RÉSOLUTION (UE) 2025/1594 DU PARLEMENT EUROPÉEN
du 7 mai 2025
contenant les observations qui font partie intégrante des décisions concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2023, section III — Commission et agences exécutives et les neuvième, dixième et onzième Fonds européens de développement
LE PARLEMENT EUROPÉEN,
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2023, section III — Commission, |
| — | vu ses décisions concernant la décharge sur l’exécution des budgets des agences exécutives pour l’exercice 2023, |
| — | vu l’article 101 et l’annexe V de son règlement intérieur, |
| — | vu les avis de la commission des affaires étrangères, de la commission du développement, de la commission de l’emploi et des affaires sociales, de la commission de l’environnement, du climat et de la sécurité alimentaire, de la commission des transports et du tourisme, de la commission du développement régional, de la commission de la culture et de l’éducation, de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures et de la commission des droits des femmes et de l’égalité des genres, |
| — | vu la lettre de la commission de l’agriculture et du développement rural, |
| — | vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A10-0074/2025), |
| A. | considérant que le onzième FED a atteint sa phase finale, puisque sa clause de limitation dans le temps est entrée en vigueur le 31 décembre 2020; que certains contrats relatifs à des conventions de financement existantes ont toutefois été signés jusqu’au 31 décembre 2023 et que la mise en œuvre des projets en cours financés par le FED se poursuivra jusqu’à leur achèvement complet; |
| B. | considérant que les neuvième, dixième et onzième (1) FED n’ont pas été incorporés dans le budget général de l’Union et continuent à faire l’objet d’une mise en œuvre et de rapports distincts jusqu’à leur clôture; |
| C. | considérant que, pendant le CFP 2021-2027, l’aide à la coopération au développement en faveur des pays ACP est intégrée dans l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale — Europe dans le monde (IVCDCI — Europe dans le monde) au sein du budget général de l’Union, tandis que l’aide à la coopération au développement en faveur des PTOM, y compris le Groenland, est incorporée dans la décision d’association outre-mer; |
| D. | considérant que les FED sont presque entièrement gérés par la direction générale des partenariats internationaux de la Commission, une faible proportion (7 %) des dépenses des FED de 2023 étant gérée par la direction générale du voisinage et des négociations d’élargissement; |
Priorités politiques
| 1. | souligne son ferme attachement aux principes fondamentaux et aux valeurs fondamentales de l’Union consacrés dans le traité sur l’Union européenne (traité UE) et dans le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE); insiste tout particulièrement, dans le cadre de la procédure de décharge, sur le principe de bonne gestion financière inscrit à l’article 317 du traité FUE ainsi que sur les principes de lutte contre la fraude et de protection des intérêts financiers de l’Union inscrits à l’article 325 du traité FUE; |
| 2. | met en avant l’importance du principe de séparation des pouvoirs dans l’Union et rappelle que, conformément aux traités, les institutions pratiquent entre elles une coopération loyale; estime que les actions d’une institution de l’Union ne devraient en aucun cas porter atteinte à l’indépendance d’une autre institution; demande instamment à toutes les autres institutions de respecter le rôle du Parlement en tant que seule institution de l’Union directement élue par les citoyens et de s’abstenir de toute ingérence indue, directe ou indirecte, dans ses processus législatifs, afin ainsi de faire en sorte que le processus décisionnel du Parlement reste libre et indépendant des autres institutions de l’Union ou de toute autre entité; |
| 3. | souligne l’importance du budget de l’Union pour concrétiser les priorités politiques de cette dernière, ainsi que son rôle quand il s’agit d’apporter de l’aide aux États membres lors de situations imprévues comme les conflits et crises internationaux et pour gérer leurs conséquences; insiste, dans ce contexte, sur l’importance cruciale que continuent de revêtir les investissements et le soutien au titre du budget de l’Union aux fins de la réduction des inégalités entre États membres et entre régions, de la croissance économique et de l’emploi, de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale et, partant, de l’amélioration de la vie quotidienne des citoyens européens; |
| 4. | constate que, pour l’exercice 2023, la Cour des comptes (ci-après la «Cour») a émis une opinion sans réserve sur la fiabilité des comptes ainsi que la légalité et la régularité des recettes; déplore toutefois que la Cour ait dû émettre, pour la cinquième année consécutive, une opinion défavorable sur la légalité et la régularité des dépenses du budget de l’Union et une opinion avec réserve sur la légalité et la régularité des dépenses relevant de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR); |
| 5. | se déclare vivement préoccupé par le fait que le taux d’erreur global estimé par la Cour soit en augmentation depuis l’exercice 2020 et ait atteint 5,6 % lors de l’exercice 2023; relève les différences notables entre les taux d’erreur des diverses rubriques, qui vont d’un taux inférieur au seuil de signification de 2 % dans certains domaines de dépenses à un taux de 9,3 % dans le cas de la politique de cohésion; fait également observer que la décharge est un processus de nature politique où toutes les questions relatives à un exercice donné peuvent être prises en compte et que la décision d’octroi ou de refus de la décharge devrait rester factuelle et ancrée dans l’acquis de l’Union et qu’elle est adoptée pour l’ensemble du budget; engage la Commission à enfin tenir compte des recommandations de la Cour et à réduire le taux d’erreur global au cours des années à venir; demande en outre à la Commission de présenter, dans les quatre mois, un plan d’action sur la réduction du taux d’erreur; |
| 6. | se dit préoccupé par les différences d’interprétation de la notion de «taux d’erreur» par la Commission et par la Cour, ce qui est source de confusion; se dit favorable à une stratégie et à une méthode d’audit communes et invite vivement les deux institutions à trouver une solution aux approches divergentes avant la décharge de 2024; craint que la Commission ne sous-estime systématiquement le niveau d’erreur existant, ce qui risque de conduire à une protection inefficace des intérêts financiers de l’Union; |
| 7. | se dit une nouvelle fois vivement préoccupé par le niveau record du total des engagements restant à liquider (RAL), qui a atteint 543 milliards d’EUR, soit 3,2 % du PIB total de l’Union fin 2023 et représente plus du double du budget annuel de l’Union pour 2023; souligne que ce niveau record du RAL risque de compromettre la bonne exécution future de paiements d’un niveau extrêmement élevé et/ou de donner lieu à des dégagements considérables au détriment de la mise en œuvre des objectifs stratégiques de l’Union; |
| 8. | se dit également préoccupé par le niveau de l’encours de la dette d’emprunt, qui a atteint 458,5 milliards d’EUR, soit 2,7 % du PIB total de l’Union, fin 2023; observe que la dette d’emprunt a augmenté de 110,5 milliards d’EUR en 2023, ce qui fait de l’Union l’un des principaux émetteurs de dette d’Europe; souligne également que l’encours de la dette devrait continuer d’augmenter au cours des prochaines années, principalement en raison de la hausse des emprunts liés à la FRR et à l’assistance financière en faveur d’une série de pays, dont l’Ukraine, victime d’une guerre d’agression menée par la Russie; reste profondément préoccupé par le fait que la hausse de la dette rend le budget de l’Union plus vulnérable aux augmentations des taux d’intérêt puisque le remboursement des intérêts et du principal d’une partie de la dette devra être assuré par le budget de l’Union; |
| 9. | rappelle qu’il importe d’appliquer rigoureusement les règles financières de l’Union à tous les programmes et à tous les bénéficiaires, afin d’éviter toute forme de fraude, de conflit d’intérêts, de corruption, de double financement ou de blanchiment d’argent; |
| 10. | souligne l’importance de l’état de droit en tant que valeur fondamentale de l’Union et souligne que le mécanisme de conditionnalité liée à l’état de droit est essentiel pour que les États membres continuent de respecter les principes de l’état de droit; se déclare une nouvelle fois vivement préoccupé par la détérioration de l’état de droit dans certains États membres, notamment en raison d’attaques contre les organisations de la société civile et des restrictions imposées à leurs activités, situation qui non seulement constitue une menace importante pour les valeurs démocratiques, mais entraîne en outre un risque accru de pertes financières pour le budget de l’Union; demande que les organisations de la société civile actives dans ce domaine reçoivent un soutien approprié; prend acte de l’émergence de nouvelles formes de violations de l’état de droit par les gouvernements nationaux et demande à la Commission d’agir face à cette évolution; engage la Commission à veiller à la mise en œuvre rigoureuse et rapide de tous les éléments du mécanisme en cas de violation des principes de l’état de droit par des États membres lorsque de telles violations portent atteinte ou risquent de porter atteinte aux intérêts financiers de l’Union; souligne par ailleurs qu’il faut disposer d’informations exhaustives en temps utile sur les décisions relatives à l’application du mécanisme de conditionnalité liée à l’état de droit; encourage la Commission à établir explicitement si les manquements à l’état de droit sont de nature systémique; demande que l’on mette davantage l’accent sur la mise en œuvre des recommandations par pays, en y associant des mécanismes de suivi efficaces et des critères de référence mesurables; propose la mise en place d’un cadre global de suivi de l’état de droit associant toutes les institutions de l’Union, les États membres et les pays candidats, afin de garantir la cohérence et l’uniformité dans l’ensemble de l’Union, tout en veillant à une mise en œuvre équitable et impartiale; invite la Commission à proposer des mesures visant à protéger les bénéficiaires finaux en cas de violation de l’état de droit par les gouvernements nationaux sans compromettre l’application et l’efficacité de la réglementation; |
| 11. | prend acte de la nature innovante de la FRR et de sa contribution pour aider les États membres à se remettre des conséquences économiques et sociales de la pandémie et à créer une économie européenne plus résiliente; estime que, pour passer à une approche fondée sur la performance reposant sur le modèle de la FRR, il faut, avant de recourir à un tel modèle, remédier aux nombreux problèmes recensés dans sa mise en œuvre et évaluer les données relatives à son incidence globale; rappelle les nombreux problèmes liés à la mise en œuvre de la FRR auxquels il faudra remédier, dont: le manque de consultation adéquate des autorités régionales et locales et des autres parties concernées, telles que les partenaires sociaux et les organisations de la société civile, ainsi que leur participation insuffisante à la mise en œuvre; la faible dimension transfrontière, qui peut laisser supposer une réduction de la valeur ajoutée européenne à cet égard; l’absence de définition claire des jalons et des cibles et d’un niveau satisfaisant de réalisation; le manque de flexibilité; la dette commune assortie du remboursement à long terme qui en découle; les graves problèmes de transparence, d’audit et de contrôle du programme, qui ne permettent pas aux citoyens d’être informés sur les bénéficiaires finaux des actions financées par l’Union et poussent les États membres à utiliser les fonds de la FRR pour couvrir des projets très semblables à ceux financés par les fonds de cohésion, mais avec une capacité de contrôle beaucoup plus limitée; reste préoccupé par l’interprétation que font la Commission et les États membres de la notion de «bénéficiaire final» d’un financement de la FRR, qui n’est pas conforme à l’accord issu des négociations sur REPowerEU, et réaffirme que les ministères, les autorités publiques et d’autres pouvoirs adjudicateurs ne peuvent pas faire partie des destinataires finaux d’un financement de la FRR; se dit également préoccupé par les constatations de la Cour concernant le risque de double financement et de financement de dépenses budgétaires récurrentes, ce qui est contraire à la base juridique de la FRR; |
| 12. | observe que la structure de l’instrument NextGenerationEU implique que le remboursement des emprunts contractés dans le cadre de NextGenerationEU doit commencer avant la fin de 2027 et s’achever en 2058 au plus tard; se dit préoccupé par la hausse considérable du coût des emprunts contractés dans le cadre de NextGenerationEU par rapport aux estimations de départ, et ce en raison de la hausse des taux d’intérêt de ces dernières années; réaffirme la nécessité de respecter pleinement le calendrier de la feuille de route juridiquement contraignante pour l’introduction de nouvelles ressources propres et souligne qu’il est essentiel de progresser rapidement sur la question des nouvelles ressources propres pour le remboursement de NextGenerationEU et la viabilité du CFP actuel et des prochains CFP; |
| 13. | souligne qu’il faut débureaucratiser, rationaliser et simplifier considérablement et de toute urgence toutes les politiques de l’Union et leur financement conformément aux recommandations du rapport Draghi (2) afin de réduire les formalités pour les entreprises européennes et d’améliorer la compétitivité de l’Europe, tout en protégeant les intérêts financiers de l’Union; met en avant que la simplification aura également des effets positifs sur les taux d’erreur dans la mise en œuvre des politiques étant donné que de nombreuses erreurs surviennent en raison de la trop grande complexité des règles qu’il est difficile de respecter, notamment par les petites et moyennes entreprises (PME), les nouveaux demandeurs, les entreprises issues d’une scission et les jeunes pousses; |
| 14. | réaffirme la nécessité de trouver un équilibre entre la poursuite de la simplification des règles et des procédures et l’utilisation beaucoup plus systématique de rapports numérisés, de contrôles plus efficaces et plus rigoureux et de vérifications ex post adéquates dans les domaines où les dépenses irrégulières sont les plus fréquemment constatées, et ce sans complexité bureaucratique excessive pour les bénéficiaires, d’organiser des séances de formation et de mettre à disposition des informations pratiques pour les demandeurs, en particulier les nouveaux demandeurs, ainsi que d’améliorer l’assistance et les lignes directrices pour les PME, les entreprises issues d’une scission, les jeunes pousses, les agences administratives et de paiement et toutes les autres parties prenantes concernées; rappelle qu’un système de contrôle solide placé sous la responsabilité de la Commission est particulièrement nécessaire pour la FRR; |
| 15. | insiste sur la nécessité et l’importance du programme IVCDCI pour relever les défis mondiaux et protéger les droits de l’homme, les libertés et la démocratie; fait valoir qu’il importe de renforcer la ligne consacrée au voisinage oriental afin de soutenir les réformes politiques, économiques et sociales dans cette région en difficulté; |
| 16. | souligne qu’il est impératif pour la crédibilité de l’Union que la Commission veille à ne pas attribuer de fonds de l’Union à des personnes ou à des organisations liées à des mouvements terroristes ou à tout autre mouvement prônant des idées extrémistes, incitant à la violence et à la haine et allant à l’encontre des valeurs fondamentales de l’Union, dont les mouvements islamistes, antisémites, antichrétiens et anti-islamiques; rappelle dans ce contexte que, selon certaines allégations, 19 des 13 000 agents de l’UNRWA à Gaza ont été impliqués dans les attaques terroristes ignobles du 7 octobre menées par le Hamas contre Israël; rappelle que, dans neuf cas, ces personnes ont été officiellement renvoyées dans l’intérêt de l’UNRWA; prend acte des résultats de l’enquête lancée par le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) des Nations unies; souligne que la Commission devrait également procéder à un renforcement des contrôles pour empêcher un tel financement indirect par l’intermédiaire de tiers et permettre une meilleure traçabilité des fonds de l’Union jusqu’aux bénéficiaires finaux; |
| 17. | reste profondément préoccupé par le nombre croissant de situations dans lesquelles les fonds de l’Union sont exploités au mépris des principes et des valeurs de l’Union, notamment lorsque l’utilisation des fonds et les virements effectués en faveur d’autres organisations ne sont pas entièrement traçables; affirme qu’il existe un risque que les fonds de l’Union soient finalement utilisés par des milieux corrompus et fassent l’objet de fraudes et d’irrégularités, d’ingérences étrangères ou d’entrisme; insiste sur l’importance de la «transparence quant au bénéficiaire final» des fonds versés par l’Union; |
| 18. | souligne qu’il importe de préserver l’intégrité institutionnelle et de prévenir toute ingérence étrangère potentielle; condamne toute tentative abusive d’influencer les activités législatives du Parlement européen; insiste sur le fait que l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) a la responsabilité de mener toutes les enquêtes approfondies nécessaires; souligne l’importance des travaux menés par le Parquet européen pour protéger les intérêts financiers de l’Union européenne; insiste pour que le Parquet européen soit doté de ressources financières et humaines suffisantes; rappelle l’accord établissant un organe interinstitutionnel chargé des normes éthiques applicables aux membres des institutions et des organes consultatifs visés à l’article 13 du traité sur l’Union européenne, et insiste pour qu’il soit mis en œuvre rapidement dans toutes les institutions de l’Union européenne; |
| 19. | rappelle le rôle crucial que jouent les organisations de la société civile (OSC), dont les ONG, dans la défense des valeurs démocratiques à l’appui d’une société démocratique dynamique et vivante en offrant une base solide pour que tous les points de vue soient entendus dans les différents débats, et souligne que les OSC peuvent recevoir un soutien des fonds de l’Union pour exercer ces fonctions, comme le prévoit l’article 11 du traité sur l’Union européenne; |
| 20. | relève que certains membres de la commission du contrôle budgétaire ont allégué que les conventions de subvention conclues par la Commission comportaient des activités de lobbying détaillées qui pourraient être interprétées comme des ingérences potentielles dans le processus décisionnel interne au sein des institutions de l’Union; constate que la Commission a pris une série de mesures pour répondre aux allégations en adoptant des orientations sur le financement d’activités liées à l’élaboration, à l’application, au suivi et à l’exécution de la législation et des décisions de l’Union, en indiquant que, même si de telles conventions de subvention n’enfreignaient pas le cadre juridique de l’Union, elles pourraient entraîner un risque pour la réputation de l’Union; relève que toutes les conventions de subvention comprennent une clause de non-responsabilité indiquant que les opinions du bénéficiaire ne représentent en aucun cas les opinions de l’Union et que l’autorité chargée de l’octroi de la subvention ne peut en être tenue pour responsable; relève qu’une telle clause de non-responsabilité a été ajoutée dans l’appel à propositions de 2024 pour les subventions de fonctionnement; |
| 21. | prend acte qu’un examen des conventions de subvention dans tous les portefeuilles est en cours afin de vérifier leur conformité avec les nouvelles orientations et que, jusqu’à présent, la Commission n’a pas communiqué au Parlement les résultats intégraux de l’examen ni d’autres mesures qu’elle pourrait prendre, le cas échéant; demande à la Commission de tenir l’autorité de décharge informée à tout moment; souligne que la transparence dans les réunions des parties prenantes est fondamentale pour l’intégrité démocratique et devrait s’appliquer de la même manière à toutes les entités qui collaborent avec les institutions de l’Union; souligne qu’une documentation et une divulgation claires de ces interactions renforcent la confiance du public et la responsabilité démocratique; |
| 22. | rappelle que les financements de l’Union exigent des normes strictes en matière de responsabilité et de transparence; conformément aux recommandations formulées par la Cour des comptes européenne dans son rapport spécial 05/2024 (3) et dans son récent rapport spécial 11/2025 (4), prie instamment la Commission de veiller à ce que les informations publiées dans le système de transparence financière soient fréquemment mises à jour, fiables, comparables et utiles; souligne la nécessité d’allouer des ressources supplémentaires au secrétariat du registre de transparence de l’UE pour permettre un contrôle systématique et approfondi du registre de transparence; cela devrait inclure l’allocation de ressources à la mise en œuvre de l’IA afin de mettre au point un mécanisme de recherche fondé sur l’IA; rappelle la nécessité de vérifier de manière proactive que toutes les entités bénéficiaires de fonds de l’Union respectent les valeurs de celle-ci; |
| 23. | se félicite de la réponse du commissaire Serafin à la question écrite (5), confirmant une fois de plus que les financements de l’Union ont été accordés à des ONG et utilisés par elles dans le plein respect des traités de l’Union et du règlement LIFE (6); prend également acte du récent rapport spécial de la Cour des comptes européenne sur la transparence des financements de l’Union accordés à des ONG (7), qui, tout en déclarant que l’utilisation des financements de l’Union pour les activités de sensibilisation des ONG est légale, confirme également que cette utilisation est conforme aux exigences légales de l’Union en matière de transparence énoncées dans le règlement financier de l’Union; dans le même temps, le rapport spécial 11/2025 de la Cour des comptes européenne souligne que davantage d’efforts devraient être consentis pour améliorer la transparence des financements de l’Union reçus par tous les bénéficiaires; invite, à cet égard, la Commission à mettre en œuvre les recommandations de la Cour des comptes européenne concernant l’examen des déclarations sur l’honneur dans le système de transparence financière de l’Union, ainsi que le suivi proactif du respect, par les bénéficiaires, des valeurs et principes fondamentaux de l’Union; |
| 24. | se félicite de l’entrée en vigueur de la refonte du règlement financier; salue en particulier les améliorations portant sur le traçage des fonds de l’Union grâce à des outils numériques et à l’interopérabilité qui renforceront la protection des intérêts financiers de l’Union, l’extension ciblée du système de détection rapide et d’exclusion (EDES) à la gestion partagée dans le CFP pour la période postérieure à 2027, la référence au mécanisme de conditionnalité liée à l’état de droit et l’introduction d’une conditionnalité basée sur les valeurs de l’Union consacrées à l’article 2 du traité UE, ainsi que la perspective de rationaliser le soutien aux PME et aux demandeurs individuels par la mise en place de subventions de très faible valeur; |
CHAPITRE I
Cadre financier pluriannuel (CFP)
Déclaration d’assurance fournie par la Cour des comptes européenne et gestion budgétaire et financière
Fiabilité des comptes
| 25. | se félicite que, dans son rapport annuel sur l’exécution du budget relatif à l’exercice 2023 (8), la Cour conclue que les comptes annuels consolidés de l’Union européenne pour cet exercice sont fiables; note que, depuis 2007, la Cour émet chaque année une opinion sans réserve sur la fiabilité des comptes; |
| 26. | relève qu’au 31 décembre 2023, le total des passifs s’élevait à 679,9 milliards d’EUR, contre 467,7 milliards d’EUR pour le total des actifs; relève que la différence de 212,2 milliards d’EUR correspond aux actifs nets (négatifs) comprenant la dette et la part des dépenses déjà supportées par l’Union jusqu’au 31 décembre 2023 qui doivent être financées sur les futurs budgets; |
| 27. | relève qu’à la fin de l’année 2023, la valeur estimative des dépenses éligibles supportées par les bénéficiaires, mais non encore déclarées, comptabilisées en charges à payer, était de 155,2 milliards d’EUR (contre 148,7 milliards d’EUR fin 2021), dont 7,4 milliards d’EUR de charges à payer dans le cadre de la FRR; |
| 28. | se félicite de la conclusion de la Cour selon laquelle les actifs, les passifs, les recettes et les dépenses, y compris ceux en rapport avec NextGenerationEU, l’estimation en lien avec le processus de retrait du Royaume-Uni et l’impact de la guerre d’agression russe contre l’Ukraine, sont présentés fidèlement dans les comptes annuels consolidés; |
Légalité et régularité des recettes de l’Union
| 29. | constate qu’en ce qui concerne les recettes de l’Union, la Cour a conclu que le niveau d’erreur n’était pas significatif et que les systèmes de gestion qu’elle avait examinés étaient généralement efficaces; |
Légalité et régularité des dépenses de l’Union
| 30. | déplore vivement l’opinion défavorable sur la légalité et la régularité des dépenses budgétaires de l’Union, émise par la Cour pour la cinquième année consécutive; estime qu’il s’agit d’une situation de plus en plus problématique, étant donné que la Commission semble incapable d’en déterminer les causes et de s’attaquer aux problèmes sous-jacents, ou rechigne à le faire; regrette que la Commission n’accepte pas certaines recommandations de la Cour; souligne en particulier qu’il importe de renforcer la gestion financière de la Commission et des États membres, considérée comme non fiable par la Cour, ce qui compromet la fiabilité du rapport annuel sur la gestion et la performance; engage la Commission à présenter un plan d’action clair sur la réduction du taux d’erreur dans les quatre mois qui suivent; insiste pour que le Parlement examine dûment ce plan d’action; |
| 31. | se dit vivement préoccupé par l’estimation par la Cour du taux d’erreur des dépenses en 2023, qui est de 5,6 %; relève que la dégradation de la situation s’est accélérée par rapport aux deux années précédentes (4,2 % en 2022 et 3,0 % en 2021); constate avec préoccupation que la Cour continue de détecter des problèmes substantiels dans les dépenses fondées sur des remboursements, où le taux d’erreur estimatif est de 7,9 %; observe que, selon les estimations, les effets des erreurs que la Cour a relevées sont significatifs et généralisés; demande que la gestion financière de la Commission soit renforcée, conformément aux recommandations formulées par la Cour dans ses rapports annuels et ses rapports spéciaux, afin de lutter résolument contre le taux d’erreur élevé au cours des prochaines années; attire l’attention sur la mise en garde de la Cour selon laquelle l’augmentation de la dette européenne accroît la pression exercée sur le budget de l’Union; |
| 32. | relève que, dans son rapport annuel sur la gestion et la performance, la Commission classe les dépenses dans des catégories de risque élevé, moyen et faible, afin de concentrer l’action sur les domaines à haut risque, alors que la Cour n’utilise que deux catégories de risque pour émettre une opinion sur la légalité et la régularité des dépenses; est préoccupé par le fait que les travaux de la Cour ont fait apparaître, dans les travaux ex post réalisés par la Commission, des limitations qui, prises dans leur ensemble, ébranlent la solidité de son évaluation du risque; constate avec inquiétude que l’un des domaines les plus touchés est celui de la «cohésion, résilience et valeurs», dans lequel la Cour a estimé que la majorité des dépenses présentaient un risque élevé, alors que la Commission n’a classé qu’une minorité d’entre elles dans cette catégorie; |
| 33. | exprime une nouvelle fois son inquiétude quant à l’observation de la Cour selon laquelle l’évaluation des risques de la Commission pourrait sous-estimer le niveau de risque dans plusieurs domaines; est également préoccupé par les faiblesses récurrentes recensées par la Cour en ce qui concerne les systèmes de gestion et de contrôle des États membres, qui ne permettent toujours pas de prévenir ou de détecter les irrégularités dans la rubrique 2, ce qui limite la confiance que l’on peut accorder à leur travail, alors que les taux d’erreur de la Commission dépendent toujours de ces systèmes nationaux, qui ne fonctionnent pas de manière efficace; |
| 34. | constate que cette hausse est principalement due au taux d’erreur estimatif de la rubrique 2 du CFP (cohésion, résilience et valeurs), où la Cour a constaté que 9,3 % des dépenses violaient les règles et les règlements de l’Union; rappelle les problèmes sous-jacents signalés par la Cour et connus depuis plusieurs années; |
