| CELEX | 52022IP0339 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mardi 4 octobre 2022 |
| 14.4.2023 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 132/23 |
P9_TA(2022)0339
Centre AccessibleEU à l’appui des politiques d’accessibilité dans le marché intérieur de l’Union
Résolution du Parlement européen du 4 octobre 2022 sur le Centre AccessibleEU à l’appui des politiques d’accessibilité dans le marché intérieur de l’Union (2022/2013(INI))
(2023/C 132/03)
Le Parlement européen,
| — | vu l’article 2 du traité sur l’Union européenne, |
| — | vu les articles 19 et 48, l’article 67, paragraphe 4, et les articles 153, 165, 168 et 174 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, |
| — | vu la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, notamment ses articles 3, 21, 24, 26, 34, 35, 41 et 47, |
| — | vu la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées et son entrée en vigueur le 21 janvier 2011, conformément à la décision 2010/48/CE du Conseil du 26 novembre 2009 concernant la conclusion, par la Communauté européenne, de la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées (1), |
| — | vu les observations générales relatives à la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, élaborées par le comité des droits des personnes handicapées des Nations unies, qui constituent les recommandations officielles pour sa mise en œuvre, et en particulier l’observation générale no 2 — article 9: accessibilité, adoptée le 11 avril 2014, |
| — | vu le code de conduite entre le Conseil, les États membres et la Commission énonçant les modalités internes relatives à l’application par l’Union européenne de la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, ainsi qu’à la représentation de l’Union européenne concernant cette convention (2), |
| — | vu les observations finales du comité des droits des personnes handicapées des Nations unies, du 2 octobre 2015, sur le rapport initial de l’Union européenne, |
| — | vu l’enquête stratégique de la Médiatrice européenne sur la manière dont la Commission européenne surveille les fonds de l’UE utilisés en faveur du droit des personnes handicapées et des personnes âgées à une vie autonome, |
| — | vu la communication de la Commission du 3 mars 2021 intitulée «Union de l’égalité: stratégie en faveur des droits des personnes handicapées 2021-2030» (COM(2021)0101), |
| — | vu la proposition de la Commission relative à une directive du Conseil sur la mise en œuvre du principe de l’égalité de traitement entre les personnes sans distinction de religion ou de convictions, de handicap, d’âge ou d’orientation sexuelle (COM(2008)0426, la «directive anti-discrimination») et la résolution législative du Parlement du 2 avril 2009 à ce sujet (3), |
| — | vu sa résolution du 18 juin 2020 sur la stratégie européenne en faveur des personnes handicapées pour l’après-2020 (4), |
| — | vu le règlement (EU) 2021/782 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2021 sur les droits et obligations des voyageurs ferroviaires (5), |
| — | vu la directive (UE) 2019/882 du Parlement européen et du Conseil du 17 avril 2019 relative aux exigences en matière d’accessibilité applicables aux produits et services (6) (acte législatif européen sur l’accessibilité), |
| — | vu la directive (UE) 2016/2102 du Parlement européen et du Conseil du 26 octobre 2016 relative à l’accessibilité des sites internet et des applications mobiles des organismes du secteur public (7), |
| — | vu la directive (UE) 2018/1972 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2018 établissant le code des communications électroniques européen (8), |
| — | vu le règlement (UE) 2022/612 du Parlement européen et du Conseil du 6 avril 2022 concernant l’itinérance sur les réseaux publics de téléphonie mobile à l’intérieur de l’Union (refonte) (9), |
| — | vu la communication de la Commission intitulée «Une boussole numérique pour 2030: l’Europe balise la décennie numérique» (COM(2021)0118), |
| — | vu la directive 2010/13/UE du Parlement européen et du Conseil du 10 mars 2010 visant à la coordination de certaines dispositions législatives, réglementaires et administratives des États membres relatives à la fourniture de services de médias audiovisuels (directive «Services de médias audiovisuels») (10), tel que modifiée, |
| — | vu la communication de la Commission intitulée «Stratégie de mobilité durable et intelligente — mettre les transports européens sur la voie de l’avenir» (COM(2020)0789), |
| — | vu le nouvel agenda du consommateur (COM(2020)0696), qui compte parmi ses cinq priorités les besoins spécifiques de certains groupes de consommateurs, dont les personnes handicapées, |
