| CELEX | 52022IE1049 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 21 septembre 2022 |
| 21.12.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 486/1 |
Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Les PME, les entreprises de l’économie sociale, l’artisanat et les professions libérales face au paquet “Ajustement à l’objectif 55”»
(avis d’initiative)
(2022/C 486/01)
| Rapporteure: | Milena ANGELOVA |
| Corapporteur: | Rudolf KOLBE |
| Décision de l’assemblée plénière | 20.1.2022 |
| Base juridique | Article 52, paragraphe 2, du règlement intérieur |
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| Avis d’initiative |
| Compétence | Marché unique, production et consommation |
| Adoption en section | 27.6.2022 |
| Adoption en session plénière | 21.9.2022 |
| Session plénière no | 572 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 143/1/0 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Les micro, petites et moyennes entreprises (ci-après dénommées «MPME»), qu’il s’agisse d’entreprises traditionnelles, d’entreprises familiales, de commerçants, d’entreprises de l’économie sociale, d’artisanat ou de professions libérales, constituent une composante essentielle de la solution pour avancer vers une économie européenne compétitive, neutre pour le climat, circulaire et inclusive, pour autant que les conditions propices soient créées et qu’elles puissent prévaloir. Les MPME exercent une influence positive lorsqu’elles améliorent leurs propres performances environnementales ou fournissent une expertise et des solutions à d’autres entreprises, à la population et au secteur public. Tout en reconnaissant et en soulignant la diversité des MPME et les différences quant à leurs besoins, le CESE préconise qu’une attention particulière soit accordée aux plus petites et aux plus vulnérables d’entre elles. |
| 1.2. | De nombreuses MPME sont insuffisamment informées des obligations législatives — qui changent en permanence — introduites pour atteindre la neutralité climatique, ainsi que de la manière de s’y conformer. Par ailleurs, elles peinent à discerner les avantages commerciaux potentiels et les possibilités qu’offre la transition écologique. Le CESE souligne dès lors qu’il est urgent d’aider les MPME à comprendre et à gérer au mieux la transition écologique. |
| 1.3. | Le CESE plaide en faveur de mesures d’information et de sensibilisation tout à la fois de grande ampleur et ciblées, mises en œuvre d’une manière coordonnée et soucieuse des complémentarités par la Commission européenne et les États membres, ainsi que par les organisations et chambres professionnelles, les partenaires sociaux et les autres parties prenantes concernées. |
| 1.4. | Le CESE plaide également pour un programme global de soutien aux MPME quels que soient les problèmes auxquels elles sont confrontées dans leurs activités commerciales et dans l’action qu’elles mènent en faveur de la mutation écologique et en vue de respecter la législation. En raison des différences considérables qui existent entre les MPME, des solutions très personnalisées ainsi que des politiques et mesures bien ciblées sont nécessaires. |
| 1.5. | Un soutien à court terme, immédiat et ciblé, visant les MPME s’impose pour stimuler leur reprise économique après la pandémie, ainsi que pour les aider à gérer les conséquences de l’invasion russe de l’Ukraine, telles que des prix élevés de l’énergie et des situations de pénurie dans l’approvisionnement en matériaux et en produits. Au vu des circonstances extraordinaires, le CESE estime qu’il faut prévoir jusqu’à la fin de la crise assez de flexibilité dans les calendriers du pacte vert pour l’Europe, tout en veillant à ce que les objectifs ne soient pas, pour une raison ou une autre, abandonnés. |
| 1.6. | Pour améliorer l’utilisation efficace de leurs ressources par les MPME, le CESE propose de créer dans différentes régions des «pôles de circularité». Cette initiative devrait renforcer la coopération entre les entreprises dans tous les secteurs et faciliter le développement de nouvelles pratiques et de nouveaux processus, y compris la démonstration de nouvelles technologies. Il conviendrait que les organisations de MPME, les chambres de commerce, l’université, les partenaires sociaux et les autres parties prenantes concernées fassent partie intégrante du processus. |
| 1.7. | Le CESE juge important d’associer les représentants des MPME à l’élaboration de feuilles de route sectorielles en matière d’action pour le climat au niveau national, ainsi qu’à la définition des trajectoires de transition au niveau de l’Union pour les différents écosystèmes d’entreprises, ce qui permettra dans le même temps de s’intéresser de plus près au partage des bonnes pratiques et d’assurer une répartition adéquate des ressources ainsi qu’une mise en œuvre efficace. |
