| CELEX | 52022IE0778 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 13 juillet 2022 |
| 22.11.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 443/44 |
Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Politique de la jeunesse dans les Balkans occidentaux, dans le cadre du programme d’innovation pour les Balkans occidentaux»
(avis d’initiative)
(2022/C 443/06)
| Rapporteur: | Ionuț SIBIAN |
| Corapporteur: | Andrej ZORKO |
| Décision de l’assemblée plénière | 20.1.2022 |
| Base juridique | Article 52, paragraphe 2, du règlement intérieur |
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| Avis d’initiative |
| Compétence | Section «Relations extérieures» |
| Adoption en section | 9.6.2022 |
| Adoption en session plénière | 13.7.2022 |
| Session plénière no | 571 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 165/2/1 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen (CESE) reconnaît les progrès réalisés en vue d’élaborer des cadres politiques solides en faveur de la jeunesse et invite les gouvernements des partenaires des Balkans occidentaux à investir davantage dans des politiques de la jeunesse fondées sur des données probantes qui répondent aux défis liés à l’épanouissement des jeunes. Afin d’assurer un développement durable au sein des populations locales, le CESE considère qu’il est essentiel que l’évolution des institutions, des programmes et des politiques se fonde sur les points de vue des jeunes en matière de développement humain. Le CESE est en outre persuadé que l’octroi de dotations budgétaires suffisantes et transparentes pour l’élaboration de la politique de la jeunesse constitue une condition préalable à la facilitation de changements positifs et à l’amélioration de la situation des jeunes. |
| 1.2. | Le CESE invite les gouvernements nationaux des Balkans occidentaux à suivre les principaux documents de l’Union européenne (UE) relatifs à la politique de la jeunesse, à poursuivre l’élaboration de politiques nationales en faveur de la jeunesse et à permettre la participation des jeunes à la conception desdites politiques. |
| 1.3. | Le CESE estime que la collecte systématique de données de haute qualité axées spécifiquement sur les jeunes est une condition préalable à l’élaboration de politiques et de mesures de soutien éclairées en faveur des jeunes, surtout des groupes de jeunes vulnérables. En particulier, le système de collecte et de traitement des données relatives à la dimension sociale de la participation des jeunes doit être considérablement amélioré (1). |
| 1.4. | Pour lutter contre la pauvreté et améliorer la qualité de l’éducation, le CESE est d’avis qu’il est crucial d’associer les partenaires sociaux et les organisations de la société civile afin de mener à bien une réforme plus large visant à améliorer les droits sociaux et les perspectives des jeunes. Les partenaires sociaux et les autres organisations de la société civile devraient jouer un rôle plus important dans le dialogue sur les réformes sociales et économiques. Le soutien direct de l’UE devrait permettre de prendre en compte les points de vue des partenaires sociaux et des organisations de la société civile. |
| 1.5. | Le CESE demande le renforcement des programmes et des structures régionales de l’Union afin de toucher davantage de jeunes dans les Balkans occidentaux tout en leur offrant des possibilités de formation, de mobilité, de volontariat et d’emploi. |
| 1.6. | Le CESE appelle à mettre davantage l’accent sur l’enseignement et la formation professionnels, en combinant des programmes d’apprentissage avec un apprentissage théorique aux niveaux secondaire et supérieur. Le Comité est d’avis qu’il convient de renforcer la collaboration étroite entre les politiques en matière d’éducation et de formation et le monde des entreprises, ainsi que de mettre davantage l’accent sur les compétences que sur les qualifications. |
| 1.7. | Le CESE accueille favorablement le plan économique et d’investissement pour les Balkans occidentaux, appelant à améliorer la participation au marché du travail, notamment celle des jeunes et des femmes, des groupes défavorisés et des minorités, en particulier les Roms. La mise en œuvre de ce plan devrait en maximiser les avantages pour les jeunes. |
