| CELEX | 52023XC01559 |
| Type | Communication |
| Date | jeudi 21 décembre 2023 |
| Journal officiel | FR Séries C |
| C/2023/1559 | 21.12.2023 |
COMMUNICATION DE LA COMMISSION
sur l’initiative citoyenne européenne (ICE) «Fur Free Europe»
(C/2023/1559)
1. INTRODUCTION: L’INITIATIVE CITOYENNE
Les citoyens de l’Union européenne (UE) peuvent inviter la Commission européenne à soumettre une proposition sur des questions pour lesquelles ils considèrent qu’un acte juridique de l’Union est nécessaire aux fins de l’application des traités. Pour ce faire, ils doivent présenter une initiative citoyenne européenne (ICE) en vertu de l’article 11, paragraphe 4, du traité sur l’Union européenne, qui exige la collecte des signatures d’au moins un million de ressortissants répartis dans un nombre significatif d’États membres. Le règlement (UE) 2019/788 (1) (ci-après le «règlement ICE») établit des règles détaillées concernant les ICE.
«Fur Free Europe» (2) («Pas de fourrure en Europe») est la dixième ICE à être soumise à l’examen de la Commission après avoir atteint les seuils requis par le traité sur l’Union européenne et le règlement ICE. Il s’agit également de la sixième initiative couronnée de succès en rapport avec les animaux et de la quatrième initiative fructueuse examinée par la Commission en 2023.
Par cette initiative, les citoyens invitent la Commission à prendre des mesures pour interdire: i) la détention et la mise à mort d’animaux dans le but exclusif ou principal de produire de la fourrure et ii) la mise sur le marché de l’UE de fourrure d’animaux d’élevage et de produits en contenant. Les organisateurs énumèrent ainsi leurs raisons en faveur d’une interdiction de l’élevage d’animaux à fourrure à l’échelle de l’UE:
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Faisant suite à la demande des organisateurs du 25 janvier 2022, la Commission a enregistré l’initiative (3) le 16 mars 2022. Le 14 juin 2023, les organisateurs ont présenté l’initiative à la Commission après vérification des déclarations de soutien par les autorités des États membres.
Les organisateurs ont détaillé les objectifs de l’initiative lors d’une réunion avec la Commission le 20 juillet 2023 ainsi qu’au cours d’une audition organisée par le Parlement européen le 12 octobre 2023 (4). Lors de ces réunions, les présentations des organisateurs ont porté sur les visons, les renards, les chiens viverrins et les chinchillas et ont souligné que les lapins sont couverts par l’ICE «End the Cage Age» (5). À l’heure actuelle, aucune autre espèce animale n’est élevée aux fins exclusives ou principales de la production de fourrure dans l’Union. Dans le cadre de la discussion sur les risques pour la santé animale et humaine, les organisateurs ont également évoqué des cas récents de grippe aviaire dans des élevages d’animaux à fourrure au sein de l’UE.
Par ailleurs, le Comité économique et social européen (CESE) a organisé un débat sur l’initiative le 20 septembre 2023 (6) tandis que le Parlement européen a tenu un débat en session plénière le 19 octobre 2023 (7).
La présente communication expose les conclusions juridiques et politiques de la Commission sur l’initiative, l’action que cette institution compte entreprendre pour répondre à l’initiative ainsi que le calendrier prévu, en application de l’article 15, paragraphe 2, du règlement ICE.
2. CONTEXTE
Aux termes de l’article 13 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) (8), lorsqu’ils formulent et mettent en œuvre la politique de l’Union dans les domaines de l’agriculture, de la pêche, des transports, du marché intérieur, de la recherche et développement technologique, l’Union et les États membres tiennent pleinement compte des exigences du bien-être des animaux en tant qu’êtres sensibles, tout en respectant les dispositions législatives ou administratives et les usages des États membres en matière notamment de rites religieux, de traditions culturelles et de patrimoines régionaux. Par ailleurs, l’article 114 du traité prévoit également que les actions de l’Union sur le marché intérieur doivent garantir un niveau élevé de protection de la santé humaine et de l’environnement.
Les articles 168 et 191 du TFUE constituent la base juridique des politiques de l’Union en matière de protection de la santé et de l’environnement. Ils exigent aussi un niveau élevé de protection qui, en ce qui concerne l’environnement, doit être intégrée dans la définition et la mise en œuvre des politiques et actions de l’Union, en application de l’article 11 du TFUE.
Le règlement (UE) 2022/2371 (9) contient des dispositions visant à garantir la prévention des épidémies et pandémies, ainsi que la préparation et la réaction à celles-ci, y compris celles causées par des zoonoses touchant l’UE, en renforçant la surveillance et l’alerte précoce et en intégrant le principe «Une seule santé» dans les politiques de santé.
2.1. Contexte historique
2.1.1. Recommandations du Conseil de l’Europe sur le bien-être des animaux à fourrure
En mars 1976, les États membres du Conseil de l’Europe ont adopté la Convention européenne sur la protection des animaux dans les élevages (10).
En juin 1999, le comité permanent de la Convention européenne sur la protection des animaux dans les élevages (Conseil de l’Europe) a adopté une recommandation (11) concernant les animaux à fourrure. L’UE a ratifié la Convention du Conseil de l’Europe sur la protection des animaux dans les élevages sur la base de la décision no 78/923/CEE du Conseil (12), de sorte que tant la Convention que toute recommandation adoptée en vertu de celle-ci font partie de l’ordre juridique de l’Union.
La recommandation prévoit des exigences minimales concernant l'entretien et l’inspection des animaux à fourrure, notamment en ce qui concerne les enclos, le logement et les équipements, l'exploitation, les changements de phénotype et/ou génotype, la mise à mort, la recherche et d’autres dispositions complémentaires.
Les dispositions spéciales relatives aux espèces les plus fréquemment élevées en exploitation comprennent des recommandations sur l’espace minimal, ainsi qu’une recommandation visant à améliorer encore le système d’hébergement afin de réduire au minimum le risque de maladies et de blessures et de fournir un environnement stimulant, qui permette de répondre aux besoins biologiques des animaux, tels qu’ils ressortent des études réalisées sur les animaux dans la nature et dans des conditions d’élevage.
Dans la recommandation, il est également reconnu qu’à ce moment là, il n’existait pas suffisamment de preuves scientifiques sur les exigences en matière de bien-être des animaux à fourrure pour permettre l’adoption de dispositions détaillées en vue de la mise en œuvre de tous les principes énoncés au chapitre I de la Convention sur la protection des animaux dans les élevages.
2.1.2. Le système de certification facultatif du secteur — WelFur
Afin d’évaluer le bien-être des animaux à fourrure dans les conditions d’élevage existantes, un ensemble facultatif de normes relatives au bien-être des animaux d’élevage à fourrure (WelFur) a été élaboré par le secteur sur le fondement du projet de recherche «Welfare Quality» (qualité du bien-être), financé par la Commission européenne. Le projet «Welfare Quality» s’appuie sur la science pour élaborer un système d’évaluation du niveau de bien-être animal dans les élevages. Sur cette base, le secteur a mis au point un système qui n’évalue pas le bien-être en termes absolus mais qui fournit une méthode pour classer les élevages dans le cadre des pratiques actuelles.
