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AccueilDroit européen52022IP0277
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Initiative législative — 52022IP0277

CELEX52022IP0277
TypeInitiative législative
Datemardi 5 juillet 2022

Texte intégral

7.2.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 47/23


P9_TA(2022)0277

Future coopération UE-Inde en matière de commerce et d’investissement

Résolution du Parlement européen du 5 juillet 2022 sur la future coopération UE-Inde en matière de commerce et d’investissement (2021/2177(INI))

(2023/C 47/03)

Le Parlement européen,

—

vu la déclaration commune adoptée lors du sommet des dirigeants de l’Union et de l’Inde qui s’est tenu le 8 mai 2021 à Porto,

—

vu la déclaration commune et la feuille de route à l’horizon 2025 pour un partenariat stratégique UE-Inde adoptées lors du 15e sommet UE-Inde le 15 juillet 2020, ainsi que les autres déclarations communes adoptées dans les domaines de la lutte contre le terrorisme, du climat et de l’énergie, de l’urbanisation, des migrations et de la mobilité, ainsi que du partenariat pour l’eau,

—

vu les tout premiers dialogues de haut niveau sur le commerce et l’investissement qui se sont tenus en février et avril 2021 entre le vice-président exécutif de la Commission et le ministre indien du commerce et de l’industrie,

—

vu la communication conjointe de la Commission et de la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 20 novembre 2018 intitulée «Éléments d’une stratégie de l’UE pour l’Inde» (JOIN(2018)0028) ainsi que les conclusions du Conseil correspondantes du 10 décembre 2018,

—

vu les décisions du Conseil du 19 avril 2007 sur un mandat de négociation concernant les négociations en matière de commerce et d’investissement avec l’Inde et du 14 juillet 2011 sur un mandat concernant les négociations en matière de commerce et d’investissement avec l’Inde: directives de négociation pour les négociations en matière de commerce et d’investissement,

—

vu la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 16 septembre 2021 intitulée «La stratégie de l’UE pour la coopération dans la région indo-pacifique» (JOIN(2021)0024),

—

vu la communication de la Commission du 18 février 2021 intitulée «Réexamen de la politique commerciale — Une politique commerciale ouverte, durable et ferme» (COM(2021)0066),

—

vu le règlement (UE) 2021/947 du Parlement européen et du Conseil du 9 juin 2021 établissant l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale — Europe dans le monde (1),

—

vu ses résolutions du 13 septembre 2017 sur les relations politiques de l’Union européenne avec l’Inde (2) et du 21 janvier 2021 sur la connectivité et les relations Union européenne-Asie (3),

—

vu sa recommandation du 29 avril 2021 au Conseil, à la Commission et au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité concernant les relations UE-Inde (4),

—

vu sa résolution du 15 janvier 2020 sur le pacte vert pour l’Europe (5),

—

vu sa résolution du 7 juillet 2021 sur les incidences et les retombées commerciales de l’épidémie de COVID-19 (6),

—

vu la proposition de résolution commune du 29 janvier 2020 sur la loi indienne sur la citoyenneté (modification) de 2019,

—

vu l’article 54 de son règlement intérieur,

—

vu l’avis de la commission de l’agriculture et du développement rural,

—

vu le rapport de la commission du commerce international (A9-0193/2022),

A.

considérant qu’une réunion des dirigeants de l’Union et de l’Inde a été organisée en mai 2021, conformément à l’engagement pris de tenir régulièrement des réunions au plus haut niveau et de renforcer le partenariat stratégique entre les deux parties en vue de consolider la coopération économique et politique;

B.

considérant que l’Union et l’Inde, qui sont les deux plus grandes démocraties au monde, partagent des liens politiques, économiques, sociaux et culturels forts; que, toutefois, les relations commerciales bilatérales n’ont pas encore déployé tout leur potentiel;

C.

considérant que les dirigeants de l’Union et de l’Inde ont affirmé leur détermination à préserver et promouvoir un multilatéralisme effectif et un ordre multilatéral fondé sur des règles ayant comme élément central les Nations unies et l’Organisation mondiale du commerce (OMC);

D.

considérant que l’Inde s’est abstenue lors de la 11e session extraordinaire d’urgence de l’Assemblée générale des Nations unies au sujet de la résolution du 24 mars 2022 sur «les conséquences humanitaires de l’agression contre l’Ukraine», alors que 140 pays ont voté en sa faveur;

E.

considérant que l’Union est le troisième partenaire commercial de l’Inde et le principal investisseur étranger dans ce pays, tandis que l’Inde est le neuvième partenaire commercial de l’Union et représente moins de 2,1 % seulement du volume de ses échanges de biens en 2021; que l’on est donc en présence d’un potentiel inexploité de coopération économique renforcée, approfondie et mutuellement bénéfique, tant que les normes européennes sont préservées, qui pourrait conduire à la création de nouveaux emplois et à une amélioration des débouchés pour les deux partenaires;

F.

considérant que la zone de libre-échange entre l’ASEAN et l’Inde, qui comprend un accord sur le commerce des marchandises, un accord sur le commerce des services et un accord d’investissement, existe depuis 2003;

G.

considérant que le cadre stratégique de l’Union à l’égard de l’Inde intégré au partenariat stratégique UE-Inde, sa stratégie mondiale, sa stratégie pour l’Inde, sa stratégie visant à relier l’Europe à l’Asie, son partenariat visant à relier l’Europe à l’Inde, le dialogue entre l’Inde et l’Union sur les droits de l’homme ainsi que la stratégie de l’Union européenne pour la coopération dans la région indo-pacifique ont souligné l’importance vitale de coopérer avec l’Inde dans le cadre du programme de l’Union au niveau mondial; que l’Union et l’Inde se sont accordées le 25 avril 2022 pour créer un Conseil du commerce et des technologies;

H.

considérant que l’Inde doit encore relever d’importants défis en matière de développement durable, de droits de l’homme et d’environnement, notamment en ce qui concerne la situation des minorités et les libertés fondamentales; que le Parlement a fait part de ses préoccupations concernant la réforme de la loi sur la citoyenneté de 2019, qui exclut les musulmans de la protection offerte par la citoyenneté;

I.

considérant que l’Inde n’a pas encore ratifié toutes les conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail (OIT), à savoir la convention sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical (no 87) et la convention sur le droit d’organisation et de négociation collective (no 98); qu’en Inde, la main-d’œuvre travaillant dans l’économie informelle représente encore plus de 90 % de l’ensemble de la main-d’œuvre; que cette situation laisse des millions de personnes sans assurance sociale, dans une existence incertaine (7);

1.

invite la Commission, le Conseil de l’Union européenne et le Service européen pour l’action extérieure à déployer tous les efforts possibles afin d’améliorer et d’approfondir les relations avec l’Inde, qui est un partenaire stratégique de l’Union; réaffirme la nécessité d’un partenariat approfondi fondé sur les valeurs communes que sont la liberté, la démocratie, le pluralisme, l’état de droit, la bonne gouvernance, l’égalité et le respect des droits de l’homme, des droits des travailleurs, des droits de la femme et de l’égalité entre les hommes et les femmes, ainsi que sur la volonté de promouvoir un ordre mondial inclusif, cohérent et fondé sur des règles, un multilatéralisme efficace et le développement durable, la lutte contre le changement climatique, de même que la paix et la stabilité dans le monde;

2.

salue l’accord UE-Inde relatif à la création d’un Conseil du commerce et des technologies, qui renforcera notre partenariat stratégique, et s’engage à soutenir sa mise en œuvre; considère ce nouveau mécanisme comme un forum utile qui permettra de résoudre les nouveaux problèmes surgissant dans le domaine du commerce, de la technologie et de la sécurité, et souligne l’importance de stimuler le commerce des technologies, en accordant une attention particulière aux technologies de lutte contre le changement climatique;

3.

rappelle que les échanges commerciaux entre l’Union et l’Inde ont connu une hausse de plus de 70 % entre 2009 et 2019 et que les deux parties ont un intérêt commun à tisser des liens économiques plus étroits et plus profonds; prend acte du fait que l’Inde est un partenaire important pour l’Union en ce qu’elle lui permettra de diversifier ses chaînes d’approvisionnement; reconnaît en outre qu’il existe des questions sensibles de part et d’autre, mais estime qu’il est possible de les traiter afin de créer une situation gagnant-gagnant pour les deux partenaires;

4.

rappelle que la stratégie «De la ferme à la fourchette» prévoit l’obligation de réduire de 50 % l’utilisation de pesticides d’ici à 2030 et d’élever à 25 % les surfaces cultivées consacrées à l’agriculture biologique;

5.

attend qu’une suite rapide soit donnée à la réunion des dirigeants UE-Inde de mai 2021 pour aborder ouvertement au plus haut niveau une coopération fondée sur des valeurs en matière de commerce et d’investissement; se félicite de la volonté des deux partenaires d’œuvrer à la conclusion d’un accord commercial ambitieux, fondé sur des valeurs, équilibré, global et mutuellement bénéfique, ainsi que d’un accord distinct de protection des investissements et d’un accord sur les indications géographiques;

6.

insiste sur l’importance économique et stratégique de cet accord, qui ne portera ses fruits que s’il parvient à harmoniser progressivement le programme et les valeurs de l’Union et de l’Inde dans une perspective commune en ce qui concerne le développement durable afin d’ouvrir la voie à une prospérité, une croissance et une création d’emplois partagées, de renforcer la compétitivité, de lutter contre la pauvreté, de progresser vers la réalisation des objectifs de développement durable (ODD), de promouvoir la lutte contre le changement climatique et la mise en œuvre de l’accord de Paris, de défendre les droits et les libertés fondamentales des travailleurs ainsi que de favoriser l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes, et s’il tient explicitement compte des résultats du processus de révision relative au commerce et au développement durable en cours;

7.

note que l’Union est le principal partenaire commercial de l’Inde dans le secteur agroalimentaire; rappelle que le secteur agricole constitue une part importante de l’économie indienne et qu’il représente 41 % des emplois en Inde; insiste sur la sensibilité, mais aussi sur le potentiel, de certains secteurs agricoles, tant dans l’Union qu’en Inde; souligne qu’un accès élargi au marché pour les produits agricoles ne devrait pas avoir pour effet de donner à une partie ou à l’autre un avantage compétitif indu; attire l’attention sur la nécessité de veiller à ce que les importations agroalimentaires en provenance d’Inde respectent les normes de l’Union en matière de santé et de sécurité; estime que l’Union devrait aider l’Inde à aider ses agriculteurs pour réduire l’utilisation de pesticides; souligne la nécessité pour l’Union et l’Inde de coopérer étroitement pour faire face aux répercussions sur la sécurité alimentaire de la guerre menée actuellement par la Russie en Ukraine;

8.

souligne que l’un des objectifs des futurs accords de commerce et d’investissement entre l’Union et l’Inde est le renforcement des relations économiques, commerciales et d’investissement entre celles-ci dans le plein respect des normes et accords internationalement reconnus en matière de droits de l’homme, d’environnement et de travail, la création d’un environnement réglementaire et commercial sain, transparent, ouvert, non discriminatoire et prévisible pour les entreprises des deux parties ainsi que la libération du potentiel inexploité de la coopération économique bilatérale entre l’Union et l’Inde;

9.

condamne de nouveau avec la plus grande fermeté la guerre d’agression illégale, non provoquée et injustifiée de la Fédération de Russie contre l’Ukraine; prend acte de la neutralité de l’Inde depuis son indépendance; souligne que l’Union européenne et l’Inde sont disposées à œuvrer ensemble pour un monde prospère et pacifique, regrette cependant l’hésitation de l’Inde à condamner l’agression militaire de la Fédération de Russie dirigée contre l’Ukraine; souligne l’importance pour les démocraties de travailler ensemble et de manière harmonisée dans les domaines essentiels, notamment les valeurs fondamentales et un commerce ouvert, fondé sur des règles et durable;

10.

est d’avis que le mandat de négociation existant pour un accord commercial, un accord distinct sur la protection des investissements et un accord sur les indications géographiques est suffisamment complet et large pour permettre la reprise des négociations, et devrait être interprété selon les normes les plus modernes; estime qu’il est nécessaire de s’assurer que le futur accord commercial global s’appuie sur des normes solides en matière d’environnement et de droits humains et comprenne obligatoirement un chapitre consacré aux PME, un chapitre consacré au commerce numérique, un chapitre consacré aux matières premières destiné à ouvrir l’accès au marché et un chapitre ambitieux et exécutoire sur le commerce et le développement durable en correspondance avec l’accord de Paris; estime en outre que l’accord devrait inclure des dispositions sur les systèmes alimentaires durables et sur le genre;

11.

invite le gouvernement indien à présenter une feuille de route en vue de la ratification des deux conventions fondamentales no 87 et 98 de l’OIT restantes et est d’avis que leurs principes doivent être dûment et correctement appliqués dans des délais raisonnables; souligne qu’étant donné la nature informelle du marché du travail indien, de nombreux obstacles mettent en péril la mise en œuvre et l’application des normes internationales du travail; encourage la Commission à veiller à ce que les principes fondamentaux de l’OIT soient appliqués dans le futur accord commercial; demande à la Commission de veiller à ce que le futur accord commercial entre l’Union et l’Inde soit conforme au pacte vert pour l’Europe, à la stratégie «De la ferme à la table» et aux conclusions de la COP26;

12.

convient avec les dirigeants de l’Union et de l’Inde que, pour maintenir la dynamique de la reprise des négociations, il est impératif de trouver des solutions aux problèmes d’accès au marché qui se posent de longue date; encourage dès lors les négociateurs à trouver rapidement des solutions à ces problèmes d’accès au marché persistants à tous les niveaux de gouvernance et dans tous les secteurs (par exemple, les secteurs de l’automobile, des pièces automobiles, de l’agriculture, des dispositifs médicaux, des produits pharmaceutiques, des produits sanitaires et phytosanitaires problématiques, les marchés publics, ainsi que les obstacles non tarifaires tels que les ordres de contrôle de la qualité, la certification, le respect des normes internationales et les exigences en matière de localisation), sans compromettre le contenu de l’accord par une conclusion précipitée;

13.

incite les négociateurs à progresser de manière notable dans l’élaboration d’un accord de libre-échange complet, mutuellement bénéfique, correspondant aux normes les plus récentes et fondé sur des règles compatibles avec celles de l’OMC, en accordant la priorité aux points suivants, dans le but de favoriser une croissance durable, d’éliminer les inégalités et de mener à bien la double et juste transition numérique et écologique:

i)

l’élimination globale des droits de douane et des contingents sur une base réciproque, une attention particulière étant accordée aux produits sensibles, et les réductions ne devant pas être compensées par une augmentation des taxes nationales et prélèvements, y compris au niveau national, sur les produits importés;

ii)

la mise en place de procédures douanières plus transparentes et moins onéreuses, ainsi que d’un processus complet de certification électronique à guichet unique, et la suppression des interdictions d’importation disproportionnées;

iii)

la mise en place de procédures transparentes et accélérées d’approbation de l’accès aux marchés, de régionalisation et d’audit, adossées à des mesures d’importation relatives aux normes sanitaires et phytosanitaires scientifiquement justifiées, des normes internationales et des disciplines allant au-delà de l’accord relatif aux normes sanitaires et phytosanitaires de l’OMC; l’accord devrait chercher à garantir une coopération en matière de normes sanitaires et phytosanitaires ainsi que l’approbation rapide par l’Inde de toutes les demandes d’accès au marché existantes et futures, y compris celles qui sont retardées par des essais routiers et des problèmes de certification;

iv)

la suppression d’un nombre croissant d’obstacles techniques aux échanges, notamment le réexamen des obstacles dans les domaines des TIC, du matériel médical, des jouets, des boissons alcoolisées, des diamants polis, des produits agricoles, de l’alimentation et de l’acier; l’accord devrait viser à garantir le respect des normes internationales de l’Organisation internationale de normalisation (ISO), de la Commission électrotechnique internationale (CEI) et de l’Union internationale des télécommunications (UIT), aller au-delà de l’accord de l’OMC sur les obstacles techniques au commerce, veiller à l’absence de doublons en matière de tests et de certification et rationaliser les systèmes d’octroi de licences, les ordres de contrôle de la qualité et les investigations cliniques;

v)

l’inclusion d’un chapitre complet relatif aux marchés publics à tous les niveaux de gouvernance destiné à garantir l’application des principes de transparence et de non-discrimination dans la passation de marchés publics au moyen de procédures de recours efficaces; demande, à cet égard, que l’Inde adhère à l’accord de l’OMC sur les marchés publics et interdise les pratiques discriminatoires instaurant une préférence nationale, telles que certaines pratiques liées aux initiatives «Made in India» et «Atmanirbhar Bharat» («Inde autonome»), puisqu’elles visent à favoriser la fabrication sur le territoire national et à décourager les importations, et ont ainsi une forte incidence sur l’accès au marché des entreprises de l’Union;

vi)

la mise en place de conditions de concurrence équitables en ce qui concerne les subventions et les pratiques commerciales des entreprises publiques;

vii)

la rédaction d’un chapitre complet prévoyant un niveau élevé de protection des droits de propriété intellectuelle (DPI), axé notamment sur des dispositions en matière de coopération et de transferts de technologies, qui ouvrirait la voie à une procédure de demande de brevet plus rapide et non restrictive et à l’application rapide et effective des normes en matière de DPI, y compris la protection des indications géographiques (IG); toutefois, une attention particulière doit être accordée à la capacité de l’Inde à produire des médicaments génériques abordables pour les besoins de santé nationaux ou pour l’exportation vers d’autres pays en développement qui en ont besoin, conformément à la déclaration de Doha relative à la déclaration sur l’accord sur les ADPIC et la santé publique;

viii)

la rédaction d’un chapitre consacré aux PME afin de tenir compte des besoins spécifiques de ces dernières et d’assurer la sécurité juridique; souligne la nécessité d’un environnement réglementaire favorable aux PME, comprenant des procédures douanières harmonisées et simplifiées ainsi qu’une réduction des charges administratives et réglementaires, afin de surmonter toutes les barrières tarifaires et non tarifaires empêchant les PME d’entrer sur le marché indien; souligne la nécessité de faciliter le partage d’informations sur l’accès au marché, les réglementations commerciales, les procédures commerciales et les règles d’origine;

ix)

l’inclusion d’un chapitre ambitieux sur le commerce et le développement durable garantissant une coopération fondée sur des valeurs en matière de commerce et d’investissement et mettant en valeur les normes internationales les plus élevées en matière de droits des travailleurs, y compris une action déterminée visant à mettre fin au travail des enfants et au travail forcé, à protéger l’environnement et à promouvoir l’égalité des genres, inspiré des accords de libre-échange les plus récents et les plus modernes de l’Union; souligne que la durabilité doit se refléter de manière transversale dans l’accord au moyen de dispositions exécutoires qui tiennent compte du réexamen du chapitre sur le commerce et le développement durable;

x)

la mise en place de règles d’origine modernes, adaptées aux PME, harmonisées et réciproques cohérentes avec les accords de libre-échange les plus modernes et les plus complets passés par l’Union;

xi)

l’intégration du plan d’action sur l’économie circulaire récemment présenté visant à réduire les déchets, à responsabiliser les consommateurs, à faire des produits durables la norme ainsi qu’à diriger les efforts mondiaux en matière d’économie circulaire;

xii)

l’interdiction des procédures non automatiques d’octroi de licences d’importation ou d’exportation, à l’exception de cas dûment justifiés;

xiii)

la suppression de tous les obstacles discriminatoires et disproportionnés à l’établissement dans les secteurs des services et de l’industrie manufacturière ainsi qu’à la fourniture de services transfrontaliers, afin de garantir des conditions de concurrence équitables entre les prestataires de services européens indiens;

xiv)

le renforcement des règles du commerce numérique fondées sur les normes de l’Union et les pratiques au niveau mondial; estime, en particulier, que le déploiement de la 5G ne doit pas être effectué moyennant des transferts de technologie obligatoires (obligation de divulgation des codes sources, des algorithmes et des clés de chiffrement);

xv)

la confirmation des droits et obligations des deux parties au titre des accords de l’OMC (mesures antidumping, subventions, sauvegardes), l’exploration de domaines d’intérêt commun allant au-delà de ces normes de l’OMC et l’inclusion d’un mécanisme de sauvegarde bilatéral temporaire; et

xvi)

la garantie de la bonne gouvernance et de l’état de droit ainsi que la résolution des obstacles créés par l’incertitude juridique;

14.

rappelle que les PME constituent le pilier du développement socio-économique de l’Inde et représentent 45 % de la production industrielle totale du pays; estime que l’Inde et l’Union devraient continuer à œuvrer pour garantir un environnement commercial favorable et stable aux PME, en facilitant leur accès aux marchés internationaux et en leur permettant de tirer pleinement parti des possibilités commerciales; se félicite, à cet égard, de la mise en place du bureau d’assistance aux PME en matière de droits de propriété intellectuelle (DPI) pour l’Inde qui fournit aux PME une aide de première ligne sur la manière de protéger et de faire respecter leurs DPI, et invite la Commission à s’appuyer sur cette initiative pour créer d’autres plateformes numériques qui contribueraient à réduire les coûts commerciaux et la charge administrative tout en augmentant la participation des PME au commerce international;

15.

demande aux deux parties d’envisager l’interopérabilité des flux de données entre les juridictions indiennes et européennes, dans le respect plein et entier du règlement général sur la protection des données (8), sur la base d’une évaluation; incite l’Inde à mettre en adéquation sa nouvelle loi sur la protection des données avec les normes internationales les plus élevées en matière de protection des données et de règles de confidentialité; invite l’Inde à se joindre à l’initiative de l’Union sur les normes internationales en matière de protection des données;

16.

invite l’équipe de négociation de l’Union, ainsi que les institutions européennes et les États membres, à tirer le meilleur parti possible de l’engagement de l’Inde en faveur du multilatéralisme et d’un ordre commercial international fondé sur des règles, et exhorte l’Inde à jouer un rôle constructif pour s’assurer des résultats probants lors des prochaines conférences ministérielles (12e et 13e conférences respectivement) à l’OMC; salue la proposition de réforme coparrainée par l’Union et l’Inde concernant l’organe de règlement des différends de l’OMC et exhorte l’Inde à participer à l’arrangement multipartite d’arbitrage d’appel provisoire; se félicite de l’engagement des dirigeants de l’Union et de l’Inde en faveur du renforcement de la coordination en matière de gouvernance économique mondiale, notamment au sein de l’OMC et du G20; s’attend à être informé des résultats du dialogue des hauts fonctionnaires UE-Inde, qui a pour objectif d’approfondir la coopération bilatérale sur les questions liées à l’OMC dans le cadre des dialogues de haut niveau sur le commerce et l’investissement;

17.

regrette qu’il subsiste des incertitudes pour les investisseurs de l’Union, notamment à la suite de la décision de l’Inde de résilier unilatéralement tous ses traités bilatéraux d’investissement en 2016;

18.

prend note de la volonté des deux parties de négocier un accord indépendant de protection des investissements, ce qui permettrait d’accroître la sécurité juridique pour les investisseurs indiens et européens et de renforcer encore les relations commerciales bilatérales en attirant davantage d’investissements européens en Inde, tout en préservant la possibilité pour les deux parties d’épuiser les voies de recours internes; recommande d’œuvrer à la réalisation d’objectifs communs et mutuellement avantageux dans ce domaine afin de favoriser la croissance économique et l’innovation durables; souligne qu’un tel accord devrait notamment prévoir une protection contre la discrimination fondée sur l’origine, l’expropriation illégale, le déni de justice, la violation fondamentale du droit à une procédure régulière, l’arbitraire manifeste, la discrimination ciblée fondée sur des motifs irrecevables et les traitements abusifs; propose de procéder à une analyse coûts-avantages complète avant la fin des négociations; voit d’un bon œil les investissements indiens en Europe, qui sont un moteur du dynamisme économique, d’une compétitivité accrue et de la diversification de la production;

19.

réaffirme qu’un accord de protection des investissements pourrait constituer un tremplin intéressant pour le renforcement supplémentaire des relations commerciales bilatérales; incite les négociateurs à s’accorder sur la création d’un tribunal multilatéral des investissements et d’un tribunal des investissements UE-Inde spécifique, en tant que solution temporaire dans l’attente du premier, auquel l’Union et l’Inde adhéreraient;

20.

se félicite de l’engagement pris par les dirigeants européens et indiens de conclure un accord distinct sur les indications géographiques, sous la forme d’un accord autonome ou intégré à l’accord commercial global; rappelle que cet accord constitue une priorité pour les secteurs agricole et agroalimentaire de l’Union dans l’optique de la protection des IG; invite la Commission à œuvrer à l’établissement d’une liste exhaustive des indications géographiques de l’Union;

21.

souligne qu’il importe que l’Union défende les droits de l’homme et le droit à l’alimentation en tant que principe central et priorité des systèmes alimentaires et en tant qu’outil fondamental pour transformer les systèmes alimentaires; demande à l’Union de mettre en œuvre la déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales et de garantir l’accès des plus marginalisés à une alimentation nutritive;

22.

fait observer que, si l’ordre juridique indien autorise la culture d’organismes génétiquement modifiés (OGM) en vue de leur transformation en denrées alimentaires et en aliments pour animaux, le régime de l’Inde en matière d’OGM est analogue à celui de l’Union du point de vue de la rigueur et de l’exigence;

23.

souligne qu’il est important de progresser résolument vers l’interdiction de tous les antibiotiques et médicaments vétérinaires qui ne sont pas conformes aux normes alimentaires du Codex alimentarius;

24.

souligne que l’Union doit veiller à ce que l’accord de coopération avec l’Inde permette d’améliorer le niveau de coopération mutuelle et que toutes les normes économiques, sociales, environnementales, sanitaires, de sécurité et de qualité de l’Union soient respectées par les deux parties;

25.

prie instamment la Commission de réaliser une analyse de l’incidence économique que pourrait avoir cet accord, compte tenu du fait que l’agriculture et l’élevage en Inde ne sont pas soumis à la réglementation européenne qui fait augmenter les coûts de production en Europe, ce dont pourrait découler une concurrence déloyale, comme cela s’est déjà produit lors d’autres accords avec des pays non membres de l’Union;

26.

