Initiative législative — 52022IP0043
| CELEX | 52022IP0043 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 17 février 2022 |
Texte intégral
| 6.9.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 342/212 |
P9_TA(2022)0043
Élimination des barrières non tarifaires et non fiscales dans le marché unique
Résolution du Parlement européen du 17 février 2022 sur l’élimination des barrières non tarifaires et non fiscales dans le marché unique (2021/2043(INI))
(2022/C 342/16)
Le Parlement européen,
| — | vu la communication de la Commission du 10 mars 2020 intitulée «Recenser et identifier les obstacles au marché unique» (COM(2020)0093), |
| — | vu l’article 3 du traité sur l’Union européenne, |
| — | vu la communication de la Commission du 10 mars 2020 intitulée «Plan d’action à long terme visant à mieux mettre en œuvre et faire respecter les règles du marché unique» (COM(2020)0094), |
| — | vu la communication de la Commission du 13 novembre 2020, intitulée «Nouvel agenda du consommateur visant à renforcer la résilience des consommateurs en vue d’une reprise durable» (COM(2020)0696), |
| — | vu la communication de la Commission intitulée «Mise à jour de la nouvelle stratégie industrielle de 2020: construire un marché unique plus solide pour soutenir la reprise en Europe» (COM(2021)0350), |
| — | vu la communication de la Commission du 17 mars 2021 intitulée «une voie commune vers une réouverture durable et sans risque de l’Europe» (COM(2021)0129), |
| — | vu sa résolution du 20 janvier 2021 sur le renforcement du marché unique: l’avenir de la libre circulation des services (1), et l’avis de la commission de l’emploi et des affaires sociales à ce sujet, |
| — | vu le règlement (UE) 2018/1724 du 2 octobre 2018 établissant un portail numérique unique pour donner accès à des informations, à des procédures et à des services d’assistance et de résolution de problèmes, et modifiant le règlement (UE) no 1024/2012 (2) (ci-après le «règlement sur le portail numérique unique»), |
| — | vu l’avis du Comité européen des régions — Rapport sur les obstacles au marché unique et plan d’action sur le respect des règles du marché unique (COR 2020/02355), |
| — | vu l’avis du Comité économique et social européen sur a) la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — «Plan d’action à long terme visant à mieux mettre en œuvre et faire respecter les règles du marché unique» et (COM(2020)0094) et b) la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — «Recenser et identifier les obstacles au marché unique» (COM(2020)0093), EESC 2020/01412, |
| — | vu le document de travail de la Commission du 10 mars 2020 intitulé «Business Journey on the Single Market: Practical Obstacles and Barriers» (Voyage d’affaires dans le marché unique: obstacles et barrières pratiques) (SWD(2020)0054), |
| — | vu le document de travail des services de la Commission du 8 septembre 2020 intitulé «Évaluation du Règlement d’exemption par catégorie applicable aux accords verticaux» (SWD(2020)0172), |
| — | vu l’étude de juillet 2020 menée par la direction générale du marché intérieur, de l’industrie, de l’entrepreneuriat et des petites et moyennes entreprises (PME) de la Commission européenne intitulée «Territorial supply constraints in the EU retail sector» (Les restrictions territoriales de l’offre dans le secteur du commerce de détail de l’Union), |
| — | vu l’étude de février 2018 menée par l’Union Benelux intitulée «Les restrictions territoriales de l’offre dans le commerce de détail en Belgique, Pays-Bas et Luxembourg», |
| — | vu l’étude de novembre 2020 réalisée par le Département thématique des politiques économiques, scientifiques et de la qualité de la vie du Parlement européen intitulée «Legal Obstacles in Member States to Single Market rules» (Obstacles juridiques aux règles du marché unique dans les États membres), |
| — | vu l’étude d’octobre 2020 menée par l’unité d’assistance à la gouvernance économique du Parlement européen intitulée «Background Reader On The European Semester Autumn 2020 Edition — The European Semester from a Parliamentary perspective» (Document d’information générale sur le Semestre européen, édition automne 2020 — Le Semestre européen du point de vue du Parlement), |
| — | vu l’étude de février 2021 réalisée par le Département thématique des politiques économiques, scientifiques et de la qualité de la vie du Parlement européen intitulée «The impact of COVID-19 on the Internal Market» (Les répercussions de la COVID-19 sur le marché intérieur), |
| — | vu l’étude de février 2019 réalisée par le Département thématique des politiques économiques, scientifiques et de la qualité de la vie du Parlement européen intitulée «Contribution to Growth: The Single Market for Services — Delivering economic benefits for citizens and businesses» (Contribution à la croissance: le marché intérieur des services — Fournir des avantages économiques aux citoyens et aux entreprises, |
| — | vu le rapport spécial no 05/2016 de la Cour des comptes européenne du 14 mars 2016 intitulé «La Commission a-t-elle assuré une mise en œuvre efficace de la directive sur les services?», |
| — | vu l’étude du service de recherche du Parlement européen d’avril 2019 intitulée «Évaluer le coût de la non-Europe», |
| — | vu sa résolution du 12 décembre 2018 sur le train de mesures relatif au marché unique (3), |
| — | vu l’article 54 de son règlement intérieur, |
| — | vu l’avis de la commission de l’agriculture et du développement rural, |
| — | vu le rapport de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs (A9-0336/2021), |
| A. | considérant que le marché unique représente 56 millions d’emplois en Europe et génère 9 % du PIB de l’Union; que le secteur agroalimentaire est le plus grand secteur manufacturier de l’Union au regard du nombre d’emplois et de sa valeur ajoutée; |
| B. | considérant que le développement durable et des niveaux élevés de normes sociales et environnementales sont des conditions préalables à une productivité compatible avec le programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’objectif zéro-carbone d’ici 2050; |
| C. | considérant que la protection et la promotion des droits sociaux, des droits des travailleurs et des droits syndicaux, y compris les négociations collectives, les salaires équitables et les bonnes conditions de travail, font partie intégrante de la création d’un marché unique qui fonctionne bien, qui est équitable, inclusif et durable et qui permet de fournir des biens et des services de qualité; que les libertés économiques de fournir des biens et des services ne doivent pas prévaloir sur les droits fondamentaux, y compris les droits sociaux, les droits des travailleurs et les droits syndicaux, ni leur porter atteinte; |
| D. | considérant qu’une évaluation exhaustive des barrières non tarifaires au marché unique, notamment dans le secteur agroalimentaire, et qu’une telle évaluation pourrait être utilisée afin de favoriser l’élimination de ces obstacles; |
