Initiative législative52021IR3178

Initiative législative — 52021IR3178

CELEX52021IR3178
TypeInitiative législative
Datejeudi 27 janvier 2022

Texte intégral

13.7.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 270/31


Avis du Comité européen des régions sur le plan d’action de l’Union européenne «Vers une pollution zéro dans l’air, l’eau et les sols»

(2022/C 270/06)

Rapporteure:

Marieke SCHOUTEN (Pays-Bas, Les Verts), Échevine de Nieuwegein

Texte de référence:

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions «Cap sur une planète en bonne santé pour tous — plan d’action de l’UE “Vers une pollution zéro dans l’air, l’eau et les sols”»

COM(2021) 400 final

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

Observations générales

1.

salue la communication de la Commission européenne relative au plan d’action de l’Union européenne «Vers une pollution zéro dans l’air, l’eau et les sols» et se félicite de l’accent qu’elle met sur la santé et de l’approche transversale qui y est adoptée. Le Comité attend avec intérêt les actions et propositions annoncées et demande qu’elles soient cohérentes et compatibles, entre elles comme avec les autres initiatives du pacte vert pour l’Europe;

2.

souligne qu’il y a lieu de mettre totalement en œuvre la législation européenne dans le respect des principes que le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne énonce dans son article 191, paragraphe 2, à savoir celui de précaution et d’action préventive, celui de la correction, par priorité à la source, des atteintes portées à l’environnement et celui du pollueur-payeur;

3.

tient à relever que la pollution représente un problème majeur, qu’il convient de résoudre au moyen d’une gouvernance efficace à plusieurs niveaux et d’une approche transfrontière, chaque partie prenante ayant son rôle à jouer et une action étant nécessaire à tous les échelons, pour éviter qu’en bout de chaîne, les collectivités locales et régionales n’aient à en subir les effets dommageables;

4.

a la ferme conviction que la pollution constitue un symptôme de la non-durabilité d’un mode de production et de consommation fondé sur une croissance et une exploitation des ressources qui ne connaissent pas de limites, et est persuadé qu’elle ne peut être jugulée que par le basculement vers une économie circulaire;

5.

accueille favorablement, à titre de points de départ, les six grands objectifs fixés pour 2030 mais déplore que pour la majeure partie d’entre eux, ils ne soient pas nouveaux. Le Comité pense qu’il y a lieu de faire montre de plus d’ambition et de décider d’actions supplémentaires, et il encourage la Commission à lancer un processus qui révise et adapte en permanence les objectifs dans la perspective de la vision pour 2050, et à l’associer lui-même à cette démarche;

6.

fait valoir que pour atteindre ces objectifs au niveau européen, il sera indispensable d’adopter une approche ambitieuse et intégrée, qui, abordant systématiquement les considérations environnementales dans tous les domaines d’intervention, articule les visées, les calendriers, les procédures et les outils des différentes politiques qui ont trait à l’environnement;

7.

se réjouit que la santé constitue l’une principales facettes du plan d’action «zéro pollution». La prise en compte des problématiques de santé en lien avec l’environnement représente un levier essentiel, s’agissant d’amener les changements nécessaires afin de réduire l’exposition aux facteurs de stress environnemental, en particulier pour les personnes vivant dans des conditions de vulnérabilité (1), étant donné que la pollution représente la principale cause environnementale de maladies et de décès prématurés dans le monde;

8.

réaffirme que le Parlement, le Conseil et la Commission doivent tenir compte des propositions formulées par les citoyens dans le cadre de la conférence sur l’avenir de l’Europe concernant le thème «zéro pollution», et veiller à ce que de nouvelles règles ambitieuses soient mises en œuvre à cet égard;

9.

fait observer que la reprise de l’après-pandémie devrait être axée sur le principe d’«une seule santé», lequel, reconnaissant la corrélation entre la santé des humains, de l’environnement et des animaux, doit jouer un rôle majeur du point de vue des objectifs et de la législation, si l’on veut parvenir à la durabilité et à la bonne santé de nos régions.

