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Initiative législative — 52021IR6509

CELEX52021IR6509
TypeInitiative législative
Datemercredi 29 juin 2022

Texte intégral

30.9.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 375/15


Avis du Comité européen des régions sur la nouvelle stratégie arctique de l’UE

(2022/C 375/03)

Rapporteure:

Mirja VEHKAPERÄ (FI/Renew Europe)

Texte de référence:

JOIN(2021) 27 final

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

1.

salue la communication conjointe de la Commission européenne et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 13 octobre 2021, qui témoigne de l’engagement de longue date de l’Union en faveur du développement de l’Arctique et de la coopération dans ce domaine; accueille favorablement les objectifs, les priorités et les actions énoncés dans cette communication, qui visent à garantir une région arctique pacifique, durable et prospère; souligne que les difficultés auxquels est confrontée cette région nécessitent des efforts concertés à plusieurs niveaux: local, régional et international;

2.

convient que l’Arctique est un domaine stratégique essentiel pour l’Union européenne du point de vue du changement climatique, des matières premières et des questions géostratégiques; constate qu’il suscite un intérêt croissant, y compris de la part d’États situés dans d’autres régions du monde;

3.

souligne que la définition géographique de la «région arctique» n’est pas claire. La zone située au nord du cercle polaire arctique peut être considérée comme le cœur de l’Arctique. Elle comprend l’océan Arctique et les territoires appartenant à huit États: le Canada, le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Norvège, la Suède, les États Unis et la Fédération de Russie;

4.

note que la portion de territoire couverte par le présent avis comprend des zones situées aux abords immédiats de la partie sud du cercle polaire arctique, où la situation environnementale et socio-économique ainsi que le développement des infrastructures sont indéniablement et considérablement affectés par les conditions propres au milieu arctique;

5.

fait valoir que l’Arctique ne forme pas un tout uniforme mais plutôt une région très vaste et hétérogène dont certaines zones sont éloignées et caractérisées par des conditions naturelles extrêmes, un environnement fragile et une faible densité de population tandis que d’autres sont très développées, urbanisées et dotées de solides compétences, avec une population ayant un niveau de formation très élevé, et une forte capacité d’innovation, comme c’est le cas de la partie du territoire arctique qui appartient à l’Union européenne;

6.

constate que l’Arctique abrite des millions de personnes, dont le nombre dépend de la manière dont cette région est délimitée. La zone située au nord du cercle arctique compte quelque quatre millions d’habitants. Plusieurs nationalités et plus de quarante peuples autochtones y vivent. Une proportion importante de la population de la région se compose de citoyens de l’UE;

7.

note que la transformation de l’Arctique est influencée par des changements environnementaux, sociaux, culturels, économiques, politiques et sécuritaires corrélés entre eux. Ces changements sont dynamiques, rapides et profonds et de plus en plus liés au développement régional, européen et mondial;

8.

souligne que, même avant l’invasion russe en Ukraine, les activités militaires se sont considérablement intensifiées dans de nombreuses régions de l’Arctique, la Russie ayant en particulier renforcé ses capacités militaires dans l’Arctique russe;

Un Arctique sûr, stable et pacifique

9.

condamne fermement l’invasion militaire non provoquée, injustifiée et illégale de l’Ukraine par la Russie et exprime son inquiétude face à la modification géopolitique de l’ordre sécuritaire européen qui en résulte, et à ses répercussions sur l’Arctique;

10.

insiste sur la nécessité de tout mettre en œuvre en matière de coopération internationale pour faire en sorte que l’Arctique reste une région sûre, stable et pacifique, et fait valoir qu’il importe de maintenir, de soutenir et de promouvoir une coopération pacifique dans la région arctique au moyen d’un certain nombre de structures de coopération existantes, en premier lieu le Conseil de l’Arctique en tant qu’organe principal de la coopération circumpolaire, tant au niveau interpersonnel qu’intergouvernemental. Dans un souci de stabilité, l’UE doit également reconnaître le rôle et le potentiel des cadres de coopération internationale non gouvernementaux au niveau local et régional, tels que le Forum des maires de l’Arctique, le réseau des zones septentrionales à faible densité de population (NSPA), le Forum parlementaire sur la dimension septentrionale, le Conseil économique de l’Arctique et l’Université de l’Arctique (UArctic), dans la promotion du dialogue en faveur de la stabilité; ces cadres infranationaux peuvent apporter une valeur ajoutée significative en produisant des résultats dans le contexte de projets concrets et en réunissant des partenaires qui soient moins tributaires des évolutions politiques qui interviennent à un haut niveau; invite les institutions de l’Union à s’associer et à travailler avec ces instances;