| — | vu la directive 2014/24/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 sur la passation des marchés publics et abrogeant la directive 2004/18/CE (directive sur la passation des marchés publics) (11), |
| — | vu le règlement (UE, Euratom) 2020/2093 du Conseil du 17 décembre 2020 fixant le cadre financier pluriannuel pour les années 2021 à 2027 (12), |
| — | vu la décision (UE) 2018/254 du Conseil du 15 février 2018 relative à la conclusion, au nom de l’Union européenne, du traité de Marrakech visant à faciliter l’accès des aveugles, des déficients visuels et des personnes ayant d’autres difficultés de lecture des textes imprimés aux œuvres publiées (13), |
| — | vu les normes d’accessibilité qui résultent des mandats de la Commission 376, 554, 420 et 473, |
| — | vu le règlement (UE) no 181/2011 du Parlement européen et du Conseil du 16 février 2011 concernant les droits des passagers dans le transport par autobus et autocar et modifiant le règlement (CE) no 2006/2004 (14), |
| — | vu le règlement (UE) no 1177/2010 du Parlement européen et du Conseil du 24 novembre 2010 concernant les droits des passagers voyageant par mer ou par voie de navigation intérieure et modifiant le règlement (CE) no 2006/2004 (15), |
| — | vu le règlement (CE) no 1107/2006 du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2006 concernant les droits des personnes handicapées et des personnes à mobilité réduite lorsqu’elles font des voyages aériens (16), |
| — | vu le règlement (CE) no 261/2004 du Parlement européen et du Conseil du 11 février 2004 établissant des règles communes en matière d’indemnisation et d’assistance des passagers en cas de refus d’embarquement et d’annulation ou de retard important d’un vol, et abrogeant le règlement (CEE) no 295/91 (17), |
| — | vu le règlement (UE) no 1300/2014 de la Commission du 18 novembre 2014 sur les spécifications techniques d’interopérabilité relatives à l’accessibilité du système ferroviaire de l’Union pour les personnes handicapées et les personnes à mobilité réduite (18), |
| — | vu l’article 54 de son règlement intérieur, |
| — | vu le rapport de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs (A9-0209/2022), |
| A. | considérant que les personnes en situation de handicap jouissent de droits égaux à ceux des autres personnes et à égalité avec elles, dans tous les domaines de la vie, et qu’elles jouissent des droits inaliénables à la dignité, à l’égalité de traitement, à une vie autonome, à l’autonomie et à la pleine participation à la société, ce qui bénéficie à la société à tous niveaux; |
| B. | considérant que plus de 87 millions de personnes dans l’Union souffrent d’une certaine forme de handicap et que la tendance au vieillissement de la population de l’Union doit être prise en considération; |
| C. | considérant que l’accessibilité est une condition essentielle pour que les personnes handicapées puissent jouir pleinement des droits de l’homme et des libertés fondamentales; que, selon l’article 9 de la CDPH sur l’accessibilité, «afin de permettre aux personnes handicapées de vivre de façon indépendante et de participer pleinement à tous les aspects de la vie, les États parties prennent des mesures appropriées pour leur assurer, sur la base de l’égalité avec les autres, l’accès à l’environnement physique, aux transports, à l’information et à la communication, y compris aux systèmes et technologies de l’information et de la communication (TIC), et aux autres équipements et services ouverts ou fournis au public, tant dans les zones urbaines que rurales». |
| D. | considérant que les États membres doivent veiller à intégrer le principe d’accessibilité à tous les niveaux, non seulement dans les bâtiments, les espaces et les transports publics, mais aussi dans la santé et l’éducation, et à accroître la mobilité et l’intégration des personnes handicapées; |
| E. | considérant que la convention relative aux droits des personnes handicapées définit la «conception universelle» comme la conception de produits, d’équipements, de programmes et de services qui puissent être utilisés par tous, dans toute la mesure possible, sans nécessiter ni adaptation ni conception spéciale, et sans exclusion des appareils et accessoires fonctionnels pour des catégories particulières de personnes en situation de handicap; que l’accessibilité est l’un des principes généraux de la convention relative aux droits des personnes handicapées et que l’Union et ses États membres sont juridiquement liés par cette convention au titre de la décision 2010/48/CE; que l’observation générale no 2 sur la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées relève l’obligation pour les États parties d’adopter des plans d’action et des stratégies visant à recenser les obstacles existants à l’accessibilité, de fixer des délais assortis de délais spécifiques et de fournir les ressources humaines et matérielles nécessaires pour éliminer les obstacles; que l’accessibilité est essentielle pour permettre aux personnes handicapées de faire valoir leurs droits à la vie privée, à la non-discrimination, à l’emploi, à l’éducation inclusive, à la participation politique et à d’autres droits consacrés par la CDPH; |