Accroître la prévention à la source

10.

juge bienvenue la nouvelle hiérarchisation du zéro pollution, fondée sur une «pyramide inversée» mais déplore le très peu d’attention porté à l’aspect de «réparation et compensation des dommages liés à la pollution»;

11.

souligne que les collectivités locales et régionales ont un rôle capital à jouer pour traduire ce plan d’action en interventions sur le terrain mais qu’elles ne pourront assumer cette mission qu’à la condition que soit mise en place, au niveau de l’Union européenne, une démarche préventive, prévoyant des politiques agissant efficacement à la source;

12.

se félicite que la directive relative aux émissions industrielles (DEI) va faire l’objet d’une révision et qu’une nouvelle approche, plus ambitieuse, sera adoptée afin de réduire les émissions à la source. Ce texte devrait contribuer à la réalisation des objectifs de l’économie circulaire;

13.

rappelle que la réglementation des émissions représente une démarche particulièrement efficace et recommande par conséquent de veiller davantage à la rendre plus sévère, car il s’agit d’un moyen qui s’avère meilleur pour diminuer les émissions à la source;

14.

appuie les travaux menés au niveau international sur les meilleures techniques disponibles (MTD), dont les technologies émergentes, afin de réduire les émissions industrielles, car ils ont pour effet de resserrer l’amplitude des niveaux d’émissions et de créer ainsi un cadre de concurrence équitable à l’échelon international;

15.

demande que les exigences fixées par le document de référence en matière de meilleures techniques disponibles, ou BREF, soient revues et appliquées de manière accélérée pour les différents pollueurs industriels et qu’en matière d’émissions, des conditions plus sévères soient mises en œuvre dans le cadre de la révision du processus de prévention et réduction intégrées de la pollution (PRIP);

16.

insiste sur l’importance que l’initiative relative aux produits durables qui est annoncée dans le plan d’action pour une économie circulaire revêt en ce qui concerne la pollution environnementale due aux produits, et ce tout au long de leur cycle de vie, de l’extraction des matières premières et la production à l’utilisation et au recyclage. Le Comité considère que la contribution potentielle de cette initiative au plan d’action pourrait être précisée en des termes plus concrets;

Renforcer le principe du pollueur-payeur

17.

fait observer que l’action concernant la pollution ne doit pas incomber aux seuls pouvoirs publics: tous les secteurs ont un rôle important à assumer pour la contrôler et corriger à la source les atteintes portées à l’environnement;

18.

lance un appel pour que les produits et les marchandises entrant dans l’Union européenne respectent les mêmes normes environnementales que celles qui sont en vigueur sur son territoire et qu’à défaut, le principe européen du «pollueur-payeur» soit obligatoirement appliqué;

19.

souligne que la politique environnementale de l’Union européenne est fondée sur le principe du pollueur-payeur (PPP) et demande que les pollueurs supportent le coût des mesures prises pour prévenir la pollution, la contrôler ou y remédier;

20.

attire l’attention sur le rapport de la Cour des comptes européenne (2) qui a conclu que des déficiences existent concernant tant le domaine couvert par ce principe du pollueur-payeur que son application, et qu’à l’heure actuelle, ce sont souvent les pouvoirs publics qui assument les frais d’élimination de la pollution;

21.

réclame que le principe du pollueur-payeur soit mieux intégré dans la législation environnementale, notamment par un abaissement des limites d’émissions, visant à réduire plus avant la pollution résiduelle et à faire baisser celle de type diffus en provenance de toutes les sources, dont l’agriculture;

22.

fait valoir qu’il convient de rendre les producteurs responsables, d’un point de vue juridique et financier, des mesures d’atténuation qui sont nécessaires pour lutter contre la pollution sur tous les maillons de la chaîne de valeur, en recourant à la responsabilité élargie des producteurs (REP) pour les coûts environnementaux et les frais d’élimination de l’ensemble des biens de consommation et matériaux d’emballage;

Améliorer la mise en œuvre et le suivi

23.

note qu’à défaut de réaliser les objectifs environnementaux fixés dans sa législation en la matière, l’Union européenne doit supporter des coûts et pertes de bénéfices qui atteignent quelque 55 milliards d’euros par an (3);

24.

fait observer que tous les polluants ne présentent pas le même degré de nocivité pour la santé humaine et l’environnement et que, par conséquent, une analyse fondée sur les risques pourrait permettre une meilleure coordination entre les aspects écologiques et économiques;

25.