Le programme WelFur (13) sert de système de certification privé pour les élevages de visons, de renards argentés et de renards bleus et de chiens viverrins. Le dernier système de certification, relatif aux chiens viverrins, a été lancé en 2019. Les élevages qui ne sont pas certifiés WelFur ne peuvent pas vendre leurs peaux par l’intermédiaire des maisons internationales de vente aux enchères. Le système de certification au niveau de l’élevage (14) repose sur 22 mesures et 4 principes (logement, alimentation, santé et comportement approprié) et est encore subdivisé en 12 critères de bien-être (15), plus une évaluation globale.
Selon le secteur, entre 2017 et la première partie de l’année 2023, des évaluations ont été réalisées dans 14 913 élevages, et les données correspondantes ont été collectées.
Le secteur indique que WelFur sert également de système d’étiquetage facultatif à l'intention des consommateurs, leur permettant de savoir si la fourrure provient d'élevages européens et certifiés d’animaux à fourrure (16).
Les ONG actives dans le domaine du bien-être animal considèrent que WelFur n’est pas un système efficace pour évaluer le bien-être de chaque animal. Elles ont présenté leur point de vue dans le rapport intitulé «Certified cruel. Why WelFur fails to stop the suffering of animals on fur farms» (Certifié cruel - Pourquoi WelFur ne parvient pas à mettre un terme à la souffrance animale dans les élevages d’animaux à fourrure) (17). Elles soulignent en particulier que WelFur est conçu autour des systèmes de cages actuels et n’exige pas que les visons aient un accès à l’eau, ni que les renards aient un accès à des parois qu’ils pourraient creuser, ce qui ne répond pas aux besoins comportementaux naturels de ces animaux.
2.1.3. Avis scientifique de 2001 sur le bien-être des animaux détenus pour la production de fourrure
En 2001, le comité scientifique de la santé et du bien-être des animaux au sein de la Commission européenne a adopté un rapport sur le bien-être des animaux détenus pour la production de fourrure (18), qui traite du bien-être de certaines espèces utilisées pour cette production.
Le rapport se concentrait sur l’évaluation scientifique du bien-être des animaux destinés à la production de fourrure et révélait que les systèmes d’élevage utilisés au moment de l’évaluation posaient de graves problèmes pour toutes les espèces d’animaux élevés à cette fin. Il encourageait l’adoption de mesures correctives et soutenait les efforts visant à repenser les systèmes d’hébergement pour répondre aux besoins de ces animaux.
Le rapport concluait qu’il y avait lieu d’améliorer considérablement les cages et les pratiques et méthodes d'exploitation utilisées pour l’élevage des visons et des renards afin d’offrir un environnement suffisamment complexe pour stimuler les comportements normaux, tels que le jeu et l’exploration.
2.2. Cadre stratégique actuel de l’UE
2.2.1. Cadre juridique actuel de l’UE pour les animaux à fourrure
Il n’existe actuellement aucune législation européenne spécifique en matière de bien-être animal pour les animaux destinés à la production de fourrure. La directive 98/58/CE (19) du Conseil du 20 juillet 1998 concernant la protection des animaux dans les élevages, qui couvre aussi les animaux destinés à la production de fourrure, fixe des exigences minimales générales pour la protection des animaux d'élevage. Cette protection passe par l’application de principes généraux.
Conformément aux dispositions de cette directive, les animaux doivent être suffisamment soignés, leur liberté de mouvement ne doit pas être entravée de telle manière que cela leur cause des souffrances ou des dommages inutiles et les animaux confinés doivent disposer d’un espace approprié à leurs besoins physiologiques et éthologiques, conformément à l’expérience acquise et aux connaissances scientifiques. La directive prévoit également des exigences générales concernant l’alimentation et l’abreuvement, les conditions d’hébergement, les inspections, les soins vétérinaires et autres traitements nécessaires le cas échéant, ainsi qu’en matière de procédures d’élevage. Ces règles sont fondées sur la Convention européenne sur la protection des animaux dans les élevages (20).
2.2.2. Cadre stratégique actuel de l’UE: le pacte vert et la stratégie «De la ferme à la table»
Le 20 mai 2020, la Commission européenne a adopté la stratégie «De la ferme à la table» dans le cadre du pacte vert pour l’Europe. Cette stratégie aborde de manière globale les défis à relever pour parvenir à des systèmes alimentaires durables et reconnaît les liens inextricables entre la santé des personnes, la santé des sociétés et la santé de la planète. La stratégie souligne qu’un meilleur bien-être animal améliore la santé des animaux et la qualité des aliments, peut concourir à préserver la biodiversité, contribue à la lutte contre la résistance aux antimicrobiens et empêche la propagation ou l’émergence de zoonoses.
La stratégie annonce l’intention de la Commission de réviser la législation de l’Union en matière de bien-être animal en vue de l’aligner sur les données scientifiques les plus récentes, d’élargir son champ d’application, de faciliter son application et, en définitive, d’élever le niveau de bien-être animal. La Commission a également annoncé qu’elle étudierait les possibilités de réglementer l’étiquetage relatif au bien-être animal.
La première étape de cette révision a été la publication, en octobre 2022, d’une évaluation de la législation existante en matière de bien-être animal («bilan de qualité») (21). Les résultats du bilan de qualité de la législation sur le bien-être animal montrent que, malgré les progrès accomplis, il est nécessaire de répondre, dans la future réglementation, aux attentes croissantes de la société, aux préoccupations éthiques, aux évolutions scientifiques et technologiques et aux défis futurs en matière de durabilité.
Les résultats de nombreuses consultations publiques, enquêtes eurobaromètres et autres, ainsi que le nombre d’ICE couronnées de succès dans ce domaine, montrent que les citoyens attendent une meilleure protection des animaux d’élevage. Selon l’enquête Eurobaromètre (22) publiée le 19 octobre par la Commission européenne, une grande majorité d’Européens (84 %) estime que le bien-être des animaux d’élevage devrait être mieux protégé dans leur pays qu’il ne l’est aujourd’hui. En ce qui concerne l’élevage d’animaux à fourrure, plus de la moitié des personnes interrogées (57 %) estime qu’il devrait être strictement interdit dans l’UE, tandis que près d’un tiers (32 %) pense qu’il ne devrait être maintenu que si les conditions de bien-être sont améliorées.
La Commission travaille actuellement à la révision des règles existantes en matière de bien-être animal. Dans un premier temps, elle a décidé de publier, en même temps que la présente communication, une proposition de révision des règles de l’UE relatives au bien-être animal pendant le transport ainsi qu’une proposition de nouvelles règles sur le bien-être des chats et des chiens. Dans un second temps, la Commission envisage un dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture afin d'encourager la discussion sur les systèmes alimentaires en tant que tels et d'éclairer les travaux futurs sur le bien-être animal et la durabilité au sens large.