| 1.8. | Le CESE plaide pour la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse dans les Balkans occidentaux en suivant les recommandations du Conseil sur le renforcement de la garantie pour la jeunesse (2). |
| 1.9. | Afin de mettre en œuvre une garantie pour la jeunesse dans les Balkans occidentaux, le CESE appelle à renforcer les capacités des services publics de l’emploi (SPE) et de leur personnel dans les pays de la région. |
| 1.10. | Le CESE attire l’attention sur l’importance de la coopération entre différents partenaires sur la question du chômage des jeunes. Des partenariats devraient être établis à tous les niveaux d’administration, entre les prestataires de la garantie pour la jeunesse et les parties intéressées, telles que les partenaires sociaux, les établissements d’enseignement et de formation, les organisations de jeunesse et d’autres organisations de la société civile. |
| 1.11. | Le CESE estime qu’il convient d’accorder de l’attention et du soutien au renforcement des capacités des partenaires sociaux et au développement du dialogue social et de la négociation collective pour atténuer la précarité des conditions de travail et améliorer la qualité des emplois. Le CESE invite également les partenaires sociaux des Balkans occidentaux, aux niveaux national et sectoriel, à associer activement les jeunes à toutes leurs activités, y compris la négociation collective. |
| 1.12. | Compte tenu des possibilités liées à la proclamation de 2022 comme «Année européenne de la jeunesse», le CESE est persuadé que l’approche consistant à prendre à bras-le-corps les problèmes des jeunes et à rapprocher l’Europe des jeunes devrait valoir non seulement pour les jeunes vivant dans l’Union, mais aussi pour ceux de tous les partenaires des Balkans occidentaux. |
| 1.13. | Le CESE encourage l’UE et ses partenaires des Balkans occidentaux à mettre en place, conformément à la stratégie de l’Union en faveur de la jeunesse, un outil d’évaluation de l’impact sur la jeunesse, appelé «évaluation d’impact du point de vue des jeunes». Cette évaluation d’impact garantirait que les jeunes soient pris en considération lors des processus d’élaboration des politiques, et permettrait d’élaborer des politiques mieux ciblées et de recenser les mesures d’atténuation nécessaires pour éviter toute incidence négative sur les jeunes. |
| 1.14. | Le CESE considère que les gouvernements des partenaires des Balkans occidentaux doivent s’efforcer de faire de la coopération régionale une priorité politique. En soutenant cette transformation, l’Union devrait aider les Balkans occidentaux à recenser les domaines et possibilités clés susceptibles de favoriser des changements pour les citoyens de l’ensemble des Balkans occidentaux, et les jeunes au premier chef. |
| 1.15. | Les conclusions du sommet des Balkans occidentaux du processus de Berlin (3) qui s’est tenu à Berlin en 2021 soulignent la nécessité de renforcer les organisations et les réseaux de la jeunesse. Le CESE invite la Commission européenne à poursuivre l’examen des moyens de soutenir les structures de jeunesse concernées, par exemple les conseils nationaux de la jeunesse et les organisations faîtières de la jeunesse dans les Balkans occidentaux, au niveau régional, pour permettre un dialogue régional sur la politique en faveur de la jeunesse. |
| 1.16. | Le CESE est d’avis que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour renforcer l’éducation et la représentation politiques des jeunes, tant dans le cadre de la politique générale que par l’intermédiaire des structures de jeunesse, comme les conseils nationaux de la jeunesse ou les conseils locaux ou municipaux. Le CESE invite dès lors les institutions de l’Union européenne à continuer d’aider les Balkans occidentaux à améliorer la participation des jeunes. |
| 1.17. | Le CESE se félicite que le programme d’innovation pour les Balkans occidentaux prévoie de nouvelles actions visant à soutenir la participation de ces derniers à tous les programmes de l’Union concernant la recherche, l’innovation, l’éducation, la culture, la jeunesse et le sport. Compte tenu de la corrélation positive entre la mobilité dans le domaine de l’éducation ou de la formation et l’engagement civique et politique des jeunes, des actions supplémentaires menées en la matière pourraient favoriser la participation et l’engagement des jeunes. |
