| CELEX | 52022IE0388 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 19 mai 2022 |
| 26.8.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 323/27 |
Avis du Comité économique et social européen sur la stratégie «Global Gateway»
(avis d’initiative)
[JOIN(2021) 30 final]
(2022/C 323/05)
| Rapporteur: | Dumitru FORNEA |
| Corapporteure: | Violeta JELIĆ |
| Décision de l’assemblée plénière | 9.12.2021 |
| Base juridique | Article 32, paragraphe 2, du règlement intérieur |
| Avis d’initiative | |
| Compétence | Section «Relations extérieures» |
| Adoption en section | 12.4.2022 |
| Adoption en session plénière | 19.5.2022 |
| Session plénière no | 569 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 206/1/3 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen se félicite du lancement de l’initiative «Global Gateway», car il est convaincu que les investissements et les projets de coopération de l’Union européenne et des acteurs non étatiques européens doivent être mieux connus et promus dans le monde entier. |
| 1.2. | Le CESE est conscient qu’il est absolument nécessaire de disposer de ressources financières pour assurer l’interconnexion des infrastructures critiques mondiales et, dans cette optique, est fermement convaincu qu’il est dans l’intérêt de l’Union de coordonner les investissements et la coopération au développement au moyen de la stratégie «Global Gateway» avec des programmes similaires de pays avec lesquels nous partageons des valeurs et des intérêts stratégiques communs. Des synergies avec la stratégie de l’Union pour la coopération dans la région indo-pacifique (1) doivent également être réalisées. |
| 1.3. | Le CESE souligne combien il importe de communiquer les appels d’offres, les procédures administratives afférentes, les stades d’avancement des projets et les résultats de l’action de l’Union et des États membres et, à cet égard, il est important pour une meilleure compréhension des objectifs et de la valeur ajoutée de l’initiative à l’examen que la Commission européenne propose un ensemble d’outils permettant d’accéder à des données clés, ainsi que de paramétrer les indicateurs pertinents afin de mesurer les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la stratégie. |
| 1.4. | Le CESE estime que les institutions européennes compétentes devront, en coopération avec les États membres et les pays partenaires, procéder à une analyse des besoins prioritaires en matière d’investissements dans les infrastructures au niveau mondial, en tenant compte des intérêts stratégiques et économiques de l’Union, mais aussi des engagements sociaux, climatiques et écologiques européens. |
| 1.5. | Le CESE juge important que l’Union mette l’accent sur le maintien du fonctionnement et du développement de liens physiques entre l’Europe et d’autres parties du monde. Les infrastructures fournissant à la population l’accès à l’eau, à la nourriture et à l’énergie sont essentielles et l’ensemble de l’écosystème qui permet d’assurer la sécurité alimentaire à l’échelle mondiale doit être prioritaire dans les actions des institutions de l’Union et des États membres. |
| 1.6. | Le CESE constate avec inquiétude que la situation dramatique provoquée par la guerre en Ukraine nous oblige à adapter les instruments financiers de l’Union afin qu’ils soient suffisamment souples et complets pour être utilisés beaucoup plus rapidement en cas de crise mondiale, en particulier dans le voisinage de l’Union. |
| 1.7. | Le CESE demande instamment que les investissements dans les corridors prioritaires pour les infrastructures de transport, d’énergie et de communications électroniques soient fondés sur des analyses d’impact fournissant une évaluation sur la base non seulement de considérations stratégiques, y compris les enseignements tirés des conflits armés en Ukraine, dans le Haut-Karabakh, en Syrie, en Ossétie, en Libye, etc., mais aussi d’autres questions liées au changement climatique, à la protection de l’environnement, aux droits de l’homme et à la responsabilité sociale. |
| 1.8. | Le CESE recommande d’améliorer le système de compte rendu des activités et des projets mis en œuvre par les acteurs étatiques et non étatiques de l’Union, en encourageant les promoteurs d’investissements et de projets à s’inscrire volontairement sur le portail «Global Gateway», qui devra être conçu sur la base des solutions technologiques numériques les plus récentes en matière de traitement et de communication des données. |