2.2.3. Dimension «Une seule santé» et réponse stratégique
Pierre angulaire des mesures préventives, la biosécurité est un facteur clé pour les élevages d’animaux à fourrure en vue de prévenir les maladies, y compris les infections par les virus de la COVID-19 (SARS-CoV-2) et de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). Le risque de débordement zoonotique est toujours présent, que ce soit dans la nature, au sein d’un ménage ou dans le système agricole. Les animaux d’élevage sont détenus dans un cadre prévoyant des conditions de surveillance, de contrôle et de biosécurité qui minimisent ce risque.
Les États membres de l’UE, la Commission européenne, ainsi que des agences clés telles que le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), assurent une surveillance constante, favorisant l’alerte précoce, la préparation et la réaction aux menaces zoonotiques. La législation de l’UE en matière de santé publique et de santé animale a mis en place des structures, des mécanismes et de capacités de réaction, notamment en améliorant la disponibilité rapide des contre-mesures médicales, afin de réagir à toute épidémie majeure.
En ce qui concerne le risque que représente le virus SARS-CoV-2 dans les élevages d’animaux à fourrure, plusieurs évaluations ont été réalisées par l’EFSA et l’ECDC (23). La dernière évaluation réalisée par l’EFSA et l'ECDC (24) conclut que l’introduction du virus dans les élevages d’animaux à fourrure se produit généralement par l’intermédiaire de personnes infectées et qu’il est possible de contrôler ce phénomène en testant systématiquement les personnes entrant dans les élevages et en assurant une biosécurité adéquate, par exemple au moyen de mesures d’atténuation des risques (comme le port d’équipements de protection individuelle) par les personnes accédant aux élevages de visons.
L’analyse génomique du SARS-CoV-2 a mis en évidence des foyers épidémiques propres au vison qui sont susceptibles de se propager à la population humaine. Dans la situation épidémiologique actuelle de l’Union, marquée par une diminution substantielle des foyers dans les élevages de visons et par l’acquisition d’un certain niveau d’immunité au SARS-CoV-2 par une majorité de la population humaine, le risque que représente pour la population générale l'existence de visons infectés est considéré comme très faible à faible.
Par ailleurs, l’année dernière, en raison de la vaste zone géographique de circulation du virus de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) parmi les oiseaux sauvages, il y a eu une augmentation de la fréquence des infections chez les mammifères sauvages et d'élevage, y compris dans plusieurs élevages d’animaux à fourrure (25). La protection (26) des mammifères d’élevage contre les virus des oiseaux sauvages (en particulier ceux des oiseaux de mer et des oiseaux aquatiques migrateurs) devrait être une priorité.
Des rapports (27) présentant les résultats des évaluations conjointes de l’EFSA, de l’ECDC et du laboratoire de référence de l’Union européenne (LRUE) sur la situation épidémiologique de l’influenza aviaire en Europe et dans le monde, notamment chez les mammifères, sont publiés au moins tous les trois mois. D'après ces évaluations conjointes, les virus de l’influenza aviaire du clade 2.3.4.4b A (H5) qui circulent actuellement en Europe continuent de présenter un risque d’infection faible pour le grand public dans les pays de l’UE/EEE, et un risque faible à modéré pour les groupes exposés, pour des raisons professionnelles ou autres, à des animaux infectés par l’influenza aviaire (par exemple, les travailleurs des élevages en contact avec des animaux infectés). Les analyses de séquençage des virus de l’influenza aviaire isolés dans certains élevages d’animaux à fourrure suggèrent une possible transmission entre mammifères dans les élevages concernés. Les élevages d’animaux à fourrure où ces virus peuvent circuler pourraient constituer un cadre pour le réassortiment génomique, en particulier pendant les saisons d’automne et d’hiver, lorsque des virus de grippe humaine circulent également en parallèle.
Cette situation rend l’approche «Une seule santé» nécessaire pour y faire face. Les services de la Commission européenne ont donc convoqué plusieurs réunions du comité de sécurité sanitaire (CSS) et organisé des réunions conjointes avec les chefs des services vétérinaires de l’UE, en vue d’assurer un suivi constant et une capacité de réaction rapide.
Le CSS travaille actuellement à définir une position sur l’IAHP, accompagnée de propositions de mesures à envisager par les États membres en vue de favoriser la collaboration entre les autorités de santé publique et les autorités vétérinaires dans le cadre de l’approche «Une seule santé».
2.2.4. Politiques de l’UE en matière d’espèces exotiques envahissantes
Les espèces exotiques envahissantes (EEE) sont des animaux (et des plantes) introduits accidentellement ou délibérément par l’homme sur un territoire situé en dehors de leur aire de répartition naturelle. Elles constituent une menace majeure pour les animaux (et les plantes) indigènes en Europe et sont l’une des principales causes de la perte de biodiversité. Le règlement sur les espèces exotiques envahissantes [règlement (UE) no 1143/2014, dit «règlement EEE»] (28) comprend un ensemble de mesures à adopter dans l’ensemble de l’UE à l'égard des ces espèces ainsi qu’une liste des EEE préoccupantes pour l’Union. Les espèces répertoriées sont considérées comme ayant une incidence négative sur la biodiversité, sont sélectionnées sur la base d’un processus d’évaluation des risques et sont soumises à des restrictions en matière de détention, d’importation, de vente, de reproduction, de culture et de libération dans l’environnement.
Des évaluations des risques ont été réalisées dans le cadre du règlement EEE pour deux espèces couramment présentes dans les fermes d’élevage d’animaux à fourrure, à savoir le chien viverrin (Nyctereutes procyonoides) et le vison d’Amérique (Neovison vison). Ces deux espèces ont une incidence négative sur la biodiversité. L’inscription du chien viverrin sur la liste soumet cette espèce aux restrictions susmentionnées, notamment l’interdiction du commerce de spécimens vivants, bien que des autorisations de poursuivre l’élevage de cette espèce aient été accordées à la Finlande et à la Pologne. Cela signifie qu’un nombre limité d’installations sont autorisées à poursuivre l’élevage de l’espèce, à condition de respecter des mesures qui limitent les risques pour l’environnement.
2.2.5. Politiques textiles de l’UE en ce qui concerne les produits en fourrure
Alors que la production de fourrure véritable est presque intégralement utilisée par le secteur du vêtement et des accessoires du vêtement , la législation actuelle de l’UE sur l’étiquetage de la fourrure dans les vêtements (et les produits connexes) se limite essentiellement à une seule disposition dans le règlement sur l’étiquetage des produits textiles (29). Il convient de noter que cette disposition exige simplement de faire figurer l’indication «Contient des parties non textiles d’origine animale» (qui peuvent, bien entendu, être de la fourrure véritable ou tout autre produit animal non textile comme le cuir, les plumes, les os, etc.). Cette disposition ne s’applique pas aux produits contenant 20 % ou plus de fourrure en poids.