| 1.18. | Le CESE souligne l’importance des jeunes pour l’avenir des Balkans occidentaux et, par conséquent, la nécessité de prendre des mesures concrètes pour faire de la région un lieu offrant des perspectives et des chances d’avenir aux jeunes, leur permettant d’y rester et d’y prospérer (4). Il est extrêmement important d’associer en temps utile les jeunes à la conception et à la mise en œuvre des changements sociaux et politiques. |
2. Introduction
| 2.1. | Selon Eurostat (5), les Balkans occidentaux comptent au total quelque 3,6 millions de jeunes, représentant environ 21 % de la population. Le Kosovo (*1) affiche la plus forte proportion de jeunes dans la population totale (26,29 %), suivi par l’Albanie (23,4 %), la Bosnie-Herzégovine (20,37 %), la Macédoine du Nord (20,32 %), le Monténégro (19,49 %) et la Serbie (16,8 %). La proportion d’hommes et de femmes parmi les jeunes est similaire dans tous les pays partenaires des Balkans occidentaux, la population masculine étant légèrement plus importante: dans la région, 51,16 % des jeunes sont des hommes et 48,84 % sont des femmes (6). |
| 2.2. | Les partenaires des Balkans occidentaux ont accompli des progrès considérables quant à la poursuite de l’établissement et de la consolidation de leur cadre d’action en faveur de la jeunesse, en adoptant des lois, des stratégies et des plans d’action pertinents. Toutefois, un système pour la jeunesse pleinement opérationnel qui garantisse l’autonomisation, l’engagement et la participation efficaces des jeunes au processus décisionnel doit encore être mis en place. Diverses lacunes apparaissent, qu’il s’agisse de questions politiques plus larges et d’un manque de volonté de donner la priorité à la jeunesse dans le cadre d’une politique interinstitutionnelle et transsectorielle ou encore de difficultés très précises au suivi et à l’évaluation systématiques de l’élaboration et de la mise en œuvre de la politique de la jeunesse, à la collecte de données et à la publication (7). |
| 2.3. | Il convient également de veiller au respect des droits de l’enfant afin de promouvoir le bien-être des jeunes. Des actions politiques durables à cet égard augmentent le bien-être des enfants et contribuent au bon déroulement du passage à l’adolescence et au début de l’âge adulte. |
3. Développement du capital humain
| 3.1. | Le niveau et la pertinence de l’éducation sont essentiels pour offrir aux jeunes des perspectives d’emploi, ainsi que pour leur évolution de carrière et leur inclusion sociale dans l’espace régional. Néanmoins, les systèmes éducatifs révèlent encore des lacunes en ce qui concerne la prise en charge de tous les étudiants et la transmission des compétences appropriées aux jeunes diplômés. Des liens insuffisants ou inefficaces avec d’autres volets de l’action tels que l’emploi, l’économie, les services sociaux et la protection sociale exposent de nombreux enfants et jeunes au risque de décrochage scolaire, d’exclusion sociale et de pauvreté (8). |
| 3.2. | S’ils veulent construire une économie dynamique, les Balkans occidentaux doivent investir dans les connaissances et le développement des compétences des jeunes. Les réformes du système éducatif sont essentielles pour faire progresser les efforts de développement engagés (9). Les Balkans occidentaux doivent encore améliorer leurs performances, veiller à ce que les jeunes acquièrent des compétences fondamentales et réduire leurs écarts de performance avec l’Union européenne. |
| 3.3. | L’émigration issue des Balkans occidentaux est un problème de longue date qui s’explique par des problèmes économiques, sociaux et institutionnels et qui menace les perspectives de développement de la région. Dans un avenir prévisible, l’on doit s’attendre à ce que l’émigration se poursuive dans la majeure partie de la région, mais elle ne devrait pas empêcher l’adoption de politiques appropriées pour que les jeunes restent dans la région. Les gens font le choix de partir pour de multiples raisons, mais celles-ci tiennent souvent à la difficulté d’atteindre une qualité de vie suffisamment élevée pour soi-même et pour sa famille si l’on reste sur place. La fuite des cerveaux réduit le capital humain nécessaire à la croissance économique, tandis que les infrastructures sociales existantes manquent à améliorer les conditions de vie de ceux qui sont au bord du chemin. Il convient également de prendre des mesures appropriées au niveau national pour que la «fuite des cerveaux» laisse la place à la «circulation des cerveaux». |
