| CELEX | 52022IP0215 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 19 mai 2022 |
| 16.12.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 479/57 |
P9_TA(2022)0215
Poursuites contre l’opposition et détention de dirigeants syndicaux en Biélorussie
Résolution du Parlement européen du 19 mai 2022 sur les poursuites engagées contre des membres de l’opposition et la détention de dirigeants syndicaux en Biélorussie (2022/2664(RSP))
(2022/C 479/05)
Le Parlement européen,
| — | vu ses résolutions antérieures sur la Biélorussie, |
| — | vu les conclusions du Conseil européen des 21 et 22 octobre 2021, |
| — | vu les récents communiqués sur la Biélorussie du vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, notamment ceux du 10 novembre 2021 sur la situation à la frontière de l’Union européenne et du 28 février 2022 sur le référendum constitutionnel, |
| — | vu le rapport du 4 mars 2022 du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies (ONU) sur la situation des droits de l’homme en Biélorussie à la veille et au lendemain de l’élection présidentielle de 2020, |
| — | vu la déclaration universelle des droits de l’homme et l’ensemble des conventions sur les droits de l’homme auxquelles la Biélorussie est partie, |
| — | vu le préambule de la constitution de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui insiste sur l’affirmation du principe de la liberté syndicale, la convention de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical et la convention de l’OIT sur le droit d’organisation et de négociation collective, |
| — | vu les articles 36 et 41 de la constitution de la République de Biélorussie relatifs à la liberté syndicale et au droit de former des syndicats, |
| — | vu la déclaration du porte-parole du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) du 29 avril 2022 sur les nouvelles mesures répressives mises en place en Biélorussie, lesquelles étendent les possibilités de recours à la peine capitale, |
| — | vu le rapport fait le 4 mai 2021 au Conseil des droits de l’homme de l’ONU par Anaïs Marin, rapporteure spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Biélorussie, |
| — | vu la déclaration du G7 du 14 mai 2022 sur la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, |
| — | vu l’article 132, paragraphes 2 et 4, de son règlement intérieur, |
| A. | considérant que le régime d’Alexandre Loukachenko apporte une aide directe à l’agression militaire russe contre l’Ukraine, ce notamment en permettant à la Russie d’attaquer l’Ukraine, et en particulier de lancer des missiles balistiques depuis le territoire biélorusse, en facilitant le stationnement et le transport de militaires russes, l’entreposage et le transport d’équipement militaire et d’armes, dont des armes lourdes, en autorisant les aéronefs militaires russes à passer par l’espace aérien biélorusse pour se rendre en Ukraine et en offrant des points de ravitaillement; |
| B. | considérant que le 27 février 2022, dans un climat de répression, la Biélorussie a organisé un prétendu référendum constitutionnel, par lequel le pays a approuvé une nouvelle constitution portant atteinte à sa neutralité, le faisant renoncer à son statut d’État dénucléarisé et accordant à son président une immunité perpétuelle face aux poursuites après son départ du pouvoir; |
| C. | considérant que, le 2 décembre 2021, le Conseil a adopté une cinquième série de sanctions contre la Biélorussie en raison de la poursuite des violations des droits de l’homme et de l’instrumentalisation des migrants; |
| D. | considérant qu’en 2022, l’Union a adopté une volée de mesures, dont des sanctions individuelles et économiques, à la suite de la participation de la Biélorussie à la guerre d’agression non provoquée, injustifiée et illégale menée par la Russie contre l’Ukraine; |
| E. | considérant que les États membres voisins que sont la Pologne, la Lettonie et la Lituanie font l’objet d’une forme de guerre hybride à travers les franchissements illégaux, orchestrés par les autorités biélorusses, des frontières extérieures de l’Union, qui visent à intimider et à déstabiliser davantage l’Union; |