11.

estime qu’il est important que le Conseil euro-arctique de la mer de Barents et le Conseil régional de Barents continuent de promouvoir le développement durable dans la région de la mer de Barents; la coopération de l’UE dans la région de la mer Baltique est également liée au train de mesures relatives à la coopération arctique;

12.

met en avant la valeur sûre que constitue le Conseil de l’Arctique et réaffirme son soutien à cette institution, qui est investie d’une responsabilité envers la population arctique, y compris les peuples autochtones, ainsi qu’à ses travaux. Les principes fondamentaux de souveraineté et d’intégrité territoriale, fondés sur le droit international, sous-tendent depuis longtemps les travaux de cette instance. Suite à la violation de ces principes par la Russie, ses travaux ont été temporairement suspendus. Il convient de réfléchir à la manière dont elle pourrait les poursuivre, eu égard à leur importance à la lumière des circonstances actuelles. Le Comité demande une nouvelle fois, comme il le fait sans relâche depuis vingt et un ans, d’accorder à l’Union européenne le statut d’«observateur» au sein du Conseil de l’Arctique;

13.

reconnaît l’importance de renforcer la coopération transfrontalière et internationale dans la zone de protection civile arctique, ainsi que les différents types de gestion des crises;

Le changement climatique

14.

partage l’avis de la Commission européenne selon lequel le changement climatique constitue la principale menace pour l’Arctique. La hausse des températures est dans cette région trois fois plus rapide que dans le reste du monde, la fonte des glaces et le dégel du pergélisol ayant des répercussions considérables sur toute l’Europe et la planète dans son ensemble;

15.

encourage l’UE à jouer un rôle de premier plan dans l’action pour le climat en Arctique, mais souligne qu’il importe d’y aborder le problème du changement climatique et de l’adaptation à celui-ci en adoptant une large perspective l’inscrivant dans le cadre du développement socio-économique de la région. Les politiques climatiques à long terme concernant l’Arctique doivent être justes sur le plan économique, social et régional, afin que leur mise en œuvre soit efficace et acceptée par les populations. Cela signifie qu’il faut soutenir les régions, les secteurs et les travailleurs les plus touchés par le changement;

16.

souligne les graves répercussions que le changement climatique affectant l’Arctique aura sur les villes et les régions de toute l’Europe, par exemple en raison de l’élévation du niveau de la mer, qui rendra plusieurs zones côtières inhabitables, ou encore de la modification des courants océaniques et des régimes de précipitations. La lutte contre le changement climatique et la protection de l’environnement dans l’Arctique sont une priorité absolue. L’UE devrait intensifier la recherche européenne sur le changement climatique dans l’Arctique;

17.

souligne l’engagement de l’Union à faire de la région arctique une zone durable et prospère, lequel est étroitement lié au pacte vert pour l’Europe et à son économie bleue;

18.

estime qu’il convient de réfléchir à la manière de mettre en œuvre le pacte vert et le paquet «Ajustement à l’objectif 55» sur le climat en tenant compte des spécificités de la région arctique de l’UE afin de garantir l’égalité de traitement. Par exemple, les conditions spécifiques de la navigation en hiver dans l’Arctique doivent être prises en considération dans le cadre de l’échange de quotas d’émission;

19.

considère que toute activité dans l’Arctique doit se fonder sur la résistance de la nature, la protection du climat et les principes du développement durable et du respect des droits de toutes les populations qui vivent dans la région. C’est dans cette perspective que peuvent être abordés les intérêts économiques et l’activité économique durable, conformément aux orientations du protocole d’investissement pour l’Arctique qui vise à favoriser des investissements responsables dans l’Arctique;

L’Arctique et ses habitants

20.

partage pleinement l’avis de la Commission européenne selon lequel il convient d’accorder la priorité aux populations de l’Arctique, qui sont la clé du développement durable et de sociétés résilientes; souligne les défis démographiques et le fait que, si l’on veut emprunter une voie durable, il faut engager un dialogue inclusif et assurer une participation significative à la prise de décision à tous les niveaux;

21.