Compte tenu de ce qui précède, ainsi que d’autres préoccupations politiques allant au-delà du bien-être animal, telles que l’incidence environnementale plus large des textiles et des produits connexes, l’information adéquate des consommateurs et l’intégrité du marché intérieur, la Commission a lancé, en août 2023, une révision du règlement sur l’étiquetage des produits textiles (30). Entre autres objectifs, cette révision vise à étudier la possibilité d’un étiquetage précis et plus détaillé relatif à la présence de fourrure véritable dans tous les vêtements et certains produits connexes, notamment les accessoires vestimentaires. Plusieurs acteurs du secteur et de la protection de l’environnement ont déjà demandé et soutenu un tel étiquetage, même s’ils ont des points de vue différents quant à ses modalités. Dans le cadre de l’appel à contributions (31) visant à réviser les règles de l’UE en matière d’étiquetage des produits textiles, près d’un quart (32) des répondants était favorable à un étiquetage détaillé, harmonisé et parfois même obligatoire de la fourrure véritable, et aucun ne s’opposait à l’étiquetage de la fourrure véritable dans les textiles et les produits connexes.
2.2.6. Le contexte de politique commerciale de l’UE
Dans sa communication intitulée «Réexamen de la politique commerciale – Une politique commerciale ouverte, durable et ferme» (33), adoptée le 18 février 2021, la Commission a souligné que les importations devaient être conformes aux réglementations et normes applicables dans l’UE et que, dans certaines circonstances prévues par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), il convenait que l’Union impose le respect de certaines exigences de production pour les produits importés. La légitimité de l’application aux importations de certaines exigences de production peut être fondée sur la nécessité de protéger l’environnement ou de répondre à des préoccupations éthiques. Lorsque cette ligne de conduite est adoptée, elle doit l’être dans le plein respect des règles de l’OMC, notamment les principes de non-discrimination et de proportionnalité, afin d’éviter toute perturbation inutile des échanges. Il est également possible de promouvoir des normes plus élevées en matière de bien-être animal dans le cadre d’accords commerciaux bilatéraux.
Dans son rapport de juin 2022 sur l’« Application des normes sanitaires et environnementales de l’Union aux produits agricoles et agroalimentaires importés » (34), la Commission a reconnu que l’UE disposait effectivement d’une latitude au niveau des politiques pour faire appliquer aux produits importés des prescriptions sanitaires, environnementales et éthiques (y compris en matière de bien-être animal) concernant les procédés et méthodes de production de façon compatible avec l’OMC. Dans le même temps, le rapport a montré qu’avant d’appliquer ces normes de production aux importations, il était toujours essentiel de procéder à une évaluation au cas par cas et d’analyser soigneusement chaque situation en fonction de ses caractéristiques propres.
2.3. Analyse de la situation actuelle en ce qui concerne le marché intérieur et les échanges
2.3.1. Production dans les États membres de l’UE, mesures et positions nationales
En 2023, selon les données du secteur européen de la fourrure, environ 1 088 élevages de visons, renards et chiens viverrins étaient actifs dans l’UE, représentant environ 7,7 millions d’animaux répartis comme suit:
Tableau 1
Nombre d’élevages dans l’UE par État membre et par espèce
| Pays | Élevages de visons 2023 | Production vison 2022 | Élevages de renards 2023 | Production renard 2022 | Élevages de chiens viverrins 2023 | Production chien viverrin 2022 |
| Bulgarie | 1 | 90 000 |
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| Danemark | 4 | - |
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| Espagne | 28 | 450 000 |
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| Finlande | 157 | 500 000 | 365 | 700 000 | 60 | 70 000 |
| Grèce | 91 | 1 400 000 |
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| Lituanie | 88 | 1 160 000 |
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| Lettonie | 4 | 360 000 |
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| Pologne | 234 | 3 400 000 | 35 | 30 000 |
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| Roumanie | 2 | 207 601 |
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| Suède | 19 | 200 000 |
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| 628 | 7 767 601 | 400 | 730 000 | 60 | 70 000 |
| Nombre total d’élevages: | 1 088 |
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| Source: Fur Europe et données des États membres. | ||||||
Les chiffres indiqués dans le tableau 1 pour la production actuelle de vison en Lettonie et en Lituanie seront ajustés à partir de 2027/2028, puisque la production cessera en raison des interdictions nationales. En ce qui concerne les chinchillas, l’UE produit environ 220 000 peaux par an (35). On ne dispose pas de données précises pour tous les États membres. En 2023, il y avait en Estonie 231 chinchillas répartis dans quatre élevages, mais la production de fourrure sera interdite dans cet État membre à compter du 1er janvier 2025. La Roumanie comptait en 2023 sept élevages de chinchillas, rassemblant 7 514 animaux, alors que l’Espagne en dénombrait trois. Les autres pays possédant des élevages de chinchillas sont le Danemark, la Hongrie, la Lituanie et la Pologne.
Dix-sept États membres ont adopté des interdictions totales ou partielles de l’élevage d’animaux à fourrure, dont la portée et les dates d’application diffèrent:
Tableau 2
Interdictions nationales dans les États membres de l’UE
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| État membre de l’UE | Adoption de l’interdiction | Portée de l’interdiction | Entrée en vigueur de l’interdiction |
| 1 | Autriche | 2005 | Tous les élevages d’animaux à fourrure | 2005 |
| 2 | Belgique (Flandre) Belgique (Wallonie) Belgique (Bruxelles) | 2019 2015 2016 | Tous les élevages d’animaux à fourrure | 2023 2015 2016 |
| 3 | Tchéquie | 2017 | Tous les élevages d’animaux à fourrure | 2019 |
| 4 | Croatie | 2007 | Tous les élevages d’animaux à fourrure | 2017 |
| 5 | Danemark | 2009 | Renards | 2009, avec période transitoire jusqu’en 2023 |
| 6 | Estonie | 2021 | Tous les élevages d’animaux à fourrure | 2025 |
| 7 | France | 2021 | Visons d’Amérique et autres espèces non domestiques exclusivement destinées à la production de fourrure. Ne couvre pas les chinchillas et les lapins. | 2021 |
| 8 | Irlande | 2022 | Tous les élevages d’animaux à fourrure | 2022 |
| 9 | Italie | 2021 | Tous les élevages d’animaux à fourrure | 2022 |
| 10 | Lettonie | 2022 | Tous les élevages d’animaux à fourrure | 2028 |
| 11 | Lituanie | 2023 | Tous les élevages d’animaux à fourrure | 2027 |
| 12 | Luxembourg | 2016 | Tous les élevages d’animaux à fourrure | 2018 |
| 13 | Hongrie | 2020 | Visons, renards, putois et ragondins, mais pas les chinchillas ou les lapins angoras. | 2020 |
| 14 | Malte | 2022 | Tous les élevages d’animaux à fourrure | 2022 |
| 15 | Pays-Bas | 2013 | Tous les élevages d’animaux à fourrure | 2021 (date d’entrée en vigueur avancée de 2024 au 8 janvier 2021 fin 2020) |
| 16 | Slovénie | 2013 | Tous les élevages d’animaux à fourrure | 2015 |
| 17 | Slovaquie | 2021 | Tous les élevages d’animaux à fourrure | 2025 |