| 1.9. | Dans ses avis, le CESE a souligné l’importance des partenariats transnationaux entre égaux, qui peuvent limiter les dépendances, créer des liens et apporter des avantages économiques et sociaux durables aux communautés locales des pays partenaires. Cela n’est possible qu’en adoptant une approche ascendante pour mettre en place des chaînes de production locales à valeur ajoutée solides et renforcer les marchés nationaux dans les pays partenaires en créant des emplois de qualité et en permettant des transferts de savoir-faire durables. |
| 1.10. | Le CESE se félicite de l’objectif consistant à proposer un financement équitable à des conditions favorables afin de limiter le risque de surendettement. Pour atteindre cet objectif de manière durable, il convient de s’assurer que d’autres types de dépendances ne se développent pas. |
| 1.11. | Le CESE invite les institutions européennes et les gouvernements des États membres à veiller au respect et à la promotion des valeurs européennes tout au long de la mise en œuvre des projets enregistrés sous la bannière «Global Gateway». Le respect des droits humains fondamentaux, l’évaluation des incidences sociales et environnementales et le respect des procédures de transparence et de diligence raisonnable doivent figurer parmi les conditions sine qua non du lancement de tout projet financé par des acteurs étatiques et non étatiques de l’Union. |
| 1.12. | Le CESE souscrit à l’idée selon laquelle les entreprises désireuses de participer à la stratégie «Global Gateway» doivent pouvoir s’appuyer sur une coopération efficace avec le corps diplomatique des États membres et de l’Union, bénéficier d’un accès simplifié aux ressources financières et aux informations pertinentes au niveau régional, ainsi que, dans la mesure du possible, à des guichets uniques, et ce afin que les investissements du secteur privé de l’Union dans le monde entier soient facilités. |
| 1.13. | Le CESE se félicite de l’intention de la Commission européenne de mettre en place un «comité Global Gateway» qui aura pour mission d’assurer la coordination de l’initiative. Une gestion professionnelle est nécessaire pour atteindre les objectifs complexes fixés dans le cadre de cette stratégie d’investissement; il convient dès lors, afin d’améliorer la qualité et la pertinence des décisions qui seront prises par ce comité, qu’y siègent également des membres représentant les organisations de la société civile, y compris les partenaires sociaux et en particulier les syndicats, ainsi que le monde des entreprises. |
| 1.14. | Le CESE constate la nécessité d’une présentation plus claire des multiples instruments de financement qui seront mis à la disposition des bénéficiaires d’ici à 2027. Compte tenu de la complexité de la description des fonds rassemblés sous la bannière «Global Gateway» qui figure dans le document publié par le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, il semble qu’une représentation schématique complète et intelligente de ces fonds soit nécessaire pour permettre la compréhension par tous les acteurs intéressés. |
2. Contexte
| 2.1. | En 2013, en visite au Kazakhstan et en Indonésie, le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, a lancé deux initiatives pour les interconnexions transcontinentales des infrastructures terrestres et maritimes: la «Ceinture économique de la route de la soie» et la «Route maritime de la soie du XXIe siècle». Plus tard, en 2014, après plusieurs tentatives de création d’une marque intégrée, elles sont devenues l’initiative «Une ceinture, une route» (2). Comme cela a été initialement décrit, «Une ceinture, une route» n’est pas seulement un corridor de transport; elle désigne aussi une zone au sein de laquelle les investissements chinois ont été encouragés dans les États participant à l’initiative. |
| 2.2. | Une première réaction à l’initiative chinoise est venue du Japon, qui, en 2015, a proposé le «Partenariat pour une infrastructure de qualité» (3), une initiative destinée aux bénéficiaires en Asie, dotée d’un budget quinquennal de 10 milliards d’USD. En 2016, ce partenariat a été étendu à l’échelle mondiale et le budget alloué a été porté à 200 milliards d’USD. |
