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Initiative législative — 52022IR1959

CELEX52022IR1959
TypeInitiative législative
Datejeudi 30 juin 2022

Texte intégral

30.9.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 375/112


Avis du Comité européen des régions sur le règlement européen sur les données

(2022/C 375/10)

Rapporteure:

Anne KARJALAINEN (Finlande, PSE), conseillère municipale de Kerava

Texte de référence:

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil fixant des règles harmonisées pour l’équité de l’accès aux données et de l’utilisation des données (règlement sur les données)

COM(2022) 68 final

I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT

Amendement 1

Considérant 57

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

En cas de situations d’urgence publique, telles que les urgences de santé publique, les urgences résultant de la dégradation de l’environnement et les catastrophes naturelles majeures, y compris celles aggravées par le changement climatique, ainsi que les catastrophes majeures d’origine humaine, telles que les incidents majeurs de cybersécurité, l’intérêt public résultant de l’utilisation des données l’emportera sur l’intérêt des détenteurs de données à disposer librement des données qu’ils détiennent. Dans ce cas, les détenteurs de données devraient être tenus de les mettre à la disposition des organismes du secteur public ou des institutions, organes ou organismes de l’Union à leur demande. L’existence d’une urgence publique est déterminée conformément aux procédures respectives des États membres ou des organisations internationales compétentes .

En cas de situations d’urgence publique, telles que les urgences de santé publique, les urgences résultant de la dégradation de l’environnement et les catastrophes naturelles majeures, y compris celles aggravées par le changement climatique, ainsi que les catastrophes majeures d’origine humaine, telles que les incidents majeurs de cybersécurité, l’intérêt public résultant de l’utilisation des données l’emportera sur l’intérêt des détenteurs de données à disposer librement des données qu’ils détiennent. Dans ce cas, les détenteurs de données devraient être tenus de les mettre à la disposition des organismes du secteur public ou des institutions, organes ou organismes de l’Union à leur demande. L’existence d’une urgence publique est déterminée de commun accord avec les pays de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, lesquels la précisent de telle manière que celle figurant dans la demande de données soit définie conformément à la législation de l’État membre dont fait partie l’organisme du secteur public qui demande les données .

Exposé des motifs

L’effort terminologique revêt une grande importance pour garantir que l’on s’exprime et comprenne les choses de la même manière. La définition de l’état d’urgence est d’autant plus cruciale qu’en l’occurrence, les entreprises sont tenues de mettre gratuitement les données à disposition.

Amendement 2

Ajouter un nouveau considérant après celui portant le numéro 61

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(nouveau) Dans l’application du présent règlement, il est tenu compte de la publicité des documents officiels et de la législation nationale qui en découle.

Exposé des motifs

Il y a lieu que le règlement soit mis en conformité avec les objectifs poursuivis par le principe de publicité des documents officiels et avec les intérêts protégés par des dispositions touchant à la confidentialité.

Amendement 3

Article 2, paragraphe 10

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

«urgence publique»: une situation exceptionnelle ayant une incidence négative sur la population de l’Union, d’un État membre ou d’une partie de celui-ci, entraînant un risque de répercussions graves et durables sur les conditions de vie ou la stabilité économique, ou la détérioration substantielle d’actifs économiques dans l’Union ou les États membres concernés;

«urgence publique»: une situation exceptionnelle ayant une incidence négative sur la population de l’Union, d’un État membre ou d’une partie de celui-ci, entraînant un risque de répercussions graves et durables sur les conditions de vie ou la stabilité économique, ou la détérioration substantielle d’actifs économiques dans l’Union ou les États membres concernés . L’existence d’une urgence publique est déterminée de commun accord avec les pays de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, lesquels la précisent de telle manière que celle figurant dans la demande de données soit définie conformément à la législation de l’État membre dont fait partie l’organisme du secteur public qui demande les données ;

Exposé des motifs

L’effort terminologique revêt une grande importance pour garantir que l’on s’exprime et comprenne les choses de la même manière. La définition de l’état d’urgence est d’autant plus cruciale qu’en l’occurrence, les entreprises sont tenues de mettre gratuitement les données à disposition.