| 3.4. | Le départ massif des populations reste une préoccupation majeure pour la plupart des pays des Balkans occidentaux, compte tenu des conséquences de ce phénomène sur les perspectives économiques, sociales et politiques d’une région qui accuse encore un important retard économique par rapport à l’Union. Il est difficile de mesurer avec précision le nombre total de personnes ayant quitté la région. Les données (10) montrent que les mouvements de départ se poursuivent. Entre 2012 et 2018, quelque 155 000 personnes en moyenne ont quitté chaque année la région pour un pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), et pour la seule année 2018, ce nombre s’élevait à 175 000 personnes (11). |
| 3.5. | Outre les meilleures perspectives économiques à l’étranger, les études ont également mis en évidence le rôle décisif que joue la recherche d’institutions publiques efficaces et fiables en tant que facteur d’émigration. Une analyse du Fonds monétaire international (12) de 2016 montre que, si tous les types de migrants recherchent de meilleures perspectives économiques à l’étranger, ceux d’entre eux qui sont le plus hautement qualifiés sont aussi poussés par la situation institutionnelle dans leur pays d’origine, notamment la corruption et le népotisme pour obtenir un emploi, et les moins qualifiés sont eux attirés par des systèmes de prestations sociales plus étendus et plus fiables (13). Le niveau élevé de corruption dans la région est un facteur déterminant pour les flux migratoires sortants, à quoi s’ajoute le fait que 63 % des citoyens de la région n’ont pas confiance dans les pouvoirs judiciaire et législatif (14). |
| 3.6. | Les jeunes de la région sont extrêmement désireux de partir à l’étranger pour avoir de meilleures perspectives d’avenir, ce qui explique la surreprésentation des jeunes dans le nombre total d’émigrants. En Bosnie-Herzégovine, en Macédoine du Nord et en Albanie, par exemple, plus de 50 % des jeunes souhaitent vivre et travailler à l’étranger pour une durée de plus de vingt ans, ce qui indique une perte potentiellement importante à long terme pour l’avenir démographique et économique de la région (15). Le niveau élevé de migration des jeunes en provenance des Balkans occidentaux découle, en particulier, de l’impossibilité des jeunes à accéder à une éducation de qualité, et des possibilités économiques limitées une fois le diplôme obtenu, ce qui contraint nombre d’entre eux à rechercher des possibilités d’études à l’étranger. En 2018, 6 % des étudiants de la région en âge universitaire avaient effectué leurs études dans un pays étranger, contre 3 % dans l’Union. |
| 3.7. | Les infrastructures sociales des Balkans occidentaux ne sont pas suffisantes pour soutenir la capacité de la région à développer et à maintenir une base solide de capital humain, en particulier dans le contexte de la fuite des cerveaux. La plupart des secteurs de l’éducation des pays concernés sont confrontés à des pénuries de financement et de ressources qui se traduisent par un accès à l’éducation et des résultats insuffisants. Les résultats insuffisants sur le plan de l’éducation ne permettent pas, à leur tour, d’apporter les compétences nécessaires dont les générations futures ont besoin pour répondre aux exigences des entreprises existantes et contribuer à en créer de nouvelles. |
| 3.8. | Il est essentiel de maximiser la valeur du capital humain pour accroître la compétitivité et lutter contre le chômage. À l’heure actuelle, la main-d’œuvre doit être dotée d’un éventail de compétences transférables, d’une capacité d’adaptation et d’un esprit d’entreprise, tout en garantissant une sécurité sociale adéquate. |
| 3.9. | Les systèmes éducatifs et les programmes d’enseignement actuels doivent réformer et renforcer l’employabilité des jeunes générations en promouvant l’enseignement et la formation professionnels (EFP), l’éducation numérique et les questions liées à l’entrepreneuriat. |
| 3.10. | Il convient d’encourager et de promouvoir les capacités entrepreneuriales des jeunes. Les décideurs politiques doivent s’assurer que les jeunes disposent d’un environnement favorable pour créer leur propre entreprise et devenir entrepreneurs, et ils doivent soutenir et faciliter l’accès au financement des jeunes entreprises. |
