COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 25.9.2024
COM(2024) 420 final
COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS
Mise en œuvre de la stratégie de l’Union en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ pour la période 2020-2025
Œuvrer en faveur de l’égalité des personnes LGBTIQ
Le moment est venu de montrer [à la jeune génération] que nous sommes capables de construire un continent où vous pouvez être qui vous êtes, aimer qui vous voulez et vous fixer autant d’objectifs que vous le souhaitez.
Ursula von der Leyen (présidente de la Commission européenne)
Discours de 2023 sur l’état de l’Union, 13 septembre 2023.
Le 12 novembre 2020, la Commission européenne a adopté la stratégie en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ pour la période 2020-2025 , le tout premier cadre stratégique au niveau de l’UE qui vise à lutter spécifiquement contre les inégalités et les défis auxquels sont confrontées les personnes LGBTIQ. La stratégie contribue à la construction d’une Union de l’égalité, l’une des principales priorités de la Commission européenne, comme l’a souligné la présidente Ursula von der Leyen dans ses orientations politiques de 2019. La stratégie repose sur la vision d’une Europe où les citoyens, dans toute leur diversité, sont égaux et où ils sont libres de vivre leur vie quelle que soit leur orientation sexuelle, leur identité/expression de genre ou leurs caractéristiques sexuelles. Elle complète les initiatives existantes et à venir visant à promouvoir la dimension européenne de l’égalité au regard de l’ensemble des motifs de discrimination et dans tous les domaines de la vie.
L’acceptation sociale des personnes LGBTIQ n’a cessé d’augmenter dans l’ensemble de l’UE depuis l’adoption de la stratégie par la Commission. Selon l’Eurobaromètre spécial de 2023 sur la discrimination dans l’UE , les Européens sont désormais plus susceptibles qu’en 2019 de se sentir à l’aise avec un collègue gay, lesbienne, ou bisexuel — 75 % des personnes interrogées, + 3 points de pourcentage (p.p.) — ou si l’un de leurs enfants était en couple avec une personne du même sexe (59 %, soit + 4 p.p.). Ces chiffres sont toutefois plus faibles en ce qui concerne les personnes transgenres et intersexuées.
De même, les conclusions de la troisième enquête LGBTIQ de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) montrent que les personnes LGBTIQ sont plus ouvertes dans leur environnement social à propos de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou de leurs caractéristiques sexuelles qu’en 2019 (52 %, + 6 p.p.), cette tendance se manifestant plus clairement pour les personnes interrogées transgenres, non binaires, multigenres et intersexuées.
Dans le même temps, selon l’enquête de la FRA, les cas non signalés de discrimination, de violence et de harcèlement étaient fréquents parmi les personnes interrogées, conjugués à un manque de confiance dans les efforts déployés par les pouvoirs publics pour lutter contre les préjugés et l’intolérance. Seule une personne interrogée sur quatre (26 %) estime que les pouvoirs publics du pays dans lequel elle vit luttent efficacement contre les préjugés et l’intolérance à l’égard des personnes LGBTIQ, ce qui montre une baisse notable par rapport aux résultats de l’enquête de 2019 (33 %).
Selon les parties prenantes consultées par la Commission dans le cadre du présent rapport, la haine reposant sur la phobie des personnes LGTBIQ est aggravée par la montée des discours anti-genre et anti-LGBTIQ. Comme l’atteste l’enquête de la FRA, la plupart des personnes LGBTIQ (63 %) ont souvent ou toujours été confrontées en ligne à des déclarations haineuses sur la communauté LGBTIQ, faisant le plus souvent référence à la propagande LGBTIQ ou à l’«idéologie de genre». Cela s’est traduit par une augmentation considérable du harcèlement motivé par la haine, ciblant en particulier les personnes transgenres, non binaires, multigenres et intersexuées.
Afin d’intensifier les efforts de l’UE pour lutter contre la haine sous toutes ses formes, y compris à l’encontre des personnes LGBTIQ, la Commission européenne et le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ont adopté, en décembre 2023, une communication conjointe intitulée «Pas de place pour la haine: une Europe unie contre toute forme de haine».
Le présent rapport évalue la manière dont la stratégie actuelle a été mise en œuvre. Il analyse l’évolution de la situation des personnes LGBTIQ dans l’UE, les progrès accomplis et les domaines auxquels il y a lieu d’accorder davantage d’attention pour mettre pleinement en œuvre la stratégie d’ici à 2025. Le rapport donne également un aperçu de l’évolution de la situation au niveau national (y compris, le cas échéant, des plans d’action nationaux) et des consultations menées avec les principales parties prenantes.
La consultation a inclus les activités suivantes: i) un appel à contributions sur le portail «Donnez votre avis»; ii) des consultations ciblées avec 43 parties prenantes, y compris les États membres et des organisations de la société civile LGBTIQ; iii) une réunion avec les organisations faîtières LGBTIQ, dans le cadre du dialogue régulier de la Commission avec la société civile; iv) une discussion spécifique au sein du sous-groupe sur l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ, .
La principale conclusion tirée de ces activités de consultation était que la stratégie a constitué une étape importante dans le renforcement de l’égalité des personnes LGBTIQ en Europe. La stratégie fournit un objectif et un engagement politiques clairs en faveur de l’égalité, et a eu une incidence positive sur la situation des personnes LGBTIQ dans toute l’Europe.
Le présent rapport s’appuie également sur le rapport de 2023 sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de la stratégie et suit la structure de cette dernière, y compris un chapitre final sur la mise en œuvre de la stratégie.