Amendement 4

Article 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(21)

(nouveau) «services d’intérêt général»: services que les pouvoirs publics des États membres considèrent comme étant d’intérêt général et auxquels s’appliquent des obligations spécifiques de service public.

Exposé des motifs

Le règlement devrait comporter des dispositions qui fassent obligation, face à une situation d’urgence collective, de partager des données dans le sens de l’intérêt général.

Amendement 5

Article 14, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Le présent chapitre ne s’applique pas aux petites et microentreprises telles que définies à l’article 2 de l’annexe de la recommandation 2003/361/CE.

Le présent chapitre ne s’applique pas aux petites entreprises et microentreprises telles que définies à l’article 2 de l’annexe de la recommandation 2003/361/CE , sauf si les données à partager concernent l’échelon local et qu’il y a lieu de les communiquer à des instances publiques locales ou qu’elles se rapportent à la prestation de services d’intérêt économique général au sens de la législation de l’Union européenne et du droit national qui en assure la mise en œuvre .

Exposé des motifs

Il conviendrait aussi de faciliter le partage de données entre les acteurs des écosystèmes locaux sans que la taille de la structure privée concernée entre en ligne de compte, ainsi que dans le cas où il en va de la fourniture de services d’intérêt économique général.

Amendement 6

Article 15, point c)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(3)

(nouveau) les informations demandées se rattachent à des services d’intérêt général ou à tout service d’intérêt économique général qui est fourni conformément à la législation applicable de l’Union européenne et dispensé au niveau des collectivités locales (communes).

Exposé des motifs

Des exemples de bonnes pratiques ont montré que des partenariats entre le public et le privé peuvent favoriser le bon fonctionnement des écosystèmes locaux. Ils sont également susceptibles de servir de base à toute une série de services dans les villes et communautés intelligentes, par exemple en matière de mobilité intelligente. Eu égard à toutes les possibilités qu’il ouvre pour apporter des améliorations de grande ampleur dans la vie des citoyens, il serait opportun que l’échange de données à de telles fins devienne la norme.

Amendement 7

Article 17, paragraphe 1, point a)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

a)

précise quelles sont les données demandées;

a)

précise , conformément aux exigences minimum applicables aux demandes d’informations, telles que fixées par la Commission, quelles sont les données demandées;

Exposé des motifs

Il y a lieu que le dispositif de spécifications pour les demandes d’information fasse état des exigences minimum qui sont fixées en la matière au niveau de l’Union européenne. La rationalisation apportée dans ces demandes sera également bénéfique pour les entreprises.

Amendement 8

Article 17, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(a)

est exprimée en termes clairs, concis et simples, compréhensibles pour le détenteur de données;

(a)

est exprimée en termes clairs, concis et simples, compréhensibles pour le détenteur de données et, lorsque des données sont demandées à un détenteur installé dans un autre État membre de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, est formulée dans la langue dudit État membre où il est implanté ;

Exposé des motifs

Il conviendrait de prévoir des dispositions précises pour les demandes transfrontières d’informations, y compris pour ce qui est de la langue dans laquelle elles doivent être soumises.

Amendement 9

Article 17, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

f)

est rendue publiquement accessible en ligne dans les meilleurs délais.

Exposé des motifs

Il convient de retirer l’article 17, paragraphe 2, point f), du règlement sur les données. La tenue même d’un registre public concernant les situations d’urgence peut induire des risques de sécurité et alourdir le travail administratif.

Amendement 10

Article 18

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. Le détenteur de données qui reçoit une demande d’accès à des données au titre du présent chapitre met ces données à la disposition de l’organisme du secteur public qui les demande ou d’une institution, d’un organe ou d’un organisme de l’Union dans les meilleurs délais.

1. Le détenteur de données qui reçoit une demande de fourniture d’informations au titre du présent chapitre met ces données à la disposition de l’organisme du secteur public qui les demande ou d’une institution, d’un organe ou d’un organisme de l’Union dans les meilleurs délais , n’excédant toutefois pas, en tout état de cause, cinq jours ouvrables à dater de la réception de la demande d’informations .

