Initiative législative — 52022IP0041
| CELEX | 52022IP0041 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 17 février 2022 |
Texte intégral
| 6.9.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 342/191 |
P9_TA(2022)0041
Droits de l’homme et démocratie dans le monde — rapport annuel 2021
Résolution du Parlement européen du 17 février 2022 sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde et la politique de l’Union européenne en la matière — rapport annuel 2021 (2021/2181(INI))
(2022/C 342/15)
Le Parlement européen,
| — | vu la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, |
| — | vu la convention européenne des droits de l’homme, |
| — | vu les articles 2, 3, 8, 21 et 23 du traité sur l’Union européenne (traité UE), |
| — | vu les articles 17 et 207 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE), |
| — | vu la déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que les autres traités et instruments des Nations unies en faveur des droits de l’homme, |
| — | vu le pacte international relatif aux droits civils et politiques, |
| — | vu la convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948 et la résolution 43/29 sur la prévention du génocide adoptée le 22 juin 2020 par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, |
| — | vu la convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes du 18 décembre 1979, |
| — | vu la déclaration sur l’élimination de toutes formes d’intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou la conviction, proclamée par la résolution 36/55 de l’Assemblée générale des Nations unies du 25 novembre 1981, |
| — | vu la déclaration des Nations unies sur les droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques, adoptée le 18 décembre 1992, |
| — | vu la déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme adoptée par consensus le 10 décembre 1998, |
| — | vu la convention internationale relative aux droits de l’enfant du 20 novembre 1989 et ses deux protocoles facultatifs adoptés le 25 mai 2000, |
| — | vu le traité des Nations unies sur le commerce des armes relatif à l’exportation et à l’évaluation des demandes d’exportation, et le code de conduite de l’Union européenne en matière d’exportation d’armements, |
| — | vu la déclaration de Pékin de septembre 1995, |
| — | vu la convention pour la protection des droits de l’homme et de la dignité de l’être humain à l’égard des applications de la biologie et de la médecine (STE no 164), adoptée le 4 avril 1997, et ses protocoles, la convention sur la lutte contre la traite des êtres humains (STE no 197), adoptée le 16 mai 2005, et la convention sur la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels (STE no 201), adoptée le 25 octobre 2007, |
| — | vu la convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (convention d’Istanbul) du 11 mai 2011, que tous les États membres n’ont pas ratifiée, |
| — | vu le protocole no 6 du Conseil de l’Europe à la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales concernant l’abolition de la peine de mort, |
| — | vu le règlement (UE) 2020/1998 du Conseil du 7 décembre 2020 concernant des mesures restrictives en réaction aux graves violations des droits de l’homme et aux graves atteintes à ces droits, (1) |
| — | vu le règlement (UE) 2021/821 du Parlement européen et du Conseil du 20 mai 2021 instituant un régime de l’Union de contrôle des exportations, du courtage, de l’assistance technique, du transit et des transferts en ce qui concerne les biens à double usage (2), |
| — | vu le règlement (UE) 2021/947 du Parlement européen et du Conseil du 9 juin 2021 établissant l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale — Europe dans le monde (3), |
| — | vu le plan d’action de l’UE en faveur des droits de l’homme et de la démocratie pour la période 2020-2024, adopté par le Conseil le 18 novembre 2020, |
| — | vu l’appel à l’action en faveur des droits humains lancé par le secrétaire général des Nations unies, |
| — | vu les conclusions du Conseil du 16 novembre 2015 sur le soutien de l’Union à la justice transitionnelle, |
| — | vu les conclusions du Conseil du 17 février 2020 sur les priorités de l’Union en 2020 dans les enceintes des Nations unies compétentes en matière de droits de l’homme et les conclusions du Conseil du 22 février 2021 sur les priorités de l’Union en 2021 dans les enceintes des Nations unies compétentes en matière de droits de l’homme, |
| — | vu les conclusions du Conseil du 13 juillet 2020 sur les priorités de l’UE aux Nations unies et à la 75e Assemblée générale des Nations unies (septembre 2020-septembre 2021), et les conclusions du Conseil du 12 juillet 2021 sur les priorités de l’UE aux Nations unies lors de la 76e Assemblée générale des Nations unies (septembre 2021-septembre 2022), |
| — | vu le programme de développement durable à l’horizon 2030, adopté le 25 septembre 2015 et, en particulier, ses objectifs nos 1, 4, 5, 8 et 10, |
| — | vu les résolutions 1325, 1820, 1888, 1889, 1960, 2106, 2122 et 2242 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité, |
| — | vu la résolution du 28 mai 2019 de l’Assemblée générale des Nations unies intitulée «Journée internationale de commémoration des personnes victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions» et la résolution du 19 décembre 2017 établissant la Journée internationale du souvenir, en hommage aux victimes du terrorisme, |
| — | vu le rapport du rapporteur spécial des Nations unies sur les droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association du 17 mai 2019 relatif à l’exercice de ces droits à l’ère du numérique, |
| — | vu la note d’information de la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association, sur les poursuites stratégiques altérant le débat public ainsi que les droits à la liberté de réunion et à la liberté d’association, |
| — | vu le rapport du rapporteur spécial des Nations unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, publié le 28 mai 2019, sur l’effet nocif du secteur de la surveillance sur la liberté d’expression, |
| — | vu le plan d’action sur l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes dans l’action extérieure de l’Union européenne 2021-2025 (GAP III), |
| — | vu la stratégie de l’UE sur les droits de l’enfant (2021-2024), |
| — | vu l’article intitulé «Il est temps d’agir contre les “SLAPP”» publié le 27 octobre 2020 dans le «Carnet des droits de l’homme» de la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, |
| — | vu les orientations révisées du Conseil pour la politique de l’Union européenne à l’égard des pays tiers en ce qui concerne la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, adoptées le 16 septembre 2019, |
| — | vu les orientations de l’Union relatives à la promotion et à la protection de la liberté de religion ou de conviction, du 24 juin 2013, |
| — | vu la communication de la Commission du 12 septembre 2012 intitulée «Les racines de la démocratie et du développement durable: l’engagement de l’Europe avec la société civile dans le domaine des relations extérieures» (COM(2012)0492), |
| — | vu la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 8 avril 2020 sur la réaction de l’Union au niveau mondial face à la pandémie de COVID-19 (JOIN(2020)0011), |
| — | vu la communication de la Commission du 23 septembre 2020 sur un nouveau pacte sur la migration et l’asile (COM(2020)0609), |
| — | vu la communication de la Commission du 12 novembre 2020 intitulée «Union de l’égalité: stratégie en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ pour la période 2020-2025» (COM(2020)0698), |
| — | vu la communication conjointe du 17 février 2021 de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité sur le renforcement de la contribution de l’UE au multilatéralisme fondé sur des règles (JOIN(2021)0003), |
| — | vu le rapport annuel de l’Union européenne sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde en 2020, |
| — | vu sa résolution du 3 juillet 2018 sur la violation des droits des peuples autochtones dans le monde, y compris l’accaparement des terres (4), |
| — | vu sa résolution du 15 janvier 2019 sur les orientations de l’Union et le mandat de l’envoyé spécial de l’Union pour la promotion de la liberté de religion ou de conviction à l’extérieur de l’Union (5), |
| — | vu sa résolution du 23 octobre 2020 sur l’égalité des genres dans la politique étrangère et de sécurité de l’Union (6), |
| — | vu sa résolution du 20 janvier 2021 sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde et la politique de l’Union européenne en la matière — Rapport annuel 2019 (7), et ses résolutions antérieures sur les rapports annuels précédents, |
| — | vu sa résolution du 10 mars 2021 contenant des recommandations à la Commission sur le devoir de vigilance et la responsabilité des entreprises (8), |
| — | vu sa résolution du 19 mai 2021 sur les effets du changement climatique sur les droits de l’homme et le rôle des défenseurs de l’environnement en la matière (9), |
| — | vu la résolution du 16 septembre 2021 contenant des recommandations à la Commission sur l’identification de la violence fondée sur le genre comme un nouveau domaine de criminalité énuméré à l’article 83, paragraphe 1, du traité FUE (10), |
| — | vu l’ensemble de ses résolutions adoptées en 2020 et 2021 sur les violations des droits de l’homme, de la démocratie et de l’état de droit (dites «résolutions d’urgence»), conformément à l’article 144 de son règlement intérieur, |
| — | vu son prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, qui a été décerné à l’opposition démocratique biélorusse en 2020, et à Alexeï Navalny en 2021, |
| — | vu la définition d’«organisation de la société civile» figurant dans le glossaire des synthèses de la législation de l’Union européenne, |
| — | vu le cadre d’action de l’Union en matière de soutien à la justice transitionnelle, |
| — | vu l’article 54 de son règlement intérieur, |
| — | vu l’avis de la commission des droits des femmes et de l’égalité des genres, |
| — | vu le rapport de la commission des affaires étrangères (A9-0353/2021), |
| A. | considérant que l’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, d’état de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, conformément à l’article 2 du traité UE; que nul ne peut être persécuté ou harcelé de quelque manière que ce soit pour sa participation à des activités visant à protéger et promouvoir les droits de l’homme ou la démocratie; que la réduction au silence des voix dissidentes ainsi que la limitation de la participation au débat public et de l’accès aux informations ont un effet direct sur les droits de l’homme et la démocratie; |
| B. | considérant que la nature des menaces graves qui pèsent actuellement sur le multilatéralisme et le droit international oblige l’Union à se montrer encore plus attachée à la promotion et à la protection des droits de l’homme dans le monde; que les politiques et les actions de l’Union en matière de droits de l’homme devraient être plus fermes, résolues et efficaces, en s’appuyant sur tous les instruments à sa disposition; que l’Union devrait mener une réflexion permanente sur les meilleurs moyens d’agir efficacement, en recourant aux instruments les plus appropriés pour lutter contre les violations des droits de l’homme dans le monde et les atteintes à ceux-ci, et qu’elle devrait procéder à une évaluation régulière de sa boîte à outils en matière de droits de l’homme à cette fin; |
| C. | considérant que le Parlement européen occupe une position essentielle en tant que porte-voix de la défense des droits de l’homme et des libertés fondamentales et fervent partisan des défenseurs des droits de l’homme du monde entier; |
| D. | considérant que le plan d’action de l’Union en faveur des droits de l’homme et de la démocratie pour la période 2020-2024 donne les orientations générales en ce qui concerne les priorités de l’Union en matière de droits de l’homme, qui devraient être au cœur de toutes les politiques extérieures de l’Union; que, pour servir réellement la cause des droits de l’homme dans le monde, l’Union doit veiller à la cohérence entre ses politiques intérieures et extérieures; |
Principaux enjeux et instruments
| 1. | est extrêmement préoccupé par les menaces qui pèsent sur les droits de l’homme et la démocratie, lesquelles se traduisent par un affaiblissement de la protection de la gouvernance et des institutions démocratiques et des droits de l’homme universels, ainsi que par le rétrécissement de l’espace dévolu à la société civile dans le monde entier; souligne le lien entre l’état de droit, la démocratie et les violations des droits de l’homme; demande à l’Union et à ses États membres de concerter davantage leurs efforts pour répondre aux enjeux en matière de droits de l’homme dans le monde, individuellement et en coopération avec des partenaires internationaux partageant les mêmes valeurs, y compris les Nations unies; demande à l’Union et à ses États membres de montrer l’exemple et de se comporter en véritables chefs de file mondiaux en matière de promotion et de protection des droits de l’homme, de l’égalité hommes-femmes et de l’état de droit, et de prendre fermement position contre les attaques visant les principes d’universalité, d’inaliénabilité, d’indivisibilité, d’interdépendance et d’indissociabilité des droits de l’homme; |
| 2. | souligne l’importance du nouvel instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI) — L’Europe dans le monde et, à cet égard, du plan d’action de l’Union européenne en faveur des droits de l’homme et de la démocratie pour la période 2020-2024; rappelle que le recours au vote à la majorité qualifiée au sein du Conseil sur les questions relatives aux droits de l’homme déboucherait sur une action plus efficace et prospective en matière de politique étrangère et de sécurité de l’Union, et renforcerait la coopération sur des questions d’intérêt stratégique majeur pour l’Union en tenant compte, dans le même temps, de ses valeurs fondamentales; souligne la nécessité de parvenir à des positions communes et à un consensus entre les États membres; souligne qu’il importe que les États membres s’approprient le plan d’action de l’Union et rendent publiquement compte de leurs actions au titre de ce document stratégique; encourage les parlements nationaux et régionaux, les institutions nationales de défense des droits de l’homme et les organisations de la société civile locales à collaborer avec les autorités au niveau des États membres, afin de contribuer à la mise en œuvre de la politique extérieure de l’Union en matière de droits de l’homme; |
| 3. | est profondément préoccupé par le nombre croissant de démocraties illibérales et de régimes autocratiques, qui sont majoritaires pour la première fois dans le monde depuis 20 ans et qui cherchent à réprimer leurs propres populations et à affaiblir la liberté, la gouvernance démocratique et les normes internationales; invite l’Union et les États membres à utiliser pleinement les outils à leur disposition, notamment leur influence économique dans les relations commerciales bilatérales, pour apporter un soutien plus ambitieux à la liberté, à la bonne gouvernance, à l’état de droit et aux institutions démocratiques et contribuer à garantir l’espace dévolu à la société civile dans le monde; |
| 4. | demande à l’Union de continuer à intensifier leur coopération avec les États-Unis et d’autres partenaires démocratiques partageant les mêmes valeurs, afin de soutenir la liberté et la démocratie dans le monde ainsi que de lutter contre les régimes autoritaires et totalitaires; demande l’adoption de nouveaux outils et instruments internationaux pour la défense de la démocratie; demande à la Commission de revoir, de mettre à jour et de développer davantage les programmes de l’Union en matière de renforcement des structures étatiques, afin d’augmenter leur efficacité et la pérennité des résultats obtenus; |
| 5. | souligne que la volonté et la rhétorique ambitieuses de la politique extérieure de l’Union en matière de droits de l’homme exigent de l’Union qu’elle agisse de manière cohérente et qu’elle donne l’exemple afin d’éviter de nuire à sa crédibilité lorsqu’elle s’oppose au déclin de la démocratie dans le monde; demande à l’Union, à cette fin, de veiller tout particulièrement à évaluer et à prévenir toute violation liée à ses propres politiques, projets et financements dans les pays tiers et à veiller à leur transparence afin d’éviter des approches incohérentes face à des situations comparables en matière de droits de l’homme dans le monde entier, ainsi qu’à mettre en place un mécanisme de plainte pour les personnes dont les droits pourraient avoir été violés par les activités de l’Union; |
| 6. | insiste sur l’importance de l’appui apporté par l’Union aux processus de médiation et aux processus électoraux par l’intermédiaire de l’aide octroyée aux observateurs nationaux ainsi que des missions d’observation électorale, dans lesquelles le Parlement joue un rôle actif; souligne qu’il importe d’accorder le niveau de protection le plus élevé possible aux observateurs électoraux locaux et demande un soutien plus appuyé dans ce domaine; précise qu’il convient d’assurer un suivi effectif des rapports et recommandations de ces missions, afin de renforcer les normes démocratiques et de faciliter à l’avenir une transition démocratique pacifique et le développement dans les pays concernés; rappelle les outils de médiation politique du Parlement, qui pourraient être développés pour contribuer à cette approche globale; met en avant qu’il importe pour le vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (VP/HR) et le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) de continuer à transmettre en temps utile et selon la forme convenue au Parlement européen les rapports élaborés par les missions exploratoires; |
| 7. | invite l’Union européenne à collaborer étroitement avec des organisations nationales et internationales telles que l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), le Conseil de l’Europe et les organisations qui ont approuvé la déclaration de principes relative à l’observation internationale d’élections afin de mettre en lumière les obstacles aux campagnes électorales de certains candidats, la fraude électorale, les irrégularités de vote et la persécution des médias libres pour leur couverture des processus électoraux; |
| 8. | souligne que le Parlement européen devrait s’efforcer de parvenir à une communication plus efficace sur la protection des droits de l’homme, notamment en traduisant ses résolutions d’urgence sur les violations des droits de l’homme dans les langues locales des pays concernés et en les publiant et en les diffusant en conséquence; |
Programme thématique «Droits de l’homme et démocratie»
| 9. | rappelle que le respect des droits de l’homme, de la démocratie et de l’état de droit est un objectif transversal de l’ensemble de l’IVCDCI — L’Europe dans le monde, conformément à l’article 3 («objectifs») du règlement; insiste sur l’importance du programme thématique «Droits de l’homme et démocratie» adopté dans le cadre de l’IVCDCI — L’Europe dans le monde pour la protection des droits de l’homme ainsi que la promotion de la liberté et de la démocratie dans le monde; |
| 10. | réaffirme que la diversification et la maximisation des modalités et mécanismes de financement des acteurs de la société civile au titre de l’IVCDCI sont des éléments essentiels et qu’il convient de les encourager en tenant compte des spécificités de ces acteurs et en veillant à ce que ni leur champ d’action ni le nombre d’interlocuteurs potentiels ne soient limités, tout en continuant à œuvrer en faveur d’une plus grande autonomie de l’espace civique conformément au principe de cohérence des politiques au service du développement; demande que le niveau et la flexibilité du financement accordé à la société civile et aux défenseurs des droits de l’homme au titre du programme thématique «Droits de l’homme et démocratie» de l’IVCDCI, notamment ceux du financement alloué à ProtectDefenders.eu et du Fonds européen pour la démocratie, tiennent compte de la gravité du ressac illibéral actuel et de la réduction de l’espace dévolu à la société civile dans le monde entier; |
| 11. | demande une transparence accrue en ce qui concerne les dispositions relatives aux droits de l’homme dans les conventions de financement au titre de l’IVCDCI et une clarification du mécanisme et des critères de suspension de ces conventions en cas de violation des droits de l’homme, des principes démocratiques et de l’état de droit ou dans les cas graves de corruption; invite la Commission à s’abstenir strictement d’utiliser l’appui budgétaire aux gouvernements de pays tiers en tant que modalité opérationnelle pour l’aide humanitaire dans les pays qui sont le théâtre de violations généralisées des droits de l’homme et d’une répression des défenseurs des droits de l’homme; |
| 12. | se félicite du dialogue stratégique qu’entretiennent la Commission et le Parlement sur toutes les composantes de l’IVCDCI, et invite celle-ci à tenir pleinement compte des contributions formulées par le Parlement au regard des priorités en matière de droits de l’homme, tant dans le cadre du programme thématique que de tous les programmes géographiques; souligne que l’instrument ne peut produire tous ses effets que si le programme en matière de droits de l’homme est systématiquement pris en compte dans l’ensemble des politiques et programmes extérieurs de l’Union, s’il est cohérent avec ses politiques intérieures et si l’Union est perçue comme un acteur international crédible de la défense et de l’action en faveur des droits de l’homme; |
| 13. | salue le travail effectué par le Fonds européen pour la démocratie afin de soutenir la société civile et la liberté des médias dans tout le voisinage méridional et oriental de l’Union ainsi que dans les Balkans occidentaux; demande à la Commission d’accroître le nombre de mécanismes de subvention en cascade au sein des programmes de soutien à la démocratie de l’Union, afin de renforcer les approches ascendantes du soutien à la démocratie et de garantir que de petites initiatives au niveau régional ou local puissent aussi bénéficier du soutien de l’Union; |
| 14. | réaffirme son soutien au travail effectué par les fondations politiques européennes afin de soutenir et d’encourager la prochaine génération de dirigeants politiques dans le voisinage de l’Union et au-delà; |
Représentant spécial de l’Union européenne pour les droits de l’homme
| 15. | salue les travaux et les efforts mis en œuvre par le représentant spécial de l’Union européenne (RSUE) pour les droits de l’homme afin de protéger et de promouvoir les droits de l’homme dans le monde; souligne que le RSUE contribue sensiblement au renforcement de l’efficacité des politiques de l’Union en matière de droits de l’homme par le dialogue qu’il entretient avec des pays tiers, la coopération avec des partenaires partageant les mêmes valeurs pour progresser sur les questions de droits de l’homme, ainsi que l’amélioration de la cohérence interne et externe des politiques de l’Union sur le terrain; rappelle que la nomination du RSUE devrait faire l’objet d’une audition préalable au Parlement; |
| 16. | fait observer qu’il convient de faire mieux connaître le mandat du RSUE et de mettre son rôle en lumière afin que son action ait une incidence significative sur les droits de l’homme; souligne que le RSUE dispose d’un mandat souple qui pourrait être adapté à l’évolution de la situation; est d’avis que l’efficacité de la fonction de RSUE pourrait être améliorée en développant les activités de communication et en en amplifiant le retentissement dans l’opinion publique grâce, entre autres, à la publication de déclarations en faveur de défenseurs des droits de l’homme en danger, y compris des lauréats et des finalistes du prix Sakharov, ainsi que de défenseurs des droits de l’homme détenus pendant de longues périodes, une démarche qui contribuerait à protéger l’intégrité physique et le travail indispensable de ceux-ci; souligne qu’il est important que le RSUE coopère étroitement avec d’autres représentants spéciaux de l’Union pour les pays et les régions en vue d’intégrer les droits de l’homme aux politiques régionales de l’Union; |
| 17. | recommande que le RSUE accorde une attention particulière aux pays et aux sujets abordés dans les résolutions d’urgence mensuelles du Parlement sur les violations des droits de l’homme, ainsi qu’à toutes les violations des droits de l’homme, notamment celles commises sous des régimes autoritaires; |
| 18. | demande à la Commission, au VP/HR et aux États membres de garantir un soutien politique et des ressources humaines et financières adéquates au RSUE et à son équipe; |
| 19. | encourage le RSUE à poursuivre ses efforts diplomatiques afin de renforcer le soutien de l’Union au droit international humanitaire et à la justice internationale; demande une nouvelle fois la nomination d’un représentant spécial de l’Union sur cette question; |
Dialogue de l’Union sur les droits de l’homme
| 20. | reconnaît que les dialogues de l’Union sur les droits de l’homme sont susceptibles de promouvoir les droits de l’homme et la démocratie dans les relations bilatérales avec les pays tiers, mais souligne que, pour être efficaces, ils doivent être axés sur les résultats et fondés sur des critères de référence clairs pour en évaluer les résultats; regrette que les lignes directrices révisées de l’Union sur les dialogues sur les droits de l’homme avec les pays partenaires et les pays tiers, bien qu’elles fixent des objectifs spécifiques, ne définissent pas d’indicateurs qui permettraient de procéder à une évaluation appropriée; demande au SEAE de procéder à de telles évaluations pour chaque dialogue, conformément aux lignes directrices de l’Union, et d’assurer un suivi des cas spécifiques évoqués tant dans le cadre des dialogues sur les droits de l’homme que par le Parlement; est d’avis que l’incapacité à obtenir des résultats concrets en ce qui concerne les dialogues sur les droits de l’homme avec les pays tiers nécessiterait une évaluation plus approfondie de la manière de mener les relations bilatérales; |
| 21. | réaffirme l’engagement pris dans les orientations de l’Union concernant les défenseurs des droits de l’homme d’aborder les cas individuels de défenseurs des droits de l’homme en danger au cours des dialogues sur les droits de l’homme avec des pays partenaires/tiers, et souligne la nécessité d’évoquer systématiquement ces cas dans ce cadre; attend du SEAE qu’il accorde une attention particulière aux cas individuels évoqués par le Parlement, notamment dans ses résolutions urgentes, ainsi qu’aux lauréats et finalistes du prix Sakharov en danger, et qu’il rende compte des mesures prises à cet égard; |
| 22. | souligne que les dialogues devraient être l’un des instruments de l’engagement global de l’Union en faveur des droits de l’homme et qu’ils ne devraient pas être considérés comme un substitut aux discussions sur les droits de l’homme menées dans des enceintes de haut niveau avec tous les acteurs concernés et, en particulier, avec les partenaires stratégiques de l’Union; invite le SEAE à partager avec la commission des affaires étrangères et la sous-commission «droits de l’homme» du Parlement ainsi qu’avec les organisations de la société civile les informations relatives aux dialogues envisagés, tant au niveau bilatéral qu’au sein des enceintes internationales, et ce suffisamment à l’avance; |
| 23. | souligne que tous les acteurs de la société civile, y compris les organisations indépendantes de la société civile, les organisations confessionnelles, les syndicats, le mouvement associatif et les défenseurs des droits de l’homme, ont un rôle essentiel à jouer dans les dialogues, en ce qu’ils contribuent à la fois aux dialogues et à l’évaluation de leurs résultats; précise que l’Union et ses États membres devraient veiller à réellement consulter de manière accessible et inclusive et faire participer ces organisations dans le cadre de dialogues officiels et informels, dans la mesure du possible et s’il y a lieu, ainsi que de discussions exploratoires; invite le SEAE et la Commission à améliorer la communication et la transparence à l’égard de la société civile; invite, à cette fin, le SEAE et la Commission à renforcer et à accroître la visibilité des points de contact pour les droits de l’homme dans leurs divisions géographiques et à renforcer le soutien à la société civile, y compris le soutien technique, en particulier dans les pays où des régimes répressifs cherchent à empêcher le travail de la société civile; |
| 24. | souligne que les dialogues sur les droits de l’homme sont censés constituer un élément central de la panoplie d’instruments de politique étrangère de l’Union et qu’ils ne peuvent dès lors constituer une fin en soi; rappelle qu’en vertu de l’article 21 du traité UE, les valeurs sur lesquelles l’Union a été fondée doivent inspirer tous les aspects de ses politiques extérieures; demande donc au SEAE et au Conseil de trouver un meilleur équilibre entre la diplomatie, les intérêts et les valeurs, de sorte à mieux tenir compte des objectifs en matière de droits de l’homme sur lesquels repose l’action extérieure de l’Union et à mettre davantage l’accent sur une perspective à long terme; réaffirme, par conséquent, que le respect des droits de l’homme doit être une condition essentielle du soutien de l’Union aux pays tiers; |
Multilatéralisme et justice internationale
| 25. | relève que l’année 2020 a marqué le 75e anniversaire des Nations unies, une plateforme universelle essentielle pour la recherche d’un consensus international sur la paix et la sécurité, le développement durable et le respect des droits de l’homme et du droit international; demande à l’Union et à ses États membres de continuer à apporter leur indispensable soutien aux Nations unies et de poursuivre leurs efforts pour parler d’une seule voix au sein des Nations unies et d’autres enceintes multilatérales; attire l’attention sur les enjeux liés à la jouissance universelle des droits de l’homme et souligne la nécessité d’un multilatéralisme et d’une coopération internationale plus inclusifs et efficaces; insiste sur le rôle essentiel des organes des Nations unies en tant qu’instances œuvrant pour la paix, la résolution des conflits et la protection des droits de l’homme, et plaide pour un renforcement des mesures et des ressources à cet égard; salue l’appel à l’action en faveur des droits humains lancé par le secrétaire général des Nations unies, |
| 26. | déplore la pratique persistante du «deux poids deux mesures» dans certains pays dans le traitement de la situation des droits de l’homme dans le monde; condamne la multiplication des actions qui tentent de compromettre le fonctionnement des organes des Nations unies, en particulier du Conseil des droits de l’homme, en remettant en question l’universalité des droits de l’homme, et de faire obstacle à l’ordre international fondé sur des règles; regrette que des pays dirigés par des régimes autocratiques et qui sont le théâtre de violations répétées des droits de l’homme soient devenus membres du Conseil des droits de l’homme et déplore leur mépris flagrant pour leurs obligations en matière de droits de l’homme et leur bilan calamiteux en matière de coopération avec les mécanismes des Nations unies mis en place par l’intermédiaire du Conseil des droits de l’homme; demande, à cet égard, une réforme en profondeur du Conseil des droits de l’homme, notamment une définition de critères clairs pour ses membres; demande au SEAE, en particulier, de lancer et de diriger une initiative en vue de l’adoption d’une position coordonnée de l’Union et de ses États membres concernant la participation au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, ce qui favoriserait une transparence accrue du processus électoral, notamment en rendant public les votes des États membres de l’Union ainsi que les raisons de ces votes; souligne en outre la nécessité d’un processus véritablement concurrentiel en veillant à ce que les trois blocs régionaux auxquels participent les États membres de l’Union présentent plus de candidats qu’il n’y a de sièges, et en renforçant la responsabilité des candidats par l’étude attentive de leurs engagements volontaires et de leurs antécédents de coopération avec le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, les organes de traités des Nations unies et les procédures spéciales; |
| 27. | condamne fermement toutes les attaques contre les titulaires de mandats au titre des procédures spéciales des Nations unies ainsi que l’indépendance et l’impartialité de leur mandat; souligne que la souveraineté des États ne saurait servir de prétexte pour refuser un contrôle des droits de l’homme par la communauté internationale, car, conformément à la charte des Nations unies et à la résolution 60/251 de l’Assemblée générale des Nations unies, tous les États, quels que soient leur régime politique, leur système économique et leur héritage culturel, ont le devoir et la responsabilité de promouvoir et défendre tous les droits de l’homme et toutes les libertés fondamentales pour tous, et le Conseil des droits de l’homme est chargé d’examiner les violations des droits de l’homme; |
| 28. | invite les États membres de l’Union et les partenaires démocratiques de celle-ci à lutter résolument contre ces tentatives et à durcir leur action face aux graves violations des droits de l’homme internationaux; invite le Conseil et les États membres à œuvrer à la réforme des institutions multilatérales afin de les rendre plus résilientes et capables de prendre des décisions plus cohérentes et plus adaptables; |
| 29. | souligne la nécessité d’un financement adéquat pour tous les organes des Nations unies chargés des droits de l’homme, notamment les organes des Nations unies créés en vertu des traités ainsi que les procédures spéciales; invite, à cette fin, le secrétaire général des Nations unies à allouer des ressources appropriées provenant du budget des Nations unies et invite instamment les États membres de l’Union à augmenter leurs contributions volontaires; |
| 30. | souligne la nécessité de procéder à un examen impartial, équitable et transparent des demandes de statut consultatif au Conseil économique et social des Nations unies provenant d’organisations non gouvernementales (ONG); soutient la demande de l’Union en faveur de l’approbation longtemps retardée des candidatures de certaines ONG dignes de confiance; |
| 31. | dénonce les représailles et les actes d’intimidation subis par près de 240 membres de la société civile, des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes dans 45 pays pour avoir coopéré avec les Nations unies au cours de l’année écoulée, comme l’a signalé le secrétaire général des Nations unies; demande à l’Union et à ses États membres de prendre des mesures fortes contre ces représailles, notamment en adoptant une démarche mondiale face aux pays concernés, et à prendre toutes les mesures possibles pour contribuer à proposer des espaces sûrs et ouverts pour que les personnes et les organisations de la société civile puissent interagir avec les Nations unies, ses représentants et ses mécanismes; |
| 32. | réaffirme son soutien résolu à la Cour pénale internationale (CPI), qui est la seule institution internationale à pouvoir poursuivre certains des crimes les plus odieux au monde et à rendre justice à leurs victimes; souligne l’indépendance et l’impartialité de la CPI; invite l’Union et ses États membres à apporter un soutien financier adéquat pour permettre à la CPI de s’acquitter de ses missions; clame l’universalité du statut de Rome et demande à l’Union d’inclure une clause spécifique sur l’adhésion à celui-ci et sa ratification dans les accords à conclure avec des pays tiers; demande à l’Union d’intensifier son dialogue avec les pays qui n’ont pas encore adhéré au statut de Rome; condamne fermement toute attaque contre le personnel ou l’indépendance de la CPI; est d’avis que les tentatives visant à saper la crédibilité et le rôle essentiel de la CPI constituent des attaques contre le multilatéralisme et devraient être dénoncées en tant que telles par l’Union et ses États membres, notamment lorsqu’elles proviennent de pays qui sont de proches partenaires; souligne que la CPI doit pouvoir accéder librement aux pays sur lesquels elle enquête pour pouvoir s’acquitter de ses tâches; insiste sur les possibilités offertes par d’autres outils innovants pour traduire en justice les auteurs de crimes internationaux, notamment la compétence universelle de tribunaux nationaux; met l’accent, dans ce contexte, sur les discussions menées au sein de la Commission du droit international des Nations unies sur l’immunité des titulaires de fonctions officielles, et demande qu’il y soit donné suite; invite l’Union à poursuivre son action pour le développement des capacités au niveau national dans des pays tiers et, dans le même temps, à soutenir les tribunaux et mécanismes pénaux internationaux ainsi que les plateformes et organisations qui se consacrent à la lutte contre l’impunité, telles que la coalition pour la CPI; |
| 33. | demande une nouvelle fois que des mesures soient prises pour lutter contre l’impunité et promouvoir l’obligation de rendre des comptes dans les régions et les pays touchés par des conflits; prend acte de l’adoption par le Parlement et le Conseil du projet pilote relatif à l’Observatoire européen de la lutte contre l’impunité; invite, à cet égard, la Commission et le SEAE à mettre en œuvre des outils similaires pour autonomiser et soutenir les victimes en leur donnant accès à des voies de recours et à des réparations, y compris dans les affaires liées à la corruption; |
Problématiques spécifiques au regard des droits de l’homme
COVID-19
| 34. | souligne que la COVID-19 a considérablement renforcé l’action antidémocratique des démocraties illibérales et des régimes autoritaires; déplore que ces régimes se servent de la crise sanitaire comme prétexte pour limiter encore les libertés d’expression, de réunion, de religion et de conviction en restreignant le fonctionnement des institutions démocratiques et en réprimant la dissidence, y compris en entravant la liberté des médias en ligne et hors ligne et en menant des campagnes de diffamation à l’encontre des opposants et des lanceurs d’alerte; déplore aussi que ces régimes aient également poursuivi la discrimination à l’encontre des populations marginalisées, notamment les populations autochtones et d’autres minorités, l’utilisation massive d’outils de surveillance, les campagnes de désinformation, les restrictions à l’accès à l’information, en particulier de la part de médias pluralistes et indépendants grâce à des coupures généralisées de l’internet, la limitation de la largeur de bande et le blocage des contenus, la mise en œuvre de mesures d’urgence sans critères clairs pour leur révocation, les restrictions à l’exercice démocratique des élections et le recours à l’accès sélectif aux soins de santé comme moyen de discrimination contre certaines catégories de la population; |
| 35. | salue le rôle important qu’ont joué les défenseurs des droits de l’homme dans la réponse à la COVID-19, en assumant une multitude de nouveaux rôles en plus de leur travail quotidien pour les droits de l’homme, en dépit des risques importants et disproportionnés auxquels ils ont dû faire face; constate avec inquiétude que, dans le monde entier, des gouvernements ont utilisé la pandémie comme un moyen de cibler spécifiquement les défenseurs des droits de l’homme en refusant de libérer les défenseurs des droits de l’homme emprisonnés, en prolongeant leur détention au secret, en limitant les visites aux prisonniers, et en les condamnant sur la base d’accusations forgées de toutes pièces lors d’audiences à huis clos; |
| 36. | souligne que la pandémie de COVID-19 a eu une incidence négative sur les droits économiques et sociaux dans la plupart des pays du monde, tandis que la crise sanitaire et la crise économique qui l’a suivie ont entraîné une hausse des inégalités au sein des pays et entre ceux-ci; dénonce les efforts incessants déployés par les autorités pour dissimuler aux enquêteurs internationaux des informations essentielles sur les origines et la propagation de la COVID-19; insiste sur les répercussions négatives considérables de la COVID-19, qui a touché de manière disproportionnée les groupes en situation de vulnérabilité, notamment les femmes, les personnes LGBTIQ, les personnes démunies, les enfants, les personnes handicapées, les migrants, les réfugiés, les demandeurs d’asile, les minorités religieuses, les minorités de conviction et autres, les travailleurs informels et les personnes en prison ou en détention, entre autres; souligne que les groupes en situation de vulnérabilité sont également plus touchés par les retombées économiques et sociales négatives de la pandémie, ainsi que par les restrictions d’accès aux soins de santé et à l’éducation; constate avec inquiétude l’augmentation de l’intolérance, de la discrimination et des discours de haine à l’encontre de certaines populations vulnérables, en particulier des groupes minoritaires, ainsi que les restrictions des libertés fondamentales; |
| 37. | souligne que l’Union devrait renforcer son action d’appui pour faire face aux répercussions négatives de la COVID-19, en particulier pour les groupes en situation de vulnérabilité; demande à l’Union européenne, à cet effet, de redoubler d’efforts, et ce de toute urgence, pour supprimer le déséquilibre alarmant dans la distribution mondiale des vaccins et honorer ainsi l’engagement qu’elle a pris de faire du vaccin anti-COVID un bien public mondial, notamment grâce au transfert technologique et à l’accélération de la production locale, notamment au moyen du groupement d’accès aux technologies contre la COVID-19 (C-TAP) pour veiller à ce que les vaccins soient disponibles, accessibles et abordables pour le plus grand nombre de personnes; souligne qu’il importe de soutenir le renforcement des systèmes d’éducation et de soins de santé afin de les rendre résilients aux menaces futures; demande à l’Union et à ses États membres de renforcer le financement accordé à la prestation des services publics de base; souligne, dans ce contexte, l’importance de la protection sociale; plaide, à cet égard, pour un renforcement de l’appui en faveur des technologies innovantes et se félicite de l’action déployée par l’Équipe Europe; reconnaît le droit à la santé physique et mentale, qui, dans de nombreux pays, fait toujours l’objet de stigmatisation et de discrimination, et souligne que la pandémie de COVID-19 a mis au jour de terribles négligences dans les soins de santé mentale; |
Défenseurs des droits de l’homme
| 38. | salue le travail important réalisé par tous les défenseurs des droits de l’homme dans le monde, parfois en payant le prix le plus élevé, et saisit cette occasion pour rendre hommage à tous les défenseurs des droits de l’homme pour leur contribution au mouvement pour les droits de l’homme; rappelle que les défenseurs des droits de l’homme sont souvent les seuls interlocuteurs capables de suivre la situation sur place et de protéger les droits de l’homme dans les territoires occupés ou annexés, en particulier dans certaines zones de «conflit gelé» où la communauté internationale et l’Union ont des capacités d’intervention limitées; |
| 39. | est vivement préoccupé par la situation précaire des défenseurs des droits de l’homme et déplore le fait qu’ils soient victimes de toujours plus de violences, voire d’assassinats ciblés; fait remarquer que certains pays ont des antécédents particulièrement inquiétants en matière de persécution, de harcèlement, d’intimidation, d’enlèvement et d’exécution extrajudiciaire de défenseurs des droits de l’homme; souligne la situation particulièrement grave des défenseurs des droits des femmes, du travail, de l’environnement et des populations autochtones, qui a encore été aggravée par la COVID-19; déplore le recours accru à des techniques telles que le harcèlement, la criminalisation et les campagnes de diffamation, les arrestations arbitraires et la détention illimitée dans des conditions inhumaines pour réduire au silence les défenseurs des droits de l’homme, souvent sur la base d’accusations de terrorisme mal définies; demande une nouvelle fois aux délégations de l’Union et aux ambassades des États membres dans les pays tiers d’étudier les évolutions et les enjeux liés au droit de promouvoir et de protéger les droits de l’homme, de demander et recevoir des informations sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, ainsi que d’y donner suite, de rendre régulièrement visite aux militants en prison, de surveiller leurs procès et de plaider en faveur de leur accès à la justice et de leur protection; demande en outre à l’Union et à ses États membres d’élaborer une stratégie européenne ambitieuse pour faire face aux attaques croissantes contre les défenseurs des droits de l’homme; |
| 40. | demande instamment la création d’un système européen de délivrance de visas de court séjour pour la relocalisation temporaire de défenseurs des droits de l’homme, notamment par l’ajout d’instructions en ce sens dans le manuel des visas de l’Union et par la modification des instruments juridiques relatifs aux visas, notamment le code des visas; déplore l’absence de progrès en la matière au cours de l’année écoulée et demande instamment que les États membres réfléchissent véritablement à une politique européenne plus coordonnée en matière de délivrance de visas d’urgence aux défenseurs des droits de l’homme; |
| 41. | demande un renforcement de la supervision par le Parlement européen de l’action des délégations de l’Union face aux violations des droits de l’homme et aux atteintes à ceux-ci dans les pays tiers ainsi que l’adoption de mesures concrètes et énergiques lorsque les délégations ne peuvent pas remplir leurs obligations à cet égard; souligne qu’il faut garantir aux délégations de l’Union qu’elles disposeront de toutes les ressources et capacités nécessaires et appropriées pour agir de manière effective sur les questions de violations des droits de l’homme dans les pays tiers; |
| 42. | condamne fermement l’assassinat de défenseurs des droits de l’homme dans le monde et exige la justice et la reddition de comptes aux plus hauts niveaux décisionnels pour ces attaques; souligne que la plupart d’entre eux étaient engagés dans la protection de leurs terres et de l’environnement, ainsi que dans la défense des droits de peuples autochtones; réitère son appel en faveur du respect plein et entier du principe de consentement préalable libre et éclairé, conformément à la convention no 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT) relative aux peuples indigènes et tribaux; insiste sur la nécessité d’améliorer l’accès à la justice dans le monde afin de lutter contre l’impunité généralisée au regard de ces assassinats; relève toutefois qu’il faut faire davantage en matière de réparation et d’indemnisation, mais aussi de prévention, notamment par le renforcement des dispositifs nationaux de protection des défenseurs des droits de l’homme dans les pays tiers; |
Liberté d'expression, de réunion pacifique et d’association
| 43. | souligne que de récentes révélations, telles que le scandale du projet Pegasus de NSO, confirment que l’espionnage des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes, entre autres, est une question extrêmement préoccupante, et semblent attester des dangers de l’usage abusif des technologies de surveillance au détriment des droits de l’homme; demande la promotion d’un espace sûr et ouvert et d’une plus grande capacité pour les organisations de la société civile, les défenseurs des droits de l’homme, les journalistes et les autres personnes concernées afin de les protéger de la cybersurveillance et des ingérences; souligne la nécessité d’une réglementation nationale et internationale plus solide dans ce domaine; |
| 44. | exprime sa vive préoccupation face aux restrictions particulières à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association et souligne la nécessité de les garantir et de les respecter; rappelle les atteintes spécifiques aux libertés d’opinion et d’expression ainsi que leur lien avec la liberté d’information, notamment avec l’accès à des informations indépendantes et fiables en ligne et hors ligne; |
| 45. | note que le journalisme indépendant et l’existence de médias fiables n’ont jamais été aussi essentiels au maintien de sociétés humaines sûres, saines et fonctionnelles et souligne la nécessité d’un soutien public accru au journalisme indépendant dans le monde entier; condamne la montée du harcèlement juridique et de la législation restrictive en tant que moyen de réduire au silence les voix critiques, par exemple au moyen de poursuites stratégiques contre la participation du public et de la criminalisation de la diffamation en ligne et hors ligne, qui est utilisée pour effrayer les journalistes, les lanceurs d’alerte et les défenseurs des droits de l’homme dans le but de leur faire cesser leurs enquêtes et arrêter de dénoncer la corruption et d’autres questions d’intérêt public dans de nombreux pays; rappelle la nécessité de veiller à la transparence de la propriété des médias et notamment des actionnaires, cette transparence étant un vecteur important du pluralisme des médias, |
| 46. | rappelle les atteintes spécifiques à la liberté d’association qu’entraîne l’application à l’égard des organisations de la société civile d’une législation restrictive pour lutter contre le terrorisme, l’extrémisme ou la corruption, ainsi que les exigences pesantes en matière d’enregistrement, de financement et de reddition de comptes, qui en découlent et représentent des formes de contrôle étatique, ou d’autres mesures, comme la répression des manifestations par le recours à la force, par le harcèlement et par la détention arbitraire; condamne l’utilisation abusive de mesures législatives, policières ou de sécurité à des fins de restriction du droit de manifester; souligne que des dizaines de manifestations ont été réprimées en 2020 et 2021 et que cette répression a donné lieu à l’assassinat de manifestants et à la détention arbitraire de centaines de manifestants pacifiques, dont beaucoup ont été victimes de torture et de mauvais traitements et ont été contraints de payer des amendes importantes à l’issue de procès sans garantie de normes procédurales minimales; dénonce les violations du droit à la négociation collective, à la consultation et à la participation des travailleurs et des syndicats; |
| 47. | exprime sa vive préoccupation face à la restriction de la liberté académique et à la propagation de la censure et de l’emprisonnement des universitaires dans le monde, phénomène qui a des répercussions sensibles sur le droit à l’éducation; demande instamment à l’Union et à ses États membres de renforcer leurs efforts diplomatiques par des contacts bilatéraux et multilatéraux en lien avec les menaces ou les attaques contre la liberté académique provenant d’acteurs étatiques et non étatiques; invite le SEAE et la Commission à procéder au réexamen des mécanismes existants de soutien et de protection des défenseurs des droits de l’homme afin de développer les capacités à détecter les cas d’attaque contre la liberté académique et de fournir une assistance, notamment un soutien et une protection d’urgence, dans ces situations; invite la Commission à garantir un soutien de haut niveau constant au Centre interuniversitaire européen pour les droits de l’homme et la démocratisation et au réseau universitaire Global Campus of Human Rights, ce soutien symbolisant l’appui apporté par l’Union à l’éducation aux droits de l’homme à travers le monde; |
| 48. | dénonce le fait que les États totalitaires accueillent de plus en plus souvent des événements sportifs ou culturels de grande envergure afin de renforcer leur légitimité internationale, tout en continuant de réprimer toute opposition interne; demande à l’Union et aux États membres de discuter avec les fédérations sportives nationales, les entreprises et les organisations de la société civile des modalités de leur participation à ces événements, notamment aux Jeux olympiques de Pékin en 2022; demande la définition d’un cadre stratégique de l’Union sur le sport et les droits de l’homme; |
Droit à un environnement sûr et sain
| 49. | signale que le changement climatique est l’une des plus grandes menaces pesant sur les droits de l’homme de notre génération et des futures générations et qu’il fait planer des risques particulièrement graves sur les droits fondamentaux à la vie, à la santé, à l’alimentation, au logement et à un niveau de vie satisfaisant, à l’échelle individuelle et collective; souligne que les gouvernements ont des obligations en matière de droits de l’homme et de développement durable; est conscient du lien étroit qui existe entre les droits de l’homme, un environnement sain, la biodiversité et la lutte contre le changement climatique et salue l’appel lancé par les Nations unies en faveur d’une reconnaissance mondiale du droit à un environnement sûr, propre, sain et durable; insiste sur le rôle essentiel joué par les défenseurs des droits de l’homme liés à l’environnement et par les populations locales et autochtones dans la préservation d’un tel environnement, malgré les menaces de violence que les responsables de pratiques préjudiciables à l’environnement et ceux qui en tirent profit font souvent peser sur eux; encourage l’Union et les États membres à promouvoir la reconnaissance de l’écocide en tant que crime international au titre du Statut de Rome de la CPI et demande à la Commission d’étudier la pertinence de la qualification d’écocide pour le droit de l’Union et sa diplomatie; invite l’Union et les États membres à prendre des initiatives audacieuses afin de lutter contre l’impunité de la criminalité environnementale à l’échelon mondial; |
| 50. | attire l’attention sur les obligations et les responsabilités des États et des autres entités responsables, notamment les entreprises, pour atténuer les effets du changement climatique, prévenir ses conséquences néfastes sur les droits de l’homme et la dégradation et la perte de biodiversité et favoriser des politiques adéquates qui soient suffisamment ambitieuses et non discriminatoires, qui prévoient la participation des citoyens et l’accès à des voies de recours efficaces et qui soient proportionnées aux obligations en matière de droits de l’homme; invite instamment l’Union à œuvrer pour contrer les effets de la crise climatique mondiale, notamment en mettant au point des mesures stratégiques efficaces et durables, ainsi qu’à se conformer aux objectifs de l’accord de Paris; demande une nouvelle fois à l’Union et à ses États membres de renforcer le lien entre les droits de l’homme et l’environnement dans l’ensemble de leur action extérieure et d’assurer une protection concrète aux défenseurs des droits de l’homme et de l’environnement; |
| 51. | attire particulièrement l’attention sur le lien entre l’exploitation des ressources et le financement des conflits, des guerres et de la violence et est conscient que les conséquences environnementales du changement climatique peuvent exacerber les migrations et les déplacements forcés; |
| 52. | souligne que les peuples autochtones ont souvent été les premières victimes de la déforestation, ce qui met en péril leur droit à la terre, entre autres, et compromet leur accès à des ressources vitales; souligne, à cet égard, leur droit à déterminer et à établir les priorités et les stratégies pour leur propre développement et pour l’utilisation de leurs terres, territoires et autres ressources; rappelle que l’impunité dont bénéficient ces violations des droits des peuples autochtones joue un rôle déterminant dans la déforestation et estime dès lors essentiel que les responsables de ces violations rendent des comptes; |
Droits des femmes, autonomisation des femmes et égalité entre les femmes et les hommes
| 53. | souligne qu’il est primordial de faire progresser les droits des femmes et se félicite du plan d’action de l’Union sur l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes dans l’action extérieure de l’Union pour 2021-2025 (GAP III), qui témoigne de l’engagement de l’Union dans ce domaine; salue le rôle important que jouent les dirigeantes politiques et les militantes civiques dans les mouvements politiques, sociaux et environnementaux et déplore que les femmes soient souvent la cible de violences en raison à la fois de leur sexe et de leurs activités, parfois même au prix de leur vie; |
| 54. | rappelle que la convention d’Istanbul, en tant que premier traité universellement contraignant visant à lutter contre la violence à l’encontre des femmes et des filles ainsi que la violence domestique, fixe les critères de référence pour les normes internationales qu’il convient de ratifier et de mettre en œuvre; |
| 55. | est conscient de l’incidence disproportionnée de la pandémie sur les femmes, notamment la hausse des violences à caractère sexiste à la suite des mesures de confinement; déplore le fait que les femmes, même au sein de l’Union, continuent de représenter la majorité des victimes de la violence à caractère sexiste, comme la violence domestique et la violence et les abus sexuels, y compris les mutilations génitales féminines, et qu’elles sont victimes de discrimination dans la vie politique et professionnelle, ainsi que dans l’accès à l’éducation et aux soins de santé; souligne que l’offre de services de soins, de protection et d’accès à la justice pour les victimes de violences à caractère sexiste et de la traite des êtres humains a considérablement diminué à la suite de la pandémie; demande à l’Union de promouvoir l’élaboration de plans et de protocoles d’aide d’urgence, à la fois au niveau des Nations unies et dans les pays partenaires, dans le but d’adapter les programmes d’aide aux circonstances de la pandémie, à ses conséquences et aux crises futures; salue les efforts et les investissements conjoints de l’Union et des Nations unies dans le lancement de l’initiative Spotlight visant à éliminer toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles; |
| 56. | regrette que les progrès réalisés en matière de droits des femmes se situent bien en deçà de ce à quoi les pays des Nations unies se sont engagés dans la convention de Pékin en 1995 et s’inquiète de la tendance au recul dans les progrès accomplis; est extrêmement préoccupé par la détérioration du droit de chacun d’être pleinement maître de sa sexualité ainsi que de sa santé et de ses droits sexuels et génésiques, sans aucune contrainte ni discrimination, notamment en ce qui concerne l’accès sûr et gratuit à l’avortement légal; condamne toutes les tentatives de réduire les droits et protections existants dans le domaine de la santé et des droits en matière de sexualité et de procréation, ainsi que la législation, les politiques et les pratiques qui continuent de refuser ou de limiter ces droits dans de nombreux pays du monde; souligne qu’il convient de garantir à tous l’accès à la santé et aux droits en matière de sexualité et de procréation et le droit à l’éducation, à l’information, à la planification familiale, aux méthodes contraceptives modernes, à l’avortement sûr et légal et aux soins de santé maternels, prénataux et postnataux; invite l’Union et ses États membres à réaffirmer les droits inaliénables des femmes à l’intégrité corporelle, à la dignité et à la prise de décision autonome, à défendre l’universalité et l’indivisibilité de l’ensemble des droits de l’homme en toutes circonstances, et à promouvoir la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation dans le cadre de leurs engagements internationaux, conformément aux objectifs de développement durable des Nations unies; |
| 57. | exprime sa vive inquiétude face au recours aux violences sexuelles et sexistes en tant qu’arme de guerre; rappelle que les crimes sexuels et les violences sexistes sont considérés par le statut de Rome comme des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ou des éléments constitutifs du génocide ou de la torture; demande une action concertée en vue de mettre un terme à l’utilisation des violences sexuelles en tant qu’arme de guerre; invite l’Union à lutter contre l’impunité des violations des droits en matière de sexualité et de procréation dans les situations de conflit et à soutenir les droits des femmes et des filles à des recours véritables et effectifs ainsi qu’à des réparations pour les violations de ces droits; |
| 58. | insiste sur le fait que les estimations publiées par l’Organisation mondiale de la santé indiquent qu’à l’échelle mondiale, environ une femme sur trois (30 %) a subi au cours de sa vie des violences physiques et/ou sexuelles exercées par un partenaire intime ou des violences sexuelles de la part d’une autre personne; souligne que la plupart de ces violences sont des violences exercées par un partenaire intime; souligne que 137 femmes sont tuées chaque jour par un membre de leur famille; invite l’Union européenne et les acteurs mondiaux à condamner fermement la violence entre partenaires intimes et à utiliser tous les instruments disponibles pour prévenir la violence entre partenaires intimes, protéger les victimes et poursuivre les auteurs; condamne les crimes commis au sein de la famille à l’encontre des filles et des femmes dans le cadre d’un comportement jugé inapproprié pour restaurer réputation supposée de la famille; |
| 59. | constate qu’en 2020, la situation des victimes de la traite des êtres humains, dont la majorité sont des femmes, s’est considérablement détériorée, puisqu’elles se sont retrouvées dans une position encore plus vulnérable en raison de la pandémie de COVID-19; salue le lancement de la stratégie de l’Union visant à lutter contre la traite des êtres humains (2021-2025); souligne qu’il est impératif de renforcer la lutte contre la traite des êtres humains et les groupes criminels organisés qui y participent; souligne que l’identification des victimes de la traite des êtres humains est devenue encore plus compliquée au cours de la pandémie de COVID-19; invite dès lors l’Union et ses États membres à intensifier leurs efforts dans le domaine de la coopération internationale en matière judiciaire et répressive afin de prévenir la traite des êtres humains et d’identifier les victimes, en évitant toutefois leur incrimination et en leur fournissant l’aide médicale et psychologique nécessaire, en étroite coopération avec l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, les ONG et les organisations de la société civile spécialisées dans la protection des victimes; |
| 60. | condamne la pratique commerciale de la gestation pour autrui, un phénomène mondial qui expose les femmes du monde entier à l’exploitation et à la traite des êtres humains tout en ciblant particulièrement les femmes vulnérables sur le plan financier et social; souligne ses graves répercussions sur les femmes, sur leurs droits, sur leur santé et sur l’égalité hommes-femmes, ainsi que ses implications transfrontières; demande la mise en place d’un cadre juridique européen pour remédier aux conséquences négatives de la gestation pour autrui commerciale; |
Les droits de l’enfant
| 61. | rappelle que les droits de l’enfant ne connaissent pas de frontières et demande une approche systématique et cohérente de promotion et de défense des droits de l’enfant en Europe et en dehors de l’Europe, conformément à la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant (CNUDE) et au programme 2030; |
| 62. | demande une nouvelle fois à l’Union et à ses États membres de renforcer leurs efforts pour éliminer toutes les formes d’abus à l’encontre des enfants; salue la stratégie de l’UE sur droits de l’enfant (2021-2024) récemment adoptée; souligne toutefois que les enfants continuent d’être victimes de violences, de mariages précoces et forcés, de conversion forcée, de prostitution, de pornographie enfantine et de pédophilie, d’abus sexuels, y compris de mutilations génitales, de traite, de séparation forcée d’avec leurs parents, d’être astreints au travail des enfants et d’être enrôlés comme enfants soldats, et qu’ils continuent de souffrir d’un manque d’accès à l’éducation et aux soins de santé, de malnutrition et de pauvreté, en particulier pendant les crises humanitaires et les conflits armés; souligne que 2021 a été proclamée Année internationale pour l’élimination du travail des enfants; demande que les droits de l’enfant et le programme des Nations unies sur les enfants et les conflits armés soient intégrés dans toutes les politiques extérieures de l’Union; demande instamment à l’Union garantir une cohérence totale entre ses politiques commerciales et de développement afin d’éradiquer le travail des enfants; souligne, à cet égard, le projet pilote de dialogue multipartite sur la cacaoculture durable; invite les États membres à assumer leurs responsabilités en matière de protection des enfants de combattants étrangers qui sont citoyens de l’Union; |
| 63. | invite l’Union à intégrer les droits de l’enfant et la protection de l’enfance dans toutes les politiques extérieures de l’Union, y compris dans le cadre des dialogues sur les droits de l’homme, des accords internationaux et commerciaux, de l’instrument d’aide de préadhésion et de l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale — Europe dans le monde; souligne la nécessité de suivre toutes les interventions de l’Union concernant les enfants et de veiller à ce qu’une approche visant à «ne pas nuire» aux droits de l’enfant soit pleinement mise en œuvre; |
Traite des êtres humains et travail forcé
| 64. | condamne toutes les formes de traite des êtres humains, de travail forcé et d’esclavage moderne, qui touchent des groupes de population très divers, tels que les femmes, les enfants, les immigrés et les travailleurs qualifiés, entre autres; rappelle aux États membres que ces activités doivent être poursuivies et condamnées tant dans les pays d’origine que dans un contexte international; insiste sur la nécessité de soumettre à un contrôle exhaustif et à un contrôle du respect des droits de l’homme et des droits en matière de travail les contributions apportées pour financer des services essentiels dans les pays tiers qui en ont besoin, afin d’éviter que ces services soient fournis dans des conditions précaires et en violation des droits de l’homme; invite instamment l’Union et ses États membres à prendre l’initiative dans les enceintes multinationales pour éradiquer toute forme de traite des êtres humains, de travail forcé et d’esclavage moderne qui, en plus d’être des crimes abominables, sont à l’origine de mouvements migratoires qui s’effectuent dans des conditions précaires favorisant des situations d’extrême vulnérabilité et de fortes souffrances; demande à l’Union, compte tenu de la gravité de ces violations, de prévoir une clause particulière sur la condamnation et l’incompatibilité de toute forme de traite des êtres humains, de travail forcé et d’esclavage moderne parmi des groupes de population divers, tels que les femmes, les migrants et les travailleurs qualifiés, entre autres, aussi bien dans les accords en vigueur que dans les accords à venir avec les pays tiers; |
Intolérance et discrimination
| 65. | réaffirme sa condamnation ferme de la discrimination, de la xénophobie, de l’intolérance, de la persécution et des assassinats fondés sur la race, l’appartenance ethnique, la nationalité, la classe sociale, le handicap, l’appartenance à une caste, la religion, les convictions, l’âge, l’orientation sexuelle et l’identité de genre, qui demeurent un problème majeur dans de nombreux pays; souligne que la pandémie de COVID-19 a eu des répercussions profondément disproportionnées sur la discrimination raciale et ethnique, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée; se félicite du lancement du plan d’action de l’Union contre le racisme 2020-2025, qui reconnaît non seulement les dimensions individuelle et sociale de ce phénomène, mais également sa nature structurelle; souligne qu’en dépit de 20 années de travail depuis l’adoption de la déclaration et du programme d’action de Durban en 2001, le racisme, la discrimination, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée demeurent un fléau dans beaucoup de pays du monde et demande la tolérance zéro à l’égard de ces phénomènes; demande aux gouvernements, aux organisations régionales, à la société civile et aux autres parties prenantes de redoubler d’efforts pour mettre en œuvre de manière effective la déclaration et pour élaborer et mettre en œuvre des plans d’action visant à combattre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée; demande à l’Union d’organiser un sommet mondial sur la lutte contre le racisme et la discrimination dans le monde, en collaboration avec des partenaires et des organisations internationales dont les opinions convergent, tels que l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), l’Organisation des Nations unies, l’Union africaine, l’Organisation des États américains et le Conseil de l’Europe; |
| 66. | déplore que les peuples autochtones continuent d’être victimes de discriminations et de persécutions généralisées et systématiques dans le monde entier, y compris des déplacements forcés, des arrestations arbitraires et des assassinats de défenseurs des droits de l’homme et des terres; demande une nouvelle fois à l’Union, aux États membres et à leurs partenaires au sein de la communauté internationale d’adopter toutes les mesures nécessaires en vue de garantir la reconnaissance, la protection et la promotion des droits des peuples autochtones, y compris au regard de leurs terres, de leurs langues, de leurs territoires et de leurs ressources, ainsi que la création d’un mécanisme de traitement des plaintes permettant de dénoncer des violations et des abus; salue le travail réalisé par la société civile et les ONG sur ces questions; prend acte de la nomination par le Parlement d’un rapporteur permanent sur les peuples autochtones, qui sera chargé de suivre la situation des peuples autochtones en matière de droits de l’homme; encourage les pays à ratifier les dispositions de la convention no 169 de l’OIT sur les peuples indigènes et tribaux; recommande à l’Union et à ses États membres d’inclure, dans les cadres pertinents et émergents relatifs au devoir de diligence, des références aux peuples autochtones et aux droits inscrits dans la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones; |
| 67. | prend acte avec une grande inquiétude de l’ampleur et des effets des systèmes hiérarchiques des castes, des discriminations qui en découlent et de la perpétuation de violations des droits de l’homme liées à ce phénomène, dont le déni d’accès au système judiciaire ou à l’emploi, la persistance des phénomènes ségrégationnistes, la pauvreté, la stigmatisation, et les entraves à l’exercice des droits fondamentaux et au développement humain; demande à nouveau à l’Union et à ses États membres d’intensifier leurs efforts et de soutenir les initiatives au niveau des Nations unies comme dans les pays tiers concernés en vue d’éradiquer les discriminations entre castes; |
Droits des LGBTIQ
| 68. | condamne fermement les violations des droits de l’homme, la discrimination, la persécution, les menaces de mort et les meurtres de personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, non binaires, intersexuées et queer (LGBTIQ), qui ont été exacerbés par le prétexte de la COVID-19 pour sévir contre les défenseurs des personnes LGBTIQ et se livrer à une diffamation homophobe et transphobe; invite l’Union à jouer un rôle de premier plan dans la défense des droits des personnes LGBTIQ dans les enceintes internationales, notamment en œuvrant à la dépénalisation de l’orientation sexuelle, de l’identité de genre, de l’expression de genre et des caractéristiques sexuelles, et à l’élimination des mutilations génitales des personnes intersexes, des «thérapies de conversion» et de la stérilisation forcée des personnes transgenres; se félicite que l’Union se soit engagée, dans la stratégie en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ pour la période 2020-2025, à inclure les questions LGBTIQ dans sa politique extérieure, y compris le soutien au titre des fonds de l’IVCDCI — L’Europe dans le monde et de l’instrument d’aide de préadhésion; invite l’Union européenne et les États membres à appliquer de manière approfondie et cohérente les orientations de l’Union européenne sur la promotion et la protection des droits de l’homme des personnes LGBTIQ dans toutes ses politiques extérieures; |
Droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion ou de conviction
| 69. | soutient pleinement le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, le droit d’avoir une conviction ou de ne pas croire, ainsi que le droit de manifester sa religion ou ses convictions, d’en changer ou de les abandonner, sans craindre la violence, la persécution ou la discrimination; souligne qu’il importe de s’attaquer aux persécutions fondées sur la religion ou les convictions et condamne les persécutions dont sont victimes les minorités pour ces motifs dans de nombreux endroits du monde; invite les États membres et le SEAE à prendre tout particulièrement note de ces cas et à y répondre en conséquence; condamne l’utilisation abusive des lois sur le blasphème pour perpétuer la discrimination et déplore le recours à la religion et aux institutions religieuses au détriment des droits de l’homme à travers la persécution, y compris par des moyens légaux, des minorités et communautés de conviction ou religieuses, des femmes, des personnes LGBTIQ et d’autres personnes en situation de vulnérabilité; réaffirme sa condamnation de toute tentative des autorités ou des gouvernements de refuser ou d’interférer dans le choix des chefs religieux ou spirituels; souligne que les États ont la responsabilité de promouvoir et de protéger les droits de l’homme des personnes appartenant à des minorités religieuses ou de conviction; souligne l’importance des initiatives de la société civile à cet égard; |
| 70. | invite la Commission et le Conseil à mettre en œuvre des programmes ambitieux pour défendre la liberté de religion ou de conviction dans le monde entier, notamment en encourageant et en soutenant les efforts internationaux visant à recueillir des preuves des atrocités commises, à traduire les auteurs en justice, à rendre les condamnations pénales effectives et à indemniser les victimes; invite le Conseil, la Commission, le SEAE et les États membres à collaborer avec les pays tiers en vue d’adopter des mesures visant à prévenir et à combattre les crimes haineux; |
| 71. | constate que le poste d’envoyé spécial de l’UE pour la promotion de la liberté de religion ou de conviction à l’extérieur de l’Union européenne est resté vacant pendant plus d’un an au total; réitère son appel au Conseil et à la Commission pour qu’ils procèdent dès que possible à une évaluation transparente et complète de l’efficacité et de la valeur ajoutée de cette fonction, qu’ils fournissent à l’envoyé spécial des ressources adéquates et qu’ils soutiennent dûment son mandat institutionnel, ses capacités et ses fonctions; |
Minorités nationales, ethniques et linguistiques
| 72. | rappelle l’obligation des États de protéger les droits de leurs minorités nationales, ethniques, culturelles, religieuses ou linguistiques sur leurs territoires respectifs; demande à la Commission d’œuvrer en faveur de la protection des droits des personnes appartenant à des minorités dans le monde entier, notamment dans le cadre de son programme thématique sur les droits de l’homme et la démocratie; |
| 73. | invite les gouvernements des pays partenaires de l’Union à respecter les droits humains fondamentaux des minorités nationales, ethniques et linguistiques, y compris leur culture, leur langue, leur religion, leurs traditions et leur histoire afin de préserver leurs cultures et leur diversité; rappelle la nécessité pour ces gouvernements d’honorer les obligations et les engagements qu’ils ont assumés au titre de traités et d’accords internationaux; déplore toute tentative de passer outre les droits fondamentaux et les droits de l’homme des minorités ethniques et linguistiques par leur assimilation forcée; |
Le droit de participer à des élections libres et équitables
| 74. | souligne que le droit de participer à la direction des affaires publiques, en particulier au moyen d’élections, outre qu’il constitue un droit de l’homme en soi, est intrinsèquement lié à un certain nombre d’autres droits de l’homme, dont la jouissance est déterminante pour un processus électoral satisfaisant et qui sont au cœur des gouvernements démocratiques; |
| 75. | condamne avec force l’érosion des valeurs démocratiques dans un certain nombre de pays tiers, ainsi que les atteintes à l’intégrité électorale, la violence électorale, le détournement de fonds publics par les partis gouvernementaux, la répression des opposants politiques, la censure et les menaces à l’encontre des médias indépendants et la propagation de la désinformation; demande instamment à l’Union de cibler et de contrer cette situation extrêmement préoccupante, ainsi que de présenter des propositions de mesures concrètes et efficaces, en réaffirmant sa volonté de jouer un rôle moteur dans la promotion des valeurs démocratiques et des élections libres et équitables dans les pays tiers; |
| 76. | déplore que des régimes autoritaires et totalitaires s’éloignent de la voie qui conduit à la maturité démocratique ainsi qu’au respect des droits de l’homme universels et des normes démocratiques, en s’offrant une légitimité de façade par l’intermédiaire de processus électoraux fictifs qui ne sont ni libres, ni équitables, ni transparents; appelle de ses vœux l’Union et ses États membres à renforcer les efforts déployés par l’Union pour promouvoir la résilience démocratique dans les pays tiers à l’aide de tous les instruments à leur disposition; |
| 77. | préconise de faire de la protection des processus démocratiques et électoraux l’une des principales préoccupations mondiales et de mettre en place un cadre d’intervention efficace face aux ingérences de quelque nature que ce soit dans les processus électoraux, en étroite collaboration avec des organisations internationales, telles que l’OSCE; |
Corruption et droits de l’homme
| 78. | estime que la corruption facilite, perpétue et institutionnalise les violations des droits de l’homme et touche de manière disproportionnée les personnes et les groupes les plus vulnérables et marginalisés de la société; insiste sur le fait que l’Union et ses États membres doivent combattre la corruption comme telle dans leur action extérieure en appliquant les normes de transparence les plus élevées aux financements qu’ils octroient aux pays tiers, ainsi qu’en soutenant les organisations de la société civile, les journalistes et les lanceurs d’alerte, tout en œuvrant en faveur de la lutte contre la corruption, en encourageant la création d’institutions qui luttent efficacement contre la corruption et l’adoption de cadres réglementaires solides, ainsi qu’en s’attaquant aux juridictions opaques et aux paradis fiscaux; |
| 79. | demande à l’Union européenne d’adopter des outils contre les dirigeants autoritaires et leurs soutiens financiers, y compris ceux qui sont impliqués dans des fraudes électorales, de mettre au jour et de geler les avoirs illicites et de préconiser l’application de la compétence universelle dans les cas de violations flagrantes des droits de l’homme; |
| 80. | est conscient du fait que l’Union européenne ne pourra constituer un bon exemple dans la lutte contre la corruption tant que certains de ses États membres et certaines entités basées dans l’UE auront des antécédents peu flatteurs dans ce domaine; attend de la Commission et des États membres qu’ils prennent des mesures concrètes contre les mauvaises pratiques dans ces domaines; recommande au Parlement, à la Commission et aux États membres de fournir un appui substantiel aux organisations de la société civile, aux journalistes et aux lanceurs d’alerte qui luttent contre la corruption; |
| 81. | souligne la nécessité d’élaborer les principes et de s’efforcer de fournir une définition juridique internationalement reconnue de la grande corruption, y compris de sa nature systémique, qui constitue un crime au regard du droit national et international; |
| 82. | exige que soient traitées les affaires d’impunité en matière de grande corruption toujours en cours, en renforçant la mise en œuvre des lois de lutte contre la corruption afin d’établir la responsabilité des auteurs d’actes de grande corruption; demande que des approches globales soient explorées, y compris des réformes des institutions judiciaires internationales, notamment l’extension de la compétence de la Cour pénale internationale; |
Le régime mondial de sanctions de l’Union en matière de droits de l’homme («loi Magnitsky de l’Union»)
| 83. | se félicite de l’adoption du régime mondial de sanctions de l’Union en matière de droits de l’homme (loi Magnitsky de l’Union), qui constitue un ajout essentiel à la boîte à outils de l’Union en matière de droits de l’homme et de politique étrangère et renforce le rôle de l’Union en tant qu’acteur mondial des droits de l’homme en lui permettant de prendre des mesures restrictives à l’encontre des personnes physiques et morales impliquées dans de graves violations des droits de l’homme partout dans le monde; félicite le Conseil d’avoir adopté des sanctions ciblées dans le cadre du régime et l’invite à adopter des mesures supplémentaires le cas échéant; estime que l’application du régime mondial de sanctions de l’Union en matière de droits de l’homme n’empêche ni n’exclut l’adoption d’autres instruments européens sur la protection des droits de l’homme, qui peuvent être associés et complémentaires; condamne toute mesure restrictive arbitraire ou injustifiée à l’égard de l’Union ou d’autres entités en représailles aux décisions que l’Union a prises en vertu du régime mondial de sanctions de l’Union en matière de droits de l’homme; regrette que le Conseil ait décidé d’appliquer le vote à l’unanimité et réclame une nouvelle fois la mise en place du vote à la majorité qualifiée pour l’adoption de sanctions en matière de droits de l’homme; |
| 84. | réitère sa demande d’étendre le champ d’application du régime mondial de sanctions de l’Union en matière de droits de l’homme et d’y inclure les actes de corruption afin que les facilitateurs économiques et financiers des auteurs de violations des droits de l’homme soient efficacement ciblés; met en évidence une autre possibilité qui s’offre à la Commission, à savoir de présenter une proposition législative visant à adopter un nouveau régime de sanctions thématiques pour lutter contre les actes graves de corruption définis sur la base de la convention des Nations unies contre la corruption; souligne la nécessité d’une stratégie efficace de mise en œuvre du régime mondial de sanctions de l’Union en matière de droits de l’homme, qui soit cohérente tant avec les autres politiques extérieures de l’Union, notamment en matière de droits de l’homme, qu’avec les cadres de sanctions internationaux existants; souligne que le régime mondial de sanctions de l’Union en matière de droits de l’homme doit respecter le principe consistant à ne pas porter préjudice à la population du pays visé, conformément au droit pénal international et au droit international humanitaire; rappelle que l’application cohérente et uniforme des mesures restrictives dans tous les États membres est une condition sine qua non à la crédibilité et à l’efficacité de l’action extérieure de l’Union; se félicite que la Commission ait annoncé qu’elle examinerait avant la fin de 2021 les pratiques qui affaiblissent les sanctions ainsi que les obligations actuelles imposant aux États membres de rendre compte de leur mise en œuvre et de leur application; prie instamment la Commission, en sa qualité de gardienne des traités, ainsi que le VP/HR, en tant que responsables de l’unité, de la cohérence et de l’efficacité de la politique étrangère de l’Union, de veiller à ce que les réponses nationales au non-respect des mesures restrictives adoptées par l’Union soient effectives, proportionnées et dissuasives; |
Migration et asile
| 85. | réaffirme les droits de l’homme inaliénables des migrants, des réfugiés et des personnes déplacées de force, et invite l’Union et ses États membres à les respecter pleinement et à les intégrer dans leur coopération avec les pays tiers, tant en ce qui concerne la mise en place de normes juridiques élevées que la question tout aussi importante de leur mise en œuvre, afin d’assurer la protection effective de ces droits dans la pratique; rappelle que, dans le cadre de leurs actions extérieures et extraterritoriales, de leurs accords et de leur coopération dans le domaine de la migration, des frontières et de l’asile, l’Union et ses États membres doivent respecter et protéger les droits de l’homme, notamment ceux consacrés par la charte des droits fondamentaux, dont le droit à la vie et à la liberté et le droit d’asile, notamment l’accès à l’examen individuel de chaque demande d’asile; |
| 86. | demande à nouveau à la Commission de procéder à un examen de l’incidence de la coopération en matière de migration avec les pays tiers sur les droits de l’homme, y compris une évaluation en amont et une évaluation des mécanismes de contrôle, et de réaliser des évaluations transparentes ex ante des risques concernant l’incidence de toute coopération formelle, informelle ou financière de l’Union avec les pays tiers sur les droits des migrants, des réfugiés et des personnes déplacées de force; demande, en outre, une plus grande transparence et un niveau adéquat de contrôle parlementaire et de suivi démocratique de son activité dans ce domaine; souligne les risques liés aux arrangements informels en matière de retour et de réadmission, qui ne font pas l’objet d’un contrôle juridictionnel et ne permettent donc pas d’offrir aux migrants et demandeurs d’asile victimes de violations des droits de l’homme des voies de recours efficaces; demande donc à nouveau à l’Union de faire en sorte que tous les accords de réadmission et de coopération en matière de migration conclus avec des pays tiers respectent les normes internationales en matière de droits de l’homme, le droit des réfugiés et le droit maritime, et en particulier la convention relative au statut des réfugiés; insiste pour que les droits de l’homme soient systématiquement pris en considération et leur respect contrôlé dans toutes les activités menées par Frontex et le Bureau européen d’appui en matière d’asile; |
| 87. | invite l’Union et ses États membres à s’attaquer aux causes profondes de la migration et à soutenir et à promouvoir le développement, à investir dans l’éducation et à fournir une assistance directe en vue d’améliorer les perspectives d’avenir, ce qui pourrait contribuer à des sociétés plus stables et durables; invite, à cet égard, la Commission à examiner les meilleurs moyens de coopération avec les pays tiers; demande à l’Union et à ses États membres de soutenir le droit des réfugiés et des demandeurs d’asile à retourner dans leur pays d’origine une fois que les persécutions ou les violences qui ont provoqué leur déplacement ont pris fin, tout en respectant le principe de non-refoulement; |
| 88. | invite la Commission à préparer des propositions législatives afin de procurer aux États membres les garanties nécessaires pour répondre efficacement à l’instrumentalisation de la migration par des pays tiers; invite les pays partenaires et les organisations internationales à assurer la mise en œuvre des cadres juridiques et à redoubler d’efforts en matière de coopération sur la question du trafic de migrants, tout en veillant à la protection des migrants et à la prévention de leur exploitation; |
| 89. | dénonce le nombre de décès survenant le long des routes migratoires et réaffirme son appel en faveur de l’adoption d’une approche européenne coordonnée, afin de soutenir et de garantir un processus d’identification rapide et effectif des personnes décédées lors de leur migration vers l’Union; déplore que certains demandeurs d’asile potentiels aient été renvoyés à la frontière ou expulsés vers des lieux où leur vie était en danger, en violation du droit international et, en particulier, du droit d’asile; dénonce les attaques perpétrées contre des ONG qui aident les migrants; demande à l’Union et à ses États membres de faire preuve d’une transparence totale en ce qui concerne l’attribution de fonds à des pays tiers pour la coopération en matière de migration, et de veiller à ce que cette coopération ne bénéficie pas, directement ou indirectement, à des entités étatiques impliquées dans des violations des droits de l’homme; insiste sur la nécessité de définir des cadres pour la protection des migrants, notamment au moyen de l’ouverture de voies sûres et légales et de l’amélioration de l’accès aux visas humanitaires, et d’améliorer leur mise en œuvre; invite le Parlement européen à assurer le suivi des accords sur les migrations; |
Droit international humanitaire
| 90. | souligne que le respect universel du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits de l’homme est de la plus haute importance et invite les parties aux conflits armés dans le monde à garantir que les agences d’aide humanitaire puissent avoir pleinement accès, en temps voulu et sans entraves aux populations et aux zones vulnérables et à protéger ces populations civiles, en particulier les femmes et les enfants, ainsi que le personnel humanitaire et médical, comme le garantissent les conventions de Genève et leurs protocoles additionnels; souligne qu’il importe de contribuer à la création de couloirs humanitaires pour les situations d’urgence, y compris celles comportant un risque ou un risque imminent de se transformer en violations généralisées et graves des droits de l’homme; |
| 91. | réaffirme que l’Union et ses États membres devraient soutenir activement l’appel du Secrétaire général des Nations unies et du Conseil de sécurité des Nations unies en faveur d’un cessez-le-feu mondial, notamment par des mesures effectives contre le commerce illicite des armes ainsi que par le renforcement de la transparence et de la responsabilité des exportations d’armes par les États membres; déplore que la pandémie de COVID-19 et ses effets aient attisé la violence politique, intensifié la concurrence entre les groupes armés et exacerbé les tensions qui couvent depuis longtemps, tout en exposant davantage les victimes; se déclare vivement préoccupé par l’augmentation des violences sexuelles liées aux conflits dans ce contexte, alors même que 2020 marque le 20e anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité; |
| 92. | rappelle sa résolution du 27 février 2014 sur l’utilisation de drones armés (11) et reste préoccupé par leur utilisation en dehors du cadre juridique international; demande, une fois encore, à l’Union d’élaborer de manière urgente un cadre juridique contraignant relatif à l’utilisation de drones armés afin de garantir que les États membres, conformément à leurs obligations légales, ne commettent pas d’assassinats ciblés contraires à la loi ou ne facilitent pas la commission de ces assassinats par d’autres pays; demande en outre à la Commission de le tenir dûment informé de l’affectation de crédits de l’Union à tous les projets de recherche et de développement portant sur la construction de drones; demande que des évaluations des incidences en matière de droits de l’homme aient lieu à l’occasion de futurs projets de mise au point de drones; rappelle sa résolution du 12 septembre 2018 sur les systèmes d’armes autonomes (12) et prie instamment le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-président de la Commission européenne (HR/VP) ainsi que les États membres d’interdire la mise au point, la production et l’utilisation d’armes entièrement autonomes dont les fonctions critiques, telles que le choix et l’attaque des cibles, sont dénuées de véritable contrôle humain; insiste pour que des négociations internationales soient ouvertes en vue de la mise en place d’un instrument juridiquement contraignant qui interdirait les armes létales autonomes sans réel contrôle humain; exhorte le HR/VP et les États membres à adopter une position commune dans le cadre des négociations internationales à cet égard; |
Guerres et conflits dans le monde et incidence sur les droits de l’homme
| 93. | met l’accent sur la menace multidimensionnelle que représentent pour l’exercice des droits de l’homme les conflits armés modernes, qui impliquent souvent, outre les États, des agents non étatiques et des organisations terroristes, et ont des conséquences humanitaires désastreuses; attire l’attention sur les violations des droits de l’homme et les abus commis par les entreprises militaires et de sécurité privées; souligne que les victimes de violations des droits de l’homme ont un accès très limité à la justice dans des territoires occupés ou annexés, y compris dans les zones de conflits gelés, où les structures juridiques et institutionnelles mises en place pour la protection des droits de l’homme font défaut ou sont inadéquates; demande une nouvelle fois à l’Union de renforcer sa réponse aux conflits, pour laquelle elle doit pleinement développer et être en mesure de mettre en œuvre ses propres instruments de manière autonome, également en collaboration avec les pays partenaires et les organisations régionales, notamment en mettant tout particulièrement l’accent sur l’aide humanitaire, la prévention des conflits, la justice transitionnelle, la médiation et les bons offices, ainsi que la réconciliation, la lutte contre les causes profondes des conflits, la fourniture du soutien nécessaire aux missions internationales de consolidation de la paix et de maintien de la paix, ainsi qu’aux missions de l’Union dans le cadre de la politique commune de sécurité et de défense, et les opérations de reconstruction post-conflit qui œuvrent en faveur d’une pleine intégration et d’un contrôle minutieux des droits de l’homme ainsi que d’une perspective de genre solide; |
| 94. | se félicite du nouveau concept de médiation de l’Union en faveur de la paix, qui étend la boîte à outils de l’Union en matière de gestion des crises à l’objectif plus large de transformation des conflits, et encourage le développement de nouveaux outils et capacités de dialogue dans ce domaine; demande une nouvelle fois aux États membres de contribuer à endiguer les conflits armés et les violations graves des droits de l’homme ou du droit international humanitaire en respectant strictement les dispositions de l’article 7 du traité des Nations unies sur le commerce des armes relatif à l’exportation et à l’évaluation des demandes d’exportation et du code de conduite de l’Union européenne en matière d’exportation d’armements, notamment lorsqu’il s’agit de tout transfert d’armes, d’équipements de surveillance et de renseignement qui entraînerait le risque que l’État ou les acteurs non étatiques importateurs commettent ou facilitent des violations des droits de l’homme ou du droit international humanitaire; réitère ses appels en faveur d’un contrôle plus strict, à l’échelle de l’Union, des exportations d’armements de l’Union, d’un meilleur contrôle de l’utilisation finale des armes exportées et d’une coordination accrue des décisions nationales en matière d’exportation d’armements; |
| 95. | invite le VP/HR et le Conseil à accorder une attention particulière à la situation des droits de l’homme dans les territoires occupés ou annexés et à prendre des mesures efficaces pour prévenir les graves violations des droits de l’homme sur le terrain; souligne combien il importe d’assurer la cohérence de l’action de l’Union face aux situations d’occupation ou d’annexion de territoires; rappelle que le droit international humanitaire devrait guider l’action de l’Union dans toutes ces situations, y compris dans les cas d’occupation prolongée; met l’accent sur la responsabilité qui incombe aux entreprises européennes d’appliquer les politiques de vigilance les plus strictes à l’égard de toute activité économique ou financière dans ou avec ces territoires ainsi que de veiller au strict respect du droit international et des politiques de sanctions de l’Union, le cas échéant; |
La justice transitionnelle
| 96. | réclame la promotion de mécanismes de justice transitionnelle qui donnent des moyens d’agir à la société civile, aux victimes, aux populations marginalisées et vulnérables, aux femmes, aux enfants, aux jeunes et aux habitants des zones rurales et urbaines; encourage la création de liens entre les structures permanentes telles que les systèmes de justice nationaux et les institutions ou réseaux nationaux de prévention des atrocités et les initiatives en matière de justice transitionnelle; souligne la nécessité de fournir aux victimes et aux communautés touchées les outils et l’espace dont elles ont besoin, ainsi qu’un accès à l’information; |
Devoir de vigilance et responsabilité des entreprises
| 97. | souligne que l’Union a une occasion unique de faire pression sur les entreprises pour faire respecter les droits de l’homme au niveau mondial avec la future législation contraignante de l’Union sur le devoir de vigilance et la responsabilité des entreprises, qui impose aux entreprises d’identifier, de prévenir et de communiquer les effets préjudiciables potentiels et/ou réels pour les droits de l’homme, l’environnement et la bonne gouvernance au travers de toute leur chaîne de valeur, ainsi que d’en rendre compte et d’y remédier de manière effective, ainsi que de prévoir l’établissement de régimes de responsabilité civile et l’accès des victimes à la justice et de garantir la responsabilité; demande que la législation s’applique à toutes les grandes entreprises régies par le droit d’un État membre, établies sur le territoire de l’Union ou actives sur le marché intérieur, ainsi qu’aux petites et moyennes entreprises (PME) cotées en bourse et aux PME dans les secteurs à haut risque, tout en tenant dûment compte du principe de proportionnalité; souligne la nécessité d’établir et d’appliquer des contrôles et des sanctions administratifs pour rendre la législation efficace et garantir des conditions de concurrence équitables pour les entreprises; estime que les stratégies de vigilance des entreprises doivent être définies et mises en œuvre dans le cadre d’une consultation constructive et régulière des parties prenantes et être mises à la disposition du public; se félicite de la pleine entrée en vigueur du règlement de l’Union sur la taxinomie (13) en 2020 et du règlement de l’Union relatif aux minerais originaires de zones de conflit (14) en 2021, qui constituent autant de mesures constructives dans ce domaine; |