demande à la Commission de veiller, dans le texte de l’accord, conformément à la pratique établie lors des accords de libre-échange antérieurs de l’Union, à la protection du marché unique commun de l’Union en interdisant:

i)

l’importation d’OGM non autorisés dans les denrées alimentaires, les aliments pour animaux et les semences;

ii)

l’importation de produits agricoles et de denrées alimentaires présentant des niveaux de résidus en pesticides supérieurs à ceux autorisés par la législation de l’Union, au moyen de l’application systématique des règles de l’Union relatives aux limites maximales de résidus;

iii)

l’importation de produits agricoles et de denrées alimentaires produits en utilisant des préparations hormonales interdites dans l’Union;

iv)

l’introduction de souches microbiennes résistantes aux antimicrobiens;

27.

rappelle que le 14 décembre 2021, l’Inde a été condamnée par l’OMC en raison des subventions considérables qu’elle accorde à sa production sucrière et à l’exportation de celle-ci; demande, par conséquent, la suspension du quota CXL de 10 000 tonnes de sucre indien, étant donné que la révision des subventions contraires aux règles de l’OMC n’est pas envisagée; demande de veiller, lors des prochaines négociations commerciales entre l’Union et l’Inde, à la suppression des subventions au sucre incompatibles avec les règles de l’OMC;

28.

salue la création de deux groupes de travail conjoints destinés à intensifier la coopération réglementaire concernant les biens et les services, y compris les technologies vertes et numériques et les chaînes d’approvisionnement résilientes, en consultation avec des représentants de diverses parties prenantes sur un pied d’égalité; souligne le rôle crucial des dialogues de haut niveau sur le commerce et l’investissement pour garantir des progrès globalement satisfaisants, notamment en ce qui concerne des problèmes d’accès au marché persistants depuis des années; s’attend à être informé sans délai et régulièrement des résultats de ces dialogues;

29.

invite les négociateurs à s’accorder, en priorité, sur la création d’une plateforme bilatérale indo-européenne de consultation ex ante et ex post destinée à faciliter les discussions et les consultations en amont de l’adoption de toute nouvelle mesure ou subvention susceptible d’avoir une incidence négative sur les échanges ou les investissements; estime qu’une telle plateforme devrait faciliter le dialogue avec des représentants d’un vaste éventail de parties prenantes, y compris les partenaires sociaux et des organisations de la société civile; est d’avis que les associations sectorielles et d’entreprises devraient pouvoir attirer l’attention du secrétariat de cette plateforme sur d’éventuels litiges nouveaux concernant les échanges commerciaux ou les investissements; estime que la plateforme devrait à terme être intégrée pleinement au cadre de gouvernance du futur accord commercial;

30.

considère que la gouvernance d’un potentiel accord de libre-échange entre l’Union et l’Inde devrait comporter une commission conjointe chargée d’assurer un suivi commun, un dialogue structuré et un contrôle piloté par le Parlement européen et les deux chambres du Parlement indien; souligne que la participation de la société civile dans le suivi de l’application de l’accord est essentielle et demande la mise en place rapide, à la suite de l’entrée en vigueur de l’accord, de groupes consultatifs nationaux au sein desquels les organisations professionnelles, les syndicats et la société civile, y compris des organisations indépendantes des secteurs du travail et de l’environnement, seront représentés de manière équilibrée;

31.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission, ainsi qu’au gouvernement et au Parlement de l’Inde.

(1) JO L 209 du 14.6.2021, p. 1.

(2) JO C 337 du 20.9.2018, p. 48.

(3) JO C 456 du 10.11.2021, p. 117.

(4) JO C 506 du 15.12.2021, p. 109.

(5) JO C 270 du 7.7.2021, p. 2.

(6) JO C 99 du 1.3.2022, p. 10.

(7) https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/---ed_emp/---ifp_skills/documents/publication/wcms_734503.pdf

(8) Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la directive 95/46/CE (règlement général sur la protection des données) (JO L 119 du 4.5.2016, p. 1).


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