| F. | considérant que le 4 mai 2022, le Conseil de la République a approuvé une modification de l’article 289 du code pénal, qui prévoit désormais la peine de mort en cas de «tentative d’actes de terrorisme», mesure qui vient à rebours de la tendance mondiale d’abandon de la peine de mort, cependant que plus de 30 prisonniers politiques ont été inculpés ou condamnés à de longues peines d’emprisonnement en vertu de cette même disposition du code pénal et que d’autres représentants de l’opposition démocratique ou militants politiques sont recherchés pour «terrorisme»; que la Biélorussie est le seul pays européen qui applique encore la peine capitale; |
| G. | considérant que le pouvoir biélorusse a dissous au moins 275 organisations de la société civile et de défense des droits de l’homme et a censuré plusieurs médias indépendants qui couvraient la guerre, au prétexte qu’ils diffusaient des «messages extrémistes» et de «fausses informations»; que le 5 avril 2022, le procureur de la République de Biélorussie a annoncé que le site internet de Human Rights Watch avait été bloqué; qu’Alexandre Loukachenko a intensifié sa campagne contre les militants des droits de l’homme et les journalistes en faisant emprisonner Andrzej Poczobut, journaliste influent et militant de la minorité polonaise victime d’une campagne de propagande reposant sur des interprétations mensongères de l’histoire; que plus de soixante représentants des médias sont actuellement l’objet de poursuites pénales; que vingt-six d’entre eux sont derrière les barreaux; |
| H. | considérant que, le 6 juillet 2021, Viktor Babariko, candidat à l’élection présidentielle, a été condamné à quatorze ans de réclusion, tandis que Maria Kalesnikava, directrice de sa campagne et lauréate du prix Sakharov du Parlement européen pour la liberté de l’esprit en 2020, et Maksim Znak, avocat de celle-ci, ont été condamnés respectivement à onze et dix ans d’emprisonnement; |
| I. | considérant que le 14 décembre 2021, les grandes figures de l’opposition biélorusse que sont Sergueï Tsikhanovski et Mikalaï Statkiévitch, lauréats du prix Sakharov du Parlement européen pour la liberté de l’esprit en 2020, ainsi qu’Igor Lossik, Artyom Sakav, Vladimir Tsykhanovitch et Dmitry Papav, ont été condamnées à de longues peines d’emprisonnement, sur la base d’accusations forgées de toutes pièces, pour tentative de prise du pouvoir, incitation à la haine et à des troubles dans la société, et extrémisme; que Sergueï Tsikhanovski, qui avait été arrêté en mai 2020 après avoir annoncé son intention de concourir à la présidence du pays face à Alexandre Loukachenko, dictateur installé de longue date à la tête de la Biélorussie, et qui était resté en détention depuis, a été condamné à dix-huit ans d’emprisonnement; considérant que Mikalaï Statkiévitch, homme politique d’expérience à la tête du parti politique de l’Assemblée du peuple (Narodnaïa Gramada) et candidat lors du scrutin présidentiel de 2010, a été condamné à 14 ans d’emprisonnement, et qu’Igor Lossik, Artyom Sakav, Vladimir Tsykhanovitch et Dmitry Papav ont été condamnés respectivement à des peines d’emprisonnement de 15, 16, 15 et 16 ans sur la base d’accusations tout aussi fausses; |
| J. | considérant que les syndicats jouent un rôle fondamental pour le bon fonctionnement de la démocratie, la représentation des citoyens et des travailleurs et la défense des droits de ces derniers; |
| K. | considérant qu’au moins dix-huit responsables syndicaux et représentants du syndicalisme indépendant biélorusse ont été arrêtés le 19 avril 2022 et accusés en vertu des dispositions de l’article 342 du code pénal relatif à l’organisation et à la préparation d’actions violant gravement l’ordre public ou à la participation active à de telles actions, tous actes passibles d’arrestation, d’une privation de liberté de deux à cinq ans ou d’ un emprisonnement pouvant aller jusqu’à quatre ans; considérant que parmi les personnes arrêtées figurent Alexandre Yarochouk, président du Congrès biélorusse des syndicats démocratiques (BKDP), qui est également vice-président de la Confédération syndicale internationale et membre du conseil d’administration de l’OIT, Sergueï Antousevitch, vice-président du BKDP, Oleg Podolinski, secrétaire international du BKDP, Elena Yeskova, avocate du BKDP, et Mikalaï Charakh, président du Syndicat libre biélorusse; |