met l’accent sur le rôle essentiel que les collectivités locales et régionales jouent pour mettre en œuvre les politiques environnementales et industrielles, ainsi que sur les vastes compétences dont elles disposent aux fins d’appliquer les contrôles de pollution, et salue, à cet égard, l’initiative phare 5, «assurer la pollution zéro par la collaboration»;

26.

attire l’attention sur l’analyse effectuée par l’Agence européenne pour l’environnement (4), qui démontre que si la législation environnementale n’est pas appliquée de manière optimale, les raisons doivent en être recherchées, la plupart du temps, dans une coordination inefficace entre les pouvoirs publics, le manque de capacités administratives, un financement insuffisant, un déficit de savoir et de données, l’insuffisance des mécanismes de conformité et une intégration trop réduite entre les différentes politiques. La plateforme des parties prenantes «zéro pollution» devrait encourager une meilleure coordination, entre tous les échelons de gouvernance comme entre l’ensemble des domaines d’intervention. Le Comité exprime son soutien résolu à la nouvelle plateforme et se réjouit du rôle qu’il est lui-même appelé à jouer dans cette structure, car il y voit une reconnaissance de la mission de grande importance qu’assument les collectivités locales et régionales pour réaliser l’ambition du «zéro pollution»;

27.

déplore que le chapitre 3.1 du plan d’action n’évoque pas la dimension locale et régionale, demande que le rôle des collectivités locales et régionales soit pris en compte de manière plus marquée et rappelle qu’elles ont besoin d’un soutien financier et technique pour que les objectifs soient concrétisés sur le terrain;

28.

souligne que la résolution des problèmes de mise en œuvre ne peut être réalisée par un simple surcroît de législation: les mécanismes de soutien, le développement des capacités des collectivités locales et régionales, le partage de connaissances et l’innovation jouent un rôle essentiel pour atteindre les valeurs et les normes qui sont ciblées;

29.

met en avant qu’il est possible d’exploiter certaines initiatives de l’Union européenne, comme les partenariats du programme urbain, et qu’il y aurait lieu d’envisager de créer de nouveaux partenariats environnementaux en soutien à la mise en œuvre du plan d’action;

30.

se félicite du développement d’un cadre de surveillance et de prospective «zéro pollution» (CSPZP) et réclame que l’ensemble des données pertinentes soient collectées, harmonisées et mises à la disposition de tous. Le Comité fait valoir qu’il importe d’assurer la cohérence de ce dispositif avec le nouveau cadre de suivi prévu par le programme d’action pour l’environnement;

Soutenir l’action locale et régionale en faveur du «zéro pollution»

31.

salue, car il y voit des encouragements à améliorer la situation, les efforts que la Commission déploie pour œuvrer en coopération avec les villes et les régions, sous la forme de l’accord des villes vertes, des prix de la «Capitale verte» et de la «Feuille verte», ou encore de l’Année européenne pour des villes plus vertes;

32.

relève qu’il est nécessaire d’adopter une approche par zones. Il conviendrait que des politiques spécifiques ne soient pas conçues uniquement pour des entités urbaines mais également pour d’autres types de communautés, en fonction des particularités du contexte géographique;

33.

souligne qu’améliorer l’environnement par une politique d’aménagement du territoire, par exemple en étendant les espaces verts et bleus dans les zones urbaines, représente une démarche triplement gagnante, puisqu’elle atténue la pollution environnementale et favorise la biodiversité, qu’elle améliore la santé et le bien-être de la population citadine et, enfin, qu’elle stimule la cohésion et l’intégration au sein de la société (5);

34.

insiste sur l’importance que revêtent les solutions fondées sur la nature, en ce qu’elles peuvent offrir des réponses durables et rentables qui ouvrent des perspectives économiques, sont source d’emplois et procurent des avantages en matière de santé publique et de bien-être. Il convient d’offrir aux collectivités locales et régionales un soutien technique, ainsi que la possibilité d’échanger des connaissances et de renforcer leurs capacités, afin qu’elles puissent tenir compte de ces avantages connexes dans leurs marchés publics;

35.

met à nouveau en avant l’approche globale qui consiste à mieux combiner, à l’échelon local, les plans d’action sur le bruit et la qualité de l’air avec les plans de mobilité urbaine durable (PMUD), afin d’améliorer la protection contre le bruit et la qualité de l’air grâce à des transports publics attrayants et une promotion efficace du vélo et de la marche;

36.