2. Sans préjudice des besoins spécifiques concernant la disponibilité des données définis dans la législation sectorielle, le détenteur de données peut rejeter la demande ou demander sa modification dans un délai de cinq jours ouvrables à compter de la réception d’une demande de données nécessaires pour réagir à une situation d’urgence publique, et dans un délai de quinze jours ouvrables dans les autres cas de besoin exceptionnel, pour l’un des motifs suivants:

2. Sans préjudice des besoins spécifiques concernant la disponibilité des données définis dans la législation sectorielle, le détenteur de données peut rejeter la demande ou demander sa modification dans un délai de cinq jours ouvrables à compter de la réception d’une demande de données nécessaires pour réagir à une situation d’urgence publique, et dans un délai de quinze jours ouvrables dans les autres cas de besoin exceptionnel, pour l’un des motifs suivants:

(a)

les données ne sont pas disponibles;

(b)

la demande ne satisfait pas aux conditions énoncées à l’article 17, paragraphes 1 et 2).

(a)

les données ne sont pas disponibles;

(b)

la demande ne satisfait pas aux conditions énoncées à l’article 17, paragraphes 1 et 2).

3. En cas de demande de données nécessaires pour réagir à une urgence publique, le détenteur de données peut également rejeter la demande ou demander sa modification s’il a déjà fourni les données demandées en réponse à une demande présentée précédemment pour la même finalité par un autre organisme du secteur public ou par une autre institution, un autre organe ou un autre organisme de l’Union et qu’il n’a pas été informé de la destruction des données conformément à l’article 19, paragraphe 1, point c).

3. En cas de demande de données nécessaires pour réagir à une urgence publique, le détenteur de données peut également rejeter la demande ou demander sa modification s’il a déjà fourni les données demandées en réponse à une demande présentée précédemment pour la même finalité par un autre organisme du secteur public ou par une autre institution, un autre organe ou un autre organisme de l’Union et qu’il n’a pas été informé de la destruction des données conformément à l’article 19, paragraphe 1, point c).

4. Si le détenteur de données décide de rejeter la demande ou de demander sa modification conformément au paragraphe 3, il indique l’identité de l’organisme du secteur public ou de l’institution, de l’organe ou de l’organisme de l’Union qui a présenté précédemment une demande pour la même finalité.

4. Si le détenteur de données décide de rejeter la demande ou de demander sa modification conformément au paragraphe 3, il indique l’identité de l’organisme du secteur public ou de l’institution, de l’organe ou de l’organisme de l’Union qui a présenté précédemment une demande pour la même finalité.

5. Lorsque le respect de la demande de mise à disposition de données adressée à un organisme du secteur public ou à une institution, un organe ou un organisme de l’Union requiert la divulgation de données à caractère personnel, le détenteur de données s’efforce de les pseudonymiser, dans la mesure où la demande peut être satisfaite au moyen de données pseudonymisées.

5. Lorsque le respect de la demande de mise à disposition de données adressée à un organisme du secteur public ou à une institution, un organe ou un organisme de l’Union requiert la divulgation de données à caractère personnel, le détenteur de données s’efforce de les pseudonymiser, dans la mesure où la demande peut être satisfaite au moyen de données pseudonymisées.

6. Lorsque l’organisme du secteur public ou l’institution, l’organe ou l’organisme de l’Union souhaite contester le refus d’un détenteur de données de fournir les données demandées, ou sa demande de modification de la demande, ou lorsque le détenteur de données souhaite contester la demande, l’affaire est portée devant l’autorité compétente visée à l’article 31.

6. Lorsque l’organisme du secteur public ou l’institution, l’organe ou l’organisme de l’Union souhaite contester le refus d’un détenteur de données de fournir les données demandées, ou sa demande de modification de la demande, ou lorsque le détenteur de données souhaite contester la demande, l’affaire est portée devant l’autorité compétente visée à l’article 31.

7. (nouveau) Le détenteur de données les fournit dans un format qui est compréhensible pour leur destinataire et se prête à être lu par un logiciel de type courant et, le cas échéant, qui est ouvert et compte parmi ceux que mentionne la réglementation technique d’interopérabilité prévue dans le recueil des normes qui existe dans la législation en vigueur de l’Union européenne ou de chacun de ses États membres ou de ceux de l’Espace économique européen.

