutefois pas donné lieu à des mesures de la part de l’administration. La Commission peut en décider ainsi en vertu de l’article 25, paragraphe 1, point h), du règlement (UE) 2018/1725.

(13)

Il pourrait être nécessaire de protéger les informations confidentielles concernant un membre du personnel ayant contacté le conseiller confidentiel en chef ou les personnes de confiance dans le cadre d’une procédure de harcèlement. Dans ce cas, la Commission pourrait devoir limiter l’accès à l’identité, aux déclarations et aux autres données à caractère personnel de la victime, des témoins et des autres personnes concernées, afin de protéger les droits et libertés de toutes les personnes concernées.

(14)

Afin de se conformer aux articles 14, 15 et 16 du règlement (UE) 2018/1725, la Commission doit informer toutes les personnes concernées de ses activités impliquant le traitement de leurs données à caractère personnel. Elle devrait aussi les informer de leurs droits, de manière transparente et cohérente, sous la forme d’avis relatifs à la protection des données publiés sur son site internet. Le cas échéant, la Commission doit informer individuellement, par des moyens appropriés, les personnes concernées participant à la procédure de signalement informelle.

(15)

L’article 16, paragraphe 5, du règlement (UE) 2018/1725 prévoit des exceptions au droit à l’information des personnes concernées. Si ces exceptions s’appliquent, la Commission n’est pas tenue d’appliquer une limitation du droit à l’information conformément à la présente décision. En cas d’allégations de harcèlement moral et sexuel donnant lieu à une procédure informelle, les données à caractère personnel doivent rester confidentielles. La communication de ces informations au harceleur présumé compromettrait gravement la réalisation des objectifs de ce traitement. Par conséquent, ces exceptions doivent être appliquées au droit à l’information du harceleur présumé en ce qui concerne les données à caractère personnel recueillies par le conseiller confidentiel en chef et les personnes de confiance.

(16)

Les limitations appliquées par la Commission doivent toujours respecter l’essence des libertés et droits fondamentaux et constituer une mesure strictement nécessaire et proportionnée dans une société démocratique. La Commission doit justifier ces limitations. En application des principes de transparence, d’équité et de responsabilité, la Commission doit traiter toutes les limitations de manière transparente et tenir un registre de son application de ces limitations.

(17)

L’article 25, paragraphe 6, du règlement (UE) 2018/1725 impose au responsable du traitement d’informer les personnes concernées des principales raisons qui motivent l’application de la limitation et de leur droit de saisir le Contrôleur européen de la protection des données.

(18)

Conformément à l’article 25, paragraphe 8, du règlement (UE) 2018/1725, les responsables du traitement peuvent omettre ou refuser de communiquer à la personne concernée des informations sur les raisons principales de l’application d’une limitation ou différer la communication de ces informations si celle-ci risque d’annuler de quelque façon que ce soit l’effet de la limitation. La Commission doit évaluer au cas par cas si la communication des informations prive d’effet la limitation imposée.

(19)

La Commission doit lever la limitation dès que les raisons qui la motivent ne s’appliquent plus et évaluer régulièrement ces conditions.

(20)

Le coordinateur de la protection des données de la direction générale chargée des ressources humaines doit être consulté au préalable sur toute limitation susceptible d’être appliquée et doit vérifier sa conformité avec la présente décision.

(21)

Le délégué à la protection des données de la Commission doit procéder à un examen indépendant de l’application des limitations afin de garantir le respect de la présente décision.

(22)

Le Contrôleur européen de la protection des données a été consulté conformément à l’article 41, paragraphes 2, du règlement (UE) 2018/1725 et a rendu son avis le 13 octobre 2023,

A ADOPTÉ LA PRÉSENTE DÉCISION:

Article premier

Champ d’application et objet

1. La présente décision s’applique au traitement de données à caractère personnel effectué par la Commission en tant que responsable du traitement aux fins de l’exécution des tâches du conseiller confidentiel en chef et des personnes de confiance visant à prévenir et à combattre le harcèlement moral ou sexuel, conformément à la décision C(2023) 8630.

2. Les catégories de données à caractère personnel couvertes par la présente décision comprennent les données d’identification, les coordonnées et les données relatives au comportement du harceleur présumé à l’égard de la victime ou d’autres personnes concernées, ainsi que les données à caractère personnel visées à l’article 10, paragraphe 1, et à l’article 11 du règlement (UE) 2018/1725.

3. La présente décision établit les règles à suivre par la Commission pour informer les personnes concernées du traitement de leurs données à caractère personnel, conformément aux articles 14, 15 et 16 du règlement (UE) 2018/1725.

