| CELEX | 32024D1158 |
| Type | Décision |
| Date | mercredi 10 avril 2024 |
| Journal officiel | FR Série L |
| 2024/1158 | 19.4.2024 |
DÉCISION D’EXÉCUTION (UE) 2024/1158 DE LA COMMISSION
du 10 avril 2024
relative à la demande d’enregistrement, en application du règlement (UE) 2019/788 du Parlement européen et du Conseil, de l’initiative citoyenne européenne intitulée «My Voice, My Choice: pour un avortement sans danger et accessible»
[notifiée sous le numéro C(2024) 2353]
(Le texte en langue anglaise est le seul faisant foi.)
LA COMMISSION EUROPÉENNE,
vu le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne,
vu le règlement (UE) 2019/788 du Parlement européen et du Conseil du 17 avril 2019 relatif à l’initiative citoyenne européenne (1), et notamment son article 6, paragraphes 2 et 3,
considérant ce qui suit:
| (1) | Une demande d’enregistrement d’une initiative citoyenne européenne intitulée «My Voice, My Choice: pour un avortement sans danger et accessible» a été présentée à la Commission le 23 février 2024. |
| (2) | L’objectif de l’initiative, tel qu’exprimé par les organisateurs, est d’inviter la Commission à «présenter, dans un esprit de solidarité, une proposition de soutien financier aux États membres qui seraient en mesure de réaliser des interruptions de grossesse pour toute personne en Europe qui n’aurait toujours pas accès à un avortement sans danger et légal». |
| (3) | Une annexe à l’initiative fournit de plus amples informations sur l’objet, les objectifs et le contexte de cette dernière. Il est expliqué dans l’annexe que «le manque d’accès à l’avortement en tant que soin de santé de base pour les femmes dans de nombreuses parties de l’Europe expose non seulement les femmes à un risque de préjudice physique mais exerce également sur elles une pression économique et psychologique indue, souvent au sein de communautés marginalisées qui peuvent le moins se le permettre.» Il est fait référence au consensus existant au sein des organismes scientifiques et internationaux, selon lequel «le fait de considérer les soins de santé génésique comme un luxe ne réduit pas le nombre d’avortements mais pousse simplement les femmes à se tourner vers des avortements dangereux». Il est également précisé dans l’annexe que le soutien financier proposé «pourrait prendre la forme d’un mécanisme de participation volontaire ouvert aux États membres ("opt-in")». |
| (4) | Un document supplémentaire contenant une analyse des mesures proposées a également été présenté par le groupe d’organisateurs dans le cadre de sa demande d’enregistrement. |
| (5) | L’annexe et le document complémentaire font référence au programme «L’UE pour la santé» (EU4Health) établi par le règlement (UE) 2021/522 du Parlement européen et du Conseil (2), qui a été adopté sur la base de l’article 168, paragraphe 5, du TFUE. L’article 4, point g), du règlement (UE) 2021/522 énumère comme objectif spécifique: «améliorer l’accès à des soins de santé et services de soins connexes de qualité, centrés sur le patient et axés sur les résultats, dans le but de parvenir à une couverture santé universelle». Dans la liste des actions éligibles à un financement, le point 7 c) de l’annexe I dudit règlement prévoit: «[s]outien aux actions des États membres visant à promouvoir l’accès aux soins de santé sexuelle et génésique et soutien à des approches intégrées et transversales en matière de prévention, de diagnostic, de traitement et de soins». |
| (6) | Dans ce contexte, le financement d’actions favorisant l’accès aux soins de santé sexuelle et génésique en général ne nécessiterait pas l’adoption d’une nouvelle proposition législative, étant donné qu’il pourrait intervenir dans le cadre d’un programme de travail annuel au titre du programme «L’UE pour la santé». |
| (7) | Dans la mesure où l’initiative a pour objectif d’appeler la Commission à présenter une proposition d’acte juridique de l’Union allant au-delà de ce qui est actuellement possible dans le cadre du programme «L’UE pour la santé», le soutien financier aux efforts nationaux en faveur de la santé pourrait relever de la compétence de soutien de l’Union en vertu de l’article 168, paragraphe 5, du TFUE. Toutefois, un tel soutien devrait respecter les limites de l’article 168, paragraphe 7, du TFUE, dans la mesure où l’action de l’Union doit respecter les responsabilités des États membres en ce qui concerne la définition de leur politique en matière de santé ainsi qu’en ce qui concerne l’organisation et la fourniture de services de santé et de soins médicaux, qui incluent la gestion de services de santé et de soins médicaux, ainsi que l'allocation des ressources qui leur sont affectées. Un mécanisme de soutien financier ne saurait avoir pour objet ou pour effet de porter atteinte à la législation des États membres en matière d’ordre public ou, plus généralement, aux choix en matière de soins de santé et d’éthique effectués par les États membres dans l’exercice de leur compétence en matière de santé. |