| E. | considérant que toute évaluation des obstacles au marché unique devrait se fonder, entre autres, sur les expériences et les perceptions des entreprises et des consommateurs qui ont, dans une mesure plus ou moins grande, affaire chaque jour au marché unique, ainsi que sur la finalité des règles de ce dernier; que les obstacles existants au marché unique affectent de manière disproportionnée voire pénalise les PME et les microentreprises, et qu’ils entravent leurs activités transfrontalières; |
| F. | considérant que le fonctionnement du marché unique, la mise en œuvre effective de la législation de l’Union en vigueur et l’élimination des obstacles incombent aussi bien à la Commission qu’aux États membres; |
| G. | considérant que de nombreux obstacles qui entravent le marché unique découlent d’une application incorrecte ou incomplète de la législation de l’Union, de l’absence de bonne transposition du droit de l’Union dans des cadres juridiques nationaux, du manque de mesures appropriées du droit de l’Union visant l’élimination des obstacles existants, d’un accès entravé aux informations nécessaires ou de mesures politiques unilatérales prises par les États membres; que l’intervention régulatrice non nécessaire à l’échelle de l’Union est également susceptible de porter atteinte au marché unique, en érigeant des obstacles qui prennent la forme de coûts de mise en conformité élevés ou d’une incertitude juridique pour les consommateurs individuels; |
| H. | considérant que la fragmentation, les réglementations nationales restrictives, la mise en œuvre inadéquate ou incorrecte, les lourdeurs administratives et la surréglementation, ainsi que l’absence d’application ou de mesures appropriées du droit de l’Union s’attaquant aux obstacles peuvent avoir des conséquences négatives tant au niveau de l’Union qu’au niveau national, privant les citoyens d’emplois, les consommateurs de choix et les entrepreneurs de perspectives; |
| I. | considérant qu’une barrière non tarifaire est une mesure réglementaire disproportionnée ou discriminatoire qui entraîne une charge ou un coût à supporter par une entreprise qui cherche à entrer sur un marché mais qui n'est pas supporté par les entreprises déjà présentes sur le marché, ou encore un coût qui revient aux entreprises non nationales et qui n'est pas supporté par les entreprises nationales, sans préjudice du droit des États membres de réglementer et de la poursuite d'objectifs légitimes de politique publique tels que la protection de l'environnement et des droits des consommateurs ou des travailleurs; que le Parlement s’est penché sur la question des obstacles non tarifaires dans sa résolution du 26 mai 2016 (4); |
| J. | considérant que par «surréglementation», on entend «les pratiques conduisant les États membres à introduire des exigences administratives injustifiées supplémentaires sans rapport avec les objectifs de la législation et susceptibles de nuire au bon fonctionnement du marché intérieur»; qu’il convient toutefois de distinguer la surréglementation de l’établissement de normes plus strictes allant au-delà des normes minimales européennes en matière de protection de l’environnement et des consommateurs, de soins de santé et de sécurité alimentaire; |
| K. | considérant que la Commission actuelle n’a pas encore présenté de paquet législatif complet pour résoudre les manquements dans l’exercice des libertés essentielles du marché unique au-delà du contrôle de l’application, à l’exception des initiatives numériques; que la Commission a accordé la priorité à la nécessité d’une meilleure application de la législation en vigueur relative au marché unique ainsi qu’à un certain nombre d’initiatives numériques et écologiques qui ouvrent la voie vers une double transition; |
| L. | considérant que l’élaboration et la mise en œuvre de la législation relative au marché intérieur doivent toujours garantir une participation adéquate des partenaires sociaux et des organisations de la société civile; |
| M. | considérant que le Parlement et le Conseil ont rejeté certaines des propositions du train de mesures sur les services de 2016; |
| N. | considérant qu’une nette majorité des entreprises considère que le marché unique n’est pas suffisamment intégré; que le morcellement des règles en matière de commerce transfrontière nuit considérablement aux entreprises et aux consommateurs dans tout le marché intérieur; |
| O. | considérant qu’en dépit des efforts passés déployés dans le cadre de plusieurs programmes et applications, les négociants éprouvent encore souvent des difficultés à trouver des informations relatives aux règles et aux procédures en matière de prestation transfrontière de services et de vente de biens; |
| P. | considérant que 71 % des PME qui ont essayé de recourir au système de reconnaissance mutuelle pour les biens non harmonisés ont reçu une décision de refus d’accès au marché et que la récente révision du règlement régissant ce système vise à faciliter son application pour les entreprises en encadrant mieux les décisions nationales; |
| Q. | considérant que la directive sur les qualifications professionnelles (5) constitue un instrument majeur pour garantir le bon fonctionnement du marché unique, mais que l’absence d’instruments de reconnaissance automatique des qualifications et des compétences entre les États membres entrave la mobilité des professionnels et crée ainsi des obstacles injustifiés; |
| R. | considérant que le marché unique est un ouvrage sans cesse remis sur le métier et que la rapidité des évolutions sociétales et technologiques pourrait donner lieu à de nouveaux obstacles au marché unique qui entraveraient sa pleine réalisation; |
| S. | considérant que la numérisation et le recours à l’intelligence artificielle et aux nouvelles technologies peuvent apporter une valeur ajoutée considérable au marché unique en contribuant à réduire les obstacles et les charges existantes, et permettre l’ouverture de nouveaux débouchés commerciaux et le bon fonctionnement du marché unique numérique, au profit des consommateurs et des entreprises; que le recours à de nouvelles technologies et à l’intelligence artificielle peut contribuer à éliminer certaines barrières sur le marché unique numérique; |
| T. | considérant qu’une harmonisation lacunaire et une normalisation insuffisante occasionnent des coûts supplémentaires et compromettent la sécurité des produits sur le marché unique tout en érodant la compétitivité européenne sur les marchés internationaux; |
| U. | considérant qu’il est vital pour le cadre du marché unique de parvenir à un bon équilibre entre les libertés économiques, les droits sociaux, les intérêts des consommateurs, des travailleurs et des entreprises ainsi que l’intérêt général; |