En outre, la situation dans les autres États membres peut être résumée comme suit:
Tableau 3
État des lieux (36) dans les États membres qui n’ont pas interdit l’élevage d’animaux à fourrure
| 1 | Bulgarie | Des propositions visant à interdire l’élevage d’animaux à fourrure font actuellement l’objet d’un débat parlementaire. |
| 2 | Danemark | Le Danemark a suspendu l’élevage de visons fin 2020 en raison de la pandémie de COVID-19, mais a décidé de ne pas prolonger l’interdiction au-delà du 1er janvier 2023. Avant 2020, le Danemark était le premier producteur mondial de vison. |
| 3 | Allemagne | En 2017, l’Allemagne a adopté de nouvelles exigences pour l’élevage d’animaux à fourrure dans le but d’améliorer le bien-être animal, ce qui a conduit, en pratique, à la disparition progressive des activités en raison des coûts supérieurs aux bénéfices. |
| 4 | Grèce | Pas de débat parlementaire en cours sur une éventuelle interdiction de l’élevage d’animaux à fourrure. |
| 5 | Espagne | Le vison d’Amérique est considéré comme une espèce exotique envahissante. Dès lors, depuis 2013, les nouvelles exploitations ne sont autorisées que moyennant la mise en place de mesures préventives. En outre, un plan stratégique a été adopté en 2022, qui prévoit les mesures à adopter pour fermer les élevages de visons d’Amérique d’ici 2030, y compris un soutien financier à la reconversion. |
| 6 | Chypre | Il n’y a pas d’élevage d’animaux à fourrure à Chypre. |
| 7 | Pologne | Pas de débat parlementaire en cours sur une éventuelle interdiction de l’élevage d’animaux à fourrure. |
| 8 | Portugal | Il n’y a pas d’élevage d’animaux à fourrure au Portugal. |
| 9 | Roumanie | Des propositions visant à interdire l’élevage d’animaux à fourrure font actuellement l’objet d’un débat parlementaire. |
| 10 | Finlande | Pas de débat parlementaire en cours sur une éventuelle interdiction de l’élevage d’animaux à fourrure. Des débats ont toutefois lieu au sein de la société. |
| 11 | Suède | Le gouvernement a présenté une proposition visant à soutenir financièrement les éleveurs de visons qui abandonneront volontairement leurs activités entre 2024 et 2025, tout en lançant simultanément une révision de la législation sur le bien-être animal afin d’examiner s’il convient d’interdire l’élevage d’animaux à fourrure. |
En résumé, une fois que l’interdiction nationale lituanienne d’élever des animaux à fourrure sera entrée en vigueur en 2027, la Finlande, la Pologne et la Grèce seront les États membres dont la production de fourrure est la plus élevée et où aucun débat ni aucune décision n’ont lieu quant à une éventuelle interdiction à cet égard.
Les États membres ont exprimé leur position sur une éventuelle interdiction de l’élevage d’animaux à fourrure à l’occasion de deux réunions du Conseil «Agriculture et pêche», les 28 juin 2021 et 26 juin 2023. En 2021, douze États membres (37) s’étaient prononcés en faveur d’une interdiction européenne de l’élevage d’animaux à fourrure. En 2023, dix-sept États membres (38) ont soutenu l’idée d’une interdiction de l’élevage d’animaux à fourrure dans l’UE, tandis que la Grèce, la Finlande, la Pologne et le Danemark se sont prononcés contre.
Parmi les États membres favorables à une interdiction, plusieurs ont souligné la nécessité d’une approche européenne, les interdictions nationales pouvant conduire à une délocalisation de la production vers d’autres États membres. Les points de vue divergeaient quant à la nécessité d’introduire une interdiction européenne de commercialisation de la fourrure et des articles en fourrure dans l’UE, afin d’éviter qu’une interdiction à l’échelle européenne n’entraîne une délocalisation de la production en dehors de l’UE. Des avis divergents ont également été exprimés sur la mesure dans laquelle le risque zoonotique associé à l’élevage d’animaux à fourrure justifierait une interdiction de cette activité. Plusieurs États membres se sont prononcés en faveur de l’exclusion de certaines espèces d’une éventuelle interdiction européenne, comme les lapins et les chinchillas. Quelques-uns ont plaidé en faveur de périodes de transition suffisantes.
Parmi les quatre États membres opposés à une interdiction européenne, deux ont invoqué les retombées économiques et ont fait valoir que l’élevage d’animaux à fourrure était une production agricole essentielle dans certaines zones, qui constituait une source de revenus pour les communautés rurales. Les deux autres États membres estimaient qu’une interdiction serait disproportionnée et que la production pouvait se faire selon des normes de bien-être animal fondées sur des données scientifiques, sans qu’une interdiction soit nécessaire.
2.3.2. Dimensions économique et sociale de l’élevage d’animaux à fourrure, de la confection et de la vente au détail de vêtements en fourrure dans l’UE
La production de fourrure concerne onze États membres de l’UE (seulement huit dans quelques années, lorsque les interdictions seront entrées en vigueur en Lettonie, en Lituanie et en Estonie) et affecte le bien-être de quelque 8,6 millions d’animaux. Les élevages d’animaux à fourrure sont détenus par des PME, dont une majorité de micro- et de petites entreprises. L’industrie de la fourrure compte un large éventail d’opérateurs économiques, dont des éleveurs, des trappeurs, des apprêteurs, des entreprises de confection, des courtiers, des maisons de vente aux enchères, des détaillants et des créateurs.
La valeur de la production de fourrure dans l’UE peut être résumée comme suit:
Tableau 4
Valeur de la production UE par espèce
| Espèce | Avant la COVID (19-20) | Au plus haut de l’impact de la COVID (21-22) | Post-COVID (22-23) |
| Vison | 357 600 000 € | 208 250 000 € | 297 000 000 € |
| Renard | 167 700 000 € | 104 200 000 € | 43 800 000 € |
| Chien viverrin | 7 644 000 € | 3 744 000 € | 4 550 000 € |
| Total | 532 944 000 € | 316 194 000 € | 345 350 000 € |
| Source: Fur Europe, valeur obtenue en multipliant la production de peaux dans l’UE par le prix moyen sur le marché international au cours des périodes concernées. | |||
Jusqu’à l’arrivée de la Covid-19 et la fermeture des élevages de visons aux Pays-Bas et au Danemark, l’UE était le plus grand producteur de fourrure au monde. Le Danemark était le plus important producteur de vison au niveau mondial, avec environ 12,5 millions de fourrures produites en 2019, soit 23 % des 56 millions de fourrures de vison produites au total à l’échelle de la planète (se partageant la première place avec la Chine presque tout au long de la décennie précédente). En 2021, la Chine est devenue le plus grand producteur de vison, de renard et de chien viverrin, produisant 6,87 millions de fourrures de vison. Toutefois, il est difficile de prédire l’évolution de la situation dans les années à venir.
La valeur totale des ventes sur le marché de l’UE enregistrées par le secteur de la confection de vêtements en fourrure s’élevait à 540 millions d’euros avant la crise de la COVID-19, les exportations atteignant une valeur d’environ 400 millions d’euros en 2019. Les derniers chiffres disponibles ont révélé une baisse significative du chiffre d’affaires dans l’EU-27 en 2020 (descendant jusqu’à 260 millions d’euros au total et à près de 230 millions d’euros en ce qui concerne les exportations) (39) en raison de la pandémie. Le secteur s’attend à une possible reprise de la production de l’UE à des niveaux proches de ceux de la Chine dans les années à venir.