| L. | considérant qu’au cours des deux derniers mois, les attaques contre les militants et dirigeants syndicaux se sont intensifiées, principalement parce qu’ils sont nombreux à s’être élevés contre le soutien apporté par la Biélorussie à la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, à soutenir de longue date la démocratie et à s’opposer au régime de Loukachenko; que la dernière attaque portée contre le syndicalisme indépendant a eu lieu le 19 avril 2022; que des perquisitions ont été menées au siège du BKDP et dans les locaux des syndicats qui y sont affiliés — le Syndicat libre biélorusse, le Syndicat libre des métallurgistes et le Syndicat des travailleurs de l’industrie radioélectronique (REP) — à Minsk et en périphérie, mais aussi au domicile de dirigeants et militants syndicaux; |
| M. | considérant que, le 17 mai 2022, Maksim Pozniakov a été arrêté par les autorités publiques biélorusses; que, le 13 mai 2022, le conseil des représentants du BKDP avait élu Maksim Pozniakov (qui préside le syndicat indépendant biélorusse des travailleurs de la chimie et de l’industrie minière) vice-président du BKDP, ce qui, statutairement, a fait de lui le président par intérim du BKDP; que, le 13 mai 2022, le conseil du BKDP a rédigé une déclaration publique condamnant une nouvelle fois les arrestations de syndicalistes, et a annoncé que les travaux du BKDP se poursuivraient malgré ces arrestations, dans une déclaration signée par Maksim Pozniakov et publiée le 16 mai 2022; |
| N. | considérant que les persécutions de syndicats indépendants et de leurs dirigeants revêtent désormais un caractère systémique et témoignent de la campagne antisyndicale à l’œuvre en Biélorussie, comme le soulignait déjà le Parlement européen dans sa résolution du 7 octobre 2021; |
| O. | considérant que plusieurs syndicalistes sont toujours en détention, dont le président et le vice-président de la principale confédération syndicale indépendante, le BKDP, qu’ils ne bénéficient que d’une protection juridique limitée et qu’ils ne peuvent contacter leurs familles ou leurs collègues syndiqués; que les personnes détenues ne sont pas en mesure de voir leurs familles ou leurs collègues syndicalistes et que leur sécurité, leur santé et leur bien-être psychologique restent très préoccupants; |
| P. | considérant qu’en Biélorussie, le syndicalisme indépendant subit de graves attaques depuis de nombreuses années; que les locaux des syndicats ont été mis sous surveillance, que des militants du droit du travail font l’objet de harcèlements, de licenciements abusifs et d’arrestations et que des syndiqués subissent des intimidations pour les forcer à démissionner; que le domicile de dirigeants syndicaux et de syndicalistes ont été perquisitionnés et que certains syndicats ont été qualifiés dernièrement de «groupes extrémistes» par le Comité de la sécurité d’État de la République de Biélorussie (KGB), et parmi eux le REP le 7 avril 2022; |
| Q. | considérant que les autorités biélorusses ont révoqué le statut juridique des organisations du Syndicat indépendant de Biélorussie (affilié au BKPD) dans les raffineries de pétrole de Grodno Azot, Naftan et Mozyr, privant ainsi des travailleurs de leur représentation et de la défense de leurs droits; que la présidente du syndicat indépendant de la raffinerie de pétrole OJSC Naftan, Olga Britikova, a été condamnée pour la cinquième fois consécutive; |
| R. | considérant que le syndicalisme indépendant est en première ligne de la lutte pour la démocratie et le dialogue en Biélorussie depuis très longtemps; que la détention de dirigeants syndicaux ne manquera pas d’avoir une incidence sur l’exercice des droits syndicaux en Biélorussie et un effet dissuasif sur les travailleurs; |
| S. | considérant que le régime de Minsk engage couramment des poursuites contre des particuliers pour des motifs politiques, notamment contre ceux qui manifestent conter la guerre, que des manifestants pacifiques restent détenus et que des détentions arbitraires sont décrétées contre les personnes qui arborent les couleurs blanc-rouge-blanc, notamment à leur domicile ou sur des terrains privés; qu’en mai 2022, en Biélorussie, quelque 1 200 personnes sont reconnues prisonniers politiques selon le Centre Viasna des droits de l’homme; que, depuis août 2020, plus de 40 000 personnes ont été arrêtées et plus de 5 500 procédures pénales ont été engagées à l’encontre de citoyens biélorusses, alors que pas la moindre poursuite n’a été engagée à l’encontre des personnes responsables ou complices de violations systématiques des droits de l’homme; |