| 35. | souligne que le niveau d’erreur estimatif des dépenses de l’Union, tel que présenté dans la déclaration d’assurance de la Cour, est une estimation des montants qui n’auraient pas dû être versés parce que ces fonds n’ont pas été utilisés conformément aux règles et règlements applicables; estime que, même s’il ne constitue pas un indicateur de fraude ou de corruption, le niveau d’erreur estimatif est le reflet de dépenses pour lesquelles des mesures correctrices sont nécessaires et donc d’un gaspillage de ressources; regrette que, tout en étant un problème en soi, il renvoie une mauvaise image aux citoyens et puisse même remettre en question la capacité de la Commission à protéger efficacement les intérêts financiers de l’Union; |
| 36. | relève avec préoccupation que, selon les propres estimations de la Commission, le risque au moment du paiement est seulement de 1,9 % pour 2023 et qu’il se situe à ce niveau depuis 2020; relève que la Commission estime à 1,0 % sa capacité à corriger et à recouvrer les dépenses irrégulières pendant la mise en œuvre des programmes correspondants, le risque au moment de la clôture s’établissant ainsi à 0,9 %; est préoccupé par le fait que, cette année encore, le risque au moment du paiement indiqué par la Commission est non seulement inférieur au niveau d’erreur estimé par la Cour à 5,6 %, mais aussi à la fourchette de la Cour, qui se situe entre 4,4 % et 6,8 %; souligne que la divergence entre le taux d’erreur global de la Cour et le risque au moment du paiement indiqué par la Commission est également évidente dans certains domaines de dépenses spécifiques, en particulier dans la rubrique 2, plus encore que par le passé; se félicite de l’estimation du niveau d’erreur réalisée par la Cour, qui constitue un indicateur important des risques existants; |
| 37. | prend acte de la perspective pluriannuelle dans laquelle s’inscrit le risque à la clôture estimé par la Commission, les corrections et les recouvrements après la fin de l’exercice n’étant pas reflétés dans l’estimation du niveau d’erreur par la Cour; déplore néanmoins la confusion due à la présentation par la Commission du risque au moment du paiement; |
| 38. | rappelle les points de vue exprimés dans la résolution de décharge de 2022 et les échanges de vues ayant eu lieu lors des auditions relatives à la décharge pour l’exercice 2023 à propos des différences entre la Cour et la Commission dans les méthodes et les estimations des erreurs affectant les dépenses de l’Union; note en particulier que le taux d’erreur de la Cour est fondé sur un échantillon statistique, tandis que le risque au moment du paiement mentionné par la Commission est, dans une large mesure, établi à partir des taux d’erreur communiqués par les autorités nationales d’audit des États membres et n’est calculé qu’après les corrections et les remboursements; rappelle que le taux d’erreur de la Cour tient compte des erreurs qui n’ont pas été détectées par les États membres et la Commission, ce qui montre que les taux d’erreur de cette dernière sont une sous-estimation; constate avec inquiétude une divergence encore plus importante entre les estimations de la Cour et celles de la Commission; note par ailleurs que la Commission et la Cour organisent des ateliers communs sur cette question; constate que, récemment, la Cour a aligné la méthode qu’elle applique aux marchés publics organisés dans les organismes décentralisés sur la méthode de la Commission; se dit une nouvelle fois favorable à l’approche et à la méthode d’audit indépendantes de la Cour et invite la Commission à collaborer avec la Cour afin d’améliorer l’harmonisation et de présenter des estimations plus comparables du niveau d’erreur; |
| 39. | rappelle que l’autorité de décharge a besoin d’une déclaration d’assurance, fournie par la Cour, sur la fiabilité des comptes ainsi que la légalité et la régularité des opérations sous-jacentes en fin d’exercice pour sa décision de décharge relative à cet exercice; fait observer que les programmes de dépenses de l’Union sont de nature pluriannuelle et que leurs systèmes de gestion et de contrôle couvrent plusieurs exercices, ce qui permet de procéder à des corrections et à des recouvrements après la fin d’un exercice; |
| 40. | rappelle que la Commission a la responsabilité de la prévention et de la détection des fraudes; souligne que, dans l’exercice de son mandat, la Cour est tenue de signaler tous les cas d’irrégularité; observe que la Cour transmet au Parquet européen tout soupçon d’infraction pénale relevant de sa compétence et communique à l’OLAF tout soupçon de fraude, de corruption ou d’autre activité illégale portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union; relève qu’en 2023, la Cour a communiqué 20 cas de fraude présumée à l’OLAF, transmettant en parallèle 12 d’entre eux au Parquet européen, ce qui a donné lieu jusqu’à présent à quatre enquêtes de l’OLAF et à neuf enquêtes du Parquet européen; félicite la Cour pour les cas d’irrégularité qu’elle a signalés à l’OLAF et au Parquet européen étant donné que les informations provenant de missions d’audit présentent généralement un degré élevé de fiabilité; rappelle le rôle essentiel de l’ensemble de la structure antifraude de l’Union à cet égard et se déclare préoccupé par le refus de certains États membres de coopérer avec un élément de cette structure, à savoir le Parquet européen; |
Gestion budgétaire et financière
| 41. | constate qu’en 2023, 98,9 % des crédits d’engagement disponibles ont été utilisés (184,4 milliards d’EUR sur 186,5 milliards d’EUR); relève que les crédits disponibles dépassaient le plafond du CFP, qui était de 182,7 milliards d’EUR, du fait de la mobilisation d’instruments spéciaux pour faire face aux événements nouveaux ou imprévus; relève que 90,0 % des crédits de paiement ont été utilisés (162,0 milliards d’EUR sur 165,2 milliards d’EUR disponibles); |
| 42. | relève avec préoccupation que le total des engagements restant à liquider, qui deviendront des dettes s’ils ne sont pas dégagés, a atteint un record historique de 543 milliards d’EUR (contre 450 milliards d’EUR en 2022); constate que la Commission prévoit une baisse entre 2025 et 2029 lorsque les montants engagés tant pour NextGenerationEU que pour la période de programmation 2021-2027 devraient être payés; constate néanmoins que les montants réels pour 2023 (543 milliards d’EUR) sont bien supérieurs aux prévisions (490 milliards d’EUR), ce qui remet en cause les estimations de la Commission; |
| 43. | rappelle qu’en raison de la règle n+2, le temps disponible pour l’exécution des fonds en gestion partagée au titre du CFP 2021-2027 est plus court que lors des CFP précédents pour la dernière année de la période, ce qui, ajouté au niveau élevé du RAL, augmentera le risque que présentent les dégagements; relève que la Cour observe que la Commission a revu à la hausse ses prévisions de dégagements, qu’elle fixe à 8,1 milliards d’EUR pour la période 2024-2027 (elles étaient de 7,6 milliards d’EUR pour la période 2023-2027) et à 8,8 milliards d’EUR pour la période 2025-2027, soit une hausse de 15 % en deux ans; souligne avec préoccupation que la Commission a sous-estimé ses projections du RAL lors des deux derniers exercices et qu’il est donc vraisemblable qu’elle sous-estime le montant des dégagements qui seront effectués jusque 2027; prend acte de l’introduction du mécanisme en cascade à la suite de la révision à mi-parcours du CFP 2021-2027 ainsi que de l’incitation à utiliser les montants dégagés pour couvrir la hausse du coût des intérêts sur les montants empruntés par la Commission pour NextGenerationEU; |
| 44. | constate que les dernières prévisions de paiement à long terme établies par la Commission prévoient des dégagements substantiels à partir de 2027, à moins que les États membres ne déploient des efforts supplémentaires et ne mettent en œuvre les mesures à un rythme beaucoup plus rapide qu’au cours de la période 2014-2020; relève qu’en ce qui concerne le FC, le FEDER et le FSE+, trois Fonds relevant de la politique cohésion, la Commission a déclaré s’attendre à un montant total de 2,2 milliards d’EUR de dégagements au cours de la période 2024-2027, ce qui correspond à plus de cinq fois sa projection de 2022 (0,4 milliard d’EUR); prévient que pour le Fonds pour une transition juste (FTJ), la faible mise en œuvre en 2023 fera peser un risque sur des montants importants à partir de 2025; invite la Commission et les États membres à exploiter toutes les possibilités à leur disposition pour éviter les dégagements; |
| 45. | constate avec préoccupation que la dette de l’Union a augmenté, passant de 344,3 milliards d’EUR en 2022 à 458,5 milliards d’EUR en 2023, 60 % de ce montant étant le fait de NextGenerationEU; souligne que, pour la seule dette émise en faveur de NextGenerationEU, le coût des intérêts doit être directement pris en charge par le budget de l’Union et qu’en raison de la hausse des taux d’intérêt, l’estimation de ce coût pour la durée du CFP actuel (jusque fin 2027) se situe entre 17 milliards et 27 milliards d’EUR de plus que les prévisions initiales, qui étaient de 14,9 milliards d’EUR; |
| 46. | relève avec préoccupation que l’exposition totale du budget de l’Union en raison des garanties et des passifs éventuels pour les emprunts a augmenté, passant à 298,0 milliards d’EUR; fait observer que les hypothèses relatives aux intérêts sur les marchés des capitaux devraient être formulées avec prudence, tant pour la dette existante que pour la dette nouvelle, et qu’un plan viable de remboursement est nécessaire pour les deux catégories; relève que la Cour a reçu des informations de la Commission indiquant que l’exposition continuera d’augmenter au cours des années à venir, ce qui exercera une pression supplémentaire sur la marge de manœuvre budgétaire et réduira encore la flexibilité du budget de l’Union; soutient les recommandations de la Cour invitant la Commission à agir de manière plus proactive pour veiller à ce que ses instruments d’atténuation (tels que le fonds commun de provisionnement) disposent d’une capacité suffisante et à fournir un rapport plus transparent sur l’exposition budgétaire annuelle totale, en rendant publique son estimation; |
| 47. | relève avec préoccupation que, dans son rapport spécial 07/2024 (9), la Cour a observé qu’une bonne partie des ordres de recouvrement émis entre 2014 et 2022 étaient toujours en suspens au moment de leur audit; relève également que, dans les réponses qu’elle a données aux questions écrites de la commission du contrôle budgétaire du Parlement (commission CONT) relatives à la décharge 2023, la Commission indique qu’il y a 1 357 ordres de recouvrement en souffrance pour un montant total restant à liquider de quelque 335 millions d’EUR pour la période 2014-2023; invite la Commission à donner la priorité à la perception des ordres de recouvrement en souffrance et à tenir la commission du contrôle budgétaire informée des progrès accomplis; |
| 48. | souligne que l’égalité est une valeur fondatrice de l’Union et qu’elle est inscrite dans la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne; rappelle l’engagement de l’Union en faveur de l’intégration de la dimension de genre dans l’élaboration de ses politiques et dans l’exécution des fonds de l’Union, y compris la budgétisation sensible au genre; encourage la Commission à poursuivre les efforts déployés en matière de budgétisation sensible au genre et de suivi de l’incidence du budget de l’Union sur la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes; rappelle l’obligation de la Commission d’accompagner toutes les propositions législatives d’une étude d’impact lorsqu’elles devraient avoir une incidence économique, sociale et environnementale significative, afin de garantir notamment une répartition équitable des fonds; |
| 49. | note que la révision de l’accord interinstitutionnel sur le registre de transparence est prévue pour juillet 2025; invite la Commission à veiller à ce que le processus soit aussi ouvert que possible, à aligner les exigences en matière d’information financière pour toutes les catégories de déclarants (y compris les sources de financement et les budgets consacrés aux activités de lobbying), tout en abordant le risque mis en évidence dans le rapport spécial de la Cour sur le registre de transparence de l’Union (Rapport spécial 05/2024) concernant les déclarations sur l’honneur sur la catégorie d’activités de représentation d’intérêts; estime que, pour donner suite aux recommandations de la Cour, il convient d’augmenter les ressources du secrétariat du registre de transparence; |
| 50. | rappelle les conclusions suivantes du rapport spécial 11/2025 de la Cour des comptes: i) l’identification et l’enregistrement des entités en tant qu’ONG manquent parfois de cohérence et de fiabilité; ii) malgré un processus d’octroi plus rationnel, il reste des problèmes concernant l’exhaustivité et l’exactitude des données; iii) l’absence de vue d’ensemble fiable des dépenses de l’Union en faveur d’ONG empêche toute analyse utile; iv) les appels à propositions figurant dans l’échantillon de la Cour étaient transparents; v) le respect des valeurs de l’Union n’est pas vérifié de manière proactive; et vi) les pratiques en matière de transparence varient considérablement dans l’échantillon de la Cour, les grandes ONG obtenant de meilleurs résultats; demande à la Commission de mettre pleinement en œuvre les recommandations formulées dans le rapport spécial de la Cour; |
Recommandations
| 51. | souscrit entièrement aux recommandations formulées par la Cour dans son rapport annuel sur l’exécution du budget relatif à l’exercice 2023 (rapport annuel relatif à l’exercice 2023) (10) et dans les rapports spéciaux y afférents; invite la Commission à les mettre en œuvre sans délai et à tenir l’autorité de décharge informée de l’avancement de cette mise en œuvre; |
| 52. | invite la Cour à examiner avec la Commission la façon d’aligner les méthodes qu’elles appliquent au budget général, notamment pour les marchés publics organisés par les organismes décentralisés, tout en respectant leurs rôles respectifs; |
| 53. | invite notamment la Commission: | i) | à continuer d’interagir avec la Cour afin d’améliorer la compréhension mutuelle, la convergence et la comparabilité des deux approches des estimations divergentes des erreurs affectant les dépenses de l’Union; | | ii) | à préciser l’incidence des mesures correctrices sur le niveau global d’erreur; | | iii) | à examiner avec la Cour la façon d’aligner les méthodes qu’elles appliquent à l’évaluation des erreurs dans les marchés publics et à l’estimation du niveau d’erreur dans le budget général, notamment pour les marchés publics organisés par les organismes décentralisés, tout en respectant leurs rôles respectifs; | | iv) | à présenter à l’autorité de décharge une stratégie permettant de renforcer l’utilisation des fonds aux fins prévues, d’améliorer l’absorption et d’éviter les dégagements de façon à maximiser la valeur ajoutée européenne du budget de l’Union; | | v) | à améliorer la fiabilité des prévisions des engagements restant à liquider au moyen d’une estimation plus réaliste de l’absorption des fonds de l’Union de façon à donner à l’autorité de décharge une meilleure prévision de l’évolution du RAL au fil du temps et à mieux protéger le budget de l’Union; | | vi) | à rendre compte de la protection du budget de l’Union contre les différents risques identifiés au-delà du RAL, tels que les dégagements dans la politique de cohésion, l’augmentation de la dette, l’exposition accrue du budget et les effets de l’augmentation de l’inflation, et à prévoir des mesures suffisantes aux fins de cette protection; | | vii) | à fournir un rapport plus transparent sur l’exposition budgétaire annuelle totale en présentant, dans le rapport annuel sur la gestion et la performance, un aperçu pluriannuel de l’exposition du budget de l’Union aux garanties budgétaires; | | viii) | à simplifier considérablement les règles et les procédures et à améliorer l’assistance et à garantir des lignes directrices cohérentes et conviviales pour les PME, les nouveaux demandeurs, les entreprises issues d’une scission, les jeunes entreprises, les agences administratives et de paiement, les organisations de la société civile et toutes les autres parties prenantes concernées, sans pour autant compromettre la qualité des contrôles; | | ix) | à s’assurer que les outils d’atténuation en place ont une capacité suffisante pour faire face efficacement aux risques d’exposition du budget de l’Union; | | x) | à intensifier les efforts visant à améliorer la transparence dans l’utilisation des fonds, y compris en ce qui concerne l’information sur les bénéficiaires finaux, notamment sur les fonds alloués à la préparation des propositions politiques et législatives; | | xi) | à mettre en place tous les moyens nécessaires afin que tous les représentants d’intérêts qui approchent les institutions de l’Union soient enregistrés dans le registre de transparence; à demander en outre à la Commission de mettre en place un mécanisme efficace pour garantir que les entités financées par l’Union inscrites dans le registre de transparence sont alignées sur les valeurs de l’Union et à exiger une transparence totale en ce qui concerne leur financement, en donnant plus de précisions sur le financement de toutes les entités enregistrées, ce qui devrait être la condition à remplir pour pouvoir approcher l’ensemble des institutions, organes et organismes de l’Union; | | xii) | à assurer, avec le Parlement et le Conseil, des ressources suffisantes au secrétariat du registre de transparence afin de garantir que l’exactitude des informations relatives aux activités de lobbying de tous les représentants d’intérêt puisse être vérifiée et de renforcer la transparence de ces activités comme le demande la Cour dans son rapport spécial 05/2024 sur le registre de transparence de l’Union; demande à la Commission d’allouer des ressources suffisantes à l’identification des irrégularités afin de garantir un large éventail de capacités de recherche; | | xiii) | à exiger des représentants d’intérêts figurant dans le registre de transparence qu’ils fournissent la liste de leurs soutiens financiers en les obligeant à déclarer sur l’honneur qu’ils ne font que représenter leurs propres intérêts ou les intérêts collectifs de leurs membres et à proposer une modification de l’annexe II de l’accord interinstitutionnel du 20 mai 2021 pour exiger de leur part qu’ils inscrivent la liste de leurs soutiens financiers dans le registre de transparence de l’Union même s’ils déclarent dans ce registre qu’ils ne représentent que les intérêts de leurs propres membres; demande instamment aux entités déjà enregistrées qui n’ont pas dressé la liste de leurs ressources financières au moyen d’une déclaration sur l’honneur de les déclarer volontairement avant que l’accord interinstitutionnel ne soit modifié; | | xiv) | à continuer d’aider les États membres à améliorer la qualité et le nombre de contrôles et à partager les bonnes pratiques en matière de lutte contre la fraude et la corruption; | | xv) | à remédier à la situation concernant les ordres de recouvrement tardifs et à prendre toutes les mesures nécessaires pour recouvrer la majeure partie de l’encours pour la période 2014-2023, notamment la mise en œuvre de mécanismes de remontée de l’information, et à tenir l’autorité de décharge informée des progrès accomplis dans le recouvrement desdits montants; | | xvi) | à renforcer la capacité de l’architecture antifraude de l’Union, notamment en fournissant des ressources financières et humaines suffisantes, et à faciliter la coopération entre les différentes composantes; | |
Recettes
| 54. | se félicite qu’en 2023, la Cour ait également été en mesure d’émettre une opinion sans réserve sur la légalité et la régularité des recettes; souligne toutefois que le problème des droits de douane non déclarés ou mal déclarés, entraînant un manque à gagner sur les droits de douane à l’importation, est un problème qui persiste depuis de nombreuses années et qui pourrait impliquer une perte de ressources propres traditionnelles pour l’Union et les États membres; |
| 55. | constate avec une vive préoccupation que la Cour a examiné la mise en œuvre du plan d’action de la Commission en matière douanière, lequel est susceptible d’entraîner une baisse notable du manque à gagner sur les droits de douane, et qu’elle a une nouvelle fois constaté des progrès insuffisants dans la mise en œuvre de certaines actions de ce plan; relève que, dans le cadre de ce plan, la Commission a proposé une réforme douanière en mai 2023 (11), comprenant la création de l’Autorité douanière de l’UE et de la plateforme des données douanières de l’UE; |
| 56. | rappelle que la Cour a mis en évidence les risques que des contrôles douaniers inadéquats ou inefficaces des marchandises importées font peser sur les intérêts financiers de l’Union; salue les efforts déployés par l’OLAF pour lutter contre la fraude liée aux droits de douane et à la TVA; souligne l’augmentation des risques liés au commerce électronique et aux plateformes en ligne en raison des menaces potentielles pour la sécurité et la sûreté et du risque de non-respect des règles fiscales et douanières de l’Union, des normes relatives aux produits, des droits de propriété intellectuelle, des interdictions et des restrictions; |
| 57. | note avec préoccupation que la Cour a révélé que la Commission n’avait pas réclamé d’intérêts de retard dans six cas de rectification tardive des données RNB par les États membres pour lesquels la Commission avait émis des réserves; partage l’avis de la Cour selon lequel, par principe, la Commission devrait réclamer des intérêts de retard dans ces cas afin d’inciter les États membres à tenir compte des réserves dans le délai imparti; |
| 58. | constate avec satisfaction que la nouvelle ressource propre fondée sur les déchets d’emballages en plastique non recyclés produits par les États membres en 2023 s’est élevée à 7,2 milliards d’EUR, soit 4,0 % des recettes totales de l’Union; constate par ailleurs que la Cour a relevé (12) plusieurs problèmes relatifs à la fiabilité et à la comparabilité des données; souligne qu’il s’agit d’un excellent exemple de nouvelle ressource propre car elle incite les États membres à réduire le volume des emballages en plastique non recyclés tout en constituant une nouvelle source de recettes pour l’Union; |
| 59. | souligne que les propositions de nouvelles ressources propres présentées par la Commission en 2021, qui comportent trois éléments — en premier lieu, les recettes provenant de l’échange de quotas d’émission (SEQE), en second lieu, les ressources provenant du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union et, en troisième lieu, la part des bénéfices résiduels des entreprises multinationales qui sera réattribuée aux États membres dans le cadre de l’accord OCDE/G20 en faveur d’une réaffectation des droits d’imposition («pilier un») — sont des candidats naturels pour constituer de nouvelles ressources; souligne toutefois que d’autres sources sont également susceptibles d’être envisagées si elles s’avéraient plus simples à approuver pour les États membres; se félicite d’autres initiatives susceptibles d’aboutir à de nouvelles ressources propres pour le budget de l’Union; |
| 60. | invite notamment la Commission: | i) | à mettre davantage l’accent et à faire pression sur la mise en œuvre du plan d’action en matière douanière, et notamment de la proposition de réforme douanière importante de mai 2023, qui comprend la création de l’Autorité douanière de l’UE et de la plateforme des données douanières de l’UE; à veiller à ce que les États membres mettent en œuvre des sanctions efficaces, proportionnées et dissuasives en cas de non-respect des obligations de déclaration; à engager une procédure d’infraction lorsqu’il existe des preuves suffisantes qu’un État membre applique un système de sanctions manifestement inapproprié en réaction aux violations des dispositions de la directive relative à la coopération administrative 6 (13) (DAC 6); | | ii) | à insister sur l’importance d’intensifier et de diversifier la coopération douanière internationale avec les partenaires commerciaux et souligne la nécessité de renforcer la lutte contre la fraude fiscale et douanière transfrontalière dans le contexte de l’expansion du commerce électronique; | | iii) | à inciter les États membres à prendre en considération les réserves relatives à la rectification des données RNB par les États membres dans le délai imparti en leur réclamant des intérêts de retard; | | iv) | à poursuivre les travaux en vue de la mise en place de nouvelles ressources propres supplémentaires; | |
Marché unique, innovation et numérique
| 61. | relève que le budget des programmes relevant de la rubrique 1 du CFP (Marché unique, innovation et numérique) a été de 25,3 milliards d’EUR (soit 13,2 % du budget de l’Union), répartis comme suit: 15,3 milliards d’EUR (60,5 %) pour la recherche, 4,1 milliards d’EUR (16,1 %) pour les transports, l’énergie et le numérique, 2,3 milliards d’EUR (9,1 %) pour le programme InvestEU, 2,2 milliards d’EUR (8,7 %) pour les programmes spatiaux et 1,4 milliard d’EUR (5,6 %) pour les autres domaines; |
| 62. | note que la Cour a examiné 127 opérations couvrant l’éventail complet des dépenses relevant de cette rubrique du CFP, notamment le programme Horizon 2020 (90 opérations), Horizon Europe (7 opérations), le mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE), les programmes spatiaux et des instruments financiers, et qu’elle a également examiné le système de contrôle ex ante de l’Agence exécutive européenne pour le climat, les infrastructures et l’environnement (CINEA) pour les subventions au titre du MIE dans les secteurs des transports et de l’énergie ainsi que les informations sur la régularité figurant dans les rapports annuels d’activités de la direction générale de la recherche et de l’innovation et de l’Agence exécutive européenne pour la santé et le numérique (HADEA); |
| 63. | relève que, selon les estimations de la Cour, le niveau d’erreur des dépenses relevant de la rubrique «Marché unique, innovation et numérique» en 2023 était significatif (3,3 %); prend acte de l’observation de la Cour selon laquelle le domaine présentant le plus d’erreurs était constitué des dépenses de recherche et d’innovation, en particulier celles relatives aux frais de personnel; relève également que la Commission estime le risque au moment du paiement à 1,4 % pour cette rubrique, ce chiffre se situant dans la moitié inférieure de la fourchette des estimations de la Cour; se dit préoccupé par le fait que la Cour conclue que le risque au moment du paiement estimé par la Commission pour cette rubrique reste sous-estimé, en raison des faiblesses relevées par la Cour dans les audits ex post de la Commission dans ce domaine depuis l’exercice 2019 (14); |
| 64. | constate avec préoccupation que 39 des 127 opérations (31 %) examinées par la Cour comportent des erreurs; note avec une vive préoccupation que, dans sept cas d’erreurs quantifiables commises par des bénéficiaires, la Commission (ou les auditeurs engagés par les bénéficiaires) disposait d’informations suffisantes pour éviter l’erreur ou pour la détecter et la corriger avant d’accepter la dépense et que donc, si la Commission avait fait bon usage de toutes les informations à sa disposition, le taux d’erreur estimatif pour ce chapitre aurait été inférieur de 1,4 point de pourcentage; souligne que cette situation indique la présence de faiblesses dans les contrôles de la Commission; |
Recherche et innovation
| 65. | souligne l’importance des programmes de financement de la recherche et de l’innovation (R & I) de l’Union pour le développement scientifique, sociétal, économique et technologique de l’Union en vue de réduire les inégalités, de réaliser les transitions écologique et numérique et de réduire la dépendance énergétique de l’Union à l’égard de la Russie; rappelle qu’Horizon Europe est le programme de recherche et d’innovation le plus important en Europe, avec un budget total de 95,5 milliards d’EUR au cours de la période 2021-2027, dont 5,4 milliards d’EUR provenant de l’instrument NextGenerationEU; note que la FRR a affecté quelque 48 milliards d’EUR d’investissements à la R & I; souligne qu’un financement supplémentaire de la R & I est nécessaire pour renforcer la compétitivité de l’Union et combler le retard d’innovation, compte tenu des recommandations pertinentes du rapport Draghi; souligne, en particulier, la nécessité d’augmenter les dépenses de R & I dans le domaine de la défense en raison des conditions géopolitiques actuelles, ce qui pourrait constituer un élément important de la stratégie pour la politique d’innovation; |