Exposé des motifs

Le règlement devrait comporter des dispositions précises concernant les délais à respecter pour communiquer les données demandées, sans préjudice du droit de leur détenteur à refuser la demande ou à réclamer sa modification.

Il convient que les parties prenantes puissent lire et exploiter les données qui doivent être mises à disposition en cas d’urgence en employant pour ce faire des logiciels et des systèmes usuels. Il y a lieu de garantir une neutralité technologique, grâce à l’attention prêtée à l’interopérabilité pour l’exploitation des données.

Amendement 11

Article 18, paragraphe 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

En cas de demande de données nécessaires pour réagir à une urgence publique, le détenteur de données peut également rejeter la demande ou demander sa modification s’il a déjà fourni les données demandées en réponse à une demande présentée précédemment pour la même finalité par un autre organisme du secteur public ou par une autre institution, un autre organe ou un autre organisme de l’Union et qu’il n’a pas été informé de la destruction des données conformément à l’article 19, paragraphe 1, point c).

En cas de demande de données nécessaires pour réagir à une urgence publique, le détenteur de données peut également rejeter la demande ou demander sa modification s’il a déjà fourni les données demandées afin de répondre à l’identique à une demande présentée précédemment pour la même finalité par un autre organisme du secteur public ou par une autre institution, un autre organe ou un autre organisme de l’Union et qu’il n’a pas été informé de la destruction des données conformément à l’article 19, paragraphe 1, point c).

Exposé des motifs

La précision préconisée est nécessaire, étant donné que les demandes d’informations émanant de différents acteurs du secteur public sont rarement identiques et que les données reçues deviennent rapidement dépassées.

Amendement 12

Ajouter un article après celui portant le numéro 19

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(nouveau titre) Traitement des données et accès du public aux documents officiels

(nouveau) L’obligation qu’impose la législation nationale d’un État membre de divulguer les documents officiels des pouvoirs publics ou, au contraire, de ne pas le faire, en vertu de ses dispositions relatives à la confidentialité, s’applique aux demandes et aux données visées dans le présent règlement, de manière que les mesures prises à son titre soient conciliables avec les impératifs de la publicité des textes officiels.

Exposé des motifs

Suivant les législations nationales, les informations ou les documents communiqués à une instance publique peuvent être mis à la disposition de tous, en vertu du principe de publicité de ces textes officiels. Dans ces cas de figure, ils sont soumis aux dispositions nationales concernant la confidentialité, y compris au titre du secret commercial.

Amendement 13

Article 20

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

3. (nouveau)

(a)

Lorsque le détenteur de données est une entreprise qui fournit des services d’intérêt économique général au sens du règlement (UE) no 360/2012 (*1) , la compensation pour la mise à disposition de données au titre de l’article 15 ne fait pas partie de celle octroyée pour la prestation de services d’intérêt économique général.

(b)

Lorsque le détenteur de données est une entreprise qui fournit des services d’intérêt économique général sur la base d’une décision spécifique au titre de la communication 2012/C 8/02 émise par la Commission sur l’application des règles de l’Union européenne en matière d’aides d’État aux compensations octroyées pour la prestation de services d’intérêt économique général, la compensation pour la mise à disposition de données au titre de l’article 15 doit être incluse dans le calcul de celle qui doit être versée pour les services d’intérêt économique général qui sont fournis par ledit détenteur des données.

Exposé des motifs

Le règlement à l’examen devrait préciser les règles concernant le calcul des compensations dans le cas des entreprises qui fournissent déjà des services d’intérêt économique général conformément au droit de l’Union européenne en vigueur ou de la législation arrêtée par les États membres pour le mettre en œuvre.

Amendement 14

Article 31, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Chaque État membre désigne une ou plusieurs autorités compétentes chargées de l’application et de l’exécution du présent règlement. Les États membres peuvent mettre en place une ou plusieurs nouvelles autorités ou s’appuyer sur des autorités existantes.