| T. | considérant que les poursuites pénales constituent une forme grave de répression et restent une pratique généralisée et aveugle en Biélorussie; que l’appareil judiciaire est devenu un levier puissant d’étouffement des droits et des libertés en Biélorussie, les juges participant activement à la répression; que des preuves fabriquées de toute pièce ne font pas l’objet d’une évaluation critique objective, que la législation antidémocratique est appliquée de manière aveugle et que les accusés sont délibérément condamnés à la peine la plus lourde; que l’impunité généralisée des violations des droits de l’homme entretient la situation désespérée du peuple biélorusse; |
| U. | considérant que, dans l’examen qu’il a réalisé, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a constaté que des personnes ont été prises pour cible selon un ensemble systématique de violations comprenant le recours non nécessaire ou disproportionné à la force, des arrestations, des détentions (y compris au secret) et des actes de torture ou de mauvais traitements, notamment des viols et des violences sexuelles et fondées sur le genre, et le déni systématique du droit à une procédure régulière et à un procès équitable; que des milliers de Biélorusses ont été forcés ou contraints de quitter leur pays pour chercher refuge à l’étranger; |
| V. | considérant que le 6 mai 2022, un tribunal biélorusse a condamné Sofia Sapega, étudiante à l’université européenne des humanités et ressortissante russe, qui était en détention depuis que le vol commercial entre deux capitales de l’Union qu’elle avait pris avait été contraint d’atterrir en Biélorussie l’année dernière, à six ans d’emprisonnement pour incitation à la haine dans la société; |
| W. | considérant que la Biélorussie a engagé l’exploitation commerciale de la centrale nucléaire biélorusse d’Ostrovets sans donner suite à toutes les recommandations de sûreté contenues dans le rapport de 2018 de l’Union européenne sur les tests de résistance; que la partie biélorusse n’est pas transparente et ne fournit pas d’informations fiables sur les événements qui se déroulent sur le site de la centrale, ce qui confirme une nouvelle fois que celle-ci n’est pas sûre et représente une grave menace de sûreté nucléaire pour les Biélorusses, les pays voisins et l’Europe entière; |
| 1. | réaffirme sa solidarité avec les Biélorusses qui continuent de se battre pour une Biélorussie souveraine, libre et démocratique, au péril de leur liberté et, de plus en plus souvent, de leur vie, et réclament instamment la libération immédiate et sans condition de tous les prisonniers politiques et de toutes les personnes détenues arbitrairement, ou arrêtées ou condamnées pour des motifs politiques, et l’abandon de toutes les charges pesant sur eux, ainsi que leur réhabilitation intégrale et leur indemnisation financière pour les préjudices qu’ils ont subis du fait de leur détention illégitime; exige la cessation de la violence d’État; |
| 2. | condamne la répression systématique exercée par le régime d’Alexandre Loukachenko contre des civils qui, depuis les élections volées du 9 août 2020, a contraint des milliers de Biélorusses à fuir le pays; rappelle que la campagne de répression systématique en cours et le déplacement forcé de civils constituent de graves violations des droits de l’homme; |
| 3. | appelle de ses vœux l’organisation de nouvelles élections libres et régulières sous la surveillance d’observateurs internationaux du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE); rappelle que l’Union européenne et ses États membres n’ont pas reconnu les résultats de l’élection présidentielle de 2020 en raison de manipulations et de fraudes massives, et qu’ils ne reconnaissent pas Alexandre Loukachenko comme président de la Biélorussie; |