met en exergue le rôle joué par les villes arctiques, qui sont des acteurs clés du développement et de l’adaptation à un contexte en mutation. Les investissements dans des infrastructures urbaines durables, les transports, la numérisation, la gestion des déchets, l’économie circulaire et les solutions efficaces sur le plan énergétique, d’une part, et les investissements sociaux dans des domaines tels que l’éducation et la santé, d’autre part, contribuent, entre autres choses, à créer un environnement de vie de qualité et attrayant et à attirer de nouvelles entreprises. Les villes sont également importantes pour préserver le dynamisme, la compétitivité et le peuplement de l’Arctique, sachant qu’un Arctique habité renforce la sécurité;

22.

invite dès lors la Commission européenne à soutenir les villes arctiques, à s’y associer et à collaborer étroitement avec elles, en particulier dans le cadre du Forum des maires de l’Arctique, qui réunit des représentants des collectivités locales de huit villes de l’Arctique appartenant aux États membres de l’UE comme à des pays tiers, en ce qui concerne un certain nombre de projets et domaines spécifiques, tels que la neutralité climatique et l’efficacité énergétique, l’urbanisme, la société inclusive, l’emploi, les compétences et les initiatives visant à attirer les talents, ainsi que les villes saines et intelligentes; souligne que le Forum des maires de l’Arctique est un instrument de diplomatie informelle, et qu’il devrait obtenir un statut d’observateur au sein du Conseil de l’Arctique afin de représenter toutes les populations arctiques, notamment les communautés autochtones; estime que le Forum des maires de l’Arctique devrait devenir un partenaire des institutions de l’Union dans le cadre de son dialogue à plusieurs niveaux et de l’élaboration des politiques concernant l’avenir de l’Arctique, et invite la Commission européenne à envisager des moyens concrets d’atteindre cet objectif;

23.

suggère à la Commission européenne de concevoir, conjointement avec le Forum des maires de l’Arctique, un programme urbain arctique en faveur de villes arctiques durables, prospères, attrayantes, dynamiques et tournées vers l’avenir, et d’allouer les ressources nécessaires à sa mise en œuvre. La Commission européenne pourrait également élaborer un plan d’action pour proposer des idées concrètes sur la manière d’associer davantage le Forum à ses travaux;

24.

souligne qu’une politique rurale intelligente et moderne et une coopération entre les zones urbaines et les zones rurales sont nécessaires dans l’Arctique pour freiner la perte de ressources du milieu rural arctique, y renforcer le développement des compétences et y améliorer les conditions de vie;

25.

souligne que la culture arctique et le secteur de la création, conjugués au secteur du tourisme, recèlent un potentiel de croissance au niveau international, en ce qu’ils peuvent renforcer l’autonomie en matière d’emplois et l’attractivité de la région, notamment auprès des femmes et des jeunes. Le soutien de l’Union européenne au développement de l’industrie est primordial. Il convient de noter que les villes d’Umeå, en Suède, de Bodø en Norvège, et d’Oulu en Finlande se sont vu décerner en 2014, 2024 et 2026 respectivement le titre de «Capitale européenne de la culture»;

26.

insiste sur l’importance de promouvoir le dialogue auprès des jeunes et de les associer à la conception et à la mise en œuvre de la stratégie de l’Union européenne, et invite la Commission européenne à investir dans cette génération et son éducation ainsi que dans des programmes d’échanges et de mobilité, y compris en mode virtuel, à l’intention des étudiants; invite la Commission européenne à promouvoir activement la région arctique de l’Union dans le cadre du programme DiscoverEU, étant donné que ce dernier néglige souvent les régions éloignées et moins peuplées;

27.

note que, à la lumière de la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, les institutions de l’Union doivent négocier avec ceux de la région, par l’intermédiaire de leurs propres organes représentatifs, concernant toute action susceptible de les toucher; à cet égard, l’UE devrait soutenir l’objectif consistant à mettre en place une délégation du peuple sami à Bruxelles à l’initiative du Conseil sami;

28.

estime qu’il est nécessaire de renforcer la sensibilisation et le savoir-faire au sein de la Commission européenne et d’autres institutions au sujet du statut et des besoins spécifiques de tous les peuples autochtones de l’Arctique;

Un modèle économique arctique durable et résilient

29.

estime qu’il convient de réfléchir à la manière de mettre en œuvre le pacte vert et le paquet «Ajustement à l’objectif 55» sur le climat en tenant compte des spécificités de la région arctique de l’UE afin de garantir l’égalité de traitement, compte tenu des conditions naturelles spécifiques de la région arctique;