| 66. | relève qu’avec un budget de 75,6 milliards d’EUR, Horizon 2020, son prédécesseur, avait financé plus de 35 000 projets entre 2014 et 2020 et que ses appels à propositions avaient suscité plus d’un million de demandes provenant de 177 pays; relève également que, lors de son audition pour la décharge 2023, la commissaire Ivanova avait souligné la valeur ajoutée des programmes de financement de la R & I de l’Union en indiquant que l’évaluation finale d’Horizon 2020 avait estimé que, pour chaque euro dépensé dans le cadre du programme, des avantages d’une valeur de cinq euros verraient le jour d’ici à 2040 en faveur de la société; déplore vivement que 74 % des propositions jugées de bonne qualité par des experts indépendants n’aient pas pu être financées en raison de contraintes budgétaires; relève qu’il aurait fallu disposer de 159 milliards d’EUR de plus pour financer la totalité des propositions de bonne qualité; souligne qu’il importe de garantir la disponibilité de fonds suffisants pour la recherche et l’innovation dans l’Union, notamment pour améliorer la compétitivité et la prospérité de l’Union, conformément au programme stratégique de l’Union pour 2024-2029; |
| 67. | prend acte de l’adoption tardive des bases juridiques d’Horizon Europe en 2021 et se félicite que la Commission soit parvenue à atteindre une exécution budgétaire proche de 100 % en 2023; relève qu’à la fin de 2023, le nombre de conventions de subvention signées s’élevait à 10 674 et que deux nouveaux accords-cadres avaient été signés; |
| 68. | relève avec préoccupation que la Cour a décelé des erreurs relatives à des coûts inéligibles dans 30 des 97 opérations de son échantillon portant sur la recherche et l’innovation et que ces erreurs représentent 71 % du taux d’erreur estimé par la Cour pour cette rubrique en 2023; se dit une nouvelle fois préoccupé par le fait que, neuf ans après le début de la mise en œuvre du programme Horizon 2020, le calcul des frais de personnel constitue toujours une source importante d’erreurs, 22 des 30 opérations faisant apparaître des erreurs quantifiables dans l’échantillon de la Cour portant sur la recherche (quelque 73 %) ayant fait l’objet d’une mauvaise application de la méthode de calcul des frais de personnel; salue la poursuite des efforts entrepris par la Commission et la Cour pour remédier à cette situation; se félicite que la Commission ait accepté la recommandation de la Cour lui demandant de faire en sorte que les bénéficiaires respectent davantage les règles relatives aux taux journaliers et de préciser les règles relatives aux taux journaliers dans les documents d’Horizon Europe; |
| 69. | souligne qu’il importe de simplifier les règles et les procédures régissant le financement de la R & I de l’Union; relève qu’en 2023, la Commission a poursuivi le déploiement d’options de coûts simplifiés tels que les montants forfaitaires et les coûts unitaires dans le programme Horizon Europe; prend également acte des observations formulées par le directeur général de la recherche et de l’innovation lors de l’échange de vues avec la commission CONT, selon lesquelles la Commission a l’intention d’augmenter le décaissement de fonds d’Horizon Europe sous la forme de montants forfaitaires pour le faire passer à 50 % d’ici à 2027; se félicite que la Commission, tenant compte des recommandations de la Cour formulées dans ses rapports annuels pour 2022, précisera davantage les critères définissant la bonne exécution des subventions forfaitaires, et notamment les éléments de chaque module de travail qui déclenchent le paiement, et qu’elle fournira également des lignes directrices détaillées à ceux qui participent à l’évaluation de la mise en œuvre des projets; relève par ailleurs que, comme l’indique l’évaluation par la Commission du financement forfaitaire dans les programmes Horizon 2020 et Horizon Europe 2018-2024, les bénéficiaires souhaiteraient davantage de précisions sur la façon dont les subventions forfaitaires seront contrôlées; se dit préoccupé par le fait que la stratégie d’audit ex post d’Horizon Europe n’a pas encore été définie; |
| 70. | souligne le rôle crucial du secteur privé lorsqu’il s’agit de réduire l’écart en matière d’innovation au sein de l’Union et d’améliorer la compétitivité et la prospérité de l’Union; estime en particulier qu’il est impératif de continuer à promouvoir et à favoriser autant que possible la participation des PME aux programmes de financement de la R & I de l’Union; relève que la Cour conclut que les PME et les nouveaux bénéficiaires sont davantage susceptibles de commettre des erreurs étant donné qu’ils ne disposent pas de l’expérience et des ressources nécessaires pour gérer les fonds; salue les efforts déployés par la Commission pour apporter un soutien spécifique aux PME, par exemple par le biais de campagnes d’information, du système de points de contact nationaux et du service d’assistance spécifique lié au service de renseignements sur la recherche; estime que la simplification des règles et des procédures est fondamentale pour garantir une participation accrue des PME; |
Énergie, transports et numérique
| 71. | souligne l’importance des investissements de l’Union dans le développement de réseaux transeuropéens performants, durables et bien interconnectés dans le domaine des transports, de l’énergie et des services numériques et relève qu’avec des dépenses de 4,1 milliards d’EUR en 2023, le mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) constitue un instrument essentiel de l’Union pour parvenir à ces objectifs; |
| 72. | attire l’attention sur la nécessité de simplifier les procédures de demande au titre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe — volet transports (MIE-T) afin de permettre aux petites entités et aux initiatives locales de participer plus étroitement au développement des infrastructures européennes de transport; regrette que le budget du MIE-T ne couvre pas tous les besoins en investissements dans les transports durables et que la majeure partie dudit budget ait déjà été allouée, ce qui entraîne un déficit de financement jusqu’en 2027; |
| 73. | rappelle que la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et les sanctions imposées à la Russie qui en ont résulté ont continué d’avoir une incidence négative sur le secteur des transports de l’Union en 2023, ce qui a entraîné des perturbations du trafic, des goulets d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement et la nécessité de contourner les itinéraires traditionnels, allongeant ainsi la durée des trajets et augmentant les coûts; souligne que les régions frontalières de l’est de l’Union, en particulier dans les pays baltes, la Finlande, la Pologne et la Roumanie, ont été particulièrement touchées par les pertes économiques et par l’arrêt de la mobilité transfrontalière dus à l’agression russe; invite la Commission à prévoir des mesures ciblées, y compris dans le prochain CFP, en vue de faciliter le rétablissement des régions touchées; |
| 74. | invite la Commission à procéder à un examen complet des fonds alloués aux projets d’infrastructure transfrontaliers et multinationaux qui connaissent d’importants problèmes de mise en œuvre, des difficultés financières ou des retards, tels que le projet Rail Baltica; souligne que cet examen devrait porter sur les lacunes en matière de planification et de gestion ainsi que sur les augmentations des coûts de construction qui compromettent le respect des calendriers et des objectifs des projets; répète qu’une plus grande transparence dans la gestion des fonds publics renforce la confiance des citoyens dans les institutions de l’Union; |
| 75. | constate avec préoccupation que, dans son échantillon de 2023, la Cour a relevé deux erreurs dans les projets du MIE, que l’une d’elles concerne une violation grave des règles de l’Union en matière de passation des marchés publics qui a entraîné l’attribution du marché à un consortium qui ne répondait pas aux critères de sélection et que cette erreur a contribué pour 28 % au taux d’erreur estimatif de la rubrique 1; |
| 76. | se dit vivement préoccupé par les constatations de la Cour relatives au système de contrôle ex ante de l’Agence exécutive européenne pour le climat, les infrastructures et l’environnement (CINEA) pour les subventions au titre du MIE dans les secteurs des transports et de l’énergie, et notamment par la conclusion de la Cour indiquant que si les stratégies du MIE1 (2014-2020) et du MIE2 (2021-2027) sont fondées sur une analyse correcte des risques et des irrégularités passées, les lignes directrices sur les contrôles ex ante des marchés publics n’étaient pas suffisamment détaillées; soutient pleinement la recommandation de la Cour demandant à la Commission d’étoffer davantage ces lignes directrices; |
Recommandations
| 77. | invite la Commission: | i) | à assurer la mise à disposition de ressources suffisantes pour soutenir les propositions de projets de recherche et d’innovation de qualité présentant une valeur ajoutée européenne, à court terme au moyen du projet de budget pour 2026 et à moyen terme au moyen de la proposition de prochain cadre financier pluriannuel présentée par la Commission; | | ii) | à continuer de simplifier les règles et les procédures conformément au nouveau règlement financier et de soutenir les sessions de formation et la fourniture d’informations pratiques, conviviales et cohérentes destinées aux demandeurs dans les États membres, en particulier aux PME, aux nouveaux demandeurs, aux entreprises issues d’une scission, aux jeunes entreprises, aux organisations de la société civile ou aux groupes d’action locale et à encourager les demandes des bénéficiaires dans les États membres où la participation est plus limitée, ainsi que celles des petites entités; | | iii) | à continuer d’appliquer des règles et procédures simplifiées, de mettre en place des mesures de numérisation et de recourir à des options de coûts simplifiés tout en prenant notamment des mesures pour parer au risque d’irrégularités et de fraude et limiter les coûts des contrôles et en finalisant au plus vite la stratégie d’audit ex post d’Horizon Europe; | | iv) | à préciser davantage les critères permettant de déterminer la bonne exécution des subventions forfaitaires en tenant compte des recommandations formulées par la Cour en la matière dans son rapport annuel 2022 et à vérifier la mise en œuvre effective des projets ayant recours à des montants forfaitaires; | | v) | à réaliser une analyse approfondie des erreurs décelées dans les marchés publics et à étoffer encore les lignes directrices décrivant l’étendue des vérifications à effectuer dans le cadre des contrôles ex ante des marchés publics pour les projets relevant du MIE, comme l’a recommandé la Cour; | |
Cohésion, résilience et valeurs
| 78. | souligne l’importance de la politique de cohésion de l’Union pour la convergence et le développement économiques et territoriaux dans les régions de l’Union, ainsi que pour soutenir la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux; relève que le budget des programmes relevant de la rubrique 2 du CFP (Cohésion, résilience et valeurs) a été de 73,3 milliards d’EUR (soit 38,4 % du budget de l’Union), répartis comme suit: 47,8 % pour le Fonds européen de développement régional (FEDER) et d’autres opérations régionales, 18,9 % pour le Fonds social européen (FSE), 9,8 % pour le Fonds de cohésion (FC), 3,8 % pour Erasmus+, 2,1 % pour le MIE Transports et 3,8 % pour les autres domaines; |
| 79. | note que la Cour a examiné un échantillon de 238 opérations couvrant l’éventail complet des dépenses relevant de la rubrique 2 du CFP; constate avec inquiétude que le niveau d’erreur estimatif global calculé par la Cour pour les dépenses de cette rubrique en 2023 a augmenté pour atteindre 9,3 %, soit un niveau considérablement supérieur au seuil de signification; attire l’attention sur la nette augmentation du niveau d’erreur global estimé par la Cour en 2023 par rapport aux exercices précédents (6,4 % en 2022, 3,6 % en 2021); |
| 80. | se dit préoccupé par l’observation de la Cour selon laquelle les ressources supplémentaires importantes mises à disposition dans le cadre de l’instrument de soutien à la reprise en faveur de la cohésion et des territoires de l’Europe (REACT-EU), l’approche de la fin de la période d’éligibilité pour les programmes de la période 2014-2020 (31 décembre 2023) et la mise en œuvre en parallèle du programme NextGenerationEU ont exercé une pression supplémentaire sur les administrations des États membres et aggravé de la sorte le risque d’erreurs; se dit particulièrement préoccupé par la pratique consistant à réduire le cofinancement des États membres, comme dans le cas de REACT-EU, de l’initiative d’investissement en réaction au coronavirus (CRII) et de l’initiative CRII+, ce qui en réduit l’appropriation et limite les mesures d’incitation au contrôle correct des dépenses qui en découlent; relève des réponses de la Commission que celle-ci reconnaît que certaines autorités ont peut-être procédé à des contrôles et à des vérifications moins efficaces en raison de l’importante surcharge de travail et de la pression de plus en plus importante qu’exercent la mise en œuvre parallèle des programmes de la période 2014-2020 et le financement supplémentaire accordé au titre de NextGenerationEU; |
| 81. | prend acte de l’analyse par la Cour des opérations bénéficiant d’un financement supplémentaire provenant de REACT-EU et d’une plus grande flexibilité grâce à CRII+ et à l’action de cohésion pour les réfugiés en Europe (CARE) ainsi que de leur contribution aux niveaux d’erreur estimatifs; relève notamment que la Cour conclut que les erreurs relevées dans les priorités financées à 100 % par l’Union ont contribué à 5,0 % du niveau d’erreur estimatif global de 9,3 %; se dit préoccupé par le fait que l’augmentation des flexibilités sans baisse des exigences ou augmentation des vérifications et contrôles préventifs parallèles a contribué à ce taux d’erreur élevé; |
| 82. | prend acte du dossier d’analyse no 03/2024 de la Cour intitulé «Dépenses de cohésion de la période 2014-2020: vue d’ensemble du cadre d’assurance et des principales causes d’erreurs», qui donne une vue d’ensemble pluriannuelle couvrant six années de résultats d’audit, y compris une évaluation des problèmes de gestion et de contrôle, dans le but de renforcer le modèle d’assurance; se dit préoccupé par la conclusion de la Cour qui indique que, bien que le cadre d’assurance de la politique de cohésion ait contribué à réduire le niveau d’erreur, il n’est pas parvenu à ramener le niveau d’erreur global en deçà du seuil de signification de 2 %; s’inquiète du fait que la Commission ne puisse s’appuyer que dans une mesure limitée sur les travaux des autorités d’audit nationales, en raison des faiblesses systématiques; soutient la recommandation faite par la Cour à la Commission en vue de renforcer la mise en œuvre du cadre d’assurance applicable aux dépenses de cohésion pour la période 2021-2027; rappelle à la Commission la demande de l’autorité de décharge de collaborer étroitement avec les États membres pour améliorer le système de gestion et de contrôle des dépenses de l’Union afin de ramener le taux d’erreur élevé en dessous du seuil de signification de 2 %; |
| 83. | prend acte de l’observation formulée par la Cour dans son analyse de la fiabilité des travaux des principaux acteurs du système de contrôle de la politique de cohésion; se dit préoccupé par le fait que la Cour ait constaté que, pendant une période de six ans, les autorités de gestion, première ligne de défense pour la détection et la prévention des erreurs, ne parviennent pas à atténuer avec une efficacité suffisante le risque d’erreur élevé inhérent à la politique de cohésion; estime encore plus préoccupant que, selon la Cour, les autorités d’audit des États membres, deuxième ligne de défense, ne sont pas en mesure de déterminer le taux d’erreur correct des dossiers de dépenses qu’elles contrôlent et pour lesquels elles fournissent une assurance étant donné que la Cour a détecté des erreurs supplémentaires dans au moins 39 % de ces dossiers; relève que ces erreurs ont été détectées et signalées chaque année par la Cour depuis plus de six ans et qu’il s’agit donc d’un problème systémique; |
| 84. | prend acte de la classification des erreurs détectées par la Cour dans les dépenses de la politique de cohésion, les projets inéligibles représentant 29 % des erreurs, les coûts inéligibles 26 % des erreurs, le non-respect grave des procédures de passation des marchés publics 21 % des erreurs et les dépenses du FEDER et du Fonds de cohésion la plus grande part des erreurs (80 %); relève que les dépenses du FSE+, de l’initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ) et du Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD) sont proportionnellement moins touchées par les erreurs étant donné qu’elles représentent ensemble 16 % des erreurs alors qu’elles constituent ensemble quelque 20 % du budget relevant de cette rubrique; |
| 85. | prend acte de l’étude commandée par la commission du contrôle budgétaire, intitulée «Enseignements tirés de la mise en œuvre des instruments de réaction aux crises de l’Union», qui indique que l’absorption des ressources non engagées de la politique de cohésion a été favorisée par les flexibilités mises en place au titre des initiatives CRII et CRII+; se dit préoccupé par les conclusions des chercheurs qui indiquent que la qualité des projets bénéficiant d’une procédure accélérée n’a peut-être pas été identique à celle des investissements effectués avant la pandémie; se dit également préoccupé par l’observation des chercheurs qui indique que le risque de projets de faible qualité est entièrement supporté par le budget de l’Union en raison du financement assuré à 100 % par l’Union dans le cadre des initiatives CRII et CRII+ et de REACT-EU; estime qu’un financement assuré à 100 % par l’Union favorise peut-être l’absorption, mais que l’absorption n’est pas une fin en soi; |
| 86. | souligne que, dans ses avis de décharge les plus récents, la commission du développement régional a demandé que la Commission apporte un soutien consultatif supplémentaire aux autorités nationales, locales et régionales afin d’éviter une situation de surcharge administrative; salue les efforts de la Commission, mais constate que, malheureusement, ils n’ont pas été suffisants pour atténuer le risque d’erreur; signale qu’une surcharge administrative similaire pourrait survenir à la fin de la période d’éligibilité à la FRR et au cours des dernières années du CFP; insiste sur la nécessité de remédier d’urgence à l’insuffisance des capacités administratives des autorités nationales, locales et régionales; invite la Commission, à cet égard, à leur procurer des orientations claires et à accroître son soutien au renforcement des capacités administratives, notamment par la formation du personnel, le partage des bonnes pratiques, des examens entre pairs et une assistance technique afin de garantir une gestion efficace des fonds; |
| 87. | prend acte des discussions publiques relatives au cadre financier pluriannuel postérieur à 2027, qui indiquent peut-être une évolution vers un modèle fondé sur les performances, associant investissements et réformes, et une volonté de simplification des règles et des procédures; invite la Commission à donner la priorité aux réponses financières aux menaces actuelles résultant de la situation géopolitique; souligne que toute décision relative à la future structure des programmes de dépenses ne doit pas se faire au détriment de la surveillance et du contrôle des dépenses de l’Union en termes de transparence et d’information au niveau de l’Union en ce qui concerne le non-respect des règles et des règlements; estime que les erreurs relevées par la Cour et la façon dont la Commission traite ces erreurs sont également le signe d’un système de gestion et de contrôle qui fonctionne bien et relève que les deux institutions ont fait part de leur volonté d’améliorer le système et de réduire le taux d’erreur; |
| 88. | prend acte, à l’instar des années précédentes, de l’observation de la Cour selon laquelle les contrôles documentaires effectués par la Commission afin d’examiner et d’évaluer la fiabilité des travaux des autorités d’audit ne sont destinés qu’à vérifier la cohérence des informations sur la régularité et qu’ils sont donc trop limités pour confirmer le taux d’erreur résiduel communiqué par les autorités nationales dans leurs dossiers constitués aux fins de l’assurance; prend acte de la réponse de la Commission selon laquelle elle complète ses contrôles documentaires par des travaux d’audit sur place qui couvrent les programmes et les dossiers constitués aux fins de l’assurance, ce qui lui permet d’établir une estimation raisonnable et objective des taux d’erreur pour chaque programme; estime que l’observation de la Cour a trait à l’ampleur des contrôles documentaires et au fait qu’ils ne sont destinés qu’à vérifier la cohérence et sont donc trop limités pour que la Commission dispose d’informations suffisamment fiables; |
| 89. | se dit préoccupé par les lacunes persistantes soulignées par la Cour dans les travaux des autorités nationales d’audit, que reflètent les faiblesses relevées dans les dossiers constitués aux fins de l’assurance, où le taux d’erreur résiduel est supérieur au seuil de signification pour plus de 60 % de la valeur des dossiers contrôlés en 2023; souligne avec préoccupation que, systématiquement, les autorités de gestion ne parviennent pas à éviter ou à détecter les irrégularités dans les dépenses déclarées par les bénéficiaires et que, de ce fait, la Commission ne peut se fier sur leurs travaux que dans une moindre mesure; |
| 90. | rappelle que, dans le cadre de la gestion partagée, il incombe à la Commission de s’assurer que les États membres mettent en place des systèmes de gestion et de contrôle qui fonctionnent efficacement pendant la mise en œuvre des programmes; est préoccupé par le fait que la Commission et la Cour ont constaté que les systèmes de gestion et de contrôle des États membres ne fonctionnent pas tous de manière efficace, ce qui a une incidence négative sur la fiabilité des taux d’erreur de la Commission, étant donné que celle-ci s’appuie sur ces systèmes nationaux, qui ne fonctionnent pas de manière efficace; remet en question la possibilité pour la Commission de continuer à s’appuyer sur les systèmes nationaux; |
| 91. | estime que l’approche de contrôle unique fonctionne bien et que pour parvenir à une réduction des formalités administratives pour les bénéficiaires et les autorités de gestion, il est essentiel de respecter les normes d’audit à tous les niveaux de contrôle et d’audit; se dit dès lors préoccupé par le fait que, dans son rapport annuel, la Cour constate que des documents justificatifs essentiels relatifs au respect des conditions d’éligibilité n’ont pas été présentés par les autorités de gestion et les bénéficiaires des programmes ainsi que par le fait que, dans son analyse, la Cour indique aussi que la documentation insuffisante des travaux d’audit des autorités d’audit limite la fiabilité que l’on peut accorder aux travaux d’audit des autorités d’audit nationales; |
| 92. | rappelle qu’en vertu de l’article 15 du règlement (UE) 2021/1060 du Parlement européen et du Conseil (15) (ci-après le «RPDC»), pour la période de programmation 2021-2027, les États membres doivent répondre à des conditions favorisantes horizontales et thématiques qui doivent continuer d’être remplies et respectées tout au long de la période d’exécution des fonds; rappelle que si les conditions favorisantes ne sont pas remplies au moment où une demande de paiement est présentée à la Commission pour l’objectif spécifique concerné, les dépenses correspondantes ne seront pas remboursées par le budget de l’Union jusqu’à ce que la Commission considère que la condition favorisante a été remplie; rappelle que l’autorité de décharge déplore vivement la décision de la Commission du 13 décembre 2023 (16) considérant que la Hongrie a rempli la condition favorisante horizontale relative à l’indépendance de la justice qui a permis aux autorités hongroises de présenter des demandes de remboursement d’un montant maximal de 10,2 milliards d’EUR; note avec inquiétude que depuis le déblocage de ces fonds, le gouvernement hongrois n’a pas pris de mesures pour rétablir l’indépendance du pouvoir judiciaire, mais au contraire pour la compromettre; se dit une nouvelle fois préoccupé par le manque de mécanismes de contrôle adéquats ou de procédures fiables de passation des marchés publics permettant de garantir la bonne gestion financière et la protection du budget de l’Union; estime que cette décision contredit politiquement la prolongation des mesures adoptées au titre du règlement (UE, Euratom) 2020/2092 du Parlement européen et du Conseil (17) (le «règlement relatif à la conditionnalité»); |
| 93. | se déclare profondément préoccupé par les conclusions du rapport 2023 sur l’état de droit concernant la situation de l’état de droit en Hongrie, en particulier les défis persistants et systémiques dans le secteur judiciaire et des médias; note avec inquiétude la pression croissante sur l’indépendance judiciaire, y compris les préoccupations concernant la sélection et la promotion des juges, et les rapports récents d’intimidation et d’ingérence dans les décisions judiciaires, comme l’illustrent les démissions de juges en signe de protestation contre l’influence politique; dans le même ordre d’idées, note avec inquiétude que le directeur de l’Autorité hongroise pour l’intégrité, une institution clé établie comme condition par la Commission pour le déblocage des fonds de l’Union dans le cadre du règlement sur la conditionnalité liée à l’état de droit, est confronté à des pressions croissantes de la part du gouvernement hongrois; invite la Commission à garantir une approche coordonnée et globale de tous les fonds et instruments législatifs pertinents de l’Union, en soulignant que les fonds de l’Union ne doivent pas être alloués à des activités qui sapent la démocratie ou renforcent l’autoritarisme; |
| 94. | rappelle que le règlement relatif à la conditionnalité instaure un mécanisme et des mesures protégeant le budget de l’Union contre les violations de l’état de droit lorsque les autres procédures prévues par le droit de l’Union ne permettent pas de protéger le budget de manière plus efficace; rappelle que ce mécanisme a été activé le 15 décembre 2022 dans le cas de la Hongrie en raison de préoccupations relatives à son système de passation des marchés publics et qu’il s’est traduit par une suspension temporaire de 55 % des engagements budgétaires pour trois programmes relevant de la politique de cohésion; rappelle que ce même règlement précise que, conformément à l’article 6 du règlement (UE, Euratom) 2020/2093 du Conseil (18) (ci-après le «règlement CFP»), les engagements suspendus de 2022 (exercice n) ne peuvent pas être inscrits au budget au-delà de 2024 (exercice n+2) et que, dès lors, 55 % des engagements de 2022, soit quelque 1 milliard d’EUR, ont été dégagés en décembre 2024; constate qu’aucune procédure n’est en cours au titre du règlement relatif à la conditionnalité; |
| 95. | note que la Commission a affecté l’équivalent de cinq personnes à temps plein à la mise en œuvre du règlement relatif à la conditionnalité et réitère les préoccupations exprimées par la Cour des comptes européenne dans son rapport spécial 03/2024, selon lesquelles les effectifs actuels semblent insuffisants pour garantir une application stricte et cohérente du règlement; |
| 96. | rappelle qu’il est nécessaire de considérer comme un ensemble unique et complet la totalité des mesures requises pour le déblocage de financements de l’Union au titre du règlement relatif à la conditionnalité, du RPDC et du règlement (UE) 2021/241 du Parlement européen et du Conseil (19) (ci-après le «règlement FRR»); souligne qu’il importe également de protéger les intérêts financiers de l’Union lors du versement de préfinancements; |
| 97. | note que certains investissements qui auraient été admissibles à un financement au titre de la politique de cohésion sont inclus dans les plans nationaux pour la reprise et la résilience; rappelle que l’objectif général de la FRR, inscrit à l’article 4 du règlement FRR, est de promouvoir la cohésion économique, sociale et territoriale de l’Union, et que l’un de ses six piliers est spécifiquement consacré à cet objectif; reconnaît que le vaste champ d’application de la FRR entraîne un chevauchement limité avec d’autres programmes de financement de l’Union, comme l’ont voulu les colégislateurs lorsqu’ils ont établi l’article 9 du règlement FRR, qui fait de l’additionnalité et de la complémentarité du financement des principes clés; attire cependant l’attention sur le risque de double financement que présentent ces situations; |
| 98. | se dit préoccupé par les retards visibles de mise en œuvre de la politique de cohésion dans les États membres et par le manque de capacités des administrations nationales à gérer en parallèle différents programmes de dépenses (comme les programmes de la politique de cohésion et les programmes de la FRR) couvrant des objectifs complémentaires, voire similaires; invite la Commission à veiller à proposer une assistance technique suffisante aux États membres en proie à des difficultés afin de résorber les retards actuels de mise en œuvre des programmes de la politique de cohésion; |