| F. | considérant que les autorités locales jouent un rôle crucial lorsqu’elles aident les États membres à élaborer des politiques sociales, y compris des politiques relatives au handicap et à l’accessibilité, en identifiant les besoins sur le terrain et en mettant en œuvre des mesures concrètes; |
| G. | considérant que des technologies d’assistance de qualité et financièrement abordables favoriseront la pleine intégration des personnes handicapées dans la société, ce qui bénéficiera tant aux personnes en situation de handicap qu’aux fournisseurs de ces technologies, et donc à la société dans son ensemble; que les technologies d’assistance contribueront à réduire les disparités entre les États membres et que ces technologies ne peuvent fonctionner que dans des environnements accessibles; |
| H. | considérant que des niveaux plus élevés d’emploi des personnes handicapées, une plus grande accessibilité et une meilleure intégration de ce groupe dans la main-d’œuvre présentent un potentiel économique évident; |
| I. | considérant que l’Union a mis en place un cadre juridique complet pour l’accessibilité dans le marché intérieur, notamment par l’adoption d’une législation spécifique en matière d’accessibilité, telle que l’acte législatif européen sur l’accessibilité, et qu’elle inclut des obligations en matière d’accessibilité dans différentes législations sectorielles, y compris dans les règlements relatifs aux fonds de l’Union; que l’acte législatif européen sur l’accessibilité, qui s’appliquera à partir du 28 juin 2025, introduira de nouvelles exigences importantes en matière d’accessibilité pour les produits et les services; |
| J. | considérant que la mise en œuvre effective des politiques liées au handicap contribuera de manière positive à la compétitivité du marché intérieur de l’Union et constitue donc une ressource à part entière pour l’économie de l’Union; |
| K. | considérant que l’évaluation de la stratégie en faveur des droits des personnes handicapées 2021-2030 a montré qu’elle avait contribué à améliorer la situation dans un certain nombre de domaines, mais a également mis en évidence le fait que les personnes handicapées restent toujours confrontées à des obstacles considérables en ce qui concerne l’accès aux soins de santé, à l’éducation, aux transports, à l’environnement bâti, aux TIC, à l’emploi, aux activités récréatives, ainsi qu’à la participation à la vie politique et à d’autres domaines de la vie; |
1.
salue la communication de la Commission intitulée «Union de l’égalité: stratégie européenne 2021-2030 en faveur des droits des personnes handicapées» (ci-après, la Stratégie), dont l’objectif est de faire en sorte que toutes les personnes handicapées en Europe puissent jouir de leurs droits, participer à la société et à l’économie sur un pied d’égalité et ne plus faire l’objet de discriminations, en s’attaquant aux nombreux obstacles identifiés dans l’évaluation de la stratégie européenne 2010-2020 en faveur des personnes handicapées;
2.
se félicite de l’initiative de la Commission, annoncée dans la stratégie de créer le centre AccessibleEU (ci-après, le Centre); reconnaît que le Centre a pour mission de rendre plus cohérente la mise en œuvre de politiques d’accessibilité harmonisées et de faciliter l’accès aux connaissances et aux compétences en la matière, afin de promouvoir une culture de l’égalité des chances et de la pleine participation sociale des personnes en situation de handicap, dans un espace de collaboration entre les administrations publiques, les organisations de la société civile des personnes handicapées, les experts en matière d’accessibilité et les utilisateurs;
3.
fait valoir qu’une amélioration de l’accessibilité dans notre société ne pourra être obtenue que si le Centre adopte l’approche de la «conception universelle»; insiste sur la nécessité de veiller à ce que cette approche globale de l’accessibilité soit dûment prise en compte, notamment en ce qui concerne l’environnement physique, les transports, l’information, la communication et les services, mais aussi dans les marchés publics et les appels d’offres; estime que cette approche implique également la participation effective de toutes les parties prenantes et de tous les titulaires de droits à leurs procédures;
4.