I)Lutter contre la discrimination à l’encontre des personnes LGBTIQ
| La proportion de personnes LGBTIQ qui se sont senties discriminées dans leur vie quotidienne est passée de 42 % en 2019 à 36 % en 2023. | En 2023, 31 % des personnes intersexuées ont été victimes de discrimination lors de leur recherche d’emploi, contre 27 % en 2019. | La proportion de personnes LGBTIQ qui considèrent que les pouvoirs publics de leur pays luttent efficacement contre l’intolérance à l’égard des personnes LGBTIQ a connu une baisse impressionnante, passant de 33 % en 2019 à 26 % en 2023. |
Bien que la discrimination à l’encontre des personnes LGBTIQ demeure à un niveau élevé, elle diminue lentement dans l’ensemble de l’UE. Selon l’enquête de la FRA de 2023, 36 % des personnes interrogées se sont senties victimes de discrimination dans leur vie quotidienne au cours de l’année ayant précédé l’enquête, contre 42 % en 2019. Les personnes transgenres et intersexuées continuent toutefois de faire l’objet du plus grand nombre de discriminations.
Les résultats de la consultation menée avant le présent rapport ont confirmé que la Commission devrait continuer à encourager les États membres à garantir une protection juridique contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle. Les résultats plaident également pour une extension de la protection à plusieurs motifs dans des domaines clés, notamment l’identité ou l’expression de genre et les caractéristiques sexuelles.
L’adoption, en mai 2024, des directives 2024/1499 et 2024/1500 établissant des normes contraignantes pour les organismes chargés de l’égalité de traitement (c’est-à-dire les organismes nationaux qui soutiennent les victimes de discrimination) a marqué une progression significative dans la lutte contre la discrimination à l’égard des personnes LGBTIQ. Elles étendent le mandat des organismes chargés de l’égalité de traitement à la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle dans le domaine de l’emploi et du travail et visent à faire en sorte que les organismes chargés de l’égalité de traitement puissent contribuer efficacement à l’application des directives de l’UE sur l’égalité de traitement, dans le prolongement d’un rapport de 2021 sur l’application de la directive sur l’égalité en matière d’emploi .
Afin de combler une lacune importante dans la législation de l’UE en matière de non-discrimination, l’adoption de la proposition de directive sur l’égalité de traitement reste une priorité pour la Commission. La directive étendrait le champ d’application de la protection juridique contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle au-delà du domaine de l’emploi et du travail, cette protection étant actuellement régie par la directive sur l’égalité en matière d’emploi. La proposition est toujours en cours de négociation au sein du Conseil, l’unanimité requise n’ayant pas encore été atteinte.
La protection juridique contre la discrimination a encore été renforcée pour relever les défis posés par les nouvelles technologies. Le règlement sur l’intelligence artificielle (IA) adopté en juin 2024 interdit la mise en service de systèmes d’IA qui utilisent des données biométriques pour classer les personnes physiques en fonction de leur orientation sexuelle .
En outre, en 2022, la Commission a lancé la campagne #RightHereRightNow sur la charte des droits fondamentaux de l’UE, avec des messages clés et des visuels sur la non-discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et des liens vers des mécanismes de recours concrets dans tous les États membres de l’UE.
La Commission a encouragé la diversité et l’inclusion sur le lieu de travail, une question jugée essentielle par les parties prenantes lors de la consultation, au moyen de la plateforme européenne des chartes de la diversité . Dans le cadre du partage d’expériences et de bonnes pratiques permis par la plateforme, la Commission a organisé en 2021 deux ateliers sur l’égalité des personnes LGBTIQ et sur l’inclusion des personnes transgenres et intersexuées.
En ce qui concerne le propre personnel de la Commission, le bureau de la diversité et de l’inclusion, créé en 2021, qui met en pratique l’engagement en faveur d’un environnement de travail inclusif et exempt de discrimination, entretient un dialogue régulier avec les syndicats et l’association du personnel «Égalité» . La Commission fournit également un soutien et des orientations au personnel LGBTIQ dans le cadre de son plan d’action 2023-2024 en faveur de la diversité et de l’inclusion, y compris des conseils et un soutien juridique et administratif.
Dans le domaine de la santé, la Commission a agi pour s’attaquer aux lacunes dans la recherche concernant les personnes LGBTIQ, en lançant un appel à propositions relatif à l’accès des personnes en situation de vulnérabilité aux services de santé et de soins dans le cadre du programme de travail 2023-2024 d’Horizon Europe , avec un budget indicatif total de 30 millions d’euros.
En outre, le plan européen pour vaincre le cancer a pour engagement de tenir compte de la situation des groupes vulnérables, dont les personnes LGBTIQ. Le registre européen des inégalités face au cancer (ECIR) est une initiative phare de ce plan qui vise à recenser les tendances et les disparités en matière de prévention et de soins contre le cancer, y compris les inégalités auxquelles sont confrontés les groupes vulnérables.
Dans le cadre des travaux visant à réaliser l’espace européen de l’éducation (EEE) d’ici à 2025, le groupe de travail sur l’égalité et les valeurs dans l’éducation et la formation a publié en 2023 un document de réflexion sur la lutte contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, l’identité ou l’expression de genre et les caractéristiques sexuelles. Ce document met en évidence des pratiques inspirantes et encourage les États membres à améliorer une éducation sûre et inclusive pour les enfants et les jeunes LGBTIQ. En mai 2024, le groupe d’experts sur les environnements d’apprentissage favorables pour les groupes exposés au risque d’échec scolaire et le soutien au bien-être à l’école a publié deux séries de lignes directrices sur le bien-être et la santé mentale à l’école . Celles-ci comprenaient notamment des recommandations visant à protéger les enfants LGBTIQ contre diverses formes de violence et à veiller à ce que ces derniers ne soient pas marginalisés ou exclus, ainsi qu’une action ciblée sur les écoles visant à lutter contre tout stéréotype et toute idée fausse concernant les personnes LGBTIQ.