| 1.8. | Le CESE invite l’Union européenne et les États membres à accélérer les investissements verts des MPME en garantissant un environnement réglementaire propice, prévisible et encourageant, ce qui suppose de mettre en place des procédures d’autorisation bien huilées tout en évitant les tâches administratives trop lourdes, et aussi d’offrir un accès rapide, facile, simple et traçable au financement, adapté aux différents besoins de toutes les catégories de MPME, dans toute leur diversité. |
| 1.9. | Le CESE plaide pour une coopération étroite entre les prestataires de services éducatifs et les MPME pour concevoir des formations permettant de répondre aux compétences et aptitudes requises dans le cadre de la transition écologique, y compris par le perfectionnement et la reconversion professionnels, aussi bien des salariés que des entrepreneurs. En outre, le CESE appelle à appuyer les activités d’innovation en faveur des MPME en encourageant et en facilitant la coopération avec d’autres entreprises, leurs organisations, les chambres de commerce, les universités et les organismes de recherche. |
| 1.10. | Le CESE demande instamment de valoriser le commerce des solutions vertes produites par les MPME, y compris dans le cadre de marchés publics, en offrant aux MPME des conditions de concurrence équitables au sein du marché unique, et en facilitant leur accès aux marchés étrangers de produits, technologies et services écologiques. Il convient d’assurer aux entreprises de l’Union un environnement des affaires concurrentiel par rapport aux pays tiers, en déployant tous les moyens de la diplomatie, y compris dans les domaines du climat, des ressources et de la politique commerciale, tout en accordant une attention particulière aux évolutions de la Chine et d’autres marchés émergents. |
2. La transition écologique et les MPME
| 2.1. | Les MPME contribuent à une économie durable et créatrice d’emplois. Elles permettent à nos sociétés de rester soudées, en combinant souvent des fonctions économiques et sociales, et ce faisant, confortent les bases de la démocratie, de l’unité et de l’inclusivité. Enracinées dans les territoires, en tout lieu de l’Union européenne, en particulier dans des zones rurales et reculées où elles représentent souvent le seul facteur de création d’activités économiques, elles sont essentielles à la relance économique et sociale et à la prospérité. |
| 2.2. | Le changement climatique est le moteur de la transition énergétique durable, mais plus encore, il pousse l’ensemble de l’économie et de la société vers la neutralité climatique, la circularité et la durabilité globale. Il est à l’origine de phénomènes météorologiques extrêmes et de catastrophes naturelles, et se trouve corrélé à d’autres problèmes environnementaux majeurs telles que la perte de biodiversité, la pollution de l’environnement ou encore la dégradation des ressources naturelles. |
| 2.3. | Le paquet «Ajustement à l’objectif 55» met spécifiquement l’accent sur l’atténuation du changement climatique, et comprend de nombreux actes législatifs qui affectent de différentes manières les MPME. Il s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’initiative phare de l’Union, le pacte vert pour l’Europe, qui porte sur la croissance durable liée à l’industrie, au commerce, aux services et à l’énergie, aux transports, au bâtiment ou encore aux systèmes alimentaires. Les MPME jouent un rôle essentiel dans tous ces secteurs. |
| 2.4. | Les MPME représentent une composante essentielle de la solution dans la mise en œuvre du pacte vert pour l’Europe, pour autant que des conditions propices soient créées et qu’elles puissent prévaloir. Cet effet positif est produit, d’une part, par l’amélioration des performances des MPME dans leur grande variété et, d’autre part, par les actions desdites MPME, qui fournissent une expertise et des solutions à d’autres entreprises, aux particuliers et au secteur public. |
| 2.5. | La transition écologique est étroitement liée à la transformation numérique, et les MPME doivent par conséquent gérer chacun des pans de cette double transition, soit deux immenses défis qui exercent une pression très forte sur les ressources. La numérisation apparaît comme un moyen de rendre les activités des entreprises plus efficaces, contribuant à leur expansion vers de nouveaux marchés et à leur internationalisation. Elle recèle un potentiel considérable de réduction des émissions, des déchets et de l’utilisation des ressources naturelles. En revanche, les services et équipements numériques ont aussi des incidences sur l’environnement qui doivent être gérées simultanément. |