| V. | considérant que plusieurs pétitions sur les barrières non tarifaires ont été présentées récemment à la commission des pétitions du Parlement (PETI), par exemple les pétitions nos 0179/2021 et 0940/2020; |
| W. | que la crise de la COVID-19 a été un choc tant pour la production que pour la consommation, et qu’elle a transformé les activités nationales et transfrontières en ayant un impact sur les consommateurs, les entreprises, les travailleurs et la fourniture de services; que certains de ces effets peuvent être temporaires, mais que d’autres auront des conséquences durables sur la forme et les besoins du marché unique; que la réaction à la pandémie a accéléré la transition vers des services numériques; que la crise a montré l'importance de l'intégration européenne, d'institutions fortes et de la réglementation; que les pratiques arbitraires en matière de marchés publics mises en œuvre pendant la pandémie de COVID ont gravement affecté le marché intérieur et fait peser de graves menaces sur la transparence; que la situation difficile actuelle exige l'élimination non seulement des restrictions liées à la COVID, mais aussi des barrières injustifiées qui subsistent dans le marché intérieur depuis des années, afin d'améliorer et d'approfondir le marché unique, ce qui constitue l'une des voies de sortie de la crise; |
L’état du marché unique et ses objectifs stratégiques
| 1. | salue le paquet sur la gouvernance du marché unique de mars 2020, qui vise à améliorer la mise en œuvre et l’application de la législation européenne, en présentant d’abord un aperçu des initiatives existantes et à venir; considère également qu'il subsiste des lacunes en matière de législation et d'application, qui entravent le bon fonctionnement du marché unique; estime en particulier que les initiatives visant à améliorer le marché unique des services font défaut; |
| 2. | soutient la communication de la Commission intitulée «Plan d’action à long terme visant à mieux mettre en œuvre et faire respecter les règles du marché unique», et notamment les propositions consistant à renforcer le réseau de résolution des problèmes dans le marché intérieur (SOLVIT) en tant qu’outil pour le règlement des litiges liés au marché unique, à accroître le rôle de la Commission qui consiste à aider les États membres à transposer le droit de l’Union de façon correcte, dans son intégralité et dans les délais impartis en vue de garantir une interprétation harmonisée et d’éviter la surréglementation, à créer un outil relatif aux obstacles au marché unique s’inscrivant dans le cadre du portail numérique unique, ainsi qu’à permettre aux citoyens et aux entreprises de signaler de manière anonyme les obstacles réglementaires auxquels ils sont confrontés dans l’exercice des droits que leur confère le marché intérieur; |
| 3. | relève que les entreprises comme les consommateurs payent le prix d’une mise en œuvre insuffisante, et encourage la Commission à accorder la priorité à des mesures d’application appropriées; |
| 4. | souligne les efforts visant à garantir que le bon fonctionnement du marché unique va de pair avec les efforts visant à atteindre les objectifs fondamentaux de l'Union en matière de développement durable et d'économie sociale de marché, ainsi qu'un niveau élevé de protection et d'amélioration de la qualité de l'environnement; |
| 5. | souligne que le marché unique reste l’une des plus grandes réalisations de l’Union européenne; demande donc instamment à la Commission d'orienter les ressources vers les questions touchant au marché unique, en particulier les barrières non tarifaires injustifiées, qui empêchent la réalisation du plein potentiel du marché unique pour les consommateurs, les travailleurs et les entreprises, notamment les PME, en créant des obstacles inutiles et injustes à la libre circulation des biens et des services; |
| 6. | admet qu'un contrôle renforcé, y compris de la part des États membres, une prudence réglementaire, la simplification des modalités d'application du cadre réglementaire actuel de l'Union et un accent politique accru sur le marché unique seront probablement nécessaires pour éliminer efficacement ces obstacles et approfondir l'intégration du marché unique; |
| 7. | reconnaît l'importance fondamentale de la politique de protection des consommateurs en tant que facteur renforçant le marché unique et contribuant à son intégration; |
| 8. | invite la Commission à utiliser les ressources du programme du marché unique pour renforcer la gouvernance du marché unique et améliorer son fonctionnement, notamment en ce qui concerne les barrières non tarifaires; |
| 9. | invite les États membres à respecter l'intégrité du marché unique en améliorant l'échange d'informations sur la mise en œuvre du droit de l'Union et en la coordonnant, avec l'aide de la Commission, à s'abstenir, dans la mesure du possible, d'introduire des règles nationales divergentes et à rechercher des solutions au niveau européen, à appliquer les lignes directrices du programme «Mieux légiférer» pour l'introduction de règles nationales, à fournir des analyses d'impact appropriées et à soutenir les parties prenantes afin qu'elles puissent contribuer de manière adéquate au processus décisionnel, et à appliquer toutes les règles de manière justifiée, proportionnée et non discriminatoire; |
| 10. | souligne que la pleine réalisation des objectifs du pacte vert et de la stratégie numérique pour l’Europe dépend principalement du fonctionnement effectif du marché unique et de politiques publiques appropriées, facteurs essentiels de l’efficacité du marché et de l’innovation et outils de modernisation des économies européennes; considère dès lors que les failles du marché unique méritent le même niveau d’attention que le pacte vert et la stratégie numérique pour l’Europe; souligne que les autres politiques européennes doivent tenir compte des règles du marché unique et respecter ses principes; réaffirme son propre engagement à développer et à protéger un marché intérieur robuste et durable, favorable aux consommateurs, aux travailleurs et aux entreprises; |
| 11. | regrette qu’un certain nombre de barrières non tarifaires compromettent les objectifs de l’Union en matière de stratégie industrielle, notamment la relocalisation de la production ainsi que le renforcement de la résilience de l’économie européenne; souligne qu'un marché unique intégré solide où les barrières non tarifaires sont éliminées est une condition préalable à la réalisation des objectifs de la stratégie industrielle de l'Union; |