Dans le domaine de la recherche, un rapport publié par la Commission en 2022 dans le cadre du programme stratégique de l’Espace européen de la recherche 2022-2024 donne un aperçu des pratiques et politiques émergeant au niveau national et au niveau de l’UE pour soutenir l’inclusion et l’égalité des chances au profit des étudiants, des chercheurs et des membres du personnel issus de groupes marginalisés, y compris la communauté LGBTIQ, et encourage les actions nationales bénéficiant d’un soutien d’Horizon Europe. Un certain nombre de projets pertinents sont déjà en cours,.
Le pacte sur la migration et l’asile est entré en vigueur le 11 juin 2024 . Il comporte des garanties spécifiques en matière d’accueil et de procédure pour les candidats vulnérables à une protection internationale. En outre, le plan d’action 2021-2027 en faveur de l’intégration et de l’inclusion reconnaît que les migrants LGBTIQ peuvent être confrontés à de multiples formes de discrimination et vise à créer des synergies avec la stratégie en faveur de l’égalité des personnes LGBTIQ.
La Commission a également poursuivi sa collaboration avec l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (AUEA) et les États membres pour veiller à ce que les ressources et l’expertise nécessaires soient disponibles afin que les demandeurs vulnérables soient identifiés dès que possible et renvoyés vers ceux qui peuvent leur fournir un soutien adéquat. En particulier, l’AUEA élabore actuellement un parcours de formation destiné aux autorités compétentes en matière d’asile et d’accueil au sujet des demandeurs présentant une orientation sexuelle, une identité ou une expression de genre ou des caractéristiques sexuelles différentes. En outre, l’AUEA élabore actuellement un guide pratique pour aider les pays de l’UE+ à prendre en considération les besoins et caractéristiques spécifiques des demandeurs LGBTIQ.
II)Garantir la sécurité des personnes LGBTIQ
| En 2023, 55 % des personnes LGBTIQ ont été victimes de harcèlement motivé par la haine, alors qu’elles n’étaient que 37 % en 2019. | La proportion de personnes LGBTIQ qui ont été victimes de harcèlement à l’école a augmenté, passant de 46 % en 2019 à 67 % en 2023. | La proportion de personnes LGBTIQ qui considèrent que les pouvoirs publics de leur pays luttent efficacement contre l’intolérance à l’égard des personnes LGBTIQ a connu une baisse impressionnante, passant de 33 % en 2019 à 26 % en 2023. |
Depuis l’adoption de la stratégie en faveur de l’égalité des personnes LGBTIQ, il y a eu une augmentation significative du harcèlement motivé par la haine ciblant des personnes LGBTIQ (55 % d’entre elles rapportant qu’elles en avaient été victimes, soit une augmentation de 18 p.p.), ainsi que des agressions physiques et sexuelles signalées dans la plupart des pays de l’UE, touchant en particulier des personnes transgenres, non binaires, multigenres et intersexuées. Les données recueillies dans le cadre de l’enquête de l’UE de 2023 sur l’utilisation des technologies de l’information dans 23 États membres ont montré que 18 % des personnes interrogées ont signalé des messages hostiles ou dégradants en ligne, qui, selon elles, ciblaient des personnes en raison de leur orientation sexuelle.
En décembre 2021, la Commission a adopté une communication, accompagnée d’une proposition de décision du Conseil, visant à inscrire les discours de haine et les crimes de haine dans la liste des «infractions pénales de l’UE» prévue à l’article 83, paragraphe 1, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Une fois la décision du Conseil adoptée, la Commission sera en mesure de proposer des dispositions de droit dérivé afin d’assurer la protection de toutes les personnes et de tous les groupes exposés au risque de crimes et de discours de haine . Des discussions sont en cours au sein du Conseil en vue de parvenir à l’unanimité requise pour l’adoption.
Le groupe à haut niveau sur la lutte contre les discours de haine et les crimes de haine a adopté des orientations à l’intention des autorités nationales afin d’encourager le signalement des crimes de haine, de promouvoir la collaboration entre les services répressifs et les organisations de la société civile et d’améliorer l’enregistrement et la collecte de données sur les crimes de haine, y compris sur les crimes motivés par des préjugés à l’encontre des personnes LGBTIQ. Les États membres peuvent également recourir à l’assistance technique et au renforcement des capacités en matière de crimes de haine qui sont offerts par la FRA ou le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’OSCE et sont financés par la Commission.
La Commission a continué de coopérer avec l’Agence de l’UE pour la formation des services répressifs (CEPOL), au sein du groupe à haut niveau sur la lutte contre les discours de haine et les crimes de haine et ses différents groupes de travail, dont celui axé sur la formation des services répressifs. En avril 2024, la CEPOL et la Commission ont organisé une conférence avec des représentants des services répressifs de toute l’UE afin d’améliorer leur capacité à réagir aux crimes de haine et aux discours de haine, y compris à l’encontre des personnes LGBTIQ.
