Initiative législative — 52022IE0719
| CELEX | 52022IE0719 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 26 octobre 2022 |
Texte intégral
| 28.2.2023 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 75/22 |
Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Euro numérique»
(avis d’initiative)
(2023/C 75/04)
| Rapporteur: | Juraj SIPKO |
| Décision de l’assemblée plénière | 20.1.2022 |
| Base juridique | Article 52, paragraphe 2, du règlement intérieur |
|
| Avis d’initiative |
| Compétence | Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale» |
| Adoption en section | 6.10.2022 |
| Adoption en session plénière | 26.10.2022 |
| Session plénière no | 573 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 183/1/1 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le progrès rapide des technologies innovantes au sein du secteur financier a conduit les différentes banques centrales dans le monde à créer au fil du temps des monnaies numériques. Tout comme ces autres banques centrales, la Banque centrale européenne (son écosystème) a elle aussi pris en juillet 2021 la décision de lancer la phase d’étude d’un projet d’euro numérique. Le Comité économique et social européen (CESE) apprécie les efforts déployés par la BCE pour poursuivre les travaux en vue d’émettre un euro numérique. À l’heure actuelle, l’on effectue au sein de l’écosystème de la BCE toute une série de démarches expérimentales visant à l’adoption d’un euro numérique, qui s’inscrivent dans le cadre du déroulement d’un calendrier. Jusqu’à présent, aucune décision n’a été prise d’adopter un euro numérique. |
| 1.2. | Le CESE tient pour capital, lors de l’introduction de l’euro numérique, d’en assurer le caractère inclusif sur le plan financier et numérique. À cet égard, il escompte que cette dernière procurera des avantages à tous les résidents de la zone euro. Cela suppose que l’euro numérique permette de réaliser des opérations de paiement avec davantage de célérité et d’efficacité. |
| 1.3. | Le CESE relève que l’introduction d’un euro numérique instaurera une nouvelle forme de la monnaie. Dans ce contexte, il souligne la nécessité, dans le cadre des réflexions sur l’adoption d’un euro numérique, de prendre en compte tous ses aspects positifs et toutes les possibilités qu’il offre mais aussi de recenser simultanément tous les risques qu’il peut receler, principalement à l’égard du secteur financier. C’est pourquoi il y aura lieu dans ce cadre de tenir compte lors de la conception de l’euro numérique du suivi, de la surveillance et de la gestion des risques potentiels. |
| 1.4. | Le CESE tient la stabilité financière pour l’une des questions vitales qui se posent sur la voie de l’introduction d’un euro numérique. Dans le cadre de cette dernière démarche; il importera donc que la BCE adopte toutes les mesures nécessaires en matière de supervision dans la lutte contre les opérations illégales, principalement pour ce qui est du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme, tout comme dans la lutte contre les cyberattaques. |
| 1.5. | Au titre des préparatifs en vue d’introduire un euro numérique, le CESE estime qu’il est encore possible d’améliorer l’efficacité et la compétitivité du système de paiement. Dans ce contexte, l’euro numérique est susceptible de réduire les risques tout en favorisant la stabilité financière. |
| 1.6. | Le CESE approuve les mesures de l’écosystème de la BCE visant à émettre un euro numérique. Sachant qu’il s’agit là d’un programme très compliqué, tributaire également dans une très large mesure de l’actuelle évolution rapide des technologies innovantes, il importera de mettre en évidence, au sein de l’écosystème de la BCE, les possibilités qui s’offrent pour choisir la configuration voulue. À cet égard, il importera de permettre les transactions dans la version en ligne mais aussi dans celle hors ligne. Il sera en outre nécessaire qu’aux fins des opérations de paiement transfrontières, les systèmes soient connectés de sorte qu’ils soient compatibles les uns avec les autres. |