| 2.3. | Depuis sept ans, l’Union européenne et les grands États démocratiques industrialisés du G7 assistent impuissants et sans réagir au renforcement continu des relations économiques et politiques que tisse la Chine dans le monde au moyen de l’initiative «Une ceinture, une route». Alors que, lors de leur réunion de juin 2021 en Cornouailles (Royaume-Uni) (4), les États du G7 décidaient de la mise en place d’une alternative mondiale — l’initiative «Build Back Better World» (Reconstruire le monde en mieux) — la Chine avait déjà investi plus de la moitié de l’ensemble des fonds prévus pour «Une ceinture, une route» jusqu’en 2027, soit 1,2 à 1,3 milliard d’USD, selon les estimations de Morgan Stanley Research. |
| 2.4. | Dans le cadre de la 26e conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 26), qui s’est tenue à Glasgow en novembre 2021, le premier ministre du Royaume-Uni a lancé l’initiative «Clean Green Initiative» (5), qui a doublé les investissements verts financés par l’aide du Royaume-Uni pour les porter à plus de 3 milliards de GBP sur cinq ans, tout en fournissant de nouvelles garanties afin de soutenir des projets d’infrastructures propres, dont 200 millions de GBP pour un nouveau mécanisme en faveur de l’innovation climatique (Climate Innovation Facility). Le Royaume-Uni a annoncé la mise en place d’un ensemble de garanties en faveur des banques multilatérales de développement qui sont censées donner une impulsion majeure à l’investissement dans des projets liés au climat en Inde et dans toute l’Afrique. Une nouvelle garantie «Room2Run» pour la Banque africaine de développement (6) devrait débloquer jusqu’à 1,45 milliard de GBP de nouveaux financements pour des projets sur l’ensemble du continent africain, dont la moitié aidera les pays concernés à s’adapter aux effets du changement climatique. |
| 2.5. | Au niveau de l’Union, le 12 juillet 2021, le Conseil des affaires étrangères a décidé de prendre des mesures à la suite de la réunion du G7 et a invité la Commission à élaborer une stratégie de connectivité mondiale (7), dans le cadre d’une approche «Équipe Europe», réunissant les États membres et l’Union, les institutions européennes et les institutions financières nationales dans le cadre d’un effort conjoint. Cette stratégie a été publiée le 1er décembre 2021 sous le nom de stratégie «Global Gateway». |
| 2.6. | Le document de la Commission européenne indique que cette stratégie soutient les investissements dans les infrastructures matérielles et logicielles qui respectent les principes fondamentaux de l’Union européenne: valeurs démocratiques et normes élevées, bonne gouvernance et transparence, partenariats d’égal à égal, infrastructures vertes et propres, répondant à une approche axée sur la sécurité et catalysant l’investissement du secteur privé. |
3. Observations générales
| 3.1. | L’Union européenne a pris la décision d’accroître la visibilité de ses investissements dans les pays tiers, dans le monde entier, en mettant en place la stratégie «Global Gateway», une stratégie économique et d’investissement conçue pour servir d’instrument diplomatique et de communication. |
| 3.2. | Les organisations de la société civile de l’Union se félicitent de l’objectif de cette initiative, qui est de proposer un financement équitable à des conditions favorables afin de limiter le risque de surendettement. Pour atteindre cet objectif de manière durable, il convient de s’assurer que d’autres types de dépendances ne se développent pas. |
| 3.3. | Il ne s’agit pas d’une structure supplémentaire et sa nature n’est ni administrative, ni financière. Il s’agit d’une BANNIÈRE derrière laquelle doivent se ranger toutes les institutions financières européennes, les agences de développement des États membres et les entreprises privées lors de la création de projets d’investissement dans des pays tiers, et en vertu de laquelle elles doivent se conformer à un ensemble d’exigences fondées sur les valeurs essentielles de l’Union européenne. Il reste à mettre au point les conditions pour pouvoir se prévaloir de cette bannière, y compris les cas d’interdiction de son utilisation, et le CESE est prêt à y contribuer. |
