Acte préparatoire52025BP1611

Résolution (UE) 2025/1611 du Parlement européen du 7 mai 2025 contenant les observations qui font partie intégrante de la décision concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2023, section X — Service européen pour l’action extérieure

CELEX52025BP1611
TypeActe préparatoire
Datemercredi 7 mai 2025

Résumé IA

Cette résolution du Parlement européen, adoptée le 7 mai 2025, contient les observations accompagnant la décision de décharge budgétaire pour l'exercice 2023, spécifiquement concernant le Service européen pour l'action extérieure (SEAE). Elle évalue la gestion financière, la performance et la régularité des dépenses du SEAE, et formule des recommandations pour améliorer son efficacité administrative et opérationnelle. Pour un professionnel du droit français, ce texte constitue un acte de contrôle politique non contraignant, mais il peut influencer les pratiques de gestion et de conformité du SEAE, notamment en matière de passation de marchés et de gestion des ressources humaines.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série L


2025/1611

8.10.2025

RÉSOLUTION (UE) 2025/1611 DU PARLEMENT EUROPÉEN

du 7 mai 2025

contenant les observations qui font partie intégrante de la décision concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2023, section X — Service européen pour l’action extérieure

LE PARLEMENT EUROPÉEN,

vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2023, section X — Service européen pour l’action extérieure,

vu l’article 102 et l’annexe V de son règlement intérieur,

vu l’avis de la commission des affaires étrangères,

vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A10-0069/2025),

A.

considérant, dans le contexte de la procédure de décharge, que l’autorité de décharge tient à souligner qu’il est particulièrement important de renforcer davantage la légitimité démocratique des institutions de l’Union en améliorant la transparence et la responsabilité, et en appliquant les concepts de budgétisation axée sur les performances et de bonne gestion des ressources humaines;

B.

considérant que le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) est responsable de la gestion des dépenses administratives de son siège à Bruxelles et du réseau des 144 délégations et bureaux de l’Union;

C.

considérant que la responsabilité du SEAE a été étendue à la gestion administrative du personnel de la Commission dans les délégations par l’intermédiaire d’une série d’accords de niveau de service;

D.

considérant que le rôle des délégations est de représenter l’Union et ses citoyens dans le monde entier, en développant des réseaux et des partenariats, ainsi que de promouvoir les valeurs de l’Union;

E.

considérant que la particularité du SEAE continue de résider dans sa nature et dans son origine, lorsqu’il a été formé par la fusion du personnel appartenant aux anciens services des relations extérieures du Conseil et de la Commission, auxquels ont été intégrés des diplomates des États membres;

F.

considérant qu’en vertu des règles internes du SEAE, le secrétaire général du SEAE fait fonction d’ordonnateur délégué pour l’institution et le directeur général de la gestion des ressources joue le rôle d’ordonnateur subdélégué principal;

G.

considérant que les pouvoirs conférés par le statut à l’autorité investie du pouvoir de nomination sont exercés par la vice-présidente de la Commission/haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (ci-après la «vice-présidente/haute représentante») à l’égard du personnel du SEAE;

H.

considérant que l’exécution du budget est régie par le règlement financier et par les règles internes du SEAE concernant l’exécution du budget;

1.

note que le budget du SEAE relève de la rubrique 7 du cadre financier pluriannuel (CFP), «Administration publique européenne», qui s’élevait au total à 12,3 milliards d’EUR en 2023 (soit 6,4 % du budget total de l’Union); relève que le budget du SEAE, qui s’élève à environ 1,1 milliard d’EUR, représente approximativement 9,2 % du total des dépenses administratives de l’Union;

2.

observe que, dans son rapport annuel relatif à l’exercice 2023, la Cour des comptes (ci-après la «Cour») a examiné un échantillon de 70 opérations sous la rubrique «Administration», soit 10 de plus qu’en 2022; note en outre que la Cour indique que les dépenses administratives comprennent les dépenses relatives aux ressources humaines, notamment les dépenses en matière de pensions, qui, en 2023, représentaient environ 70 % des dépenses administratives totales, ainsi que les dépenses relatives aux bâtiments, aux équipements, à l’énergie, aux communications et aux technologies de l’information, et que ses travaux au fil des ans montrent que, dans l’ensemble, ces dépenses présentent peu de risques;

3.

relève que 21 (30 %) des 70 opérations examinées comportaient des erreurs, mais que la Cour, sur la base des cinq erreurs quantifiées, estime que le niveau d’erreur est inférieur au seuil de signification;

4.