Chaque État membre désigne une ou plusieurs autorités compétentes qui auront pour responsabilités l’application du présent règlement et son exécution, ainsi que les lignes directrices concernant les bonnes pratiques, les compétences et l’élaboration d’un code de conduite en matière d’échange de données . Les États membres peuvent mettre en place une ou plusieurs nouvelles autorités ou s’appuyer sur des autorités existantes et associer les pouvoirs locaux et régionaux à la démarche .

Exposé des motifs

Il y aurait lieu de mettre en place un groupe d’experts ou une autorité à caractère spécifique dont la mission serait de fournir des lignes directrices concernant l’échange de données, d’élaborer un code de conduite relatif au partage d’informations et d’assurer la disponibilité des compétences requises.

Amendement 15

Article 31, paragraphe 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(j)

(nouveau) l’élaboration d’un code de conduite concernant le partage de données, qui mentionnera les objectifs communs, énumérera les cas dans lesquels des informations doivent être partagées au nom de l’intérêt général et précisera quels sont les jeux d’éléments communs qui doivent être fournis par les détenteurs de données.

Exposé des motifs

Il y a lieu de définir précisément le rôle du groupe d’experts ou de l’autorité à caractère spécifique qu’il convient de constituer.

II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

Observations générales

1.

accueille favorablement la proposition de règlement européen sur les données, en ce qu’elle entend donner l’assurance que la valeur qui est tirée de ces informations soit répartie équitablement entre les acteurs de l’économie des données, tout en s’employant à garantir que les collectivités locales et régionales puissent y accéder, à relever les défis d’ordre social et économique en la matière, à encourager l’innovation et à protéger les droits et les intérêts de toutes les parties concernées, s’agissant en particulier d’assurer la protection des données à caractère personnel;

2.

réserve bon accueil à la proposition, dès lors qu’elle s’assigne pour objectif de permettre une libre circulation des données à caractère non personnel, que ce soit entre les entreprises (B2B), du secteur privé aux pouvoirs publics (B2G), des administrations publiques aux entreprises (G2B), ainsi qu’entre ces administrations elles-mêmes (G2G). Il apparaît que la proposition à l’examen comporte une puissante incitation pour augmenter la confiance réciproque entre les entreprises privées et la puissance publique en ce qui concerne le traitement des données et définit des dispositions claires sur les arrangements contractuels relatifs au partage des données et aux compensations à verser pour leur utilisation. Ces échanges de données revêtent une grande importance pour qu’il soit possible d’assurer en la matière une mise en œuvre efficace au niveau national et infranational, et le Comité réitère que l’accès à ces informations constitue un enjeu crucial, en particulier pour les pouvoirs publics de l’échelon local et régional (1). Jusqu’à présent, l’autorégulation pratiquée sur une base volontaire s’est avérée déficiente, s’agissant de garantir qu’elles soient accessibles pour les administrations des communes et des régions;

3.

préconise qu’en plus des obligations légales qu’impose la proposition de règlement en ce qui concerne le partage des données, des mesures «douces» soient également prévues pour motiver leurs détenteurs en ce sens, par exemple sous la forme d’incitants financiers ou de plateformes d’échange de bonnes pratiques. Le Comité invite les collectivités locales et régionales à payer d’exemple, en offrant des services et des initiatives stratégiques qui sont fondées sur des données en temps réel;

4.

fait observer que la mise à disposition et le partage de la quantité croissante de données qui sont disponibles dans l’Union européenne, qu’elles soient de source industrielle ou publique, ou encore issues des équipements connectés et de l’internet des objets (IdO), constituent un moteur de croissance durable et d’innovation dont il conviendrait de tirer parti, dans le respect de la législation européenne et de celles des États membres qui régit la protection des données, la concurrence et le droit de la propriété intellectuelle;

5.

rappelle l’importance que revêtent les valeurs européennes pour évaluer les obligations de responsabilité des plateformes qui sont en position dominante sur le marché, en particulier dans le cas de celles dont les stratégies commerciales ont leur origine dans des États extérieurs à l’Union européenne, laquelle peut jouer un rôle primordial, s’agissant de doter l’économie fondée sur les données de règles novatrices qui pourront ensuite être diffusées dans des pays tiers;