| 4. | rappelle à la Biélorussie les obligations qui lui incombent en vertu du droit international en matière de droits de l’homme et insiste sur la nécessité de garantir les libertés fondamentales et les droits de l’homme, l’état de droit et un système judiciaire indépendant et fonctionnel en Biélorussie; prie instamment les autorités biélorusses de coopérer pleinement avec les instances internationales compétentes, telles que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, l’OSCE et l’OIT, y compris en accordant un accès sans entrave et en mettant en œuvre les recommandations, et de respecter les obligations qui leur incombent en vertu du droit national et international; insiste sur la nécessité de cesser toute forme de répression, de persécution, de mauvais traitements, de violences sexuelles et sexistes, de disparitions forcées et de torture; demande qu’il soit mis fin à la discrimination à l’égard des femmes et des groupes vulnérables, y compris les personnes handicapées et les personnes LGBTQI; |
| 5. | dénonce le fait que les procès pour des raisons politiques se déroulent à huis clos et sans procédure régulière, enfreignant les obligations et engagements internationaux du pays, ce qui entraîne des peines sévères et injustifiées à l’encontre des dirigeants de l’opposition, en particulier Sergueï Tsikhanovski, Mikalaï Statkiévitch, Viktor Babariko, Maria Kaliesnikava, Maksim Znak, Igor Lossik, Artyom Sakav, Vladimir Tsykhanovitch et Dmitry Papav; relève les conditions inhumaines dans les centres de détention biélorusses, qui prennent notamment la forme de violences physiques et psychologiques, et de cellules surpeuplées et insalubres; |
| 6. | invite la Commission et les États membres à soutenir et à protéger les défenseurs des droits de l’homme et la société civile en Biélorussie, qui seront confrontés à une répression sévère, y compris, si nécessaire, en délivrant des visas d’urgence pour quitter la Biélorussie; |
| 7. | invite les autorités biélorusses à libérer immédiatement et sans condition tous les dirigeants et représentants syndicaux qui ont été arrêtés et à abandonner toutes les poursuites à leur encontre; exige qu’il soit mis fin à l’intimidation des dirigeants et militants syndicaux indépendants et aux perturbations du fonctionnement des syndicats indépendants en Biélorussie; réaffirme que les autorités biélorusses doivent lever tous les obstacles, qu’ils soient juridiques ou pratiques, à la constitution de syndicats indépendants et à la participation à ceux-ci; demande aux autorités biélorusses de mettre la législation du pays en conformité avec ses engagements internationaux en matière de droit du travail et avec les conclusions applicables de la commission d’experts de l’OIT pour l’application des conventions ainsi que du comité de la liberté syndicale de l’OIT, et de coopérer avec l’OIT en vue de la mise en œuvre complète et immédiate des recommandations de la commission d’enquête; |
| 8. | condamne les récentes arrestations et détentions de dirigeants et de représentants syndicaux par les autorités biélorusses, ainsi que l’attaque que cela constitue tant contre les droits de l’homme que contre les droits fondamentaux consacrés par les conventions internationales, y compris celles de l’OIT relatives au droit des travailleurs de s’organiser et de participer à l’action publique; |
| 9. | invite les autorités biélorusses à fournir des informations claires sur le lieu de détention et l’état de santé des détenus arrêtés pour des motifs politiques, à les libérer immédiatement et à garantir leur accès à une justice indépendante; |
| 10. | réaffirme que le droit de manifestation et de grève est un droit fondamental et invite la Biélorussie à lever toutes les restrictions juridiques et pratiques qui entravent ces libertés, à rétablir immédiatement le statut juridique des syndicats indépendants qui ont récemment été privés de ce statut dans plusieurs entreprises, notamment dans les raffineries de pétrole Grodno Azot, Naftan et Mozyr, et à retirer le REP de la liste des organisations extrémistes; |
| 11. | encourage les syndicats des États membres à renforcer encore les contacts avec leurs homologues biélorusses, à échanger des informations sur l’évolution de la situation des militants syndicaux en Biélorussie et sur la répression qu’ils subissent de la part du régime, à faciliter la coopération et à leur apporter un soutien matériel et psychologique; |