| (8) | L’annexe de l’initiative indique expressément que l’initiative «ne vise pas à harmoniser les dispositions législatives et réglementaires des États membres en matière d’avortement ou à interférer avec celles-ci». Par conséquent, il ne semble pas y avoir d’ingérence ciblée directe dans les compétences des États membres relatives à la définition de leur propre politique de santé et à l’organisation de leurs services de santé du simple fait de fournir un soutien financier à ce type de services de santé, mais la mise en place concrète d’un mécanisme de soutien financier pourrait néanmoins entraîner une telle ingérence. |
| (9) | Par conséquent, la Commission considère que l’initiative peut être enregistrée dans la mesure où elle vise une proposition législative de soutien financier aux États membres qui n'est pas déjà couverte par le programme «L’UE pour la santé», et dans la mesure où le mécanisme de soutien financier proposé n’a pas pour objet ou pour effet de porter atteinte à la législation des États membres en matière d’ordre public ou, plus généralement, aux choix en matière en matière de soins de santé et d’éthique effectués par les États membres dans l’exercice de leurs compétences en matière de santé. |
| (10) | Sur la base de ces précisions, la Commission estime qu’aucune partie de l’initiative n’est manifestement en dehors du cadre de ses attributions en vertu desquelles elle peut présenter une proposition d’acte juridique de l’Union aux fins de l’application des traités. |
| (11) | Cette conclusion est sans incidence sur l’appréciation visant à déterminer si les conditions matérielles concrètes requises pour que la Commission agisse, y compris le respect des principes de proportionnalité et de subsidiarité et la compatibilité avec les droits fondamentaux, sont remplies en l’espèce. |
| (12) | Le groupe d’organisateurs a produit des preuves appropriées attestant qu’il satisfait aux exigences énoncées à l’article 5, paragraphes 1 et 2, du règlement (UE) 2019/788 et a désigné les personnes de contact conformément à l’article 5, paragraphe 3, premier alinéa, dudit règlement. |
| (13) | L’initiative n’est ni manifestement abusive, fantaisiste ou vexatoire, ni manifestement contraire aux valeurs de l’Union telles qu’énoncées à l’article 2 du traité sur l’Union européenne ou aux droits consacrés par la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. |
| (14) | Il y a donc lieu d’enregistrer l’initiative intitulée «My Voice, My Choice: pour un avortement sans danger et accessible». |
| (15) | La conclusion selon laquelle les conditions d’enregistrement prévues à l’article 6, paragraphe 3, du règlement (UE) 2019/788 sont remplies n’implique pas que la Commission confirme d’une quelconque manière l’exactitude factuelle du contenu de l’initiative, qui relève de la seule responsabilité du groupe d’organisateurs de cette dernière. Le contenu de l’initiative exprime uniquement le point de vue du groupe d’organisateurs et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant le point de vue de la Commission, |
A ADOPTÉ LA PRÉSENTE DÉCISION:
Article premier
L’initiative citoyenne européenne intitulée «My Voice, My Choice: pour un avortement sans danger et accessible» est enregistrée.
Article 2
Le groupe d’organisateurs de l’initiative citoyenne intitulée «My Voice, My Choice: pour un avortement sans danger et accessible», représenté par Nika KOVAČ et Alice Hélène Sibylle COFFIN, faisant office de personnes de contact, est destinataire de la présente décision.
Fait à Bruxelles, le 10 avril 2024.
Par la Commission
Věra JOUROVÁ
Vice-présidente
(1) JO L 130 du 17.5.2019, p. 55, ELI: https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2019/788/oj?locale=fr#.
(2) Règlement (UE) 2021/522 du Parlement européen et du Conseil du 24 mars 2021 établissant un programme d’action de l’Union dans le domaine de la santé (programme «L’UE pour la santé») pour la période 2021-2027, et abrogeant le règlement (UE) no 282/2014 (JO L 107 du 26.3.2021, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/522/oj).
ELI: http://data.europa.eu/eli/dec_impl/2024/1158/oj
ISSN 1977-0693 (electronic edition)
Rectificatif à la décision (UE) 2024/3161 du Conseil du 12 décembre 2024 portant nomination d’un procureur européen du Parquet européen (JO L, 2024/3161, 18.12.2024)
30/12/2024
Décision de la Commission du 20 décembre 2024 donnant instruction à l’administrateur central du registre de l’Union de saisir dans les modifications apportées aux tableaux nationaux d’allocation de la Belgique, de la Bulgarie, du Danemark, de l’Allemagne, de l’Estonie, de l’Irlande, de l’Espagne, de la France, de l’Italie, de la Hongrie, des Pays-Bas, de l’Autriche, de la Pologne, du Portugal, de la Roumanie, de la Slovénie, de la Finlande et de la Suède dans le registre de l'Union
20/12/2024
Rectificatif à la décision d’exécution (UE) 2024/2974 de la Commission du 29 novembre 2024 établissant les conclusions sur les meilleures techniques disponibles (MTD), au titre de la directive 2010/75/UE du Parlement européen et du Conseil relative aux émissions industrielles, dans le secteur des forges et fonderies (JO L, 2024/2974, 6.12.2024)
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