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Initiative législative — 52021IE5898

CELEX52021IE5898
TypeInitiative législative
Datemercredi 15 juin 2022

Texte intégral

23.9.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 365/7


Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Le secteur européen de l’ameublement — Sa reprise vers une économie innovante, verte et circulaire»

(avis d’initiative)

(2022/C 365/02)

Rapporteur:

Anastasis YIAPANIS

Corapporteur:

Rolf GEHRING

Décision de l’assemblée plénière

21.10.2021

Base juridique

Article 52, paragraphe 2, du règlement intérieur

Avis d’initiative

Compétence

Commission consultative des mutations industrielles (CCMI)

Adoption en section

13.5.2022

Adoption en session plénière

15.6.2022

Session plénière no

570

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

207/1/2

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le secteur européen de l’ameublement est très dynamique et se caractérise par une grande diversité, tant sur le plan de la taille des entreprises et des processus de travail que sur celui du design. Il englobe l’ensemble du cycle de vie des produits et offre de bonnes possibilités d’adhérer à la durabilité et à la transition pour aller vers des modèles économiques circulaires.

1.2.

Les entreprises européennes doivent se conformer à des réglementations strictes en matière de respect de l’environnement, de qualité des produits, de santé et de sécurité, lesquelles augmentent évidemment les coûts d’exploitation. La concurrence internationale est faussée par les aides d’État accordées à des concurrents extraeuropéens et par les pratiques déloyales utilisées pour accéder au marché, en particulier par des acteurs économiques asiatiques.

1.3.

Le Comité économique et social européen (CESE) souligne que le bon objectif pour assurer l’avenir du secteur européen de l’ameublement consiste à trouver le juste équilibre entre croissance économique, durabilité et bien-être social. Le Comité estime que les entreprises ont besoin d’un cadre législatif cohérent en matière de propriété intellectuelle, qui protège leurs intérêts et soit adapté aux transitions écologique et numérique.

1.4.

Le CESE plaide résolument en faveur d’une stricte conformité de tous les produits d’ameublement importés avec les règles de l’UE, y compris les obligations d’information des consommateurs. Le CESE réclame en outre une législation européenne cohérente qui impose des formats d’étiquetage normalisés pour tous les produits.

1.5.

Étant donné que ce secteur utilise de nombreuses matières premières, il est essentiel qu’il puisse disposer d’un accès fiable et sans entrave à des ressources de qualité et à des chaînes de valeur solides. En outre, étant donné que la demande de bois, principale matière première pour le secteur de l’ameublement, ne cesse de croître, le CESE estime crucial de développer et de moderniser les infrastructures forestières et leur durabilité, ainsi que d’améliorer les compétences et les technologies.

1.6.

Le CESE considère que le bois produit en Europe est un atout majeur qui devrait servir à fabriquer des produits à haute valeur ajoutée. Le Comité est d’avis que les exportations de bois brut n’ont aucun sens sur le plan économique et réclame des instruments de défense commerciale afin de protéger les fabricants locaux de meubles.

1.7.

En outre, le Comité invite les États membres à mettre un terme aux subventions et autres incitations au brûlage de bois à des fins énergétiques, ainsi qu’à promouvoir le principe de l’utilisation en cascade.

1.8.

Le CESE plaide pour une réduction, voire la suppression, des droits de douane pour les importations de matières premières ligneuses primaires et secondaires. En outre, le Comité invite les décideurs politiques à veiller à ce que les critères de durabilité des accords commerciaux soient appliqués et que les importations s’accompagnent de critères de vérification concernant les conditions de travail, la liberté d’association et le traitement équitable des travailleurs. Le CESE demande instamment que les droits de l’homme soient intégrés aux procédures de diligence raisonnable, dans le plein respect des conventions de l’OIT sur les droits de l’homme et les droits des travailleurs.

1.9.

Le secteur de l’ameublement doit faire partie intégrante de l’initiative du nouveau Bauhaus européen (1) et contribuer à la création de produits durables et inclusifs pour un nouvel art de vivre où la durabilité se conjugue au style de vie.

1.10.