| 12. | demande instamment aux États membres de veiller à agir de manière proportionnée et dans le strict respect des objectifs légitimes de politique publique tels que la santé publique, l'environnement, les services publics et l'intérêt général; regrette toutefois que certains États membres invoquent encore à l'intérêt public pour isoler leurs marchés nationaux; souligne en outre que des exigences telles que des restrictions territoriales non fondées, des exigences linguistiques injustifiées et des examens des besoins économiques créent des obstacles injustifiés au sein du marché unique et invite la Commission à améliorer le suivi dont sont sujets les États membres à cet égard, y compris les obligations de notification légale; |
| 13. | déplore que, d’après une étude du Parlement, le nombre de procédures d’infraction relatives au marché unique ayant été engagées à l’encontre d’États membres ait augmenté entre 2017 et 2019, pour atteindre 800 en 2019, soit le chiffre le plus élevé depuis 2014; |
Obstacles à la libre circulation des biens et services
| 14. | souligne que la Commission et les parties prenantes ont recensé un groupe d’obstacles majeurs injustifiés aux activités transfrontières, parmi lesquels:
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| 15. | note que des exemples concrets des obstacles susmentionnés ont déjà été signalés par des entreprises de l'Union exerçant leurs activités sur le marché intérieur, y compris, par exemple, l'obligation faite aux prestataires de services étrangers d'enregistrer une société dans un registre du commerce et des sociétés d'un État membre d'accueil, même s'ils n'envoient des travailleurs sur le territoire de l'État membre d'accueil qu'à titre temporaire et n'y disposent d'aucune infrastructure à partir de laquelle ils exerceraient des activités de manière habituelle, stable et continue; |
| 16. | souligne que la manière la plus efficace de réduire le morcellement du marché unique consiste à aspirer à une meilleure harmonisation lorsque cela est possible; souligne qu’une telle harmonisation ne doit cependant pas engendrer un alourdissement de la charge réglementaire pesant sur les entreprises; |
| 17. | souligne que le respect de l'état de droit renforce l'intégrité du marché unique et rappelle aux États membres leurs obligations en matière de notification légale; |
| 18. | souligne que les obstacles non tarifaires, entre autres, ont une forte incidence sur le secteur des services et, partant, sur d’autres segments de l’économie qui dépendent du secteur tertiaire; relève en outre que dans son rapport, la Commission a encore pu mettre en évidence 24 restrictions spécifiques dans 13 secteurs, qui enfreignent les règles établies par la directive sur les services (6) et dont certaines sont discriminatoires ou des exigences relatives à l’établissement ou à la nationalité; note que l'objectif de l'exercice était de documenter la présence ou l'absence de restrictions, que l'évaluation de la proportionnalité des restrictions était en dehors du champ de l'exercice et que l'exercice n'a pas évalué si la restriction en cause était justifiée ou proportionnée; |
| 19. | constate que le rapport fait état d'une légère diminution du niveau des obstacles dans presque tous les secteurs évalués, ce qui nécessite une évaluation plus approfondie de la part de la Commission; souligne néanmoins que d’après la cartographie de la Commission, la réduction des obstacles dans les différents secteurs des services s’est faite lentement à l’issue de la mise en œuvre de la directive sur les services en 2006 et ce jusqu’en 2017, et que les obstacles cartographiés ont même augmenté dans le secteur du commerce de détail entre 2011 et 2017, annulant ainsi les progrès accomplis; |
| 20. | déplore que certaines des restrictions relevées dans le cadre de la directive sur les services découlent de l’incertitude juridique que son champ d’application suscite depuis son entrée en vigueur, notamment pour ce qui est des PME dans le secteur du tourisme; |
| 21. | rappelle que les services publics bénéficient d’une protection particulière vis-à-vis des règles du marché intérieur en raison des missions d’intérêt général qui leur sont assignées, ce qui signifie que les règles fixées par les autorités publiques pour leur bon fonctionnement ne constituent pas des obstacles non tarifaires; rappelle, à cet égard, que les services sociaux et de santé ne sont pas soumis à la directive sur les services; |
| 22. | invite la Commission et les États membres à redoubler d’efforts pour lever les obstacles au commerce de détail et à agir promptement lorsque de nouveaux obstacles sont décelés; invite la Commission à préparer des orientations sur la proportionnalité des procédures d'autorisation du commerce de détail afin d'accroître la sécurité juridique et la prévisibilité pour le commerce de détail et à présenter un nouveau plan d'action pour le secteur européen du commerce de détail d'ici la mi-2022; |
| 23. | rappelle qu’un nombre considérable de problèmes relatifs à la fourniture transfrontière de services découle de pratiques administratives et non d’une incompatibilité avec le droit de l’Union; |
| 24. | invite la Commission à poursuivre l’élaboration de lignes directrices relatives aux législations peu performantes; souligne que l'absence d'une interprétation commune des lois européennes facilitant la libre circulation des travailleurs pourrait entraîner un manque de clarté juridique et des charges bureaucratiques pour les entreprises et les travailleurs fournissant des services dans différents États membres; invite la Commission à appuyer les États membres dans leur processus de transposition pour garantir une approche plus harmonisée; |
| 25. | déplore que la procédure de notification prévue par la directive sur les services ainsi que le système de notification TRIS (7) soient insuffisamment utilisés; souligne qu’une telle situation sape la capacité de la Commission à garantir la conformité des nouvelles législations en matière de services avec la directive sur les services; invite les États membres à s’acquitter des obligations de notification qui leur incombe au titre de la directive sur les services; invite la Commission à soumettre d’ici à la mi-2022 un plan d’action relatif à l’amélioration du cadre actuel; note à cet égard l’intention de la Commission de mettre à jour le manuel relatif à la mise en œuvre de la Directive Services afin d’y intégrer les éléments découlant des dernières jurisprudences et d’améliorer l'application de la directive; |
| 26. | souligne que les obstacles peuvent également provenir des capacités limitées des administrations nationales à fournir des services dans d'autres langues, ainsi que des pénuries de compétences et d'infrastructures appropriées; invite les États membres à veiller à ce que les informations et les documents portant sur l’accès au marché soient non seulement disponibles dans la langue officielle de l’État membre ou dans l'autre langue la plus utilisée dans l'économie locale; |
| 27. | invite la Commission et les États membres à adopter des outils destinés aux autorités nationales qui soient pratiques, concis et prêts à l’emploi afin de remédier aux pratiques incorrectes et aux manquements et de faire appliquer les règles régissant le marché intérieur; |