| 99. | reconnaît l’incidence disproportionnée de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine sur les régions orientales de l’Union limitrophes de la Russie et de la Biélorussie; attire l’attention sur les coûts supportés par ces régions et les États membres en raison de leur frontière commune avec des pays voisins hostiles, notamment leur besoin de consacrer de plus en plus de fonds publics à la sécurité, à la défense et à la préparation, tout en faisant face à des ressources considérablement réduites en raison d’une interruption des activités économiques, du commerce transfrontière et d’autres échanges, ainsi que des programmes de cohésion, en particulier les programmes Interreg; prend note des mesures prises par la Commission européenne pour soutenir ces régions, notamment grâce aux flexibilités prévues dans le cadre de la politique de cohésion; se félicite que le soutien aux régions frontalières orientales les plus touchées par l’agression russe figure dans la lettre de mission du vice-président exécutif chargé de la cohésion et des réformes; invite la Commission à veiller à ce que les régions orientales de l’Union limitrophes de la Russie et de la Biélorussie bénéficient d’un soutien adéquat pour faire face aux conséquences disproportionnées de la guerre d’agression russe, à la fois à court terme grâce au projet de budget 2026 et à moyen terme par la proposition de prochain CFP que présentera la Commission; |
| 100. | souligne l’importance du FSE+, qui a pour objectif de garantir un taux d’emploi élevé, une protection sociale équitable, une main-d’œuvre qualifiée et résiliente, ainsi que des sociétés inclusives et solidaires, autant d’éléments essentiels à l’éradication de la pauvreté; souligne que l’Union et les institutions nationales et régionales doivent continuer à lui accorder leur soutien financier et politique pour lui permettre d’atteindre ses objectifs et de remplir ses missions dans les années à venir; souligne à quel point il est important d’associer étroitement les acteurs régionaux, en particulier les organisations de la société civile et les partenaires sociaux travaillant sur le terrain, à la mise en œuvre des activités financées par le FSE+; |
| 101. | se félicite de l’abondement anticipé du budget 2023 d’Erasmus+ par des crédits du budget 2027 de ce programme, à hauteur de 100 millions d’EUR, ce qui a permis de prolonger le soutien aux élèves, aux étudiants, aux enseignants et au personnel qualifié fuyant l’Ukraine, et des 20 millions d’EUR supplémentaires accordés à Erasmus+ en 2023 sur les instances du Parlement; souligne que la mobilisation anticipée de crédits doit rester une exception en matière de réaction rapide aux situations imprévues de crise aiguë; souligne que tout abondement anticipé d’Erasmus+ ne saurait donner lieu à des coupes dans le programme à la fin de l’actuel CFP; souligne que tout doit être mis en œuvre pour réagir à ces situations en faisant appel de préférence à des crédits supplémentaires; |
| 102. | insiste sur la nécessité d’exercer un contrôle strict sur l’attribution des fonds afin de prévenir les détournements au sein du programme Erasmus; demande à la Commission de recueillir des éléments de preuve pour enquêter sur tous les cas de bénéficiaires ayant un comportement frauduleux ou suspect, conformément aux obligations qui lui incombent en vertu du règlement financier et des conventions de subvention Erasmus+; demande une protection adéquate du programme contre les abus commis par des organisations dont les activités ne sont pas conformes aux valeurs fondamentales de l’Union (dignité humaine, liberté, démocratie, égalité, état de droit, droits de l’homme); rappelle que la Commission est juridiquement tenue de veiller à ce que les bénéficiaires du programme s’engagent à respecter et à faire respecter les valeurs de l’Union et ne commettent pas de faute professionnelle; |
| 103. | relève qu’en 2023, le budget du programme «L’UE pour la santé» (EU4Health), le principal instrument financier destiné à soutenir les initiatives de l’Union en matière de santé, s’élevait à 735 millions d’EUR, principalement gérés par la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire et l’Autorité de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA) et mis en œuvre par l’intermédiaire de l’Agence exécutive européenne pour la santé et le numérique; prend acte de l’état d’avancement des initiatives financées au titre de ce programme, notamment dans les domaines de la préparation aux situations d’urgence sanitaire, du plan pour vaincre le cancer, de la stratégie pharmaceutique pour l’Europe et de la mise en œuvre de la législation de l’Union en matière de santé; |
Recommandations
| 104. | invite la Commission: | i) | à reconsidérer la pratique consistant à accorder un financement assuré à 100 % par l’Union dans le cadre des instruments européens de réaction aux crises lorsque l’augmentation du préfinancement est susceptible de permettre une mise à disposition plus rapide des fonds tout en maintenant une responsabilité partagée du contrôle budgétaire financier dans l’exécution des fonds en préservant la participation financière à l’échelon national et à l’échelon de l’Union; | | ii) | à garantir la sélection de projets de bonne qualité pour l’attribution des fonds de la politique de cohésion en favorisant les investissements à long terme et en justifiant comme il se doit un financement assuré à 100 % par l’Union tout en limitant l’application d’un tel financement; | | iii) | à s’attaquer au problème systémique de la non-détection des erreurs au niveau des États membres dans les dépenses de la politique de cohésion, et ce au moyen d’un plan d’action destiné à livrer un taux d’erreur exact dans les dossiers constitués aux fins de l’assurance et à relever les erreurs dès les premières lignes de défense en mettant à disposition davantage de ressources et en ciblant mieux les ressources existantes ainsi qu’en améliorant les capacités de détection des erreurs au niveau des États membres et de la Commission; | | iv) | à calculer le coût du contrôle de toutes les dépenses gérées par les autorités nationales en ce qui concerne les fonds de la politique de cohésion et NextGenerationEU, à le communiquer à l’autorité de décharge et à comparer ces chiffres au coût du contrôle lorsque seuls les fonds de la politique de cohésion étaient gérés par les mêmes autorités; | | v) | à s’attaquer au problème récurrent de documentation insuffisante au niveau des destinataires, de l’autorité des programmes et des autorités d’audit, non seulement au moyen de contrôles, de mesures de sensibilisation et d’informations relatives aux exigences à respecter, mais aussi par une plus grande numérisation et, le cas échéant, par des incitants financiers de façon à sanctionner le non-respect des exigences de bonne gestion financière; | | vi) | à élargir la portée de son contrôle documentaire des dossiers constitués aux fins de l’assurance afin d’examiner davantage de critères de qualité en plus de la cohérence de façon à disposer d’une estimation fiable du taux d’erreur résiduel du dossier à l’examen ainsi que du risque global au moment du paiement; | | vii) | à renforcer le contrôle des conditions favorisantes horizontales et thématiques dans tous les États membres afin de recenser les menaces éventuelles pour la protection du budget de l’Union et à garantir une transparence accrue et la participation des parties prenantes à l’application de cet outil; | | viii) | à aligner davantage le rapport consacré à l’état de droit sur le règlement relatif à la conditionnalité et à y décrire plus en détail les violations des principes de l’état de droit susceptibles de permettre le déclenchement du mécanisme de conditionnalité; | | ix) | à suivre en permanence la mise en œuvre par le gouvernement hongrois des mesures prévues dans la décision d’exécution (UE) 2022/2506 du Conseil (20); à évaluer dans quelle mesure la situation s’est améliorée ou s’est aggravée, y compris en ce qui concerne les difficultés rencontrées par l’Autorité hongroise pour l’intégrité, et à prendre toutes les mesures nécessaires conformément au règlement relatif à la conditionnalité; | | x) | à proposer aux États membres une assistance technique renforcée pour résorber les retards de mise en œuvre des programmes nationaux afin d’augmenter le taux d’absorption; | | xi) | à surveiller de près et à atténuer le risque croissant de double financement entre les programmes de la politique de cohésion et le financement de la FRR ainsi qu’à remédier au plus vite aux éventuels cas de double financement; | | xii) | à s’efforcer de simplifier encore la mise en œuvre des programmes de la politique de cohésion et à collaborer étroitement avec les États membres pour recenser les meilleures pratiques en matière de numérisation des pratiques et des procédures; | | xiii) | à prendre toutes les mesures nécessaires pour réduire le taux d’erreur en étroite collaboration avec la Cour des comptes; | | xiv) | à veiller à ce que les régions orientales de l’Union limitrophes de la Russie et de la Biélorussie bénéficient d’un soutien adéquat pour faire face aux conséquences disproportionnées de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, à la fois à court terme et à moyen terme; | |
Ressources naturelles
| 105. | relève que le budget des programmes relevant de la rubrique 3 du CFP (Ressources naturelles) a été de 59,5 milliards d’EUR (soit 31,1 % du budget de l’Union), répartis comme suit: 65,0 % pour les paiements directs au titre du Fonds européen agricole de garantie (FEAGA), 27,6 % pour le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), 4,2 % pour les dépenses relatives au marché dans le cadre du FEAGA, 1,9 % pour les affaires maritimes et la pêche, 0,9 % pour l’environnement et le climat (LIFE) et 0,4 % pour les autres domaines; |
| 106. | note que la Cour a examiné un échantillon de 218 opérations couvrant l’éventail complet des dépenses relevant de cette rubrique du CFP; relève que la Cour a également examiné les informations sur la régularité qui figurent dans les rapports annuels d’activité de la direction générale de l’agriculture et du développement rural et de la direction générale de l’action pour le climat, ainsi qu’une sélection de systèmes dans 20 États membres et au Royaume-Uni; souligne que la Cour estime que le niveau d’erreur pour les «ressources naturelles» s’élève à 2,2 % (2,2 % en 2022) et que la plupart des erreurs constatées concernaient des opérations relevant du développement rural; |
| 107. | souligne toutefois que cette situation est due en partie à la complexité des régimes environnementaux des programmes de développement rural et au caractère négatif reconnu de la surréglementation au niveau national; |
| 108. | prend acte, dans ce contexte, du taux d’exécution des crédits du Feader inférieur aux prévisions pour la période 2023-2027, avec un taux d’absorption de 1 % seulement fin 2023 et des paiements d’un montant de 0,7 milliard d’EUR, et espère que le taux d’absorption sera bien plus élevé au cours de la période couverte par le prochain rapport; |
| 109. | note que la Cour a décelé 16 erreurs quantifiables dans le domaine du développement rural, 15 dans les paiements directs, trois dans les dépenses relatives aux mesures de marché et trois dans les dépenses ne relevant pas de la PAC; se dit rassuré par l’évaluation réalisée par la Commission, qui indique que la plupart des erreurs portent sur des erreurs d’écriture, ainsi que par les mesures prises par la Commission afin d’éviter les erreurs à l’avenir; |
| 110. | prend acte de la classification des erreurs suivie par la Cour, les déclarations inéligibles représentant 35 % des erreurs, les erreurs administratives, 21 % et les informations inexactes sur les surfaces ou les animaux, 20 %; note avec préoccupation que, comme au cours des années précédentes, la Cour a constaté dans plusieurs cas que les autorités des États membres et la Commission disposaient d’informations suffisantes pour éviter l’erreur ou pour la détecter et la corriger avant d’accepter la dépense et que, si les autorités des États membres et la Commission avaient fait bon usage de toutes les informations à leur disposition, le taux d’erreur estimatif pour ce chapitre aurait été inférieur de 1,0 point de pourcentage; |
| 111. | souligne que 2023 a été la première année du nouveau modèle de mise en œuvre de la PAC 2023-2027, qui intègre des éléments de performance convenus avec les États membres dans le cadre de leurs plans stratégiques comme base pour les paiements; constate qu’en 2023, le nouveau modèle de mise en œuvre a connu des débuts modestes avec 63,65 millions d’EUR déclarés sur la base des réalisations obtenues, et faisant donc l’objet d’un «apurement des performances» par la direction générale de l’agriculture et du développement rural, sur les 215,52 millions d’EUR déclarés dans le cadre des plans stratégiques de la PAC au titre des interventions sectorielles et du développement rural; fait observer qu’en 2024, les paiements effectués dans le cadre du nouveau modèle de mise en œuvre connaîtront une augmentation notable; prend acte des observations de la Cour relatives au traitement des données concernant la performance des rapports annuels de performance, où les États membres mettent actuellement en place les systèmes et les procédures et procèdent parfois à l’agrégation manuelle des données, avec le risque que cela comporte pour la fiabilité des données; |
| 112. | rappelle les manifestations d’agriculteurs qui ont eu lieu dans toute l’Europe fin 2023 et début 2024 ainsi que la réponse de la Commission visant à la simplification, notamment pour les petits agriculteurs, et à l’augmentation des pouvoirs discrétionnaires des États membres; souligne que la simplification devrait aller de pair avec une bonne gestion financière et tenir compte des engagements de l’Union en matière de climat; salue l’approche ciblée de la Commission, notamment en ce qui concerne la distinction entre la surface d’exploitation en termes de terres agricoles et le nombre d’exploitations; souligne que le pouvoir discrétionnaire accordé aux États membres devrait s’accompagner d’un contrôle approfondi de la part de la Commission; |
| 113. | rappelle que la Commission et les États membres sont responsables de la lutte contre la fraude dans le cadre des dépenses de la PAC; salue à cet égard les travaux effectués en ce qui concerne l’évaluation des risques de fraude et la mise à jour de la stratégie de lutte contre la fraude par la direction générale de l’agriculture et du développement rural; |
| 114. | prend acte du rapport spécial 07/2024 de la Cour sur les systèmes de recouvrement des dépenses irrégulières dont dispose la Commission ainsi que des réponses de la Commission; prend acte de l’observation de la Cour selon laquelle les recouvrements relatifs aux dépenses agricoles ont relativement porté leurs fruits, en partie grâce à la règle «50-50» qui incite les États membres à recouvrer les fonds; constate que cette règle n’a pas été conservée dans la PAC 2023-2027 et que la Cour craint que cela n’entraîne une baisse du taux de recouvrement des dépenses agricoles; |
| 115. | prend acte du rapport spécial 20/2024 de la Cour sur les plans relevant de la politique agricole commune ainsi que des réponses de la Commission; souligne qu’il importe de s’assurer que tous les éléments clés pour évaluer la performance sont fournis; estime que les plans doivent tenir compte des spécificités de chaque État membre et même qu’un certain degré de divergence est donc souhaitable; mais craint que les divergences d’ambition n’entraînent la disparition de conditions identiques pour tous les agriculteurs des États membres; se dit par ailleurs déçu de constater que, selon la Cour, bien que le nouveau cadre de suivi ait été simplifié, les objectifs de la PAC manquent de clarté, les indicateurs ciblent davantage les réalisations que les résultats et d’importants indicateurs de résultat font défaut; note que la Cour recommande à la Commission de promouvoir l’échange des meilleures pratiques dans les plans et de renforcer le futur cadre de suivi de la PAC; |
| 116. | prend acte du rapport spécial 19/2024 de la Cour sur l’agriculture biologique dans l’Union ainsi que des réponses de la Commission; se dit une nouvelle fois préoccupé par le fait que, selon la Cour, la faiblesse du cadre stratégique et les problèmes liés aux données ne permettent pas de mesurer les effets de la politique; estime que l’attention renforcée accordée à la performance et à la définition des cibles et des indicateurs ainsi qu’au suivi des résultats qui en découle dans toutes les politiques de l’Union doit s’accompagner d’un renforcement équivalent de la capacité de la Commission à définir les cadres de performance et à contrôler la performance; |
| 117. | salue la compétitivité renforcée qu’ont permise les mesures de marché dans le secteur vitivinicole et encourage la Commission et les États membres à poursuivre leur action pour reproduire ce succès dans d’autres secteurs; |
| 118. | rappelle que la démocratie et le pluralisme sont des valeurs fondamentales de l’Union, consacrées par l’article 2 du traité UE; rappelle en outre que, conformément à l’article 11 du traité UE, les institutions de l’Union doivent donner aux citoyens et aux associations représentatives la possibilité de faire connaître et d’échanger publiquement leurs opinions dans tous les domaines d’action de l’Union, afin de maintenir un dialogue ouvert, transparent et régulier; souligne que la séparation des pouvoirs entre les institutions prévue à l’article 13 du traité UE doit toujours être respectée et que les institutions de l’Union pratiquent entre elles une coopération loyale; |
| 119. | reconnaît l’importance du programme LIFE; rappelle les dispositions du règlement LIFE+, y compris celles relatives aux subventions de fonctionnement, aux conditions d’éligibilité, aux critères d’attribution, à la dotation totale pour la période 2021-2027 et à la répartition des fonds au sein du programme; |
| 120. | relève que certains membres de la commission du contrôle budgétaire ont demandé l’accès à une série de conventions de subvention au titre du programme LIFE, ainsi qu’à d’autres programmes de financement de l’Union, et qu’ils ont fait part de leurs préoccupations quant au contenu de plusieurs programmes en février 2024; note que la Commission, y compris le service d’audit interne (SAI), n’avait initialement connaissance d’aucun problème, mais a adopté une série de mesures visant à répondre aux préoccupations; rappelle les questions écrites concernant la décharge et les auditions avec le secrétaire général de la Commission le 5 novembre 2024, avec les commissaires compétents pour la rubrique 3 du CFP le 12 novembre et avec le commissaire chargé du budget et de l’administration le 9 décembre 2024, au cours desquelles lesdites préoccupations ainsi que la réponse de la Commission ont été examinées; |
| 121. | prend acte des préoccupations exprimées par certains membres de la commission du contrôle budgétaire quant au fait que certaines conventions de subvention entre l’Agence exécutive de l’Union européenne pour le climat, les infrastructures et l’environnement (CINEA) et des bénéficiaires, tels que des organisations de la société civile et des entreprises privées, dans le cadre du programme LIFE comprennent des «plans de travail» contenant des actions de sensibilisation détaillées à l’intention des institutions de l’Union ou de leurs représentants, ainsi que d’autres actions visant certains accords commerciaux que l’Union négociait, ou des mesures contentieuses à mettre en œuvre par les entités respectives; reconnaît que cela pourrait être interprété comme une ingérence dans le processus décisionnel interne des institutions de l’Union; relève que la Commission a réalisé une analyse juridique des conventions de subvention qui ont soulevées les inquiétudes de certains membres de la commission CONT et qu’elle en a conclu que rien ne prouvait que les entités concernées avaient violé leurs obligations contractuelles ou leurs obligations au titre du code de conduite, mais que la Commission a demandé à certains bénéficiaires de modifier les conventions de subvention qui contenaient des dispositions spécifiques susceptibles de présenter un risque en termes de réputation; relève en outre que toutes les conventions de subvention comprennent une clause de non-responsabilité indiquant que les opinions du bénéficiaire ne représentent en aucun cas les opinions de l’Union et que l’autorité chargée de l’octroi de la subvention ne peut en être tenue pour responsable; |
| 122. | souligne que le financement de l’Union ne devrait pas contribuer à porter atteinte à l’état de droit ni aux valeurs sur lesquelles l’Union est fondée; rappelle les dispositions de l’article 163 du règlement financier; estime qu’il est essentiel qu’il n’y ait pas de financement sans traçabilité des fonds; |
| 123. | prend acte des mesures prises par la Commission pour répondre aux allégations, qui comportaient la publication d’orientations à l’intention des services de la Commission relatives au financement des activités liées à l’élaboration, à la mise en œuvre, au suivi et au contrôle de l’application de la législation et de la politique de l’Union et l’examen de leurs portefeuilles de contrats afin de déterminer les conventions qui n’étaient pas conformes aux orientations; prend acte des mesures adoptées jusqu’à présent par la Commission dans l’attente des résultats de l’examen des conventions de subvention avec tous les bénéficiaires, demandé par le conseil d’administration de la Commission; |
| 124. | prend acte de la structure décisionnelle, y compris le comité d’évaluation de la CINEA, qui permet de statuer sur les marchés conclus entre la Commission et les bénéficiaires; demande instamment à la Commission de veiller à ce que la structure décisionnelle de la CINEA relative aux décisions portant sur les marchés à attribuer présente une obligation claire de rendre des comptes, des responsabilités claires et une structure pratique; |
| 125. | relève que l’agence exécutive mène chaque année des exercices de gestion ascendante des risques et que ces exercices n’ont mis en évidence aucun risque critique; fait observer que, quel que soit le programme de financement, les procédures d’évaluation devraient être constamment réexaminées et adaptées si nécessaire; |
| 126. | prend acte d’informations parues dans les médias, selon lesquelles la présidente de la Commission a engagé un conseiller spécial rémunéré pour établir un rapport sur le dialogue stratégique portant sur l’avenir de l’agriculture de l’Union et que ce conseiller a reçu un salaire équivalent à celui d’un directeur général de la Commission; se dit préoccupé par la rémunération de tous les conseillers spéciaux et le pouvoir discrétionnaire dont dispose la Commission pour fixer leur rémunération, ce qui donne lieu à des inégalités arbitraires; |
Recommandations
| 127. | invite la Commission: | i) | à surveiller de près les progrès réalisés par les États membres en matière de traitement des données concernant la performance et l’agrégation des données pour le rapport annuel de performance ainsi qu’à tenir l’autorité de décharge informée des problèmes de fiabilité des données concernant la performance, notamment lorsqu’il s’agit de données agrégées manuellement; | | ii) | à communiquer à l’autorité de décharge les raisons pour lesquelles la Cour conclut que, depuis plusieurs années, plusieurs erreurs auraient pu être évitées si la Commission et les États membres avaient utilisé toutes les informations dont ils disposaient ainsi que les raisons pour lesquelles la Commission et les États membres ne sont pas parvenus à régler ce problème comme il se doit; | | iii) | à tirer les leçons, dans les futures initiatives stratégiques, de sa réaction aux manifestations d’agriculteurs en matière de réduction des formalités administratives tout en tenant pleinement compte du risque de détournement de fonds lorsque les mesures de contrôle sont réduites ou du risque de divergence trop importante entre les États membres lorsque des pouvoirs discrétionnaires leur sont conférés sans contrôle adéquat; | | iv) | à tenir l’autorité de décharge informée des taux de recouvrement des dépenses agricoles, notamment si le taux se dégrade par rapport au taux de recouvrement de la période antérieure de la PAC, ainsi qu’à s’attaquer rapidement aux causes de la dégradation, notamment en envisageant la mise en place de nouvelles mesures incitant les États membres au recouvrement des fonds; | | v) | à évaluer les différences d’ambition des plans stratégiques et à indiquer à l’autorité de décharge s’il y a des divergences entre les États membres qui menacent l’existence de conditions identiques pour les agriculteurs ainsi qu’à évaluer la façon dont la Commission traite ces différences; | | vi) | à mieux employer les moyens dont elle dispose pour définir les cadres de performance, les objectifs et les indicateurs et à obliger ceux qui contribuent à les réaliser, qu’il s’agisse des États membres ou des bénéficiaires, à rendre compte de leurs contributions; | | vii) | à mettre à jour la stratégie antifraude de la Commission afin d’accorder une attention particulière à la défense et au maintien d’une séparation claire des pouvoirs exécutif et législatif dans l’Union; | | viii) | à disposer d’une stratégie claire et globale au niveau de la Commission quant à la manière de mieux protéger les intérêts financiers de l’Union et de veiller à ce que les fonds de l’Union soient dépensés aux fins prévues, et à appliquer avec diligence les dispositions du règlement financier, notamment en veillant à ce que les conventions de subvention puissent être suspendues ou résiliées lorsque les bénéficiaires enfreignent la législation de l’Union; | | ix) | à assurer une répartition équitable des fonds de l’Union entre les organisations de la société civile afin de contribuer à une société pluraliste et dynamique; | | x) | à veiller à ce que les orientations de la Commission adoptées en 2024 soient appliquées par tous les ordonnateurs et, si nécessaire, continuer à élaborer des orientations afin d’aligner pleinement les conventions de subvention sur les dispositions du traité et la législation existante; | | xi) | à mettre les résultats de l’analyse des conventions de subvention à la disposition de l’autorité de décharge afin de lui permettre d’évaluer dans quelle mesure la Commission peut être exposée à un risque en termes de réputation; | | xii) | à traiter de manière adéquate des questions telles que le pantouflage, la transparence des financements et des donations, la lutte contre le blanchiment de capitaux, la limitation de l’ingérence étrangère, l’indépendance de toute influence politique et économique, la dénonciation des dysfonctionnements et la transparence des structures de gouvernance, à l’égard de toutes les entités recevant des fonds de l’Union; | | xiii) | à revoir le modèle de protocole d’accord entre la Commission et les agences exécutives afin de garantir une répartition plus claire des responsabilités; | | xiv) | à charger la structure d’audit d’examiner les contrats conclus avec les bénéficiaires et de signaler si des contrats non conformes aux règles financières applicables sont détectés; | | xv) | à demander au service d’audit interne d’examiner les contrats conclus entre la Commission et les bénéficiaires de subventions, notamment pour relever tout contenu qui n’est pas conforme aux règles financières applicables au sein des modules de travail; | | xvi) | à évaluer la structure décisionnelle dans les domaines de l’attribution des marchés et charger les services de la Commission et les agences exécutives de mieux contrôler le contenu des contrats à tous les stades, notamment en veillant à ce que les modules de travail et les indicateurs clés de performance énumérés par les demandeurs soient conformes aux objectifs des programmes de financement respectifs; | | xvii) | à adopter une classification plus précise des entités figurant dans le système de transparence financière; | | xviii) | à réviser les règles applicables aux conseillers spéciaux afin d’en supprimer le caractère arbitraire de leur sélection et de leur rémunération; | | xix) | à s’efforcer de simplifier encore la mise en œuvre des programmes et à collaborer étroitement avec les États membres pour recenser les meilleures pratiques en matière de numérisation des pratiques et des procédures; | | xx) | à améliorer la qualité du dialogue avec les agriculteurs de tous les États membres; | | xxi) | à réagir plus rapidement lorsque de graves préoccupations de l’autorité de décharge sont signalées à la Commission; | | xxii) | à effectuer des contrôles adéquats des entités inscrites au registre de transparence, afin de s’assurer qu’elles énumèrent de manière exhaustive leurs activités dans le registre; | | xxiii) | à établir un partage des responsabilités plus clair lors de la mise en place des plateformes collaboratives; | | xxiv) | à charger le conseil d’administration de soumettre au service d’audit interne des informations consolidées sur la liste des risques critiques, de veiller à ce que les agences exécutives abordent les risques potentiels et d’assurer une sélection transparente d’évaluateurs indépendants afin de prévenir les conflits d’intérêts et de garantir leur indépendance; | | xxv) | à charger toutes les directions générales et agences exécutives de revoir la répartition des fonds consacrés à l’audit afin de garantir des ressources suffisantes; | | xxvi) | à veiller à ce que les propositions relatives aux programmes de travail pluriannuels de tout instrument de financement de l’Union contiennent des orientations claires sur les activités pouvant bénéficier d’un financement, des règles plus claires sur l’examen des demandes et sur les contenus admissibles, ainsi que des exigences plus claires en matière de transparence et de traçabilité de l’utilisation des fonds de l’Union, y compris en ce qui concerne les obligations d’information prévues par le registre de transparence de l’Union; | | xxvii) | à veiller à ce que toutes les conventions de subvention respectent les exigences nécessaires en matière de transparence, de traçabilité et de visibilité des fonds; | |