observe avec inquiétude que la Cour, dans son rapport annuel relatif à l’exercice 2023, a relevé une erreur quantifiable dans l’un des 13 paiements examinés et a effectué six constatations non quantifiables concernant le SEAE; constate que l’erreur quantifiable concernait un contrat de location signé pour une délégation de l’Union sans qu’une procédure de marché valide n’ait été lancée au préalable; relève qu’en 2023, le SEAE a pris des mesures pour remédier aux deux erreurs quantifiables relevées par la Cour dans son rapport annuel relatif à l’exercice 2022 ainsi que pour éviter de tels problèmes à l’avenir;

Gestion budgétaire et financière

5.

relève que le budget définitif du SEAE pour l’exercice 2023 était de 821 900 280 EUR, ce qui représente une hausse de 4,45 % par rapport à 2022; observe que le SEAE a également disposé d’un montant de 259,7 millions d’EUR (incluant les recettes affectées et les montants reportés) de la Commission pour couvrir les frais administratifs du personnel de la Commission travaillant dans les délégations de l’Union; relève en outre que le SEAE a reçu des contributions forfaitaires supplémentaires pour couvrir les coûts communs du personnel du Fonds européen de développement dans les délégations et les implantations communes, ainsi que d’autres montants perçus au titre de conventions d’implantation commune et d’autres accords; relève que le montant budgétaire total géré par le SEAE en 2023 s’élevait donc à 1 198,2 millions d’EUR (crédits d’engagement), ce qui représente une hausse de 4,8 % par rapport à l’exercice précédent;

6.

note qu’en 2023, le taux d’exécution budgétaire des crédits d’engagement s’élevait à 100 %, tandis que le taux d’exécution pour les paiements était de 91,9 %, contre 90,6 % en 2022; relève que le délai moyen de paiement était de 13,57 jours, mais constate néanmoins que 8,63 % du montant total a été payé en retard, ce qui a occasionné des intérêts de retard à hauteur de 50 253,91 EUR en 2023; invite instamment le SEAE à honorer ses engagements dans les délais; invite instamment le SEAE à poursuivre ses efforts pour accroître le nombre de paiements électroniques et la numérisation des flux de travail, en particulier dans les délégations;

7.

relève que le SEAE a informé l’autorité budgétaire de deux virements budgétaires conformément à l’article 29, paragraphe 1, du règlement financier et a effectué 11 virements autonomes conformément à l’article 29, paragraphe 4, pour une valeur totale de 55,7 millions d’EUR; relève que l’objectif principal des virements était d’augmenter de 18,97 millions d’EUR la ligne budgétaire 3 0 0 3 relative aux immeubles et aux frais accessoires dans les délégations et de 5,6 millions d’EUR la ligne budgétaire 3 0 0 1 relative au personnel externe et aux prestations externes dans les délégations; relève qu’à la suite des virements, le budget définitif du siège du SEAE s’élevait à 327,8 millions d’EUR et le budget définitif des délégations à 494,1 millions d’EUR;

8.

relève qu’en 2023, le SEAE a été confronté à des difficultés politiques et financières croissantes, ainsi qu’à des défis en matière de droits de l’homme et d’état de droit; constate que la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et ses conséquences géopolitiques ont continué d’être un problème majeur en 2023, ce qui a conduit le SEAE à apporter un large soutien à l’Ukraine, à exercer une pression sur la Russie et à poursuivre son action au niveau mondial pour faire face aux conséquences plus larges de la guerre, y compris la mise en œuvre du plan d’action sur les conséquences géopolitiques de l’agression russe contre l’Ukraine; salue le rôle joué par le SEAE dans la collecte de preuves à l’encontre d’organes et d’individus soutenus par l’État russe et sanctionnés par l’Union, et impliqués dans la désinformation et la manipulation de l’information pour justifier la guerre d’agression menée par la Russie; souligne la nécessité de doter la division «Communication stratégique et prospective» du SEAE de ressources suffisantes pour qu’elle puisse lutter efficacement contre les campagnes de désinformation déployées en tant qu’outils stratégiques par des régimes autoritaires et illibéraux; invite le SEAE à renforcer la présence des délégations de l’Union dans les pays du Partenariat oriental afin de soutenir les pays durement touchés par l’agression militaire de la Russie contre l’Ukraine; relève que le plafond financier de la facilité européenne pour la paix gérée sous l’autorité de la vice-présidente/haute représentante a été porté à plus de 12 millions d’EUR en 2023, contre 5,6 millions d’EUR auparavant; invite le SEAE à collaborer avec la direction générale de l’élargissement et du voisinage oriental afin d’assurer un contrôle et un suivi efficaces des projets financés par la facilité; fait observer que la reprise du conflit israélo-palestinien à la suite de l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 a obligé le SEAE à fournir des efforts diplomatiques intenses, à encourager les institutions de l’Union à demander instamment une désescalade régionale, à répondre aux besoins humanitaires et à soutenir les efforts de paix régionaux; souligne que l’aide de l’Union et du SEAE doit être mise en cohérence avec les grands objectifs poursuivis dans la région en matière de droits de l’homme et de paix et être assortie de garanties solides permettant de s’assurer que les fonds ne soutiennent pas, directement ou indirectement, des activités terroristes ou violentes; souligne que les financements de l’Union destinés à la reconstruction de Gaza ne devraient débuter qu’après la libération de tous les otages retenus par le Hamas; met l’accent sur l’importance de la transparence dans l’allocation des ressources financières dans les pays tiers afin de garantir le respect de l’obligation de rendre compte de l’utilisation du budget de l’Union et des nouveaux instruments financiers;