L’engagement des partenaires sociaux sur la réduction du formaldéhyde dans la production de panneaux est un excellent exemple de la manière dont des accords volontaires des partenaires sociaux au niveau européen peuvent également contribuer à réduire les risques pour la santé. Par ailleurs, le Comité préconise des emballages durables et entièrement recyclables ainsi qu’une révision de la directive 94/62/CE du Parlement européen et du Conseil du 20 décembre 1994 relative aux emballages et aux déchets d’emballages (2).

1.11.

Le CESE estime qu’une transition rapide du flux linéaire de matériaux et d’énergie vers un modèle circulaire est nécessaire afin de permettre la récupération de la valeur des produits et de garantir la croissance économique et la création d’emplois.

1.12.

Le Comité juge essentiel que les fabricants de meubles conçoivent leurs produits de manière à permettre une récupération de la valeur après utilisation et à faciliter la réutilisation, la réparation, la rénovation et le recyclage. Un régime de responsabilité élargie des producteurs dans le secteur de l’ameublement serait susceptible d’accroître les capacités de réutilisation et de recyclage dans l’Union. En outre, le Comité réclame une législation européenne interdisant la mise en décharge des meubles afin d’accroître la récupération et la réutilisation des matériaux de valeur.

1.13.

Ce secteur requiert une main-d’œuvre hautement qualifiée et doit être plus attrayant pour la jeune génération. Il doit s’efforcer d’améliorer en permanence les conditions de travail, tout en créant des possibilités de formation et en incitant des travailleurs hautement qualifiés et des spécialistes du numérique à rejoindre ses rangs.

1.14.

Le Comité invite les législateurs européens à soutenir activement les initiatives transnationales qui améliorent la qualité de toutes les formes d’apprentissage dans le secteur de l’ameublement. Un Erasmus plus ambitieux pour les apprentis contribuerait à un meilleur transfert des traditions riches et diverses et du potentiel d’innovation de la production de meubles en Europe.

1.15.

Les programmes d’éducation, les initiatives d’apprentissage tout au long de la vie et la formation professionnelle doivent être développés avec la participation active des partenaires sociaux, des établissements d’enseignement et d’autres ONG concernées. Il est essentiel de préparer la main-d’œuvre aux défis futurs du secteur.

1.16.

Le CESE appelle à investir dans les compétences, le design, la créativité et le développement des chaînes de valeur, ainsi qu’à améliorer l’accès des fabricants de meubles aux programmes de financement en matière de recherche-développement-innovation. Les PME doivent disposer de ressources suffisantes pour pouvoir analyser leur développement commercial de manière circulaire, innovante et durable.

1.17.

Le Comité estime que la création d’une demande de mobilier d’occasion et le soutien aux acteurs à but non lucratif engagés dans le processus de recyclage ou de revalorisation des meubles usagés peuvent avoir une incidence positive sur les objectifs de transition écologique.

1.18.

Enfin, le CESE plaide en faveur de la mise en place d’une plateforme européenne regroupant des entreprises, des partenaires sociaux, des organisations de la société civile, des instituts de recherche, des universités et d’autres parties prenantes concernées, et promouvant le développement des entreprises du secteur de l’ameublement.

2. Observations liminaires

2.1.

La nouvelle stratégie industrielle pour l’Europe (3) est axée sur la transition irréversible et progressive vers un système économique durable qui ne laisse personne de côté, qui intègre la numérisation et les évolutions écologiques, et qui établit des partenariats entre l’industrie, les partenaires sociaux, les pouvoirs publics et les organisations de la société civile concernées.

2.2.

Le secteur européen de l’ameublement est dynamique et se caractérise par une grande diversité, tant sur le plan de la taille des entreprises que sur celui des processus de travail. Il comporte généralement des entreprises à forte intensité de main-d’œuvre, avec des chaînes de valeur qui restent locales ou régionales, et sont fortement dominées par les PME et les microentreprises. Il emploie environ un million de travailleurs et représente un quart de la production mondiale totale de meubles (4).

2.3.

Ce secteur englobe le cycle de vie complet des produits: matières premières, transformation, utilisation, entretien, réutilisation, recyclage, biomasse à des fins énergétiques. Il offre dès lors de bonnes possibilités d’adhérer à la durabilité et à la transition pour aller vers des modèles économiques circulaires.

2.4.