est favorable à ce que des laboratoires vivants pour des solutions numériques vertes et une pollution zéro intelligente soient créés et bénéficient d’un soutien permanent. Les jumeaux numériques locaux peuvent aider à développer, à ce niveau local et régional, des actions en faveur de la transformation verte et numérique. Il est indispensable que les pouvoirs publics exercent un contrôle sur la numérisation, étant donné que le développement durable est désormais lié de manière indissociable au monde du numérique;

37.

réclame que l’espace européen des données inclue l’échange d’informations sur la durabilité, de manière que les chaînes de valeur puissent contribuer à l’écologisation des industries. En outre, en définissant au niveau de l’Union européenne des normes pour le stockage et l’échange de données, il sera possible de garantir la disponibilité d’éléments utilisables pour assurer les transitions vers le zéro pollution;

38.

se félicite que la Commission européenne propose de collaborer avec lui pour créer un tableau de bord des performances écologiques des régions de l’Union européenne, qui servira de base pour l’octroi d’un nouveau prix, celui de la «région verte de l’année»;

Questions spécifiques

L’air

39.

constate que dans l’Union européenne, la pollution atmosphérique représente le principal risque environnemental pour la santé, 400 000 décès prématurés lui étant imputables chaque année (6);

40.

répète (7) que des politiques efficaces en matière de qualité de l’air nécessitent d’agir et de coopérer au niveau mondial, européen, national, régional et local. En vertu du principe de subsidiarité, leur mise en œuvre repose pour une bonne part sur des mesures, adaptées à chaque situation spécifique, qui sont prises au niveau des États, des régions et des communes;

41.

se félicite que la Commission affiche l’ambition d’aligner plus étroitement les normes de l’Union européenne en matière de qualité de l’air sur les recommandations les plus récentes de l’Organisation mondiale de la santé et de durcir les dispositions concernant le contrôle, la modélisation et les plans de qualité dans ce domaine, afin d’aider les autorités locales et régionales; il importe en particulier de mieux mettre en adéquation les dispositions relatives à la surveillance, à la modélisation et aux plans relatifs à la qualité de l’air;

42.

suggère que les valeurs cibles de 2021 soient utilisées en tant qu’objectif à atteindre d’ici 2050 mais non que les valeurs recommandées soient employées comme valeurs limites, étant donné que beaucoup d’États membres ne respectent pas encore celles qui sont en vigueur;

43.

recommande de prendre en considération les conclusions de la consultation qu’il a effectuée auprès de ses pôles régionaux pour examiner la manière dont sont appliquées les directives de l’Union européenne sur qualité de l’air ambiant (QAA) et celle sur les engagements nationaux en matière de réduction des émissions, ainsi que de tenir compte du rapport du Parlement européen sur la mise en œuvre de ces directives sur la qualité de l’air ambiant (8), qui les qualifient d’«outil partiellement efficace qui doit être amélioré»;

44.

relève qu’en favorisant le passage à d’autres modes de transport, la réappropriation de l’espace routier par les piétons et les cyclistes et l’accroissement des espaces verts, la pandémie a créé une dynamique qui a évité le retour à des villes dominées par la voiture et affectées par des niveaux de pollution atmosphérique élevés;

45.

fait observer que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour réduire les niveaux de pollution olfactive et considère que la directive relative aux émissions industrielles (DEI) représente le principal instrument de lutte contre ce type de pollution, étant donné qu’elle couvre toutes les formes d’émissions. Le Comité souligne l’importance de la science citoyenne et de la participation du public pour relever les défis liés à cette pollution olfactive. Une approche à niveaux multiples, prévoyant des contributions de différentes parties prenantes peut offrir aux citoyens la possibilité de participer aux décisions prises concernant leur environnement et aider les décideurs politiques et les émetteurs d’odeurs à prendre des décisions éclairées et à mieux gérer la question de cette pollution;

L’eau

46.

accueille favorablement l’objectif de réduire de 30 % la quantité de microplastiques rejetés dans l’environnement et encourage la Commission européenne à établir des définitions claires pour ces matières, mais aussi à œuvrer pour empêcher à la source la libération de ces microplastiques et des non-tissés, en proposant des mesures plus strictes sur les microplastiques libérés intentionnellement;

47.