| 2.6. | Outre les efforts qu’elles déploient pour les transitions écologique et numérique, les MPME se heurtent à des difficultés pour se redresser économiquement après la pandémie ainsi que pour faire face aux conséquences de l’invasion russe de l’Ukraine. Les prix élevés de l’énergie et le manque d’approvisionnement en matériaux et produits figurent aux premiers rangs des problèmes récents ayant des répercussions massives sur les MPME et leurs activités. Leur compétitivité, au même titre que la compétitivité globale de l’économie de l’Union, sont plus encore mises en péril par les retournements soudains de la Chine et d’autres marchés émergents, qui tirent également profit de leur refus d’appliquer les sanctions visant la Russie et de leur interprétation moins stricte des exigences climatiques et environnementales. |
| 2.7. | Les questions liées au climat et à l’environnement ne se limitent pas aux seuls aspects de durabilité environnementale, mais elles constituent aussi, dans une large mesure, un élément essentiel de la compétitivité, de la rentabilité et de la performance économique globale des entreprises. Les MPME s’appuient certes sur leurs propres valeurs et sur la conscience générale qu’elles peuvent avoir du problème, mais elles répondent aussi, par le truchement de divers mécanismes, aux exigences et aux attentes en matière de climat et d’environnement.
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| 2.8. | Les MPME sont nombreuses à ne pas être pleinement conscientes des incidences de certaines politiques et exigences en matière de climat et d’environnement sur leurs activités et leurs chaînes d’approvisionnement ou de valeur, ni de la façon dont elles doivent adapter ou convertir des produits et services suffisamment en amont pour éviter des pertes ultérieures, voire une exclusion du marché. Elles sont de surcroît confrontées à des ressources humaines et financières limitées pour leurs opérations quotidiennes et le développement de leurs activités, et un risque demeure que leur taille limitée présuppose ou requière une palette trop large de compétences. Une part non négligeable d’entreprises sont aux prises avec des problèmes découlant de la complexité des textes législatifs en constante évolution, de la charge administrative, des règles financières et des coûts élevés, du défaut d’expertise spécifique en matière d’environnement, des difficultés à choisir les actions appropriées (1), qui s’ajoutent à un accès malaisé à de nouvelles chaînes de valeur, au financement, au recrutement ainsi qu’à de nouveaux modèles d’entreprise. |
| 2.9. | Si le défaut de préparation aux exigences et aux moyens d’y répondre apparaît comme un défi important à relever, il en va de même des difficultés à repérer les atouts et possibilités potentiels pour les entreprises, tels que la réduction des coûts de l’énergie et des matériaux, l’amélioration de l’accès au financement, la montée en puissance de la demande et de nouveaux marchés, ainsi que les progrès en termes d’image auprès des parties prenantes. |
| 2.10. | Les MPME qui ont une proposition de valeur commerciale en matière d’économie circulaire, de climat, de biodiversité, d’énergies renouvelables et d’autres thèmes du pacte vert pour l’Europe sont par nature incitées à explorer, à investir et à exploiter de nouveaux débouchés commerciaux dans ces domaines. Les possibilités qui s’offrent à elles sont multiples, par exemple dans la rénovation des bâtiments, la planification et la construction d’infrastructures, la production industrielle et la maintenance des équipements, la fourniture de services juridiques et comptables ou encore le développement de solutions numériques. Le processus de transition dépend, dans une large mesure, des solutions intelligentes qu’elles apportent, conçues par les experts qu’elles emploient, ce qui souligne l’importance d’une éducation de qualité et pertinente, de l’enseignement et de la formation professionnels ou encore d’une mise à niveau constante des compétences. |
| 2.11. | Le groupe le plus vulnérable des MPME, qui est aussi celui qui a le plus besoin d’informations, est, par ailleurs, celui qui ne voit dans le pacte vert pour l’Europe qu’un texte de loi supplémentaire venant alourdir encore l’accumulation de charges administratives, mettant leurs modèles économiques actuels sous pression et limitant la rentabilité dans un scénario de maintien du statu quo. Ce constat met bel et bien en lumière le fait que toutes les catégories de MPME, qu’elles soient vulnérables ou à la traîne, en position de «suiveur» ou de «leader», ont besoin d’un soutien différent et conçu pour s’adresser spécifiquement à elles (2). |
| 2.12. | Qui plus est, les MPME affichent entre elles de nombreuses différences, sur le plan de leurs capacités et de leur préparation, pour ce qui est de la nature et de la portée des questions climatiques et environnementales, des exigences et des attentes dont elles sont la cible, ainsi que des possibilités qui s’offrent à elles. l’intensité en ressources naturelles de l’entreprise, la taille de cette dernière, sa position dans les chaînes d’approvisionnement et les écosystèmes commerciaux, sa localisation, les différents types de clients, les sources de facteurs de production et les marchés géographiques de l’entreprise. |
| 2.13. | Ces divers aspects appellent des solutions très personnalisées et des politiques et mesures parfaitement ciblées, qui tiennent compte des différences entre, par exemple, les moyennes entreprises du secteur manufacturier, les sociétés actives dans les domaines de l’hôtellerie et du commerce de détail, les entreprises familiales et traditionnelles, les «start-up» innovantes, les entreprises de l’économie sociale, l’artisanat ou les professions libérales. |
| 2.14. | Malgré les nombreuses différences observables entre les MPME, la bonne gestion de la transition écologique dans chaque entreprise passe d’abord par une prise de conscience et une connaissance adéquates des problématiques et des évolutions actuelles, ce qui permet de repérer les forces, les faiblesses, les opportunités et les risques pour l’entreprise, et de définir la manière dont elle souhaite se positionner dans la transition écologique. |
| 2.15. | Les actions les plus concrètes au niveau de l’entreprise concernent la planification, l’organisation et le suivi de l’ensemble des activités de l’entreprise, y compris la production et la commercialisation de biens et de services, les transports et la logistique ou encore l’achat d’énergie, de matières premières et d’autres facteurs de production. Les aspects climatiques et environnementaux font également partie intégrante des activités d’innovation, du développement des compétences et de la participation de l’ensemble du personnel, ainsi que de la communication et de la coopération avec les parties prenantes. |
3. Politiques et mesures de soutien aux MPME au titre de l’«Ajustement à l’objectif 55»
| 3.1. | Pour répondre à l’«Ajustement à l’objectif 55» et réussir la transition écologique, les MPME doivent être pleinement informées et accompagnées pour pouvoir mieux comprendre les implications de propositions législatives qui sont à la fois nouvelles et complexes (3). Cette approche implique des mesures d’information et de sensibilisation tout à la fois de grande ampleur et ciblées, mises en œuvre de manière coordonnée et complémentaire par la Commission et les États membres, qui tous ont une responsabilité cruciale à cet égard. Le rôle des organisations professionnelles et des chambres de commerce est aussi cardinal pour informer et soutenir leurs membres, avec l’appui des prestataires d’enseignement et de formation, des bureaux de développement régional, des groupements d’acteurs économiques, des partenaires sociaux et des organisations de la société civile concernés. |
| 3.1.1. | À la suite de l’invasion russe de l’Ukraine, les politiques du pacte vert pour l’Europe font désormais l’objet d’une consultation ouverte pour ce qui est du calendrier en raison du caractère extraordinaire des nouvelles circonstances et de la dépendance de l’Union à l’égard de l’énergie et des denrées alimentaires en provenance de Russie et d’Ukraine. Le CESE reconnaît que les circonstances et les dépendances sont effectivement extraordinaires, et il estime que les objectifs écologiques ne devront en aucun cas être abandonnés quel que soit le motif invoqué, mais qu’une flexibilité de bon aloi devra être accordée au fil du temps, et ce, jusqu’au dénouement de la crise. |
| 3.1.2. | Outre l’analyse d’impact appropriée de toutes les initiatives législatives, le CESE invite la Commission à produire un guide complet, clair et sans équivoque qui reprenne la totalité des exigences actuelles et à venir en matière de climat et leurs implications pour les MPME. Celui-ci devrait couvrir:
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| 3.1.3. | Le CESE souhaite que des orientations correspondantes soient également élaborées en ce qui concerne la législation relative à d’autres questions environnementales majeures. De façon plus générale, ce type de guide devrait s’imposer dans les pratiques courantes et accompagner toute initiative future dans le domaine du pacte vert pour l’Europe. Les MPME ont besoin d’un cadre législatif stable qui offre des perspectives et une programmation claires pour leurs investissements. Il convient donc d’éviter des changements soudains, comme la récente modification des objectifs en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique proposée dans le plan REPowerEU, sachant qu’ils tendent à dégrader plus encore un environnement qui est déjà extrêmement complexe et incertain. |
| 3.2. | Compte tenu de l’amplitude du champ d’application du pacte vert pour l’Europe et de l’ampleur de cette initiative, une transformation industrielle totale est envisagée. Conformément au principe «Penser aux PME d’abord», et si l’on ne veut pas que les MPME se trouvent contraintes de «mettre la clé sous la porte», un programme de soutien et de développement des capacités de grande envergure s’impose. Le but consisterait à soutenir les MPME quels que soient les problèmes auxquels elles sont confrontées dans leurs activités commerciales et dans l’action qu’elles mènent en faveur de la mutation écologique et en vue de respecter la législation. |
| 3.2.1. | Le CESE prend acte d’un vif intérêt, exprimé tant par la Commission que par le Parlement européen, pour ce qui est de développer les initiatives déjà en place afin de promouvoir la stratégie en faveur des PME et d’explorer des possibilités supplémentaires d’obtenir pour cette stratégie des progrès tangibles. Le CESE suggère que cet intérêt se traduise dans les faits par des politiques dans tous les domaines possibles, et souligne le rôle indispensable des États membres, lesquels doivent agir en coopération avec les organisations de MPME, les chambres de commerce, les partenaires sociaux et les autres parties prenantes concernées. |
| 3.2.2. | Les jeunes entrepreneurs représentent une croissance à venir des MPME et de l’emploi. L’attention qu’ils portent aux consommateurs et le pouvoir d’attraction qu’ils exercent auprès des jeunes salariés, conjugués à l’inquiétude grandissante suscitée par la transition écologique, doivent par conséquent faire l’objet d’une prise en compte plus spécifique et être dûment traités, par exemple dans les plans de relance. En outre, pour exploiter pleinement le potentiel de l’ensemble de la société et accroître la diversité dans les entreprises, il convient de supprimer tout obstacle à l’entrepreneuriat féminin. Il faut aussi encourager et mettre en valeur l’esprit d’entreprise auprès de tous les groupes vulnérables — personnes handicapées, migrants et communautés minoritaires. |
| 3.2.3. | Pour renforcer les synergies entre la numérisation et la mue écologique des MPME, ces deux évolutions doivent être prises en considération simultanément lors de l’élaboration des politiques et des mesures. Sachant que ni la transition écologique ni la transition numérique ne relèvent de questions purement techniques ou financières, les grandes thématiques humaines et économiques doivent être prises à bras-le-corps pour que la grande majorité des MPME adoptent une trajectoire numérique durable, inscrite dans le long terme et parée pour l’avenir (4). |
| 3.2.4. | Le CESE invite aussi la Commission et les États membres à surveiller les effets produits par la mise en œuvre des transitions écologique et numérique sur le plan des chaînes d’approvisionnement et de valeur, ainsi que les évolutions économiques et sociétales dans chaque région afin de pouvoir contrer les effets négatifs possibles sur les MPME et sur l’emploi à un stade précoce. |
| 3.3. | Dans l’optique de soutenir les évolutions au jour le jour des activités économiques des MPME, telles que la production de biens et de services, la production et la consommation d’énergie ou encore l’organisation de la logistique, il est indispensable de disposer d’un apport adéquat de services de conseil et de plateformes de coopération. |
| 3.3.1. | Le CESE invite l’Union européenne et ses États membres à renforcer et à encourager la mise en place de services d’assistance technologique et de gestion à la disposition des MPME, en déployant tout le potentiel de différents instruments, et en particulier dans la mise en œuvre des plans nationaux pour la reprise et la résilience et des accords de partenariat, dans le but d’aider les entreprises à améliorer l’efficacité de leur consommation d’énergie et de ressources matérielles, et à faire baisser la production d’émissions et de déchets, de manière à réduire au minimum les coûts et les incidences sur l’environnement. Le CESE plaide semblablement pour que les services de conseil de la sphère du numérique intègrent les aspects environnementaux. |
| 3.3.2. | Pour améliorer l’utilisation efficace de leurs ressources par les MPME, le CESE propose de créer dans différentes régions des «pôles de circularité». Cette initiative devrait renforcer la coopération entre les entreprises dans tous les secteurs et faciliter le développement de nouveaux procédés de recyclage et de réutilisation des déchets et des sous-produits, y compris la démonstration de nouvelles technologies. |
| 3.3.3. | Le CESE demande que les MPME et leurs représentants soient associés à l’élaboration de feuilles de route sectorielles en matière d’action pour le climat au niveau national, ainsi qu’à la définition des trajectoires de transition au niveau de l’Union pour les différents écosystèmes d’entreprises, ce qui permettra également de s’intéresser de plus près au partage des bonnes pratiques et d’assurer une répartition adéquate des ressources ainsi qu’une mise en œuvre efficace. |
| 3.4. | Pour renforcer et soutenir les investissements dans la mue écologique des MPME, de l’économie et de la société dans son ensemble, il faut garantir un environnement favorable à l’investissement ainsi que des conditions permettant aux MPME de bénéficier d’un accès adapté au financement. |
| 3.4.1. | Le CESE invite l’Union et les États membres à accélérer les investissements des MPME en s’employant notamment à:
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| 3.4.2. | Le CESE invite la Commission à tenir dûment compte des incidences indirectes des critères de financement durable sur les MPME. Il en va de même pour les exigences de solvabilité des banques, et de toute autre mesure relevant des politiques économique et budgétaire qui ont une incidence indirecte sur la capacité des MPME à investir et à exercer leurs activités, ce qui se traduit par la création d’emplois et le maintien de l’emploi. |
| 3.4.3. | Le CESE demande que des règles de concurrence saine soient respectées lors de l’allocation des fonds publics aux investissements verts. Le CESE souligne également la nécessité de surveiller les flux financiers au moyen d’indicateurs appropriés. Il est important d’accorder aux MPME un accès égal aux marchés publics et aux investissements, par exemple dans le domaine des infrastructures en général, et d’encourager les investissements dans la mutation écologique des MPME elles-mêmes, par exemple en faisant appel au financement public comme levier pour l’investissement privé. |
| 3.4.4. | Au vu de l’évolution récente des marchés de l’énergie, la Commission a pris acte de la vulnérabilité des MPME en raison du risque croissant de précarité énergétique (5). Le CESE se félicite de la définition donnée des «microentreprises vulnérables» et demande que des actions supplémentaires soient déployées pour leur apporter le soutien approprié leur permettant de supporter le poids qui pèse sur elles. |
| 3.5. | Le CESE invite l’Union et les États membres à augmenter le commerce des solutions vertes par les MPME en développant et en garantissant des conditions de marché adéquates qui permettent de réaliser les actions suivantes:
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| 3.6. | Pour conforter le rôle des MPME dans la mise au point de nouvelles solutions vertes pour les entreprises, les consommateurs et la société dans son ensemble, le CESE préconise les mesures suivantes:
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| 3.7. | Dans l’optique de garantir les compétences nécessaires au développement et à la gestion des entreprises conformément à la transition écologique (6), le CESE préconise les actions suivantes:
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| 3.8. | Le CESE demande la création d’indicateurs appropriés, et d’outils pratiques qui contribuent au suivi systématique des opérations menées et des incidences sur les entreprises dans le cadre de la transition écologique, ce qui devrait également servir à communiquer avec l’éventail très large des parties prenantes. Dans le même temps, le CESE invite les responsables politiques de l’Union à s’abstenir d’assigner aux MPME des obligations d’information contraignantes et aussi de bien évaluer les conséquences indirectes pour les MPME des obligations de déclaration ciblant les grandes entreprises. |
4. Observations spécifiques concernant les professions libérales, l’artisanat et les entreprises de l’économie sociale