La pandémie de COVID-19 a durement touché le secteur de l’ameublement, en particulier les chaînes de valeur transfrontières, qui ont énormément souffert du grand nombre de restrictions à la libre circulation des biens et des personnes, ce qui montre l’importance d’un marché unique intégré et performant.

3. Aspects liés à la compétitivité

3.1.

La diversité des réglementations nationales, des normes, des systèmes de certification et des exigences en matière d’étiquetage constitue un obstacle pour les producteurs de l’Union et entraîne des coûts disproportionnés pour les entreprises. La normalisation et des règles harmonisées à l’échelle de l’UE permettront de réduire les obstacles au minimum, et d’offrir des certitudes et une compréhension commune à tous les acteurs du marché.

3.2.

La récente hausse des prix de l’énergie en Europe nuit à la compétitivité du secteur et s’ajoute au problème de la disponibilité des ressources et à l’augmentation des prix des matières premières.

3.3.

Outre la concurrence globale de plus en plus féroce sur le marché international, le secteur doit faire face à des entreprises issues de pays tiers, en particulier des acteurs économiques asiatiques, qui recourent parfois à des pratiques déloyales pour accéder au marché. En outre, les entreprises européennes doivent se conformer à des réglementations plus strictes en matière de respect de l’environnement, de qualité des produits, de santé et de sécurité, lesquelles augmentent évidemment les coûts d’exploitation. La faiblesse des normes environnementales dans les pays tiers désavantage également les produits d’ameublement européens fabriqués à partir de bois véritable. Le CESE estime que ces éléments faussent la compétitivité des entreprises locales lorsqu’elles sont en concurrence sur les marchés mondiaux.

3.4.

S’agissant du marché intérieur, le CESE plaide résolument en faveur d’une stricte conformité de tous les produits d’ameublement importés avec les règles de l’UE, y compris les obligations d’information des consommateurs, par exemple un étiquetage approprié. Il réclame en outre une législation européenne cohérente qui impose que les produits d’ameublement soient accompagnés d’un étiquetage normalisé, fournissant diverses informations telles que le pays de provenance, les matériaux utilisés, des indications claires sur tous les composants du produit, la sécurité du produit, la durabilité, les instructions d’utilisation, le nettoyage et l’entretien, la garantie, etc. Des dispositifs améliorés de surveillance du marché qui évaluent la qualité des meubles importés doivent garantir l’information des consommateurs et des conditions de concurrence équitables pour les fabricants locaux européens.

3.5.

Le CESE accueille favorablement l’initiative de la Commission relative aux passeports numériques pour les produits dans le cadre de la future initiative sur les produits durables (5). S’ils sont bien conçus et harmonisés, ces outils sont susceptibles de faire progresser l’économie circulaire en diffusant des informations sur les produits tout au long des chaînes de valeur et, entre autres, en stimulant la demande circulaire et en fournissant aux consommateurs les informations nécessaires pour leur permettre de faire des choix éclairés.

3.6.

Les fabricants des pays tiers rattrapent leur retard sur le plan technologique, de sorte que cet avantage concurrentiel de l’UE perd de son importance. Par conséquent, il convient de mettre en place de nouveaux modèles d’entreprise qui combinent compétitivité et durabilité et permettent aux fabricants locaux d’accéder au marché.

3.7.

Le secteur est également très sensible à la protection des droits de propriété intellectuelle, d’autant plus que la qualité, l’innovation et le design représentent toujours les principaux avantages concurrentiels de l’Union. Le Comité estime que les entreprises ont besoin d’un cadre législatif cohérent qui protège leurs intérêts et soit adapté aux transitions écologique et numérique.

3.8.

Le CESE souligne que le bon objectif pour assurer l’avenir du secteur européen de l’ameublement en particulier, et de l’économie en général, consiste à trouver le juste équilibre entre croissance économique, durabilité et bien-être social.

4. Accès aux matières premières

4.1.

Le secteur de l’ameublement utilise de nombreuses matières premières (bois, rotin, cuir, métal, plastique, textiles, verre, mousses, etc.) dans ses processus de production. Un accès fiable et sans entrave à des matières premières de qualité est essentiel pour les fabricants européens et le CESE plaide en faveur d’un renforcement des chaînes de valeur, de manière à permettre à ce secteur de prospérer. Le CESE plaide en outre en faveur d’un étiquetage approprié, à l’intention des consommateurs, des matériaux non ligneux entrant sur le marché européen afin de protéger l’industrie européenne de l’ameublement contre les matières premières bon marché et souvent non durables provenant de pays tiers.