| 3.4. | Contrairement à l’initiative chinoise «Une ceinture, une route», qui met en œuvre un plan chinois d’infrastructure internationale avec des financements principalement nationaux et des entreprises chinoises et qui s’inscrit dans le cadre d’une stratégie descendante, la stratégie «Global Gateway» procède d’une approche ascendante. Elle a donc pour points de départ les véritables besoins d’investissement des pays partenaires non membres de l’Union qui souhaitent développer leurs infrastructures, tout en respectant les principes de base qui sous-tendent cette stratégie. |
| 3.5. | Seuls les projets de qualité sont promus, à la suite d’une évaluation des incidences environnementales et sociales, tout en tenant compte du niveau de qualité des équipements tout au long de leur cycle de vie. Ce concept de qualité couvre à la fois le volet matériel de chaque projet (composants matériels, ingénierie, processus de construction, main-d’œuvre qualifiée, etc.) et son aspect financier, au moyen de procédures d’appel d’offres transparentes, d’un processus financier éthique et de garanties appropriées. |
| 3.6. | La stratégie «Global Gateway» est l’équivalent des initiatives «Build Back Better Initiative» (8) et «Clean Green Initiative» lancées respectivement par les États-Unis et le Royaume-Uni. Il reste à déterminer si ces deux initiatives doivent être considérées comme concurrentes ou complémentaires de l’initiative «Global Gateway» ou comme pouvant faire l’objet d’une coopération avec cette dernière. Du point de vue de la société civile, il est tout à fait clair qu’il convient d’encourager la coordination entre «Global Gateway» et d’autres stratégies de coopération internationale pour le développement fondées sur les mêmes valeurs. |
| 3.7. | Pour être éligibles, les projets doivent être conçus autour de l’idée d’une meilleure «connectivité» entre le pays concerné et l’Union, au sein de la population de ce pays ou encore entre le pays concerné et ses voisins. Il s’agit en effet d’un objectif qui répond aux exigences du monde moderne, ainsi qu’aux capacités de l’Union. D’une part, le contrôle des réseaux et des routes gagne en importance par rapport au contrôle des zones. D’autre part, l’Union elle-même peut jouer un rôle essentiel dans la mise en place d’un partenariat transnational progressiste et équitable et dans la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) (9). Cette connectivité pourra porter soit uniquement sur les composants matériels — routes, chemins de fer, ports, aéroports, etc.—, sur une combinaison d’éléments matériels et logiciels —câbles de communication, réseaux —, ou principalement sur l’aspect logiciel — éducation, recherche et développement. |
| 3.8. | Le concept général de connectivité englobe, par exemple, tous les types d’investissements dans les ressources en eau — nouveaux puits, distribution d’eau, irrigation agricole et gestion des eaux usées. Les ressources en eau seront essentielles pour un nombre croissant de pays, compte tenu à la fois des effets de la croissance démographique et du réchauffement climatique. L’eau met en relation les personnes non seulement à travers les infrastructures de gestion de l’eau, mais aussi, et en fait principalement, en fournissant des voies navigables pour la navigation maritime et intérieure. |
| 3.9. | La «bannière» ou l’«initiative»«Global Gateway» ne se traduira pas par une augmentation des ressources allouées aux structures et fonds d’investissement financiers européens existants et diversifiés. Sous la bannière «Global Gateway», l’Union devrait mobiliser jusqu’à 300 milliards d’EUR d’investissements en faveur du développement d’infrastructures au cours de la période 2021-2027. |
| 3.10. | Le Fonds européen pour le développement durable Plus (FEDD+) (10) sera le principal instrument financier de mobilisation des investissements dans le cadre de «Global Gateway» et pourrait réunir jusqu’à 135 milliards d’EUR, en ce compris une nouvelle initiative lancée avec la Banque européenne d’investissement qui pourrait apporter 25 milliards d’EUR d’investissements supplémentaires, en plus des subventions d’un montant maximal de 18 milliards d’EUR au titre des programmes d’aide extérieure de l’Union. |