| 1.7. | Le CESE suit, et continuera de suivre, très attentivement le programme de l’écosystème de la BCE en vue d’adopter un euro numérique. Aussi importera-t-il, tout au long de la suite du processus décisionnel au niveau de la BCE et de l’Eurosystème, que soient adoptées toutes les mesures concrètes et systémiques visant à sélectionner le modèle le plus adéquat parmi ceux proposés en respectant l’inclusivité financière, la stabilité financière et la protection de la vie privée. À l’heure actuelle, la BCE examine et jauge différentes conceptions. |
| 1.8. | Au regard du caractère complexe, mais avant tout exigeant, de ce programme d’action qui concerne chaque personne qui réside dans les États membres de l’Union européenne, le CESE met en relief la nécessité d’associer la société civile à la suite des préparatifs, des négociations et des débats touchant à l’introduction d’un euro numérique. |
2. Observations générales
| 2.1. | Le processus technologique évolutif entraîne une numérisation rapide dans l’ensemble des secteurs de l’économie, y compris au sein de la superstructure sociétale. L’on peut observer cette évolution rapide et cette incidence des innovations technologiques également au sein du secteur financier et des institutions qui offrent des services de paiement. Ce processus rapide de numérisation progresse également au sein du secteur public. |
| 2.2. | À l’heure actuelle, les banques centrales du monde entier débattent et délibèrent de l’adoption de monnaies numériques de banque centrale. Pour l’heure, les banques centrales des Bahamas et du Nigeria ont adopté une monnaie numérique en tant que moyen légal de paiement. Par ailleurs, plus de 110 États dans le monde s’attachent à étudier les possibilités d’émettre une monnaie numérique. |
| 2.3. | La République populaire de Chine a été la première des États du G20 à lancer avec succès un projet de monnaie numérique (1), sachant que cette dernière demeure pour l’instant déconnectée des autres banques centrales dans le reste du monde. Aux États-Unis, la Réserve fédérale a publié en janvier 2022 une étude pesant les avantages et les inconvénients de l’émission d’un dollar numérique. |
| 2.4. | Actuellement, 90 % des banques centrales, lesquelles comptent pour 95 % du PIB mondial, sont en train d’étudier l’adoption d’une monnaie numérique (2). Pour ainsi dire plus de la moitié des banques centrales dans le monde conçoivent ou mènent des expérimentations concrètes dans le cadre de l’introduction d’une monnaie numérique de banque centrale. En outre, deux tiers des banques centrales entendent, à court ou à moyen terme, introduire une telle monnaie aux fins des opérations de détail. |
| 2.5. | Il est généralement admis qu’après l’introduction de monnaies numériques de banque centrale, l’on peut escompter une réduction des charges et un surcroît d’efficacité, de célérité et de sécurité dans la réalisation des opérations de paiement. |
| 2.6. | Les démarches ainsi engagées pour introduire des monnaies numériques de banque centrale sont liées à l’évolution dynamique observée sur le marché des cryptomonnaies. Par ailleurs, l’apparition et la propagation rapide de la COVID-19 a encore accéléré ce processus de numérisation. |
| 2.7. | Lorsque les banques centrales prendront la décision d’émettre des monnaies numériques de banque centrale, il importera d’en prendre en compte l’effet sur la stabilité macrofinancière. L’on escompte que les États qui se seront décidés à adopter et éventuellement à mettre en circulation des monnaies numériques pourront profiter d’atouts importants sur le plan non seulement de la célérité, de l’efficacité et du volume des opérations mais aussi d’un fonctionnement ininterrompu du système de paiement et de règlement. |
| 2.8. | L’introduction d’un euro numérique par la Banque centrale européenne devrait viser à préserver le rôle que jouent les monnaies officielles en tant que socles du système de paiement et elle devrait également participer de l’autonomie stratégique et de l’efficacité économique de l’Europe. Par ailleurs, elle devrait contribuer à accroître la justice, la diversité et la résilience du système européen des paiements de détail et garantir simultanément un degré élevé de sécurité et de protection de la vie privée. En ce dernier domaine, l’Eurosystème est en effet résolu à faire valoir des normes élevées. Toutefois, il conviendrait de prévoir de faire figurer dans le cadre réglementaire ce niveau de protection de la vie privée supérieur à celui qu’offrent les solutions de paiement actuelles. |