se félicite que la directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires fasse l’objet d’une révision et est favorable à l’initiative d’utiliser ce texte pour œuvrer dans le sens d’une récupération de nutriments précieux, ainsi qu’à celle d’étudier la question des substances émergentes, comme les résidus pharmaceutiques et les microplastiques;

48.

recommande d’évaluer l’efficacité de ces mesures et d’examiner les investissements à consentir pour les produits pharmaceutiques et les microplastiques, en ciblant les points les plus sensibles, qui induisent des risques pour l’environnement ou les sources d’eau potable;

49.

préconise d’effectuer un suivi des substances dans les eaux de surface et eaux souterraines en recourant à des techniques de contrôle et d’évaluation novatrices et en intégrant cette démarche dans la révision de la directive sur les substances prioritaires et de celle sur les eaux souterraines. Le Comité fait observer que des échanges d’information sont nécessaires sur les rejets effectués dans les bassins versants, étant donné que les émissions de polluants ont des effets en aval;

50.

se dit préoccupé de constater que la réutilisation de l’eau dans l’Union reste limitée et estime qu’il serait possible de la promouvoir en élargissant le champ d’application du règlement relatif aux exigences minimales requises pour la réutilisation de l’eau de manière à y inclure l’utilisation d’eau pour l’irrigation des espaces verts dans les zones urbaines, les parcs, les jardins et les terrains à usage public, destinés, par exemple, aux loisirs et au sport;

Le bruit

51.

relève que chaque année, un million d’années de vie en bon état de santé sont perdues à cause des effets du bruit en matière sanitaire (9). Pour faire face à cette menace grandissante dans le domaine de la santé publique, il est capital de réduire la pollution sonore qui est due aux routes;

52.

avance qu’en soutien aux efforts déployés aux niveaux local et régional afin de faire baisser la pollution sonore générée par les routes, le réseau ferroviaire et les aéroports, il est nécessaire d’agir au niveau européen, en assurant une mise en œuvre et une application améliorées des obligations de relevé et de déclaration que prescrit la directive relative au bruit dans l’environnement (DBE);

53.

encourage la Commission à examiner s’il est nécessaire de revoir ladite directive afin de fixer des objectifs cibles exigeants et contraignants en matière de réduction du bruit, de manière à se rapprocher des limites recommandées par l’Organisation mondiale de la santé, et réclame l’élaboration d’une feuille de route pour l’action de toutes les parties prenantes;

54.

affirme qu’il est essentiel, si l’on veut réduire le bruit de manière significative et à long terme, de remplacer les mesures qui visent à atténuer les nuisances sonores excessives par des dispositions qui les éliminent totalement, par exemple en soutenant des modes de transport durables comme la marche et le vélo;

Les sols

55.

souligne qu’il importe que la législation sur la qualité et l’origine des sols puisse être appliquée avec efficacité. À cet égard, disposer d’une preuve uniforme, applicable dans l’ensemble des États membres de l’Union européenne, sur cette origine et cette qualité représente un facteur essentiel pour que les collectivités locales et régionales puissent mettre un terme au transport et à l’utilisation de sols contaminés d’une région à l’autre, qui exonèrent le pollueur d’avoir à rendre des comptes;

56.

insiste sur l’importance capitale que le bon état des sols revêt pour le bien-être et la prospérité et est favorable, pour ce qui est de leur contamination, à une approche préventive et fondée sur les risques. L’attention ne devrait pas se focaliser uniquement sur leur qualité chimique mais également sur leur état physique et biologique;

57.

fait observer que les plastiques mis en décharge libèrent des substances chimiques toxiques dans le sol et les eaux souterraines. Lorsqu’ils sont mal gérés, les plastiques polluent les terres, les cours d’eau et les océans. Les additifs et microplastiques toxiques présents dans la pluie, les sols, les cours d’eau, les océans et sur les cimes des montagnes ne peuvent être éliminés par recyclage, mise en décharge ou incinération. Ce problème ne peut être résolu que par l’application, au niveau mondial, de limites juridiquement contraignantes à la production de plastiques destinés à des utilisations essentielles;

58.