souligne que l’Union a mis en place un cadre juridique exhaustif en matière d’accessibilité dans le marché unique fondé sur le mandat de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, qui comprend, entre autres l’acte législatif européen sur l’accessibilité, la directive relative à l’accessibilité des sites internet, la directive «Services de médias audiovisuels» et la directive «Communications électroniques», ainsi que des spécifications techniques pour les gares et les véhicules; fait observer que les délais de mise en œuvre de certains aspects de ce cadre juridique restent lointains et préconise que des efforts supplémentaires soient consentis pour parvenir à une mise en œuvre rapide; regrette toutefois que, lorsqu’elle est déjà exigée, la mise en œuvre de cette législation si importante varie considérablement d’un État membre à l’autre et, en général, qu’elle ne soit pas satisfaisante à ce jour, essentiellement en raison du manque de spécialistes qualifiés en matière d’accessibilité; insiste dès lors sur la nécessité d’améliorer la connaissance générale, ainsi que la connaissance spécialisée pratique et théorique, des politiques d’accessibilité au sein des administrations publiques, des opérateurs économiques et de la société en général, afin de contribuer à l’élaboration de solutions pertinentes, durables et abordables dans chaque État membre, et d’améliorer ainsi la mise en œuvre des exigences actuelles et futures en matière d’accessibilité; souligne dans ce contexte que le Centre devrait constituer une ressource importante pour fournir des connaissances et un soutien aux États membres pendant la phase de mise en œuvre;
5.
prend acte de la création de groupes de travail ad hoc pour la mise en œuvre de certaines législations en matière d’accessibilité; estime toutefois que l’absence de cadre de coordination et de coopération entre l’Union, les États membres, en particulier les autorités publiques chargées du suivi ou de l’application des lois relatives à l’accessibilité, et les acteurs concernés qui promeuvent des solutions transversales, à savoir les personnes handicapées par l’intermédiaire de leurs organisations représentatives, les professionnels de l’accessibilité et le secteur privé, constitue un obstacle supplémentaire à la mise en œuvre des législations relatives à l’accessibilité et à leur application harmonisée dans toute l’Union;
6.
demande à la Commission de veiller à ce que le Centre soit doté du financement et des effectifs nécessaires à sa création et à son fonctionnement; demande aux États membres de garantir les ressources nécessaires à la mise en œuvre et à l’application des politiques d’accessibilité, y compris en utilisant des fonds de l’Union; souligne qu’un financement suffisant est indispensable pour mener des politiques publiques efficaces en matière d’accessibilité et pour progresser sur un large éventail de sujets tels que la sensibilisation par des actions de communication, notamment en direction des organisations représentant les personnes en situation de handicap, la reconnaissance des handicaps invisibles et l’harmonisation des cartes nationales d’invalidité ou les normes d’accessibilité;
Structure
| 7. | demande à la Commission de créer un secrétariat et un forum chargé de piloter et de diriger les travaux du Centre; souligne qu’il convient de garantir une participation équilibrée au sein du forum des acteurs concernés du secteur privé et du secteur public et des ayants droit dotés d’une expérience pertinente en matière d’accessibilité; insiste sur la nécessité de veiller à l’équilibre entre les femmes et les hommes; souligne que la participation des organisations représentant les personnes en situation de handicap doit être garantie en tant qu’élément essentiel des travaux du Centre, afin de garantir la transparence maximale de ses activités; estime que le Centre devrait publier un programme de travail annuel et inclure des députés représentant le Parlement européen dans le forum; |
| 8. | insiste sur le fait que plusieurs domaines couverts par les politiques d’accessibilité présentent des problématiques particulières, tels que l’environnement bâti, la passation des marchés publics, les technologies numériques, les médias et la culture, les transports, les technologies émergentes et les technologies d’assistance, ainsi que les produits et services ouverts au public; invite la Commission à créer des sous-groupes d’experts spécialisés dans certains domaines; est convaincu que ces groupes devraient coopérer étroitement avec le Centre, les États membres, les personnes handicapées et les organisations représentant les personnes en situation de handicap, afin de garantir une amélioration de l’évaluation, de la mise en œuvre, du suivi et du respect de la législation relative à l’accessibilité; |