3. Observations principales
| 3.1. | Le CESE relève qu’en s’engageant sur la voie de l’introduction d’un euro numérique, la BCE devrait viser à en réduire et à en éliminer les risques potentiels. Pour ce qui est de l’euro numérique en soi, plusieurs modèles sont envisagés dans le cadre des débats actuels, notamment ceux fondés sur la validation par des tiers et la validation entre pairs et dotés d’une fonctionnalité hors ligne ou en ligne (3). |
| 3.2. | Le CESE compte sur la BCE pour qu’elle étudie, dans le cadre de sa stratégie d’adoption d’un euro numérique, tous les types de risque et qu’elle prête attention à l’adoption de mesures visant à éliminer les risques potentiels. |
| 3.3. | Le CESE fait valoir la nécessité que la BCE s’attache également, dans son dessein d’introduire un euro numérique, à préserver la stabilité financière et à s’assurer d’un passage sans heurt à cette monnaie. Aussi importera-t-il de continuer d’analyser de manière approfondie les différents éléments de la proposition relative à l’euro numérique, s’agissant notamment de son incidence future sur la stabilité macrofinancière. |
| 3.4. | Le CESE s’attend à ce qu’il soit nécessaire, au regard du processus évolutif des technologies, de prendre en compte également les autres risques éventuels qui en découlent. C’est pourquoi la BCE devra, au moyen de sa stratégie pour l’introduction d’un euro numérique, relever le double défi d’une part, d’assurer la stabilité financière et de transformer sans heurts la politique monétaire et d’autre part, d’assurer un processus dynamique de développement technologique et d’innovation. |
| 3.5. | Le CESE escompte qu’il sera nécessaire, lors de l’exécution de paiements étrangers, de prendre toutes les mesures contre le financement du terrorisme et toute autre opération illicite (4). À cet égard, le CESE estime qu’il se présente une importante marge de manœuvre pour une coopération internationale et une coordination d’intérêt mutuel entre chacune des différentes banques centrales et les institutions internationales monétaires, financières et économiques (5). |
| 3.6. | Le CESE relève la nécessité de tenir compte, lors de l’évaluation des différentes formes de monnaie, des fonctions que celle-ci remplit, à savoir celles de réserve de valeur, d’unité de compte et de moyen d’échange. En particulier, l’euro numérique devrait servir notamment de moyen de paiement sans devenir un instrument d’investissement financier afin d’éviter des conséquences négatives pour le secteur financier. |
| 3.7. | Le Comité part du principe que pour obtenir un effet maximal dans l’accomplissement de la fonction de moyen de paiement, il importera que l’offre de moyens financiers soit suffisante et ne fasse l’objet d’aucune restriction a priori. Par ailleurs, le CESE attire l’attention sur l’importance que revêtira, dans le cadre des relations mutuelles de paiement et de règlement, l’acceptation de la part des personnes aussi bien physiques que morales. Il conviendra toutefois de disposer d’instruments qui permettent d’éviter l’emploi de l’euro numérique à des fins d’investissement (6). |
| 3.8. | Le CESE escompte que la BCE, lorsqu’elle réfléchit à l’introduction d’un euro numérique, tiendra compte de la nécessité de relever certains défis touchant principalement à la sécurité des paiements, à leur efficacité, à l’inclusivité financière, sans oublier la stabilité financière ni la transmission de la politique monétaire et d’autres considérations semblables. Le dessein de certaines entreprises du secteur privé de créer des monnaies numériques a précipité les projets de monnaie numérique de banque centrale. Il est essentiel que la BCE compte avec une concurrence supplémentaire de la part de ces monnaies numériques du secteur privé (7). |