4.2.

Le bois est l’une des matières premières les plus accessibles et naturellement renouvelables. La demande ne cesse d’augmenter, tout comme le prix des matières premières conformes aux règles et aux normes de l’UE, ce qui crée une pression supplémentaire. Afin de pallier la hausse de la demande de bois sur le marché intérieur, il est crucial de développer et de moderniser les infrastructures forestières et leur durabilité, ainsi que d’améliorer les compétences, les technologies et la logistique des exploitants forestiers.

4.3.

Le Comité se déclare préoccupé par la disponibilité globalement de plus en plus faible de la principale matière première de ce secteur et par les augmentations de prix dues à son utilisation multiple, en particulier pour la production d’énergie renouvelable. Le CESE estime que les secteurs de l’ameublement et du travail du bois apportent bien plus d’avantages en matière de valeur ajoutée et d’emploi que la combustion directe du bois, et invite les États membres à mettre un terme aux subventions et autres incitations au brûlage de bois à des fins énergétiques; il rappelle par ailleurs qu’il convient «de promouvoir le principe de l’utilisation en cascade (fabrication de produits, réutilisation, réparation et recyclage, valorisation du contenu énergétique)» (6) . Le CESE suggère également de promouvoir davantage le bois européen sur le marché intérieur en augmentant la visibilité et l’utilisation de produits et de meubles en bois véritable.

4.4.

En outre, les subventions accordées aux acheteurs non européens de bois originaire de l’UE faussent la demande. Le CESE réclame des instruments de défense commerciale afin de protéger les fabricants locaux de meubles et est convaincu que les exportations de bois brut n’ont aucun sens sur le plan économique.

4.5.

En ce qui concerne les importations de bois, il importe au plus haut point que les accords commerciaux de l’UE facilitent l’accès aux ressources ligneuses primaires des pays tiers. À cet égard, le CESE plaide pour une réduction, voire la suppression, des droits de douane pour les importations de matières premières ligneuses primaires et secondaires. Par ailleurs, les systèmes de certification du bois importé de certains pays ne sont pas pleinement efficaces. Le Comité invite les décideurs politiques à veiller à ce que les critères de durabilité des accords commerciaux soient appliqués et que les importations s’accompagnent de critères de vérification concernant les conditions de travail, la liberté d’association et le traitement équitable des travailleurs. Le CESE demande instamment que les droits de l’homme soient intégrés aux procédures de diligence raisonnable, dans le plein respect des conventions de l’OIT sur les droits de l’homme et les droits des travailleurs, de manière à garantir des conditions de concurrence équitables sur le marché.

5. Durabilité et transition écologique

5.1.

Le CESE estime que la communication de la Commission européenne sur le nouveau Bauhaus européen offre au secteur de l’ameublement une excellente occasion de contribuer à la création de produits durables et inclusifs pour un nouvel art de vivre où la durabilité se conjugue au style de vie. La transition globale du secteur dans tous ses aspects ne sera couronnée de succès que si l’on améliore la participation active des travailleurs et de leurs représentants.

5.2.

Le Comité constate la tendance croissante des consommateurs à rechercher des produits respectueux de l’environnement qui ont été fabriqués dans le respect de conditions de travail décentes. En outre, le secteur de l’ameublement peut atténuer son impact sur l’environnement en fabriquant des produits plus durables et en utilisant des matériaux recyclés ou du bois durable (comme le chêne, le pin, l’acacia, etc.) et de récupération.

5.3.

Le CESE plaide en faveur d’un cadre législatif européen cohérent qui interdirait la vente, sur le marché intérieur, de produits contenant des retardateurs de flamme dangereux. Les substances dangereuses devraient en outre être remplacées, par exemple, par des mousses à base d’eau, des colles moins nocives ou des substances à faible teneur en composés organiques volatils. L’engagement des partenaires sociaux sur la réduction du formaldéhyde dans la production de panneaux est un excellent exemple de la manière dont des accords volontaires des partenaires sociaux au niveau européen peuvent également contribuer à réduire les risques sanitaires liés à des substances dangereuses.