| 9. | demande aux États membres de créer des centres nationaux d’accessibilité, notamment des points de contact, et des groupes miroirs de spécialistes qui travailleront main dans la main avec le Centre pour garantir la mise en œuvre, le suivi et le respect de la législation en matière d’accessibilité; est d’avis que les centres nationaux d’accessibilité devraient faciliter l’échange et la coordination entre les parties prenantes concernées et les ayant-droits, y compris les opérateurs économiques, les organisations de personnes handicapées et les autorités nationales chargées l’accessibilité et de la mise en œuvre de la législation sectorielle; est convaincu que les experts du Centre devraient fournir des orientations et des formations à toutes les parties prenantes concernées; estime que ces groupes pourraient aider à trouver des solutions d’accessibilité qui tiennent compte des spécificités nationales; |
Mandat
| 10. | estime qu’il convient que le Centre fonctionne comme une plateforme d’échange, qui fournit de manière régulière aux institutions et organes de l’Union concernés, ainsi qu’aux États membres lorsqu’ils mettent en œuvre le droit de l’Union, un appui et des connaissances spécialisées concernant les politiques et les exigences techniques en matière d’accessibilité; estime que le Centre devrait mettre en place et coordonner un cadre de coopération qui réunirait les organes nationaux et de l’Union concernés, ainsi que tous les groupes d’utilisateurs, en particulier les organisations représentant les personnes en situation de handicap, les organisations de la société civile, les universitaires, les universités et les professionnels de l’accessibilité et des droits des consommateurs sous tous ses aspects, afin de soutenir une mise en œuvre et une application harmonisée dans toute l’Union, de proposer des conseils et des formations et d’offrir des sources d’inspiration pour le développement et l’innovation politique au niveau national et au niveau de l’Union, y compris par le recensement et le partage des bonnes pratiques entre les secteurs, ainsi que par la création d’outils visant à faciliter la mise en œuvre du droit de l’Union; estime en outre que le Centre pourrait encourager la collaboration entre les organismes et organisations susmentionnés avec des parties prenantes hautement innovantes, afin de promouvoir le développement des technologies d’assistance; juge que le Centre devrait également fournir des conseils, y compris des orientations, aux institutions et organes compétents de l’Union et à ses États membres sur leurs politiques et pratiques internes en matière d’accessibilité; |
| 11. | insiste sur le parti que le travail de la Commission pourrait tirer du soutien du Centre, qui pourrait notamment recenser et aider à résorber les lacunes et les incohérences de la législation en vigueur, formuler des recommandations stratégiques en vue de l’actualisation et de l’élaboration des législations relatives à l’accessibilité, en intégrant l’accessibilité dans toutes les politiques pertinentes sous la responsabilité de différentes directions générales de la Commission, notamment par l’identification des domaines prioritaires où l’accessibilité devrait être améliorée, conduire des projets pour étudier des modes innovants de mise en œuvre de l’accessibilité, contribuer à la rédaction des spécifications techniques en matière d’accessibilité et aider les agences et organes de l’Union sur les questions d’accessibilité; |
| 12. | estime que le Centre devrait générer des connaissances précieuses sur l’accessibilité par le biais de recherches et d’études qu’il mettrait à disposition tant à la Commission qu’aux États membres, et qu’il devrait collecter et consolider des informations et des données spécialisées, comparables et pleinement accessibles, y compris des retours d’expérience sur la mise en œuvre des législations en matière d’accessibilité; insiste sur le fait que ces activités contribueraient à arrimer solidement les politiques d’accessibilité aux besoins et aux expériences des utilisateurs; souligne que le Centre devrait contribuer à combler les lacunes dans la collecte de données statistiques au niveau national sur la situation des personnes handicapées et qu’il devrait envisager de coopérer avec les organismes statistiques compétents, en particulier Eurostat; |
| 13. | estime que le Centre est appelé à jouer un rôle essentiel en fournissant à la Commission et aux États membres, aux acteurs concernés et aux ayants droit des connaissances et un appui en vue de la mise en œuvre, du suivi et du respect des politiques d’accessibilité, y compris par le biais de formations et de documents d’orientation dans toutes les langues officielles de l’Union et dans une langue accessible, compréhensible et facile à lire; |