La Commission œuvre également à l’adoption par les législateurs de la proposition de révision de la directive sur les droits des victimes, publiée le 12 juillet 2023. Cette proposition vise à renforcer encore les droits des victimes de crimes dans l’UE, y compris ceux des plus vulnérables d’entre elles, comme les victimes de crimes de haine anti-LGBTIQ.
En outre, la Commission a mené la campagne «Eyes open» en 2023 afin de sensibiliser aux droits des victimes et de promouvoir un service d’aide spécialisé et une protection pour les victimes ayant des besoins spécifiques, telles que les victimes de crimes de haine anti-LGBTIQ.
En mai 2024, le législateur de l’Union a adopté la directive sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Cette directive reconnaît que les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres ou intersexuées sont davantage exposées au risque de subir des violences fondées sur le genre et exige des États membres qu’ils fournissent un soutien spécifique et des mesures préventives ciblées à ce type de victime.
En avril 2023, la Commission a adopté une recommandation relative au développement et au renforcement de systèmes intégrés de protection de l’enfance dans l’intérêt supérieur de l’enfant. Les États membres sont encouragés à prendre des mesures appropriées pour veiller à ce que les enfants soient toujours traités sans discrimination et d’une manière qui protège leur dignité et pour assurer leur protection, en particulier dans le cadre de la stratégie en faveur de l’égalité des personnes LGBTIQ.
L’UE est déterminée à garantir un environnement en ligne plus sûr pour les personnes LGBTIQ. Le règlement sur les services numériques s’attaque à toute information erronée ou manipulée destinée à causer un préjudice aux utilisateurs exposés au risque de discours de haine ou de discrimination, y compris aux personnes LGBTIQ. Au fur et à mesure que la Commission continuera de mettre en œuvre le règlement sur les services numériques, elle accordera une attention particulière à l’évaluation des risques liés au genre et à l’intersectionnalité sur les plateformes en ligne et à la réduction des risques de ce type.
Les plateformes en ligne qui ont adhéré au code de conduite de 2016 pour lutter contre les discours de haine illégaux en ligne révisent actuellement ce code afin de renforcer sa capacité à prévenir les discours de haine et à l’intégrer dans le cadre du règlement sur les services numériques. Le code continuera à faire l’objet d’un suivi, notamment avec l’aide d’un réseau d’organisations de la société civile, dont beaucoup sont actifs dans la lutte contre les discours de haine à l’égard des personnes LGBTIQ.
En outre, la Commission suit de près la mise en œuvre, dans les États membres, de la directive révisée sur les services de médias audiovisuels. La directive renforce la protection contre les contenus incitant à la haine ou à la violence et interdit les communications audiovisuelles commerciales qui incluent ou promeuvent tout type de discrimination, y compris en raison du genre ou de l’orientation sexuelle.
La Commission facilite un accès effectif et non discriminatoire à la justice pour tous au moyen de fonds relevant du programme «Justice». Par exemple, la Commission fournit des fonds pour offrir à des professionnels de la justice des formations couvrant le droit civil, le droit pénal et les droits fondamentaux (notamment la non-discrimination), conformément à la stratégie de l’UE relative aux droits des victimes pour la période 2020-2025 . Les projets bénéficiant d’un soutien ont contribué à renforcer la protection juridique des personnes LGBTIQ contre les crimes de haine, les discours de haine et la violence , ainsi qu’à améliorer les conditions dans lesquelles vivent les personnes LGBTIQ qui sont en détention.
En complément du soutien financier apporté par le programme «Justice» dans le domaine de la justice, le programme «Citoyens, égalité, droits et valeurs» (CERV) offre un soutien solide à la lutte contre la discrimination à l’égard des personnes LGBTIQ et à la promotion de l’égalité des personnes LGBTIQ et des droits fondamentaux. Au cours de la période 2023-2024, la Commission a alloué 32 millions d’euros au titre de deux appels à propositions spécifiques afin de soutenir les organisations de la société civile dans le renforcement des capacités et de promouvoir la mise en œuvre de la charte des droits fondamentaux, notamment en protégeant les droits des personnes LGBTIQ et en luttant contre les crimes et les discours de haine dont elles sont victimes . L’une des quatre priorités de l’appel à propositions visant à promouvoir l’égalité et à lutter contre le racisme, la xénophobie et la discrimination (20 millions d’euros en 2023) était axée sur la lutte contre la discrimination à l’égard des personnes LGBTIQ et sur la promotion de l’égalité des personnes LGBTIQ. La Commission a également cofinancé un projet mis en œuvre par le Conseil de l’Europe afin de lutter contre la violence et les discours de haine visant les personnes LGBTIQ et de renforcer la sensibilisation et les récits factuels concernant les personnes LGBTIQ.
Enfin, dans le prolongement de son engagement à protéger et à promouvoir la santé physique et mentale des personnes LGBTIQ, la Commission a adopté, le 7 juin 2023, une communication sur une approche globale en matière de santé mentale. La communication souligne qu’il convient de fournir des soins sur mesure aux personnes en situation de vulnérabilité, y compris aux personnes LGBTIQ.
III)Bâtir des sociétés qui incluent les personnes LGBTIQ
| La proportion de personnes LGBTIQ qui évitent de se tenir la main en public est passée de 61 % en 2019 à 54 % en 2023. | 21 États membres avaient légalisé le mariage homosexuel en 2023, contre 13 en 2019. | La reconnaissance juridique du genre fondée sur l’autodétermination était appliquée dans 11 États membres en 2023, contre 4 en 2019. |
Si ces chiffres montrent une tendance positive, les différences de dispositions juridiques entre les États membres peuvent conduire à un traitement discriminatoire des personnes LGBTIQ. Par exemple, les liens familiaux peuvent ne pas être reconnus lorsque des familles arc-en-ciel franchissent les frontières des États membres. Selon l’enquête de 2023 de la FRA, 14 % des personnes interrogées issues de familles LGBTIQ ont rencontré des difficultés pour faire reconnaître légalement leur filiation dans un autre État membre.