| 28. | rappelle que l’ordre public, la santé publique ou la sécurité publique ne peuvent être invoqués par un État membre que s’il peut prouver l’existence d’une menace réelle et suffisamment grave affectant un intérêt fondamental de la société; juge par conséquent inacceptable toute forme de discrimination soutenue par l’État, par exemple à l’encontre de personnes handicapées ou fondées sur la situation économique, la nationalité, l’âge, la race ou l’origine ethnique, la religion ou les convictions, la profession, le sexe ou l’orientation sexuelle (y compris les discriminations à l'encontre des LGBTIQ); considère qu'une telle discrimination peut restreindre les libertés du marché intérieur et constituer ainsi une barrière non tarifaire affectant la libre circulation des biens et des services, car elle empêche les producteurs de biens et les prestataires de services de fournir les mêmes biens et services de manière égale dans toute l'Union et les consommateurs de bénéficier des réalisations du marché unique; |
| 29. | se félicite des importantes améliorations à la libre circulation des biens ces dernières années, grâce à des règlements tels que le règlement (UE) 2018/302 (8) (sur le blocage géographique),le règlement (UE) 2019/1020 (9) (sur la surveillance du marché et la conformité des produits) et, en particulier, le règlement (UE) 2019/515 (10) (sur la reconnaissance mutuelle des biens); rappelle que le principe de reconnaissance mutuelle ne s’applique qu’aux biens non-harmonisés et souligne l’importance d’une harmonisation par le haut pour garantir un niveau élevé de sécurité des produits et de protection des consommateurs; estime qu’une application rigoureuse du principe de reconnaissance mutuelle et des instruments récemment définis par le règlement (UE) 2019/515 ferait efficacement progresser le programme du marché unique, notamment dans les domaines où des difficultés subsistent; |
| 30. | estime que l’adoption et application du règlement sur le blocage géographique a été bénéfique pour les consommateurs dans le domaine des achats transfrontières; rappelle néanmoins que certains obstacles persistent, notamment dans la fourniture de services et contenus audiovisuels, et que cela se traduit par une confiance moindre du consommateur dans les achats en lignes transfrontières; appelle la Commission dans le cadre du rapport d’évaluation prévu pour 2022 à proposer des moyens pour supprimer les blocages géographiques, injustifiés et inefficaces, et viser un marché unique numérique harmonisé; |
| 31. | souligne l'existence de pratiques discriminatoires et anticoncurrentielles, telles que les contraintes d'approvisionnement territorial, qui entravent le développement du marché unique et sapent ses avantages potentiels pour les consommateurs; invite la Commission à proposer des mesures adéquates pour éliminer les contraintes territoriales d’approvisionnement et, partant, réduire les obstacles au commerce transfrontière en vue de parvenir à un marché unique pleinement opérationnel; |
| 32. | se félicite que l'harmonisation des qualifications par la reconnaissance mutuelle ait déjà contribué à la croissance du marché unique en ce qui concerne plusieurs professions; regrette toutefois que les progrès soient sérieusement limités par les barrières administratives imposées par les États membre; souligne que la reconnaissance mutuelle des diplômes, des qualifications, des aptitudes et des compétences entre les États membres renforcerait la libre circulation des travailleurs et des services; exhorte les États membres à étendre la reconnaissance mutuelle à tous les niveaux d’éducation et de formation possibles, et à améliorer ou à introduire dès que possible les procédures nécessaires pour ce faire; |
| 33. | rappelle le statut spécifique des professions réglementées au sein du marché unique ainsi que leur rôle dans la protection de l’intérêt public, mais souligne également qu’un tel statut spécifique ne saurait être utilisé afin de maintenir des obstacles injustifiés découlant du morcellement du marché unique; |
| 34. | encourage les États membres à éliminer les restrictions indues sur les qualifications professionnelles et la Commission à rester vigilante dans l’application de ses procédures d’infraction lorsque les États membres ne respectent pas la législation de l’Union relative à la reconnaissance des qualifications |
| 35. | rappelle que la directive sur les qualifications professionnelles s’appuie sur le principe de l’égalité de traitement et sur l’interdiction de la discrimination fondée sur la nationalité; |
| 36. | invite la Commission et les États membres à sensibiliser en permanence les entreprises et les travailleurs qui pourraient manquer de connaissances en matière de reconnaissance mutuelle et d'autres règles pertinentes facilitant les opérations transfrontières; |
| 37. | appelle à promouvoir le cadre européen des certifications et à faciliter son application partout dans l’Union afin qu’il devienne un instrument de reconnaissance largement accepté; |
| 38. | déplore le manque d’accès à l’information en ce qui concerne la mobilité de la main-d’œuvre dans les secteurs des services, et est préoccupé par la lourdeur des procédures dans certains États membres pour l’obtention des documents essentiels et les problèmes actuels liés à la fourniture en temps utile aux citoyens d’un formulaire A1; souligne que l'accès à l'information, par exemple sur les conventions collectives nationales lorsqu'elles sont applicables et pertinentes, comme l'exige la directive 2014/67/UE (11), devrait être amélioré pour faciliter la conformité des entreprises et l'information des travailleurs; insiste pour que ces informations soient disponibles via le portail numérique unique; invite la Commission et l'Autorité européenne du travail à prendre les mesures appropriées afin d'améliorer l'accès à l'information; |
| 39. | invite instamment la Commission à introduire, comme prévu, un formulaire numérique pour la déclaration du détachement de travailleurs au cours du premier trimestre de 2022, comme indiqué dans la mise à jour de la nouvelle stratégie industrielle de 2020, en établissant une forme numérique simple, conviviale et interopérable qui réponde aux besoins des entreprises européennes, et en particulier des PME; |
| 40. | rappelle que l’accès à l’information est primordial et doit être facilité le plus possible pour les utilisateurs; estime que les mesures prises dans le cadre du paquet «produits» afin d’améliorer l’accès aux informations quant aux règles applicables et obligations aux entreprises sont bienvenues pour faciliter les échanges transfrontières tout en préservant un haut de protection pour les consommateurs; demande que des ressources suffisantes soient allouées à la mise en place de «guichets uniques»; |