| 3.11. | S’ajoutent aux fonds susmentionnés les volumes d’investissement prévus par les institutions financières et de financement du développement européennes, qui s’élèvent à 145 milliards d’EUR. Les garanties ainsi fournies serviront à des activités de réduction des risques et à mobiliser des investissements privés. Cela sera mis en œuvre dans le cadre d’une coopération étroite entre la Banque européenne d’investissement et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. |
| 3.12. | Lors du sixième sommet Union européenne-Union africaine (11), qui s’est tenu à Bruxelles les 17 et 18 février 2022, la Commission a annoncé que, sur le budget total de l’initiative «Global Gateway», €EUR 150 milliards d’euros seront consacrés à un paquet d’investissements Afrique-Europe (12) qui soutiendra des ambitions communes à l’horizon 2030 et l’Agenda 2063 (13) de l’Union africaine, avec pour objectif général la mise en place d’économies plus inclusives, plus diversifiées et plus résilientes. |
| 3.13. | En complément de cette boîte à outils financière, l’Union étudie la possibilité de mettre en place un système européen de crédit à l’exportation (14) afin de compléter les dispositions existantes en matière de crédit à l’exportation au niveau des États membres. La stratégie «Global Gateway» ne classe pas les zones d’investissement géographiques par ordre de priorité. Néanmoins, les principaux domaines d’intérêt seront le voisinage immédiat de l’Union, à savoir sa frontière orientale, les pays méditerranéens et l’Afrique, la mer Noire et l’Asie centrale et la région indo-pacifique. |
| 3.14. | La qualité des projets sera privilégiée par rapport à leur localisation, en lien également avec le modèle d’évaluation des risques budgétaires liés aux partenariats public-privé (PFRAM) (15) et le modèle d’évaluation de la gestion des investissements publics (PIMA) (16), en s’appuyant sur la coopération des institutions de l’Union avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, et en évitant les doubles emplois lors de la mise en œuvre des différentes initiatives. |
| 3.15. | Si «Global Gateway» est une initiative et une priorité de l’Union, elle pourrait, dans certaines conditions, envisager un partenariat avec des pays non membres de l’Union tels que la Suisse, le Royaume-Uni et l’Inde. |
4. Observations particulières
| 4.1. | Le Comité économique et social européen souscrit à l’analyse qui sous-tend la décision du Conseil de lancer une stratégie européenne visant à accroître la visibilité d’investissements spécifiques réalisés et de mesures prises par les acteurs institutionnels européens, les États membres et les acteurs non étatiques de l’Union au niveau mondial. |
| 4.2. | Le CESE comprend l’accent mis sur la prévention et la lutte contre les pandémies dans les chapitres relatifs à la santé et reconnaît la pertinence actuelle de ces questions. Néanmoins, un impact durable doit être une priorité et la construction d’infrastructures socio-médicales résilientes et facilement accessibles constitue un aspect essentiel à cet égard. |
| 4.3. | La situation dramatique générée par la guerre en Ukraine nous montre que ces instruments financiers doivent être conçus de manière à être suffisamment souples et complets pour pouvoir être utilisés rapidement dans les situations de crise qui surviennent à l’échelle mondiale et en particulier dans le voisinage immédiat de l’Union européenne. Les crises qui se produisent à proximité immédiate de l’Union sont traitées en priorité de manière à réduire au minimum la menace qui pèse sur la sécurité des États membres, ce qui nécessite notamment l’allocation en temps utile des ressources financières nécessaires aux interventions urgentes visant à rétablir la fonctionnalité des infrastructures d’interconnexion et des services publics essentiels pour la population. |
| 4.4. | Le Comité juge important que l’Union mette l’accent sur le maintien du fonctionnement et du développement de liens physiques entre l’Europe et d’autres parties du monde. Les infrastructures fournissant à la population l’accès à l’eau, à la nourriture et à l’énergie sont également essentielles et l’ensemble de l’écosystème qui permet d’assurer la sécurité alimentaire à l’échelle mondiale doit être prioritaire dans les actions des institutions de l’Union et des États membres. |