6.

réclame que les procédures de passation de marchés publics et les programmes de financement des États membres prévoient des dispositions incitatives et des actions de recherche concernant la disponibilité et l’interopérabilité des données, ainsi que le développement des techniques d’anonymisation;

7.

demande que les partenaires sociaux soient davantage associés à l’élaboration de recommandations concernant l’utilisation des données aux fins d’augmentation de la productivité sur les lieux de travail, de manière à garantir que les droits des travailleurs soient respectés et qu’ils disposent des compétences appropriées;

8.

prend note que dans son règlement sur la gouvernance des données, la Commission propose d’établir un comité européen de l’innovation dans le domaine des données, qui balisera les décisions relatives au partage des données et à leur normalisation, et propose qu’une structure similaire soit créée au titre du chapitre IX du règlement sur les données qui fait l’objet du présent avis. Conformément aux recommandations émises lors de plusieurs ateliers portant sur le partage des données des entreprises avec les administrations (B2G), les autorités compétentes établies dans chaque État membre pourraient s’attacher à définir des objectifs communs, convenir des types d’informations à partager et élaborer une approche ou un code de conduite partagés;

Développement d’une économie locale fondée sur les données

9.

juge bienvenu qu’en matière de transfert de données, de nouvelles exigences contraignantes aient été établies, ayant en particulier pour effet de donner davantage de droits à ces petites et moyennes entreprises qui forment la colonne vertébrale de l’Union européenne, en réduisant leur dépendance vis-à-vis des grands détenteurs de données et en luttant contre la monopolisation opérée en la matière par les grandes multinationales;

10.

accueille favorablement la proposition de la Commission de mettre en place une «appréciation du caractère abusif» des conditions posées pour accéder à des données, afin de protéger les microentreprises et les petites et moyennes entreprises face à des obligations imposées unilatéralement par de grandes firmes, et se félicite qu’elle s’engage à développer des clauses contractuelles non contraignantes sur l’accessibilité des informations et leur utilisation, qui devraient renforcer la position de ces PME, sans leur imposer de surcoûts élevés, dans leurs négociations avec des tierces parties;

11.

réclame une clarification concernant l’accès aux données, en particulier dans les chaînes de valeur et les écosystèmes de données où des intervenants de taille réduite qui ont pris part à la constitution de jeux de données ne peuvent néanmoins pas accéder à ces informations qu’ils ont contribué à produire;

Partage de données pour utilisation par le secteur public

12.

fait valoir que l’utilisation d’informations relève de l’intérêt public, s’agissant de faire face aux situations d’urgence, de les prévenir, en étudiant les grandes évolutions qui peuvent les provoquer, ainsi que d’accroître la résilience face aux crises du futur. Les données revêtent également une importance cruciale pour jauger l’ampleur de la dégradation de l’environnement et du changement climatique et mettre en œuvre des mesures ciblées afin de lutter contre ces phénomènes, ainsi que pour concevoir des actions plus efficaces aux fins de prévenir la criminalité et d’assurer une protection contre le terrorisme;

13.

attache beaucoup d’importance à la possibilité que prévoit la proposition de faire obligation aux entreprises de partager leurs données, lorsque les autorités publiques leur adressent une demande en ce sens en lien avec des situations d’urgence et des besoins exceptionnels, ou encore dans la phase de rétablissement après qu’ils sont survenus. Les données générées par des machines pourraient, à l’avenir, représenter un paramètre de plus en plus important dans les situations de perturbations, et les pouvoirs locaux et régionaux se devront de les prendre en compte pour concevoir leurs plans d’urgence. Le règlement proposé ne détermine pas directement la manière dont ils pourront savoir quelles données sont disponibles sur les marchés et à quel prix;

14.

considère qu’il importe de préciser les exigences minimum qui s’appliquent à une demande de données formulée en vertu de l’article 17 du règlement envisagé, ainsi que les modalités précises de leur destruction au titre de son article 19. Les pratiques et détails spécifiques en la matière devront être arrêtés de commun accord au niveau de l’Union européenne;

15.