5.4.

Le Comité est également favorable à l’obligation de recourir à des emballages durables et entièrement recyclables et demande une révision de la directive 94/62/CE relative aux emballages et aux déchets d’emballages. Le CESE estime en outre que les incitations fiscales pourraient jouer un rôle important dans la promotion des projets de durabilité.

6. Circularité

6.1.

À la suite des ambitions annoncées dans le pacte vert pour l’Europe (7) et le plan d’action pour une économie circulaire (8), l’économie de l’UE montre des signes d’adhésion à la circularité et de promotion de l’innovation pour développer de nouveaux modèles économiques durables. Il est essentiel de dissocier la croissance économique de l’utilisation des ressources pour parvenir à la neutralité climatique d’ici à 2050.

6.2.

Les chiffres révèlent qu’entre 80 % et 90 % des déchets d’ameublement de l’UE contenus dans les déchets solides municipaux sont incinérés ou mis en décharge. Le CESE est particulièrement préoccupé par le manque d’informations à l’intention des consommateurs et la faible disponibilité de pièces détachées, ce qui encourage l’achat de nouveaux meubles plutôt que la circularité. Une législation européenne interdisant la mise en décharge des meubles permettrait d’accroître la récupération et la réutilisation des matériaux de valeur.

6.3.

La seule solution pour lutter contre le changement climatique et la surexploitation des ressources naturelles de la planète est une transition rapide du flux linéaire de matières et d’énergie vers un modèle circulaire. Les modèles d’économie circulaire appliqués au secteur de l’ameublement ont la capacité de permettre une récupération de la valeur des produits et de garantir la croissance économique et la création d’emplois. Le CESE souligne que le mobilier, et en particulier les produits en bois véritable, est essentiel pour stocker le carbone et contribuer ainsi efficacement à la lutte contre le changement climatique.

6.4.

Le Comité juge essentiel que les fabricants de meubles conçoivent leurs produits de manière à permettre une récupération de la valeur après utilisation et à faciliter la réutilisation, la réparation, la rénovation et le recyclage. Les processus de fabrication doivent être axés sur une utilisation efficace des ressources et de l’énergie et la réduction des coûts de production.

6.5.

Les capacités de réutilisation et de recyclage dans l’Union pourraient être accrues grâce à un régime de responsabilité élargie des fabricants du secteur de l’ameublement, qui les encouragerait à prendre en considération l’incidence environnementale de leurs produits, de la phase de conception jusqu’à la fin du cycle de vie.

7. Éducation, numérisation et conditions de travail

7.1.

Une étude récente montre que la plupart des salariés du secteur de l’ameublement ne possèdent pas de diplôme de l’enseignement supérieur et ne connaissent pas les aspects liés à l’économie circulaire (9). Toutefois, le besoin en personnel hautement qualifié est élevé, et le secteur, qui est confronté à un vieillissement continu de sa main-d’œuvre, a des difficultés à attirer la jeune génération. Afin de renforcer l’attrait du secteur de l’ameublement, il est extrêmement important d’améliorer en permanence les conditions de travail (santé et sécurité au travail), tout en créant des possibilités de formation continue et en incitant des travailleurs hautement qualifiés et des spécialistes du numérique à le rejoindre.

7.2.

Le coût de la main-d’œuvre dans l’UE est un peu plus élevé que dans d’autres régions du monde, mais c’est aussi le cas de la productivité et de l’innovation. Le CESE a déjà indiqué que «afin d’accroître la productivité et de rester en tête de la concurrence, le secteur a besoin de travailleurs qualifiés, maîtrisant les connaissances et les technologies les plus récentes» (10).

7.3.

Le Comité invite les législateurs européens à soutenir activement les initiatives transnationales qui améliorent la qualité de toutes les formes d’apprentissage dans le secteur de l’ameublement, comme, par exemple, la notion de «profil européen de base» (11).

7.4.