4. Elle fixe également les conditions dans lesquelles la Commission peut limiter l’application des articles 4, 14 à 17, 19, 20 et 35 du règlement (UE) 2018/1725, conformément à l’article 25, paragraphe 1, point h), dudit règlement.

Article 2

Limitations applicables

1. Sous réserve des articles 3 à 7 de la présente décision, lorsque l’exercice des droits et obligations visés dans les dispositions suivantes porterait atteinte à la protection de la personne concernée ou aux droits et libertés d’autrui conformément à l’article 25, paragraphe 1, point h), du règlement (UE) 2018/1725, la Commission peut limiter l’application:

a)

des articles 14 à 17, 19, 20 et 35 du règlement (UE) 2018/1725;

b)

du principe de transparence énoncé à l’article 4, paragraphe 1, point a), du règlement (UE) 2018/1725, dans la mesure où les dispositions de cet article correspondent aux droits et obligations prévus aux articles 14 à 17, 19 et 20 dudit règlement.

La Commission n’exerce le pouvoir conféré au premier alinéa que dans le but de garantir:

a)

les objectifs de la procédure informelle énoncés au titre II, chapitre II, de la décision C(2023) 8630; ou

b)

l’exécution des tâches du conseiller confidentiel en chef et des personnes de confiance de la Commission aux fins de la prévention du harcèlement moral et sexuel et de la lutte contre celui-ci.

La Commission n’exerce le pouvoir conféré au premier alinéa qu’à l’égard de l’une des deux catégories de données à caractère personnel suivantes qu’elle traite:

a)

les données que les victimes signalent au conseiller confidentiel en chef et aux personnes de confiance de la Commission;

b)

les données détectées par le conseiller confidentiel en chef dans le cadre de sa mission d’informer le directeur général ou le chef de service concerné et, si la victime y consent, l’IDOC, des allégations récurrentes de harcèlement au sein de la direction générale ou du service concernés.

2. La Commission peut exercer ce pouvoir lorsque l’exercice de ces droits et obligations porterait atteinte à la protection des personnes concernées ou aux droits et libertés d’autrui conformément à l’article 25, paragraphe 1, point h), du règlement (UE) 2018/1725.

3. Le paragraphe 1 est sans préjudice de l’application d’autres décisions de la Commission établissant des règles internes en ce qui concerne la communication d’informations aux personnes concernées et les limitations en vertu de l’article 25 du règlement (UE) 2018/1725.

4. Avant d’appliquer des limitations, la Commission procède à une évaluation «au cas par cas» de leur nécessité et de leur proportionnalité. Les limitations se réduisent à ce qui est strictement nécessaire pour atteindre leur objectif.

Article 3

Communication d’informations aux personnes concernées

1. La Commission publie sur son site internet un avis relatif à la protection des données qui informe toutes les personnes concernées de ses activités impliquant le traitement de leurs données à caractère personnel aux fins énoncées à l’article 2, paragraphe 1, deuxième alinéa.

2. L’avis relatif à la protection des données comprend une section fournissant aux personnes concernées des informations générales sur les possibilités de limitation des droits des personnes concernées conformément à l’article 2, paragraphe 1. Ces informations portent sur les droits susceptibles d’être limités, les motifs pour lesquels des limitations peuvent s’appliquer, ainsi que la durée potentielle de ces limitations.

3. La Commission informe individuellement, par les moyens appropriés, les victimes et les témoins qui signalent des cas de harcèlement moral et sexuel au sujet du traitement de leurs données à caractère personnel.

4. À l’issue de la procédure informelle avec le conseiller confidentiel en chef, la Commission informe individuellement, par écrit et dans les meilleurs délais, le harceleur présumé dont les droits en tant que personne concernée ont été limités conformément à la présente décision. La Commission informe la personne concernée des raisons principales sur lesquelles se fonde l’application de la limitation, de son droit de consulter le délégué à la protection des données en vue de contester la limitation et de son droit d’introduire une réclamation auprès du Contrôleur européen de la protection des données. La Commission peut continuer à limiter certains droits des personnes concernées liés aux données à caractère personnel traitées aux fins de la procédure informelle après l’achèvement de ladite procédure si cela est strictement nécessaire à la protection de la victime ou d’autres personnes concernées et fournit, si possible, une indication de la période après laquelle les droits seront pleinement rétablis.