En théorie, interdire la commercialisation de la fourrure et d’articles en fourrure provenant d’animaux d’élevage aboutirait à une substitution par de la fourrure synthétique. Néanmoins, selon le secteur de la fourrure, la fourrure véritable et la fourrure synthétique sont deux produits distincts occupant deux marchés différents qui ne se font pas nécessairement concurrence. Si la fourrure véritable occupe un marché de niche dans l’écosystème plus large de l’industrie vestimentaire, elle génère un rendement proportionnellement élevé. La fourrure véritable est surtout utilisée par des entreprises qui produisent des articles de mode haut de gamme, tant des marques internationales que de plus petites maisons – un segment où l’UE excelle et domine la scène mondiale. A contrario, la fourrure synthétique est principalement employée pour des vêtements et accessoires bon marché de mode éphémère.
Si plusieurs marques, de luxe ou non, ont récemment cessé d’utiliser de la fourrure d’élevage (40), il ne faut pas sous-estimer le chiffre d’affaires associé aux vêtements en fourrure. D’après une étude (41) disponible sur le site web d’un acteur du secteur (mais qui n’a pas fait l’objet d’un examen par les pairs), la valeur européenne de la vente au détail de fourrure (valeur du commerce de fourrure au niveau de la vente au détail, c’est-à-dire manteaux, accessoires, etc. en fourrure) était estimée à environ 4,8 milliards de dollars en 2020, ce qui est inférieur au niveau tendanciel (estimé à 6 milliards de dollars) en raison de l’incidence des mesures liées à la COVID-19 (fermeture des élevages de visons dans certains États membres).
Le nombre d’emplois à temps plein est estimé à dix par élevage (42) et, dans certaines régions, les activités de transformation sont directement reliées aux élevages de visons. Aucune estimation du nombre d’emplois qui dépendent de la production et de la commercialisation des vêtements en fourrure n’est disponible à ce stade. La production de fourrure génère des recettes fiscales pour les États et les municipalités. À titre d’illustration, pour la Finlande, les impôts et contributions du secteur de la fourrure à l’État finlandais et aux municipalités du pays s’élevaient en 2021 à 87 millions d’euros, selon la Finnish Fur Breeders’ Association (Association des éleveurs finlandais d’animaux à fourrure). Les emplois dans les élevages d’animaux à fourrure sont principalement localisés dans les zones rurales, où les offres d’emploi se font plus rares.
Dans de nombreux cas, les États membres qui ont introduit des interdictions nationales ont indemnisé les agriculteurs touchés par ces interdictions.
2.3.3. Le commerce de la fourrure et d’articles en fourrure
L’UE affiche un excédent commercial considérable en ce qui concerne la fourrure et les articles en fourrure. Si l’excédent provient en majeure partie de la vente de peaux brutes, l’UE enregistre également un excédent en ce qui concerne les vêtements en fourrure.
En 2022, la valeur des exportations de l’UE pour les articles en fourrure (43) s’élevait à quelque 3,5 milliards d’euros. Les dix premières destinations d’exportation pour l’UE entre 2018 et 2022 étaient la Chine (17 % des exportations de l’UE), les États-Unis (8 %), Hong Kong (6 %), le Viêt Nam (6 %), le Cambodge (6 %), la Thaïlande (4 %), le Royaume-Uni (5 %), la Tunisie (4 %), la Serbie (4 %) et la Corée du Sud (4 %).
La valeur des importations dans l’UE d’articles en fourrure en provenance de pays tiers était inférieure à celle des exportations et correspondait en 2022 à 2,7 milliards d’euros. Les dix principaux exportateurs à destination de l’UE entre 2018 et 2022 étaient le Brésil (13 % des importations européennes), les États-Unis (11 %), la Chine (7 %), le Royaume-Uni (7 %), la Turquie (5 %), l’Inde (5 %), l’Argentine (4 %), l’Afrique du Sud (3 %), le Nigeria (3 %) et la Nouvelle-Zélande (3 %).
3. RÉPONSE À L’INITIATIVE CITOYENNE EUROPÉENNE
3.1. Accueil réservé à l’initiative: mesures et délais
Ces dernières années, diverses études ont été publiées sur les animaux détenus en vue de la production de fourrure, telles que des études sur les effets comportementaux de l’intégration d’objets d’enrichissement dans les cages des visons (voir entre autres Hansen et al. (44), 2007; Meagher et Mason (45), 2012) et des renards (Korhonen et al (46)., 2003; Koistinen et al (47)., 2009). Toutefois, la communauté scientifique n’est toujours pas parvenue à un large consensus sur des aspects importants de leur détention et l’incidence de celle-ci sur leur bien-être. De même, aucun consensus n’a encore été atteint quant à la possibilité de créer, dans les élevages d’animaux à fourrure, les conditions minimales nécessaires au bien-être animal et, le cas échéant, sur la question de savoir quelles seraient ces conditions.
Les possibilités d’imiter les conditions naturelles (pour satisfaire à un comportement naturel) et l’effet sur le bien-être de ces animaux font l’objet d’études et donnent lieu, du moins jusqu’à présent, à des discussions peu concluantes et à des points de vue divergents. Par exemple, les avis divergent sur la question de savoir s’il convient de mettre de l’eau à disposition des visons pour leur permettre de nager ou dans quelle mesure le fait de nager est un comportement essentiel pour ces animaux.
Par conséquent, une évaluation scientifique actualisée qui permettrait de déterminer si les animaux à fourrure peuvent être élevés dans des conditions garantissant un niveau suffisant de bien-être animal fait actuellement défaut.
C’est pourquoi, en réponse à cette initiative citoyenne, la Commission européenne a mandaté l’EFSA le 5 décembre 2023 pour qu’elle produise un avis scientifique actualisé sur le bien-être des animaux à fourrure. Selon ce mandat, l’EFSA devra livrer un avis indépendant sur la protection des animaux détenus en vue de la production de fourrure (visons, renards, chiens viverrins et chinchillas). Dans le cadre de ce mandat, l’EFSA est invitée:
| a) | à fournir une analyse actualisée de la littérature existante relative au bien-être des animaux détenus en vue de la production de fourrure; |
| b) | à fournir un examen du ou des systèmes d’élevage les plus courants ainsi que des pratiques actuelles, ou d’autres systèmes expérimentés sur le terrain, pour l’élevage de visons, renards, chiens viverrins et chinchillas destinés à la production de fourrure; |
| c) | à mettre en lumière, en ce qui concerne les systèmes et pratiques d’élevage courants pour la production de fourrure de vison, renard, chien viverrin et chinchilla, les conséquences sur le bien-être les plus pertinentes et les dangers correspondants; |
| d) | pour les conséquences sur le bien-être les plus pertinentes, à déterminer si ces conséquences peuvent être évitées ou considérablement atténuées dans les conditions d’élevage actuelles ou dans d’autres systèmes d’élevage expérimentés sur le terrain, en ce qui concerne les visons, les renards, les chiens viverrins et les chinchillas. |
L’EFSA est invitée à rendre cet avis scientifique pour le mois de mars 2025.