30.

souligne que le développement durable de l’Arctique doit reposer sur ses atouts territoriaux et sur une planification conjointe à long terme. Le potentiel de croissance verte dans la région arctique appartenant à l’Union européenne doit être soutenu, sur la base d’une approche territorialisée, du savoir-faire unique de ses citoyens, de ses villes, de ses régions et de ses ressources naturelles. La gouvernance à plusieurs niveaux, le dialogue et le respect mutuel sont des éléments essentiels pour parvenir à une utilisation durable des ressources et à des activités économiques à même de garantir l’emploi et la création de valeur;

31.

relève que l’Arctique peut fournir à l’Europe des connaissances, des produits, des ressources et de l’énergie, qui sont autant d’éléments essentiels pour atteindre ses objectifs climatiques. Les grandes industries de l’UE qui s’appuient sur des ressources naturelles de l’Arctique comprennent la production d’énergie, le tourisme, l’extraction minière, la foresterie, la bioéconomie et la pêche. Les fortes capacités de la région en matière de technologies de l’information et de la communication (TIC) soutiennent cette transition; invite l’Union européenne à soutenir la transition de ces industries vers des secteurs durables. La spécialisation intelligente peut en effet fournir un cadre permettant de transformer les vulnérabilités de ces secteurs en opportunités;

32.

souligne que le développement durable de l’Arctique doit bénéficier avant tout aux populations locales; reconnaît l’importance pour l’Union d’avoir accès aux matières premières critiques nécessaires à la transition écologique, mais rappelle que leur exploitation aurait des conséquences considérables sur les économies, l’environnement et les habitants des États arctiques;

33.

constate qu’avec plus de 70 % de leur superficie occupée par des forêts, les régions septentrionales de la Suède, de la Finlande et de la Norvège comptent parmi les plus boisées d’Europe et les plus grandes exportatrices de produits forestiers au niveau mondial. Le secteur forestier dans la région Arctique a une incidence sur la vie de ses populations à divers égards, dès lors que les forêts sont source de prospérité et d’activité économique de même qu’elles offrent des possibilités d’activités de loisirs et de plein-air; elles jouent également un rôle crucial dans l’atténuation du changement climatique, et la nouvelle stratégie de l’UE pour les forêts pour 2030 devrait servir de principe directeur pour accroître la quantité de forêts européennes et améliorer leur qualité. Les régions septentrionales très boisées ont toutefois besoin de soutien et d’investissements pour promouvoir la bioéconomie ainsi qu’une sylviculture verte, moderne et durable, dans le respect des spécificités régionales;

34.

estime que l’Arctique doit promouvoir activement les activités commerciales qui créent des emplois pour l’avenir. Selon une estimation publiée au début de l’année 2022, la région arctique de l’Union européenne recèle un potentiel d’investissement d’environ 150 milliards d’euros d’ici à 2030, dont une grande partie est liée à la réalisation de la transition écologique. L’accent est mis sur les investissements dans l’acier neutre en carbone, la fabrication de batteries et l’extraction de minéraux. Dans le secteur de l’énergie, l’on insiste sur la production d’énergie éolienne;

35.

souligne que la transition énergétique est essentielle à la lutte contre le changement climatique; L’UE doit concentrer ses efforts sur la modernisation du secteur de l’énergie dans l’Arctique afin de réduire sa dépendance à l’égard des combustibles fossiles et de renforcer son indépendance énergétique. L’énergie fossile importée rend la région vulnérable à l’égard de la géopolitique et des marchés mondiaux, sachant que la solution à court terme pour garantir l’indépendance énergétique de l’UE réside dans les territoires du Nord;

36.

fait valoir que, compte tenu de la production d’énergie, de la présence d’industries à forte intensité énergétique et d’un environnement difficile pour les transports et les infrastructures durables dans l’Arctique, il est essentiel d’y assurer une transition énergétique et une adaptation à celle-ci qui soient équitables du point de vue de la population et de l’industrie de cette région. Les investissements devraient porter sur les énergies renouvelables, les technologies énergétiques et les solutions énergétiques du futur, telles que les grappes d’entreprises pour la production d’hydrogène renouvelable et de batteries, la production décentralisée d’énergie, la récupération de chaleur et la numérisation du secteur énergétique;

37.