La Commission s’est engagée à garantir la bonne application des règles relatives à la libre circulation des personnes à tous les citoyens de l’Union, y compris les personnes LGBTIQ et leurs familles. Des lignes directrices révisées sur la libre circulation ont été publiées dans le cadre d’un paquet destiné à célébrer le 30e anniversaire des droits liés à la citoyenneté de l’Union en décembre 2023. Elles reflètent la diversité des familles et les aident toutes, y compris les familles arc-en-ciel, à exercer plus facilement leurs droits à la libre circulation. Les lignes directrices rappellent également que les termes de la directive sur la libre circulation sont neutres du point de vue du genre. La Commission continuera de veiller à la bonne mise en œuvre des règles relatives à la libre circulation. Il s’agira notamment de dialoguer avec les États membres sur l’exécution des arrêts dans les affaires Coman et VMA, dans lesquelles la Cour de justice a clarifié certains aspects de la directive sur la libre circulation en ce qui concerne les familles arc-en-ciel.
Afin de protéger et de renforcer les droits de tous les enfants dans les situations transfrontières, la Commission a adopté, en décembre 2022, une proposition de règlement visant à faciliter la reconnaissance dans un État membre de la filiation établie dans un autre État membre, en harmonisant les règles de droit international privé des États membres. La proposition régit la reconnaissance de la filiation de tous les enfants, quelle que soit la manière dont ils ont été conçus ou sont nés, et quel que soit le type de famille des enfants, y compris la reconnaissance de la filiation d’un enfant ayant des parents de même sexe telle qu’établie dans un autre État membre. Les négociations au sein du Conseil sur la proposition législative — qui requiert l’unanimité — sont en cours.
Le programme CERV a financé des projets et investi dans des partenariats à long terme afin de faire progresser les droits des personnes LGBTIQ et de lutter contre les pratiques préjudiciables à leur encontre. Au cours de la période 2021-2024, dans le cadre de l’appel à propositions EQUAL, la Commission a alloué 5 millions d’euros à 24 projets visant à promouvoir les droits des personnes LGBTIQ. Un financement de l’UE a également été accordé à plusieurs projets visant à lutter contre la discrimination et la violence dans une perspective intersectionnelle, y compris à l’encontre des personnes LGBTIQ.
Au cours de la même période, la Commission a également conclu des accords-cadres de 4 ans avec des organisations faîtières LGBTIQ européennes . Au cours des 3 premières années de mise en œuvre de la stratégie en faveur de l’égalité des personnes LGBTIQ, ces partenaires ont reçu un soutien financier d’environ 12,4 millions d’euros. Certaines de ces organisations agissent en tant qu’intermédiaires de financement et ont apporté un soutien financier direct à leurs organisations membres locales et régionales, qui pourraient ne pas avoir la capacité d’accéder directement aux financements de l’UE. En outre, le règlement établissant le programme CERV définit EQUINET, le réseau européen des organismes nationaux de promotion de l’égalité, comme partenaire stratégique et catalyseur en faveur de l’égalité, y compris l’égalité des personnes LGBTIQ.
La Commission continue de maintenir et d’encourager un dialogue et une consultation structurés et ouverts avec la société civile afin de l’associer à la mise en œuvre de la stratégie. En mars 2024, la Commission a organisé la troisième table ronde avec les organisations faîtières LGBTIQ sur la mise en œuvre de la stratégie.
IV)Mener le combat en faveur de l’égalité des personnes LGBTIQ dans le monde
Dans de nombreuses régions du monde, les personnes LGBTIQ continuent de subir de graves violations de leurs droits et atteintes à ceux-ci, y compris des persécutions, des incarcérations, voire des meurtres ou la peine de mort. C’est également le cas dans le cadre de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine: les personnes LGBTIQ ont été plus exposées que d’autres à de graves difficultés au cours de leur déplacement depuis l’Ukraine, y compris des attaques physiques avec ou sans armes, des menaces d’agression physique ainsi que des actes d’humiliation et d’intimidation.
L’UE a continué de soutenir les personnes LGBTIQ dans le monde entier, en particulier celles qui subissent des violences et des abus. Conformément au plan d’action de l’UE en faveur des droits de l’homme et de la démocratie 2020-2024 et aux lignes directrices de l’UE visant à promouvoir et garantir le respect de tous les droits fondamentaux des personnes LGBTI, les droits de l’homme des personnes LGBTIQ ont été abordés dans le cadre des dialogues sur les droits de l’homme menés avec les pays de toutes les régions.
Les droits de l’homme des personnes LGBTIQ sont également systématiquement évalués dans les rapports relevant du paquet «élargissement» de l’UE et abordés avec les pays lors de réunions dans le cadre du processus de stabilisation et d’association engagé avec les Balkans occidentaux et de l’accord d’association UE-Turquie. Ils sont également abordés dans le cadre de dialogues avec les pays partenaires bénéficiant du système de préférences généralisées de l’UE et du programme «Tout sauf les armes» de l’UE, ainsi que lors de réunions au niveau opérationnel entre la Commission et les autorités nationales, des organisations de la société civile et des universitaires.