9.

invite instamment le SEAE à travailler en étroite collaboration avec la Commission afin de veiller à ce que la restitution intégrale du trésor national roumain, tout comme le patrimoine national d’autres États membres, figure à l’ordre du jour de toute action future éventuelle concernant la Fédération de Russie;

10.

rappelle qu’il y a eu des allégations d’implication de membres du personnel de l’UNRWA à Gaza dans les attentats terroristes perpétrés par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023; relève qu’à la suite de ces allégations, neuf membres du personnel ont vu leur contrat de travail officiellement résilié par l’UNRWA; souligne que la Commission collabore avec l’UNRWA pour améliorer les systèmes de contrôle, conformément aux recommandations du Bureau des services de contrôle interne (BSCI) des Nations unies, y compris l’analyse de la situation du personnel et le renforcement des cadres internes d’enquête et d’éthique; souligne que, dans le droit fil des préoccupations exprimées à plusieurs reprises par le Parlement au sujet de l’utilisation abusive du financement de l’Union, l’aide de l’Union ne devrait en aucun cas servir à financer le terrorisme; demande instamment une vigilance constante pour veiller à ce que l’argent du contribuable ne soit pas utilisé à mauvais escient; souligne l’importance des contrôles visant à garantir le respect des règles de l’Union et du droit international par les bénéficiaires de fonds de l’Union, ainsi que la nécessité de renforcer les mesures visant à éviter l’utilisation abusive du soutien financier de l’Union; encourage le SEAE à redoubler d’efforts pour préserver le financement de l’Union et à suivre la mise en œuvre des jalons définis dans l’accord conclu en avril 2024 entre Olivér Várhelyi, membre de la Commission européenne, et Philippe Lazzarini, commissaire général de l’UNRWA, qui comprend des dispositions relatives à la réalisation d’audits de l’Union et au renforcement de la surveillance interne au sein de l’UNRWA; souligne la nécessité pour l’Autorité palestinienne de rendre l’ensemble du matériel éducatif conforme aux normes de l’Unesco, en particulier en supprimant tout contenu comportant de l’antisémitisme ou une incitation à la violence; souligne que l’aide financière accordée par l’Union à l’Autorité palestinienne dans le domaine de l’éducation devrait être subordonnée au respect de ces normes; encourage le SEAE à soutenir les efforts diplomatiques visant à trouver une solution globale et durable au conflit israélo-palestinien et à tenir le Parlement informé de toute évolution dans la coopération de l’Union avec l’Autorité palestinienne;

11.

relève que, pour 2023, le SEAE a fait état d’importantes contraintes budgétaires, qui ont entraîné des coupes drastiques et une optimisation budgétaire afin de faire face à l’inflation dans les pays tiers, aux fluctuations des monnaies locales, à une hausse des prix, en particulier les coûts de location d’espaces de bureaux, les coûts liés à l’informatique et à la sécurité ainsi que les prix de l’énergie, en conséquence de quoi le SEAE a dû supporter des coûts de fonctionnement beaucoup plus élevés dans les pays étrangers, ce qui a à son tour eu des répercussions sur sa capacité à fonctionner efficacement et à remplir son devoir de sollicitude à l’égard du personnel affecté dans les délégations; déplore qu’en raison des pressions budgétaires, le SEAE ait reporté l’entretien des infrastructures, écarté ou annulé des dépenses en matière de sécurité dans les délégations et procédé à des réductions dans des postes budgétaires, telles que dans le budget consacré aux frais de missions et de représentation, aux fournitures de bureau et aux formations; déplore que, pour des raisons budgétaires, le SEAE ait dû donner la priorité à la participation du personnel à des missions d’observation électorale au détriment d’autres types de missions, telles que les missions de suivi; souligne la nécessité de mettre en place un service diplomatique de l’Union;

