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Initiative législative — 52022IP0298

CELEX52022IP0298
TypeInitiative législative
Datejeudi 7 juillet 2022

Texte intégral

7.2.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 47/213


P9_TA(2022)0298

Activités financières de la Banque européenne d'investissement — rapport annuel 2021

Résolution du Parlement européen du 7 juillet 2022 sur les activités financières de la Banque européenne d’investissement — rapport annuel 2021 (2021/2203(INI))

(2023/C 47/18)

Le Parlement européen,

—

vu les articles 15, 126, 174, 175, 177, 208, 209, 271, 308 et 309 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE) et le protocole no 5 annexé aux traités sur les statuts de la Banque européenne d’investissement (BEI),

—

vu l’approbation par la BEI de la ratification de l’accord de Paris par l’Union européenne le 7 octobre 2016,

—

vu les procédures applicables au mécanisme de traitement des plaintes du groupe BEI, publiées le 13 novembre 2018,

—

vu la politique de prêt dans le secteur de l’énergie de la BEI, publiée le 14 novembre 2019,

—

vu l’adoption de la Feuille de route 2021-2025 de la banque du climat par le conseil d’administration de la BEI le 11 novembre 2020 et la nouvelle stratégie climatique de la BEI, publiée le 15 novembre 2020,

—

vu le plan d’activité 2021 du groupe BEI, publié le 20 janvier 2021,

—

vu le rapport d’investissement 2020/2021 de la BEI, intitulé «Bâtir une Europe intelligente et verte en temps de COVID-19» et publié le 21 janvier 2021,

—

vu le rapport financier 2020 de la BEI, publié le 3 mai 2021, et le rapport 2020 sur les activités de financement et de prêt de la BEI, publié le 5 mai 2021,

—

vu le document intitulé «Évaluation des opérations — Rapport d’activité 2020 et programme de travail pour 2021-2023» de la BEI, publié le 3 juin 2021,

—

vu le document, publié par la BEI le 14 juin 2021, intitulé «Un partenariat avec l’Afrique — Comment la Banque européenne d’investissement met en œuvre les politiques de l’UE en Afrique et envisage l’avenir pour le développement et le partenariat sur l’ensemble du continent»,

—

vu la charte de l’Audit interne du groupe BEI, publiée le 29 juillet 2021,

—

vu la politique antifraude du groupe BEI, publiée le 5 août 2021, et le rapport d’activité 2020 de la BEI sur la lutte antifraude, publié le 29 juillet 2021,

—

vu le rapport d’information 2020 sur la gestion des risques du groupe BEI, publié le 9 août 2021,

—

vu la politique d’évaluation du groupe BEI, publiée le 19 août 2021,

—

vu le rapport d’étape 2020 de la BEI sur la diversité et l’inclusion, publié le 12 octobre 2021,

—

vu le document d’orientation de la BEI sur les activités relevant de la cohésion pour la période 2021-2027, publié le 13 octobre 2021,

—

vu le plan de la BEI pour l’adaptation climatique, publié le 26 octobre 2021,

—

vu l’accord tripartite entre la Commission, la Cour des comptes européenne et la BEI, entré en vigueur en novembre 2021,

—

vu la politique de transparence du groupe BEI, publiée le 18 novembre 2021, et sa politique de signalement, publiée le 24 novembre 2021,

—

vu l’«Enquête 2021 sur l’investissement: vue d’ensemble de l’Union européenne» de la BEI, publiée le 2 décembre 2021,

—

vu le rapport 2020 sur la gouvernance d’entreprise du groupe BEI, publié le 9 décembre 2021,

—

vu le rapport d’impact 2020 de la BEI intitulé «Action en faveur du climat, durabilité environnementale et innovation pour la décarbonation», publié le 20 décembre 2021, son rapport intitulé «Vers une meilleure planète: adaptation aux changements climatiques et alignement sur l’accord de Paris», publié le 28 octobre 2021, et son plan pour l’adaptation climatique intitulé «Soutenir la stratégie d’adaptation de l’Union pour renforcer la résilience face aux changements climatiques», publié le 26 octobre 2021,

—

vu le «Cadre PATH — Soutenir les contreparties sur la voie de l’alignement sur l’accord de Paris» (alignement sur l’accord de Paris pour les contreparties) du groupe BEI, publié le 26 octobre 2021,

—

vu le rapport d’investissement 2021/2022 de la BEI, intitulé «Principales conclusions: la relance comme tremplin du changement» et publié le 12 janvier 2022,

—

vu le rapport d’activité 2020 de la BEI intitulé «Des solutions face à la crise», publié le 20 janvier 2021, et son rapport d’activité 2021 intitulé «Répondre par l’innovation», publié le 27 janvier 2022,

—

vu l’arrêt du Tribunal (première chambre) du 30 mars 2022 dans l’affaire T-299/20, KF/BEI,

—

vu les observations du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme d’août 2021 sur le projet de cadre de durabilité environnementale et sociale (CDES) du groupe BEI,

—

vu les affaires 1065/2020/PB, 1251/2020/PB et 1252/2020/PB relatives à la BEI, dans lesquelles la Médiatrice européenne a rendu sa décision le 21 avril 2022,

—

vu la recommandation de la Médiatrice européenne dans l’affaire 2168/2019/KR, portant sur la façon dont l’Autorité bancaire européenne a traité le transfert de son ancien directeur exécutif au poste de président-directeur général d’un groupe de pression financier, et sa décision dans l’affaire OI/3/2021/KR, relative à la façon dont l’Agence européenne de défense a traité la candidature de son ancien directeur général à une fonction de haut niveau au sein d’Airbus,

—

vu le rapport spécial de la Cour des comptes européenne du 26 mai 2021 intitulé «Intégration de la dimension de genre dans le budget de l’UE: il est temps de joindre l’acte à la parole»,

—

vu la politique environnementale et sociale de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement d’avril 2019,

—

vu le plan d’activité 2022-2024 du groupe BEI, publié le 27 janvier 2022,

—

vu le cadre de durabilité environnementale et sociale (CDES) du groupe BEI, publié le 2 février 2022,

—

vu la réponse d’urgence de la BEI en solidarité avec l’Ukraine, publiée le 4 mars 2022,

—

vu la communication de la Commission du 14 octobre 2020 intitulée «Stratégie pour la durabilité dans le domaine des produits chimiques: vers un environnement exempt de substances toxiques» (COM(2020)0667),

—

vu la communication de la Commission du 11 décembre 2019 sur le pacte vert pour l’Europe (COM(2019)0640) et la résolution du Parlement du 15 janvier 2020 à ce sujet (1),

—

vu les communications de la Commission du 20 mai 2020 intitulées «Stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 — Ramener la nature dans nos vies» (COM(2020)0380) et «Une stratégie “De la ferme à la table” pour un système alimentaire équitable, sain et respectueux de l’environnement» (COM(2020)0381),

—

vu la communication de la Commission du 11 mars 2020 intitulée «Un nouveau plan d’action pour une économie circulaire — Pour une Europe plus propre et plus compétitive» (COM(2020)0098),

—

vu la communication de la Commission du 12 mai 2021 intitulée «Cap sur une planète en bonne santé pour tous — Plan d’action de l’UE: “Vers une pollution zéro dans l’air, l’eau et les sols”» (COM(2021)0400),

—

vu la communication de la Commission du 8 mars 2022 intitulée «REPowerEU: action européenne conjointe pour une énergie plus abordable, plus sûre et plus durable» (COM(2022)0108),

—

vu le règlement (UE) 2021/523 du Parlement européen et du Conseil du 24 mars 2021 établissant le programme InvestEU (2),

—

vu le règlement (UE) 2021/1056 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 établissant le Fonds pour une transition juste (3) et le règlement (UE) 2021/1229 du Parlement européen et du Conseil du 14 juillet 2021 relatif à la facilité de prêt au secteur public dans le cadre du mécanisme pour une transition juste (4),

—

vu le règlement (UE) 2021/947 du Parlement européen et du Conseil du 9 juin 2021 établissant l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale — Europe dans le monde (5),

—

vu les objectifs de développement durable des Nations unies,

—

vu le rapport de 2019 de Counter Balance intitulé «La BEI est-elle à la hauteur pour lutter contre la fraude et la corruption? Les défis pour le cadre de gouvernance de la banque de l’Union européenne»,

—

vu sa résolution du 16 janvier 2020 sur les institutions et organes de l’Union économique et monétaire: éviter les conflits d’intérêts dans l’après-mandat (6),

—

vu la lettre de la médiatrice européenne au président de la BEI datée du 22 juillet 2016 sur les questions de conflits d’intérêts ainsi que la réponse du président de la BEI datée du 31 janvier 2017,

—

vu le rapport d’analyse de la Médiatrice européenne du 18 mai 2022 dans l’affaire OI/1/2021/KR portant sur la manière dont la Commission gère le problème des situations de «pantouflage» des (anciens) membres de son personnel,

—

vu l’article 54 de son règlement intérieur,

—

vu le rapport de la commission des budgets (A9-0165/2022),

A.

considérant qu’en vertu de l’article 309 du traité FUE, la BEI est tenue de contribuer à la réalisation des objectifs de l’Union grâce, notamment, à divers instruments d’investissement tels que des prêts, des fonds, des garanties, des mécanismes de partage des risques et des services de conseil;

B.

considérant qu’en 2021, la BEI a accordé des prêts à hauteur de quelque 95 milliards d’EUR et soutenu quelque 430 000 petites et moyennes entreprises (PME) et entreprises à capitalisation moyenne, qui sont le pilier du marché unique européen; que 75 milliards d’EUR étaient liés aux opérations du groupe BEI tandis que les prêts restants ont été concédés dans le cadre du Fonds de garantie européen; qu’un financement de 20,7 milliards d’EUR de la BEI a servi à soutenir l’innovation, et notamment l’investissement dans la transformation numérique et la promotion des compétences et de la formation dans le domaine numérique, ce qui a largement contribué à la compétitivité générale et à l’emploi au sein de l’Union; que le total des prêts accordés dépasse celui de toute autre banque multilatérale et constitue un record pour la BEI;

C.

considérant que la Russie a attaqué l’Ukraine le 24 février 2022, provoquant dans le pays une crise humanitaire, avec des conséquences profondes pour la situation économique et la sécurité au sein de l’Union et dans son voisinage; que, le 4 mars, le conseil d’administration de la BEI a approuvé des mesures d’urgence en solidarité avec l’Ukraine d’un montant de 668-millions d’EUR, suivies de versements effectués au profit du gouvernement ukrainien afin de répondre aux besoins les plus urgents; que la BEI s’est engagée à verser 4 milliards d’EUR à Stand Up For Ukraine, conférence mondiale des donateurs destinée à aider les victimes de l’invasion russe et à soutenir les réfugiés de guerre ukrainiens dans les États membres afin de financer des infrastructures sociales essentielles, notamment des logements, des écoles, des hôpitaux et des crèches;

D.

considérant que la pandémie de coronavirus a gravement frappé le monde entier et a eu des conséquences socioéconomiques profondes; que pendant la pandémie, la BEI a accordé des prêts à hauteur de quelque 6,3 milliards d’EUR dans le cadre des mesures de lutte contre la COVID-19 dans le secteur de la santé, notamment pour des projets d’infrastructures sanitaires et hospitalières et de l’équipement médical, ainsi que pour le renforcement des systèmes de santé au moyen d’interventions de préparation à la pandémie; que les ressources mobilisées pendant la pandémie ont constitué une cible intéressante pour la fraude et la corruption, comme le souligne le rapport d’activité 2020 de la BEI sur la lutte antifraude; que la BEI devrait prendre les mesures nécessaires pour que les ressources parviennent à leurs destinataires;

E.

considérant que les conséquences socioéconomiques de la crise de la COVID-19 et l'agression militaire illégale, non provoquée et injustifiée contre l’Ukraine et l’invasion de ce pays ont eu des retombées considérables sur la croissance juste, inclusive et durable, l’investissement, la résilience, l’emploi, l'éducation et les inégalités socioéconomiques; que l’inflation élevée et la hausse des prix de l’énergie, des carburants et des denrées alimentaires touchent de manière disproportionnée les ménages les plus défavorisés de la société;

Observations générales

1.

souligne le rôle fondamental de la BEI en tant que banque publique de l’Union européenne et seule institution financière internationale à être intégralement détenue par les États membres et guidée par les politiques et les normes de l’Union afin de soutenir la reprise sociale et économique et de cibler les investissements permettant d’atteindre les objectifs de l’Union; prend acte du rapport d’investissement 2021/2022 de la BEI et du plan d’activité 2022-2024 du groupe BEI; salue le montant record de près de 95 milliards d’EUR d’investissements financé par la BEI en 2021 ainsi que l’attention accordée par la banque aux défis à long terme de l’Union que sont le changement climatique, la cohésion sociale et la transformation numérique;

2.

condamne avec la plus grande fermeté l’agression militaire illégale, non provoquée et injustifiée de la Fédération de Russie contre l’Ukraine et l’invasion de cette dernière par la Fédération de Russie, ainsi que l’implication de la Biélorussie dans cette agression; souligne que la guerre a entraîné une grave crise humanitaire et a eu des conséquences profondes sur la situation économique et la sécurité au sein de l’Union et dans son voisinage, ce qu’il convient de refléter plus largement dans les plans d’investissement et d’activité de la BEI;

3.

salue l’approbation par la BEI, en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, des mesures d’urgence en solidarité avec l’Ukraine, qui comportent notamment un soutien financier immédiat de 668 millions d’EUR accordé aux autorités ukrainiennes par l’accélération des versements au titre des prêts existants et l’engagement à accélérer le versement d’un montant supplémentaire de 1,3 milliard d’EUR; observe que ces mesures prévoient à la fois un soutien financier immédiat et une aide pour les projets d’infrastructures à moyen et long terme, y compris pour les actions de reconstruction dès le rétablissement d’une Ukraine libre et indépendante après la guerre; invite la BEI à élaborer des plans d’action destinés à encourager les investissements directs de l’Union en Ukraine, dont de nouveaux projets économiques et sociaux tels que des écoles, des logements sociaux et des hôpitaux lorsque le conflit aura pris fin; souligne l’importance de la coordination des efforts dans la réponse apportée à la crise ukrainienne;

4.

invite la Commission et les États membres à rapidement mettre en place un mécanisme de signalement destiné à informer les autorités compétentes de tout actif détenu dans des institutions financières européennes, y compris, le cas échéant, au sein du groupe BEI, par des personnes physiques et morales russes et biélorusses associées aux régimes de Poutine et de Loukachenko; invite la BEI à faire preuve d’une grande vigilance et à suivre de près les nouvelles sanctions et mesures décidées par le Conseil; rappelle que la BEI a cessé ses activités en Russie à la suite de l’annexion illégale de la Crimée en 2014; attend en outre de la BEI qu’elle mette fin à la participation de partenaires russes directs ou indirects aux projets d’investissement, y compris par des intermédiaires financiers;

5.

invite les États membres, en leur qualité d’actionnaires, à augmenter la capitalisation de la BEI afin que les prêts à long terme et les instruments innovants financent davantage de projets à fort potentiel de gains dans le domaine de la durabilité, de l’innovation et du social dans des domaines stratégiques clés de l’Union tels que la transformation numérique et la transformation écologique tout en veillant au maintien du niveau actuel élevé de la note de crédit de la BEI;

6.

salue le soutien de la BEI en faveur de plus de 430 000 PME employant 4,5 millions de personnes en 2021; invite toutefois la BEI à fournir un capital de croissance supplémentaire pour permettre aux PME de développer leurs activités; observe que les prix élevés actuels de l’énergie ont également des répercussions sur la compétitivité des PME; invite la BEI à évaluer si l’aide actuellement apportée aux PME est suffisante dans le contexte des prix élevés de l’énergie et de la hausse des coûts des matières premières;

7.

se félicite qu’un financement record de la BEI d’un montant de 20,7 milliards d’EUR ait servi à soutenir l’innovation en 2021, et notamment l’investissement dans la transformation numérique et la promotion des compétences et de la formation dans le domaine numérique; estime que ce type d’investissement revêt une importance capitale pour préserver la compétitivité de l’Europe et atteindre l’autonomie stratégique de l’Union et qu’il est particulièrement pertinent pour les travailleurs des secteurs nécessitant une reconversion importante et un perfectionnement;

8.

salue le nouveau document d’orientation sur les activités relevant de la cohésion, par lequel la BEI s’engage à accroître ses activités de prêt pour que d’ici 2025, 45 % du total des prêts accordés à l’Europe des 27 le soient dans les régions bénéficiant de la politique de cohésion et que 23 % soient accordés aux régions les moins développées; souligne qu’il importe d'accroître l’action en faveur du climat dans les régions concernées afin de favoriser la convergence économique, sociale et territoriale et une transition juste qui ne laisse personne de côté et souligne que les investissements devraient être choisis en fonction des qualités financières, économiques et techniques; invite la BEI à continuer de s’attaquer aux insuffisances systémiques qui empêchent certaines régions ou certains pays de tirer pleinement parti des possibilités financières de la BEI, notamment en redoublant d’efforts pour étendre ses activités de prêt, en apportant une assistance technique, une aide au renforcement des capacités et des services de conseil, en particulier dans l’innovation, la transformation numérique, les infrastructures, l'aide aux PME et les projets destinés à créer des emplois de qualité, et en accordant la priorité aux projets qui réduisent les inégalités et favorisent la diversité sociale et l’inclusion; demande, à cet égard, qu’un soutien plus important soit accordé aux services de conseil tels que l’Assistance conjointe à la préparation de projets dans les régions européennes (JASPERS), le Mécanisme européen d'assistance technique pour les projets énergétiques locaux (ELENA) ou Fi-Compass;

9.

se félicite que le Fonds de garantie européen, destiné à atténuer les conséquences socioéconomiques de la pandémie de COVID-19, notamment en aidant les PME, soit arrivé à point nommé; relève qu’au 31 décembre 2021, la BEI avait approuvé des opérations du Fonds de garantie européen pour 23,2 milliards d’EUR (soit 95 % du montant disponible de 24,4 milliards d’EUR), ce qui représente environ un tiers du montant habituellement investi par le groupe BEI en une année; fait remarquer qu’en l’absence de transparence sur ses bénéficiaires finaux, il est difficile de tirer des conclusions sur les effets du Fonds sur l’économie européenne; demande par conséquent la réalisation d’une évaluation complète du Fonds afin d’apprécier la valeur ajoutée apportée par la participation de la BEI et de déterminer si les objectifs du Fonds ont été atteints lorsque ce dernier disparaîtra ainsi que le degré de transparence de sa mise en œuvre; demande que cette évaluation soit rendue publique; se félicite qu’une évaluation du Fonds de garantie européen soit en cours et attend celle-ci avec intérêt;

10.

prend acte du nouveau cadre de durabilité environnementale et sociale (CDES); salue l’adoption du concept de finance durable comme modèle opérationnel; demande qu’il soit mis en œuvre rapidement et que la BEI définisse des procédures précises et strictes de respect du devoir de vigilance; demande en outre que toutes les dispositions du CDES soient reflétées comme il se doit dans les contrats et que le principe consistant à ne pas causer de préjudice important s’applique à tous les opérations de la BEI;

11.

se félicite de la signature de l'accord InvestEU entre la BEI et la Commission le 7 mars 2022 et salue le fait que le Fonds européen d’investissement soit un partenaire à part entière chargé de la mise en œuvre; demande la mise en œuvre rapide de la nouvelle plateforme de conseil InvestEU et souligne qu’il faut accélérer les négociations avec les autres partenaires chargés de la mise en œuvre;

Banque du climat

12.

se félicite qu’en 2021, 43 % des prêts accordés aient concerné le climat et l’environnement (contre 40 % en 2020) et se réjouit de la volonté de respecter l’objectif de prêts liés au climat en 2022; se félicite également que, si l’on exclut le mandat du Fonds de garantie européen, qui s’adresse spécifiquement aux PME touchées par la pandémie, la part de financement vert de la BEI a effectivement atteint 51 %; réaffirme que tous les flux financiers de la banque devraient être pleinement conformes à l’objectif de zéro émission nette d’ici à 2050 au plus tard et à l’objectif climatique de l’Union revu à la hausse pour 2030; souligne que la transition climatique doit être inclusive et juste; rappelle que les investissements écologiques doivent être viables et que la BEI doit conserver une cote de crédit élevée (AAA); invite la BEI, à cet égard, à mettre ses prêts, ses instruments financiers, son assistance technique et ses services de conseil à la disposition des personnes et des régions en proie à des difficultés socioéconomiques découlant de la transition vers une économie neutre en carbone; souligne que la Feuille de route de la banque du climat est un bon point de départ, mais que d’autres actions seront nécessaires pour que les objectifs de l’accord de Paris soient respectés et pour que l’objectif d’une hausse de 1,5 oC reste réalisable ainsi que pour assurer une transition juste; rappelle qu’un changement à grande échelle ne peut aboutir que si l’industrie y participe et si les mesures incitatives nécessaires sont instaurées en faveur de solutions innovantes pour le climat et de la création d’emplois de qualité; demande que tous les plans d’action élaborés pour la mise en œuvre de la Feuille de route soient rendus publics dans les meilleurs délais afin de disposer d’une vue d’ensemble des actions envisagées pour atteindre les objectifs et d’évaluer leur pertinence;

13.

attend avec intérêt l’examen à mi-parcours de la Feuille de route de la banque du climat et souligne qu’elle doit servir à stimuler la transformation de l’institution en une véritable banque du climat qui facilite la préservation des ressources naturelles et la protection de l’environnement; espère que tous les prêts seront alignés sur les objectifs de l’accord de Paris, tout en veillant à ce que l’objectif d’une hausse de 1,5 oC reste réalisable, ainsi que sur les engagements pris par l’Union en faveur du climat et de l’environnement; demande que la révision à mi-parcours de la Feuille de route de la banque du climat comporte, pour chaque projet, une évaluation solide des solutions alternatives à moindre intensité de carbone et des émissions de catégorie 3; attend, pour toutes les opérations à partir de 2023, des rapports d’étape annuels détaillés sur la Feuille de route de la banque du climat présentant son degré d’alignement sur les objectifs climatiques de l’Union;

14.

salue l’alignement sur l’accord de Paris pour les contreparties et attend sa complète mise en œuvre; demande à nouveau que les intermédiaires financiers, et pas uniquement les entreprises clientes, mettent en place des plans de décarbonation dans les meilleurs délais et d’ici la fin de l’année 2025 au plus tard; souligne que ces nouvelles obligations ne doivent pas empêcher les PME d’accéder aux financements; demande que l’accent soit mis sur des plans de décarbonation réalistes à court terme; demande que ces plans et objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre soient strictement mis en œuvre et qu’ils fassent l’objet d’une évaluation pour s’assurer qu’ils peuvent être inclus dans les clauses des contrats conclus entre la BEI et ses clients; attend de la BEI qu’elle contrôle et s’assure systématiquement du respect des règles, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre du CDES;

15.

se félicite de l’augmentation des investissements dans l’énergie réalisés par la BEI en Europe, qui sont passés de 10 milliards d’EUR en 2018 à plus de 14 milliards d’EUR en 2021; invite la BEI, compte tenu de l’évolution récente de la situation géopolitique, à accélérer et à augmenter les investissements dans la sécurité énergétique de l’Union et réaffirme que l’amélioration de la sécurité énergétique de l’Union est compatible avec le rôle de banque du climat joué par la BEI ainsi qu’avec l’objectif de réduction de la précarité énergétique, problème particulièrement pressant en raison de la hausse rapide des prix de l’énergie et des carburants; invite une nouvelle fois la BEI à mettre pleinement en œuvre le principe d’efficacité énergétique et à se donner pour objectif de lutter contre la précarité énergétique dans tous ses prêts dans le secteur de l’énergie; réaffirme son soutien à la politique de prêt de la BEI dans le secteur de l’énergie définie en 2019; invite la BEI à accorder la priorité au financement d’investissements dans les énergies renouvelables et la sécurité énergétique, ce qui permettra d’accroître l’indépendance de l’Union à l’égard des pays tiers; invite la BEI à augmenter le volume de prêts pour de tels projets afin de contribuer à une réduction rapide de la dépendance vis-à-vis des importations d’énergie et de matières premières en provenance de Russie et d’autres pays tiers;

16.

salue le plan de la BEI pour l’adaptation climatique ainsi que son engagement à faire passer la part de l’action climatique destinée à l'adaptation à 15 % de l’objectif global en faveur du climat d’ici 2025; demande à nouveau l’application de méthodes d’examen harmonisées pour l’évaluation des risques climatiques physiques de toutes les activités de prêt de la BEI, y compris celles réalisées par des intermédiaires financiers;

17.

rappelle, compte tenu du prochain examen à mi-parcours de la politique de prêt dans le secteur de l’énergie, la déclaration faite par le président Hoyer lors de la conférence de presse annuelle du groupe BEI le 27 janvier 2022: «Notre mission, nous le croyons fermement, est de nous consacrer en priorité à la durabilité et à la réalisation des objectifs de l’accord de Paris, en employant pour cela les moyens d’une institution d’investissement sur le long terme. […] Je ne constate donc pas de changement concernant notre politique de prêt dans le secteur de l’énergie»; invite la BEI à respecter les recommandations de la plateforme sur la finance durable et à cesser de financer les actifs et les activités délaissés qui sont incompatibles avec les objectifs du pacte vert pour l’Europe et les stratégies de l’Union qui s’y rapportent; invite la BEI à privilégier tout particulièrement les investissements dans des projets destinés à accroître la sécurité de l’approvisionnement énergétique grâce à la diversification des sources et des fournisseurs d’énergie ainsi que par la réduction de la dépendance de l’Union à l’égard d’énergie provenant de pays tiers; encourage la BEI à coopérer avec les autorités locales et régionales et à faciliter le financement de projets à plus petite échelle, dont les initiatives communautaires qui privilégient des sources d’énergie renouvelables; invite la BEI à faire en sorte que ses investissements dans le logement social abordable, qu’il convient de saluer, contribuent également à améliorer l’efficacité énergétique;

18.

déplore le retard pris dans l’examen de la politique de prêt dans le secteur des transports; attend l’élaboration d’une proposition pleinement conforme aux objectifs de l’accord de Paris, tout en veillant à ce que l’objectif d’une hausse de 1,5 oC reste réalisable, comportant une définition du rôle de la BEI dans la décarbonation de la mobilité tout particulièrement axée sur la transition au niveau des entreprises; espère que les prêts de la BEI auront pour effet de réduire les incidences des transports sur l’environnement tout en améliorant la qualité et le caractère abordable des services proposés et espère qu’aucun nouveau prêt faisant obstacle à la décarbonation des transports ou à la transition vers une mobilité à émission nulle plus durable et plus abordable ne sera accordé; souligne le risque élevé que font peser les actifs délaissés dans le secteur des transports; estime qu’un financement plus important devrait être consacré à la mobilité à émission nulle, en particulier au vélo ainsi qu’au développement et à la modernisation des transports publics, aux services multimodaux, notamment dans le cadre de projets d’aménagement urbain durable, et à l’amélioration des services de transport pour les communautés et les localités mal desservies; demande un financement plus important en vue de la décarbonation du secteur maritime;

Biodiversité et durabilité

19.

se félicite de la mise à jour de la norme 4 du CDES, avec notamment l’inclusion du principe visant à «enrayer et inverser la perte de biodiversité» et la limitation des compensations en particulier dans les zones riches en biodiversité, et appelle à sa mise en œuvre rigoureuse; salue les efforts visant à renforcer l’évaluation des risques et la vigilance relatifs à la biodiversité grâce à l’outil d’évaluation intégrée de la biodiversité; espère que les données utilisées ont été actualisées; est toutefois préoccupé par l’utilisation de données caduques; attend de la BEI qu’elle respecte les articles 11 et 191 du traité FUE, qu’elle cesse de verser des fonds et qu’elle les récupère si nécessaire, si l’existence d’un risque grave d’incidence négative sur le climat, l'environnement ou les communauté locales est formellement établie, notamment grâce à des analyses de l’incidence sur l’environnement;

20.

rappelle l’objectif de la stratégie de l’Union en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030, à savoir débloquer au moins 20 milliards d’EUR par an pour protéger la nature; souligne que la société dans son ensemble bénéficie de la restauration de la nature, laquelle est essentielle pour de très nombreux secteurs économiques, et que la coopération des États membres avec la BEI et d’autres institutions financières peut s’avérer capitale pour remédier au déficit de financement; reconnaît les difficultés rencontrées et les progrès réalisés dans la mise en œuvre du mécanisme de financement du capital naturel; demande à nouveau que le mécanisme ou tout instrument qui lui succéderait prévoie d'accorder des subventions, en s’inspirant du modèle du mécanisme pour une transition juste, afin de soutenir le développement initial des projets locaux et de les aider à générer des revenus; demande la réalisation d’une évaluation publique indépendante s’inscrivant dans une analyse plus large du soutien à la restauration des écosystèmes et de la biodiversité; relève que de nouveaux instruments doivent remplacer le mécanisme de financement du capital naturel au titre du cadre financier pluriannuel 2021-2027; invite donc instamment la BEI à exclure de ces nouveaux instruments les projets de compensation en faveur de la biodiversité dans les zones protégées et les zones riches en biodiversité;

21.

fait observer que l’Ukraine et la Russie sont d’importants producteurs de cultures alimentaires, notamment de blé, de maïs et d’orge; constate que la guerre a de graves incidences sur le secteur agricole ukrainien; fait également observer que la Russie et la Biélorussie sont de grands producteurs d’engrais; déplore les importantes répercussions que la guerre risque d’avoir sur les chaînes d’approvisionnement transfrontières, sur le prix des denrées alimentaires et des engrais, sur le caractère abordable des denrées alimentaires dans l’Union et sur la sécurité alimentaire et le caractère abordable des denrées alimentaires dans le monde; encourage la BEI à favoriser, grâce à ses opérations, la réalisation des objectifs définis dans le pacte vert pour l’Europe, la stratégie «De la ferme à la table» et la stratégie en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030, ainsi que dans toutes les réglementations européennes pertinentes et futures relatives aux produits «zéro déforestation» et à la restauration découlant de ces stratégies; invite la BEI à ne pas soutenir les activités qui freinent le passage à une agriculture totalement durable ou les projets de gestion des ressources naturelles qui ne respectent pas les capacités de la planète; invite la BEI à ne soutenir aucune forme d’agriculture industrielle ou de pratiques agricoles ne respectant pas les normes de bien-être animal de l’Union figurant dans la recommandation du Parlement européen du 20 janvier 2022 à l'intention du Conseil et de la Commission à la suite de l’enquête sur les allégations d’infraction et de mauvaise administration dans l’application du droit de l’Union en ce qui concerne la protection des animaux pendant le transport, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Union (7);

22.

demande à nouveau à la BEI d’appuyer, dans le cadre de ses nouvelles opérations, les objectifs de la stratégie de l’Union pour la durabilité dans le domaine des produits chimiques en stimulant l’innovation en faveur de substances chimiques, matériaux et produits sûrs et durables dès la conception, le plan d’action en faveur de l’économie circulaire s’appuyant sur des cycles de matériaux non toxiques et le plan d’action «zéro pollution» concernant l’eau, l’air et les sols; se félicite du doublement du budget de l’initiative Clean Oceans (passant de 2 à 4 milliards d’EUR d’ici 2025) en vue de réduire les déchets plastiques; souligne qu’il faudrait privilégier les projets visant à développer des alternatives durables aux plastiques à usage unique; invite la BEI à ne pas financer l’exploitation minière en haute mer et à ne pas y contribuer de quelque manière que soit; salue la décision de la BEI de fournir une assistance technique et de financer des projets allant dans le sens de l’engagement mondial en faveur de la réduction des émissions de méthane;

23.

salue la poursuite de l’émission multidevises d’obligations climatiquement responsables et d’obligations pour le développement durable; salue également l’engagement de s’aligner sur la norme des obligations vertes européennes et sur toute future «norme relative à des obligations sociales», d’améliorer tout particulièrement la transparence et d’améliorer les rapports d’impact et d'affectation des obligations; souligne qu’aucune des mesures prises ne doit conduire à un abaissement des normes;

Responsabilité sociale, santé et égalité des genres

24.

salue l’inscription des droits des travailleurs dans la norme 8 du CDES et demande qu’elle soit strictement mise en œuvre; invite la BEI à veiller à ce que les droits des travailleurs soient mieux pris en compte dans ses opérations grâce à l’inclusion de clauses contractuelles obligeant les promoteurs à évaluer les risques en rapport avec la main-d’œuvre et à faire en sorte que les droits des travailleurs soient pleinement protégés au cours de toute la chaîne d’approvisionnement; invite la BEI à contribuer à une relance inclusive après la pandémie grâce à des investissements dans le secteur social, notamment dans des logements sociaux économes en énergie, l’éducation, la santé et les compétences, et souligne qu'il importe de mettre en place de bonnes conditions d’équité, de sécurité et d’hygiène au travail et de respecter les droits des travailleurs;

25.

se félicite que la BEI ait joué un rôle essentiel en soutenant la réponse de l’Union européenne face à la crise sanitaire; invite la BEI à poursuivre ses investissements destinés à améliorer la résilience du secteur de la santé publique, à contrer les effets négatifs à long terme de la pandémie et à mieux se préparer aux futures pandémies;

26.

fait remarquer que les investissements dans le développement auxquels participent des femmes et qui tiennent compte des besoins de celles-ci sont plus efficaces et plus durables; invite la BEI à contribuer à la pleine mise en œuvre des engagements de l’Union en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes, et notamment du troisième plan d'action sur l'égalité entre les hommes et les femmes, en recueillant systématiquement des données ventilées par sexe et en les publiant; prie instamment la BEI d’évaluer les incidences des projets sur l’égalité entre les hommes et les femmes au sein et en dehors de l’Union et de communiquer les résultats de ses évaluations; estime qu’il convient de recueillir des données sur les projets afin de démontrer en quoi ils contribuent à l’égalité entre les hommes et les femmes et à l’autonomisation des femmes; prie instamment la BEI d’évaluer les incidences des projets sur l’égalité entre les hommes et les femmes et de se concerter à cette fin avec des experts indépendants; invite la BEI à veiller à ce que ses services de conseil et d’assistance technique soient en mesure de favoriser l’égalité entre les hommes et les femmes et le développement inclusif, notamment en disposant de l’expertise nécessaire, en particulier en matière de formation; souligne la nécessité d’accroître les prêts accordés aux PME dirigées par des femmes afin de promouvoir une relance équitable entre les hommes et les femmes;

27.

regrette que la BEI ne soit pas parvenue à atteindre ses objectifs initiaux pour 2021 en matière de parité hommes-femmes et que les femmes restent sous-représentées aux postes de direction à la BEI; invite donc la BEI à intensifier ses efforts afin d’améliorer la parité hommes-femmes à tous les niveaux de l’organisation;

28.

souligne le rôle de la BEI en tant que contributeur à la réalisation des priorités européennes; attend de la BEI qu’elle soutienne des projets en faveur de la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux, des objectifs de développement durable et des recommandations sociales figurant dans les recommandations par pays au titre du Semestre européen; souligne l’importance du dialogue avec les organisations de la société civile et de la consultation de celles-ci et encourage la BEI à renforcer son engagement à l’égard de ces activités; se félicite des investissements dans l’éducation réalisés par la BEI et demande à nouveau à la BEI de multiplier ses investissements dans l’éducation afin d’atténuer les graves conséquences de la crise du coronavirus sur les systèmes éducatifs du monde entier;

IVCDCI — BEI Monde

29.

fait part de son soutien à BEI Monde et estime que la BEI peut jouer un rôle important en soutenant les intérêts stratégiques de l’Union; rappelle que la portée géographique de la BEI est alignée sur celle de la Banque mondiale; attend des investissements de la BEI dans les pays tiers qu’ils respectent intégralement les normes de l’Union en matière sociale, de climat et de biodiversité qui s’appliquent aux prêts internes à l’Union ainsi que les politiques d'action extérieure de l’Union, y compris les investissements réalisés en tant que partenaire chargé de la mise en œuvre dans le cadre de l’initiative Global Gateway; demande à la BEI de renforcer son engagement dans les pays moins développés et dans les pays qui sont touchés par un conflit ou qui connaissent une extrême pauvreté; demande une transparence intégrale sur les stratégies liées à BEI Monde ainsi qu’une consultation publique à ce sujet portant sur le rôle des pays bénéficiaires et comportant des chapitres spécifiques consacrées au devoir de vigilance en matière de droits de l’homme; demande que l’organe dirigeant et le conseil consultatif de BEI Monde soient tenus de rendre des comptes et d'agir en toute transparence, notamment par la publication préalable des ordres du jour et des procès-verbaux des réunions de son nouveau conseil consultatif; demande que le personnel bénéficie d'une formation appropriée aux questions de développement afin de l’aider à mettre en œuvre la stratégie globale de l’UE et l’initiative Équipe Europe; invite la Commission à préciser le rôle des garanties du Fonds européen pour le développement durable Plus gérées par la BEI et d’autres institutions financières dans le cadre de la mise en œuvre de l’initiative Global Gateway;

30.

rappelle l’engagement général pris par l’Union de défendre et de promouvoir les droits de l’homme, qui sont indivisibles, universels et interdépendants; estime que le CDES est un bon point de départ, mais rappelle une nouvelle fois que des mesures supplémentaires seront nécessaires pour que de nouvelles améliorations voient le jour dans la protection des droits de l’homme et les procédures destinées à prévenir les violations des droits de l'homme; rappelle que la BEI est directement liée par la charte des droits fondamentaux; attire l’attention sur les observations du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme sur le projet de CDES du groupe BEI et prie instamment la BEI d’en tenir pleinement et rapidement compte, en particulier celles qui ont trait au devoir de vigilance en matière de droits de l’homme et à l’intégration des droits de l’homme dans ses procédures de vigilance, aux évaluations de l’impact sur les droits de l’homme et à la nécessité d’inscrire l’engagement général de la BEI envers les droits de l’homme dans une responsabilité de respect des droits de l’homme; demande que ces questions fassent l’objet d’une future déclaration sur les droits de l’homme; se dit fermement convaincu que la BEI ne devrait pas accorder de prêts en cas de représailles avérées à l’égard de défenseurs des droits de l’homme; invite la BEI à tout mettre en œuvre pour protéger les communautés locales, notamment en retirant des financements, le cas échéant; attend par ailleurs une action immédiate lorsqu’un client ou un bénéficiaire effectif prend part à des représailles à l’encontre de défenseurs des droits de l’homme ou de l’environnement; espère que la BEI mettra en œuvre la demande de longue date du Parlement visant à éviter de telles situations, notamment par l’imposition d’obligations contractuelles, et notamment l’obligation d’obtenir le consentement libre, préalable et éclairé des communautés locales, le cas échéant au titre du droit international, y compris pour les projets financés par des intermédiaires financiers; attend de la BEI qu’elle exige de ses clients la réalisation d’évaluations de l'impact de leurs projets sur les droits de l’homme et qu’elle surveille en permanence la mise en œuvre de ces projets sur le terrain afin de prévenir les abus, les expropriations illégales et les violences à l’encontre des populations locales; invite la BEI, à cet égard, à collaborer activement avec les communautés locales et à les informer des droits qui sont les leurs en la matière, en s’attachant tout particulièrement à prévoir un consentement libre, préalable et éclairé et à leur donner accès au mécanisme de traitement des plaintes;

31.

estime que la mise en œuvre de BEI Monde devrait pouvoir compter sur un niveau adéquat de personnel établi en dehors du siège de Luxembourg afin de garantir une présence sur le terrain et une coopération efficace avec le Service européen pour l’action extérieure et ses délégations, étant donné qu’une expertise et un suivi des projets sur place sont essentiels pour aider les communautés locales; demande le renforcement du personnel sur le terrain, notamment en travailleurs locaux, afin de répondre aux besoins locaux au moyen de compétences techniques renforcées, et notamment d’une expertise en matière de droits de l’homme et d’égalité entre les hommes et les femmes; attend la publication d’un plan concret en matière de ressources humaines en 2022 en vue de la mise en œuvre de BEI monde et invite la BEI à renforcer d’urgence les mécanismes de lutte contre la fraude, la corruption et d’autres agissements interdits, notamment dans le cadre de son action de renforcement de sa présence en dehors de l’Union européenne; demande instamment à la BEI de renforcer sa coopération avec les autorités nationales des pays partenaires; rappelle que le siège régional de Nairobi est opérationnel depuis 2019; salue la décision de novembre 2021 de le transformer en nouveau bureau de la BEI à Nairobi, ce qui facilitera la coopération avec les partenaires kényans, africains, mondiaux et d’Équipe Europe, contribuera à mieux refléter les priorités d’investissements privés et publics et renforcera l’expertise en matière d’investissements en faveur de l’action pour le climat, de l’innovation et de la transformation numérique;

32.

insiste sur l’importance de la cohérence, de l’additionnalité et de l’efficacité du financement du développement; invite la BEI, à cet égard, à renforcer sa coopération avec ses principaux partenaires; invite la BEI à faciliter la participation à ses activités de plus petits acteurs du financement du développement; invite également la BEI à s’attacher davantage à attirer les investissements privés et à mobiliser les ressources intérieures des pays les moins développés;

Transparence et gouvernance

33.

rappelle l’objectif général consistant à publier les informations relatives aux projets trois semaines avant leur approbation par le conseil d’administration de la BEI; se dit préoccupé par la baisse de transparence, notamment en ce qui concerne la publication en temps utile des informations relatives aux projets; rappelle qu’en 2010, 96,1 % des projets étaient publiés trois semaines avant leur approbation par le conseil d’administration, mais que cette proportion a chuté à 60 % seulement en 2020; relève que, d’après la BEI, cette tendance à la baisse est la conséquence d’une collaboration plus importante de la BEI avec des entreprises du secteur privé; déplore le recours de plus en plus fréquent à des dispositions invoquant le secret des affaires; souligne, dans ce contexte, l’importance particulière à la fois des dispositions invoquant le secret des affaires, notamment pour les PME, et de la transparence, qui est un élément fondamental de protection des principes démocratiques, et notamment des droits de l’homme, et invite la BEI à trouver un équilibre entre les deux sans perdre de vue que les fonds de la BEI sont des deniers publics et qu’ils devraient toujours faire l’objet d'un contrôle public et d’une obligation de rendre compte; demande un renforcement de la transparence et de l’obligation de rendre des comptes, notamment aux institutions de l’Union et en particulier au Parlement; souligne également que certains projets récents ayant nécessité une analyse des incidences sur l’environnement n’ont été publiés qu’après avoir été approuvés; rappelle en outre que la meilleure règle à suivre en ce qui concerne les investisseurs privés est de publier tous les projets au moins 30 jours avant leur approbation et que la Société financière internationale (un des membres du groupe de la Banque mondiale), qui ne finance que des projets dans le secteur privé, publie ses analyses des incidences sur l’environnement 60 jours avant l’adoption de ses décisions de financement; rappelle que les sociétés cotées en bourse sont soumises aux réglementations des marchés financiers, qui comportent des dispositions sur le partage des informations; rappelle les recommandations récentes de la Médiatrice européenne, qui soulignent la nécessité, pour la BEI, d'adopter «une approche plus ambitieuse de sa politique de diffusion des informations», d’agir conformément au droit de l’Union en matière de transparence et d’être plus transparente à propos des incidences potentielles sur l’environnement des projets qu’elle finance; prie instamment la BEI de mettre en œuvre ces recommandations dans les meilleurs délais;

34.

demande une nouvelle fois qu’un accord interinstitutionnel soit conclu entre le Parlement et la BEI afin d’améliorer l’accès aux documents et aux données de la BEI et de renforcer la responsabilité démocratique, y compris la possibilité d’adresser des questions avec demande de réponse écrite à la BEI et l’organisation d’auditions et de dialogues économiques;

35.

invite la BEI à rendre davantage compte au Parlement de ses décisions, des progrès accomplis et de l’incidence de ses activités de prêt, notamment au moyen de dialogues structurés réguliers;

36.

estime que la nouvelle politique de transparence constitue une occasion manquée; invite la BEI à s’interroger sur les critiques qui lui sont adressées et regrette que la BEI ait partiellement ignoré les demandes explicites, formulées par le Parlement, d’améliorer sa politique de transparence afin que celle-ci soit conforme aux meilleures pratiques et normes d’autres institutions financières; salue la publication de déclarations relatives à l'additionnalité et à l’impact des opérations de la BEI au titre de son cadre de mesure de l’additionnalité et de l’impact; déplore que la nouvelle politique ne contienne que des avancées mineures en matière de publication préalable, y compris pour les projets de plus de 50 millions mis en œuvre par des intermédiaires financiers, alors que les opérations de la BEI doivent se fonder sur le «principe de diffusion des informations» pour remplir sa mission de banque publique de l’Union européenne; constate que la nouvelle politique n’oblige pas la BEI à publier au préalable des informations sur la sélection des projets, et notamment des informations relatives au devoir de vigilance, avant la décision du conseil d’administration de la BEI, contrairement à ce qui se fait au sein des institutions financières internationales; se dit également préoccupé par les dérogations qui s’appliquent à l'accès aux documents pour des raisons de protection des intérêts commerciaux de tiers ou en raison de dispositions de la directive sur les abus de marché (8); déplore en outre que la politique ne prévoie pas la publication en temps utile des procès-verbaux du conseil d’administration et du comité de direction; demande de remédier d’urgence à ces lacunes; demande que la politique de transparence s’aligne sur celle de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement en ce qui concerne la communication obligatoire d’informations de la part des intermédiaires de projets présentant des risques élevés pour l’environnement et demande une nouvelle fois que les obligations de transparence alignées sur celles de l’hydroélectricité soient étendues à tous les projets d’infrastructure, y compris ceux financés par des intermédiaires financiers;

37.

demande, à cet égard, l’application d’une norme ambitieuse aux intermédiaires financiers reposant sur des normes rigoureuses en matière de fiscalité, de transparence et d’environnement et en matière sociale; invite la BEI à modifier sans tarder son modèle de clauses contractuelles relatives à l’environnement et, par conséquent, à modifier les contrats conclus avec des intermédiaires financiers en définissant les obligations afférentes aux informations environnementales devant être recueillies et publiées; souligne toutefois que ces nouvelles obligations ne doivent pas empêcher les PME d’accéder aux financements;

38.

prend acte de la mise à jour du code de conduite et salue le renforcement des règles régissant les conflits d’intérêts et l’engagement pris de procéder à un examen périodique; regrette que, malgré les demandes répétées, aucune disposition n’empêche les vice-présidents d’avoir un droit de regard sur les opérations se déroulant dans leur pays d’origine et insiste pour que cet aspect soit réglé lors du prochain examen;

39.

se dit particulièrement inquiet de l’absence de dialogue social à la BEI, notamment pour régler les problèmes ayant trait au harcèlement, à l’environnement de travail et aux conditions de travail; attend de la direction de la BEI qu’elle ne tolère aucune faute, quelle qu’en soit la forme, et qu’elle procède d’urgence aux changements nécessaires pour les empêcher; prie instamment la direction de la BEI d’instaurer un véritable dialogue avec les membres du personnel afin de régler leurs problèmes, de favoriser la confiance et d’instaurer une culture de la responsabilité; encourage la banque à organiser des enquêtes et des consultations auprès de son personnel;

40.

demande à la Commission de publier les justifications de l’avis qu’elle a publié en application de la procédure prévue à l’article 19;

Tolérance zéro vis-à-vis de la fraude

41.

prend acte de la nouvelle politique de lutte contre la fraude et souligne l’importance d’une coopération inclusive pour l’élaboration des principaux outils d’application de cette politique; craint que la politique de lutte de la BEI contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ne permette pas de combler d’importantes déficiences, notamment l’inclusion des exigences de la quatrième directive de l’Union relative à lutte contre le blanchiment (9), et en particulier la publication des vérifications effectuées pour s'informer sur le client avant d’approuver tout projet; déplore également l’absence d’amélioration concernant les normes de transparence, notamment en subordonnant l’octroi de prêts directs et indirects à la publication par les bénéficiaires de données fiscales et comptables des bénéficiaires et des intermédiaires financiers participant aux opérations de financement; regrette que la BEI n’ait pas commandé d’audits indépendants de l’application qu’elle fait des normes de lutte contre le blanchiment de capitaux; attend de la BEI qu’elle s’aligne sur le cadre réglementaire et les pratiques en constante évolution de l’Union en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme afin qu’elle puisse empêcher effectivement toute participation à des agissements interdits et adopter des mesures correctives, notamment en excluant les entités, en recouvrant les fonds ou en se prévalant d’autres voies de recours de nature contractuelle et légale;

42.

invite la BEI à s’engager à renforcer sa politique de lutte contre la fraude et l’évasion fiscales, notamment en s’abstenant de financer des bénéficiaires ou des intermédiaires financiers et de coopérer avec des partenaires financiers qui présentent des antécédents négatifs avérés; invite la BEI à appliquer des mesures de prévention et à réaliser des évaluations fiscales régulières à l’encontre des juridictions non coopératives en matière fiscale, contre la fraude fiscale ainsi que contre les pratiques agressives d'évasion fiscale et contre toute autre pratique fiscale illicite; invite la BEI à inclure dans les contrats qu'elle conclut avec ses clients une clause spécifique subordonnant l’octroi de prêts directs et indirects à la publication par les bénéficiaires de données fiscales et comptables pays par pays et à la communication d’informations relatives à la propriété effective en ce qui concerne les bénéficiaires et les intermédiaires financiers participant à des opérations de financement; demande au Groupe BEI d’aligner sa politique vis-à-vis des juridictions faiblement réglementées, non transparentes et non coopératives et relative à la bonne gouvernance fiscale sur les évolutions réglementaires aux niveaux international et européen en matière d’intégrité fiscale ainsi que sur les normes et politiques de bonne gouvernance fiscale; souligne que la coopération internationale est un facteur déterminant pour lutter efficacement contre la fraude, la corruption et tout autre agissement interdit; demande à la BEI de transmettre les cas présumés d’agissements interdits aux autorités d’États membres ou de pays tiers afin qu’ils fassent l’objet d’une enquête plus poussée et de poursuites pénales et de fournir à ces autorités l’assistance qu’elles demandent;

43.

demande à nouveau que, dans les cas où de possibles violations de la législation concernée ont été signalées aux autorités locales et/ou lorsque celles-ci ont engagé des procédures judiciaires, le financement soit suspendu au moins jusqu’à la conclusion des enquêtes et des procédures judiciaires lancées au niveau national;

44.

rappelle que la Commission a demandé à la BEI de lui communiquer davantage d’informations sur l’application effective des clauses contractuelles lui permettant d’arrêter ou de retirer le financement et espère que le Parlement pourra accéder sans restriction à ces informations; attend un suivi rigoureux tenant pleinement compte des préoccupations exprimées par les parties prenantes et par les intéressés, notamment celles qui ont trait aux violations des droits de l’homme et de l’état de droit;

45.

demande à nouveau à la BEI de renforcer l’autonomie et l’efficacité du bureau chargé du mécanisme de traitement des plaintes et de la division «Enquêtes sur les fraudes»; se dit préoccupé par le fait qu’à une occasion au moins, un rapport du mécanisme de traitement des plaintes de la BEI ait explicitement conclu que les normes de la BEI en matière environnementale et sociale avaient été violées; se félicite dès lors qu’à la suite d’un rapport du mécanisme de traitement des plaintes, la banque ait pris des mesures pour suspendre tout versement; estime néanmoins qu’il faut en tirer les enseignements en termes d’amélioration de l’examen de la conformité des projets par rapport aux propres politiques de la banque et en termes d’information du public à propos des projets; recommande que pour les projets complexes, la banque fasse appel à des experts de la situation environnementale et sociale locale afin d’analyser les projets plus en détail et de mieux saisir leur contexte spécifique; invite également la BEI à veiller à ce que les règles soient respectées pendant toute la durée du cycle du projet et, lorsqu’elles ne sont pas respectées, à corriger la situation soit en adoptant immédiatement des mesures correctives effectives et réelles, soit en mettant rapidement fin au projet; se dit préoccupé par le fait que, lorsqu’un projet est susceptible de donner lieu à un conflit d’intérêt, les modalités d'atténuation du préjudice causé ne soient toujours pas clairement établies; demande à la BEI de s’engager à consolider sa culture de la transparence en renforçant encore le caractère éthique de la représentation d’intérêts, notamment en mettant en place un registre de transparence dans lequel les membres du comité de direction doivent déclarer les réunions qu’ils ont avec des représentants d’intérêts; presse en outre la BEI d’éviter qu’au terme d’un mandat, de nouvelles fonctions ne soient occupées sans période de battement suffisante, ce à quoi il convient de veiller en tenant dûment compte des recommandations récentes de la Médiatrice européenne à l’intention de l’Autorité bancaire européenne et de l’Agence européenne de défense, car cela présente un risque non seulement pour la réputation de la BEI, mais aussi pour son indépendance;

46.

se félicite de l’accord de travail conclu avec le Parquet européen et demande sa mise en œuvre pleine et rigoureuse, notamment en ce qui concerne la communication d’informations;

47.

salue la signature de l’accord de travail entre la BEI et Europol en date du 29 octobre 2021, dont le but est de faciliter l’échange d’informations et d’expertise dans la lutte contre la fraude et la corruption; espère que cet accord sera pleinement mis en œuvre;

48.

demande à nouveau à la BEI de renforcer ses relations avec la Médiatrice européenne et l’Office européen de lutte antifraude;

49.

salue le nouvel accord tripartite entre la Cour des comptes européenne, la BEI et la Commission, qui renforce les droits de vérification, par la Cour des comptes, des recettes et des dépenses de l’Union gérées par la BEI tout en respectant les dispositions relatives à la confidentialité des données; observe cependant que les données relatives aux activités des fonds propres de la BEI ne relèvent pas du champ d’application et du mandat des contrôles effectués par la Cour des comptes;

o

o o

50.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission et à la Banque européenne d’investissement.

(1) JO C 270 du 7.7.2021, p. 2.

(2) JO L 107 du 26.3.2021, p. 30.

(3) JO L 231 du 30.6.2021, p. 1.

(4) JO L 274 du 30.7.2021, p. 1.

(5) JO L 209 du 14.6.2021, p. 1.

(6) JO C 270 du 7.7.2021, p. 113.

(7) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2022)0015.

(8) Directive 2014/57/UE du Parlement européen et du Conseil du 16 avril 2014 relative aux sanctions pénales applicables aux abus de marché (JO L 173 du 12.6.2014, p. 179).

(9) Directive (UE) 2015/849 du Parlement européen et du Conseil du 20 mai 2015 relative à la prévention de l’utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux ou du financement du terrorisme (JO L 141 du 5.6.2015, p. 73).


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