La formation professionnelle initiale et continue doit être développée afin de promouvoir des aptitudes et de nouvelles compétences sectorielles spécifiques. Les partenaires sociaux, les établissements d’enseignement et d’autres ONG concernées doivent être associés à cette démarche. L’avenir de la main-d’œuvre dans le secteur de l’ameublement sera caractérisé par des emplois de haute technologie et à forte intensité de connaissances, reposant sur un dialogue social solide et des conventions collectives prévoyant une rémunération et des conditions de travail décentes, susceptibles d’attirer la jeune génération.

7.5.

Un Erasmus plus ambitieux pour les apprentis contribuerait également à un meilleur transfert des traditions riches et diverses et du potentiel d’innovation de la production de meubles en Europe et permettrait également d’améliorer l’attrait du secteur de l’ameublement auprès des jeunes et dans la société dans son ensemble. Le CESE recommande en outre de promouvoir des systèmes de validation favorisant la reconnaissance mutuelle des qualifications.

8. Financement et investissements

8.1.

Les entreprises européennes doivent pouvoir accéder à des programmes de financement de recherche-développement-innovation qui les aident à se développer, à devenir plus productives et à intégrer la circularité et les nouvelles technologies. Des investissements sont également nécessaires pour promouvoir les boucles circulaires, la durée de vie des produits, leur réparation ou leur rénovation et les capacités de recyclage. En outre, la création d’une demande de mobilier d’occasion et le soutien aux acteurs à but non lucratif engagés dans le processus de recyclage ou de revalorisation des meubles usagés peuvent avoir une incidence positive sur les objectifs de transition écologique.

8.2.

Les possibilités de financement restent l’une des principales faiblesses de ce secteur dominé par les PME. Il est extrêmement important que les PME disposent de ressources suffisantes pour pouvoir analyser leur développement commercial de manière circulaire, innovante et durable, et qu’elles soient soutenues par des incitations fiscales transitoires et des taux de TVA réduits pour le mobilier remis à neuf et remanufacturé.

8.3.

Des caractéristiques supérieures pour les produits d’ameublement, telles que l’esthétique, la qualité, la fonctionnalité, la durabilité ou l’ergonomie permettraient de compenser l’avantage des fabricants issus de pays à bas salaires, qui sont en mesure de proposer des prix moins élevés. En outre, l’innovation dans l’utilisation des matériaux et des installations de production basées sur des technologies avancées offrent un effet de levier supplémentaire sur le plan de la compétitivité. Par conséquent, le Comité appelle à investir dans le design, la créativité, les compétences et le développement des chaînes de valeur.

8.4.

Enfin, le CESE appelle à la mise en place d’une plateforme européenne qui encourage le développement des entreprises dans le secteur de l’ameublement, ainsi qu’une évaluation préventive de l’impact social des nouvelles technologies. Cette plateforme devrait regrouper des entreprises, des partenaires sociaux, des organisations de la société civile, des instituts de recherche, des universités et d’autres parties prenantes concernées, et soutenir la croissance du secteur, à l’instar de la plateforme des acteurs européens de l’économie circulaire (12), qui constitue un excellent exemple à cet égard.

Bruxelles, le 15 juin 2022.

La présidente du Comité économique et social européen

Christa SCHWENG


(1) Nouveau Bauhaus européen — Esthétique, durable, ouvert à tous, COM(2021) 573 final.

(2) JO L 365 du 31.12.1994, p. 10.

(3) Une nouvelle stratégie industrielle pour l’Europe, COM(2020) 102 final.

(4) Commission européenne, direction générale du marché intérieur, de l’industrie, de l’entrepreneuriat et des PME.

(5) Initiative relative aux produits durables.

(6) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Opportunités et défis pour un secteur européen du travail du bois et du mobilier plus compétitif» (avis d’initiative) (JO C 24 du 28.1.2012, p. 18).

(7) COM(2019) 640 final.

(8) COM(2020) 98 final.

(9) Innovation in the Furniture Industry in the era of circular economy (Innovation dans le secteur de l’ameublement à l’ère de l’économie circulaire).

(10) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Opportunités et défis pour un secteur européen du travail du bois et du mobilier plus compétitif» (avis d’initiative) (JO C 24 du 28.1.2012, p. 18).

(11) Professions du secteur de l’ameublement en Europe.

(12) Plateforme des acteurs européens de l’économie circulaire.


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