| 41. | prend acte du nombre croissant de réglementations relatives à l’accès des véhicules urbains aux véhicules privés et commerciaux; demande à la Commission d’évaluer si une coordination est nécessaire au niveau de l’Union; |
| 42. | souligne que le bon fonctionnement du marché unique est essentiel pour garantir un approvisionnement suffisant en produits abordables et de qualité, y compris les produits agroalimentaires, dans toute l'Union; |
| 43. | souligne qu'il importe d'accroître le dynamisme et la résilience des systèmes d'approvisionnement de l'Union, y compris aux niveaux régional et local, et de renforcer les chaînes d'approvisionnement courtes, intelligentes et intégrées afin de garantir un approvisionnement continu en produits dans toute l'Union; |
| 44. | souligne la nécessité de veiller à ce que le marché unique soit aussi harmonisé que possible grâce à une approche uniforme de toute l’Union en matière d’étiquetage, qui permettra à la fois de lever les obstacles au fonctionnement du marché unique et de garantir que les informations fournies aux consommateurs restent claires, transparentes, traçables et compréhensibles; |
| 45. | se félicite de l'adoption de la directive révisée sur les pratiques commerciales déloyales (12) et des mesures d'incitation de la Commission à cette fin, et soutient les travaux et les conclusions du Centre commun de recherche, qui visent tous à remédier au problème du double standard pour la qualité; |
Numérisation et utilisation de l’IA pour lever les obstacles au marché unique
| 46. | souligne l’importance d’un marché unique numérique pleinement opérationnel qui profite aux consommateurs et aux entreprises et demande qu'un soutien soit accordé aux PME afin qu’elles puissent surmonter les obstacles et problèmes rencontrés dans leur transformation numérique; |
| 47. | estime que la numérisation et les technologies émergentes telles que l’intelligence artificielle peuvent contribuer à la réalisation des objectifs de l’Union et à l’approfondissement du marché intérieur; souligne que, si ces technologies sont utilisées correctement, elles peuvent engendrer des effets positifs et des transformations, et permettre de relever de nombreux défis en vue d'éliminer les obstacles au marché unique; |
| 48. | demande à la Commission d’évaluer plus avant la possibilité d’autoriser et d’encourager l’utilisation de solutions numériques pouvant contribuer à fournir des informations obligatoires sur les produits ou les emballages sans qu’il soit nécessaire d’augmenter la taille des emballages ou de les reconditionner; |
| 49. | se félicite des propositions de la Commission relatives à un marché intérieur des services numériques (COM(2020)0825) et aux marchés contestables et équitables dans le secteur numérique (COM(2020)0842) et demande à la Commission et aux États membres d'adopter des cadres cohérents avec les autres politiques du marché intérieur et de l'Union; estime qu'il est de la plus haute importance pour les entreprises, et notamment les PME, et les consommateurs de disposer d'un ensemble de règles claires, harmonisées et solides; |
| 50. | se félicite du projet de la Commission d’établir un point d’entrée européen unique pour les informations destinées aux autorités de contrôle des produits non alimentaires; |
| 51. | demande aux autorités nationales et européennes concernées de prendre des mesures appropriées visant à élaborer un modèle unique pour les sites web nationaux officiels et à les rendre compatibles avec le portail numérique unique afin d’améliorer l’accès aux informations pertinentes au sein des États membres; |
| 52. | reconnait que de nombreux obstacles résultent de la capacité limitée des administrations à fournir des services de haute qualité dans des contextes transfrontaliers; est convaincu que la numérisation des services publics et des capacités complètes d’administration en ligne restent indispensables pour éliminer certains des obstacles non tarifaires contraignants; invite la Commission à promouvoir l’utilisation des outils numériques et demande instamment aux États membres de s’engager pleinement dans la numérisation des services publics; insiste sur le développement et l’utilisation d’outils interopérables et open-source dans l’administration en ligne afin de favoriser le développement de procédures administratives en ligne compatibles d’un État à un autre; rappelle à cet égard que les dispositions clés du portail numérique unique doivent être en vigueur dans tous les États membres de l’Union au plus tard le 12 décembre 2020; souligne l’importance des principes de «numérique par défaut» et d’«enregistrement unique» qui fera gagner du temps et économiser de l’argent aux citoyens et aux entreprises, en particulier s’il est plus largement utilisé; se félicite de la proposition d’ajouter au portail numérique unique un outil relatif aux obstacles au marché unique; |
| 53. | déplore la progression lente de la mise en œuvre du portail numérique unique; invite les États membres à débloquer des ressources suffisantes pour mettre en œuvre rapidement le portail numérique unique et l’adapter aux PME en fournissant des informations centrées sur l’utilisateur concernant les règles du marché unique et les procédures administratives afin d’en faire, autant que possible, un guichet unique virtuel; invite les États membres et la Commission à étendre le champ d’application du portail numérique unique à toutes les procédures administratives pertinentes pour les entreprises; |
| 54. | souligne que le réseau SOLVIT a toutes les capacités pour devenir le principal outil informel de résolution de problèmes pour les entreprises et les consommateurs en cas de mauvaise application du droit de l’Union; salue la proposition de la Commission visant à faire du réseau SOLVIT l’outil par défaut pour le règlement des litiges dans le marché unique; estime que cela passe par une promotion accrue quant à l’existence de ces instruments de règlements des litiges; |
| 55. | fait observer que, malgré les activités de sensibilisation menées par la Commission et les États membres, le réseau SOLVIT reste inconnu de nombreux citoyens et entreprises; souligne que la Commission et les États membres devraient prendre des mesures supplémentaires pour améliorer sa visibilité; |
| 56. | constate que le réseau SOLVIT est fondé sur des recommandations plutôt que sur le droit et ne peut prendre de décisions juridiquement contraignantes; souligne que des améliorations substantielles peuvent être apportées aux opérations du réseau SOLVIT; |
| 57. | constate que de nombreux centres SOLVIT manquent encore d’effectifs, de ressources et de compétences utiles pour le personnel et, par conséquent, des connaissances nécessaires; invite la Commission et les États membres à veiller à ce que les centres SOLVIT disposent de ressources suffisantes pour fonctionner, comme l’a demandé la Commission dans sa communication COM(2017)0255; |