12.

relève qu’en 2023, le SEAE, tant à son siège que dans les délégations, a lancé au total 28 procédures ouvertes de passation de marchés publics, 27 procédures concurrentielles avec négociation, 14 procédures négociées sans publication préalable d’un avis de marché, 6 procédures restreintes et 2 procédures négociées pour des marchés de travaux de valeur moyenne, qui ont été couronnées de succès et ont abouti à l’attribution d’un marché dans 52 % des cas en moyenne; observe que les normes élevées et la complexité des règles de l’Union en matière de marchés publics pourraient être l’une des raisons qui expliqueraient le nombre relativement élevé de procédures de passation de marchés qui ont échoué, étant donné que l’application de ces règles pourrait poser de multiples problèmes aux soumissionnaires, en particulier dans les pays tiers; demande au SEAE d’enquêter sur les raisons qui expliquent le nombre relativement élevé de procédures de passation de marchés qui ont échoué et de proposer des solutions pour garantir leur mise en œuvre effective, tout en maintenant les normes fixées par l’Union; déplore que, pour les actions extérieures, les règles de passation de marchés aient été simplifiées lors de la refonte du règlement financier; souligne que les règles en matière de marchés publics visent à garantir que les projets financés respectent des normes élevées et ne sont pas exposés à la fraude; invite le SEAE à toujours s’efforcer de garantir le niveau de contrôle le plus élevé possible dans toute procédure d’appel d’offres; estime que la méconnaissance, dans les pays tiers, des normes élevées des règles de l’Union en matière de marchés publics ne doit jamais servir de prétexte ou d’excuse pour abaisser les exigences;

13.

se félicite que le nombre d’implantations communes des délégations de l’Union avec des États membres et d’autres partenaires de l’Union ait été de 138 à la fin de l’année 2023, soit 12 de plus qu’en 2022; relève que 42 des conventions d’implantation commune ont été conclues avec des États membres et des pays partenaires, 91 avec d’autres partenaires de l’Union, et que dans cinq cas, les délégations de l’Union étaient accueillies dans les locaux des partenaires; relève qu’en 2023, les implantations communes représentaient 8 % de la surface totale des bureaux dans les délégations de l’Union et concernaient plus de la moitié des délégations de l’Union (75), ce qui peut être considéré comme un exemple d’optimisation réussie de la gestion immobilière du SEAE, mais aussi comme un indicateur de l’intérêt accru des partenaires pour le partage de locaux dans les pays tiers et de l’importance des implantations communes dans les affaires diplomatiques;

14.

relève que le budget consacré aux missions s’élevait à 18 948 650 EUR en 2023, ce qui représente une augmentation limitée de 1,46 % par rapport à l’exercice précédent, dont l’objectif était de compenser la hausse des coûts due à l’inflation, mais qui était insuffisante par rapport à l’augmentation réelle des frais de voyage en 2023; déplore que le SEAE ne dispose pas d’une ligne budgétaire distincte pour les missions et les déplacements de la vice-présidente/haute représentante et que les frais de mission et de déplacement de la vice-présidente/haute représentante sont partagés entre le SEAE et la Commission en fonction de l’objet de la mission; relève enfin que, pour l’année 2023, le SEAE a versé 2 995,14 EUR pour six missions de la vice-présidente/haute représentante et que les frais de taxi aérien s’élevaient à 288 145 EUR, ce qui correspond à une baisse de 51 % par rapport au montant de 588 103 EUR en 2022; souligne que les dirigeants des institutions de l’Union devraient donner le bon exemple au public et aux citoyens, en particulier lorsqu’ils utilisent des ressources de l’Union dans l’exercice de leurs fonctions; souligne qu’il convient de choisir les options de vol sur la base de critères de bonne gestion financière, à condition que des solutions de substitution soient disponibles et qu’elles soient compatibles avec l’ordre du jour et le lieu de la réunion; souligne que la transparence et la bonne gestion financière des fonds publics de l’Union doivent rester un principe fondamental pour toutes les institutions de l’Union;

15.