souligne que la demande croissante de matières premières due à l’électrification de la société exercera une pression sur l’extraction et la transformation durables dans l’Arctique. La région arctique dispose d’une vaste réserve de minerais de terres rares, ce qui aiderait l’Union européenne à réduire sa dépendance à l’égard de la Chine, qui fournit actuellement 90 % de la production mondiale. L’UE devrait veiller à ce que l’Arctique joue un rôle clé dans l’alliance européenne pour les matières premières tout en protégeant la nature arctique, en dépit des intérêts de l’Union concernant les possibilités d’exploitation minière et d’obtention de matières premières. Les acteurs arctiques européens possèdent des compétences de premier plan au niveau mondial dans les industries durables et la transformation tout au long de la chaîne de valeur. Le Conseil de l’Arctique devrait en prendre acte;

38.

souligne la nécessité de cibler les financements de l’Union afin de soutenir et de garantir la durabilité des investissements dans l’Arctique et de trouver un équilibre entre un développement responsable des ressources naturelles et la protection de l’environnement, afin de libérer pleinement le potentiel et le pouvoir de transformation existants dans l’Arctique en tant que moteur de la transformation écologique, bleue et numérique de l’Union;

L’éducation et la recherche

39.

précise que la recherche de haut niveau et l’accès à l’éducation sont des conditions préalables essentielles à la vitalité et à l’attractivité de l’Arctique; souligne que la fuite des cerveaux est l’un des plus grands défis pour cette région, confrontée à un exode de personnes instruites ou de jeunes partant étudier ailleurs et ne revenant pas ensuite; invite les collectivités locales et régionales à coopérer et à échanger des exemples de bonnes pratiques sur la manière de relever ce défi;

40.

souligne la nécessité d’associer les établissements d’enseignement et de recherche régionaux et leurs réseaux à l’élaboration de la politique de recherche sur l’Arctique et d’élargir son champ à toutes les activités de recherche qui contribuent au développement durable et servent l’intérêt de la population arctique, et pas uniquement en tant que recherche polaire. La mise en place de l’écosystème d’innovation arctique, fondé sur des stratégies de spécialisation intelligente, devrait contribuer au développement de la région arctique de l’Union et déboucher sur de nouvelles possibilités d’innovation et de coopération;

41.

demande que des ressources suffisantes soient mises à disposition pour atteindre les objectifs fixés. L’Arctique devrait être considéré comme une question transversale dans les différents programmes de financement et il conviendrait d’encourager les synergies entre les programmes. Outre Horizon Europe et Erasmus +, les instruments pertinents à cet égard sont ceux qui disposent d’un ancrage régional, tels que les Fonds structurels et d’investissement européens et les programmes de coopération territoriale;

La connectivité

42.

estime qu’il faut veiller à ce que la transition industrielle verte aille de pair avec le développement rapide des modes de transport écologiques, en subventionnant le passage des combustibles fossiles à des modes de transport fonctionnant à l’électricité et à l’hydrogène; souligne que dans l’Arctique, la sécurité du transport aérien est également essentielle. Les aéronefs électriques constituent une alternative durable;

43.

se félicite de l’extension du corridor RTE-T sur le territoire arctique de l’Union européenne et souligne l’importance du renforcement des liaisons de transport, tant nord-sud qu’est-ouest, afin d’interconnecter les régions raccordées aux réseaux de transport de l’UE dans le nord de la Norvège, en Suède et en Finlande, et de rendre possibles des connexions avec l’océan Arctique. Estime que les règlements RTE-T doivent mieux tenir compte des spécificités de l’Arctique, telles que les longues distances, le transport maritime hivernal et la faible densité de population, afin de soutenir le développement de plaques tournantes de transport, qui revêtent une importance stratégique dans l’Arctique;

44.

constate que les investissements dans les infrastructures et les transports dans la région arctique ont des retombées sur l’ensemble de la région et contribuent à ses conditions de fonctionnement et à sa compétitivité, notamment sur le plan du développement social, de l’industrie et de la sécurité d’approvisionnement d’un point de vue européen;

45.

s’inquiète de l’intérêt accru manifesté par des pays tiers pour cette région, comme l’intérêt croissant de la Chine pour la propriété d’infrastructures critiques, la pose de câbles sous-marins et le transport maritime mondial; estime qu’il est de la plus haute importance que l’Union joue son rôle d’investisseur dans l’Arctique, afin d’éviter que des tiers mènent des projets de grande envergure dans la région;

46.