À la lumière de l’avis de l’EFSA attendu en 2025, la Commission évaluera, dans un deuxième temps, la justification des interdictions réclamées par l’ICE «Fur Free Europe» et leur nécessité pour progresser vers les objectifs en matière d’environnement, de santé animale, de santé publique et de bien-être des animaux, en veillant à répondre concrètement aux préoccupations des consommateurs tout en garantissant le bon fonctionnement du marché intérieur. Elle évaluera en outre la proportionnalité de ces interdictions. L’évaluation comprendra une analyse des incidences économiques et sociales de telles interdictions dans l’UE. Elle devrait également inclure une analyse de la faisabilité et de l’adéquation d’autres approches envisageables pour garantir le bien-être des animaux d’élevage à fourrure, y compris l’introduction de règles plus strictes en matière de bien-être animal, et déterminer s’il convient d’appliquer aussi ces règles aux produits importés. Elle examinera de surcroît les moyens d’adapter d’éventuelles initiatives stratégiques aux évolutions futures.
Sur la base de l’avis de l’EFSA et des résultats de cette évaluation, la Commission indiquera, d’ici mars 2026, si elle estime opportun de proposer d’interdire, après une période de transition, l’élevage et la mise à mort de visons, renards, chiens viverrins ou chinchillas, et s’il convient de proposer d’interdire, après une période de transition, la mise sur le marché de l’Union de fourrure et d’articles en fourrure de vison, renard, chien viverrin ou chinchilla provenant d’élevages, ou encore d’adopter, grâce à la législation de l’Union, des normes appropriées pour mieux répondre aux nécessités du bien-être animal. Elle fournira ensuite de surcroît le calendrier envisagé pour toute mesure qu’elle pourrait proposer d’adopter.
3.2. Mesures d’accompagnement
3.2.1. Mesures d’accompagnement dans le cadre de l’approche «Une seule santé»
Des réunions entre le comité de sécurité sanitaire (CSS) et les chefs des services vétérinaires continueront d’être organisées pour suivre l’épidémiologie évoluante de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) et son incidence potentielle sur la santé publique.
Les évaluations conjointes réalisées à propos de la grippe aviaire par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et le laboratoire de référence de l’Union européenne se poursuivront de manière régulière et se pencheront sur les risques nouvellement identifiés suivant une approche itérative.
L’ECDC surveille en permanence les données relatives à la COVID-19, y compris génomiques, et effectue une surveillance des événements et une veille épidémiologique pour les grippes zoonotiques, notamment l’IAHP.
La Commission prévoit également d’effectuer, en 2024, trois visites de terrain dans les États membres qui possèdent des élevages de visons ou d’animaux à fourrure, afin de dresser un état des lieux des contrôles et des mécanismes relevant de l’approche «Une seule santé» qui sont en place dans ce contexte pour prévenir et détecter les menaces zoonotiques potentiellement pandémiques, comme le SARS-CoV-2 et la grippe aviaire, et pour faire face à ces menaces. Ces visites pourront également comporter le recueil d’informations sur le bien-être animal.
3.2.2. Les espèces exotiques envahissantes
La Commission met actuellement à jour l’évaluation des risques pour le vison d’Amérique (Neovison vison). En fonction des résultats de cette évaluation, la Commission décidera en 2024 s’il y a lieu de proposer l’inscription de cette espèce sur la liste du règlement relatif aux espèces exotiques envahissantes (règlement EEE).
3.2.3. Étiquetage de la fourrure dans les vêtements et accessoires vestimentaires
La Commission procède actuellement à une évaluation du règlement sur l’étiquetage des produits textiles, examinant la possibilité, sous réserve d’une analyse d’impact, d’harmoniser l’étiquetage informatif à l’intention des consommateurs, voire d’exiger un étiquetage informatif précis et détaillé, sur la présence de fourrure véritable dans tous les vêtements et articles connexes, tels que les accessoires vestimentaires. Les consommateurs pourraient alors orienter leurs choix de consommation de fourrure sur la base d’informations précises, facilement accessibles et fiables.
Plusieurs initiatives sont prévues en matière de consultation, y compris une consultation publique ouverte, qui doit être lancée avant la fin de l’année 2023.
La Commission finalisera l’évaluation et l’analyse d’impact au cours de l’année 2024. À la lumière des résultats de cette évaluation et de cette analyse d’impact, elle examinera l’opportunité d’une révision du règlement sur l’étiquetage des produits textiles.
4. CONCLUSION
L’initiative citoyenne européenne «Fur Free Europe» soulève des questions importantes qui s’inscrivent dans le cadre de la politique «Une seule santé», dont la finalité est de protéger les animaux, les êtres humains et l’environnement.
En réponse à cette initiative, la Commission esquisse des mesures devant permettre de rassembler un faisceau de données scientifiques solides pour évaluer les aspects sociaux, environnementaux, économiques et juridiques de la situation, notamment selon l’approche «Une seule santé».
Par conséquent:
| — | la Commission a demandé à l’EFSA de fournir, d’ici mars 2025, un avis scientifique pour lui permettre de prendre une décision en connaissance de cause; |
| — | sur la base de l’avis de l’EFSA et des résultats de son évaluation, la Commission indiquera, d’ici mars 2026, si elle estime opportun de proposer d’interdire, après une période de transition, l’élevage et la mise à mort de visons, renards, chiens viverrins ou chinchillas, et s’il convient de proposer d’interdire, après une période de transition, la mise sur le marché de l’Union de fourrure et d’articles en fourrure de vison, renard, chien viverrin ou chinchilla provenant d’élevages, ou encore d’adopter, grâce à la législation de l’Union, des normes appropriées pour mieux répondre aux nécessités du bien-être animal. |
| — | Dans l’attente de cette évaluation, la Commission prend des mesures en lien avec le bien-être animal, l’approche «Une seule santé» et les incidences environnementales de l’élevage d’animaux à fourrure:
|
(1) Règlement (UE) 2019/788 du Parlement européen et du Conseil du 17 avril 2019 relatif à l’initiative citoyenne européenne; (JO L 130 du 17.5.2019, p. 55).
(2) https://europa.eu/citizens-initiative/initiatives/details/2021/000006_fr
(3) Décision d’exécution (UE) 2022/482 de la Commission du 16 mars 2022 relative à la demande d’enregistrement de l’initiative citoyenne européenne intitulée «Fur Free Europe», en application du règlement (UE) 2019/788 du Parlement européen et du Conseil (JO L 98 du 25.3.2022, p. 82).
(4) https://www.europarl.europa.eu/committees/en/fur-free-europe/product-details/20231005ECI00161
(5) https://food.ec.europa.eu/animals/animal-welfare/eci-end-cage-age_en#end-the-cage-age
(6) https://www.eesc.europa.eu/en/news-media/press-releases/eesc-celebrates-success-fur-free-europe-citizens-initiative
(7) https://www.europarl.europa.eu/news/en/agenda/briefing/2023-10-16/16/parliament-to-debate-citizens-initiative-on-a-fur-free-europe
(8) Article 13 du traité http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:12012E/TXT
(9) Règlement (UE) 2022/2371 du Parlement européen et du Conseil du 23 novembre 2022 concernant les menaces transfrontières graves pour la santé et abrogeant la décision no 1082/2013/UE (JO L 314 du 6.12.2022, p. 26).