Migration et gestion des frontières
| 128. | relève qu’en 2023, le budget des programmes relevant de la rubrique 4 du CFP (Migration et gestion des frontières) a été de 2,7 milliards d’EUR (soit 1,4 % des dépenses du budget de l’Union), répartis comme suit: 1,2 milliard (46,5 %) pour les trois organismes décentralisés que sont l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex), l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (AUEA) et l’Agence de l’Union européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle au sein de l’espace de liberté, de sécurité et de justice (eu-LISA); 1 milliard (38,6 %) pour le Fonds «Asile, migration et intégration» (FAMI) et 0,4 milliard (14,9 %) pour le Fonds pour la gestion intégrée des frontières (FGIF); |
| 129. | relève qu’en 2023, une part importante des dépenses relevant de la rubrique 4 du CFP concernait l’achèvement de projets non clos du CFP 2014-2020; relève que 18 % des montants des programmes nationaux relevant du FAMI pour la période 2014-2020 n’avaient toujours pas été déclarés à la fin de 2023 et que les derniers comptes annuels et la demande de versement du solde de ces fonds sera introduite par les États membres au plus tard le 31 décembre 2024 dans le cadre du dossier de clôture; |
| 130. | constate que la Cour a examiné un échantillon de 23 opérations qui n’est pas suffisamment important pour être représentatif des dépenses relevant des rubriques 4 et5 du CFP et qui ne permet pas, dès lors, de donner une estimation séparée du taux d’erreur pour ces rubriques; relève également que les résultats du contrôle de la Cour montrent que les dépenses relevant des rubriques 4 et 5 du CFP présentent des problèmes relatifs à l’éligibilité et aux marchés publics et qu’il s’agit d’un domaine à haut risque (7 des 23 opérations contrôlées, soit 30,4 %, étaient concernées par des erreurs); se dit préoccupé par le fait que la Cour a détecté quatre erreurs quantifiables ayant une incidence financière sur les montants imputés au budget de l’Union et qu’elle a également relevé dix autres cas de non-respect des dispositions juridiques et financières (sans incidence financière directe sur le budget de l’Union); invite dès lors la Cour à fournir une estimation précise du taux d’erreur pour la rubrique 4; note que la Commission conclut que le risque au moment du paiement en 2023 est de 1,1 % pour les dépenses relatives à la migration et à la gestion des frontières; |
| 131. | relève que la Commission a accepté la recommandation formulée par la Cour dans son rapport annuel relatif à 2023 qui lui demandait de fournir des orientations supplémentaires sur les règles applicables aux autorités des États membres responsables de l’exécution des fonds de la direction générale de la migration et des affaires intérieures dans le cadre de la gestion partagée; déplore que la Commission n’ait pas encore pleinement mis en œuvre les recommandations précédentes de la Cour à propos desquelles elle aurait dû prendre des mesures pour fin 2023 au plus tard; relève que la direction générale de la migration et des affaires intérieures procède actuellement à une réévaluation de sa méthode ex ante afin de garantir le respect des règles applicables à la génération de subventions postérieure à 2021 et que cette réévaluation abordera également les recommandations de la Cour en la matière ainsi que celles de l’audit du service d’audit interne sur la préparation à la clôture des actions et programmes financés au titre du Fonds pour la sécurité intérieure (FSI) et du FAMI 2014-2020 dans le cadre de la gestion directe et partagée; |
| 132. | relève avec préoccupation que deux réserves concernant la déclaration d’assurance ont été émises dans le rapport annuel d’activité 2023 de la direction générale de la migration et des affaires intérieures et qu’une réserve porte sur la mise en œuvre du FAMI et du FSI 2014-2020 dans plusieurs États membres tandis que l’autre concerne la mise en œuvre de l’instrument relatif à la gestion des frontières et aux visas (IGFV) 2021-2027 dans un État membre; salue l’engagement qu’a pris la Commission en vue de l’adoption de mesures correctrices pour remédier aux problèmes sous-jacents ayant donné lieu aux réserves; |
| 133. | se félicite des progrès relevés par la Cour lors de son analyse des travaux préparatoires des autorités d’audit de cinq États membres en ce qui concerne la gestion du passage des fonds du FAMI, de l’IGFV et du FSI au RPDC du CFP 2021-2027; observe que ces autorités d’audit ont indiqué à la Cour que le soutien et les orientations offerts par la direction générale de la migration et des affaires intérieures étaient satisfaisants; relève avec préoccupation qu’au moment du contrôle de la Cour, les autorités d’audit de quatre des cinq États membres n’avaient pas finalisé leurs stratégies d’audit; |
| 134. | prend note de l’adoption du nouveau pacte sur la migration et l’asile; se félicite que la révision à mi-parcours du CFP 2021-2027 ait affecté 2 milliards d’EUR supplémentaires à la migration et à la gestion des frontières pour la période 2024-2027 afin de relever les défis de plus en plus importants que posent la migration et la gestion des frontières en raison du contexte géopolitique actuel; note toutefois que des fonds supplémentaires pourraient être nécessaires pour garantir la mise en œuvre intégrale du pacte; demande la mise en œuvre rapide du pacte dans les États membres; |
| 135. | souligne que la sécurisation des frontières extérieures de l’Union est l’un des piliers du nouveau pacte sur la migration et l’asile; relève avec préoccupation que la Commission indique que le nombre d’entrées illégales dans l’Union est passé de 330 000 en 2022 à 380 000 en 2023; observe que l’IGFV peut aider les États membres situés en première ligne afin qu’ils disposent des ressources pour les infrastructures et les installations nécessaires pour sécuriser les frontières extérieures de l’Union, y compris des fonctionnalités électroniques améliorées pour la sécurité aux frontières et d’autres outils de surveillance des frontières, comme le prévoit l’annexe III du règlement IGFV; prend acte des conclusions du Conseil européen du 9 février 2023 selon lesquelles l’Union intensifiera son action afin de prévenir les départs irréguliers et d’éviter des pertes de vies humaines, de réduire la pression sur les frontières de l’Union et sur les capacités d’accueil, de lutter contre les passeurs et d’augmenter le nombre de retours; souligne qu’il faut mieux protéger les personnes vulnérables contre les réseaux de trafic et de traite d’êtres humains et s’attaquer aux conséquences négatives de l’instrumentalisation des migrants dans le cadre d’attaques hybrides, notamment de forces pro-russes, ainsi que du régime biélorusse; |
| 136. | rappelle que, conformément au règlement (UE) 2021/1060, les États membres et la Commission doivent veiller au respect des droits fondamentaux et de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne dans le cadre de l’exécution des fonds de l’Union; |
| 137. | relève que la Cour conclut que, pendant la période 2014-2020, la performance du FAMI a été inférieure aux attentes pour ce qui est de faciliter le retour des migrants; relève également que la Cour et la Commission s’accordent à dire que les restrictions en matière de déplacements liées à la COVID-19 ont particulièrement entravé les progrès à cet égard; relève en outre qu’en 2023, les mesures de retour ont bénéficié de 29,8 millions d’EUR du FAMI; estime que la Commission doit redoubler d’efforts pour aider les États membres à faire face au franchissement irrégulier des frontières et à faire en sorte que les retours des ressortissants de pays tiers soient menés à bien et que l’intégration des migrants en situation régulière soit assurée; attend avec intérêt les informations consolidées sur les progrès à cet égard qui seront communiquées en 2025 dans le cadre de l’évaluation ex post du FAMI 2014-2020; souligne que la Commission devrait continuer à intervenir en matière de migration et d’asile dans le cadre de l’action extérieure, y compris l’initiative «Équipe Europe», tout en améliorant la transparence de la programmation et de l’exécution des fonds de l’Union consacrés aux affaires intérieures dans les pays tiers et en préservant le rôle du Parlement; |
Recommandations
| 138. | invite la Commission: | i) | à donner suite aux recommandations de la Cour de manière approfondie et en temps utile et à communiquer à l’autorité de décharge la méthode ex ante révisée de la direction générale de la migration et des affaires intérieures lorsque celle-ci sera prête; | | ii) | à poursuivre le soutien proposé aux autorités de gestion et d’audit des États membres pour qu’elles puissent finaliser en temps utile leurs stratégies d’audit pour les fonds du CFP 2021-2027 en accordant une attention particulière aux questions d’éligibilité et de passation des marchés publics ainsi qu’à l’ensemble des autres constatations récurrentes de la Cour; | | iii) | à prendre des mesures pour améliorer la performance des actions financées par l’Union en termes de retours effectifs et de lutte contre l’immigration clandestine tout en veillant à ce que la législation et les valeurs fondamentales de l’Union soient pleinement respectées; | | iv) | à prendre des mesures pour accroître l’efficacité des dépenses de l’Union consacrées à la protection et à la gestion des frontières extérieures de l’Union européenne; | | v) | à suivre les progrès accomplis en ce qui concerne les mesures administratives, opérationnelles et juridiques que les États membres et les agences de l’Union doivent appliquer pour la mise en œuvre intégrale du nouveau pacte sur la migration et l’asile d’ici à 2026, à contribuer à l’accomplissement de ces progrès en temps utile et à les examiner; | | vi) | à améliorer la transparence de la programmation et de l’exécution des fonds de l’Union consacrés aux affaires intérieures dans les pays tiers, tout en préservant le rôle du Parlement dans le contrôle démocratique des dépenses de l’Union; | | vii) | à évaluer en permanence, dans le cadre de l’exécution du budget de l’Union, le respect de la charte des droits fondamentaux et des valeurs de l’Union consacrées à l’article 2 du traité UE, conformément à l’article 6 du règlement financier; | |
Sécurité et défense
| 139. | relève qu’en 2023, le budget des programmes relevant de la rubrique 5 du CFP (Sécurité et défense) a été de 1,4 milliard d’EUR (soit 0,7 % des dépenses du budget de l’Union), répartis comme suit: 500 millions (38,4 %) pour le Fonds européen de la défense (FEDef), 300 millions (19 %) pour la mobilité militaire, 200 millions (17,1 %) pour les organismes décentralisés que sont l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), Europol et l’Agence de l’Union européenne pour la formation des services répressifs (CEPOL), 200 millions (13,1 %) pour le FSI et 200 millions (12,4 %) pour la sûreté nucléaire, le déclassement et les autres domaines; |
| 140. | constate qu’en 2023, une part importante des dépenses relevant de la rubrique 5 du CFP concernait l’achèvement de projets non clos du CFP 2014-2020; note que 25 % des montants des programmes nationaux relevant du FSI pour la période 2014-2020 n’avaient toujours pas été déclarés à la fin de 2023 et que les derniers comptes annuels et la demande de versement du solde de ces fonds seront présentés par les États membres au plus tard le 31 décembre 2024 dans le cadre du dossier de clôture; |
| 141. | relève avec préoccupation que, pour les raisons exposées au point consacré à la migration et à la gestion des frontières, la Cour n’est pas en mesure de livrer une estimation séparée du taux d’erreur pour la rubrique 5 du CFP (Sécurité et défense) et que, sur la base des résultats de son contrôle, la Cour estime que les dépenses de cette rubrique présentent un risque élevé; invite dès lors la Cour à fournir une estimation du taux d’erreur pour cette rubrique également; note que la Commission conclut qu’en 2023, le risque au moment du paiement était de 0,5 % pour les dépenses relatives à la sécurité et à la défense; |
| 142. | observe que la Commission n’a pas accepté la recommandation de la Cour lui demandant de vérifier et de documenter rigoureusement les aspects techniques des demandes de subvention du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) au titre de la mobilité militaire lors de la procédure d’octroi et que la Commission estime que ses processus actuels permettent déjà de vérifier que les projets d’infrastructures à double usage remplissent les conditions d’éligibilité; |
| 143. | rappelle la situation géopolitique très instable dans le voisinage de l’Union, qui exacerbe les problèmes de sécurité et de défense, y compris les menaces hybrides, et partant, les besoins d’investissement plus importants dans le domaine de la sécurité, de la défense et de la préparation depuis le début de la guerre d’agression russe contre l’Ukraine; attire l’attention sur le fait que la rubrique 5 du CFP, consacrée à la sécurité et à la défense, est la plus petite de toutes les rubriques du CFP et déplore que le budget actuel de l’Union destiné à assurer la sécurité et la défense de ses citoyens ne soit pas à la mesure des défis à relever à court ou à long terme; relève qu’en 2023, le financement du secteur de la défense par l’Union provenait exclusivement du FEDef; rappelle le rôle joué par le FEDef pour soutenir l’expertise technologique européenne dans les technologies émergentes et de rupture; se félicite que le nombre des propositions présentées à la suite des appels à propositions du FEDef de 2023 ait augmenté de 72 % par rapport à l’année précédente, ce qui démontre l’intérêt fort et croissant des acteurs de l’industrie européenne de la défense et des organismes de recherche pour le FEDef, ainsi que la forte demande de financement dans ce secteur; relève qu’au titre des appels à propositions de 2023, l’Union a engagé 1,15 milliard d’EUR en faveur de 61 projets de R & D dans le domaine de la défense, bénéficiant à 581 entités juridiques de 26 États membres et de la Norvège; note qu’en moyenne 17 entités de huit États membres différents et de la Norvège participent à chaque projet; souligne l’importance de conditions de concurrence équitables pour soutenir la coopération transfrontalière en matière de R & D dans le domaine de la défense; |
| 144. | se félicite des actions menées par la Commission pour mieux soutenir les PME du secteur de la défense, et salue en particulier le fait que le programme de l’UE pour l’innovation dans le domaine de la défense (EUDIS), qui propose toute une gamme d’instruments sur mesure afin de soutenir les PME de l’écosystème de défense, est devenu pleinement opérationnel en 2023 et est doté de 224 millions d’EUR provenant du budget du FEDef; apprécie en outre le rôle du bonus pour les PME dans le cadre du FEDef pour faciliter l’accès des petits acteurs et des innovateurs aux chaînes d’approvisionnement de la défense; relève que, lors des appels à propositions du FEDef de 2023, 42 % des entités retenues en vue d’un financement étaient des PME, soit une augmentation par rapport à 2022 (38,2 %), et que 18 % du financement total disponible par l’intermédiaire de ces appels à propositions sont alloués aux PME; |
| 145. | rappelle que l’action préparatoire sur la recherche en matière de défense (PADR) était un programme précurseur du FEDef doté d’un budget de 90 millions d’EUR qui a permis de financer 18 projets de recherche sélectionnés à l’issue d’appels à propositions de 2017 à 2019; rappelle une nouvelle fois que, dans son rapport spécial 10/2023 intitulé «L’action préparatoire concernant la recherche en matière de défense», la Cour a fait observer que l’Union n’avait toujours pas de stratégie à long terme pour les projets relevant du FEDef, notamment en termes d’impact et pour ce qui est des recherches supplémentaires, du développement, de la fabrication et des marchés publics; salue le fait que la Commission a accepté la totalité des recommandations de la Cour et a confirmé que leur mise en œuvre était en cours; se félicite, à cet égard, de l’adoption par la Commission d’une stratégie industrielle de défense européenne (EDIS) et d’une proposition législative établissant le programme pour l’industrie européenne de la défense (EDIP), ainsi que de son engagement à développer le FEDef; se dit néanmoins préoccupé par le fait que, compte tenu des réalités géopolitiques auxquelles l’Union est confrontée, la mise en œuvre intégrale des recommandations de la Cour ne devrait intervenir qu’en 2026; |
| 146. | rappelle les observations formulées par la Cour dans son rapport spécial 10/2023 à propos de la disponibilité limitée de ressources humaines à la Commission et des risques que cela suppose pour le FEDef; relève qu’en raison du nombre de plus en plus important de propositions à évaluer et de projets à gérer, les ressources humaines sont soumises à une pression considérable; relève par ailleurs la part importante d’experts nationaux détachés (17 %) parmi le personnel de la direction générale de l’industrie de la défense et de l’espace en 2023 ainsi que l’intention de la direction générale de l’industrie de la défense et de l’espace de renforcer le personnel par la sélection de fonctionnaires au moyen de concours spécialisés organisés par l’EPSO dans le domaine de l’espace et de la défense, dont les listes de réserve ont été finalisées en novembre 2023; |
| 147. | note que la mise en œuvre du «plan d’action 2.0 sur la mobilité militaire» soit en cours, avec 1,74 milliard d’EUR affectés à des projets d’infrastructures de transport à double usage dans le cadre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) entre 2021 et 2027; relève qu’à ce jour, l’Union a cofinancé 95 projets de mobilité militaire dans 21 États membres et que 94 de ces projets sont toujours en cours, la plupart d’entre eux devant être finalisés entre 2026 et 2027; note avec inquiétude qu’à la suite de trois appels à propositions organisés en 2021, 2022 et 2023, l’intégralité de l’enveloppe de mobilité militaire au titre du CEF pour la période de programmation actuelle a donc déjà été épuisée; considère que si le fait de rendre le budget rapidement disponible en concentrant les montants sur les appels de 2022 et 2023 répondait à la nécessité de prendre en compte l’évolution de la situation sécuritaire en Europe à la suite de la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, il conduisait simultanément à rendre le financement de l’Union instable et imprévisible en laissant un vide de plus de quatre ans sans fonds de l’Union disponibles pour les appels à la mobilité militaire afin de financer des projets d’infrastructure à double usage jusqu’au CFP postérieur à 2027; rappelle les conclusions formulées par la Cour dans son rapport spécial 04/2025, selon lesquelles le plan d’action ne reposait pas sur des bases suffisamment solides et que les progrès accomplis dans la réalisation de son objectif, à savoir assurer un mouvement rapide et sans rupture de personnel, de matériel et de ressources à brève échéance et à grande échelle, ont été variables en raison de faiblesses de conception et d’obstacles persistants à la mise en œuvre; relève que la Commission estime qu’il faut davantage agir pour renforcer les corridors d’infrastructures de transport à double usage, notamment sur les questions réglementaires telles que les procédures d’autorisation des mouvements transfrontières; prend acte de l’observation de la Cour selon laquelle la Commission n’avait procédé à aucune estimation solide du financement global nécessaire pour que ses objectifs et valeurs cibles puissent être atteints; déplore que les dépenses de mobilité militaire n’aient représenté que 300 millions d’EUR en 2023 et se dit préoccupé par le fait que les appels à propositions dans le cadre de la dotation de la mobilité militaire aient été quatre fois supérieurs aux capacités, ce qui témoigne de l’intérêt accru des États membres et des bénéficiaires des projets; |
| 148. | se déclare profondément préoccupé par la décision de la Commission de procéder à l’adoption de l’initiative «Réarmer l’Union» sans consultation préalable du Parlement européen; déplore qu’une telle décision contourne le principe de l’équilibre institutionnel et porte atteinte au rôle du Parlement en tant que colégislateur dans l’élaboration des priorités stratégiques et budgétaires; prie instamment la Commission de s’abstenir de lancer des instruments d’action importants qui ont une incidence sur l’architecture financière et stratégique de l’Union sans garantir le plein respect des prérogatives du Parlement; |
| 149. | relève que le Parlement européen a demandé à l’Union et à ses États membres de mettre en place un cadre juridique permettant de qualifier la Russie d’État soutenant le terrorisme; |
Recommandations
| 150. | invite la Commission: | i) | à élaborer dès que possible une stratégie à plus long terme pour le FEDef en s’appuyant sur l’expérience acquise dans le cadre de l’action préparatoire sur la recherche en matière de défense (PADR) et sur les recommandations de la Cour; | | ii) | à assurer la mise à disposition de ressources suffisantes pour renforcer la coopération de l’Union en matière de défense, à court terme au moyen du projet de budget 2026 et du recrutement d’experts en temps opportun et à moyen terme au moyen de la proposition de prochain CFP présentée par la Commission; | | iii) | à renforcer davantage la mobilité militaire dans l’Union en augmentant notablement le financement disponible pour l’amélioration des corridors d’infrastructures de transport à double usage et en prenant des mesures pour éliminer les obstacles administratifs, procéduraux et réglementaires aux mouvements militaires transfrontières, tout en accordant la priorité au financement des projets qui répondent le mieux au paysage européen actuel de la menace; à tenir compte des constatations et recommandations formulées par la Cour dans son rapport spécial 04/2025; | | iv) | à prendre des mesures pour garantir la vigilance requise en ce qui concerne les critères instaurés pour les projets d’infrastructures de mobilité militaire à double usage, conformément à la recommandation de la Cour; | |
Voisinage et le monde
| 151. | relève que le budget des programmes relevant de la rubrique 6 du CFP (Voisinage et le monde) a été de 15,2 milliards d’EUR (soit 7,4 % du budget de l’Union), répartis comme suit: 63,4 % pour l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale — L’Europe dans le monde (IVCDCI-Europe dans le monde), 16,4 % pour l’aide humanitaire (HUMA), 16 % pour l’aide de préadhésion (IAP III) et 4,2 % pour les autres actions et programmes; relève qu’au total, les paiements de la rubrique «Voisinage et le monde» ont atteint 15,2 milliards d’EUR en 2023, soit quelque 8 % des dépenses globales de l’Union, à l’exclusion de la FRR; |
| 152. | constate que la Cour a examiné un échantillon de 72 opérations qui n’est pas suffisamment représentatif des dépenses relevant de cette rubrique du CFP et qui ne permet pas, dès lors, de donner une estimation du taux d’erreur; fait remarquer que les résultats de l’audit de la Cour montrent qu’il s’agit d’un domaine à haut risque (37 des 72 opérations contrôlées, soit 51,4 %, étaient concernées par des erreurs), et invite dès lors la Cour à fournir une estimation claire du taux d’erreur pour ce chapitre; relève que la Cour a détecté 31 erreurs ayant une incidence financière sur le budget de l’Union, lesquelles concernaient des bénéficiaires inéligibles, des coûts inéligibles, des dépenses non effectuées et des violations des règles relatives aux marchés publics, domaines qui pourraient indiquer des risques de mauvais fonctionnement des mécanismes de contrôle; |
| 153. | relève en outre que la Cour a détecté 19 cas de non-respect des dispositions juridiques et financières, dont aucun n’avait d’incidence financière directe sur le budget de l’Union et qui concernaient notamment des questions telles qu’une affectation ambigüe des coûts, le non-respect des règles de visibilité ou des documents insuffisants; |
| 154. | se dit préoccupé par le fait que la Cour ait relevé un cas de non-respect grave des règles de visibilité dans un projet financé par l’Union faisant l’objet d’une gestion indirecte par la direction générale du voisinage et des négociations d'élargissement, lequel concernait une convention de contribution d’une valeur de 21,2 millions d’EUR conclue avec une organisation internationale pour un projet visant à soutenir les pays du partenariat oriental dans leur lutte contre la COVID-19; relève que la Cour a constaté que la plupart des attestations de dons contrôlées ne faisaient pas apparaître le fait que le matériel médical offert avait été financé par l’Union; rappelle que les bénéficiaires de fonds de l’Union sont tenus de faire apparaître très clairement le fait que l’Union a financé ou cofinancé les actions qu’ils réalisent; relève que la Commission a répondu qu’elle examinait de nouvelles lignes directrices en matière de communication et de visibilité avec les Nations unies afin de réduire les risques d’erreurs relatives au respect des règles de visibilité; |
| 155. | se dit préoccupé par le fait que, dans son audit informatique du volet du système informatique OPSYS relatif à la gestion des accès et des droits des utilisateurs, la Cour a relevé trois insuffisances, dont i) le fait que la direction générale des partenariats internationaux n’avait pas formalisé une procédure pour l’octroi et la suppression des droits d’accès pour les administrateurs du système et les utilisateurs standard; ii) quatre cas dans lesquels les utilisateurs standard disposaient de droits d’accès plus étendus que ceux nécessaires à l’exercice de leurs fonctions, ce qui est contraire aux normes informatiques de la Commission; et que iii) la direction générale des partenariats internationaux ne gérait pas tous les comptes d’administrateur appartenant au personnel d’autres directions générales; craint que ces faiblesses n’augmentent les risques d’accès inopportun au système et de non-respect des règles et des procédures de mise en œuvre des projets d’action extérieure et ne compromettent l’intégrité des processus et des données du système; |
| 156. | relève que la Commission a intensifié la communication avec les organisations internationales afin de les sensibiliser à la nécessité d’assurer le plein accès des auditeurs de la Cour aux documents lors d’audits de projets financés par l’Union et que la Commission a soutenu diverses initiatives visant à dégager des solutions permanentes aux questions d’accès et de conservation des documents; constate néanmoins que, malgré ses efforts, la Commission reconnaît qu’il subsiste des limites à l’accès aux documents en raison de l’existence des cadres juridiques applicables aux partenaires chargés de la mise en œuvre, lesquels cadres ne devraient pas changer dans un avenir proche; |
| 157. | invite instamment la Commission à renforcer l’approche de la conditionnalité liée à l’état de droit dans le cadre du financement de l’instrument d’aide de préadhésion (IAP) III, afin que cet instrument puisse atteindre son objectif, à savoir préparer efficacement les pays candidats à l’adhésion à remplir les conditions requises pour devenir des États membres de l’Union européenne; demande une nouvelle fois à la Commission de mettre en œuvre les recommandations du rapport spécial 01/2022 de la Cour afin de s’assurer que l’assistance financière de l’Union défend efficacement l’état de droit dans les Balkans occidentaux, notamment en arrêtant des lignes directrices sur l’application des dispositions relatives à la modulation et à la conditionnalité prévues dans l’IAP III; |
| 158. | souligne qu’en aucun cas, l’aide de l’Union ne doit financer le terrorisme, que ce soit directement ou indirectement, et qu’elle ne devrait donc soutenir aucune entité liée au Hamas ou à toute autre organisation terroriste ou extrémiste; relève, à cette fin, qu’il est légitime et nécessaire de pouvoir connaître et recenser clairement tous les bénéficiaires finaux de l’aide européenne dans les pays tiers; souligne la nécessité d’un contrôle strict de la distribution et de l’utilisation de l’aide afin de supprimer toute utilisation abusive des fonds; |