| 12. | demande à la Commission d’accroître l’aide au renforcement des capacités qu’elle apporte aux syndicats indépendants, aux médias libres, à la société civile et aux militants en faveur de la démocratie biélorusses, qu’ils soient présents dans le pays ou en exil; |
| 13. | souligne que les actions des autorités biélorusses contre les syndicats indépendants constituent une violation de la législation nationale du pays et de ses obligations internationales; invite l’OIT à suspendre l’adhésion des syndicats pro-gouvernementaux biélorusses, étant donné qu’ils ne représentent pas la voix indépendante des travailleurs et ne protègent pas leurs droits; |
| 14. | souligne le rôle important de coordination joué par le BKDP dans la représentation des membres des syndicats biélorusses indépendants au sein des institutions nationales et internationales, et invite les autorités biélorusses à mettre un terme à leur répression et à établir une relation de travail avec les syndicats démocratiques et indépendants fondée sur le dialogue social, afin de renforcer le dialogue entre les autorités, les institutions publiques, les employeurs et les travailleurs, et la société civile de manière générale; |
| 15. | exprime sa profonde inquiétude face aux risques liés à l’abandon par la Biélorussie de sa neutralité, à l’accueil que ce pays réserve à l’armée russe et à sa participation à des exercices militaires conjoints; prend acte du rôle accru que joue la Russie en Biélorussie, y compris de son influence financière, ce qui soulève de sérieux doutes quant à la capacité de la Biélorussie à prendre des décisions souveraines; |
| 16. | est consterné par le soutien que le régime Loukachenko apporte à la guerre menée arbitrairement par la Russie en Ukraine, notamment dans le cadre du prétendu référendum rétablissant le statut nucléaire du pays, mais aussi en autorisant la circulation des troupes et des armes, l’utilisation de l’espace aérien, le ravitaillement en carburant et le stockage de munitions militaires; |
| 17. | condamne fermement l’utilisation par les forces armées russes du territoire biélorusse; condamne le soutien apporté par la Biélorussie et les forces armées et les services secrets biélorusses au lancement de la guerre d’agression illégale, injustifiée et non provoquée de la Russie contre l’Ukraine; estime que la Biélorussie est coresponsable de l’attaque et qu’elle doit supporter toutes les conséquences juridiques qui découlent du droit international; |
| 18. | souligne que le référendum constitutionnel du 27 février 2022, auquel ont procédé les autorités biélorusses illégitimes dans un contexte de violations massives des droits de l’homme, de répression brutale et de recours délibéré à la désinformation, ne saurait être considéré comme l’expression démocratique légitime de la volonté du peuple biélorusse ni comme légitimant la poursuite de la présidence illicite d’Alexandre Loukachenko; invite les autorités biélorusses à mettre en œuvre les recommandations de la mission d’experts indépendants menée dans le cadre du mécanisme de Moscou; |
| 19. | condamne les campagnes de désinformation et la diffusion de la propagande de guerre du Kremlin en Biélorussie; |
| 20. | invite les États membres et la Commission à s’assurer que les mesures nécessaires ont été prises pour renforcer la résilience à toutes les formes d’ingérence étrangère qui pourraient être initiées par le régime de Loukachenko, y compris, entre autres, les cyberattaques et la désinformation dans le contexte de l’agression menée actuellement par la Russie contre l’Ukraine; |
| 21. | constate avec inquiétude la poursuite de l’intégration de la Russie et de la Biélorussie dans plusieurs domaines, avant tout la militarisation progressive de la Biélorussie et de la région, ce qui constitue un défi pour la sécurité et la stabilité du continent européen, et en particulier pour les pays du voisinage oriental de l’Union avec lesquels la Russie est déjà en conflit; |
| 22. | exprime sa gratitude et son soutien aux citoyens biélorusses qui sont descendus dans la rue, au risque de leur propre sécurité, pour dénoncer la guerre déclenchée par la Fédération de Russie avec le soutien du dictateur illégitime de Biélorussie, et à ceux qui ont mené des opérations de sabotage pour empêcher et contrecarrer le déploiement de la logistique des forces militaires russes sur le territoire biélorusse; |