(10) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex%3A21978A1117%2801%29
(11) https://www.coe.int/t/e/legal_affairs/legal_co-operation/biological_safety_and_use_of_animals/farming/Rec%20fur%20animals%20E%201999.asp
(12) Décision 78/923/CEE du Conseil, du 19 juin 1978, concernant la conclusion de la convention européenne sur la protection des animaux dans les élevages (JO L 323, du 17.11.1978, p. 12).
(13) https://www.sustainablefur.com/animal-welfare/#:~:text=WelFur%20is%20a%20Europe-wide%20programme%20designed%20to%20assess,and%20is%20based%20on%20a%20purely%20scientific%20approach
(14) https://sustainablefur.com/wp-content/uploads/2018/12/WelFur_Briefing.pdf
(15) Absence de faim et de soif prolongées, confort de la nidification, confort thermique, facilité de mouvement, absence de blessures, absence de maladie, absence de douleur induite par les procédures d'exploitation, expression de comportements sociaux, expression d’autres comportements, bonne relation entre l’homme et l’animal, état émotionnel positif.
(16) https://www.furmark.com/traceability
(17) https://www.furfreealliance.com/wp-content/uploads/2020/01/CertifiedCruel_FFA-Research-Report-3.pdf
(18) https://food.ec.europa.eu/system/files/2020-12/sci-com_scah_out67_en.pdf
(19) JO L 221 du 8.8.1998, p. 23.
(20) https://rm.coe.int/1680076dad
(21) https://food.ec.europa.eu/system/files/2022-10/aw_eval_revision_swd_2022-329_fr.pdf
(22) https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_23_4951
(23) https://www.ecdc.europa.eu/sites/default/files/documents/RRA-SARS-CoV-2-in-mink-12-nov-2020.pdf et https://doi.org/10.2903/j.efsa.2021.6459
(24) https://efsa.onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.2903/j.efsa.2023.7822
(25) Une exploitation a été touchée en Espagne en 2022 et vingt-six élevages ont été atteints en Finlande en 2023.
(26) 7 Sims LD, Domenech J, Benigno C, et al., «Origin and evolution of highly pathogenic H5N1 avian influenza in Asia», Veterinary Record 157:159–64, 2005
(27) https://www.efsa.europa.eu/fr/topics/topic/avian-influenza#published-on-this-topic
(28) Règlement (UE) no 1143/2014 du Parlement européen et du Conseil du 22 octobre 2014 relatif à la prévention et à la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes (JO L 317 du 4.11.2014, p. 35).
(29) Article 12 du règlement (UE) no 1007/2011.
(30) https://single-market-economy.ec.europa.eu/sectors/textiles-ecosystem/regulation-eu-10072011_en
(31) https://ec.europa.eu/info/law/better-regulation/have-your-say/initiatives/13872-Textile-labelling-rules-revision-_fr; voir également la pétition no 0645/2019 au Parlement européen, disponible à l’adresse suivante: https://www.europarl.europa.eu/petitions/fr/petition/content/0645%252F2019/html/Petition-No-0645%252F2019-by-Joanna-Swabe-%2528Dutch%2529-on-insufficient-consumer-protection-under-EU-legislation-in-the-labelling-of-fur-products
(32) 26 avis sur 108 reçus (soit 24 %), dont 10 entreprises ou associations professionnelles (16,4 % de l’ensemble des entreprises ou associations d’entreprises présentant des observations) et 14 ONG (53,8 % des ONG ayant soumis des observations), ainsi qu’une autorité publique (le ministère espagnol de la consommation) et un citoyen européen. Il convient de noter que toutes les ONG qui ont abordé le sujet dans les réponses à l’appel à contributions, à l’exception d’une seule, sont spécialisées dans le bien-être animal, voire dans la lutte contre le commerce de fourrure véritable et son utilisation dans les produits.
(33) https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/qanda_21_645
(34) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:52022DC0226
(35) Données fournies par Fur Europe, sur la base des données transmises par ses membres agissant en tant qu’expéditeurs/courtiers de fourrures de chinchilla. Fur Europe est une organisation faîtière représentant toutes les parties du secteur de la fourrure en Europe, y compris les éleveurs d’animaux à fourrure, les préparateurs d’aliments, les maisons de vente aux enchères, les entreprises d’apprêt et de teinture, les fourreurs, les entreprises de confection, les créateurs et les détaillants.
(36) Données confirmées par les États membres en octobre 2023.
(37) AT, BE, BG, DE, EE, FR, IE, IT, LU, NL, SI, SK.
(38) AT, BE, BG, CZ, DE, EE, FR, HU, HR, IE, LV, LU, LT, MT, NL, SK, SI.
(39) Données basées sur les SSE d’Eurostat – NACE 14.20: Fabrication d’articles en fourrure.
(40) ZARA, Armani, Tom Ford, Prada, Gucci, Versace, Michael Kors, Jimmy Choo, DKNY, Burberry, Chanel, Calvin Klein, Hugo Boss, Furla et Ralph Lauren ont adopté une politique zéro fourrure, tout comme les plateformes de vente en ligne Net-A porter et Farfetch, tandis que H&M a renoncé à la fourrure d’élevage mais utilise toujours de la fourrure d’animaux exotiques.
(41) Henning Otte Hansen, Global fur retail value, Department of Food and Resource Economics, University of Copenhagen, mai 2021.
(42) Malmberg, B., et Moran, J., Fur Free Europe – Why we need to ban fur farming and the placement of farmed fur products on the European market from public health, legal, environmental and ethical perspectives, Fur Free Europe, 2022.
(43) Ce terme couvre les produits relevant du code SH 41 [peaux (autres que les pelleteries) et cuirs] et du code SH 43 (pelleteries et fourrures; pelleteries factices).
(44) Hansen, S. W., Malmkvist, J., Palme, R., & Damgaard, B. M., «Do double cages and access to occupational materials improve the welfare of farmed mink?», Animal Welfare, 16(1), 63-76, 2007.
(45) Meagher, R. K., & Mason, G. J., «Environmental enrichment reduces signs of boredom in caged mink», PloS one, 7(11), e49180, 2012.
(46) Korhonen, H. T., Jauhiainen, L., & Rekilä, T., «In-cage sandbox as a ground substitute for farmed blue foxes (Alopex lagopus): Effects on digging activity and welfare», Canadian journal of animal science, 83(4), 703-712, 2003.
(47) Koistinen, T., Turunen, A., Kiviniemi, V., Ahola, L., & Mononen, J., «Bones as enrichment for farmed blue foxes (Vulpes lagopus): interaction with the bones and preference for a cage with the bones», Applied Animal Behaviour Science, 120(1-2), 108-116, 2009.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/1559/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)