| 58. | attire l’attention sur le fait que les pratiques de contrôle injustifiées, disproportionnées et discriminatoires appliquées par les États membres, y compris les amendes excessives ou l’accès aux données des entreprises compétitives, constituent également une forme d’entrave au marché intérieur; constate que les entreprises européennes signalent régulièrement des exemples de telles pratiques par l’intermédiaire du réseau SOLVIT, au moyen de pétitions soumises à la commission des pétitions ou de plaintes déposées auprès de la Commission; |
| 59. | souligne qu’un point de contact accessible aux citoyens européens, aux entreprises et à leurs représentants est nécessaire pour dénoncer les mesures prises par les États membres qui entravent le marché unique européen; insiste sur la nécessité d’un suivi harmonieux de ces plaintes afin de s’attaquer aux obstacles injustifiés au marché unique dans les meilleurs délais; |
| 60. | rappelle que le secteur du transport international de marchandises par route est soumis à des obstacles non tarifaires limitant l’accès aux marchés, ce qui réduit sa compétitivité; |
| 61. | met en évidence l'importance d’harmoniser les normes pour le marché intérieur et de mieux impliquer les parties prenantes et les entreprises dans le processus d'harmonisation afin d'éviter les obstacles inutiles à l'accès au marché unique de l'Union; |
Contrôle de l’application et de la conformité
| 62. | se félicite en principe du groupe de travail sur le respect de l’application des règles du marché unique (SMET), qui a pour but d’évaluer le respect par le droit national des règles du marché unique, de donner la priorité aux obstacles les plus urgents, de s’attaquer au problème de la surréglementation et de discuter des questions d’application horizontale; souligne que le SMET ne devrait pas se contenter de recenser les problèmes, mais devrait proposer également des solutions possibles; invite la Commission et les États membres à veiller à mieux inclure les parties prenantes dans le fonctionnement du SMET; |
| 63. | rappelle qu’à ce jour, le plan de la Commission visant à renforcer l’application du droit de l’Union grâce au SMET, dont la première réunion a eu lieu en avril 2020, n’a donné que peu de résultats; regrette que les méthodes de travail du SMET manquent de transparence; invite la Commission et les États membres à améliorer la transparence du SMET et à associer les parties prenantes à ses réunions, ainsi qu’à veiller à ce que le SMET publie les listes de participants, les ordres du jour et les procès-verbaux de ses réunions sur le site internet de la Commission; invite la Commission à présenter les résultats concrets des travaux du SMET d’ici la fin de 2022 et à les présenter à la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs du Parlement et au Conseil «Compétitivité» conformément à sa communication du 10 mars 2020 sur un plan d’action à long terme visant à mieux mettre en œuvre et faire respecter les règles du marché unique (COM(2020)0094); |
| 64. | invite la Commission à présenter régulièrement, au moins tous les trois ans, un rapport sur les barrières non tarifaires, à développer de manière transparente le tableau d'affichage du marché unique existant et à dresser la liste des procédures d'infraction et des réglementations nationales soupçonnées de contrevenir au droit de l’Union; |
| 65. | demande à la Commission et aux États membres d'évaluer de manière cohérente, rapide et rigoureuse si les règles nationales entravent le marché intérieur et, le cas échéant, d'évaluer si elles sont nécessaires, non discriminatoires, proportionnelles et justifiées, comme le prévoient la directive (UE) 2015/1535 concernant l'information dans le domaine des réglementations techniques et la directive (UE) 2018/958 (13) concernant l'accès aux professions réglementées; constate qu’il manque des analyses d’impact appropriées et des justifications bien expliquées, en particulier en ce qui concerne les règles nationales relatives aux produits et aux services; invite la Commission à prendre rapidement des décisions concernant les plaintes afin de garantir un traitement rapide et un règlement efficace des questions pertinentes du point de vue de l’utilisateur final; |
| 66. | rappelle que, tout au long du cycle de vie de la réglementation, les États membres et la Commission doivent partager la responsabilité de veiller à ce que les règles du marché unique soient respectées, compte tenu également de l'accord de Paris et du pilier européen des droits sociaux, et à ce que les droits des citoyens, y compris ceux des travailleurs et des consommateurs, soient appliqués; insiste sur le besoin de règles harmonisées au niveau européen quant à la fréquence et qualité des contrôles et autres activités de surveillance de marché, notamment en matière de sécurité des produits, ainsi qu’à la promotion d’outils d’échange d’informations entre autorités nationales afin de renforcer la coopération dans ce domaine; |
| 67. | demande à chaque État membre de veiller à ce que toutes les autorités compétentes relevant de leur juridiction disposent de tous les pouvoirs minimums ainsi que du budget et du personnel nécessaires pour assurer la bonne application de l'acquis du marché intérieur; |
| 68. | insiste sur l’importance pour les autorités compétentes de surveiller, d’inspecter et de sanctionner proportionnellement les opérateurs économiques, quel que soit leur État membre d’établissement, qui ne respectent pas la législation; souligne qu’il est primordial non seulement de faire usage des instruments de coopération entre autorités nationales et la Commission européenne en matière de surveillance des marchés mais aussi d’en développer de nouveaux afin de prévenir les problèmes de non-conformité mettant en péril la sécurité des consommateurs, notamment grâce à une supervision accrue à l’échelle européenne; |
| 69. | souligne qu’il importe d’accroître le niveau d’harmonisation et d’inclure une coopération effective et efficace entre les autorités compétentes afin de détecter, d’enquêter et d’ordonner la cessation ou l’interdiction des infractions; |
| 70. | souligne l’importance du suivi et se félicite dès lors du tableau d’affichage du marché unique en tant qu’outil de suivi de la performance; insiste sur la nécessité d’un débat récurrent sur les résultats du tableau d’affichage aux plus hauts niveaux politiques, résultant en un engagement politique à s’attaquer aux obstacles recensés, non seulement d’un point de vue commercial, mais aussi en ce qui concerne les défis rencontrés par les travailleurs, les consommateurs et les citoyens, en tenant dûment compte des considérations de politique sociale et environnementale; |