estime que s’agissant de la communication des données à fournir pour réagir à une situation d’urgence, il importe de veiller à ce que les instances du secteur public et les institutions, agences et organismes de l’Union puissent en prendre connaissance sans avoir à investir;

16.

fait remarquer que si le chapitre V du règlement sur les données autorise les intervenants du secteur public, dans certaines circonstances, à utiliser des données détenues par des entreprises, il convient que d’autres parties de ce même texte spécifient si les acteurs de l’échelon local et régional ont également d’autres rôles à jouer, comme ceux d’utilisateurs, de détenteurs ou de destinataires de données. Les définitions figurant dans la proposition à l’examen devraient faire l’objet d’un réexamen sous cet angle;

17.

relève que les pouvoirs publics, dont les collectivités locales et régionales, utilisent à des degrés divers les services de l’informatique en nuage. Le Comité appelle la Commission à établir un cadre clair et instaurer les meilleures conditions possibles pour encourager le recours à ces services en nuage. Il convient de veiller tout particulièrement à améliorer l’efficacité énergétique de l’informatique en nuage, suivant la démarche du «codage vert». Il serait possible de réduire considérablement le coût des technologies de l’information et de la communication au niveau des communes et des régions en intensifiant le recours aux processus existants en la matière et en mutualisant l’expertise dont disposent les structures tant privées que publiques;

18.

demande qu’en ce qui concerne l’utilisation des services en nuage et la coopération transfrontière entre les intervenants privés et les pouvoirs publics, l’on s’attaque aux lacunes existantes relatives à l’interopérabilité des données, sous ses quatre aspects, d’ordre juridique, organisationnel, sémantique et technique;

19.

souligne qu’il importe que le contenu des données soit normalisé jusqu’au niveau des métadonnées, étant donné que la compatibilité des informations communiquées sera d’autant plus élevée que la marge d’interprétation qu’elles nécessitent est réduite, et qu’ainsi l’on évitera de devoir consentir des dépenses supplémentaires, par exemple pour réaliser leur conversion;

20.

fait observer que les travaux relatifs à l’interopérabilité des données constituent une entreprise ardue et de longue haleine. Des ressources seront nécessaires pour mettre en œuvre un consensus et réunir les compétences en la matière, ainsi que pour procéder dans les systèmes aux modifications qui seront requises à cette fin;

21.

rappelle que l’interopérabilité et la qualité des données revêtent une importance cruciale et juge donc qu’il est judicieux de développer des démarches et des structures appropriées sur le plan organisationnel;

22.

note que les compétences spécifiques, le personnel et les dotations financières qui sont nécessaires pour utiliser les données, les partager et les mettre à disposition font souvent défaut, en particulier dans le cas des petites communes, des zones rurales et des petites et moyennes entreprises. Il convient que les États membres et l’Union européenne fournissent un soutien, offrent des exemples types de dispositions contractuelles non contraignantes et dispensent une assistance technique et pécuniaire afin de former des «experts en échanges de données», par exemple au titre des pôles européens d’innovation numérique qui entrent dans le cadre du programme pour une Europe numérique. La coopération avec les entrepreneurs et les jeunes pousses de l’échelon local, ainsi qu’avec les établissements d’enseignement supérieur de la région concernée, revêt une importance capitale pour partager les bonnes pratiques, créer une base pérenne de savoirs et de compétences et donner une plus grande aisance dans le maniement des données;

Proportionnalité et subsidiarité

23.

estime que le projet de règlement se conforme aux principes de proportionnalité et de subsidiarité. Dans ce domaine, l’action de l’Union européenne présente une valeur ajoutée évidente, étant donné que l’utilisation des données revêt une nature transfrontière et que l’initiative s’attaque aux obstacles qui empêchent les entreprises, les consommateurs et le secteur public de tirer un parti plus exhaustif de la valeur potentielle qu’elles recèlent.

Bruxelles, le 30 juin 2022.

Le président du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


(*1) Règlement (UE) no 360/2012 de la Commission du 25 avril 2012 relatif à l’application des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne aux aides de minimis accordées à des entreprises fournissant des services d’intérêt économique général.

(1) CdR 5356/2020.


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15/12/2022

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