| 3.11. | Dans un monde en évolution rapide, la lutte contre le changement climatique, les nouveaux modèles commerciaux, la capacité de recherche et d’innovation, ainsi que la mise au point de nouvelles solutions technologiques pour la transition écologique s’avèrent essentiels. À cette fin, il est important d’augmenter le nombre de jeunes, en particulier de jeunes femmes, forts de compétences dans le domaine des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) et de compétences numériques. |
| 3.12. | La transition énergétique suppose une transformation de l’emploi tel qu’il existe actuellement: certains emplois sont détruits et ceux qui sont créés requièrent de nouvelles compétences vertes et numériques. Le système d’éducation et de formation doit s’adapter à la demande croissante de compétences nouvelles. Les programmes d’éducation et de formation devraient s’aligner sur l’évolution des besoins des entreprises et sur la double transition écologique et numérique. |
4. Les défis en matière d’emploi des jeunes dans les Balkans occidentaux
| 4.1. | Les principaux problèmes auxquels est confrontée la politique de l’emploi des jeunes dans la région sont la coordination des acteurs à différents niveaux de gouvernement et dans différents domaines d’action (emploi, éducation, soins de santé, logement); des faiblesses dans la qualité des systèmes éducatifs et des lacunes dans l’enseignement des compétences exigées sur le marché du travail; l’inefficacité du processus de recherche d’emploi qui entraîne une inadéquation des compétences et de longues transitions entre l’école et l’université et le monde du travail; la prévalence d’emplois précaires dans certaines économies; la rareté des emplois disponibles pour les jeunes; une pénurie d’infrastructures de garde d’enfants pour aider les femmes de retour au pays à travailler; et le haut niveau d’économie informelle. |
| 4.2. | Les jeunes des Balkans occidentaux occupent une position défavorable sur les marchés du travail de la région. En 2020, le taux d’emploi des jeunes pour la tranche d’âge des 15-24 ans était inférieur à 27 % dans toute la région des Balkans occidentaux, tandis que le taux de chômage des jeunes chez les 15-24 ans dépassait les 26 % (contre seulement 16,8 % dans l’EU-27 pour la même tranche d’âge), atteignant même 50 % au Kosovo (16). |
| 4.3. | La part des jeunes qui ne travaillent pas et qui ne suivent ni études ni formation (NEET) pour la tranche des 15-24 ans est en moyenne de 23,7 % dans les Balkans occidentaux, allant de 15,9 % en Serbie à 37,4 % au Kosovo, contre seulement 11,1 % dans l’Union européenne pour la même catégorie (17). |
| 4.4. | Le chômage de longue durée touche près des deux tiers de l’ensemble des jeunes chômeurs en Macédoine du Nord, en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo, et deux tiers des jeunes chômeuses au Monténégro. |
| 4.5. | Le taux de participation des jeunes au marché du travail (taux d’activité) était également inférieur à celui de l’Union européenne, et un écart important existe entre les hommes et les femmes en matière de participation au marché du travail, ce qui découle en partie du déficit de structures de garde d’enfants pour les jeunes mères qui souhaitent intégrer le marché du travail. L’écart entre les hommes et les femmes se reflète également dans les taux d’emploi des jeunes femmes, qui sont inférieurs aux taux d’emploi des jeunes hommes partout dans la région. Là où les taux de chômage des jeunes sont les plus élevés (Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Macédoine du Nord, Serbie), le taux de chômage des jeunes femmes est supérieur au taux masculin. En revanche, en Albanie et au Monténégro, le taux de chômage des jeunes femmes est inférieur au taux masculin, comme dans l’Union européenne. |
| 4.6. | Les jeunes sont confrontés à une situation précaire sur les marchés du travail. Dans toutes les économies de la région, la proportion de jeunes soumis à des contrats temporaires est plus élevée que dans l’UE, en particulier au Kosovo et au Monténégro, où plus de trois quarts des jeunes salariés doivent signer ce type de contrat, ou encore en Serbie, où c’est le cas pour plus de la moitié d’entre eux. Un tel emploi précaire peut nuire au bien-être individuel et à la productivité des économies. |