| 4.1. | Une transition écologique équitable où nul n’est laissé pour compte ne peut être garantie qu’à la condition de faire en sorte que les politiques européennes soient élaborées en tenant compte de leur impact potentiel sur le commerce et l’artisanat. Ces acteurs économiques sont en effet importants pour les économies locales, car ils fournissent des biens et des services indispensables et adaptés aux besoins des consommateurs, même dans des zones géographiques moins connectées aux centres urbains. Le dialogue avec leurs représentants, tels que les organisations professionnelles et les chambres de commerce, permet de prendre des décisions intelligentes quant aux politiques menées, qui tiennent compte de l’impact potentiel sur le terrain. |
| 4.2. | Une expertise professionnelle indépendante est de mise pour faire émerger des solutions innovantes optimisées si l’on veut relever les défis liés au changement climatique et à l’environnement. Les professions libérales répondent à cette nécessité dans plusieurs domaines de l’économie et de la société en fournissant une expertise et des conseils techniques, juridiques, financiers et non financiers. Le CESE préconise, à l’échelle de l’Union, des mesures qui incitent les États membres à promouvoir des réglementations professionnelles qui garantissent une mise en œuvre satisfaisante de la transition écologique et numérique, par exemple au moyen d’approches techniques complexes, de manière à mettre en avant les solutions qui soient les plus axées sur le marché et les plus innovantes. |
| 4.3. | Il est possible d’accroître la durabilité de l’aménagement du territoire local et régional en améliorant les services de conseil pour les municipalités. Il importe aussi de développer plus avant le concept d’évaluation environnementale stratégique dans le sens d’une évaluation de la durabilité — écologique, économique et sociale. Les procédures de passation de marchés publics dans l’ensemble de l’Union devraient appliquer des critères liés au climat et d’autres critères qualitatifs, ce qui permettrait de promouvoir l’innovation des MPME et de faciliter leur accès à des projets, en particulier dans le domaine des services de planification. |
| 4.4. | Techniques, produits et procédés nouveaux apparaissent nécessaires dans le contexte de la transition vers l’économie circulaire. Par exemple, dans le secteur de la construction, ce nouveau virage requiert le recyclage des déchets de la rénovation et de la construction, la réutilisation d’éléments et l’introduction de nouveaux matériaux de construction, y compris la reconnaissance de matériaux de construction secondaires de qualité garantie, ainsi qu’une coopération étroite entre les producteurs, les artisans, les professionnels et l’industrie du recyclage. Les chaînes de valeur régionales et la création de grappes d’entreprises (clusters) doivent également être renforcées grâce à la participation de l’artisanat. |
| 4.5. | Les enjeux environnementaux liés aux entreprises de l’économie sociale sont fondamentalement les mêmes que ceux des autres entreprises pour ce qui est des problématiques en question. Toutefois, les conditions spécifiques de ces entreprises doivent être dûment prises en considération dans le droit fil des nombreux avis du CESE abordant ces questions, et au moyen de mesures ciblées prenant appui sur le récent plan d’action de l’Union européenne consacré aux entreprises de l’économie sociale. |
Bruxelles, le 21 septembre 2022.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) Données de l’Eurobaromètre Flash 498. Rapport sur les PME, les marchés verts et l’utilisation efficace des ressources, p. 46, mars 2022.
(2) Smit, S.J., SME focus — Long-term strategy for the European industrial future (Priorité aux PME — Stratégie à long terme pour l’avenir industriel de l’Europe), Parlement européen, département thématique des politiques économiques, scientifiques et de la qualité de la vie, PE 648.776 — avril 2020.
(3) Le paquet «Ajustement à l’objectif 55» comprend un large éventail d’initiatives législatives soumis à une décision finale faisant l’objet de négociations entre les institutions. Tant que ce processus ne sera pas mené à son terme, les MPME ne pourront suivre que des informations partielles et elles resteront confrontées à des incertitudes quant à l’avenir.
(4) Priorité aux PME, département thématique du Parlement européen, avril 2020.
(5) COM(2021) 568 final, 14.7.2021. https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:52021PC0568
(6) Conformément au JO C 56 du 16.2.2021, p. 1.
Initiative législative — 52022IP0451
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0450
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0449
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0448
15/12/2022