Article 4

Droit d’accès des personnes concernées, droit à l’effacement et droit à la limitation du traitement

1. Si la Commission limite, en tout ou en partie, le droit d’accès aux données à caractère personnel des personnes concernées, le droit à l’effacement ou le droit à la limitation du traitement prévus aux articles 17, 19 et 20 du règlement (UE) 2018/1725, elle informe la personne concernée, dans sa réponse à la demande d’accès, d’effacement ou de limitation du traitement, par écrit et dans les meilleurs délais:

a)

de la limitation appliquée et des raisons principales sur lesquelles l’application de la limitation est fondée;

b)

de la possibilité d’introduire une réclamation auprès du Contrôleur européen de la protection des données ou de former un recours juridictionnel devant la Cour de justice de l’Union européenne.

2. La communication d’informations relatives aux raisons principales de la limitation visée au paragraphe 1, point a), peut être différée, omise ou refusée aussi longtemps qu’elle risque d’annuler l’effet de la limitation. La Commission évalue au cas par cas le caractère justifié d’une telle limitation.

Article 5

Communication et notification des violations de données à caractère personnel

1. Lorsque la Commission a l’obligation de communiquer une violation de données à caractère personnel à la personne concernée conformément à l’article 35, paragraphe 1, du règlement (UE) 2018/1725, elle peut, dans des cas exceptionnels, limiter cette communication en tout ou en partie. Elle documente dans une note les raisons de la limitation, son motif juridique en vertu de l’article 2 et une évaluation de sa nécessité et de sa proportionnalité. Cette note est transmise au Contrôleur européen de la protection des données au moment de la notification de la violation de données à caractère personnel.

2. Lorsque les raisons de la limitation ne s’appliquent plus, la Commission informe la personne concernée de la violation de données à caractère personnel et des principales raisons de la limitation, ainsi que de son droit de saisir le Contrôleur européen de la protection des données.

3. Lorsque la Commission notifie la violation de données à caractère personnel au Contrôleur européen de la protection des données conformément à l’article 34, paragraphe 1, du règlement (UE) 2018/1725, elle joint à la notification l’enregistrement effectué conformément à l’article 6 de la présente décision.

Article 6

Enregistrement des limitations et consignation dans un registre

1. Les évaluations des risques pour les droits et libertés des personnes concernées découlant de l’imposition des limitations et les informations relatives à la durée d’application de ces limitations sont consignées dans le registre des activités de traitement tenu par la Commission en vertu de l’article 31 du règlement (UE) 2018/1725. L’enregistrement indique de quelle manière l’exercice du droit par la personne concernée porterait atteinte au motif applicable énoncé à l’article 25, paragraphe 1, point h), du règlement (UE) 2018/1725.

2. La Commission enregistre les raisons de toute évaluation individuelle relative à chaque limitation appliquée en vertu de la présente décision, y compris une évaluation des risques pour les droits et libertés des personnes concernées découlant de l’imposition d’une limitation, et de la nécessité et de la proportionnalité de la limitation, en tenant compte des éléments pertinents établis à l’article 25, paragraphe 2, du règlement (UE) 2018/1725.

3. L’enregistrement et, le cas échéant, les documents contenant des éléments factuels et juridiques sous-jacents sont consignés dans un registre. Ils sont mis à la disposition du Contrôleur européen de la protection des données si celui-ci en fait la demande.

4. La Commission établit des rapports périodiques sur l’application de l’article 25 du règlement (UE) 2018/1725.

Article 7

Durée des limitations

1. Les limitations visées aux articles 3, 4 et 5 continuent de s’appliquer aussi longtemps que les raisons qui les motivent restent valables.

2. Lorsque les raisons d’une limitation visée à l’article 3, 4 ou 5 ne sont plus valables, la Commission lève la limitation. Dans le même temps, la Commission communique également les raisons principales de l’application de cette limitation à la personne concernée et l’informe de la possibilité d’introduire à tout moment une réclamation auprès du Contrôleur européen de la protection des données ou de former un recours juridictionnel devant la Cour de justice de l’Union européenne.

3. La Commission réexamine tous les six mois l’application des limitations visées aux articles 3, 4 et 5. Le réexamen inclut une évaluation de la nécessité et de la proportionnalité de la limitation, en tenant compte des éléments pertinents établis à l’article 25, paragraphe 2, du règlement (UE) 2018/1725.

Article 8

Garanties et durées de conservation

1. La Commission met en œuvre des garanties afin de prévenir les abus et l’accès illicite aux données à caractère personnel pour lesquelles des limitations s’appliquent ou pourraient s’appliquer, ou le transfert illicite desdites données. Ces garanties incluent notamment les mesures techniques et organisationnelles suivantes:

a)

une définition claire des rôles, des responsabilités, des droits d’accès et des étapes procédurales;

b)

un environnement électronique sécurisé qui empêche l’accès illicite ou accidentel à des données électroniques par des personnes non autorisées ou le transfert illicite ou accidentel desdites données à ces personnes;

c)

un stockage et un traitement sécurisés des documents papier, limités à ce qui est strictement nécessaire pour atteindre la finalité du traitement;

d)

un suivi approprié des limitations et un réexamen périodique de leur application, qui sera effectué au moins tous les six mois.