| 4.7. | La prise en compte des besoins de la population jeune devrait devenir une priorité, compte tenu notamment du nombre élevé de jeunes qui ne travaillent pas et qui ne suivent ni études ni formation (NEET). Il convient de réaffirmer la nécessité de mesures fondées sur l’exemple de la garantie pour la jeunesse de l’Union, d’autant plus en temps de crise. Celles-ci permettront d’offrir aux jeunes un emploi, une formation complémentaire, un apprentissage ou un stage, en leur donnant ainsi des solutions et des perspectives contribuant à lutter contre la fuite des cerveaux. |
5. Les jeunes des Balkans occidentaux en tant que force importante de la coopération régionale et de la promotion de l’intégration européenne
| 5.1. | La prospérité et la convergence avec l’UE devraient reposer sur les principes d’inclusion, de confiance et de coopération. Le CESE souligne qu’en poursuivant leurs réformes entreprises sous l’impulsion de l’UE et en mettant en œuvre leurs plans d’investissement, les gouvernements des Balkans occidentaux se sont engagés à respecter les valeurs européennes fondamentales que sont la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux, ainsi que la réconciliation (18). |
| 5.2. | Le CESE convient que la coopération régionale dans les Balkans occidentaux est essentielle au processus d’élargissement et celle-ci devrait être encore renforcée pour appuyer la transformation. Une perspective d’adhésion crédible constitue tout à la fois le principal aiguillon et la force motrice essentielle s’agissant d’induire la transformation dans la région. Elle représente un outil essentiel pour promouvoir la démocratie, l’état de droit et le respect des droits fondamentaux, qui constituent également les principaux facteurs d’intégration économique et offrent un socle déterminant pour favoriser la réconciliation et la stabilité dans la région (19). |
| 5.3. | Le CESE observe que plusieurs initiatives européennes et régionales cardinales ont été lancées ces dernières années, en particulier pour la région des Balkans occidentaux, afin de la rapprocher de l’Union, mais aussi de renforcer la coopération entre les jeunes. L’Union européenne reste le principal partenaire stratégique de la région, fournissant des fonds et une assistance par le truchement de différents programmes (IAP, Erasmus+, etc.). Par ailleurs, s’appuyant sur l’exemple réussi de l’Office franco-allemand pour la jeunesse, l’Office régional de coopération pour la jeunesse (RYCO) a été lancé en 2016 dans l’optique de promouvoir l’esprit de réconciliation et de coopération entre les jeunes de la région au moyen de programmes d’échange de jeunes. |
| 5.4. | L’Office régional de coopération pour la jeunesse joue un rôle important dans le renforcement de la coopération et de la réconciliation entre les jeunes des Balkans occidentaux. Le soutien de l’Union européenne pour rationaliser la coopération régionale en faveur de la jeunesse, laquelle constitue un élément essentiel pour parvenir à la paix et à la stabilité dans la région, a été capital. Le rôle des jeunes dans la promotion des perspectives d’avenir dans la région ne devrait pas être renforcé uniquement par les actions de l’Office régional de coopération pour la jeunesse. |
| 5.5. | Le titre de «Capitale européenne de la jeunesse» est décerné par le Forum européen de la jeunesse. Il a pour ambitions d’autonomiser la jeunesse, d’encourager la participation des jeunes et de consolider l’identité européenne dans les villes. En 2022, la capitale européenne de la jeunesse est la ville de Tirana. Sous le slogan «Activate Youth» (Mettre la jeunesse en action), l’objectif principal de cette opération est d’encourager une participation active axée sur les besoins des jeunes, aujourd’hui et demain. Le programme comprend des activités visant à promouvoir le bénévolat, à donner aux organisations de jeunesse les moyens d’agir et à créer des réseaux et des synergies entre les jeunes de toute l’Europe. |
| 5.6. | Le renforcement de la coopération entre les institutions européennes et les acteurs des Balkans occidentaux en matière de politique de la jeunesse ainsi que l’organisation conjointe d’activités d’apprentissage mutuel contribuent à la réussite de la mise en œuvre du programme d’innovation pour les Balkans occidentaux. |