| 159. | constate avec regret que la Commission européenne a financé l’Université islamique des sciences et technologies de Gaziantep, dont les liens avec l’organisation terroriste du Hamas sont avérés; demande à la Commission d’annuler tous les liens avec cette université et d’autres universités ayant des liens avec des organisations terroristes; |
| 160. | demande instamment à la Commission, dans le cadre d’une assistance et d’une aide humanitaire accrues apportées à la population palestinienne, de tirer pleinement parti des partenaires de confiance et de faire appel, par exemple, à l’OMS, au PAM, à l’Unicef ou à différentes organisations du Croissant-Rouge; rappelle qu’il importe que la Commission garantisse des contrôles indépendants de l’UNRWA par des experts extérieurs, la Cour et des partenaires internationaux expérimentés; |
| 161. | note que, ces derniers mois, la Commission a collaboré avec l’UNRWA pour améliorer les processus de renforcement de la neutralité et les systèmes de contrôle de l’Agence, conformément aux conclusions des enquêtes du BSCI des Nations unies sur les allégations de participation de 19 membres de son personnel aux attentats du 7 octobre 2023, et pour surveiller l’application du plan d’action présenté par l’UNRWA en vue de la mise en œuvre des recommandations destinées à renforcer le contrôle et la surveillance, formulées par le groupe d’examen indépendant sous la direction de Catherine Colonna, ancienne ministre française des affaires étrangères; relève que la Commission a réévalué la décision de l’Union de 2024 relative au financement de l’UNRWA et que, par un échange de lettres entre le commissaire Várhelyi et le commissaire général de l’UNRWA Lazzarini en avril 2024, l’Union est parvenue à un accord sur l’assistance conditionnelle de l’Union à l’UNRWA, liée à une série de critères relatifs à trois axes de travail, dont le contrôle du personnel de l’UNRWA, un audit de l’Union et le renforcement du département des enquêtes internes et du bureau de l’éthique; note que l’assistance de l’Union a repris; |
| 162. | rappelle la nécessité pour l’Autorité palestinienne de supprimer tous les matériels et contenus pédagogiques qui ne respectent pas les normes de l’Unesco d’ici à la prochaine année scolaire, en particulier ceux qui contiennent de l’antisémitisme tel que défini par la classification de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste approuvée par l’Union, de l’incitation à la violence, des discours de haine et de la glorification du terrorisme; rappelle les dispositions des précédentes décisions de décharge; souligne que le soutien financier de l’Union à l’Autorité palestinienne dans le domaine de l’éducation doit être fourni à condition que le contenu des manuels scolaires soit conforme aux normes de l’Unesco, que toutes les références antisémites soient supprimées et que les exemples incitant à la haine et à la violence soient supprimés, comme l’ont demandé à de nombreuses reprises les résolutions accompagnant les décisions de décharge; rappelle les conclusions formulées par l’Institut Georg Eckert dans son rapport financé par l’Union, révélant une image complexe des manuels scolaires; note que l’Union ne finance pas les manuels palestiniens et qu’ils ne relèvent pas non plus de la responsabilité de l’UNRWA, qui examine néanmoins tous les manuels publiés afin de remédier à tout contenu problématique; relève que la Commission procèdera à un contrôle détaillé pour qu’aucun fonds de l’Union ne soit alloué, directement ou indirectement, à la rédaction, à l’enseignement ou à l’exposition de ces matériels éducatifs aux enfants palestiniens, y compris ceux fournis par les organisations des Nations unies; |
| 163. | relève que, dans son rapport annuel d’activité (RAA) 2023, la direction générale du voisinage et des négociations d'élargissement reconnaît que des projets menés à Kiev ont fait l’objet de visites régulières, mais que des impératifs de sécurité ont limité les contrôles sur place et les visites de projets dans d’autres régions d’Ukraine; constate en outre qu’en raison des difficultés de procéder à un contrôle adéquat des projets en Ukraine, une réserve a une nouvelle fois été émise dans le RAA 2023 de la direction générale du voisinage et des négociations d'élargissement et que des mesures correctrices sont en cours, comme le contrôle de l’avancement de la mise en œuvre des projets au moyen de contrôles documentaires, des solutions à distance et le recours à un prestataire de service; |
| 164. | salue le fait que l’OLAF propose une aide ciblée aux autorités pour lutter contre la fraude et soutienne l’adhésion de l’Ukraine au programme de l’Union en matière de lutte contre la fraude; relève que l’accord-cadre sur la facilité pour l’Ukraine, entré en vigueur en juin 2024, prévoit des mécanismes juridiquement contraignants pour la gestion, le contrôle, la supervision, le suivi, l’évaluation, la communication d’informations et l’audit des fonds relevant de la facilité ainsi que des mesures de prévention, d’enquête et de correction des irrégularités et des cas de fraude, de corruption et de conflit d’intérêts ainsi que des dispositions précisant le rôle de l’OLAF et du Parquet européen; salue en outre le fait qu’en vertu de l’article 36 du règlement établissant la facilité pour l’Ukraine, la Commission a créé, en juin 2024, une commission des comptes chargée d’assister la Commission dans l’évaluation de l’efficacité des systèmes de gestion et de contrôle de l’Ukraine en ce qui concerne les fonds fournis au titre de la facilité et dans la lutte contre la mauvaise gestion des financements de l’Union au titre de la facilité pour l’Ukraine; invite la Commission à le tenir régulièrement informé des activités et des conclusions de la commission des comptes afin d’assurer un contrôle parlementaire approprié; |
| 165. | prend note avec inquiétude des rapports récents sur les conclusions d’un projet de rapport d’audit payé par la Commission sur le secrétariat de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), qui font état de soupçons de fraude, de salaires impayés et d’autres dettes; note que, comme indiqué, la Commission a versé 3,7 millions d’EUR au secrétariat en 2023 et tente de recouvrer 3,6 millions d’EUR en mars 2024; demande à la Commission de garantir une transparence et une responsabilité totales, de donner accès au rapport d’audit et d’informer les membres du Parlement des mesures concrètes prises; |
| 166. | invite la Commission, conformément aux recommandations formulées par la Cour dans son avis no 03/2024, à intégrer dans la nouvelle proposition législative relative au cadre financier pluriannuel les recommandations de la garantie pour l’action extérieure qui complètent l’évaluation de la Commission, y compris un recours accru aux «financements mixtes» (subventions) dans les PMA, les pays fragiles ou touchés par un conflit et une coordination engagée avec les parties prenantes telles que la société civile; |
| 167. | se déclare préoccupé par l’attribution de financements au titre du FEDD+, dans le cadre de la nouvelle enveloppe flexible «Soutien aux investissements», en faveur de pays dans lesquels les investissements relevant de la stratégie «Global Gateway» sont plus faciles à mettre en œuvre, au détriment de la priorité accordée aux pays les moins avancés, ainsi qu’aux pays fragiles et touchés par des conflits; demande que des rapports soient établis sur le volume des montants alloués et contractualisés au titre du FEDD+ dans ces pays et que la transparence soit faite sur la façon dont les quotas alloués aux PMA sont respectés dans le cadre des dotations des programmes indicatifs pluriannuels régionaux; |
| 168. | réaffirme, tout en reconnaissant que la stratégie «Global Gateway» constitue une réponse concertée de l’Union aux défis mondiaux, que les actions regroupant des investissements publics et privés doivent toujours être guidées par le cadre juridique prévu par le règlement sur l’IVCDCI, le programme 2030 et les besoins des pays partenaires, lesquels sont communiqués dans le cadre d’un dialogue conduit honnêtement et d’égal à égal; se déclare préoccupé par les incohérences qui entourent les programmes «Global Gateway»; appelle de ses vœux, par conséquent, une plus grande transparence et une plus grande responsabilité démocratique, ainsi que de solides mécanismes de suivi et d’évaluation dans le cadre de la stratégie «Global Gateway» et des initiatives Équipe Europe; demande la création d’une plateforme centralisée, accessible au public et régulièrement mise à jour présentant de manière détaillée les projets «Global Gateway», y compris leurs objectifs, leurs sources de financement, les partenaires chargés de leur mise en œuvre et les résultats attendus; |
Fonds européen de développement (FED)
| 169. | relève qu’en ce qui concerne l’audit de la régularité des opérations, la Cour a analysé un échantillon de 140 opérations représentatif de tout l’éventail des dépenses effectuées au titre des FED; observe en outre que cet échantillon se composait de 31 opérations liées au fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne pour l’Afrique, de 87 opérations ordonnancées par 14 délégations de l’Union (21) et de 19 paiements approuvés par les services centraux de la Commission; |
| 170. | relève avec préoccupation que, sur les 140 opérations examinées, 62 (44,3 %) comportaient des erreurs, contre 57 (40,7 %) en 2022 pour le même total d’opérations; souligne en outre que la Cour a quantifié 52 erreurs (contre 48 en 2022), sur la base desquelles elle a estimé le niveau d’erreur pour l’exercice 2023 à 8,9 % (contre 7,1 % en 2022); |
| 171. | constate avec préoccupation que les trois types d’erreurs les plus courantes au cours de l’exercice 2023 concernaient les frais non supportés (45 %, contre 51 % en 2022), l’absence de pièces justificatives essentielles (31 %, contre 7 % en 2022) et les dépenses inéligibles (23 %, contre 24 % en 2022); |
| 172. | prend acte des réponses de la Commission aux questions écrites adressées aux commissaires Jutta Urpilainen et Oliver Várhelyi, selon lesquelles, en 2023, environ 45 % des erreurs cumulées étaient dues à un apurement excessif, une pratique suivant laquelle les dépenses non effectuées sont comptabilisées en tant que dépenses effectuées, et que ces erreurs sont donc temporaires puisqu’elles n’existeront plus après les apurements définitifs; relève en outre que, pour réduire ces erreurs temporaires, la Commission a demandé à ses partenaires de revoir leurs modèles de déclaration de façon à pouvoir identifier plus facilement les dépenses effectuées et que la direction générale des partenariats internationaux a chargé un groupe de travail spécial d’examiner le respect des règles par les organisations concernées au moyen d’un cadre de gestion des risques; relève également que la stratégie de contrôle de la direction générale du voisinage et des négociations d'élargissement est en cours de réexamen afin de déterminer la façon de renforcer les contrôles ex ante et d’améliorer les informations communiquées à la Commission par les organisations ayant fait l’objet d’une évaluation des piliers; invite la Commission à informer l’autorité de décharge des effets de ces actions; |
| 173. | note que l’examen de la stratégie de contrôle de la direction générale des partenariats internationaux devrait notamment permettre de renforcer les orientations relatives à la communication des informations financières ainsi que les contrôles ex ante de façon à éviter les erreurs, et notamment un apurement excessif; invite la Commission à informer l’autorité de décharge des mesures correctrices qui seront adoptées à l’issue de cet examen; |
| 174. | s’inquiète du fait que, comme les années précédentes, certaines organisations internationales n’ont accordé qu’un accès limité aux documents (par exemple en lecture seule), ce qui a entravé la planification, la mise en œuvre et le contrôle qualité de l’audit de la Cour et a entraîné des retards; relève que les questions d’audit et de contrôle ont été abordées à plusieurs reprises avec les entités des Nations unies, notamment dans le cadre de réunions conjointes du groupe de référence technique et du groupe de travail pertinent UE-ONU sur l’accord-cadre financier et administratif (ACFA); note en outre que la Commission collabore avec les organisations internationales concernées et a intensifié la communication avec elles sur l’accès de la Cour aux documents; encourage la Commission, comme lors des années précédentes, à intensifier ces efforts; |
| 175. | insiste sur le fait que, selon l’évaluation de la Cour, l’étude sur le taux d’erreur résiduel ne constitue ni une mission d’assurance ni un audit, mais est réalisée conformément à la méthode et au manuel relatifs au TER fournis par la direction générale des partenariats internationaux; constate que la direction générale des partenariats internationaux précise que l’étude sur le TER est censée être un indicateur clé de l’incidence financière estimée des erreurs résiduelles, c’est-à-dire qu’elle mesure le bon fonctionnement du système de contrôle interne et démontre donc la capacité de correction de la Commission; souligne que, comme les années précédentes, la Cour a constaté des limites dans l’étude; prend acte, en outre, de l’avis de la Cour selon lequel, comme les années précédentes, la méthode relative au TER permet au contractant de se fier entièrement aux résultats des contrôles de la direction générale des partenariats internationaux, et selon lequel le fait de s’appuyer sur les travaux d’autres auditeurs va à l’encontre de l’objectif d’une étude sur le TER; attire l’attention sur le fait que la Cour a conclu que, lorsque les contrôles antérieurs ont été réalisés dans le contexte de l’ACFA conclu entre la Commission européenne et les Nations unies, le contractant n’était pas toujours en mesure d’effectuer des vérifications de détail supplémentaires, cet accord limitant les droits de contrôle de la Commission; souligne la réponse de la Commission, qui reconnaît les limites imposées aux contrôles par l’ACFA; demande instamment à la Commission d’examiner les solutions réalistes qui permettraient de résoudre ce problème; |
| 176. | rappelle que deux fonds fiduciaires de l’Union ont été créés dans le cadre des FED; rappelle que plus de 5 milliards d’EUR ont été mobilisés au titre du fonds fiduciaire de l’Union pour l’Afrique, que 88 % des contributions (4,4 milliards d’EUR) proviennent du FED et du budget de l’Union; regrette que, malgré plusieurs demandes formulées par le Parlement, le processus de gestion et d’attribution de ces fonds manque toujours de transparence; se déclare préoccupé par les conclusions du rapport spécial 17/2024 de la Cour intitulé «Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne pour l’Afrique: malgré de nouvelles approches, le soutien est resté peu ciblé»; relève que, malgré une approche innovante pour identifier les risques en matière de droits de l’homme dans un environnement difficile, ces risques n’ont pas été pris en compte de manière exhaustive et que la Cour a constaté que l’évaluation des risques potentiels pour les droits de l’homme n’était pas exhaustive; rappelle que la Commission n’est pas en mesure d’établir les approches les plus efficientes et les plus efficaces pour réduire les migrations irrégulières et les déplacements forcés en Afrique selon la Cour, et de faire rapport à ce sujet; regrette que le nouveau système de suivi, qui consiste à rassembler les informations sur tous les projets soutenus par le FFU pour l’Afrique, pâtit toutefois de problèmes d’exactitude des données; note que le fonds fiduciaire de l’Union pour l’Afrique devrait être progressivement supprimé en 2025; |
Recommandations
| 177. | invite la Commission à agir comme suit pour donner suite aux recommandations de la Cour: | i) | en ce qui concerne l’application OPSYS, à formaliser et à améliorer la procédure d’octroi et de suppression des droits d’accès pour les administrateurs du système et les utilisateurs standard, à améliorer la qualité du nouveau logiciel et à affecter les ressources nécessaires pour en renforcer la maturité et la solidité; | | ii) | à renforcer les orientations et les contrôles afin de s’assurer que les organisations qui exécutent des contrats en gestion indirecte, y compris les organisations internationales, les institutions financières internationales et les organismes publics, respectent les règles de visibilité; | | iii) | à continuer d’intensifier sa communication avec les organisations internationales afin de donner à la Cour, en temps utile, un accès complet et illimité — pas seulement en lecture seule — aux documents nécessaires à l’accomplissement de sa mission, comme le prévoit le traité FUE; | | iv) | à mettre en place des mesures de contrôle ex ante et ex post adéquates dans les régions instables ou les zones de conflit afin d’assurer le contrôle adéquat de la façon dont les fonds de l’Union sont dépensés et des moyens de recouvrer les fonds de l’Union; | | v) | à prendre des mesures afin d’améliorer les systèmes de contrôle pour l’apurement des préfinancements versés à des organisations internationales; | | vi) | à renforcer les contrôles ex ante avant d’accepter les dépenses; | |
| 178. | invite en outre la Commission: | i) | à mener une surveillance étroite, au moyen de tous les mécanismes disponibles, et à collaborer avec l’UNRWA, afin de garantir la mise en place de toutes les actions convenues pour s’assurer que le fonctionnement de l’UNRWA soit pleinement conforme aux principes humanitaires et au principe de neutralité, y compris dans la future déclaration commune UE-UNRWA et dans les futures décisions de financement de l’assistance conditionnelle de l’Union; | | ii) | à veiller à ce que tous les contrats impliquant des fonds de l’Union respectent intégralement la législation applicable de l’Union, y compris en matière de responsabilité, de transparence et de bonne gestion financière, et notamment à vérifier, ce faisant, qu’il n’y ait pas de sous-traitants, de personnes physiques, de participants aux ateliers et/ou aux formations ou de bénéficiaires d’une aide financière versée à des tiers faisant l’objet de mesures restrictives de l’Union ou impliqués dans le financement du terrorisme, dans des actes de terrorisme ou dans d’autres actes de haine et d’incitation à la haine; | | iii) | à accroître le ciblage des zones géographiques et des bénéficiaires sur la base d’éléments concrets et améliorer l’exactitude des réalisations rapportées d’actions de développement futures, y compris par l’instrument de voisinage, de développement et de coopération internationale - Europe globale; | |
Administration publique européenne
| 179. | relève que la Commission est directement responsable de l’exécution de 59,1 % du budget administratif global de l’Union, soit 7,2 milliards d’EUR; relève par ailleurs que 70 % des dépenses administratives ont trait aux ressources humaines, dont les pensions, et que le reste concerne principalement les dépenses relatives aux immeubles, à l’équipement, à l’énergie, aux communications et aux technologies de l’information; constate avec satisfaction que, pour 2023 également, la Cour conclut que les dépenses présentent un risque faible; |
| 180. | relève qu’en 2023, 2 152 fonctionnaires ont quitté la Commission, principalement pour cause de départ à la retraite, de démission ou de fin de contrat; constate qu’il s’agit d’un taux de rotation relativement important qui devrait donner à la Commission une large marge de manœuvre pour régler les déséquilibres persistants en matière de représentation géographique au sein de ses services; |
| 181. | encourage la Commission à veiller, avec l’Office européen de sélection du personnel (EPSO), à ce que les systèmes techniques nécessaires soient mis en place au plus vite et à ce que les procédures s’accélèrent de façon que la Commission et les autres institutions de l’Union puissent faire appel à l’EPSO pour la sélection de candidats motivés et hautement qualifiés pour tous les types de postes au sein des institutions; |
| 182. | salue le fait que la représentation des femmes aux postes d’encadrement soit passée de 46,1 % en décembre 2022 à 47,8 % en décembre 2023; encourage la Commission à continuer de veiller à atteindre et à préserver l’équilibre entre les hommes et les femmes à tous les niveaux d’encadrement; |
| 183. | constate avec satisfaction que la Commission a mis en place des politiques permettant de mieux concilier vie professionnelle et vie privée et d’améliorer le bien-être du personnel, dont le droit à la déconnexion; salue également l’adoption d’une nouvelle décision relative à la prévention et à la lutte contre le harcèlement, qui établit le poste d’un conseiller confidentiel en chef en tant que figure clé dans la lutte contre le harcèlement; souligne la nécessité de doter ce poste des ressources appropriées pour mener à bien des tâches multiples et difficiles; |
| 184. | prend acte des progrès accomplis par la Commission en ce qui concerne l’internalisation du personnel des crèches; |
| 185. | constate avec satisfaction que la Commission a publié une mise à jour de ses lignes directrices relatives aux normes éthiques applicables à la participation des membres de la Commission européenne à la campagne électorale pour le Parlement européen et de ses lignes directrices relatives à la participation des membres de la Commission aux campagnes électorales au niveau des États membres; salue également l’adoption par la Commission, en mars 2023, de règles indispensables plus strictes sur les missions et les frais payés par des tiers; |
| 186. | souligne qu’il faut faire en sorte que toutes les institutions de l’Union à Luxembourg puissent attirer des candidats à tous les types de postes et de carrières; relève que, pour les fonctionnaires des groupes de rémunération les plus bas, Luxembourg peut être un lieu moins attrayant en raison du coût de la vie; souligne qu’avec l’adoption du budget pour 2025, une première mesure a été prise en créant une allocation spéciale de logement pour le personnel des grades inférieurs qui travaillent dans les institutions de l’Union européenne à Luxembourg; |
| 187. | note que la Commission a pour objectif ambitieux de réduire, d’ici à 2030, l’espace global de bureaux de la Commission de 25 % et le nombre de bâtiments de 50 % par rapport à 2020; relève que la réduction totale de l’espace global a atteint un peu plus de 83 000 m2 en 2023, soit une baisse de 11 %; se félicite que cet objectif constitue un élément important pour que la Commission parvienne à la neutralité carbone et réduise les coûts administratifs; souligne qu’il importe que la réduction du nombre de bâtiments et de l’espace de bureaux et le déploiement d’espaces de travail collaboratif et d’autres évolutions administratives importantes qui en seront la conséquence se fassent en collaboration étroite avec le personnel; |
| 188. | se dit préoccupé par les retards importants, qui peuvent atteindre six mois, auxquels les fonctionnaires des institutions sont confrontés pour le remboursement des frais de soins de santé au titre du régime d’assurance maladie des institutions; est également préoccupé par le traitement inadéquat des fonctionnaires et des députés européens atteints de maladies auto-immunes, de troubles neurologiques, de BPCO (maladie pulmonaire obstructive), de COVID long, de maladies non diagnostiquées et de maladies rares par le régime d’assurance maladie des institutions; note que les patients présentant ces symptômes ne sont souvent pas remboursés pour leurs tests de diagnostic; |
| 189. | relève que la Médiatrice a ouvert 398 enquêtes concernant la Commission en 2023; relève en outre qu’en 2023, la Commission a reçu 187 décisions de classement sans suite et 17 décisions de mauvaise administration; relève avec une vive inquiétude que la Médiatrice reçoit nombre de plaintes de citoyens relatives aux très longs retards dans l’obtention d’un accès aux documents demandés à la Commission et encourage cette dernière à s’efforcer d’accélérer le traitement de telles demandes et de réduire encore le nombre de décisions de mauvaise administration ainsi qu’à définir des règles précises pour l’accès à tous les types de textes écrits — qu’il s’agissent d’imprimés, de courriels, de SMS ou de toute autre forme de communication — faisant partie d’une procédure administrative relative à des mesures ou à des décisions prises par la Commission; note que sur les neuf enquêtes liées à la Commission conclues par l’OLAF en 2023, sept ont été closes avec des recommandations; invite la Commission à garantir la transparence et le respect de l’obligation de rendre des comptes dans le suivi de ces cas; |
| 190. | se déclare profondément préoccupé par les allégations de corruption en rapport à la Commission; déplore dans le même temps les allégations indiquant que des fonctionnaires de la Commission auraient accepté des cadeaux provenant d’un pays avec lequel l’Union négociait un accord; souligne la nécessité d’une approche claire et systématique pour garantir que tous les dossiers de l’OLAF concernant des infractions pénales potentielles soient rapidement transmis au Parquet européen et aux autorités nationales compétentes; invite la Commission à renforcer les règles et procédures pertinentes afin de garantir un traitement rigoureux, correct et efficace de tous les dossiers; |
| 191. | constate que seuls de rares de cas de harcèlement moral et sexuel ont été reconnus comme tels au cours des dernières années et s’inquiète que cela puisse révéler des lacunes institutionnelles au sein de la Commission, compte tenu du nombre important d’employés de l’institution; |
| 192. | se déclare profondément préoccupé par les informations faisant état d’une enquête en cours concernant l’ancien commissaire à la justice, qui aurait participé, durant son mandat, à des activités de blanchiment de capitaux impliquant des fonds d’origine inconnue; invite la Commission à coopérer pleinement avec les autorités belges et à préciser d’urgence si ces activités étaient liées de quelque manière que ce soit à ses fonctions officielles au sein de la Commission; |
| 193. | invite la Commission à donner la priorité au personnel permanent plutôt qu’à des consultants externes et à des agents contractuels, et ce afin de garantir de bonnes conditions de travail et d’éviter la perte de connaissances et d’expérience; demande que les directions générales comptant un grand nombre d’experts nationaux détachés (END) dans le tableau de leurs effectifs disposent d’une certaine souplesse pour convertir ces postes en postes d’agents temporaires afin d’assurer une meilleure rétention de l’expertise, une meilleure fonctionnalité opérationnelle et une meilleure continuité des activités; insiste en outre sur la nécessité d’éviter l’externalisation des tâches vers des sociétés de conseil lorsque le savoir-faire disponible peut être trouvé en interne; |
| 194. | relève que, ces dernières années, la Commission a de plus en plus souvent confié les analyses d’impact à des sociétés externes, ce qui suscite des inquiétudes quant aux conflits d’intérêts potentiels; invite la Commission à renforcer les dispositions visant à prévenir d’éventuels conflits d’intérêts et à fournir de meilleures orientations au personnel chargé des procédures de passation des marchés publics pour les contrats de service là caractère stratégique; |
| 195. | déplore les actes d’espionnage qui auraient été commis par le gouvernement hongrois contre le personnel de l’OLAF au cours d’une mission d’enquête; demande la mise en place rapide de mesures de protection solides afin de protéger le personnel des institutions de l’Union en mission dans les États membres et d’éviter toute violation; |
| 196. | se félicite de l’entrée en vigueur du règlement (UE) 2023/2841 du Parlement européen et du Conseil (22); prend note des investissements en matière de cybersécurité, notamment des 30 millions d’EUR alloués au renforcement de la sécurité numérique au sein de la Commission; invite la Commission à ne ménager aucun effort pour développer une culture de la cybersécurité, en encourageant la formation et la sensibilisation au sein des institutions de l’Union; souligne l’importance de maintenir des investissements adéquats dans la cybersécurité en vue d’atteindre l’objectif indicatif à long terme de l’ordre d’au moins 10 % des dépenses totales en matière de technologies de l’information; |
| 197. | se dit une nouvelle fois préoccupé par le fait que les risques élevés liés à la sécurité et à la protection du registre et du mécanisme de fonctionnement du système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre de l’Union contre les cyberattaques n’ont toujours pas été suffisamment pris en compte; souligne que ce problème est signalé dans les rapports annuels d’activité (RAA) depuis 2010, avec, dans chacun d’eux, des réserves émises à cet égard; constate que ce sujet d’inquiétude est une fois encore soulevé dans le RAA 2023 de la direction générale de l’action pour le climat, nouvelle illustration du fait que la sécurité du système n’est toujours pas considérée comme prioritaire; |