L’UE continue de fournir des financements à des organisations de la société civile et à des défenseurs des droits de l’homme au titre de l’instrument d’aide de préadhésion et du programme thématique sur les droits de l’homme et la démocratie de l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale. Par exemple, 15 millions d’euros ont été affectés à la promotion de l’égalité, de l’inclusion et de la diversité dans le cadre du programme thématique 2022-2024 sur les droits de l’homme et la démocratie . L’UE propose un mécanisme de réaction rapide pour protéger les défenseurs des droits de l’homme LGBTIQ qui sont en danger. Le mécanisme de l’UE pour les défenseurs des droits de l’homme, géré au moyen de la facilité pour les défenseurs des droits de l’homme , continue de financer des subventions d’urgence, des relocalisations temporaires, le renforcement des capacités et la formation.
Dans le cadre de ses travaux spécifiques analysant les cas de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger qui ciblent les personnes LGBTIQ, le SEAE a présenté ses résultats dans un rapport visant à aider la communauté des défenseurs à comprendre la nature de la manipulation de l’information et de l’ingérence menées depuis l’étranger ainsi que les tactiques, techniques et procédures utilisées pour cibler la communauté LGBTIQ+, et a exprimé son soutien à la poursuite des travaux sur cette question. Dans son rapport, le SEAE a conclu qu’il restait urgent de mener davantage de recherches sur la manipulation de l’information et l’ingérence menées depuis l’étranger ciblant les personnes LGBTIQ+ et leur incidence sur les populations locales et le processus démocratique au sens large.
La dépénalisation des relations sexuelles entre personnes de même sexe demeure un objectif des relations extérieures de l’UE. Par exemple, le haut représentant et vice-président a condamné la promulgation de la loi ougandaise anti-homosexualité de 2023, déclarant que cette loi est contraire au droit international relatif aux droits de l’homme et aux obligations qui incombent à l’Ouganda en vertu de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. L’UE a continué de suivre l’évolution de la situation par l’intermédiaire de ses délégations dans les pays où des lois similaires ont été proposées et a mené des actions de sensibilisation bilatérales dans ces pays.
En mars 2023, le SEAE a adopté son programme 2023-2025 pour la diversité et l’inclusion, qui définit des objectifs d’action tant au sein du SEAE qu’en dehors de l’UE, et met l’accent sur l’intégration de la non-discrimination en promouvant les droits de l’homme universels dans les enceintes multilatérales.
V)Mise en œuvre de la stratégie: tirer pleinement parti des initiatives de l’UE
1.Une meilleure intégration de l’égalité
Pour atteindre les objectifs fixés dans la stratégie, la Commission a combiné les actions ciblées décrites dans la stratégie à une meilleure intégration des questions d’égalité, afin de veiller à ce que la lutte contre la discrimination à l’égard des personnes LGBTIQ et la promotion de l’égalité soient intégrées dans l’ensemble des politiques, de la législation et des programmes de financement de l’UE.
Dans le domaine des transports, un manuel pour l’intégration de l’égalité a été publié afin d’aider le personnel et les parties prenantes intéressées à appliquer une dimension d’égalité dans les politiques des transports et les activités connexes et à accorder une attention accrue aux problèmes de sécurité de groupes particuliers d’usagers des transports, y compris les personnes LGBTIQ.
Les États membres doivent veiller à gérer les fonds de l’UE conformément à la condition favorisante horizontale relative à la charte des droits fondamentaux. Ils doivent remplir les conditions favorisantes tout au long de la période de programmation des fonds.
Afin de veiller à ce que les programmes financés par l’UE respectent les principes d’égalité et le droit de l’Union, la Commission a proposé, dans le cadre de la révision du règlement financier , d’ajouter une nouvelle «situation d’exclusion» expresse, à savoir l’«incitation à la discrimination, à la haine ou à la violence». Si une organisation fait l’objet d’une «situation d’exclusion», la Commission peut lancer une procédure visant à l’exclure de la participation aux procédures d’attribution et prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les intérêts financiers de l’UE, par exemple en suspendant ou en résiliant tout engagement juridique en cours. Le Conseil et le Parlement européen sont parvenus à un accord provisoire sur la révision du règlement en décembre 2023.
La Commission a intensifié ses efforts pour intégrer l’égalité des personnes LGBTIQ dans le domaine de la collecte de données. Dans son entreprise, la Commission a reçu le soutien de la FRA et de l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE), qui ont régulièrement contribué à la collecte de données fiables et comparables sur l’égalité et ont apporté leur expertise pour ce qui est de concevoir et de mener à bien la collecte de données dans les États membres. Par exemple, dans l’enquête de la FRA de 2021 sur la situation des Roms dans 10 pays européens figuraient des informations sur les expériences de discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre .
En outre, la FRA et l’EIGE continuent d’apporter une assistance technique et un soutien méthodologique aux États membres pour les aider à concevoir et à mener à bien la collecte de données sur les personnes LGBTIQ. Des orientations pratiques, telles que la note d’orientation de 2023 sur la collecte et l’utilisation de données relatives à l’égalité des personnes LGBTIQ, aideront les États membres à améliorer la collecte de données ventilées par orientation sexuelle, identité de genre, expression de genre et caractéristiques sexuelles.
En juin 2023, Eurostat a créé une task force des statistiques sur l’égalité et la non-discrimination afin de progresser dans la collecte de données harmonisées sur l’égalité, en mettant l’accent sur des motifs spécifiques de discrimination difficiles à mesurer (par exemple, la religion ou les convictions, l’origine raciale ou ethnique, ou l’orientation sexuelle et l’identité de genre). La task force compte achever ses travaux d’ici la fin de l’année 2026.