| 5.7. | Les actions entreprises pour associer les Balkans occidentaux aux programmes de l’Union en faveur de la jeunesse devraient être coordonnées avec les programmes en cours proposés par l’Office régional de coopération pour la jeunesse. Le CESE invite la Commission à accompagner les Balkans occidentaux dans la recherche de moyens de mise en place de nouveaux programmes de mobilité intrarégionale. |
6. Faire mieux entendre le point de vue des jeunes des Balkans occidentaux
| 6.1. | Les priorités politiques de l’Union européenne en ce qui concerne le programme d’innovation pour les Balkans occidentaux consistent à faciliter l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes (20). L’Union demande instamment à tous les pays en phase de préadhésion de disposer de statistiques fiables et transparentes (21). |
| 6.2. | La stratégie de l’Union européenne en faveur de la jeunesse pour la période 2019-2027 vise à encourager et promouvoir la participation démocratique inclusive de tous les jeunes aux processus démocratiques et à la société, à les associer activement, à soutenir les représentations de la jeunesse aux niveaux local, régional et national et à étudier et promouvoir l’utilisation de formes innovantes et alternatives de participation démocratique, telles que les outils de démocratie numérique (22). |
| 6.3. | Le dialogue de l’Union européenne en faveur de la jeunesse est un mécanisme de dialogue bien établi entre les jeunes et les responsables politiques. Le CESE accueille favorablement les propositions de la Commission visant à s’appuyer sur ce mécanisme et à l’intégrer dans le cadre de coopération régionale des Balkans occidentaux, afin de garantir la prise en compte des points de vue et des besoins des jeunes et des organisations de jeunesse lors de la définition des priorités de la politique les concernant. En outre, il convient d’encourager et de promouvoir les processus et mécanismes participatifs existants auxquels les jeunes des Balkans occidentaux sont associés. |
| 6.4. | Selon l’indice de participation des jeunes (23), les jeunes des Balkans occidentaux sont encore largement sous-représentés dans la vie politique. Selon des données récentes, une grande majorité des jeunes (78 %) estime qu’ils devraient avoir davantage voix au chapitre en politique (24). |
| 6.5. | Le CESE soutient fermement la participation des jeunes aux processus décisionnels sur les questions qui les concernent. Outre la participation individuelle, le rôle des organisations de jeunesse est essentiel pour faire progresser la position des jeunes dans les différentes sphères de la vie politique, économique et sociale. Par conséquent, comme le soulignent le règlement relatif à l’IAP III et la méthodologie d’élargissement, il est nécessaire de noter l’importance du financement des organisations de la société civile et du soutien apporté à celles-ci afin de répondre aux besoins des jeunes. |
| 6.6. | Le statut socio-économique et le niveau d’instruction sont considérés comme des indices importants de la propension individuelle à voter ou à exercer d’autres types d’engagement politique. L’analyse statistique au niveau régional dresse un tableau cohérent des inégalités socio-économiques inhérentes à l’engagement des jeunes dans la région des Balkans occidentaux (25). |
Bruxelles, le 13 juillet 2022.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) Youth Participation Index for 2020 (Indice de participation des jeunes en 2020), Fondation Ana et Vlade Divac, page 31.
(2) Recommandation du Conseil du 30 octobre 2020 relative à «Un pont vers l’emploi — Renforcer la garantie pour la jeunesse» et remplaçant la recommandation du Conseil du 22 avril 2013 sur l’établissement d’une garantie pour la jeunesse (JO C 372 du 4.11.2020, p. 1).
(3) Sommet des Balkans occidentaux du processus de Berlin, sommet de Berlin 2021, conclusions de la présidence.
(4) Déclaration finale du 8e Forum de la société civile des Balkans occidentaux.
(5) Basic figures on Western Balkans and Turkey, Factsheets (Indicateurs clés pour les Balkans occidentaux et la Turquie, fiche d’information), édition 2022.
(*1) Cette dénomination est sans préjudice des positions sur le statut et est conforme à la résolution 1244/99 du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi qu’à l’avis rendu par la Cour internationale de justice sur la déclaration d’indépendance du Kosovo.