Écoles européennes
| 198. | relève que le budget global des écoles européennes en 2023 était de 417,5 millions d’EUR, en majorité financé par la Commission, les autres institutions de l’Union, les États membres et les frais d’inscription versés par les parents; relève également que près de 80 % du budget a servi à couvrir les frais de personnel; |
| 199. | constate avec satisfaction que la Cour est en mesure de conclure qu’elle n’a pas relevé de faits qui l’inciteraient à croire que les comptes consolidés relatifs à 2023 n’ont pas été établis, dans tous leurs aspects significatifs, conformément aux normes comptables internationales pour le secteur public; |
| 200. | observe que la Cour a détecté des faiblesses systématiques ou récurrentes dans les paiements et dans les procédures relatives aux ressources humaines et aux marchés publics qui s’y rapportent, notamment une vérification insuffisante des justificatifs qui affecte la régularité de certains paiements et de certaines procédures relatives aux ressources humaines; |
| 201. | invite notamment la Commission: | i) | à faire en sorte que les institutions de l’Union puissent faire appel à l’EPSO pour l’organisation efficace et l’achèvement des procédures de sélection et des autres procédures ayant trait au personnel afin que les institutions de l’Union disposent de suffisamment de candidats motivés et hautement qualifiés pour pourvoir les postes vacants; | | ii) | à examiner toutes les possibilités de correction des importants déséquilibres géographiques et des importants déséquilibres entre les hommes et les femmes au sein des diverses catégories de personnel; | | iii) | à poursuivre les travaux sur les mesures permettant aux institutions de l’Union situées à Luxembourg de continuer d’attirer du personnel hautement qualifié pour tous les types de profils d’emploi; | | iv) | à veiller à ce que le déploiement d’espaces de travail collaboratif et d’autres évolutions administratives importantes se fasse en collaboration étroite avec le personnel; | | v) | à affecter davantage de personnel au traitement des demandes de remboursement relevant du régime d’assurance maladie, à améliorer la formation du personnel et à mettre à sa disposition de meilleurs logiciels permettant de traiter les demandes plus rapidement; | | vi) | à montrer l’exemple, en particulier pour les maladies qui ne relèvent pas des domaines classiques et les maladies rares; demande instamment à la Commission d’approfondir ses connaissances techniques et son traitement de ces dossiers; demande instamment à la Commission d’élargir le catalogue des tests éligibles au remboursement afin d’inclure un éventail plus large de tests de laboratoire et d’autres procédures et examens de diagnostic ainsi que de traitements; insiste auprès de la Commission pour qu’elle le fasse rapidement; | | vii) | à veiller à la mise en place rapide de mécanismes de protection solides pour le personnel institutionnel de l’Union en mission dans les États membres de l’Union et dans les pays tiers, afin de préserver leurs droits; | | viii) | à aider les écoles européennes à mettre en œuvre au plus vite les recommandations formulées par la Cour lors des années précédentes ainsi que la recommandation du rapport relatif à l’exercice 2023, qui demande aux écoles de contrôler systématiquement les pièces justificatives relatives aux indemnités versées au personnel détaché; | | ix) | à préparer un rapport analysant les raisons pour lesquelles la grande majorité des plaintes pour harcèlement (demandes d’assistance) déposées auprès de la Commission sont rejetées, la plupart du temps sans même l’ouverture d’une enquête administrative, et à recommander des moyens de remédier à ce dysfonctionnement de la procédure formelle; | | x) | à veiller à ce qu’à partir de 2025, les demandes d’assistance dans les cas de harcèlement soient suivies d’une enquête administrative en bonne et due forme par l’Office d’investigation et de discipline (IDOC) ou l’OLAF, afin de garantir que les auteurs de harcèlement soient tenus pour responsables et sanctionnés proportionnellement à leurs actes répréhensibles; | |
CHAPITRE II
Facilité pour la reprise et la résilience (FRR)
Observations générales
| 202. | relève qu’en 2023, 27 plans pour la reprise et la résilience (PRR) ont été révisés et que ces révisions se sont répercutées sur le rythme de mise en œuvre des plans en cours en provoquant des retards; note en même temps que les priorités politiques des États membres peuvent changer; note que la hausse des prix de l’énergie, l’inflation élevée et les perturbations qu’ont connues les chaînes d’approvisionnement en raison de la guerre d’agression non provoquée menée par la Russie contre l’Ukraine et, dans certains cas, de catastrophes naturelles ont contribué à la révision des PRR; souligne que les retards dus à la révision des PRR se sont ajoutés aux retards existants, comme en témoignent les différences notables entre le calendrier prévisionnel des demandes de paiement et la transmission effective de ces demandes par les États membres à la Commission; reste préoccupé par le risque de sous-exécution et d’incapacité à atteindre les jalons et les cibles fixés dans les PRR; souligne la nécessité de renforcer les mécanismes de suivi afin de s’assurer que les retards n’ont pas d’incidence disproportionnée sur les projets clés; |
| 203. | relève qu’il convient d’établir un lien thématique clair entre les réformes et les investissements et que, dans certains cas, un long délai pourrait exister entre l’élaboration des plans de relance nationaux et la réalisation des jalons et des cibles; regrette que la FRR ne permette pas une flexibilité suffisante pour répondre rapidement aux crises émergentes; |
| 204. | se dit extrêmement préoccupé par les propos du président de la Cour qui indiquent que la moitié environ des décaissements au titre de la FRR ne sont pas arrivés jusque dans l’économie réelle et se demande si l’autre moitié a été utilisée soit pour financer des dépenses budgétaires récurrentes, soit pour permettre aux États membres de tirer parti de la hausse des taux d’intérêt; |
| 205. | rappelle que la FRR est un instrument temporaire de relance axé sur les performances, où les paiements sont liés à la bonne réalisation d’une série de jalons et de cibles liés aux réformes et investissements prévus dans les PRR nationaux; souligne que l’efficacité de la FRR doit être évaluée non seulement sur le plan du décaissement, mais aussi sur celui de sa capacité à générer des améliorations tangibles et à long terme s’agissant des conséquences de la pandémie; rappelle qu’il n’y a pas de définition dans le règlement relatif à la FRR de ce que signifie «bonne réalisation d’une série de jalons et de cibles»; rappelle que chaque plan national doit contribuer à relever efficacement l’ensemble des problèmes mis en exergue dans le semestre européen ou une part importante de ceux-ci et, en particulier, dans les recommandations par pays adoptées par le Conseil; note que, grâce à la FRR, le pourcentage de recommandations par pays en progrès a augmenté de 17 % entre 2021 et 2023; |
| 206. | relève qu’en 2023, la Commission a versé un montant de 75 milliards d’EUR au total ainsi que des préfinancements supplémentaires d’un montant de 7,1 milliards d’EUR, les décaissements cumulés à la fin de 2023 s’établissant à 220,8 milliards d’EUR, répartis entre 141,6 milliards d’EUR de subventions [40 % de l’enveloppe globale de 357 milliards d’EUR réservée aux subventions dans le cadre de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR)] et 79,2 milliards d’EUR de prêts (27 % de l’enveloppe globale de 291 milliards d’EUR réservée aux prêts dans le cadre de la FRR); impose des obligations de déclaration détaillées sur la manière dont les États membres allouent les fonds, en empêchant la substitution de dépenses budgétaires récurrentes et en veillant à ce que les fonds parviennent aux bénéficiaires prévus; |
Observations de la Cour
| 207. | constate que la Cour a émis une opinion avec réserve sur la légalité et la régularité des dépenses de la FRR en 2023; se déclare préoccupé par le fait que la Cour ait conclu que sept des 23 paiements effectués au titre de la FRR en 2023 faisaient l’objet de constatations quantitatives et que six de ces paiements présentaient un niveau d’erreur significatif; note que, à l’exception de ces points, la Cour considère que les dépenses de la FRR acceptées dans les comptes de l’exercice 2023 sont légales et régulières dans tous leurs aspects significatifs; relève que la nature du modèle de dépenses de la FRR se fonde sur les évaluations des jalons et des cibles par la Commission; note qu’en 2023, la Cour a contrôlé 452 jalons et cibles inclus dans 23 paiements de subventions et qu’elle ne fournit pas de taux d’erreur en raison de la nature du modèle de dépenses de la FRR, mais estime que l’impact financier minimal de ses constatations est supérieur au seuil de signification; est convaincu que les États membres devraient également assumer la responsabilité des erreurs détectées après le décaissement; |
| 208. | se déclare vivement préoccupé par le fait que la Cour n’a pas été en mesure de vérifier l’incidence financière réelle des paiements erronés ou inéligibles au titre de la FRR en raison des limites inhérentes au modèle d’évaluation fondé sur des jalons et des cibles; invite la Commission à mettre au point une méthode de suivi des erreurs plus transparente afin de prévenir les erreurs d’affectation et l’inefficacité; |
| 209. | relève que la Cour a contrôlé 325 des 542 jalons ainsi que 127 des 135 cibles sous-tendant les demandes de paiement de subventions effectuées en 2023; déplore que la Cour estime que 16 d’entre eux présentaient des irrégularités (2,4 % du total); se dit préoccupé par le fait que la Cour estime que les exigences n’ont pas toutes été respectées de manière satisfaisante pour sept jalons et cibles dans six paiements et que la Commission a néanmoins effectué les paiements correspondants; note que les conclusions de la Cour se fondent sur des travaux d’audit approfondis et déplore que la Commission conteste certaines de ces conclusions; relève que tous les paiements effectués au titre de la FRR doivent être évalués par rapport au cadre communiqué et appliqué par la Commission, qui doit tenir compte, pour chaque paiement, de l’avis du Comité économique et financier et de l’examen d’experts des États membres dans le cadre de la procédure de comitologie; demande à la Commission de veiller à ce que tous les paiements contestés liés à des jalons et cibles qui n’ont pas été exécutés de manière satisfaisante fassent l’objet d’un examen externe indépendant afin de renforcer la confiance du public dans le processus; recommande l’introduction de systèmes de suivi en temps réel des décaissements et des dépenses afin d’éviter les erreurs d’affectation dans le cadre de la FRR et du CFP; |
| 210. | se dit particulièrement préoccupé par le fait que la Cour a identifié neuf cas potentiels de jalons et de cibles inadmissibles liés à la poursuite d’un projet préexistant qui a débuté avant la période d’éligibilité ou remplaçant des dépenses budgétaires nationales récurrentes; regrette l’absence de clarté dans le règlement relatif à la FRR et ne partage pas l’interprétation de la Commission selon laquelle la période d’éligibilité ne débute qu’à la date de début des travaux relatifs à un projet spécifique et non au début de la phase de préparation ou de projet; déplore que ce point de vue ait donné lieu à l’inscription, dans les PRR, de mesures programmées avant la période d’éligibilité de la FRR, et reconnaît que toute mesure doit respecter le champ d’application, les objectifs et les conditions d’éligibilité fixés par le règlement relatif à la FRR; invite la Commission à mettre en œuvre des mécanismes de vérification plus stricts afin d’empêcher l’inclusion de projets préexistants qui n’apportent pas de valeur ajoutée dans le cadre de la FRR; |
| 211. | rappelle que les fonds de la FRR ne doivent pas servir à remplacer des dépenses budgétaires récurrentes, sauf dans les cas dûment justifiés, et se dit préoccupé par la conclusion de la Cour selon laquelle certains jalons et cibles remplaçant des dépenses budgétaires nationales récurrentes n’étaient pas suffisamment justifiés dans les PRR; |
| 212. | constate avec préoccupation que la Cour a conclu que les emprunts de NextGenerationEU pourraient plus que doubler d’ici à 2026, alors que l’essentiel du remboursement est différé aux futurs CFP; rappelle que le remboursement des emprunts contractés dans le cadre de NextGenerationEU doit commencer avant la fin de 2027, si des crédits non utilisés restent disponibles au niveau de la ligne budgétaire pour couvrir les coûts de financement de l’initiative, et s’achever en 2058 au plus tard; relève que, selon les prévisions, l’exposition du budget de l’UE devrait encore augmenter en 2024 et en 2025, principalement sous l’effet des prêts au titre de la FRR; se dit préoccupé par le fait que l’évolution des conditions du marché puisse se traduire par une hausse des coûts de l’emprunt qui, dans le cas de la dette liée à NextGenerationEU concernant les subventions, devrait être supportée par le budget de l’Union; se dit préoccupé par l’absence encore à ce jour de plan de remboursement de la dette commune de l’instrument de l’Union européenne pour la relance (NGEU), et par la poursuite de la hausse de la dette de l’Union, dont une bonne partie est due à cet instrument de relance temporaire; craint que la hausse de la dette et l’augmentation du montant des intérêts qui en découle n’aient des effets à long terme sur la stabilité budgétaire de l’Union, ce qui pourrait augmenter la pression financière et réduire la capacité de réaction aux défis à venir ou d’investissement dans les domaines stratégiques clés; |
| 213. | constate que la Cour a conclu que les paiements au titre de la FRR ont été inférieurs aux prévisions en 2023; souligne que la Cour a critiqué la lenteur du décaissement et de l’absorption des fonds de la FRR; se dit préoccupé par les conclusions de la Cour figurant dans le rapport spécial 13/2024, qui indiquent que l’absorption des fonds de la FRR a progressé malgré certains retards, que les États membres risquent de ne pas pouvoir achever, d’ici la fin de la période de mise en œuvre de la FRR, toutes les mesures pour lesquelles une part importante des fonds a déjà été versée, et que la seconde moitié de la période de mise en œuvre de la FRR est plus compliquée en raison de l’augmentation du nombre de jalons et de cibles, du passage des réformes aux investissements et du stade plus avancé de la mise en œuvre ainsi que d’une proportion élevée de mesures à achever au cours de la dernière année; |
| 214. | relève malgré tout que, selon la Commission, la réalisation des jalons et des cibles est globalement en bonne voie, plus de 40 % des fonds disponibles de la FRR ayant été versés aux États membres à la date du 31 août 2024, avec un taux de versement des subventions de 48 % et de versement des prêts légèrement supérieur à 30 %; constate que le rythme de présentation des demandes de paiement s’est également accéléré depuis la seconde moitié de 2023 avec la finalisation, en 2023, de la révision des PRR liée à l’introduction de chapitres REPowerEU; |
| 215. | prend note des conclusions de la Cour dans le rapport spécial 13/2024 selon lesquelles la lenteur de l’absorption s’explique également par le fait que les mesures ne sont pas adaptées au calendrier de la FRR et que le temps nécessaire à leur mise en œuvre a été sous-estimé (en raison des règles relatives aux marchés publics et aux aides d’État); prend également note des incertitudes sur les règles de mise en œuvre et la manière dont elles devraient être appliquées, y compris le manque d’orientations sur le principe de «ne pas causer de préjudice important» et la manière de s’y conformer; |
| 216. | se dit vivement préoccupé par l’observation de la Cour indiquant des faiblesses persistantes dans la mise en œuvre des systèmes de contrôle des États membres, car elles risquent de compromettre la disponibilité de données complètes et exactes sous-tendant les demandes de paiement, mais aussi l’accès à ces demandes à des fins de contrôle et le bon fonctionnement des systèmes de contrôle des États membres pour la protection des intérêts financiers de l’Union; rappelle qu’en vertu du règlement FRR, les systèmes de contrôle des États membres ont un rôle clé à jouer pour assurer une protection efficace des intérêts financiers de l’Union; demande instamment à la Commission d’agir rapidement et de façon décisive le cas échéant, notamment en imposant des corrections financières, et de tirer pleinement parti des dispositions du règlement FRR s’il subsiste des lacunes dans les systèmes de contrôle des États membres; |
| 217. | se dit préoccupé par les conclusions de la Cour figurant dans le rapport spécial 22/2024 intitulé «Double financement sur le budget de l’UE: Certains éléments essentiels manquent aux systèmes de contrôle pour que le risque accru résultant du modèle de “financement non lié aux coûts” de la FRR puisse être atténué»; souligne que les États membres peuvent proposer des mesures dites «à coût nul», c’est-à-dire des mesures jugées ne pas devoir être financées par la FRR et pour lesquelles aucune vérification de double financement n’a lieu, la Commission estimant que les mesures ne bénéficiant pas de fonds de la FRR ne présentent aucun risque de ce point de vue; relève également avec préoccupation les constatations de la Cour selon lesquelles, d’après les États membres, les nombreux niveaux de gouvernance concernés, notamment le niveau national, régional et municipal, compliquent considérablement la coordination et le contrôle; se dit préoccupé par le fait que, lorsque des vérifications ont lieu, i) elles sont confrontées à un environnement extrêmement compliqué où les divers outils informatiques utilisés sont rarement interopérables, où les données enregistrées le sont souvent de manière non normalisée et où la seule façon de vérifier l’existence de doubles financements est de procéder à un contrôle croisé manuel entre les bases de données, et ii) les systèmes de contrôle des États membres reposent dans une large mesure sur les déclarations sur l’honneur des destinataires des fonds de l’Union; constate néanmoins que la Cour n’a relevé aucun cas de double financement; |
| 218. | prend acte de l’observation de la Commission selon laquelle, en vertu du règlement FRR, le «double financement» est explicitement lié aux coûts budgétaires et qu’il ne peut donc pas y avoir de «double financement» si l’État membre n’a pas remis d’estimation des coûts liée à une mesure spécifique dans le cadre de son plan national; relève que la Commission souligne que les réformes n’impliquant aucun coût n’augmentent pas l’enveloppe financière, mais sont néanmoins des critères essentiels pour qu’elle puisse évaluer positivement les PRR ainsi que leur pleine mise en œuvre pour les paiements concernés; souligne que, peu après les travaux d’audit de la Cour sur le terrain, la Commission a indiqué avoir identifié les deux premiers cas potentiels de double financement; |
| 219. | rappelle que l’article 9 du règlement relatif à la FRR établit l’additionnalité et la complémentarité entre les programmes et les instruments de financement de l’Union comme des principes clés; estime que, pour respecter ces principes tout en évitant le risque de double financement, les mêmes mesures qui figurent déjà dans d’autres plans nationaux bénéficiant d’un financement de l’Union (cohésion, agriculture, etc.) doivent être soit exclues du PRR soit décrites plus en détail, même si elles ne supposent aucun coût, afin de mieux identifier le risque potentiel de double financement; souligne qu’en raison d’un modèle de mise en œuvre différent, les doubles financements entre la FRR et d’autres instruments de financement de l’Union risquent d’être plus difficiles à détecter et demande instamment à la Commission de continuer à faire preuve de vigilance et d’anticipation pour pouvoir détecter toute situation potentielle de double financement; |
| 220. | regrette l’absence de garanties adéquates pour empêcher le double financement de projets au titre de la FRR et d’autres instruments financiers de l’Union; demande la mise en place d’un système automatisé de vérification croisée entre la FRR et le Fonds de cohésion, la politique agricole commune et d’autres programmes de financement de l’Union afin de détecter et d’éliminer les demandes en double; |
| 221. | se dit préoccupé par la constatation de la Cour figurant dans son document d’analyse no 01/2023 intitulé «Le financement octroyé par l’UE au titre de la politique de cohésion et de la facilité pour la reprise et la résilience: une analyse comparative», selon laquelle le signalement des fraudes impliquant des dépenses de la FRR ne fait toujours pas l’objet d’une approche normalisée, ni d’une coordination et d’une coopération étroites entre les États membres, qui sont obligés de signaler les cas de fraude présumée non pas dans un système informatique intégré, mais dans la déclaration de gestion accompagnant chaque demande de paiement, même s’il est arrivé que des États membres signalent des cas en dehors des déclarations de gestion; déplore qu’il n’existe pas d’orientations claires concernant le moment exact où un cas de fraude présumée doit être signalé, le seuil de signalement qui existerait, les informations types à communiquer pour chaque cas et ou concernant les mesures correctives prises; soutient en outre la demande adressée par la Cour à la Commission, dans le cadre du même document d’analyse no 01/2023, d’obtenir des États membres des assurances suffisantes quant à l’efficacité des systèmes nationaux de prévention, de détection et de correction de la fraude, de la corruption et des conflits d’intérêts; |
| 222. | se déclare préoccupé par le fait qu’en 2023, la Commission a dû introduire dix jalons de contrôle supplémentaires pour sept États membres afin de remédier aux faiblesses identifiées dans leurs systèmes de contrôle; rappelle et soutient l’évaluation de la Cour selon laquelle le fait que des jalons de contrôle aient été introduits, qui signifie que les systèmes des États membres n’étaient pas entièrement fonctionnels lorsque les plans ont commencé à être mis en œuvre, ce qui présente un risque sérieux pour la régularité des dépenses de la FRR et pour la protection des intérêts financiers; |
| 223. | regrette que, selon les constatations du rapport spécial 26/2023 de la Cour, plusieurs domaines d’action du pilier de la FRR relatif aux politiques de santé ne soient pas assortis d’indicateurs communs permettant de mesurer les progrès accomplis; constate avec inquiétude que cela empêche de suivre correctement et de bien mesurer les progrès accomplis dans la réalisation des jalons et des cibles touchant aux politiques de santé; |
| 224. | se félicite qu’en 2023, la Commission ait fait des progrès pour éliminer toute possibilité d’interprétation erronée des chiffres du tableau de bord de la FRR et qu’elle ait donné suite à la recommandation de la Cour en la matière en ce qui concerne l’amélioration de la présentation des données du tableau de bord et des explications concernant les limites du système, notamment en expliquant mieux les méthodes sous-jacentes et en déclarant explicitement, le cas échéant, que les données publiées sont des estimations; |
Audit et contrôle
| 225. | se félicite que, sur la base des recommandations de la Cour et de l’expérience acquise, la Commission ait publié en 2023 trois notes méthodologiques précisant l’application du règlement FRR, dont le cadre applicable i) à l’évaluation de la réalisation satisfaisante des jalons et des cibles lors d’une évaluation et ii) à l’application des dispositions relatives à l’annulation des jalons et des cibles, ainsi qu’une méthode permettant de déterminer le montant à suspendre si un jalon ou une cible n’est pas atteint de manière satisfaisante; prend acte de la version actualisée des orientations sur les PRR, adoptée le 19 juillet 2024, qui comporte des orientations supplémentaires pour que les contrôles restent à même de détecter et d’éviter tout risque de double financement et qui présente la méthode à appliquer pour réduire et recouvrer les montants versés par la FRR conformément à l’article 24, paragraphe 8, du règlement FRR; |
| 226. | invite la Commission à augmenter le nombre d’audits ex post et d’inspections sur le terrain pour les projets financés par la FRR, en particulier dans les secteurs à haut risque tels que l’infrastructure numérique et l’énergie, où les précédents programmes de financement de l’Union ont recensé des irrégularités significatives; |
| 227. | avertit que l’inclusion de projets préexistants et la substitution de dépenses budgétaires récurrentes dans le cadre de la FRR compromettent le principe d’additionnalité, transformant de fait l’instrument en un mécanisme de financement détourné des budgets ordinaires des États membres, au lieu de favoriser un véritable redressement et une résilience post-crise; demande une révision urgente afin d’éviter une nouvelle dilution de l’objectif de la FRR; |
| 228. | demande à la Commission et aux États membres de faire preuve d’une plus grande fermeté pour détecter les irrégularités dans les dépenses des fonds de la FRR et de récupérer les paiements indus; |
| 229. | se dit préoccupé par la réponse de la Cour aux réponses de la Commission relatives à l’existence d’une faille en matière d’assurance au niveau de l’Union pour ce qui est de la conformité avec les règles nationales et européennes en matière de passation des marchés publics et des aides d’État; relève que la Commission fait valoir que l’assurance fournie par la direction générale des affaires économiques et financières couvre l’efficacité des contrôles effectués par les États membres en ce qui concerne le respect des règles relatives aux marchés publics et aux aides d’État; souligne toutefois que, si le rapport annuel d’activités de la direction générale des affaires économiques et financières fait référence aux évaluations de la Commission concernant l’existence et l’efficacité des contrôles effectués par États membres, il ne contient aucune conclusion quant à leur efficacité; se dit préoccupé par le fait que, selon la Cour, cette situation constitue une limitation importante de la portée de la déclaration d’assurance de la Commission, ce qui signifie que la Commission ne donne toujours pas l’assurance complète que les dépenses de la FRR — que la Commission gère directement — sont conformes aux règles; |
| 230. | souligne que les retards dans le déboursement et l’absorption des fonds de la FRR non seulement ralentissent la reprise économique, mais créent également des risques importants de dépenses de dernière minute et de mauvaise qualité vers la fin de la période couverte par la FRR; demande à la Commission d’introduire des évaluations intermédiaires plus strictes afin d’éviter une course à «l’utilisation pour ne pas perdre» qui pourrait conduire à des gaspillages et à des erreurs d’allocation; |
| 231. | relève avec une grande inquiétude que les États membres ont la possibilité stratégique de renoncer à leurs demandes de paiement final pour éviter de réaliser des jalons et cibles politiquement sensibles, ce qui leur permet d’éviter de mettre en place des réformes nécessaires, mais impopulaires; demande à la Commission d’introduire des sanctions financières en cas de mise en œuvre incomplète de la FRR afin d’empêcher la manipulation de la structure de paiement; |
| 232. | note que la Commission a répondu qu’elle avait élargi la portée de ses travaux d’audit au-delà de ce qu’impose le règlement FRR afin de vérifier que les procédures de contrôle mises en place dans les États membres donnent l’assurance nécessaire que les États membres procèdent régulièrement et effectivement à la vérification du respect des règles en matière de passation des marchés publics et d’aides d’État et de l’éligibilité des mesures de la FRR, mais conteste le point de vue de la Commission selon lequel les conclusions du rapport annuel d’activité de la direction générale des affaires économiques et financières couvrent cet aspect; |
| 233. | constate avec préoccupation que, comme l’indique la Commission dans son évaluation de la FRR à mi-parcours du 21 février 2024, une majorité d’États membres estiment que la méthode de suspension des paiements reste floue en ce qui concerne les réformes en raison de la marge d’appréciation dont dispose la Commission dans l’application de cette méthode; demande instamment à la Commission de réviser cette méthode pour éviter qu’elle ne soit appliquée selon un système de «deux poids deux mesures»; |