accueille favorablement la stratégie de l’Union européenne en matière de sols et l’annonce d’une législation européenne relative à leur santé, étant donné que soutenir leur protection au moyen d’un cadre européen constitue une étape cruciale sur la voie de la neutralité climatique, de la restauration de la biodiversité, de l’objectif «zéro pollution» et d’un système alimentaire sain et durable; plaide dans le même temps pour une certaine flexibilité dans la mise en œuvre nationale des initiatives que prévoient le plan d’action et la nouvelle stratégie pour les sols, eu égard aux fortes différences qui existent entre les régions pour ce qui est de l’aménagement du territoire, des paysages, des sols et de leur composition, ainsi que de leur utilisation;

59.

se félicite des efforts déployés par la Commission pour conseiller aux agriculteurs d’adopter des pratiques moins polluantes, réduisant les émissions d’ammoniac et de nitrates. D’autres rejets du secteur agricole, comme les phosphates, les métaux, les pesticides et les produits pharmaceutiques, ont également leur importance;

60.

demande qu’une attention spécifique soit accordée aux émissions historiques à caractère diffus. Les nouvelles normes sont parfois impossibles à respecter, si bien que l’utilisation des zones polluées est soumise à des restrictions. Aussi convient-il de combiner une approche fondée sur les sources de pollution avec une stratégie visant à éliminer celles qui existent;

Les substances dangereuses

61.

préconise des mesures volontaristes, qui soumettent les substances chimiques à des limitations avant qu’elles n’entrent en circulation et comportent, entre autres, des règles pour une utilisation sûre de celles qui sont mises sur le marché. Même en cas d’incertitude sur le plan scientifique, l’Union européenne devrait réglementer les substances chimiques sur la base des caractéristiques intrinsèquement nocives qu’elles présentent pour les humains et l’environnement, notamment en prenant en compte les risques d’y être exposés et leurs avantages pour la société, ainsi qu’en recensant et en écartant tous leurs risques spécifiques inacceptables;

62.

considère que REACH constitue l’outil essentiel pour contrôler les substances dangereuses qui pénètrent dans l’environnement. Il est capital d’accroître le recours à ses procédures d’autorisation et de restriction et de repérer davantage de substances extrêmement préoccupantes à placer sur la liste des substances candidates en vue d’une autorisation;

63.

demande de prévoir des restrictions au niveau de l’Union européenne pour les utilisations problématiques des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) dangereuses, ainsi que leurs émissions: bon nombre desdites substances soulèvent de fortes inquiétudes car elles sont extrêmement persistantes et ont des effets dommageables sur la santé humaine et l’environnement;

64.

souligne que l’on manque actuellement de connaissances quant aux effets toxicologiques ou écotoxicologiques que beaucoup de substances dangereuses produisent sur l’environnement ou par son intermédiaire. Il convient de mettre à jour les données scientifiques relatives aux effets des substances chimiques en matière environnementale et sanitaire, d’en tenir compte à tout moment et de les rendre accessibles, en particulier en ce qui concerne les risques pour l’être humain et l’environnement.

Bruxelles, le 27 janvier 2022.

Le président du Comité européen des régions

Apostolos TZITZIKOSTAS


(1) Rapport de l’Agence européenne pour l’environnement no 22/2018, Unequal exposure and unequal impacts («Une exposition et des impacts inégaux»).

(2) Rapport spécial 12/2021 — Principe du pollueur-payeur: une application incohérente dans les différentes politiques et actions environnementales de l’UE.

(3) Étude de 2019, The costs of not implementing EU environmental law («Coût de l’absence de mise en œuvre de la législation environnementale de l’Union européenne»).

(4) EEA Environmental indicator report 21/2017 («Rapport 21/2017 de l’Agence européenne de l’environnement sur les indicateurs environnementaux»).

(5) Healthy environment, healthy lives: how the environment influences health and well-being in Europe («Environnement sain, vies saines: comment l’environnement influe sur la santé et le bien-être en Europe»).

(6) Agence européenne pour l’environnement, Air quality in Europe — 2020 Report («Qualité de l’air en Europe — rapport 2020»).

(7) L’avenir de la politique de l’UE en matière de qualité de l’air dans le cadre de l’ambition zéro pollution.

(8) Résolution du Parlement européen du 25 mars 2021 sur la mise en œuvre des directives sur la qualité de l’air ambiant:: directive 2004/107/CE et directive 2008/50/CE (2020/2091(INI)) (JO C 494 du 8.12.2021, p. 64).

(9) https://www.eea.europa.eu/publications/health-risks-caused-by-environmental