souligne les répercussions négatives que les réductions pourraient avoir sur la mise en œuvre des instruments relatifs aux affaires extérieures, tels que l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale — L’Europe dans le monde (IVCDCI — L’Europe dans le monde) et la stratégie «Global Gateway»; souligne la nécessité de doter la division «Communication stratégique et prospective» du SEAE de ressources suffisantes pour qu’elle puisse continuer de lutter efficacement contre les campagnes de désinformation déployées en tant qu’outils stratégiques par des régimes autoritaires et illibéraux; se félicite à cet égard de l’annonce de la création du groupe spécial chargé de la communication stratégique et de la lutte contre la manipulation de l’information au sein de la direction générale de la communication de la Commission;

16.

demande instamment que le budget soit augmenté pour les actions de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) et d’autres instruments appropriés de paix, de réaction aux conflits et aux crises, ainsi que pour les protocoles en matière de technologies de l’information et de sécurité, afin d’adapter pleinement les activités et les capacités de l’Union aux enjeux et aux conflits actuels partout dans le monde;

Gestion interne, performances et contrôle interne

17.

relève qu’à la suite d’une réorganisation interne, le SEAE a créé, en octobre 2023, un nouveau service de gouvernance interne, composé de trois divisions chargées des inspections, de l’audit interne ainsi que de la planification, de l’établissement de rapports et du respect des règles, afin de permettre au SEAE d’assurer un meilleur niveau de responsabilité, d’améliorer la gestion et de renforcer le suivi des activités; se félicite qu’un comité de gouvernance interne ait également été mis en place pour garantir la cohérence des questions de gestion interne au sein du SEAE; relève en outre que le SEAE a créé la direction exécutive pour la paix, la sécurité et la défense (MD-PSD), la direction «Paix, partenariats et gestion de crise» et deux nouvelles divisions consacrées aux menaces hybrides et aux cybermenaces ainsi qu’à la sécurité maritime afin de mieux soutenir les travaux de l’Union en matière de sécurité et de défense;

18.

relève qu’en 2023, le service de gouvernance interne a réalisé un bilan de qualité des processus et des politiques de gouvernance; se félicite que, dans le cadre de ce processus, le SEAE ait mis à jour la charte du comité de suivi des audits et ait révisé son cadre de contrôle interne, son plan de gestion annuel et son cadre de gestion des risques;

19.

observe que, conformément au plan d’audit du SEAE pour 2023, trois audits ont été achevés en 2023, à savoir un audit sur la gestion du registre des exceptions et des cas de non-conformité et deux audits sur la gestion des salaires des agents locaux ainsi que le recrutement et la gestion des agents locaux et équivalents; relève en outre avec une profonde inquiétude qu’en raison d’une restructuration organisationnelle et de la rotation du personnel qui en a découlé au sein de la fonction d’audit interne, un audit planifié sur la sécurité n’a pas pu être lancé en 2023 et que cet audit sera réévalué dans le cadre de la préparation du plan stratégique d’audit interne pluriannuel 2025-2027; souligne qu’il importe de mener des audits internes de manière diligente et régulière; regrette vivement que 4 recommandations critiques et 49 recommandations très importantes liées à des audits achevés soient restées en suspens en 2023; demande que le Parlement soit informé de la mise en œuvre des recommandations;

20.

relève qu’en décembre 2023, la Cour a adopté son rapport final à la suite de son audit sur le rôle de coordination du SEAE, qui visait à évaluer l’efficacité de la coordination, notamment en ce qui concerne la gestion de l’information, les effectifs et les rapports, tant en interne qu’avec la Commission et le Conseil; constate qu’en 2023, des initiatives qui font écho à certaines recommandations d’audit étaient déjà en cours, comme l’envoi de lettres de mission aux ambassadeurs nouvellement nommés avant leur prise de fonctions et les efforts déployés par le SEAE depuis 2019 pour mettre en œuvre sa stratégie de gestion de l’information; invite le SEAE à mettre pleinement en œuvre les recommandations du rapport de la Cour des comptes afin de remédier aux faiblesses constatées dans la gestion de l’information, tant au sein de son siège et des délégations de l’Union dans les pays tiers qu’au sein du cabinet de la vice-présidente/haute représentante; demande que le Parlement soit tenu informé du suivi des recommandations de la Cour;

21.

relève que, sur la base des 26 inspections effectuées dans les délégations en 2023, la sécurité, les bâtiments et la charge administrative ont été définis comme les principaux défis qui attendent les délégations; note que le SEAE a mis en place des mesures de gestion des risques en matière de sécurité dans les délégations sur la base des normes internationales et des bonnes pratiques; relève qu’en 2023, le service d’inspection du SEAE a formulé cinq recommandations critiques, qui avaient toutes trait à la gestion de trois délégations; relève que, dans tous les cas, le suivi des recommandations s’est traduit par un contrôle et un soutien accrus de la part du siège du SEAE; se félicite de la boîte à outils mise au point par le SEAE pour réagir à des situations liées à la gestion interne;