| 23. | déplore que la Biélorussie soit actuellement le seul pays d’Europe à appliquer encore la peine de mort et qu’elle ait étendu les possibilités d’y recourir; condamne la modification du code pénal biélorusse introduisant la peine de mort pour les «tentatives d’actes de terrorisme»; estime que le régime peut aisément l’utiliser de manière abusive pour liquider ses opposants politiques; rappelle que de nombreux prisonniers politiques ont été inculpés ou ont déjà été condamnés à de longues peines d’emprisonnement en vertu des dispositions du code pénal biélorusse relatives au terrorisme; demande aux autorités biélorusses d’abolir immédiatement et définitivement la peine de mort; |
| 24. | souligne qu’il importe de répondre aux menaces que fait peser la centrale nucléaire biélorusse d’Ostrovets sur la sûreté nucléaire; insiste pour que la Biélorussie traite la question de la sûreté nucléaire de la centrale d’Ostrovets en toute transparence et s’engage à mettre pleinement en œuvre les recommandations formulées dans le cadre de l’évaluation collégiale de la centrale par le groupe des régulateurs européens dans le domaine de la sûreté nucléaire; est favorable, jusqu’à ce que cela soit le cas, à l’interdiction des importations d’énergie en provenance de la centrale nucléaire biélorusse sur le marché de l’Union et à la prise en compte de cette position dans le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union; demande la mise en place de garanties efficaces contre la vente directe ou indirecte de l’électricité biélorusse produite dans la centrale nucléaire d’Ostrovets sur les marchés de l’Union, ainsi que l’arrêt des investissements des États membres de l’Union dans des projets d’infrastructures énergétiques en Biélorussie; |
| 25. | se félicite de la proposition de la Commission relative à un sixième train de sanctions à l’encontre de la Russie et de la Biélorussie et invite le Conseil à veiller à sa mise en œuvre complète et rapide; demande que toutes les sanctions prises à l’encontre de la Russie s’appliquent de façon tout à fait similaire à la Biélorussie et qu’elles soient mises en œuvre de manière appropriée, y compris dans le cadre des séries de sanctions à venir; |
| 26. | souligne qu’il est nécessaire de mener une enquête approfondie sur les crimes commis par le régime de Loukachenko contre la population biélorusse; demande aux États membres d’appliquer activement le principe de compétence universelle et de préparer des procédures judiciaires contre les fonctionnaires biélorusses responsables ou complices de violences et de répression, y compris Alexandre Loukachenko; |
| 27. | invite la Commission, les États membres et le SEAE à coopérer avec les partenaires internationaux, tels que le mécanisme de Moscou de l’OSCE et le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, ainsi qu’avec les défenseurs des droits de l’homme et la société civile sur le terrain pour assurer le suivi, la documentation et le signalement des violations des droits de l’homme, afin que par la suite, les auteurs aient à répondre de leurs actes et que les victimes obtiennent justice; |
| 28. | invite les institutions de l’Union à prendre toutes les mesures nécessaires dans le cadre des institutions et procédures internationales, ainsi qu’auprès de la Cour pénale internationale ou d’autres juridictions ou tribunaux internationaux compétents, pour appuyer les enquêtes et les poursuites liées à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et relatives aux actes des responsables politiques en Biélorussie, en particulier Alexandre Loukachenko, en tant que crimes de guerre et crimes contre l’humanité; |
| 29. | salue le travail systématique et cohérent des forces démocratiques biélorusses, que ce soit au sein du pays ou en exil, en particulier celui de la cheffe de l’opposition démocratique Svetlana Tsikhanovskaïa, du Conseil de coordination et de l’Administration nationale anticrise; réaffirme qu’il est urgent de maintenir et d’étendre les contacts et la coopération avec ces forces; demande à l’Union et à ses États membres de soutenir l’opposition politique démocratique en Biélorussie en apportant l’aide nécessaire au renforcement de ses capacités; |