| 234. | relève que, dans l’audit qu’il a effectué en 2023 sur les contrôles ex ante des demandes de paiement de la FRR, le service d’audit interne de la Commission a soulevé une question très importante, à savoir que la direction générale des affaires économiques et financières, en collaboration avec la task-force pour la reprise et la résilience, devrait poursuivre le développement et la formalisation des orientations existantes pour les situations où la direction générale des affaires économiques et financières demande que les États membres procèdent à des engagements supplémentaires à propos d’une action découlant des jalons en matière d’audit et de contrôle, et notamment que les orientations devraient définir i) la façon dont la direction générale des affaires économiques et financières devrait assurer le suivi de la réalisation de la confirmation formelle de l’engagement de l’État membre, ii) le critère permettant de déterminer le délai dans lequel les États membres doivent réaliser les engagements, et iii) les rapports entre le «cadre d’engagement», le «cadre d’évaluation des jalons et des cibles au titre du règlement FRR» et l’«annulation des jalons et des cibles au titre de la FRR»; |
| 235. | relève que, lors des audits qu’elle réalise à propos de la protection des intérêts financiers de l’Union, la Commission vérifie que les États membres disposent d’une procédure précise et codifiée de signalement des cas de fraude, de corruption, de conflit d’intérêt et de double financement à l’ensemble des autorités compétentes, y compris, le cas échéant, au Parquet européen; |
| 236. | se dit préoccupé par le fait que, dans son rapport annuel, la Cour indique que, fin 2023, le Parquet européen avait ouvert 206 enquêtes concernant des fonds servant à la mise en œuvre de mesures de la FRR et estimé le préjudice potentiel à plus de 1,8 milliard d’EUR (pour le financement national et le financement de l’Union); relève que les 206 enquêtes ouvertes concernent dix États membres, 75 % des cas provenant d’un seul pays; s’inquiète du fait qu’à la fin de l’année 2023, les déclarations de gestion des États membres n’avaient pas signalé un seul cas de fraude présumée détectée, ce qui signifie qu’aucun des dossiers ouverts du Parquet européen n’a été signalé par les États membres eux-mêmes, jetant des doutes sur la capacité des États membres à détecter et à lutter contre les fraudes; souligne que, bien qu’aucune enquête ne soit encore close, les chiffres présentés par le Parquet européen confirment que le risque de fraude est présent dans la FRR et qu’ils remettent en question la fiabilité des déclarations de gestion des États membres en ce qui concerne le signalement des fraudes détectées et les mesures correctives prises; demande un renforcement urgent des mécanismes de détection des fraudes, y compris une évaluation obligatoire des risques de fraude pour tous les projets à grande échelle de la FRR; demande à la Commission de veiller à ce que le Parquet européen dispose de ressources suffisantes pour enquêter sur les cas de fraude liés aux dépenses de la FRR, compte tenu du nombre croissant d’enquêtes et du montant élevé des dommages estimés; |
| 237. | met en garde contre le fait que les cas de fraude signalés par les États membres dans le cadre de la FRR restent nettement insuffisants, ce qui donne une image trompeuse d’intégrité financière; |
| 238. | regrette vivement le manque de transparence dans la notification des fraudes liées aux fonds du FRR et insiste pour que tous les États membres se conforment aux obligations de notification normalisées et utilisent le système de gestion des irrégularités (IMS); |
| 239. | rappelle que la refonte du règlement financier, en vigueur depuis le 30 septembre 2024, prévoit que l’application du système de détection rapide et d’exclusion (EDES) à la gestion partagée et à la gestion directe dans les cas où le budget est exécuté avec les États membres soit élargie aux programmes adoptés ou financés à partir du 1er janvier 2028; invite la Commission à prendre des mesures à l’égard des motifs d’exclusion les plus graves afin de mieux protéger les intérêts financiers de l’Union; |
| 240. | relève que, pour limiter les divergences d’interprétation des jalons et des cibles entre la Commission et la Cour, la Commission a publié son approche des notions de date de début d’une mesure et de «remplacement des dépenses budgétaires nationales récurrentes» à l’annexe II et à l’annexe III de son rapport annuel 2024 sur la mise en œuvre de la FRR; demande une nouvelle fois à la Commission de poursuivre sa collaboration avec la Cour pour harmoniser le plus possible l’interprétation des jalons et des cibles; |
Mise en œuvre et impact
| 241. | demande instamment à la Commission de limiter le risque que les États membres préfèrent renoncer à tout ou partie des montants de la dernière demande de paiement pour ne pas devoir réaliser les derniers jalons et cibles, ce qui mettrait en péril la mise en œuvre globale des PRR; se dit extrêmement préoccupé par le risque supplémentaire que supposerait l’annulation de mesures après l’expiration de la FRR et demande instamment à la Commission, lorsqu’elle effectuera les paiements finaux, de faire en sorte que de telles situations ne puissent pas se produire; |
| 242. | souligne que, selon l’évaluation de la FRR à mi-parcours du 21 février 2024 effectuée par la Commission, les États membres ont souligné qu’ils avaient dû mobiliser plus de ressources que prévu au départ pour réviser les PRR et que l’efficience de l’approche fondée sur la performance était limitée par des «procédures trop complexes» de modification des plans qui ne font pas de distinction entre modifications majeures ou mineures et qui exigent l’approbation du Conseil pour toute modification; |
| 243. | souligne que, pour les contrôles et les audits au titre de la FRR, les États membres doivent mettre en place des mécanismes permettant d’éviter, de détecter et de corriger les cas de corruption, de fraude et de conflit d’intérêts et que la Commission procède à des audits ex post et à des audits de systèmes portant sur les jalons et les cibles; insiste sur le fait qu’une certaine confusion persiste à propos du rôle de la Cour, qui a défini une stratégie (stratégie 2021-2025) pour l’exercice de ses missions à l’égard du programme NextGenerationEU et de la FRR, ce que certains États membres considèrent comme un chevauchement et une formalité administrative inutile; se dit préoccupé par le fait que, dans son évaluation de la FRR à mi-parcours du 21 février 2024 comme dans son rapport annuel sur la FRR du 10 octobre 2024, la Commission souligne que les autorités des États membres à tous les niveaux jugent les procédures d’audit et de contrôle trop complexes et que les États membres se plaignent du chevauchement des audits effectués par les autorités nationales, la Commission et la Cour; soutient pleinement les travaux de la Cour sur la FRR; se félicite que la Commission a admis et accepté que la Cour dispose d’un mandat d’audit complet pour la FRR, ce qui constitue l’un des fondements de la décharge du Parlement sur les fonds de la FRR; recommande aux États membres de coopérer avec la Cour des comptes européenne; |
| 244. | se dit préoccupé par le fait que le rapport annuel de la Commission du 10 octobre 2024 sur la mise en œuvre de la FRR souligne que celle-ci a engendré des frais d’entrée pour les administrations des États membres et qu’une plus grande simplification devrait être possible; relève que, d’après le rapport annuel de la Commission, dans l’évaluation à mi-parcours, les États membres ont mentionné, en ce qui concerne la structure de l’instrument, les obligations combinées liées i) aux éléments à fournir pour prouver que les jalons et cibles ont été atteints, ii) aux exigences strictes en matière de communication d’informations, par exemple les indicateurs communs et les données semestrielles, et iii) au cadre d’audit et de contrôle; rappelle que les États membres estiment qu’il est possible de simplifier les procédures de contrôle et d’audit, d’assurer une meilleure coordination entre les acteurs concernés et d’éviter les contrôles multiples; relève également que, toujours d’après le rapport annuel 2024 de la Commission sur la FRR, certaines autorités nationales ont également signalé le manque de flexibilité de l’évaluation des jalons et cibles par la Commission ainsi que des procédures de révision des PRR rigides et coûteuses en ressources; |
| 245. | note que l’un des objectifs de la FRR est d’aider les États membres à mettre en œuvre des réformes et des investissements ambitieux qui rendent leurs économies et leurs sociétés plus durables, plus résilientes et mieux préparées aux transitions écologique et numérique; souligne avec inquiétude les conclusions de la Cour dans son rapport spécial 15/2024 qui met en évidence le manque de pertinence, de qualité et de comparabilité des données soumises par les États membres, ces données étant insuffisantes pour évaluer les progrès réalisés en matière d’adaptation au changement climatique dans les États membres, et qui ouvre donc la voie à un possible écoblanchiment; se déclare préoccupé par le fait que la FRR puisse devenir un instrument financier permettant de donner une image superficielle de dépenses conventionnelles en les qualifiant de «vertes»; encourage la Commission à introduire un mécanisme dans le cadre de la FRR afin de suivre l’incidence environnementale des investissements et de garantir l’alignement sur les objectifs climatiques de l’Union; |
| 246. | souligne l’incidence de la FRR sur l’activité et les PME de l’Union; note que la FRR a fourni 78 milliards d’EUR de soutien direct aux PME, ce qui représente 12 % des dépenses totales de la FRR, et que les mesures plus générales en faveur des entreprises s’élèvent à 152 milliards d’EUR (23 % des dépenses totales de la FRR); note qu’avec 2,75 millions d’EUR, environ 11 % de l’ensemble des PME actives dans l’Union, ont bénéficié d’un soutien grâce à la FRR; souligne que près de 600 000 entreprises ont bénéficié d’initiatives de numérisation, tandis que 5,2 milliards d’EUR ont été alloués à des projets de transition écologique, notamment dans le domaine des énergies renouvelables et de l’hydrogène; |
| 247. | souligne avec préoccupation que la facilitation des projets transfrontières n’a pas fonctionné; regrette que, malgré l’inscription de plusieurs mesures liées à des projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC) dans les PRR et de mesures transfrontières dans les chapitres REPowerEU, la gouvernance nationale de la FRR n’ait pas suffisamment encouragé la coopération transfrontière; insiste vivement pour que le financement de l’Union soit mieux lié à la réalisation d’objectifs communs de l’Union et produise une valeur ajoutée de l’Union; |
| 248. | souligne que le rapport annuel de la Commission sur la mise en œuvre de la FRR du 10 octobre 2024 reconnaît que les États membres, les autorités locales et régionales, les organisations de la société civile, les partenaires sociaux et d’autres parties prenantes concernées ne sont pas suffisamment associés à l’élaboration et à la mise en œuvre des PRR; demande qu’ils soient étroitement associés à la mise en œuvre des PRR nationaux sur le terrain; |
| 249. | demande instamment à la Commission de n’approuver aucune révision de PRR qui aurait pour effet d’inscrire sous une autre forme des réformes ou des investissements envisagés dans les PRR s’ils ne respectent pas les conditions du règlement relatif à la FRR; note que toute révision devrait toujours viser à créer de la valeur ajoutée et à accroître les synergies; |
Transparence
| 250. | rappelle que, bien que les États membres ne soient pas tenus de publier l’ensemble des données relatives aux destinataires finaux, le règlement (UE) 2023/435 du Parlement européen et du Conseil (23) modifiant le règlement FRR oblige les États membres à publier des informations sur les cent destinataires finaux qui reçoivent le montant de financement le plus élevé au titre de la FRR; se félicite que, le 10 octobre 2024, la Commission ait publié, dans le rapport annuel 2024 sur la FRR, une annexe spécifique précisant la notion de bénéficiaire final au titre du règlement FRR et ce que doit comporter la publication de données sur les cent principaux destinataires finaux; se déclare profondément préoccupé par l’interprétation que donne la Commission de la notion de «bénéficiaire final» au titre de la FRR, étant donné que ceux-ci ne sont souvent répertoriés qu’au niveau ministériel et que les descriptions sont vagues, presque toutes les listes fournies par les États membres en comportant de nombreux exemples; demande une nouvelle fois que la liste des cent principaux destinataires finaux mentionne la dernière personne physique ou entité réelle d’une chaîne de transferts de fonds dans une base de données accessible au public afin de renforcer la responsabilité et de permettre un contrôle indépendant, tout en respectant le cadre juridique de l’Union en matière de protection des données; craint que, dans le cas contraire, il ne soit difficile de mesurer les répercussions et de garantir la visibilité des fonds de la FRR pour les citoyens, bien qu’il prenne également en compte le tableau de bord de la FRR et la carte des projets; souligne que, si la Commission continue de refuser de garantir une transparence totale, le Parlement doit envisager toutes les mesures disponibles pour imposer le respect des règles, afin d’éviter qu’une interprétation similaire ne soit appliquée aux dispositions relatives à la transparence dans d’autres règlements financiers; |
| 251. | rappelle à la Commission qu’il faut suivre strictement le règlement à la lettre et dans son esprit et que l’adoption d’orientations ou d’autres documents internes doit être parfaitement conforme aux résultats des négociations entre les colégislateurs; se dit persuadé que tel n’a pas été le cas lorsque la Commission a adopté les dispositions relatives à l’interprétation de la notion de «destinataire final» dans ses orientations sur les PRR dans le cadre de REPowerEU; |
| 252. | note que l’impossibilité de déterminer les destinataires finaux des fonds de la FRR constitue un risque grave pour la transparence et la traçabilité des fonds de l’Union et donc pour la protection des intérêts financiers de l’Union; |
| 253. | rappelle qu’une infrastructure informatique solide est essentielle à la collecte des données, au suivi et à l’évaluation des programmes et que les autorités de gestion et les bénéficiaires critiquent le niveau d’information demandé et le double emploi du système avec d’autres systèmes nationaux; relève que, contrairement à la politique de cohésion, dans le cadre de la FRR, la Cour a souligné l’utilisation, par les autorités nationales de suivi, de structures et d’approches différentes qui pourraient être jugées moins fiables du fait qu’elles livrent des informations non homogènes et qu’elles risquent de donner lieu à davantage d’erreurs; souligne, à cet égard, que des systèmes centralisés interopérables facilitent la collecte et la communication efficaces des données, la fragmentation des systèmes prouvant que des approches rationalisées sont nécessaires; |
| 254. | se félicite qu’à la suite de sa refonte, le règlement financier instaure des mesures horizontales en vue de la création d’un site internet centralisé (système de transparence financière) au niveau de l’Union qui couvre l’ensemble des destinataires des fonds de l’Union et souligne que ce site internet doit permettre de mettre fin à la fragmentation actuelle, d’améliorer la transparence et de faciliter le contrôle public des destinataires; relève qu’à partir du prochain CFP (soit après 2027), la Commission sera tenue, pour des raisons de transparence, d’utiliser les données pertinentes enregistrées dans l’outil Arachne d’exploration de données et de calcul du risque pour alimenter le site internet centralisé et que, conformément aux règles relatives à la protection des données, le site internet ne comportera que des données publiques, notamment des données pertinentes sur les destinataires, les contractants, les sous-traitants et les bénéficiaires; souligne également que tous les États membres auront l’obligation de donner accès à ces données à la Commission pour qu’elles soient intégrées à Arachne de manière automatisée; déplore que l’utilisation d’Arachne par les États membres ne soit pas obligatoire; |
| 255. | relève que les jalons et les cibles définitifs des PRR nationaux doivent être atteints pour le 31 août 2026 au plus tard en vertu de l’article 18, paragraphe 4, et de l’article 20, paragraphe 5, du règlement; rappelle que la Commission doit collaborer étroitement avec chacun des États membres pour accélérer la mise en œuvre des plans sur le terrain, notamment au moyen d’orientations régulières et, sur demande, d’une assistance technique à la mise en œuvre des plans; fait une nouvelle fois part de ses craintes que les jalons et les cibles ne soient annulés lorsque la FRR aura cessé d’exister et demande instamment à la Commission d’éviter que cette situation ne se produise; |
| 256. | demande à la Commission de refuser toute demande de révision des PRR car cela aurait pour effet d’en réduire l’ambition globale ou d’en supprimer des réformes structurelles importantes et l’invite à donner la priorité à l’achèvement des mesures des PRR relatives aux recommandations par pays; demande également à la Commission de renforcer son assistance technique aux États membres ayant pris du retard dans la mise en œuvre de la FRR; |
Recommandations
| 257. | invite la Commission à donner suite aux recommandations formulées par la Cour dans son rapport annuel et dans ses rapports spéciaux qui s’y rapportent et salue le fait que la Commission en accepte la grande majorité; invite la Commission à les mettre en œuvre et à tenir l’autorité de décharge informée de l’état d’avancement de cette mise en œuvre; |
| 258. | demande à la Commission d’accorder à la Cour un accès complet au nouvel outil de rapport sur la facilité pour la reprise et la résilience (FRR), FENIX, dans les meilleurs délais; |
| 259. | invite en outre la Commission: | i) | à assurer l’équilibre voulu entre les exigences d’audit et de contrôle et les formalités administratives imposées aux États membres et aux bénéficiaires des futurs instruments fondés sur la performance, tout en maintenant un niveau de contrôle et d’audit suffisant pour garantir une protection solide des intérêts financiers de l’Union; | | ii) | à surveiller de près la poursuite de la réalisation des jalons et des cibles, notamment ceux qui ont trait aux missions d’audit, de suivi et de contrôle, et à détecter toute annulation éventuelle de jalons et de cibles préalablement atteints; | | iii) | à utiliser les résultats de ses vérifications des systèmes de contrôle des États membres pour formuler des conclusions claires sur leur efficacité et prendre toutes les mesures qui s’imposent; | | iv) | à mettre en place à la Commission, à l’intention des États membres, un guichet unique sur la déclaration d’assurance auquel la Cour peut avoir accès sans plus devoir déranger les États membres en leur demandant des preuves supplémentaires; | | v) | à enregistrer et à contrôler systématiquement toutes les irrégularités et toutes les fraudes affectant les fonds de la FRR; | | vi) | à appliquer de manière cohérente et précise les dispositions du règlement FRR relatives aux «destinataires finaux» en révisant ses orientations sur les PRR dans le cadre de REPowerEU et à communiquer avec les États membres sur l’application correcte de la définition des «destinataires finaux»; invite la Commission à présenter des propositions visant à obliger les États membres à publier tous les bénéficiaires finaux; | | vii) | à rationaliser son contrôle des jalons et des cibles au moyen d’une approche de contrôle unique, ce qui permettrait de réduire les formalités administratives, de réorganiser les responsabilités d’audit entre la Commission et la Cour, de coordonner les calendriers et les critères d’audit afin d’éviter les doubles emplois et le chevauchement des contrôles et des audits, tout en garantissant la pleine protection des intérêts financiers de l’Union; | | viii) | à aider les États membres à rendre les systèmes informatiques réellement interopérables afin de faciliter la collecte, la communication et l’échange efficaces des données entre les divers ministères et agences gouvernementales de façon à limiter les risques de double financement, à procéder à des contrôles croisés entre les bases de données concernées et à communiquer avec les États membres à propos de leurs capacités administratives pour s’assurer qu’il n’y ait aucun double financement; note à cet égard les exemples positifs fournis lors de la conférence de la Cour des comptes européenne sur la transparence et la traçabilité du financement de la relance et de la résilience de l’UE en octobre 2024; | | ix) | à collaborer étroitement avec les États membres pour que les jalons et les cibles, et notamment les jalons et les cibles de nature structurelle ou ayant trait aux recommandations par pays, soient réalisés avec diligence et dans leur intégralité et pour qu’aucune révision des PRR ne soit approuvée lorsque le niveau d’ambition a été réduit ou des mesures importantes ont été affaiblies; à éviter dans la mesure du possible la révision de plans qui représenteraient sous une autre forme des mesures envisagées dans les PRR s’ils ne respectent pas les conditions du règlement relatif à la FRR; | | x) | à appliquer strictement les dispositions du règlement FRR, dont celles qui ont trait à la suspension des paiements et au recouvrement des créances, notamment si la protection des intérêts financiers de l’Union européenne n’est pas garantie; | | xi) | à suivre très strictement la méthode applicable aux paiements partiels, notamment en ce qui concerne les mesures structurelles et les mesures relatives à la mise en œuvre des recommandations par pays; | | xii) | à développer une méthodologie basée sur la qualité et la comparabilité des données pour évaluer les progrès en matière de transition écologique et numérique, ainsi que les retombées positives concrètes, dans les États membres; | | xiii) | à s’assurer que les États membres appliquent avec diligence les dispositions du FRR relatives à la visibilité en veillant à ce qu’il soit clairement indiqué que les mesures mises en œuvre par l’intermédiaire de la FRR sont financées par l’Union; | | xiv) | à proposer une assistance technique, un soutien administratif et des conseils aux États membres de façon à renforcer leurs capacités administratives, notamment par l’organisation de réunions régulières du groupe d’experts informel sur la mise en œuvre de la FRR, afin de discuter des aspects techniques et d’encourager l’échange de bonnes pratiques entre les autorités nationales; | | xv) | à effectuer, chaque fois qu’une révision des PRR est proposée, une analyse complète des mesures nouvelles et existantes et à déterminer si elles se substitueraient à des dépenses budgétaires récurrentes ou si elles seraient contraires à d’autres conditions d’éligibilité des PRR; | | xvi) | à fournir une formation et un soutien aux États membres afin d’accroître les capacités administratives, y compris une formation sur les compétences spécialisées, les connaissances et la fourniture d’exemples de meilleures pratiques; | | xvii) | à poursuivre sa collaboration avec la Cour pour harmoniser le plus possible l’interprétation des jalons et des cibles; | | xviii) | à utiliser les recommandations formulées par la Cour sur ses travaux sur la FRR ainsi que l’expérience acquise lors de sa mise en œuvre pour définir l’architecture du prochain cadre financier pluriannuel, et notamment la mise en œuvre des futurs instruments de l’Union fondés sur la performance; | | xix) | à renforcer la structure des futurs instruments fondés sur la performance en veillant à ce que les décaissements soient plus étroitement liés à l’état d’avancement de la mise en œuvre; | | xx) | à veiller à ce que toute révision future des PRR et leur mise en œuvre globale se fassent dans le cadre d’une consultation des autorités locales et régionales et d’autres parties prenantes et d’une étroite collaboration avec celles-ci, afin de porter au plus haut point l’incidence positive du PRR; | | xxi) | analyser les faiblesses des instruments fondés sur la performance et remédier à ces faiblesses lors de la conception de nouveaux programmes à l’avenir; | | xxii) | à mettre en place, dans le prochain CFP, un niveau élevé d’interopérabilité et d’échange de données entre les divers services et organismes publics afin de faciliter l’échange efficace et la mise à jour en temps réel des données des multiples plateformes de façon à pouvoir détecter les projets qui se chevauchent et à limiter les risques de double emploi et de double financement. | |
(1) Le onzième FED couvre la période du CFP 2021-2027.
(2) The future of European competitiveness, 9 septembre 2024.
(3) Rapport spécial 05/2024: «Registre de transparence de l’UE — Les informations sur les activités de lobbying sont utiles mais limitées».
(4) Rapport spécial 11/2025: «Transparence des financements accordés par l’Union européenne à des ONG — Malgré des progrès, la vue d’ensemble n’est toujours pas fiable».
(5) https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/P-10-2025-000595-ASW_EN.pdf.
(6) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32021R0783.
(7) https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/P-10-2025-000595-ASW_EN.pdf.
(8) JO C, C/2024/5882, 9.10.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5882/oj.
(9) Rapport spécial 07/2024 de la Cour des comptes européenne: La Commission européenne et le recouvrement des dépenses irrégulières — Le potentiel des systèmes en place est sous-exploité.
(10) JO C, C/2024/5882, 9.10.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5882/oj.
(11) COM(2023) 258.
(12) Rapport spécial 16/2024 de la Cour des comptes européenne: Recettes de l’UE fondées sur les déchets d’emballages en plastique non recyclés — Des débuts difficiles, marqués par une comparabilité et une fiabilité insuffisantes des données.
(13) Directive (UE) 2018/822 du Conseil du 25 mai 2018 modifiant la directive 2011/16/UE en ce qui concerne l’échange automatique et obligatoire d’informations dans le domaine fiscal en rapport avec les dispositifs transfrontières devant faire l’objet d’une déclaration (JO L 139 du 5.6.2018, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2018/822/oj).
(14) Cour des comptes européenne, rapport annuel 2023, point 1.35.
(15) Règlement (UE) 2021/1060 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 portant dispositions communes relatives au Fonds européen de développement régional, au Fonds social européen plus, au Fonds de cohésion, au Fonds pour une transition juste et au Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture, et établissant les règles financières applicables à ces Fonds et au Fonds «Asile, migration et intégration», au Fonds pour la sécurité intérieure et à l’instrument de soutien financier à la gestion des frontières et à la politique des visas (JO L 231 du 30.6.2021, p. 159, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/1060/oj).
(16) Décision de la Commission intitulée «Commission Decision of 13 December 2023 on the reassessment, on the Commission’s initiative, of the fulfilment of the conditions under Article 4 of Regulation (EU, Euratom) 2020/2092 following Council Implementing Decision (EU) 2022/2506 of 15 December 2022 regarding Hungary», C(2023)8999.
(17) Règlement (UE, Euratom) 2020/2092 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2020 relatif à un régime général de conditionnalité pour la protection du budget de l’Union (JO L 433 I du 22.12.2020, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2020/2092/oj).
(18) Règlement (UE, Euratom) 2020/2093 du Conseil du 17 décembre 2020 fixant le cadre financier pluriannuel pour les années 2021 à 2027 (JO L 433 I du 22.12.2020, p. 11, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2020/2093/oj).
(19) Règlement (UE) 2021/241 du Parlement européen et du Conseil du 12 février 2021 établissant la facilité pour la reprise et la résilience (JO L 57 du 18.2.2021, p. 17, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/241/oj).
(20) Décision d’exécution (UE) 2022/2506 du Conseil du 15 décembre 2022 relative à des mesures de protection du budget de l’Union contre les violations des principes de l’État de droit en Hongrie (JO L 325 du 20.12.2022, p. 94, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec_impl/2022/2506/oj).
(21) Angola, Bénin, Côte d’Ivoire, Fidji, Gambie, Ghana, Guinée-Bissau, Kenya, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Ouganda et Togo.
(22) Règlement (UE/Euratom) 2023/2841 du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2023 établissant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans les institutions, organes et organismes de l’Union (JO L, 2023/2841, 18.12.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2023/2841/oj).
(23) Règlement (UE) 2023/435 du Parlement européen et du Conseil du 27 février 2023 modifiant le règlement (UE) 2021/241 en ce qui concerne les chapitres REPowerEU des plans pour la reprise et la résilience et modifiant les règlements (UE) no 1303/2013, (UE) 2021/1060 et (UE) 2021/1755, et la directive 2003/87/CE (JO L 63 du 28.2.2023, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2023/435/oj).