22.

relève qu’en 2023, trois délégations de l’Union (en République centrafricaine, en Sierra Leone et en Syrie) ont émis des réserves dans leurs déclarations d’assurance qui concernaient principalement les lignes budgétaires opérationnelles gérées par la Commission; souligne que ces réserves n’ont pas eu d’incidence financière substantielle sur le budget administratif relevant de la responsabilité du SEAE;

23.

invite le SEAE et la Commission à travailler en étroite collaboration avec le bureau de liaison du Parlement européen à Washington et la délégation de l’Union aux États-Unis afin de dégager, financer et mettre en œuvre des initiatives tendant à renforcer les relations transatlantiques, dont des programmes d’échange de professionnels travaillant dans les services publics dans l’Union européenne comme aux États-Unis;

24.

demande au SEAE et aux délégations de l’Union d’intensifier le suivi de l’état de la démocratie dans différents pays et de renforcer le soutien logistique et technologique aux défenseurs des droits de l’homme et aux autochtones, en prêtant une attention particulière aux femmes;

25.

rappelle qu’il est essentiel de renforcer notre soutien aux droits de l’homme, à la démocratie et au développement dans les pays tiers par l’intermédiaire de l’IVCDCI — Europe dans le monde, car un monde de démocraties est un monde plus sûr; souligne qu’il conviendrait de continuer à augmenter les ressources allouées à la diplomatie numérique de l’Union dans le contexte actuel où les progrès technologiques sont rapides et où la concurrence géopolitique fait rage; soutient qu’en tant que priorités de l’Union, la «diplomatie verte» et la transition écologique doivent être renforcées à l’égard des pays tiers par l’intermédiaire de l’action extérieure de l’Union; souligne la nécessité pour le SEAE de jouer un rôle central dans la défense de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient, d’augmenter le financement pour assurer l’aide humanitaire au Liban, à Gaza et en Syrie, et de renforcer la surveillance des droits de l’homme; souligne la nécessité de soutenir financièrement les délégations du SEAE déployées au Moyen-Orient, dans les pays du Golfe et en Afrique, afin qu’elles puissent continuer à mener à bien l’action extérieure de l’Union dans la région;

26.

relève que, dans son rapport spécial 14/2023, la Cour a constaté des lacunes dans les méthodes utilisées par la Commission et le SEAE pour allouer des fonds aux pays partenaires et dans la mise en place du cadre de suivi, et a recommandé à la Commission et au SEAE d’améliorer notamment la méthode d’allocation des fonds et l’évaluation de l’impact du soutien apporté par l’Union, de cibler le champ d’application du processus de programmation et de simplifier et d’utiliser de manière cohérente les indicateurs dans les programmes indicatifs pluriannuels;

27.

se réjouit de la nomination du premier représentant spécial de l’Union pour la région du Golfe;

28.

souligne que les événements récents, en particulier l’invasion massive de l’Ukraine par la Russie et ses tentatives hostiles d’influencer les processus démocratiques en Europe, ainsi que l’instabilité croissante au Moyen-Orient, ont placé la politique étrangère de l’Union européenne et sa mise en œuvre à l’avant-plan des préoccupations des États membres et des institutions de l’Union; souligne le rôle central joué par le SEAE et ses délégations pour diriger la politique extérieure de l’Union et lutter contre la manipulation de l’information et l’ingérence étrangères; souligne l’importance du SEAE dans les relations de l’Union avec les 25 à 30 millions de citoyens européens vivant en dehors de l’Union; constate que le budget du SEAE, déjà structurellement sous-financé, a été excessivement pénalisé par rapport aux autres institutions de l’Union par les taux d’inflation plus élevés et la crise énergétique qui en a résulté à la suite de la guerre d’agression menée par la Russie en Ukraine, et est préoccupé par ces conséquences négatives pour le SEAE et les performances des institutions de l’Union, ainsi que par l’absence de mesures pour remédier à la situation budgétaire actuelle qui peut avoir de graves répercussions sur les relations de l’Union avec les pays tiers;

29.

se félicite du soutien indéfectible apporté à l’Ukraine, notamment par l’intermédiaire de la mission consultative civile de l’UE (EUAM Ukraine) et de la formation des soldats ukrainiens dans le cadre de la mission d’assistance militaire de l’UE (EUMAM);

30.

souligne que l’Union doit augmenter son financement de manière à renforcer la ligne budgétaire réservée à des actions de politique étrangère de l’Union spécifiquement consacrées à l’égalité entre les hommes et les femmes et au programme en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité, afin de garantir un financement cohérent des initiatives visant à promouvoir un leadership sensible au genre, à protéger les droits des femmes et à lutter contre les violences sexuelles et sexistes dans les situations de conflit et d’après-conflit; souligne que ce financement est essentiel pour soutenir les organisations locales de la société civile, apporter un soutien centré sur les survivants et intégrer les questions d’égalité entre les hommes et les femmes dans les efforts diplomatiques et de sécurité de l’Union;

31.

souligne que le troisième plan d’action sur l’égalité entre les femmes et les hommes prévoit que 85 % des nouvelles initiatives de l’Union doivent contribuer à l’égalité entre les femmes et les hommes et à l’autonomisation des femmes et des filles; demande au SEAE d’accélérer les progrès vers la réalisation des objectifs du troisième plan d’action sur l’égalité entre les hommes et les femmes (GAP III), en se concentrant de manière significative, dans ses travaux quotidiens, sur les principaux domaines d’action dudit plan, notamment l’élimination des violences sexistes et la promotion de la santé et des droits sexuels et génésiques, des droits et de l’émancipation socio-économiques ainsi que de l’égalité en matière de participation et d’exercice de responsabilités; note que ce plan expirera en 2027 et invite instamment le SEAE à en élaborer un quatrième, plus ambitieux, qui garantira un lien plus étroit entre les droits et l’émancipation des femmes et la politique étrangère et de sécurité de l’Union, et sera prêt à être mis en œuvre à partir de 2028;

32.

souligne l’extrême vulnérabilité des enfants dans le monde, en particulier dans les conflits armés; se déclare très préoccupé par les dizaines de milliers d’enfants qui ont été touchés par des conflits armés dans le monde entier et qui ont subi des abus odieux et des violations de leurs droits les plus fondamentaux en 2023; invite le SEAE à placer les droits de l’enfant au centre de ses préoccupations;

33.

rappelle la situation désastreuse des droits des femmes et des droits des personnes LGBTQI+ dans de nombreuses régions du monde; souligne l’urgence de mieux protéger ces droits; souligne le rôle central du SEAE dans la défense des droits de l’homme dans le monde; invite le SEAE à redoubler d’efforts à cet égard;

34.

considère la mission d’observation électorale comme un instrument de politique étrangère pratique et efficace qui reste au cœur des politiques et stratégies de soutien à la démocratie de l’Union; demande à l’Union d’assurer des ressources suffisantes aux missions d’observation électorale de l’Union, en vue de les étendre également aux élections dans les pays candidats et les pays voisins;

Ressources humaines, égalité et bien-être du personnel

35.

note qu’à la fin de l’année 2023, le taux d’occupation des postes inscrits au tableau des effectifs s’élevait à 96,7 %; relève que le SEAE employait au total 2 812 membres du personnel, dont 1 245 fonctionnaires, 450 agents temporaires, 603 agents contractuels et 514 experts nationaux détachés; relève que, sur le nombre total de fonctionnaires et d’agents temporaires employés par le SEAE, que ce soit au siège ou dans les délégations, 62,5 % étaient des administrateurs, 32,8 % étaient des assistants et 4,8 % étaient des secrétaires;

36.

relève que 5 252 personnes au total travaillaient au SEAE à la fin de l’année 2023, employées soit directement par le SEAE, soit par l’intermédiaire de contractants externes, et que parmi ces personnes, 46,2 % travaillaient au siège du SEAE et 53,8 % dans les délégations; relève que, sur le nombre total de personnes travaillant au SEAE, 46,5 % étaient des agents non statutaires ou des contractants externes; constate que la majeure partie des collaborateurs externes employés par un contractant externe mais travaillant dans les locaux du SEAE fournissent des services dans les domaines des technologies de l’information, de la sécurité et de la sûreté ainsi que des soins médicaux;

37.

relève qu’en 2023, le SEAE a reçu 36 équivalents temps plein de la part de l’autorité budgétaire, dont 31 agents contractuels et cinq experts nationaux détachés dont les frais sont partagés; constate que les ressources supplémentaires ont été allouées aux fonctions de gestion des crises, à la mise en œuvre de la boussole stratégique et à d’autres priorités du SEAE; relève qu’à la fin de l’année 2023, le SEAE s’est vu attribuer une aide supplémentaire de 20 experts nationaux détachés sans frais pour les structures de la capacité militaire de planification et de conduite;