| 71. | se félicite du renforcement des capacités des administrations publiques nationales, des professionnels des marchés publics, des juges et des autres praticiens du droit, pour lequel un financement est possible dans le cadre du programme d’appui aux réformes; |
Obstacles au marché unique en raison de la réaction à la crise de la COVID-19
| 72. | rappelle que la réaction initiale des États membres et de la Commission à la pandémie n’a pas tenu compte des besoins du marché unique; rappelle les importantes conséquences de cette réaction sur la libre circulation transfrontalière des biens et des services; estime qu’il sera nécessaire de poursuivre l’évaluation des effets de la pandémie sur le marché unique, afin de tirer les conclusions de la crise de la COVID-19; |
| 73. | invite les États membres, en cas de détérioration de la situation pandémique, à mettre pleinement en œuvre les lignes directrices de la Commission concernant l’exercice de la libre circulation des travailleurs pendant l’épidémie de COVID-19 ainsi que la communication de la Commission intitulée «Pour une approche coordonnée par étapes du rétablissement de la libre circulation et de la levée des contrôles aux frontières intérieures» (C(2020)3250), afin de permettre aux travailleurs, en particulier les travailleurs des transports, les travailleurs frontaliers, les travailleurs détachés et saisonniers et les prestataires de services, de franchir les frontières et d’accéder sans entrave à leur lieu de travail; |
| 74. | salue le train de mesures Next Generation EU pour la relance, les lignes directrices de l’Union pour la gestion des frontières, les voies réservées pour les transports, le certificat COVID numérique de l’UE pour faciliter la libre circulation, ainsi que d’autres mesures visant à permettre au marché unique de fonctionner normalement; |
| 75. | regrette que certains États membres aient introduit des restrictions supplémentaires en matière de voyage, telles que la mise en quarantaine pour certains titulaires du certificat COVID numérique de l’Union; fait observer que ces restrictions sont particulièrement contraignantes pour les travailleurs transfrontaliers et détachés ainsi que pour les chauffeurs routiers; |
| 76. | rappelle qu’il importe de veiller à ce que les mesures liées à la COVID-19 n’affectent pas les flux de produits, en particulier de denrées alimentaires, au sein de l’Union, y compris lorsqu’il s’agit de territoires non connectés à l’Europe continentale; |
| 77. | constate que la pandémie de COVID-19 a entraîné certaines restrictions entre les États membres et au sein de ceux-ci, outre un déclin du secteur des cafés, des hôtels et des restaurants, ce qui a eu des conséquences dévastatrices sur la production alimentaire; |
| 78. | estime que le développement durable, une transition équitable, l’inclusion sociale et la création d’emplois de qualité doivent ouvrir la voie à la reprise; |
| 79. | se félicite de la proposition de la Commission de présenter un instrument du marché unique pour les situations d’urgence; invite la Commission à le développer en tant qu’outil structurel juridiquement contraignant pour garantir la libre circulation des personnes, des biens et des services en cas de crises futures; |
| 80. | invite la Commission et les États membres à utiliser de manière proactive les enseignements tirés et à élaborer un plan d'intervention en cas d'urgence, qui devrait viser à assurer une réponse commune et à préserver autant que possible la libre circulation des services, des biens et des personnes, notamment des travailleurs transfrontaliers; rappelle qu’il convient pour les États membres de déclarer rapidement les mesures nationales qui limitent la libre circulation des biens et des services; |
| 81. | se félicite de la proposition de la Commission relative à un règlement relatif aux menaces transfrontières graves sur la santé et abrogeant la décision no 1082/2013/UE (COM(2020)0727), et en particulier de sa proposition relative à la création d’un mécanisme de contrôle des restrictions à l’exportation d’équipements médicaux dans le marché intérieur; |
| 82. | souligne qu’il est nécessaire d’élargir rapidement l’accès aux services et technologies numériques essentiels en cas d’urgence pour le bon fonctionnement du marché unique ainsi que pour l’accès des citoyens et des entreprises aux services publics au moyen des solutions relatives à l’administration en ligne; reconnaît que l’exclusion numérique et le manque d’accès à l’internet font partie des obstacles non tarifaires les plus importants à la transformation numérique du marché unique européen; |
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| 83. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission. |
(1) JO C 456 du 10.11.2021, p. 14.
(2) JO L 295 du 21.11.2018, p. 1.
(3) JO C 388 du 13.11.2020, p. 39.
(4) JO C 76 du 28.2.2018, p. 105.
(5) Directive 2005/36/CE du Parlement européen et du Conseil du 7 septembre 2005 relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles (JO L 255 du 30.9.2005, p. 22).
(6) Directive 2006/123/CE du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2006 relative aux services dans le marché intérieur (JO L 376 du 27.12.2006, p. 36).
(7) Directive (UE) 2015/1535 du Parlement européen et du Conseil du 9 septembre 2015 prévoyant une procédure d’information dans le domaine des réglementations techniques et des règles relatives aux services de la société de l’information (JO L 241 du 17.9.2015, p. 1).
(8) Règlement (UE) 2018/302 du Parlement européen et du Conseil du 28 février 2018 visant à contrer le blocage géographique injustifié et d'autres formes de discrimination fondée sur la nationalité, le lieu de résidence ou le lieu d'établissement des clients dans le marché intérieur (JO L 60 I du 2.3.2018, p. 1).
(9) Règlement (UE) 2019/1020 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 sur la surveillance du marché et la conformité des produits (JO L 169 du 25.6.2019, p. 1).
(10) Règlement (UE) 2019/515 du Parlement européen et du Conseil du 19 mars 2019 relatif à la reconnaissance mutuelle des biens commercialisés légalement dans un autre État membre (JO L 91 du 29.3.2019, p. 1).
(11) Directive 2014/67/UE du Parlement européen et du Conseil du 15 mai 2014 relative à l'exécution de la directive 96/71/CE concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d’une prestation de services (JO L 159 du 28.5.2014, p. 11).
(12) Directive 2005/29/CE du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2005 relative aux pratiques commerciales déloyales des entreprises vis-à-vis des consommateurs dans le marché intérieur (JO L 149 du 11.6.2005, p. 22).
(13) Directive (UE) 2018/958 du Parlement européen et du Conseil du 28 juin 2018 relative à un contrôle de proportionnalité avant l'adoption d'une nouvelle réglementation de professions (JO L 173 du 9.7.2018, p. 25).
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