Afin de maximiser les effets de la stratégie en faveur de l’égalité des personnes LGBTIQ au cours de la période restante de sa mise en œuvre, les parties prenantes consultées ont recensé deux domaines particuliers sur lesquels se concentrer. Le premier concerne l’amélioration de la collecte de données afin de planifier et de mettre en œuvre des politiques plus efficaces. À cette fin, le sous-groupe sur les données relatives à l’égalité travaille de concert avec la task force des statistiques sur l’égalité d’Eurostat pour recueillir des statistiques de meilleure qualité et plus comparables sur l’égalité. La Commission collabore également avec les sous-groupes sur les données relatives à l’égalité et sur l’égalité des personnes LGBTIQ afin de créer des synergies dans leurs travaux, en particulier pour ce qui est de mettre au point des outils visant à soutenir les États membres dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des stratégies et plans d’action nationaux en faveur des personnes LGBTIQ.
Le deuxième domaine sur lequel il convient de se concentrer concerne l’augmentation de la visibilité des actions en faveur de l’égalité des personnes LGBTIQ, étant donné que de nombreuses parties prenantes, y compris les organisations nationales LGBTIQ, les autorités locales et le public, ne sont pas au courant de l’existence de la stratégie. À cette fin, une nouvelle section sur les actions en faveur de l’égalité des personnes LGBTIQ a été ajoutée sur la page web consacrée aux priorités politiques de la Commission. Des réflexions sont également en cours sur la manière d’améliorer la diffusion d’informations pertinentes, par exemple au moyen d’un bulletin d’information spécifique pour fournir des informations actualisées sur la mise en œuvre de la stratégie en faveur de l’égalité des personnes LGBTIQ.
Au niveau local, la Commission continue de soutenir et de promouvoir les efforts déployés par les villes pour mettre en place des politiques d’inclusion solides, dans le cadre des prix annuels des capitales européennes de l’inclusion et de la diversité, qui comptent jusqu’à présent trois éditions. En avril 2023, la deuxième édition des prix a eu lieu. Trois villes et régions européennes ont été récompensées par un prix spécial pour leurs initiatives visant à promouvoir l’égalité des personnes LGBTIQ au niveau local.
2.État d’avancement des plans d’action et stratégies nationaux
La stratégie de la Commission encourage explicitement les États membres à adopter des plans d’action nationaux. L’objectif consiste à renforcer la protection contre la discrimination à l’égard des personnes LGBTIQ, à garantir un suivi, au niveau national, des objectifs et des actions définis dans la stratégie en faveur de l’égalité des personnes LGBTIQ et à compléter ces actions par des mesures destinées à faire progresser l’égalité des personnes LGBTIQ dans les domaines qui relèvent de la compétence des États membres.
À ce jour, 12 États membres – la Belgique , le Danemark , l’Allemagne , l’Irlande , la Grèce , la France , l’Italie , le Luxembourg , Malte , les Pays-Bas , le Portugal et la Suède – ont mis en place des stratégies ou plans d’action nationaux. Ces 12 États membres ont répondu au questionnaire en ligne pour la consultation ciblée, en fournissant des informations supplémentaires sur la conception, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation de leurs stratégies et plans d’action nationaux.
En outre, l’Espagne élabore actuellement deux stratégies: une stratégie nationale sur l’égalité de traitement et la non-discrimination à l’égard des personnes LGBTI ainsi qu’une stratégie nationale sur l’inclusion sociale des personnes transgenres. De plus, comme expliqué dans le rapport thématique du European Equality Law Network , Chypre prévoit un plan d’action en faveur de l’égalité des personnes LGBTIQ, qui s’inscrirait dans le cadre plus large de sa stratégie nationale en matière de droits de l’homme de 2021. Le rapport thématique recense certains thèmes récurrents dans les objectifs et les mesures inclus dans les plans d’action et stratégies nationaux. Il est notamment question de la sensibilisation du public, de la collecte de données, du bien-être et des soins de santé, de la lutte contre la discrimination et la violence, de la reconnaissance des familles arc-en-ciel, de l’amélioration des procédures de reconnaissance juridique du genre, de l’intégration de l’égalité des personnes LGBTIQ dans toutes les politiques et de la promotion des droits des personnes LGBTIQ dans la politique étrangère. En outre, tous les plans d’action et stratégies nationaux accordent une attention particulière à l’intersectionnalité ou aux groupes les plus vulnérables de personnes LGBTIQ.
Sur la base des réponses recueillies au cours du processus de consultation, plus des deux tiers des États membres ayant mis en place un plan d’action national ou une stratégie nationale disposent d’une structure de coordination gouvernementale permanente pour les personnes LGBTIQ. Les États membres fournissent également un financement structurel aux organisations de la société civile LGBTIQ et disposent d’une dotation budgétaire, d’un calendrier et de responsabilités spécifiques pour la mise en œuvre de leurs stratégies LGBTIQ. Deux tiers des répondants disposant d’un plan d’action national ou d’une stratégie nationale ont élaboré des indicateurs ou des objectifs pour évaluer la mise en œuvre des stratégies LGBTIQ. À cet égard, de nombreux répondants ont indiqué qu’il était possible d’améliorer la collecte de données sur l’égalité des personnes LGBTIQ dans le cadre de la stratégie en faveur de l’égalité des personnes LGBTIQ.