2. Les limitations visées à l’article 2 sont levées dès que les raisons qui les motivent cessent d’exister.

3. Les données à caractère personnel sont conservées conformément aux règles de conservation applicables de la Commission, qui sont définies dans les registres tenus en vertu de l’article 31 du règlement (UE) 2018/1725. À la fin de la durée de conservation, les données à caractère personnel sont supprimées, rendues anonymes ou archivées conformément à l’article 13 du règlement (UE) 2018/1725.

Article 9

Examen ex ante par le coordinateur de la protection des données et examen ex post par le délégué à la protection des données de la Commission

1. Le coordinateur de la protection des données de la direction générale chargée des ressources humaines est consulté au préalable sur toute limitation susceptible d’être appliquée et vérifie sa conformité avec la présente décision.

2. Le délégué à la protection des données de la Commission est informé sans délai chaque fois que les droits des personnes concernées sont limités conformément à la présente décision. Il obtient sur demande l’accès à l’enregistrement et à tout document contenant des éléments factuels et juridiques sous-jacents.

3. Le délégué à la protection des données peut demander un réexamen de l’application d’une limitation. Il est informé par écrit du résultat du réexamen demandé.

4. La Commission documente l’intervention du délégué à la protection des données et du coordinateur de la protection des données, y compris les informations partagées avec ceux-ci, dans chaque cas où les droits et obligations visés à l’article 2, paragraphe 1, premier alinéa, sont limités.

Article 10

Entrée en vigueur

La présente décision entre en vigueur le vingtième jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.

Fait à Bruxelles, le 9 avril 2024.

Par la Commission

La présidente

Ursula VON DER LEYEN


(1) JO L 295 du 21.11.2018, p. 39.

(2) Règlement (CEE, Euratom, CECA) no 259/68 du Conseil, du 29 février 1968, fixant le statut des fonctionnaires des Communautés européennes ainsi que le régime applicable aux autres agents de ces Communautés, et instituant des mesures particulières temporairement applicables aux fonctionnaires de la Commission (statut des fonctionnaires) (JO L 56 du 4.3.1968, p. 1).

(3) Décision C(2023) 8630 de la Commission du 12 décembre 2023 sur la prévention du harcèlement moral et sexuel et la lutte contre celui-ci.

(4) Décision (UE) 2019/165 de la Commission du 1er février 2019 portant règles internes relatives à la communication d’informations aux personnes concernées et à la limitation, par la Commission, de certains de leurs droits en matière de protection des données dans le contexte des enquêtes administratives, des procédures pré-disciplinaires et disciplinaires et des procédures de suspension (JO L 32 du 4.2.2019, p. 9).

(5) Décision (UE) 2022/121 de la Commission du 27 janvier 2022 portant règles internes relatives à la communication d’informations aux personnes concernées et à la limitation de certains de leurs droits dans le contexte du traitement des données à caractère personnel aux fins du traitement des demandes et des réclamations au titre du statut (JO L 19 du 28.1.2022, p. 77).


ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2024/1043/oj

ISSN 1977-0693 (electronic edition)


Documents similaires

Décision32024D3161R(01)

Rectificatif à la décision (UE) 2024/3161 du Conseil du 12 décembre 2024 portant nomination d’un procureur européen du Parquet européen (JO L, 2024/3161, 18.12.2024)

30/12/2024

Décision32025D01257

Décision de la Commission du 20 décembre 2024 donnant instruction à l’administrateur central du registre de l’Union de saisir dans les modifications apportées aux tableaux nationaux d’allocation de la Belgique, de la Bulgarie, du Danemark, de l’Allemagne, de l’Estonie, de l’Irlande, de l’Espagne, de la France, de l’Italie, de la Hongrie, des Pays-Bas, de l’Autriche, de la Pologne, du Portugal, de la Roumanie, de la Slovénie, de la Finlande et de la Suède dans le registre de l'Union

20/12/2024

Décision32024D2974R(01)

Rectificatif à la décision d’exécution (UE) 2024/2974 de la Commission du 29 novembre 2024 établissant les conclusions sur les meilleures techniques disponibles (MTD), au titre de la directive 2010/75/UE du Parlement européen et du Conseil relative aux émissions industrielles, dans le secteur des forges et fonderies (JO L, 2024/2974, 6.12.2024)

20/12/2024

Décision32019D2010R(04)

Décision (UE) 2019/2010

19/12/2024

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →