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Initiative législative — 52022IP0300

CELEX52022IP0300
TypeInitiative législative
Datejeudi 7 juillet 2022

Texte intégral

7.2.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 47/236


P9_TA(2022)0300

Protection des intérêts financiers de l'UE — lutte contre la fraude — rapport annuel 2020

Résolution du Parlement européen du 7 juillet 2022 sur la protection des intérêts financiers de l’Union européenne — lutte contre la fraude — rapport annuel 2020 (2021/2234(INI))

(2023/C 47/20)

Le Parlement européen,

—

vu l’article 310, paragraphe 6, et l’article 325, paragraphe 5, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE),

—

vu ses précédentes résolutions sur les rapports annuels de la Commission et de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF),

—

vu le rapport de la Commission du 20 septembre 2021 intitulé «32 rapport annuel sur la protection des intérêts financiers de l’Union européenne — Lutte contre la fraude — 2020» (COM(2021)0578),

—

vu le rapport 2020 de l’OLAF (1) et le rapport annuel du comité de surveillance de l’OLAF pour 2020 (2),

—

vu l’avis du comité de surveillance de l’OLAF no 1/2021, de janvier 2021, concernant les recommandations de l’OLAF non suivies par les autorités compétentes,

—

vu le rapport annuel 2021 du Parquet européen,

—

vu le rapport annuel de la Cour des comptes européenne sur l’exécution du budget de l’UE et les activités relevant des 8e, 9e, 10e et 11e Fonds européens de développement (FED) relatif à l’exercice 2020, accompagné des réponses des institutions,

—

vu la publication de la Cour des comptes européenne intitulée «L’audit 2020 de l’UE en bref. Présentation des rapports annuels de la Cour des comptes européenne relatifs à l’exercice 2020»,

—

vu le règlement (UE, Euratom) no 883/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 11 septembre 2013, relatif aux enquêtes effectuées par l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) (3),

—

vu le règlement (UE, Euratom) 2020/2223 du 23 décembre 2020 modifiant le règlement (UE, Euratom) no 883/2013 en ce qui concerne la coopération avec le Parquet européen et l’efficacité des enquêtes de l’Office européen de lutte antifraude (règlement OLAF) (4),

—

vu la directive (UE) 2019/1937 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2019 sur la protection des personnes qui signalent des violations du droit de l’Union (5),

—

vu le rapport spécial no 01/2019 de la Cour des comptes européenne intitulé «Dépenses financées par l’UE: des mesures s’imposent pour lutter contre la fraude»,

—

vu le rapport de la Commission de septembre 2021 intitulé «Rapport 2021 sur l’écart de TVA»,

—

vu la directive (UE) 2017/1371 du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2017 relative à la lutte contre la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union au moyen du droit pénal (directive PIF) (6),

—

vu le rapport de la Commission du 6 septembre 2021 sur la mise en œuvre de la directive (UE) 2017/1371 du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2017 relative à la lutte contre la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union au moyen du droit pénal (COM(2021)0536),

—

vu le règlement (UE) 2017/1939 du 12 octobre 2017 mettant en œuvre une coopération renforcée concernant la création du Parquet européen (règlement sur le Parquet européen) (7),

—

vu la décision (UE) 2019/1798 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2019 portant nomination du chef du Parquet européen (8),

—

vu la communication de la Commission du 14 décembre 2020 relative à l’examen de l’Union européenne prévu par le mécanisme d’examen de l’application de la convention des Nations unies contre la corruption (CNUCC) (COM(2020)0793),

—

vu la communication de la Commission du 30 septembre 2020 intitulée «Rapport 2020 sur l’état de droit — La situation de l’état de droit dans l’Union européenne» (COM(2020)0580),

—

vu la décision (UE, Euratom) 2020/2053 du Conseil du 14 décembre 2020 relative au système des ressources propres de l’Union européenne (9),

—

vu le règlement (UE, Euratom) 2020/2092 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2020 relatif à un régime général de conditionnalité pour la protection du budget de l’Union (10),

—

vu la communication de la Commission du 29 avril 2019 intitulée «Stratégie antifraude de la Commission: action renforcée pour protéger le budget de l’Union européenne»(COM(2019)0196),

—

vu le règlement (UE) no 250/2014 du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 établissant un programme pour la promotion d’actions dans le domaine de la protection des intérêts financiers de l’Union européenne (programme «Hercule III») (11),

—

vu le rapport de la Commission du 16 décembre 2021 intitulé «Évaluation à mi-parcours du règlement (UE) no 250/2014 du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 établissant un programme pour la promotion d’actions dans le domaine de la protection des intérêts financiers de l’Union européenne (programme “Hercule III”) et abrogeant la décision no 804/2004/CE, COM(2021)0809 final»,

—

vu le règlement (UE) 2021/785 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2021 établissant le programme de l’Union en matière de lutte contre la fraude (12),

—

vu la communication de la Commission du 14 avril 2021 relative à la stratégie de l’UE visant à lutter contre la criminalité organisée 2021-2025 (COM(2021)0170),

—

vu sa recommandation du 17 février 2022 au Conseil et au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité concernant la corruption et les droits de l’homme (13),

—

vu les conclusions de l’avocat général du 9 septembre 2021 dans l’affaire C-213/19, Commission européenne/Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord (14),

—

vu l’arrêt rendu le 8 mars 2022 par la Cour (grande chambre) dans l’affaire C-213/19, Commission européenne/Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord (15),

—

vu l’arrêt rendu par le Tribunal le 1er septembre 2021 dans l’affaire T-517/19, Andrea Homoki/Commission européenne (16),

—

vu l’article 54 de son règlement intérieur,

—

vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A9-0175/2022),

A.

considérant que, de droit, les États membres et la Commission partagent la responsabilité de protéger les intérêts financiers de l’Union et de lutter contre la fraude et la corruption et doivent coopérer étroitement à cette fin; que, de facto, les autorités des États membres gèrent environ les trois quarts des dépenses du budget de l’Union et perçoivent les ressources propres traditionnelles (RPT) de l’Union;

B.

considérant que la Commission doit assumer les responsabilités qui lui incombent dans le cadre de la gestion partagée en matière de surveillance, de contrôle et d’audit;

C.

considérant que, conformément à l’article 83 du traité FUE, la corruption figure parmi les formes de criminalité particulièrement graves revêtant une dimension transfrontière;

D.

considérant que la corruption a pour effet de mettre en péril les intérêts financiers de l’Union et l’ensemble de son économie, qu’elle représente une grave menace pour la démocratie, les droits fondamentaux et l’état de droit en Europe, et qu’elle sape fortement la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques de l’Union et des États membres;

E.

considérant que la diversité des systèmes juridiques et administratifs des États membres nécessite une action adéquate pour mettre fin aux irrégularités et lutter contre la fraude et la corruption;

F.

considérant que la taxe sur la valeur ajoutée est une source importance de recettes pour les budgets nationaux et que les ressources propres basées sur la TVA constituaient 12,3 % des recettes totales de l’Union en 2020;

1.

salue le 32e rapport annuel sur la protection des intérêts financiers de l’Union européenne et la lutte contre la fraude en 2020 (ci-après le «rapport PIF») et se félicite de la nouvelle version graphique adoptée, qui est indéniablement plus accessible aux citoyens de l’Union;

2.

rappelle que 2020 est la dernière année du cadre financier pluriannuel (CFP) 2014-2020, bien que des programmes ne doivent prendre fin qu’en 2023, ainsi que l’année d’adoption du CFP 2021-2027, du plan de relance NextGenerationEU et du mécanisme de conditionnalité liée à l’état de droit;

3.

prend acte du fait que les 26 États membres liés par la directive PIF ont notifié la transposition complète de ses principales dispositions en droit national; note toutefois que le rapport de la Commission sur la mise en œuvre de la directive (UE) 2017/1371 met en évidence les problèmes de conformité qui doivent encore être résolus, y compris certains pour permettre au Parquet européen de mener des enquêtes et des poursuites efficaces; invite la Commission à suivre la situation, à encourager les États membres à résoudre ces problèmes et à en informer l’autorité de décharge;

4.

relève que le rapport PIF met en évidence les risques liés à la pandémie de COVID-19, tant en termes de recettes que de dépenses; note en particulier que la fraude douanière semble avoir touché les États membres de l’Union à des degrés divers; relève, en outre, que le recours à des procédures simplifiées et la moindre qualité des cahiers des charges dans les situations d’urgence présentent des risques pour des marchés publics concurrentiels, notamment en augmentant le risque de conflits d’intérêts et de corruption, en gonflant les coûts ou en réduisant la qualité de la mise en œuvre; relève que le secteur des soins de santé, la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) ainsi que les risques supplémentaires ont fait l’objet d’une attention appropriée;

5.

relève que la COVID-19 est susceptible d’offrir de nouvelles opportunités aux fraudeurs, en raison des risques accrus liés à la gestion de la crise et à l’introduction de procédures simplifiées et d’urgence dans le contexte de la pandémie, lesquelles sont sujettes à des abus; met l’accent, en outre, sur la pression accrue que subissent les autorités chargées de la gestion des fonds de l’Union en raison des retards et des nouveaux facteurs de stress, ce qui pourrait profiter aux fraudeurs, par exemple à travers l’inflation; souligne que tous ces nouveaux risques nécessitent d’adapter les stratégies de contrôle et de mettre l’accent sur la prévention, au moyen de mesures d’atténuation spécifiques et d’actions ciblées pour détecter les irrégularités et les fraudes à venir; invite l’ensemble des États membres à continuer de soumettre les dépenses d’urgence à un niveau élevé de contrôle et de suivi, en particulier dans le contexte des procédures d’urgence; rappelle qu’il importe de parachever la transition vers des procédures de passation en ligne des marchés;

6.

est d’avis qu’il convient de prendre tout particulièrement en considération l’expérience acquise lors de la pandémie de COVID-19 dans le cadre de l’évaluation a posteriori du CFP 2014-2020; invite la Commission à dûment intégrer dans ces évaluations les aspects liés à l’évaluation et à la gestion des risques ainsi que les mesures d’atténuation en ce qui concerne les irrégularités et la fraude, qui font partie intégrante d’une analyse complète de l’efficacité, de la performance, de la cohérence, de la pertinence et de la valeur ajoutée de l’Union, et constituent des enseignements pour les conceptions et réalisations ultérieures; est d’avis qu’il convient de conclure l’évaluation a posteriori du CFP au plus tard avant l’examen à mi-parcours du CFP 2021-2027, afin de tirer les leçons du passé et de mieux se préparer à l’avenir en mettant ces conclusions et ces enseignements au service de l’amélioration du CFP 2021-2027; invite la Commission examiner, dans l’évaluation a posteriori du CFP 2014-2020, dans quelle mesure celui-ci a atteint ses objectifs, la façon dont les dépenses au titre du programme ont contribué aux objectifs de l’Union et des États membres, et dans quelle mesure les fonds de l’Union ont été affectés par la fraude et la corruption au cours de cette période;

7.

rappelle que, au titre du nouveau cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027, associé au plan de relance NextGenerationEU, l’Union se voit attribuer des ressources financières d’un montant sans précédent de 1,8 billion d’euros; souligne qu’un niveau d’attention et de contrôle sans précédent est également nécessaire pour garantir que ces fonds puissent contribuer au mieux aux objectifs communs de l’Union;

8.

souligne la nécessité d’une transparence complète dans la notification des transferts et des prêts prévus dans la cadre de la FRR, et invite la Commission à donner au Parlement un accès intégral à ces informations;

Irrégularités frauduleuses et non frauduleuses détectées

9.

note que le nombre total d’irrégularités frauduleuses et non frauduleuses signalées en 2020 s’élevait à 11 755 au total, pour une valeur d’environ 1,46 milliard d’euros; prend acte de la nouvelle approche adoptée dans le cadre du CFP 2021-2027, qui met l’accent sur la valeur ajoutée de l’Union;

10.

observe que le nombre d’irrégularités détectées signalées comme frauduleuses donne une indication du niveau de détection et de la capacité d’interception des fraudes potentielles par les États membres et les organes de l’Union, et rappelle qu’il n’est pas un indicateur direct du degré de fraude frappant le budget de l’Union ou d’un État membre en particulier; indique que la détection et le signalement d’une irrégularité impliquent que des mesures correctrices ont été prises afin de protéger les intérêts financiers de l’Union et que, le cas échéant, une procédure pénale a été ouverte;

11.

relève le nombre d’irrégularités frauduleuses signalées en 2020 (1 056 cas) et leur valeur financière correspondante (environ 374 millions d’euros); note que le nombre d’irrégularités frauduleuses détectées varie considérablement d’un État membre à l’autre; rappelle que ces chiffres attestent du résultat des efforts déployés par les États membres pour lutter contre la fraude et d’autres activités illégales, et qu’ils ne devraient pas être interprétés comme une indication du niveau de fraude dans les États membres; se dit préoccupé par la diversité des approches adoptées par les États membres en matière de droit pénal pour protéger le budget de l’Union; exhorte la Commission à remédier à ces incohérences entre les pratiques des États membres et à envisager l’introduction de nouvelles mesures d’harmonisation;

12.

observe que le nombre de cas signalés en 2020 par rapport à la moyenne sur cinq ans (2016-2020) a diminué tant pour les irrégularités frauduleuses que pour les irrégularités non frauduleuses liées aux recettes de l’Union, et que la valeur financière correspondante a augmenté pour les irrégularités frauduleuses, mais a diminué pour les irrégularités non frauduleuses;

13.

prend en considération le fait que le nombre d’irrégularités non frauduleuses enregistrées en 2020 (10 699 cas, dont 6 696 concernaient des dépenses) était inférieur à celui des années précédentes, et que le recul de la détection et de la notification dans certains domaines de dépenses ne peut être aisément expliqué et est préoccupant; relève que la valeur financière totale de ces cas s’élève à environ 1,09 milliard d’euros;

14.

souligne que la forte diminution du nombre total d’irrégularités signalées ne saurait être considérée en soi comme un signe d’amélioration ou de détérioration, mais devrait être analysée à l’aune des nouveaux défis émergents, en lien avec les nouvelles manières de gérer et de dépenser les fonds de l’Union;

15.

note que la fraude exerce un attrait croissant sur la criminalité organisée (17); regrette que de nombreux États membres ne disposent pas d’une législation spécifique permettant de lutter efficacement contre la criminalité organisée, notamment de type mafieux, qui ne cesse de se développer, en particulier en ce qui concerne les activités transfrontalières;

16.

est d’avis que les infractions commises par des fonctionnaires d’État portent considérablement atteinte aux intérêts financiers de l’Union, où sont susceptibles de leur porter atteinte, et qu’un cadre anticorruption global et performant est donc nécessaire dans les États membres;

Recettes — fraude aux ressources propres

17.

observe qu’en 2020, 451 irrégularités ont été signalées en tant que fraude liée aux recettes, soit 9 % de moins que la moyenne des cas signalés par an pour la période 2016-2020; relève, en outre, que le montant des RPT estimé et constaté (108 millions d’euros) en 2020 était supérieur de 6 % au montant moyen estimé et constaté pour chaque année en 2016-2020; constate que la plupart des cas signalés en 2020 comme frauduleux ou non frauduleux et portant atteinte aux recettes de l’Union concernaient la sous-évaluation, le classement erroné ou la mauvaise description des marchandises, ou encore la contrebande; constate, en outre, que les inspections effectuées par les services antifraude nationaux ont été la méthode la plus efficace pour détecter la fraude et qu’elles ont dépassé les contrôles a posteriori et les contrôles de mainlevée pour détecter la fraude aux droits de douane;

18.

souligne qu’en 2020, 4 003 irrégularités ont été détectées et signalées comme non frauduleuses, soit 9 % de moins que le nombre moyen communiqué chaque année en 2016-2020, et que le montant total estimé et constaté de RPT (382 millions d’euros) était inférieur de 8 % au montant moyen estimé et constaté pour chaque année en 2016-2020;

19.

note, selon le rapport relatif à l’écart de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 2021, que l’écart de TVA s’est réduit en 2019 pour s’établir à 134 milliards d’euros en termes nominaux (soit une diminution de près de 6,6 milliards d’euros par rapport à 2018); relève également que l’étude fournit des estimations rapides pour l’année 2020 qui ne concernent que 18 États membres, du fait des changements significatifs des régimes et structures fiscaux des économies depuis le début de la pandémie, ce qui signifie qu’il n’est pas encore possible de déterminer si l’écart de TVA à l’échelle de l’Union diminuera ou augmentera en 2020; note que les analyses économétriques ont confirmé que l’écart de TVA est influencé par un ensemble de facteurs identifiés dans le cadre du contrôle des administrations fiscales, parmi lesquels la part des dépenses dans les technologies de l’information (TI) et l’application d’obligations supplémentaires d’information pour le contribuable, qui se sont avérées avoir la signification statistique la plus élevée pour expliquer l’ampleur de l’écart de TVA;

20.

conclut, sur la base des variations des taux de détection annuels, que les autorités douanières des États membres n’ont pas toutes subi de la même manière la pandémie de COVID-19;

21.

invite les États membres à évaluer les risques et les lacunes de leur stratégie nationale de contrôle douanier respective, dans l’objectif d’améliorer la flexibilité des contrôles douaniers et de réduire l’impact potentiel de futurs événements imprévus; demande à la Commission d’aider les États membres à veiller à la mise en œuvre de contrôles uniformes au sein de l’Union;

22.

relève qu’en 2020, les chaussures, les textiles, les véhicules, ainsi que les machines et équipements électriques étaient les types de marchandises les plus touchés par la fraude et les irrégularités pour ce qui est du nombre de cas et de la valeur monétaire, et que la plupart des cas concernaient la sous-évaluation, le classement erroné ou la mauvaise description des marchandises ou la contrebande;

23.

prend acte de l’avis de l’avocat général du 9 septembre 2021 concernant la procédure engagée par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) contre le Royaume-Uni pour fraude présumée à la sous-évaluation concernant des textiles et des chaussures importés de Chine via le Royaume-Uni, sur la base des enquêtes menées par l’OLAF et par la gestion des ressources propres de la Commission; prend acte de l’arrêt de la Cour du 8 mars 2022 déclarant que le Royaume-Uni a manqué à ses obligations en n’ayant appliqué aucune mesure de contrôle douanier efficace et en n’ayant pas mis à la disposition de la Commission le montant correct des ressources propres traditionnelles relatives aux importations concernées;

24.

relève que la CJUE a partiellement rejeté le calcul de la Commission en raison d’importantes incertitudes en ce qui concerne l’exactitude des montants des ressources propres que celle-ci réclame, et que la Commission n’a pas démontré à suffisance de droit l’intégralité de ceux-ci; note que la CJUE a approuvé la méthode utilisée par la Commission lors de l’estimation des montants des pertes de RPT pour une partie de la période d’infraction, et qu’elle a déclaré qu’il incombait à la Commission de recalculer les pertes de ressources propres de l’Union restant dues; invite la Commission à expliquer à l’autorité de décharge en quoi consistaient les erreurs de calcul, la façon dont elle entend remédier à suffisance de droit à l’erreur dans le calcul des pertes et à informer l’autorité de décharge du résultat des nouveaux calculs;

25.

relève que, ces cinq dernières années, le taux annuel de recouvrement a varié entre 52 % et 71 % et que le taux de recouvrement pour les cas signalés en 2020 est actuellement d’environ 71 %; note toutefois que les taux de recouvrement varient entre les États membres, en raison de facteurs tels que le type de fraude ou d’irrégularité ou le type de débiteur concerné; note qu’en 2020, la Chine demeurait le pays d’origine de la majorité des marchandises concernées par des irrégularités frauduleuses et non frauduleuses;

Fraude aux dépenses

26.

observe que 605 irrégularités de dépenses ont été signalées comme frauduleuses en 2020, pour une valeur financière connexe de 266 millions d’euros;

27.

relève que le nombre d’irrégularités concernant les dépenses signalées comme non frauduleuses en 2020 était de 6 696;

28.

relève que le rapport PIF, en ce qui concerne l’utilisation des ressources publiques, souligne l’importance de la transparence, laquelle constitue un élément dissuasif et associe la société civile en renforçant la confiance; invite la Commission à œuvrer en faveur de l’amélioration de la transparence des bénéficiaires, y compris des contractants, des sous-traitants et des bénéficiaires effectifs de fonds de l’Union; invite les États membres à également renforcer la transparence dans l’utilisation des fonds de l’Union, en particulier pour les marchés publics d’urgence, étant donné que huit États membres ont indiqué ne pas encore l’avoir fait;

29.

constate qu’au cours de la période 2016-2020, la détection de la fraude dans le cadre de la politique agricole commune (PAC) a été concentrée dans un petit nombre d’États membres et que cela n’a pas été étayé par un niveau similaire de paiements en faveur de ces États membres au titre du budget de la PAC; relève en outre que la majorité des irrégularités frauduleuses relatives au soutien à l’agriculture concernaient l’utilisation de faux documents ou de fausses demandes d’aide, et que leur nombre est resté largement stable; observe, du reste, qu’en proportion des paiements reçus par les États membres, la partie du budget consacrée au développement rural a été plus touchée par la fraude que le soutien à l’agriculture, à l’exception des mesures de marché, pour lesquelles les cas de fraude étaient plus élevés que pour le développement rural; relève qu’en ce qui concerne le développement rural, la falsification de documents était la principale pratique frauduleuse; souligne qu’il est nécessaire de mener davantage d’enquêtes et de mettre en place d’autres mesures appropriées pour lutter contre l’utilisation des fonds de l’Union dans des activités en lien avec l’agriculture par des entreprises qui ne respectent pas le droit du travail ou les droits fondamentaux des travailleurs, comme en atteste la situation des travailleurs dans le secteur de l’agriculture, notamment pendant la période de la pandémie de COVID-19; s’inquiète du fait que le signalement de fraude liée au développement rural pour la période 2014-2020 a connu un démarrage lent, ce qui pourrait indiquer que les efforts en matière de détection dans les États membres de l’Union sont insuffisants;

30.

constate qu’entre 2016 et 2020, le nombre d’irrégularités signalées concernant le Fonds de cohésion, le Fonds européen de développement régional, le Fonds social européen et le Fonds pour la pêche pour la période de programmation 2014-2020 a augmenté; souligne toutefois que, pour tous les fonds, et en particulier le Fonds européen de développement régional, en ce qui concerne les irrégularités non frauduleuses, cette augmentation a été limitée, ce qui met en évidence une baisse exceptionnelle du nombre d’irrégularités détectées (et des montants financiers correspondants) par rapport à la période de programmation précédente; relève, en outre, que par rapport à la période de programmation 2007-2013, le nombre d’irrégularités frauduleuses et non frauduleuses a diminué pour le Fonds de cohésion, le Fonds européen de développement régional, le Fonds social européen et le Fonds européen pour la pêche, de manière cohérente par rapport au cycle de mise en œuvre; note qu’un certain nombre de règles d’exécution ont changé d’une période de programmation à l’autre;

31.

est d’avis qu’il conviendrait d’exclure de l’utilisation de fonds de l’Union les entreprises et organisations qui comprennent des sociétés et des organisations offshores dans leurs structures de propriété;

32.

rappelle qu’une transparence pleine et entière dans la notification des dépenses est essentielle, en particulier en ce qui concerne les travaux d’infrastructure financés directement au moyen de fonds ou d’instruments financiers de l’Union; invite la Commission à permettre aux citoyens européens d’accéder à l’intégralité des informations relatives aux projets cofinancés;

Dimension externe de la protection des intérêts financiers de l’Union

33.

est d’avis que les institutions et organes de l’Union devraient mettre davantage l’accent sur les fonds dépensés dans les pays tiers afin de vérifier que ces fonds sont dépensés conformément aux règles et sans fraude ni corruption, et de confirmer s’ils contribuent aux objectifs de la politique de développement et de la politique extérieure de l’Union; recommande la suspension de l’appui budgétaire dans les pays tiers où les autorités ne prennent manifestement pas de mesures véritables pour lutter contre la corruption généralisée, tout en veillant à ce que l’aide parvienne à la population civile par d’autres voies;

34.

relève que jusqu’à la fin de l’année 2020, les dépenses de l’Union en matière de coopération au développement se répartissaient en plusieurs fonds, tandis que le nouvel instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI) consolide toutes les options de financement antérieures au sein d’un seul et même instrument dans le cadre du budget annuel et du CFP 2021-2027; faire remarquer que l’IVCDCI est doté d’un montant total de 79,5 milliards d’euros pour la période 2021-2027; recommande de renforcer l’intégration de la dimension anticorruption dans les instruments d’action extérieure de l’Union, notamment l’IVCDCI, l’instrument d’aide de préadhésion (IAP) et les fonds fiduciaires de l’Union; demande qu’une priorité accrue soit accordée à la lutte contre la corruption dans le cadre des négociations de préadhésion et qu’un ensemble de critères soit établi avec un cadre de conditionnalité solide, en mettant l’accent sur le renforcement des capacités, par exemple par l’intermédiaire des organes de lutte contre la corruption;

35.

déplore que, selon le rapport spécial no 01/2022 de la CCE, le soutien financier de 700 millions d’euros accordé par l’Union en faveur de l’état de droit dans les Balkans occidentaux entre 2014 et 2020 ait eu peu d’impact sur les réformes de fond; invite la Commission à envoyer un signal clair aux pays candidats qui accusent un recul par rapport aux principes de l’état de droit, ce qui compromet ou retarde leur adhésion à l’Union;

36.

demande l’intégration, dans tous les accords commerciaux et d’investissement entre l’Union et des pays tiers, d’un cadre de conditionnalité solide et obligatoire assorti de dispositions relatives à la transparence et de clauses de lutte contre la corruption contraignantes et exécutoires; recommande que l’Union, en dernier ressort, inflige des sanctions ou suspende des accords en cas d’actes graves de corruption;

37.

plaide en faveur d’une surveillance des risques de corruption associés à des projets de construction et d’investissement de grande envergure entrepris par des pays tiers autoritaires dans des États membres, en accordant une attention particulière à la transparence de ces projets, qui suscite souvent des inquiétudes liées aux risques financiers ou fiscaux non transparents;

38.

estime que le Parlement devrait être pleinement associé aux dépenses liées à toutes les subventions, prêts et autres aides financières que l’Union apporte à l’Ukraine;

Numérisation au service de la protection des intérêts financiers de l’Union européenne

39.

appelle de ses vœux un degré accru de numérisation, l’interopérabilité des systèmes de données comparables et l’harmonisation des rapports, du suivi et de l’audit dans l’Union; invite la Commission à étudier la possibilité d’utiliser l’IA au service de la protection des intérêts financiers de l’Union et, à cette fin, demande de nouveau à la Commission de procéder à une harmonisation des définitions afin d’obtenir des données comparables au sein de l’Union; est d’avis que l’ensemble des organes de l’Union qui œuvrent dans le domaine de la protection des intérêts financiers de l’Union, y compris l’OLAF, le Parquet européen, Eurojust, Europol et la CCE, devraient avoir accès directement et en temps voulu à des systèmes de données tels qu’ARACHNE et le système de détection rapide et d'exclusion EDES;

40.

estime que l’utilisation de l’outil de notation des risques ARACHNE dans le CFP 2021-2027 et le plan de relance NextGenerationEU, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre de la FRR, devrait être rendue obligatoire dans les meilleurs délais; suggère qu’ARACHNE soit considéré comme l’un des principaux instruments à l’appui des stratégies nationales antifraude (NAFS) que les États membres sont censés adopter afin d’améliorer l’intégration de l’architecture antifraude; rappelle les observations formulées par le Parlement dans sa résolution du 24 novembre 2021 (18) sur la révision du règlement financier, et demande une fois de plus à la Commission de mettre en place, de toute urgence, un système obligatoire, intégré et interopérable au niveau de l’Union, reposant notamment, mais pas exclusivement, sur les instruments existants tels qu’ARACHNE et EDES; rappelle qu’un tel système doit contenir des informations sur tous les projets cofinancés par l’Union, les bénéficiaires et les bénéficiaires effectifs, et permettre l’agrégation de tous les montants individuels qui concernent le même bénéficiaire ou bénéficiaire effectif; invite la Commission, en outre, à déterminer les raisons qui empêchent les États membres d’adopter et d’utiliser pleinement ARACHNE, et à en faire rapport au Parlement; estime que rendre le système plus facile à utiliser pourrait encourager les autorités nationales à l’adopter et à l’utiliser;

41.

presse la Commission d’étendre le champ d’application d’EDES aux fonds en gestion partagée dans le contexte de sa proposition de révision du règlement financier (19);

42.

invite la Commission à continuer de fournir aux États membres des informations complètes relatives aux dépenses directes, par exemple au moyen du système de transparence financière, en particulier dans le cadre du FRR, ce qui contribuera également à empêcher le double financement;

La stratégie anti-fraude de la Commission (2019)

43.

relève qu’en juin 2021, deux tiers des actions de la stratégie antifraude de la Commission de 2019 avaient été mises en œuvre, tandis que la mise en œuvre du tiers restant était en cours; invite la Commission à faire rapport sur la transposition des actions restantes; note, en outre, que des progrès satisfaisants ont été accomplis en ce qui concerne un certain nombre d’actions visant à renforcer la coordination et la coopération entre les services de la Commission et à doter la Commission d’un système de surveillance antifraude plus efficace; relève qu’en 2020, l’efficacité du suivi des recommandations de l’OLAF a été améliorée, en faisant le point sur quelque 1 400 recommandations financières émises entre janvier 2012 et juin 2019;

44.

est conscient que la nouvelle stratégie antifraude de la Commission, adoptée en 2019, demandait une analyse stratégique renforcée des données relatives à la fraude et l’identification d’indicateurs pertinents et fiables pour lutter efficacement contre la fraude; rappelle les conclusions du rapport spécial no 01/2019 de la Cour des comptes européenne intitulé «Dépenses financées par l’UE: des mesures s’imposent pour lutter contre la fraude», qui souligne que la Commission ne dispose pas de données complètes et comparables sur les niveaux de fraude détectée dans les dépenses de l’Union;

45.

regrette que les États membres aient reçu peu de soutien au cours des premières années de mise en œuvre de la CAFS, comme l’ont également souligné certaines délégations lors des débats au sein du Conseil; rappelle que des données complètes et comparables sur l’ampleur, la nature et les causes de la fraude sont essentielles pour rendre encore plus significatives les actions d’enquête menées par l’OLAF et, depuis qu’il a entamé des activités opérationnelles, le Parquet européen; rappelle qu’il incombe en premier lieu aux États membres de gérer environ 80 % du budget des dépenses et de recouvrer presque toutes les recettes; souligne le rôle important que jouent donc les États membres dans la protection des intérêts financiers de l’Union, du fait du rôle essentiel joué par les NAFS, dont la mise en place devrait être une priorité pour tous les États membres;

46.

souligne qu’un système d’échange d’informations entre les autorités compétentes permettrait de réaliser un contrôle croisé des enregistrements comptables concernant les transactions entre deux ou plusieurs États membres dans le but d’éviter toute fraude transfrontière dans le domaine des fonds structurels et d’investissement, en assurant ainsi une approche transversale et complète en matière de protection des intérêts financiers des États membres;

Au niveau des États membres: stratégies antifraude nationales (NAFS) et services de coordination antifraude (AFCOS)

47.

note avec inquiétude qu’à la fin de l’année 2020, seuls 14 États membres ont déclaré avoir adopté une NAFS, contre seulement 10 en 2019, et que cinq autres États membres envisagent d’adopter ou de préparer une NAFS; note toutefois que ces stratégies varient en termes de portée et de profondeur et que certaines d’entre elles doivent être mises à jour; s’inquiète également du fait que huit États membres n’ont pas encore commencé à travailler à l’élaboration de leur NAFS; demande à un plus grand nombre d’États membres d’adopter une NAFS et d’en faire rapport à la Commission; invite la Commission à fournir un soutien tangible et des conseils aux États membres, au moyen de lignes directrices portant sur l’élaboration d’une NAFS et de services de conseils relatifs à l’instauration et au fonctionnement de l’AFCOS, et demande à nouveau un examen des NAFS adoptées et des raisons pour lesquelles certains États membres n’ont pas adopté de NAFS;

48.

souligne qu’il importe de prendre des mesures globales et mieux coordonnées en matière de lutte contre la fraude au sein des États membres, les NAFS devant être mises à jour pour faire face aux nouveaux risques posés par l’augmentation des montants des fonds de l’Union, notamment le nouveau CFP 2021-2027 et l’instrument de l’Union européenne pour la relance, ainsi que par la pandémie de COVID-19; invite la Commission à évaluer les NAFS adoptées, à déterminer pourquoi certains États membres ont pris du retard dans leur adoption, et à inciter les États membres restants à progresser en ce sens;

49.

rappelle que les AFCOS devraient faciliter une coopération et un partage d’informations efficaces avec l’OLAF; regrette toutefois que seuls quelques États membres coordonnent effectivement la lutte contre la fraude et la corruption portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union;

50.

félicite l’OLAF pour son inestimable contribution à la protection des intérêts financiers de l’Union; souligne que l’OLAF et le Parquet européen souffrent d’un manque chronique de personnel et de ressources financières;

L’OLAF et le Parquet européen

51.

se félicite du règlement révisé de l’OLAF, adopté en décembre 2020 et entré en vigueur le 17 janvier 2021, qui renforce les outils d’enquête pour lutter contre la fraude portant atteinte au budget de l’Union, en fixant des règles plus claires et en régissant la coopération entre le Parquet européen et l’OLAF; prend acte de la réorganisation interne de l’OLAF en juin 2020; demande au Parquet européen et à l’OLAF d’éviter tout chevauchement de leurs travaux; et tout retard dans les procédures; est d’avis que l’OLAF et le Parquet européen devraient se compléter mutuellement et concentrer leurs enquêtes respectives sur les domaines dans lesquels l’autre institution n’a pas de compétences;

52.

met en exergue qu’il importe que l’OLAF adhère aux normes les plus élevées dans le cadre de ses enquêtes et respecte pleinement toutes les exigences en matière d’état de droit;

53.

se félicite du fait que l’article 9 bis du règlement révisé relatif à l’OLAF prévoit un contrôleur des garanties de procédure, chargé de surveiller le respect par l’OLAF des garanties de procédure et du traitement des plaintes par les personnes concernées; relève que le contrôleur des garanties de procédure n’a pas encore été nommé; est vivement préoccupé quant aux plaintes déposées par des personnes concernées par des enquêtes de l’OLAF qui portent sur des violations de leurs droits ayant compromis leur capacité à se défendre contre les allégations formulées à leur encontre; invite l’OLAF et le contrôleur des garanties de procédure à veiller à ce que les droits procéduraux des personnes concernées soient pleinement respectés;

54.

s’inquiète de la baisse du taux de mise en accusation, qui est passé de 53 % au cours de la période 2007-2014 à 37 % au cours de la période 2016-2020 dans les affaires soumises aux États membres par l’OLAF; invite les autorités des États membres à coopérer étroitement avec l’OLAF et à examiner attentivement les rapports d’enquête et les recommandations judiciaires transmis, ainsi qu’à ouvrir des affaires pénales chaque fois qu’elles sont nécessaires pour garantir le recouvrement des fonds de l’Union utilisés à mauvais escient; invite l’OLAF à revoir son analyse antérieure des raisons du faible taux de mise en accusation et à suivre les recommandations formulées par son comité de surveillance dans son avis no 1/2021, telles que la révision du système actuel des procédures de suivi et la coopération en temps plus opportun avec les autorités judiciaires nationales; invite l’OLAF à assurer un suivi régulier de ses recommandations judiciaires et à ajouter des données à ce sujet dans son rapport annuel;

55.

est d’avis que l’OLAF devrait également donner suite à ses recommandations financières afin de les comparer aux montants recouvrés par la Commission à la fin des procédures, et de contribuer au suivi global du recouvrement des fonds;

56.

relève que l’OLAF a déployé le programme Hercule III pour renforcer la capacité opérationnelle des autorités antifraude nationales et régionales dans le domaine des activités de formation et de support informatique jusqu’en 2020; note que l’évaluation d’Hercules III a été parachevée à la fin de 2021 et qu’il a été conclu que le programme était hautement pertinent et efficace pour ce qui est de la protection des intérêts financiers de l’Union, étant donné qu’il avait réussi à atteindre ses objectifs généraux, spécifiques et opérationnels; note que le programme de l’Union en matière de lutte contre la fraude remplace Hercules III pendant la durée du CFP 2021-2027;

57.

reconnaît le principe de confidentialité des enquêtes de l’OLAF; est cependant d’avis qu’il existe un intérêt public supérieur et que les citoyens de l’Union ont également le droit d’accéder aux rapports et aux recommandations portant sur les enquêtes de l’OLAF et les procédures nationales de suivi déjà clôturées, comme l’a reconnu la CJUE dans l’affaire T-517/19; demande dès lors à l’OLAF de mettre sur pied un mécanisme pour publier les rapports et les recommandations pour lesquels il n’existe plus de raison légitime justifiant le maintien du principe de confidentialité;

58.

prend acte de l’accord de travail signé le 3 septembre 2021 en vue d’établir un cadre de coopération entre le Parquet européen et la CCE; prend acte, en outre, des arrangements administratifs signés en 2019 entre l’OLAF et la CCE;

59.

se félicite que le Parquet européen soit devenu opérationnel le 1 juin 2021; accueille avec satisfaction son premier rapport annuel; salue le fait que le Parquet européen ait ouvert 576 enquêtes depuis sa mise en place et qu’il ait réclamé la saisie d’un total de 154,3 millions d’euros, dont 147 millions d’euros pour lesquels la saisie a été accordée; s’inquiète de l’estimation du Parquet européen selon laquelle le montant total des dommages causés par la fraude et la corruption s’élève à 5,4 milliards d’euros; regrette profondément que cinq États membres — la Pologne, la Hongrie (les deux principaux bénéficiaires des fonds de l’Union), la Suède, le Danemark et l’Irlande — ne participent pas au Parquet européen; demande à ces États membres de rejoindre le Parquet européen dans les plus brefs délais; est préoccupé par le fait que la Pologne refuse toute coopération de quelque nature que ce soit avec le Parquet, alors que parmi les pays qui ne participent pas au Parquet, c’est elle qui compte le plus grand nombre d’enquêtes impliquant des citoyens; presse les États membres qui ne participent pas au Parquet européen de signer des accords de coopération avec ce dernier; est d’avis que le défaut de coopération des États membres avec le Parquet européen a des répercussions directes sur la protection des intérêts financiers de l’Union; invite la Commission à encourager la participation au Parquet par l’intermédiaire de mesures positives;

60.

se félicite des efforts conjoints déployés par l’OLAF et EUROPOL en vue d’évaluer les menaces qui pèsent sur la FRR et d’en identifier les vulnérabilités; salue l’accord de travail conclu entre l’OLAF et Europol, entré en vigueur le 9 octobre 2020, ainsi que l’accord conclu entre Europol et le Parquet européen, entré en vigueur le 19 janvier 2021;

61.

souligne le rôle du Parquet européen dans la nouvelle infrastructure antifraude; prend acte, en outre, des modalités de travail convenues en 2020 et signées en juillet 2021 entre le Parquet européen et l’OLAF, notamment en ce qui concerne l’échange d’informations, la gestion des dossiers et la coopération opérationnelle;

62.

note qu’en juillet 2020, le Conseil a nommé les 22 procureurs européens; rappelle que le Parquet européen doit travailler main dans la main avec les autorités répressives nationales et qu’il exerce la fonction de procureur devant les juridictions compétentes des États membres participants, tout en coopérant étroitement avec les agences et organes de l’Union tels qu’Eurojust, Europol et l’OLAF; relève que cette position unique est conçue de sorte à permettre au Parquet européen de tirer parti de l’expérience et des bonnes pratiques existantes à l’échelle nationale et de l’Union; s’attend à ce que la Commission tienne dûment compte de la réévaluation des besoins en personnel du Parquet européen et procède aux ajustements financiers nécessaires pour garantir l’efficacité et la performance opérationnelles du Parquet;

63.

prend acte des observations et des considérations exprimées par le chef du Parquet européen sur la nécessité de modifier le règlement relatif au Parquet européen; invite la Commission à engager une discussion avec le Parquet européen pour déterminer quelles améliorations sont nécessaires pour renforcer son efficacité opérationnelle; invite la Commission à faire rapport au Parlement, conformément à l’article 119, paragraphe 1, du règlement relatif au Parquet européen;

64.

souligne la nécessité de la création d’un Parquet européen vert, moyennant l’extension des compétences du Parquet européen conformément à l’article 86, paragraphe 4, du traité FUE, afin d’améliorer la mise en œuvre et l’application de la législation environnementale de l’Union, de lutter contre les formes graves de criminalité environnementale revêtant une dimension transfrontière et de préserver le budget de l’Union; insiste sur la nécessité d’augmenter le budget et les effectifs du Parquet européen afin de garantir sa capacité à jouer efficacement son rôle dans tous ses domaines de compétence;

65.

prend acte du rôle de l’AFCOS dans la coordination, au niveau des États membres, des obligations et des activités législatives, administratives et d’enquête relatives à la protection des intérêts financiers de l’Union et dans la coopération avec l’OLAF;

66.

se félicite de l’opération Sentinel lancée par Europol, qui vise à mettre l’accent sur le partage proactif de renseignements, l’échange d’informations et le soutien à la coordination des opérations de lutte contre la fraude aux fonds pour la relance de l’Union après la COVID-19, étant donné que l’opération vise à recenser les vulnérabilités inhérentes aux systèmes d’allocation nationaux, à détecter les mécanismes de fraude utilisés pour cibler le système d’allocation des fonds et à soutenir les enquêtes hautement prioritaires par rapport à des objectifs de valeur élevée; salue la participation du Parquet, de l’OLAF et de 21 États membres de l’Union; s’inquiète du fait que les États membres qui sont les principaux bénéficiaires du Fonds de cohésion, parmi lesquels la Pologne, la Hongrie et la Bulgarie, ne participent pas à l’opération; invite tous les États membres à rejoindre l’opération; invite les États membres à collaborer étroitement entre eux et avec les organismes de l’Union afin de pouvoir agir dans les cas de fraude impliquant plusieurs pays;

67.

invite l’OLAF, le Parquet européen, Europol, l’AFCOS désigné par la législation nationale, et les autres agences nationales et de l’Union compétentes à continuer de renforcer l’échange d’informations, à s’apporter un soutien réciproque et à assurer la complémentarité de leurs activités opérationnelles, comme convenu dans les accords de travail et les règlements en vigueur; fait remarquer que le dispositif antifraude complexe en vigueur exige une coopération étroite entre les différents acteurs, au niveau national et de l’Union; souligne que davantage d’efforts sont nécessaires pour prévenir et combattre la fraude, la corruption ainsi que d’autres activités illégales, y compris une coopération plus étroite avec les autorités nationales, entre les États membres et au niveau de l’Union;

État de droit et lutte contre la corruption

68.

salue l’adoption du règlement (UE, Euratom) 2020/2092 relatif à un régime général de conditionnalité pour la protection du budget de l’Union; rappelle qu’il est entré en vigueur le 1 janvier 2021 et qu’il est donc applicable depuis lors; se félicite des arrêts rendus par la CJUE le 16 février 2022 concernant les recours de la Hongrie et de la Pologne à l’encontre du mécanisme de conditionnalité, ainsi que de ses conclusions confirmant que l’Union dispose bien de compétences en matière d’état de droit dans les États membres et que le mécanisme de conditionnalité liée à l’état de droit est parfaitement conforme au droit de l’Union;

69.

est d’avis qu’il est grand temps pour la Commission de remplir sa mission de «gardienne des traités» et de lutter contre les violations persistantes des principes de l’état de droit dans plusieurs États membres, en particulier la Pologne et la Hongrie, étant donné que ces violations représentent un grave danger pour les intérêts financiers de l’Union car le respect de ces principes est une condition préalable à la bonne gestion financière en général et à la gestion efficace et performante des fonds de l’Union; se félicite que la Commission ait annoncé qu’elle activerait le mécanisme de conditionnalité liée à l’état de droit en envoyant une notification écrite à la Hongrie au titre de l’article 6, paragraphe 1, du règlement (UE, Euratom) 2020/2092; est d’avis que l’état de droit constitue un concept universel et que la Commission devrait envisager l’activation du mécanisme de conditionnalité liée à l’état de droit envers tout État membre qui ne respecte pas l’état de droit, sans exception; met en garde contre le fait que tout retard pourrait déjà avoir des conséquences néfastes sur les intérêts financiers de l’Union et sur l’état de droit dans certains États membres;

70.

invite la Commission à tenir compte des résolutions du Parlement relatives aux violations de l’état de droit par les gouvernements polonais et hongrois; demande à ces gouvernements de coopérer pleinement avec la Commission et de respecter les conditions nécessaires au déblocage des fonds; est d’avis que si ces États membres ne respectent pas ces conditions, la Commission devrait gérer temporairement et directement les fonds de l’Union par l’intermédiaire des gouvernements locaux et des organisations de la société civile;

71.

rappelle que le respect de l’état de droit et de l’article 2 du traité UE est une condition préalable à l’accès aux fonds, que le mécanisme de conditionnalité liée à l’état de droit est pleinement applicable à la FRR et qu’aucune mesure contraire aux valeurs de l’Union consacrées par l’article 2 du traité UE ne saurait faire l’objet d’un financement au titre de la FRR;

72.

insiste pour qu’aucun paiement ne soit versé à la Pologne au titre de la FRR tant que ce pays n’aura pas pleinement mis en œuvre l’ensemble des arrêts pertinents de la CJUE et de la Cour européenne des droits de l’homme, et tant que ses autorités nationales n’auront pas reconnu la primauté du droit de l’Union;

73.

demande instamment à la Commission, aux fins d’une plus grande transparence, de veiller à ce que le Parlement soit pleinement informé de toutes les négociations qu’elle mène avec les autorités nationales, et de l’informer immédiatement de toute évolution significative;

74.

invite la Commission à utiliser tous les instruments dont elle dispose pour veiller au respect des valeurs consacrées à l’article 2 du traité UE et à la primauté du droit de l’Union; souligne que la Commission et le Conseil sont politiquement responsables de leurs actions devant le Parlement;

75.

prend acte de tous les efforts réalisés en particulier par les États membres voisins de l’Ukraine pour accueillir les personnes qui fuient la guerre dans ce pays; est d’avis que l’Union a l’obligation d’aider les États membres à supporter cette charge exceptionnelle; rappelle toutefois qu’aucun paiement ne peut être effectué à un État membre qui refuse de se conformer aux arrêts de la CJUE et de reconnaître la primauté du droit de l’Union; souligne qu’il est nécessaire que le Parlement soit tenu pleinement informé de toutes les ressources attribuées à ces fins ainsi que de l’utilisation des fonds de l’Union destinés à l’aide aux réfugiés ukrainiens dans les États membres bénéficiaires;

76.

apprécie l’importance du rapport annuel sur l’état de droit et le fait que la lutte contre la corruption fait partie intégrante du rapport; est toutefois d’avis qu’il ne peut se substituer au rapport anticorruption; se félicite de l’intention de la Commission d’assortir le rapport sur l’état de droit de recommandations spécifiques aux États membres; est d’avis que la Commission devrait envisager la création d’un indice de la corruption qui serait fondé sur des critères stricts et facilement applicables et qui devrait refléter la performance des États membres dans la lutte contre la corruption, ainsi qu’ajouter ses conclusions au chapitre consacré à la lutte contre la corruption du rapport sur l’état de droit;

77.

est très préoccupé par les conclusions du rapport 2020 sur l’état de droit, qui met en lumière des préoccupations quant à l’efficacité des enquêtes, des poursuites et des jugements dans les affaires de corruption, y compris les affaires de haut niveau, dans plusieurs États membres; insiste sur la nécessité de poursuivre systématiquement les cas de corruption à haut niveau;