| 30. | regrette que les États membres n’aient pas agi de manière coordonnée et unifiée lorsqu’ils ont rappelé leurs représentations diplomatiques en Biélorussie; |
| 31. | prie instamment la Commission, le SEAE et les États membres de l’Union d’accroître le soutien direct à l’opposition, à la société civile, aux défenseurs des droits de l’homme, aux représentants des syndicats et aux organisations de médias indépendants biélorusses, à l’intérieur et à l’extérieur de la Biélorussie; souligne la nécessité de maintenir les relations avec ces personnes, de suivre la situation et les procès des différents prisonniers politiques sur le terrain, d’assouplir les exigences en matière de visas, d’améliorer les procédures d’asile et de fournir un abri temporaire dans les États membres de l’Union à ceux qui y cherchent refuge après avoir fui la Biélorussie; s’engage à intensifier ses propres activités de soutien à la démocratie; réitère son appel en faveur d’un programme d’aide ciblé de l’Union visant à aider la société civile, les médias indépendants, le monde universitaire — notamment en apportant un soutien durable à l’université européenne des sciences humaines, qui fait office de base pour l’enseignement aux étudiants biélorusses et pour l’opposition biélorusse en exil –, ainsi que les victimes de la répression politique et des violences policières et les personnes qui fuient le régime oppressif; |
| 32. | soutient les préparatifs liés à l’organisation d’une conférence internationale des donateurs sous l’égide de l’Union afin d’aider les forces démocratiques biélorusses; demande à l’Union de nouer un dialogue opérationnel avec les représentants des forces démocratiques de Biélorussie afin de mener à bonne fin les travaux sur l’adoption d’une feuille de route visant à mettre en œuvre le paquet économique et d’investissement de 3 milliards d’euros déjà prévu par la Commission pour répondre aux aspirations démocratiques de la population biélorusse; demande qu’un dialogue politique entre l’Union et les forces démocratiques biélorusses soit mis en place pour parvenir à dégager une vision commune de ce plan de soutien; souligne qu’il est nécessaire d’organiser un débat public de fond pour susciter l’adhésion des citoyens à la participation notable de l’Union; |
| 33. | rappelle qu’il importe de créer des ambassades du peuple de Biélorussie dans le monde entier et demande instamment à la Commission et aux États membres de continuer à soutenir la protection des droits et des intérêts des citoyens biélorusses à l’étranger et des intérêts d’une Biélorussie démocratique, par exemple en explorant les moyens de financer les ambassades du peuple de Biélorussie; |
| 34. | invite les États membres à améliorer leur coopération en matière de gestion des frontières, de lutte contre la traite des êtres humains et d’autres problèmes de sécurité créés ou aggravés par le régime biélorusse; |
| 35. | demande à la Commission, au Conseil, au VP/HR et aux États membres de continuer d’aborder la situation en Biélorussie au sein de toutes les organisations européennes et internationales pertinentes, en particulier l’OSCE, les Nations unies et ses organes spécialisés et l’OIT, afin d’accroître la surveillance internationale des violations des droits de l’homme, de renforcer l’action internationale sur la situation en Biélorussie et de passer outre l’obstruction de la Russie et d’autres pays à l’égard de cette action; |
| 36. | invite les institutions de l’Union et les États membres à organiser des sommets réguliers avec des hauts représentants des forces démocratiques biélorusses; estime que cela favoriserait l’adoption d’orientations politiques communes sur l’avenir des relations de l’Union avec une Biélorussie démocratique; |
| 37. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, aux gouvernements et aux parlements des États membres, au Conseil de l’Europe, à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, aux autorités de la République de Biélorussie ainsi qu’aux représentants de l’opposition démocratique biélorusse. |
Initiative législative — 52022IP0451
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0450
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0449
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0448
15/12/2022