| 14. | souligne que le Centre devrait contribuer à surmonter les incohérences entre la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées et les politiques de l’Union, et qu’il devrait ainsi aider les États membres à atteindre l’objectif premier consistant à augmenter le taux d’emploi des personnes handicapées; souligne que ce travail d’intégration doit également impliquer l’Union et les États membres par le biais d’une étroite coopération avec les organisations représentant les personnes en situation de handicap et d’autres organisations de la société civile, les pouvoirs publics et le secteur privé; |
| 15. | relève que la mise en œuvre des politiques d’accessibilité exige des compétences techniques de haut niveau et n’est pas suffisamment traitée dans les programmes de l’enseignement supérieur, d’où une pénurie de spécialistes qualifiés en matière d’accessibilité, dans tous les domaines du secteur public comme du secteur privé; souligne que le Centre devrait aider les États membres à mettre en place des programmes éducatifs spécifiques pour les questions liées à l’accessibilité et devrait dispenser une formation aux professionnels, aux fonctionnaires de l’Union et nationaux, ainsi qu’aux parties prenantes et aux titulaires de droits concernés, afin de les sensibiliser davantage à ces questions; |
| 16. | regrette que le système de normalisation ne permette pas suffisamment aux personnes en situation de handicap et à leurs organisations représentatives de participer à égalité avec les autres acteurs concernés, aux activités des organismes de normalisation européens et nationaux lorsqu’ils élaborent des normes d’accessibilité; demande par conséquent une meilleure représentation au sein du système de normalisation et une représentation équilibrée parmi les experts désignés, afin que la législation et les normes d’accessibilité de l’Union soient équitables; estime que le Centre devrait jouer un rôle important dans le système de normalisation et qu’il pourrait apporter son expertise à la Commission lorsque celle-ci participe aux travaux des comités de normalisation, notamment en fournissant des conseils aux experts en normalisation des organisations représentant les personnes en situation de handicap et, si possible, en aidant la Commission à rédiger des spécifications techniques et des demandes de normes européennes ou à se fixer des objectifs à atteindre, conformément au règlement (UE) no 1025/2012 (19), y compris par la participation de toutes les parties prenantes et des titulaires de droits concernés; estime que la participation du Centre apporterait des avantages évidents aux personnes handicapées en ce qui concerne la circulation au sein de l’Union et leur permettrait de jouir de leur droit de travailler, de vivre et de voyager librement; |
| 17. | demande à la Commission à procéder à une évaluation dans les cinq années suivant l’établissement du Centre afin d’évaluer son efficacité et sa valeur ajoutée dans l’amélioration des politiques d’accessibilité au sein de l’Union; souligne que, sur la base de cette évaluation, la Commission devrait prendre les mesures appropriées pour mettre à jour et améliorer le Centre, y compris en examinant la possibilité de créer une agence si les objectifs énoncés dans le mandat du centre ne sont pas atteints; invite la Commission à suivre les travaux du Centre et ses réalisations au moyen de rapports annuels qui seront présentés au Parlement; |
o
o o
| 18. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission et aux États membres. |
(1) JO L 23 du 27.1.2010, p. 35.
(2) JO C 340 du 15.12.2010, p. 11.
(3) JO C 137 E du 27.5.2010, p. 68.
(4) JO C 362 du 8.9.2021, p. 8.
(5) JO L 172 du 17.5.2021, p. 1.
(6) JO L 151 du 7.6.2019, p. 70.
(7) JO L 327 du 2.12.2016, p. 1.
(8) JO L 321 du 17.12.2018, p. 36.
(9) JO L 115 du 13.4.2022, p. 1.
(10) JO L 95 du 15.4.2010, p. 1.
(11) JO L 94 du 28.3.2014, p. 65.
(12) JO L 433 I du 22.12.2020, p. 11.
(13) JO L 48 du 21.2.2018, p. 1.
(14) JO L 55 du 28.2.2011, p. 1.
(15) JO L 334 du 17.12.2010, p. 1.
(16) JO L 204 du 26.7.2006, p. 1.
(17) JO L 46 du 17.2.2004, p. 1.
(18) JO L 356 du 12.12.2014, p. 110.
(19) Règlement (UE) no 1025/2012 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2012 relatif à la normalisation européenne (JO L 316 du 14.11.2012, p. 12).
Initiative législative — 52022IP0451
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0450
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0449
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0448
15/12/2022