| 98. | réaffirme que, selon les estimations, les deux tiers des défenseurs des droits de l’homme tués dans le monde l’année dernière étaient engagés dans la protection de leurs terres et de l’environnement et dans la défense des droits des peuples autochtones, souvent dans le contexte des relations d’affaires; souligne la nécessité toujours plus cruciale, exprimée par les défenseurs des droits de l’homme, que l’Union mette en œuvre une législation contraignante relative au devoir de vigilance des entreprises à l’égard des droits de l’homme; |
| 99. | réitère ses appels à combattre et à éradiquer le travail forcé et d’autres formes de violation des droits de l’homme dans les chaînes d’approvisionnement, y compris les violations des droits environnementaux, des droits des autochtones et des droits du travail, ainsi que les menaces et les attaques contre les défenseurs des droits de l’homme; invite les institutions de l’Union à montrer l’exemple et à procéder à des évaluations approfondies de la vigilance à l’égard des vendeurs, y compris les sous-traitants, provenant de l’extérieur de l’Union; invite la Commission et le Conseil à interdire sans distinction toutes les importations de produits qui sont le résultat de graves violations des droits de l’homme, notamment le travail forcé; invite les entreprises européennes à assumer leur responsabilité en procédant à un examen approfondi de leurs chaînes d’approvisionnement afin de s’assurer qu’elles ne sont pas impliquées dans des violations des droits de l’homme; |
| 100. | relève que l’année 2021 marque le 10e anniversaire des principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, véritable cadre dont les orientations, en particulier celles du troisième pilier axées sur l’accès aux recours et le respect des défenseurs des droits de l’homme, fournissent une structure essentielle pour la coopération avec les pays tiers en matière de prévention et d’accès aux mécanismes de plainte et de recours judiciaires et extrajudiciaires pour les victimes; souligne l’importance pour tous les pays de mettre pleinement en œuvre les principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, et invite les États membres qui n’ont pas encore adopté de plans d’action nationaux sur les droits des entreprises à agir en ce sens dans les plus brefs délais; souligne la nécessité d’un instrument international contraignant pour réglementer les activités des sociétés et autres entreprises transnationales conformément au droit international relatif aux droits de l’homme; encourage l’Union et ses États membres à contribuer de manière constructive aux travaux du groupe de travail intergouvernemental des Nations unies sur les sociétés transnationales et les autres entreprises en ce qui concerne les droits de l’homme; estime qu’il s’agit d’une étape nécessaire dans la promotion et la protection des droits de l’homme; |
L’importance de clauses strictes en matière de droits de l’homme dans les accords internationaux
| 101. | demande à nouveau que des clauses exécutoires relatives aux droits de l’homme soient systématiquement incluses dans tous les accords conclus entre l’Union et les pays tiers, notamment dans les accords de libre-échange, les accords d’association et les accords autonomes de protection des investissements; demande que l’utilisation de ces clauses soit améliorée, notamment par la mise en place de mécanismes spécifiques de suivi et de résolution des problèmes; demande que ces clauses soient dûment appliquées au moyen de critères de référence clairs et qu’elles soient contrôlées, avec la participation du Parlement, de la société civile et des organisations internationales compétentes; souligne que l’établissement de critères de référence spécifiques pourrait amener l’Union à étudier l’introduction de la proportionnalité dans les sanctions en cas de non-respect; souligne que la violation d’accords devrait engendrer des conséquences claires, y compris, en dernier ressort, la suspension de ceux-ci ou le retrait de l’Union dans les cas les plus graves ou persistants de violations des droits de l’homme; recommande d’incorporer des mécanismes de contrôle des droits de l’homme dans tous les accords sur le commerce et les investissements étrangers, ainsi que des mécanismes de plainte, afin de garantir un recours effectif pour les citoyens et les acteurs locaux concernés; |
Le système de préférences généralisées (SPG)
| 102. | souligne le lien étroit qui existe entre le commerce et les droits de l’homme et le rôle incitatif que joue l’accès au commerce dans le respect des conditions relatives aux droits de l’homme pour les pays tiers; prend acte de la récente proposition de la Commission portant sur la révision du règlement SPG (15), qui offre l’occasion de renforcer davantage ce lien; souligne la nécessaire contribution du SPG à la réalisation des objectifs du pacte vert pour l’Europe, entre autres politiques, et suggère d’explorer la possibilité d’offrir un traitement préférentiel aux biens durables; souligne que l’accès au statut SPG+ dépend du respect des conventions internationales et des progrès réalisés dans le domaine des droits de l’homme et demande la stricte application de la conditionnalité aux pays partenaires, y compris, si cela se justifie, la révocation du statut SPG+; demande à la Commission d’utiliser des critères de référence clairs et transparents pour évaluer le respect des obligations au titre du SPG+; |
| 103. | souligne la nécessité d’un engagement et d’un dialogue continus entre l’Union et toutes les parties prenantes dans les pays bénéficiaires, notamment les organisations de la société civile et les syndicats, ainsi que de nouvelles améliorations en matière de transparence et de suivi afin de garantir que le système SPG remplit son objectif de développement durable et de bonne gouvernance; |
Technologies numériques
| 104. | souligne le rôle important joué par les technologies numériques, en particulier au cours de la pandémie de COVID-19; souligne que ces technologies continueront d’être employées dans le monde entier après la pandémie et qu’il convient qu’elles soient correctement réglementées pour tirer parti de leurs atouts, tout en évitant tout effet négatif sur les droits de l’homme; souligne en particulier l’importance de garanties efficaces du droit au respect de la vie privée et à la protection des données dans les systèmes de surveillance de masse liés à la santé ainsi que de leur utilisation proportionnée, qui devrait également être limitée dans le temps; souligne les risques évidents d’une utilisation inappropriée des technologies de surveillance à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme, des représentants de l’opposition, des journalistes, de la société civile et d’autres personnes, notamment en raison du fait que ces technologies constituent un obstacle sérieux à la défense des droits de l’homme, un risque pour la vie privée et la liberté d’expression et une menace considérable pour les institutions démocratiques; invite l’Union à élaborer d’urgence un cadre réglementaire solide dans ce domaine afin de garantir que l’utilisation de ces technologies soit conforme aux normes internationales en matière de droits de l’homme; invite l’Union et ses États membres à veiller à ce que les exportations de technologies de surveillance et d’assistance technique européennes fassent l’objet d’une saine diligence en matière de droits de l’homme et d’un contrôle approprié; demande à l’Union et à ses États membres de coopérer avec les gouvernements des pays tiers pour mettre fin aux pratiques législatives répressives en matière de cybersécurité et de lutte contre le terrorisme; demande à l’Union de prendre l’initiative en faveur d’un moratoire immédiat et mondial sur la vente, le transfert et l’utilisation de la technologie des logiciels espions; |
| 105. | prend acte des avantages découlant de l’utilisation accrue de l’intelligence artificielle, mais souligne que les technologies doivent être développées, déployées et utilisées sous une surveillance humaine véritable, en toute transparence et en garantissant l’obligation de rendre des comptes et la non-discrimination, en particulier pour éviter à la fois les biais dans les décisions automatisées et les violations de la protection des données; |
| 106. | insiste sur le rôle essentiel des plateformes sociales dans la promotion de la liberté d’expression et d’organisation, mais insiste sur la nécessité de disposer de garanties appropriées pour empêcher, d’une part, la manipulation ou la limitation injustifiée du contenu des utilisateurs, y compris la censure automatisée, et, d’autre part, la diffusion de discours haineux, de fausses informations, de désinformation et de contenus délibérément préjudiciables; demande à l’Union de proposer des moyens de faciliter le travail des défenseurs des droits de l’homme en ligne et de promouvoir la reconnaissance de la notion selon laquelle le débat sur les droits de l’homme doit être encouragé et protégé en toutes circonstances; salue l’adoption des nouvelles règles de l’Union en matière de contrôle des exportations, du courtage, de l’assistance technique, du transit et des transferts des technologies à double usage; |
| 107. | souligne que la démocratie est de plus en plus menacée par des financements étrangers occultes, la désinformation et d’autres formes d’ingérence en ligne, et insiste sur le fait que, dans les États autoritaires, l’internet et le cyberespace sont souvent les seules zones exemptes de contrôle étatique et de censure des défenseurs des droits de l’homme, des médias libres et de l’opposition pro-démocratique; invite la Commission et le Conseil à renforcer la réponse apportée par l’Union et à œuvrer à la création de garanties internationales contre la désinformation, les cyberattaques et les autres menaces hybrides émanant d’acteurs étrangers malveillants qui cherchent à fragiliser la résilience de la société et les processus démocratiques dans l’ensemble de l’Union, dans les pays voisins et au-delà; souligne qu’il faut renforcer le soutien public à la recherche de méthodes innovantes de lutte contre la diffusion de fausses informations; |
Peine de mort, torture et autres formes de mauvais traitements
| 108. | rappelle sa ferme opposition à la peine de mort compte tenu de son caractère cruel et irréversible et demande à l’Union d’intensifier ses efforts en faveur de l’abolition universelle; souligne qu’une tendance positive est apparue en 2020 en faveur de l’instauration d’un moratoire sur les exécutions en vue de l’abolition totale de la peine de mort, 123 États ayant voté en faveur de la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies sur ce sujet; se dit toutefois extrêmement préoccupé par l’augmentation considérable du nombre d’exécutions dans certains pays; invite instamment l’Union et ses États membres à défendre l’abolition de la peine de mort dans toutes les enceintes internationales et à plaider pour que cette position bénéficie du soutien le plus large possible; |
| 109. | déplore que la torture et les traitements inhumains ou dégradants continuent d’être répandus dans de nombreux pays et demande à l’Union d’intensifier ses efforts en vue d’éradiquer ces pratiques, tout en soutenant les victimes et en favorisant des mécanismes visant à ce que les auteurs répondent de leurs actes; prie instamment les pays tiers qui ne l’ont pas fait de ratifier la convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ainsi que son protocole facultatif; reconnaît l’importance des organisations de la société civile et des défenseurs des droits de l’homme dans la lutte contre la torture et d’autres formes de mauvais traitements; condamne dans les termes les plus forts les violations des droits de l’homme signalées dans les centres de détention et demande une enquête systématique sur toutes les allégations de violations; |
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| 110. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au représentant spécial de l’Union européenne pour les droits de l’homme, aux gouvernements et aux parlements des États membres, au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies, au Secrétaire général des Nations unies, au président de la 76e session de l’Assemblée générale des Nations unies, à la présidente du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, à la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme ainsi qu’aux chefs des délégations de l’Union européenne. |
(1) JO L 410 I du 7.12.2020, p. 1.
(2) JO L 206 du 11.6.2021, p. 1.
(3) JO L 209 du 14.6.2021, p. 1.
(4) JO C 118 du 8.4.2020, p. 15.
(5) JO C 411 du 27.11.2020, p. 30.
(6) JO C 404 du 6.10.2021, p. 202.
(7) JO C 456 du 10.11.2021, p. 94.
(8) JO C 474 du 24.11.2021, p. 11.
(9) JO C 15 du 12.1.2022, p. 111.
(10) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2021)0388.
(11) JO C 285 du 29.8.2017, p. 110.
(12) JO C 433 du 23.12.2019, p. 86.
(13) JO L 198 du 22.6.2020, p. 13.
(14) JO L 130 du 19.5.2017, p. 1.
(15) Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à l’application d’un schéma de préférences tarifaires généralisé et abrogeant le règlement (UE) no 978/2012 du Parlement européen et du Conseil, présentée par la Commission (COM(2021)0579).
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