La plupart des États membres disposant d’un plan d’action national ou d’une stratégie nationale ont indiqué avoir mis en place des mécanismes de suivi et d’évaluation au niveau national, bien que leurs cadres procéduraux diffèrent . Plus de la moitié des répondants ont déclaré que les décideurs politiques et la société civile étaient associés aux activités de suivi et d’évaluation.
En mai 2021, le sous-groupe sur l’égalité des personnes LGBTIQ a été créé dans le cadre du groupe de haut niveau sur la non-discrimination, l’égalité et la diversité afin d’améliorer la mise en œuvre de la stratégie. La FRA contribue à ses travaux, et le sous-groupe coopère avec la société civile et les organisations internationales. La création du sous-groupe et ses travaux ont été salués lors des consultations en vue de l’élaboration du présent rapport.
Le sous-groupe sur l’égalité des personnes LGBTIQ a élaboré les lignes directrices pour les stratégies et les plans d’action visant à renforcer l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ afin de soutenir les efforts déployés par les États membres pour affirmer l’égalité des personnes LGBTIQ de manière stratégique et sur la base de données probantes .
La Commission continue d’encourager tous les États membres à adopter des plans d’action nationaux pour renforcer l’égalité des personnes LGBTIQ. Les échanges de bonnes pratiques et les discussions au sein du sous-groupe sur l’égalité des personnes LGBTIQ aideront les États membres à adopter, mettre en œuvre, suivre et évaluer leurs plans d’action et stratégies nationaux.
3.Suivi de la mise en œuvre du droit de l’Union
En sa qualité de «gardienne des traités», la Commission a continué de surveiller la mise en œuvre du droit de l’Union dans les États membres et a engagé des procédures d’infraction dans les cas où le droit de l’Union a été enfreint. En juillet 2022, la Commission a saisi la Cour de justice de l’Union européenne d’un recours contre la Hongrie concernant des règles nationales qui discriminent les personnes sur la base de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre . La loi hongroise interdit ou limite l’accès des mineurs aux contenus «encourageant ou représentant» ce qu’elle appelle «des divergences par rapport à l’identité personnelle correspondant au sexe à la naissance, un changement de sexe ou l’homosexualité». La Commission a considéré que la loi violait plusieurs règles de l’Union, les règles du marché unique et les droits fondamentaux des personnes, en particulier des personnes LGBTIQ, ainsi que les valeurs communes qui sont au cœur de l’Union. Le recours a été introduit devant la Cour de justice en décembre 2022 .
En 2019-2020, quelque 197 collectivités locales et régionales polonaises ont adopté des résolutions visant à protéger les familles et les enfants contre l’«idéologie LGBT» et ont déclaré que les zones locales étaient des «zones sans LGBT». En juillet 2021, la Commission a engagé une procédure d’infraction parce que la Pologne n’avait pas répondu de manière appropriée à son enquête sur la nature et l’incidence de ces zones. En janvier 2023, la Commission a clôturé la procédure d’infraction, les autorités polonaises ayant depuis fourni les informations demandées.
VI)Conclusion
La mise en œuvre de la stratégie en faveur de l’égalité des personnes LGBTIQ a une incidence positive sur la situation des personnes LGBTIQ en Europe. Elle participe à l’intégration de l’égalité des personnes LGBTIQ dans différents domaines d’action, dans une perspective intersectionnelle.
La Commission continuera à travailler en étroite collaboration avec les États membres et toutes les parties prenantes sur la mise en œuvre de la stratégie. Elle continuera de soutenir les législateurs de l’Union dans leurs travaux visant à adopter les propositions législatives en suspens dans le domaine de l’égalité des personnes LGBTIQ. En sa qualité de gardienne des traités, la Commission continuera de veiller à la mise en œuvre et au respect corrects de la législation de l’UE protégeant les droits des personnes LGBTIQ.
À ce jour, 12 États membres ont mis en place des stratégies ou des plans d’action nationaux. La plupart d’entre eux reconnaissent que la stratégie en faveur de l’égalité des personnes LGBTIQ a apporté une valeur ajoutée aux efforts déployés au niveau national, dans de nombreux domaines différents. La Commission continuera d’encourager les États membres à adopter des plans d’action nationaux pour renforcer l’égalité des personnes LGBTIQ. La coopération avec les États membres sera renforcée au moyen de l’échange de bonnes pratiques en matière d’élaboration et de mise en œuvre des plans d’action nationaux.
Enfin, la Commission continuera de soutenir, notamment au moyen d’un financement de l’UE, les activités et projets des organisations de la société civile, conformément aux objectifs fixés par la stratégie.
Bien que l’UE et ses États membres aient accompli d’importants progrès dans la mise en place d’une Union de l’égalité, il reste encore beaucoup à faire pour bâtir une société accueillante et égalitaire pour tous. Les progrès vers l’égalité des personnes LGBTIQ sont fragiles et ne sont pas irréversibles. La crise de la COVID-19 et la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine ont exacerbé la polarisation de la société, y compris en ce qui concerne les droits des personnes LGBTIQ. Cette polarisation menace de compromettre les progrès durement acquis. Il est essentiel que l’UE reste vigilante et continue de travailler avec les États membres, y compris dans le cadre de sa politique étrangère, afin de protéger les droits des personnes LGBTIQ.
Dans les orientations politiques pour la prochaine Commission européenne 2024-2029, la présidente von der Leyen a annoncé une stratégie actualisée sur l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ, dans le cadre des efforts actuellement déployés pour bâtir une Union de l’égalité.