(6) Conseil de coopération régionale, Mapping of Youth Policies and Identification of Existing Support and Gaps in the Financing of Youth Actions in the Western Balkans — Comparative report (Inventaire des politiques en faveur de la jeunesse et état des lieux du soutien existant et des lacunes dans le financement des actions en faveur de la jeunesse dans les Balkans occidentaux — Rapport comparatif), janvier 2021, page 4.
(7) Conseil de coopération régionale, Mapping of Youth Policies and Identification of Existing Support and Gaps in the Financing of Youth Actions in the Western Balkans — Comparative report (Inventaire des politiques en faveur de la jeunesse et état des lieux du soutien existant et des lacunes dans le financement des actions en faveur de la jeunesse dans les Balkans occidentaux — Rapport comparatif), janvier 2021, page 4.
(8) Fondation européenne pour la formation (ETF), Unlocking youth potential in South Eastern Europe and Turkey: Skills development for labour market and social inclusion (Libérer le potentiel des jeunes en Europe du Sud-Est et en Turquie: développement des compétences pour le marché du travail et l’inclusion sociale), 2020.
(9) Les résultats du programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l’OCDE pour 2018 révèlent d’importants niveaux de sous-performance scolaire (élèves qui ne parviennent pas au niveau 2 de l’échelle PISA en lecture, mathématiques et sciences) dans presque tous les Balkans occidentaux.
(10) Banque de développement du Conseil de l’Europe: Social Infrastructure in the Western Balkans — Increasing the region’s economic resilience, enhancing human capital and counteracting the effects of brain drain (Infrastructures sociales dans les Balkans occidentaux — Améliorer la résilience économique, renforcer le capital humain et contrer les effets de la fuite des cerveaux dans la région), novembre 2021.
(11) La précision des données migratoires dans la région des Balkans occidentaux est atténuée par plusieurs problématiques qui limitent les possibilités de comparaisons globales entre pays.
(12) Emigration and Its Economic Impact on Eastern Europe (L’émigration et ses conséquences économiques en Europe de l’Est), 2016.
(13) Dans les Balkans occidentaux, il n’est pas rare que la couverture sociale soit inégale et que les transferts de prestations soient retardés.
(14) Conseil de coopération régionale, Balkan Barometer 2020: Public Opinion Survey (Le baromètre des Balkans 2020: sondage d’opinion publique).
(15) Lavrič, M., Tomanović, S., et Jusić, M., Friedrich-Ebert-Stiftung (FES), Youth Study Southeast Europe 2018/2019 (Étude sur la jeunesse en Europe du Sud-Est 2018/2019).
(16) Conseil de coopération régionale, Study on Youth Employment in the Western Balkans (Étude sur l’emploi des jeunes dans les Balkans occidentaux), 2021.
(17) Conseil de coopération régionale, Study Conseil de coopération régionale, Study on Youth Employment in the Western Balkans (Étude sur l’emploi des jeunes dans les Balkans occidentaux), 2021.
(18) REX/184 — Déclaration finale du 8e Forum de la société civile des Balkans occidentaux, p. 3.
(19) JO C 220 du 9.6.2021, p. 88.
(20) Western Balkans Agenda on Innovation, Research, Education, Culture, Youth and Sport (Programme pour les Balkans occidentaux en matière d’innovation, de recherche, d’éducation, de culture, de jeunesse et de sport).
(21) Commission européenne — Chapitres de l’acquis/chapitres de négociation.
(22) Mobiliser, connecter et autonomiser les jeunes: une nouvelle stratégie de l’Union européenne en faveur de la jeunesse [COM(2018) 269 final].
(23) Youth Participation Index for 2020 (Indice de participation des jeunes en 2020), Fondation Ana et Vlade Divac.
(24) FES (2019), Jusić, M., Political alienation of a precarious generation (L’aliénation politique d’une génération précaire), p. 5.
(25) FES (2019), Jusić, M., Political alienation of a precarious generation (L’aliénation politique d’une génération précaire), p. 5.
Initiative législative — 52022IP0451
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0450
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0449
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0448
15/12/2022