| 3.9. | Le CESE attire l’attention sur l’importance pour la BCE de décider de la manière d’établir les conditions visant à éviter une éventuelle défaillance du marché. En outre, il sera nécessaire d’établir la manière de procéder dans le cas des banques privées mais aussi des institutions financières qui prestent des services de paiements nationaux ou internationaux. De ce fait, pour la BCE, au fil de ses préparatifs, la décision de choisir parmi les modèles possibles de monnaie numérique de banque centrale revêtira une grande importance. |
| 3.10. | À l’heure actuelle, l’on connaît les modèles suivants: le modèle direct, le modèle indirect et le modèle intermédié et hybride. Le CESE fait en outre valoir que lorsqu’il sera recouru à l’un des modèles possibles pour introduire la monnaie numérique de la BCE, l’une des tâches les plus importantes consistera à établir une coordination mutuelle des banques centrales (8). |
| 3.11. | Le CESE part du principe que les systèmes de paiement transfrontières pour les opérations de détail en euros numériques seront suffisamment rapides, tout en engendrant de moindres charges, et présenteront davantage de transparence et de sécurité, ainsi qu’une accessibilité très supérieure. |
| 3.12. | Le CESE fait valoir que la coordination mutuelle des paiements de détail permettra de réaliser plus aisément les diverses opérations dans le cadre des différents modèles qu’accepteront les différentes banques centrales lors de l’introduction de l’euro numérique. Meilleure sera la coordination entre les prestataires des différents services de paiements, meilleure sera la satisfaction obtenue parmi les utilisateurs et les prestataires de services. |
| 3.13. | Le CESE suppose que l’euro numérique constituera une nouvelle forme de monnaie. Grâce aux innovations technologiques, l’on aboutit à deux formes de monnaie numérique, à savoir a) les actifs numériques de banque centrale et b) les actifs numériques privés. À cet égard, il s’impose de tenir compte non seulement de la concurrence que celles-ci pourraient exercer mais aussi de la place qu’occupera l’euro numérique dans les relations monétaires internationales sachant qu’il est la deuxième des monnaies de réserve. |
4. Recommandations particulières
| 4.1. | Le CESE fait observer que dans l’hypothèse de l’émission d’un euro numérique, la BCE veillera, en coopération avec les banques commerciales, à continuer de fournir des espèces et à ce que celles-ci puissent continuer d’être utilisées dans les opérations de détail (9). |
| 4.2. | Le CESE fait valoir que la BCE devrait surveiller tous les risques potentiels. L’une des mesures importantes afin d’assurer la stabilité de la monnaie dans la chaîne de blocs prendra la forme d’une monnaie numérique stable (10). À cet égard, il importera de définir la manière dont la BCE traitera cette dernière forme de monnaie numérique, qui peut également être liée à un euro numérique. |
| 4.3. | Le CESE souligne l’importance que revêtiront les espèces pour préserver le caractère inclusif de la monnaie. Certains pans de la société, notamment les personnes âgées et celles défavorisées sur le plan financier, n’ont pas toujours accès aux comptes numériques ni aux cartes de crédit. Pour elles, les espèces sont le seul moyen de paiement. En outre, les espèces constituent une garantie contre une ingérence abusive dans la vie privée des citoyens. L’accroissement de la masse de billets dans l’économie témoigne de la confiance placée dans cette forme de monnaie, à la suite aussi de la crise financière de 2008 et probablement de son fait. |
| 4.4. | Le CESE relève qu’à l’heure actuelle, presque toutes les banques centrales du monde qui se sont dotées d’une stratégie pour adopter une monnaie numérique de banque centrale étudient et testent la forme, le système, la conception et le modèle de leurs futures monnaies numériques. |