78.

met en exergue les effets délétères de la corruption sur les droits des citoyens; réitère dès lors sa recommandation selon laquelle l’Union devrait devenir membre du Groupe d’États contre la corruption, en tenant compte de la nature spécifique de l’Union, de ses institutions et de son droit; invite la Commission à présenter un éventuel plan d’adhésion, dans le cadre de l’article 83 du traité FUE, en liaison avec l’article 218 dudit traité; invite de nouveau la Commission, en outre, à présenter un plan sur la mise en place d’un mécanisme d’évaluation interne de la corruption pour les institutions de l’Union;

79.

invite la Commission à garantir aux journalistes d’investigation une protection juridique appropriée, équivalente à celle dont bénéficient les lanceurs d’alertes;

80.

reconnaît que le pluralisme des médias et des journalistes joue un rôle essentiel dans la protection des intérêts financiers de l’Union en révélant des cas de fraude et de corruption; invite les États membres à garantir leur protection et la protection de leurs sources d’information; appelle de ses vœux l’adoption et la mise en œuvre rapides de la directive relative aux poursuites stratégiques altérant le débat public (directive contre les poursuites-bâillons); demande à la Commission et aux États membres de lutter contre toute forme d’utilisation illégale de logiciels espions et de logiciels de piratage tels que Pegasus ou Predator; considère que la transparence est le meilleur moyen de lutter contre la fraude et la corruption;

81.

insiste sur la nécessité de subordonner l’octroi de prêts directs et indirects à la publication de données fiscales et comptables pays par pays et à la communication des données sur la propriété effective par les bénéficiaires et les intermédiaires financiers participant aux opérations de financement;

82.

estime que les fonds devraient être restitués en cas de corruption ou de fraude avérée;

L’architecture antifraude de l’UE et les rapports annuels de la Commission

83.

estime que le financement de l’Union est entré dans une nouvelle ère avec l’adoption du plan de relance NextGenerationEU et que cela pose des défis supplémentaires pour l’architecture antifraude de l’Union; est dès lors fermement d’avis que l’architecture antifraude doit encore être renforcée; souligne que l’OLAF, le Parquet européen, Europol et Eurojust manquent de personnel et de ressources financières; note qu’Europol et Eurojust sont particulièrement surchargés compte tenu de leurs mandats récemment adoptés et des opérations menées à l’échelle de l’Union pour cibler les avoirs criminels liés à l’invasion de l’Ukraine par la Russie; rappelle à la Commission et au Conseil que chaque euro dépensé pour le suivi et les enquêtes revient au budget de l’Union;

84.

accueille favorablement le forum européen sur l’application de la législation «NextGenerationEU», une initiative menée conjointement par Europol et l’Italie, qui réunit Europol, le Parquet européen, l’OLAF, Eurojust, l’Agence de l’Union européenne pour la formation des services répressifs et les États membres, pour définir une démarche commune dans la prévention et la lutte contre les menaces à l’encontre des fonds au titre de l’instrument européen de relance et des intérêts financiers de l’Union;

85.

souscrit à l’appel de la Commission en faveur d’une «vision européenne» dans le cadre de la coopération et de la coordination des actions des organes de l’Union et des autorités nationales; estime qu’une approche globale plus structurée est nécessaire afin d’éviter les chevauchements, de partager et d’échanger des informations, de favoriser l’intégration des différentes couches existantes de l’architecture antifraude et d’obtenir un résultat supérieur à la somme de ses composantes;

86.

invite la Commission à explorer de nouvelles pistes afin de faire du rapport PIF une analyse exhaustive parallèlement à d’autres rapports annuels et sources d’information, en renforçant et en encourageant le dialogue entre Europol, Eurojust et le Parquet européen et au moyen de la détection des tendances en matière d’irrégularités frauduleuses et non frauduleuses, de la mise au jour des faiblesses du système et du partage d’enseignements utiles afin de favoriser l’adoption de mesures de protection contre la fraude par toutes les parties prenantes;

87.

prend acte de la nécessité d’un rapport annuel spécifique de la Commission sur l’analyse et l’état d’avancement de l’ensemble de l’infrastructure antifraude, qui évalue, entre autres, le niveau d’interopérabilité des acteurs de l’Union dans la lutte contre la fraude et examine les liens possibles avec les semestres européens et les rapports par pays, le rapport anticorruption et l’application du mécanisme de conditionnalité liée à l’état de droit;

88.

souligne que pour lutter efficacement contre la corruption de sorte à éviter les situations de lobbying illégal et de pantouflage, et à protéger les intérêts financiers de l’Union, la Commission devrait adopter une approche globale, cohérente, systématique et harmonieuse en élaborant de meilleures règles sur la transparence, les incompatibilités et les conflits d’intérêts, ainsi que sur le renforcement des mécanismes de contrôle interne; souligne qu’il importera également, pour faire face au nouveau contexte difficile à l’échelle internationale, d’améliorer la transparence sur les bénéficiaires d’un financement national et de l’Union;

89.

rappelle le niveau insatisfaisant de l’analyse fournie dans les annexes du rapport PIF en ce qui concerne les cas de conflits d’intérêts; invite la Commission à procéder à une telle analyse, conformément à l’article 61 du règlement financier et aux «Orientations relatives à la prévention et à la gestion des conflits d’intérêts en vertu du règlement financier», publiées le 7 avril 2021, dans l’intérêt des États membres;

o

o o

90.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission et aux États membres.

(1) OLAF, Vingtième rapport de l’Office européen de lutte antifraude, du 1er janvier au 31 décembre 2020, 2020.

(2) Rapport annuel 2021 du comité de surveillance de l’OLAF,juin 2021.

(3) JO L 248 du 18.9.2013, p. 1.

(4) JO L 437 du 28.12.2020, p. 49.

(5) JO L 305 du 26.11.2019, p. 17.

(6) JO L 198 du 28.7.2017, p. 29.

(7) JO L 283 du 31.10.2017, p. 1.

(8) JO L 274 du 28.10.2019, p. 1.

(9) JO L 424 du 15.12.2020, p. 1.

(10) JO L 433 I du 22.12.2020, p. 1.

(11) JO L 84 du 20.3.2014, p. 6.

(12) JO L 172 du 17.5.2021, p. 110.

(13) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2022)0042.

(14) Conclusions de l’avocat général Pikamäe du 9 septembre 2021, Commission européenne/Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, C-213/19, EU:C:2021:724.

(15) Arrêt rendu le 8 mars 2022, affaire Commission européenne/Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, C-213/19, EU:C:2021:724.

(16) Arrêt du Tribunal du 1er septembre 2021 dans l’affaire T-517/19, Andrea Homoki/Commission européenne, EU:T:2021:529.

(17) Communication de la Commission du 14 avril 2021 relative à la stratégie de l’UE visant à lutter contre la criminalité organisée 2021-2025 (COM(2021)0170).

(18) JO C 224 du 8.6.2022, p. 37

(19) Règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil du 18 juillet 2018 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union (JO L 193 du 30.7.2018, p. 1).


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