souligne que l’engagement de l’Union à corriger les déséquilibres sur le plan numérique dans les régions arctiques est essentiel. L’adoption généralisée des technologies mobiles à haut débit de cinquième et sixième générations dans l’Arctique exige que l’Union européenne investisse dans le renforcement des connexions dorsales et des technologies satellitaires en Finlande, en Suède et en Norvège. La faible latence requise, par exemple pour les solutions de sécurité et de télémédecine, nécessite des connexions dorsales efficaces dans l’Arctique. La garantie de la sécurité et de la compétitivité internationale des régions périphériques arctiques de l’Europe va de pair avec une numérisation accrue. Des solutions terrestres peuvent également être adoptées; il importe à cette fin de mettre au point une combinaison de technologies appropriées permettant de mettre en place une connectivité stable, fiable et peu coûteuse. Lors du développement de nouvelles possibilités et de nouveaux services numériques, la consultation de différentes parties concernées est primordiale pour veiller à ce que les nouvelles solutions répondent aux besoins des utilisateurs. En outre, la connectivité joue également un rôle important dans la promotion de la sécurité et du développement durable;

Davantage d’Union européenne dans l’Arctique et plus d’Arctique dans l’Union européenne

47.

encourage la Commission européenne à aller de l’avant pour donner suite à sa proposition de créer un guichet unique en vue de mettre en commun les outils et les financements pour le développement de l’Arctique;

48.

invite les présidences actuelle et future du Conseil à veiller à ce que les questions relatives à l’Arctique figurent au rang des priorités de l’Union;

49.

invite la Commission européenne et le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) à consacrer des ressources suffisantes à la mise en œuvre de la politique arctique de l’Union; reconnaît la nécessité de renforcer la coordination et la coopération au sein de l’Union sur les questions relatives à l’Arctique à tous les niveaux de prise de décision, et de veiller à ce que les collectivités locales et régionales soient pleinement associées à la gouvernance à plusieurs niveaux, à la mise en œuvre de la stratégie de l’UE et aux instruments de financement de l’Union;

50.

exhorte la Commission européenne et le SEAE à organiser le forum des parties prenantes de l’Arctique et le dialogue des peuples autochtones dans la région arctique de l’UE, en partenariat avec les acteurs régionaux et locaux, en étant plus attentifs à l’avenir à donner voix au chapitre aux jeunes. Afin d’assurer la continuité du dialogue, le Comité européen des régions encourage les représentants des institutions européennes à renforcer leur participation aux manifestations et réunions liées à la politique arctique dans la région;

51.

invite la Commission européenne à envisager la création d’un forum consultatif chargé de superviser la mise en œuvre de la politique arctique de l’UE. Le forum réunirait les principales parties prenantes, y compris les collectivités régionales et locales;

52.

note que la publication d’une nouvelle politique arctique de l’Union, coïncidant avec le début de la nouvelle période de programmation 2021-2027 de l’UE, constitue une occasion majeure de mettre en œuvre cette politique avec succès; se félicite de l’existence de divers instruments de financement, en particulier dans le cadre du FEDER et des programmes de coopération territoriale européenne, mais regrette que les petites organisations ne disposent souvent pas des capacités administratives et financières nécessaires pour en tirer pleinement parti. Les instruments de financement de l’Union dans l’Arctique devraient être adaptés aux besoins et capacités propres aux territoires de la région, notamment aux besoins des populations autochtones;

53.

relève que les programmes de la politique de cohésion de l’UE, et en particulier les programmes Interreg transfrontaliers, fournissent un cadre précieux pour les contacts interpersonnels par-delà les frontières, eu égard aux caractéristiques de l’Arctique. Toutefois, il devrait y avoir davantage de possibilités d’associer des partenaires de pays arctiques non membres de l’Union afin de promouvoir la coopération circumpolaire ainsi que la mobilité et la collaboration nord-nord;

54.

note enfin que la région arctique continuera de revêtir au cours des prochaines décennies une importance stratégique pour l’Union, qui dès lors devra continuer d’aller de l’avant, en renforçant la coopération multilatérale et la gouvernance à plusieurs niveaux pour associer les peuples arctiques, afin de relever les défis dus à la position géostratégique de l’Arctique, son milieu naturel et ses conditions socio-économiques particulières, et d’exploiter pleinement son potentiel au service des transitions écologique, bleue et numérique;

Bruxelles, le 29 juin 2022.

Le président du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


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