| 4.5. | Le CESE est conscient du dilemme que pose à la BCE le processus engagé d’innovation technologique (11), s’agissant de savoir comment poursuivre le processus entamé de numérisation de l’euro, tout en assurant sa coordination avec d’autres monnaies numériques de banque centrale, et par ailleurs comment s’assurer de l’inclusivité financière et de la stabilité macroéconomique et financière. |
| 4.6. | Le CESE n’escompte pas que l’introduction d’un euro numérique intervienne après qu’aient été résolues toutes les questions liées à la révolution technologique évolutive. On peut s’attendre à une réduction significative du volume des moyens de paiement en espèces. En outre, il sera nécessaire de traiter de la question de la souveraineté monétaire, y compris l’appui au processus de numérisation lié aux paiements et aux virements étrangers, et notamment la solution de la question essentielle liée à l’inclusion financière. Il s’agit là de questions en suspens auxquelles la BCE est d’ores et déjà confrontée. |
| 4.7. | Le CESE relève que l’introduction d’un euro numérique ne pourra satisfaire de manière égale tous les États membres, compte tenu des conditions différentes qui prévalent en leur sein. Par conséquent, lors du passage à un euro numérique, il sera nécessaire de tenir compte avant tout de l’ampleur prévue de son utilisation dans chacun des États. L’euro numérique sera mis à disposition de tous les résidents de la zone euro, tout comme ceux-ci obtiennent des espèces quel que soit l’État dont ils ressortissent. Son utilisation peut varier selon les usages et les normes qui prévalent dans chacun des différents pays. |
| 4.8. | Le CESE entend qu’il importera, lors des travaux de définition de chacun des traits caractéristiques retenus pour l’introduction de l’euro numérique, de tenir compte avant tout des conditions de protection de la vie privée, mais aussi du moment de sa mise sur le marché. En outre, il conviendra d’utiliser l’infrastructure actuelle et la nouvelle architecture technique lorsqu’il s’agira d’assurer les opérations de paiement et les procédures d’identification de leurs clients. |
| 4.9. | Le CESE est convaincu que l’euro numérique concret présentera un niveau élevé de protection de la vie privée. Bien qu’un horizon temporel n’ait pas encore été défini précisément, il importe fortement de se préparer très soigneusement dès à présent. En outre, le Comité relève que la BCE tiendra compte, lors de l’émission de l’euro numérique, de toutes les exigences en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, ce qui ne signifie pas que la BCE effectuera elle-même les contrôles voulus selon le principe de «connaître son client». En fonction de la configuration de l’euro numérique, les entités agissant sous sa surveillance pourraient y procéder. |
| 4.10. | Le CESE part du principe qu’il importera également de peser les questions de souveraineté nationale, tout comme l’incidence sur le système bancaire européen. Bien que le système de paiement européen dans son ensemble ne soit actuellement pas totalement unifié, il dispose du grand atout qu’il est accessible tant aux personnes physiques qu’aux personnes morales. Jusqu’à présent, après la crise financière mondiale, il s’est avéré relativement efficace, stable et sûr. |
| 4.11. | Le CESE plaide en faveur de l’achèvement de l’union bancaire. En effet, une union bancaire totale et véritable contribuerait à renforcer encore la résilience et l’uniformité du système bancaire européen. Cet aspect est essentiel et bénéfique également du point de vue d’un éventuel euro numérique. |
| 4.12. | Le CESE part du principe que les banques commerciales des pays de la zone euro bénéficient actuellement de conditions favorables pour réaliser leurs opérations de paiement. Dans ce contexte, l’on peut tabler sur la nécessité pour les banques commerciales et les autres institutions du secteur financier, y compris les établissements fournissant des services de paiement, de coopérer étroitement avec la BCE à l’occasion de la création et de l’introduction de l’euro numérique. |
| 4.13. | Lors de l’introduction et de la mise en œuvre des monnaies numériques de banque centrale dans les conditions générales qui prévalent dans les pays de la zone euro, il conviendra de prendre en compte au moins les trois caractéristiques suivantes d’une très grande importance:
|
| 4.14. | Le CESE escompte que la BCE préparera et appliquera toute une série de mesures visant à introduire un euro numérique conformément au calendrier adopté. Il souligne en outre, dans le contexte d’un degré élevé d’interconnexion des systèmes de paiement, la nécessité d’une coopération très étroite non seulement au sein des États membres de la zone euro, mais aussi avec les autres banques centrales dans le monde et avec les institutions financières et monétaires compétentes, qui fournissent également l’assistance technique nécessaire. |
| 4.15. | Introduire un euro numérique suppose de préparer toutes les conditions matérielles et systémiques nécessaires pour qu’il fonctionne efficacement. Sachant que cette mesure touche l’ensemble des citoyens des États membres de la zone euro et partant, de l’Union européenne, il sera grandement nécessaire d’associer la société civile, le secteur de la recherche et le monde universitaire à la suite des débats sur l’adoption et l’introduction d’un euro numérique. |
Bruxelles, 26 octobre 2022.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) Dès 2014, la République populaire de Chine a lancé un projet de yuan numérique. Il a été possible d’utiliser ce dernier à l’occasion des Jeux olympiques d’hiver organisés en 2022 à Pékin. Pour l’heure, la monnaie numérique qu’est l’e-yuan n’est utilisée que sur le territoire de la République populaire de Chine.
(2) Pour de plus amples informations, se reporter au site https://news.bitcoin.com/105-countries-are-exploring-central-bank-digital-currencies-cbdc-tracker-shows/
(3) Pour de plus amples informations, se reporter au site internet https://www.ecb.europa.eu/paym/digital_euro/investigation/governance/shared/files/ecb.degov220504_magdesignfeatures.en.pdf?2e15ee7911b93a720fbdebe09cfa1a79
(4) Pour de plus amples informations, voir le dernier avis en date du CESE concernant cette question, portant sur le paquet «Lutte contre le blanchiment de capitaux» (JO C 152 du 6.4.2022, p. 89).
(5) Les institutions qui se sont le plus attelées au processus d’introduction d’une monnaie numérique de banque centrale sont les suivantes: le Fonds monétaire international, la Banque des règlements internationaux, la Banque mondiale, et d’autres institutions monétaires, financières et économiques publiques et privés.
(6) Pour de plus amples informations, se reporter au site internet https://www.ecb.europa.eu/paym/digital_euro/investigation/governance/shared/files/ecb.degov220711_tools.en.pdf?fb2430528d8f964513dd66ffcd8cbaf7
(7) Les monnaies numériques privées (cryptomonnaies) peuvent concurrencer les monnaies numériques de banque centrale. Depuis l’éclatement de la crise financière mondiale, l’on a observé un net essor dans le secteur des monnaies numériques privées.
(8) Dans le cadre de la coordination mutuelle de différents modèles de systèmes de paiements transfrontières, il importe que ceux-ci soient compatibles entre eux.
(9) Pour de plus amples informations, se reporter à l’avis du CESE sur une stratégie en matière de paiements de détail pour l’UE (JO C 220 du 9.6.2021, p. 72).
(10) Une monnaie numérique stable est une cryptomonnaie à prix fixe, dont le prix de marché est lié à d’autres actifs. Par rapport à d’autres cryptomonnaies telles que le bitcoin, il est possible de lier la monnaie numérique stable à d’autres actifs tels que certaines réserves ou des monnaies convertibles, notamment le dollar des États-Unis ou l’euro, qu’il est possible d’échanger sur les places de marché.
(11) Le processus technologique évolutif découle de celui de finance décentralisée, comme par exemple les expérimentations menées par de grandes entreprises technologiques. Diem/Libra et l’introduction de l’e-CNY sont ainsi le résultat d’un processus technologique révolutionnaire.
Documents similaires
Initiative législative — 52022IP0451
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0450
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0449
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0448
15/12/2022