| 4.5. | La guerre entre la Russie et l’Ukraine perturbe considérablement les chaînes d’approvisionnement en céréales et autres matières premières agricoles pour l’industrie agroalimentaire. Les infrastructures développées grâce aux investissements de la stratégie «Global Gateway» devraient également être harmonisées avec les intérêts stratégiques de l’Union en cas de conflits armés ou d’autres calamités naturelles et, dans cette perspective, il convient aussi d’assurer la sécurité d’approvisionnement en matières premières essentielles au moyen d’une conception intelligente de réseaux de distribution, de centres logistiques et d’entrepôts. |
| 4.6. | Le CESE soutient les efforts déployés par la Commission européenne pour renforcer les mécanismes et les instruments d’action concrète visant à amener l’Union européenne à l’avant-garde du progrès dans les domaines socio-économique et politique à l’échelle mondiale. À cet égard, divers experts font valoir qu’il est nécessaire de procéder à une expansion monétaire coordonnée au niveau international (directement et indirectement) et d’utiliser la marge de manœuvre budgétaire ouverte pour lancer le développement économique mondial en finançant les investissements dans les infrastructures publiques et au moyen d’investissements productifs publics ou privés, de manière à compenser les disparités géographiques et à favoriser la durabilité socio-économique et environnementale (17). |
| 4.7. | L’établissement de rapports corrects et complets sur l’ensemble des activités de l’Union réalisées dans différents pays du monde s’est révélé être un véritable défi, en l’absence de coordination permanente et étroite entre les acteurs concernés. Dans le contexte du lancement et de la mise en œuvre de l’initiative chinoise «Une ceinture, une route», il s’est avéré nécessaire de mieux communiquer sur la contribution de l’Union au développement d’infrastructures d’interconnexion mondiales. |
| 4.8. | Afin de mieux comprendre les objectifs et la valeur ajoutée de l’initiative à l’examen, il importe qu’au cours de la période à venir, la Commission européenne propose un ensemble d’outils permettant d’accéder à des données clés, ainsi que de paramétrer les indicateurs pertinents afin de mesurer les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la stratégie. |
| 4.9. | «Global Gateway» est une initiative qui permettra à l’Équipe Europe de présenter une image plus fiable et complète au monde extérieur. En tant que vecteur de consolidation des investissements européens dans les pays tiers, la stratégie «Global Gateway» doit être dotée d’une base de données qui garantira un meilleur accès aux informations pertinentes sur l’ensemble des projets, budgets et partenaires concernés. À cet égard, la première étape consistera à concevoir et à tenir à jour un site web «Global Gateway» qui offrira une fenêtre appropriée pour illustrer les mesures, les résultats et l’impact de la stratégie. |
| 4.10. | Pour limiter les dépendances, tisser des liens et, partant, générer des avantages économiques et sociaux durables pour les communautés locales des pays partenaires, il est essentiel de construire un véritable partenariat d’égal à égal. Cela n’est possible qu’en adoptant une approche ascendante pour mettre en place des chaînes de production à valeur ajoutée locales et résilientes et renforcer les marchés nationaux dans les pays partenaires en créant des emplois de qualité et des transferts de savoir-faire durables. Dans le cas de l’Afrique, promouvoir la création d’une Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) (18) pourrait constituer une avancée appropriée. Pour garantir le respect des valeurs européennes, les analyses de l’impact social sont fondamentales et peuvent être mises en place sur la base des procédures de diligence raisonnable existantes. |
| 4.11. | Le rôle du secteur privé dans le cofinancement des investissements de l’initiative «Global Gateway» est reconnu par les institutions européennes. Afin de renforcer la détermination des entités privées à s’impliquer davantage et à contribuer à la réalisation des objectifs spécifiques de «Global Gateway», et d’accroître leur intérêt pour ce faire, des mécanismes facilitant la certification et la reconnaissance des efforts des acteurs privés qui participent à la mise en œuvre de cette initiative de l’Union devraient être rapidement mis en place. |
| 4.12. | En vue de faciliter les investissements du secteur privé de l’Union dans le monde entier, les entreprises désireuses de participer à l’initiative «Global Gateway» doivent disposer des informations pertinentes au niveau régional, pouvoir s’appuyer sur une collaboration efficace avec le corps diplomatique des États membres et de l’Union et, dans la mesure du possible, accéder à des guichets uniques. En outre, dans le cadre de sa coopération avec les institutions financières concernées, un opérateur du secteur privé devrait pouvoir bénéficier d’un accès simplifié aux ressources financières, avec les conditions les plus favorables, dès lors qu’il a réussi l’évaluation de l’impact environnemental et social, ainsi que l’évaluation des risques budgétaires liés aux partenariats public-privé (PFRAM) et l’évaluation de la gestion des investissements publics (PIMA), et après avoir démontré la valeur économique, sociale et écologique positive et durable pour l’Union, et en particulier pour les pays partenaires, de son projet d’investissement. |
| 4.13. | La Commission européenne a annoncé son intention de créer un «comité Global Gateway» qui aura pour mission d’assurer la coordination de l’initiative. Le CESE accueille favorablement cette proposition, étant fermement convaincu qu’une gouvernance intégrée de cette stratégie est indispensable pour obtenir des résultats dans un laps de temps relativement court. Afin d’améliorer la qualité et la pertinence des décisions qui seront prises par ce comité, il convient qu’y siègent également des membres représentant les organisations de la société civile, y compris les partenaires sociaux et en particulier les syndicats, ainsi que le monde des entreprises. |
| 4.14. | Le groupe consultatif des acteurs de marché mentionné dans la communication conjointe risque de suivre une approche trop étroite si les experts en matière de priorités d’investissement dans les domaines de la coopération au développement, des soins de santé, de la protection de l’environnement et de l’éducation et de la formation en sont exclus. Pour être en mesure d’assurer une couverture efficace de l’ensemble des thèmes abordés par le programme «Global Gateway», ce groupe doit comprendre des experts de ces domaines concernés. |
Bruxelles, le 19 mai 2022.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) https://www.eeas.europa.eu/node/96741_fr
(2) https://www.ebrd.com/what-we-do/belt-and-road/overview.html
(3) https://www.mofa.go.jp/files/000117998.pdf
(4) https://www.g7uk.org/
(5) https://www.gov.uk/government/news/pm-launches-new-initiative-to-take-green-industrial-revolution-global
(6) https://www.afdb.org/fr/news-and-events/african-development-bank-launches-landmark-us-500-million-credit-insurance-deal-with-african-trade-insurance-agency-and-uk-reinsurers-18600
(7) https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2021/07/12/a-globally-connected-europe-council-approves-conclusions/
(8) https://www.whitehouse.gov/build-back-better/
(9) https://sdgs.un.org/fr/goals
(10) https://ec.europa.eu/eu-external-investment-plan/about-plan/how-it-works-finance_en
(11) https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2022/02/18/sixth-european-union-african-union-summit-a-joint-vision-for-2030/
(12) https://ec.europa.eu/info/strategy/priorities-2019-2024/stronger-europe-world/global-gateway/eu-africa-global-gateway-investment-package_fr
(13) https://au.int/fr/agenda2063
(14) https://eur-lex.europa.eu/resource.html?uri=cellar:5bf4e9d0-71d2-11eb-9ac9-01aa75ed71a1.0002.02/DOC_1&format=PDF
(15) https://www.imf.org/external/np/fad/publicinvestment/pdf/PFRAM.pdf
(16) https://www.imf.org/external/np/fad/publicinvestment/pdf/PIMA.pdf
(17) https://www.longdom.org/open-access/relieving-inflation-or-palliative-selfdestruction-2168-9458-3-133.pdf
(18) https://au.int/en/cfta
Initiative législative — 52022IP0451
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0450
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0449
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0448
15/12/2022