38.

relève qu’à la fin de l’année 2023, le personnel statutaire du SEAE comptait 52,7 % d’hommes et 47,3 % de femmes, ce qui reflète une légère augmentation de la représentation des femmes par rapport à 2022, où 46,8 % du personnel étaient des femmes; se félicite des progrès modestes accomplis en matière d’équilibre femmes-hommes au sein de l’encadrement supérieur, où la représentation des femmes est passée de 6,3 % en 2022 à 7,6 % en 2023, et dans l’encadrement intermédiaire, où elle est passée de 30,1 % en 2022 à 30,4 % en 2023; invite le SEAE à intensifier ses efforts pour parvenir à un meilleur équilibre, plus visible, entre les femmes et les hommes à tous les niveaux de l’organisation;

39.

se félicite de la publication du rapport à mi-parcours relatif à la mise en œuvre du plan d’action de l’Union sur l’égalité entre les hommes et les femmes (GAP III) par la vice-présidente/haute représentante et la Commission fin 2023, ainsi que de la décision de prolonger sa durée jusqu’en 2027 afin de l’aligner sur le cadre financier pluriannuel (CFP); reconnaît l’importance du GAP III dans la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes en tant que priorité stratégique de l’action extérieure de l’Union et dans le renforcement de son rôle dans ce domaine; se félicite de l’organisation, fin 2023, par l’équipe de l’ambassadrice pour le genre et la diversité, des premières formations sur le leadership sensible à la dimension de genre à l’intention du personnel d’encadrement supérieur;

40.

se félicite du premier rapport du SEAE sur les activités de manipulation de l’information et d’ingérence étrangères ciblant les personnes LGBTIQA+, qui vise à améliorer la compréhension des tactiques de manipulation de l’information et d’ingérence étrangères et à favoriser la coopération, y compris avec l’ENISA, afin de protéger la communauté LGBTIQA+; exprime son inquiétude face à la situation des droits des personnes LGBTIQ+ dans le monde et à l’opposition croissante à l’égalité femmes-hommes, aux droits des femmes et à la santé et aux droits sexuels et génésiques dans les pays en développement; invite la Commission et le SEAE à remédier à ces revers et à donner la priorité au soutien ciblé aux organisations de la société civile qui défendent ces droits;

41.

relève que, dans sa décision adoptée en juillet 2023, la vice-présidente/haute représentante a précisé que la durée maximale de l’engagement par le SEAE d’agents temporaires et contractuels était de huit ans sur une période de référence de 13 ans ou, dans des circonstances exceptionnelles et dans l’intérêt du service, de dix ans sur une période de référence de 15 ans, et que le laps de temps minimal entre les engagements successifs d’agents temporaires détachés par les services diplomatiques nationaux des États membres était de deux ans à compter de la fin de leur dernier contrat;

42.

relève qu’à la fin de l’année 2023, sur 1 695 fonctionnaires et agents temporaires, 863 (51 %) étaient des hommes et 832 (49 %) étaient des femmes, ce qui est légèrement plus paritaire qu’en 2022; relève que 57,4 % des agents contractuels étaient des femmes, ce qui représente une légère augmentation par rapport à 2022; regrette toutefois que les femmes soient toujours nettement sous-représentées aux postes supérieurs, tant au siège que dans les délégations, alors qu’elles sont surreprésentées principalement aux postes de grade AST; invite le SEAE à publier les informations relatives au genre et à la nationalité de ses salariés occupant des postes de cadres moyens et de cadres supérieurs; demande au SEAE d’aborder cette question, tout en respectant les compétences et les mérites des candidats; se félicite qu’à l’issue de l’exercice de rotation 2023, 42 postes d’encadrement aient été affectés aux délégations et que le nombre d’ambassadrices ait augmenté de 12 %, la part de femmes parmi les ambassadeurs étant passée de 31,70 % à 35,5 % en 2023, mais souligne que les femmes restent sous-représentées à ces postes;

43.

observe que, bien que tous les États membres soient représentés au sein du personnel du SEAE, d’importants déséquilibres persistent, la Belgique étant l’État membre le plus surreprésenté, puisque 12,1 % de l’ensemble du personnel employé par le SEAE est belge; souligne qu’un déséquilibre géographique important se marque également entre les États membres occidentaux et orientaux; fait également observer que, parmi les cadres, l’Italie est l’État membre le plus surreprésenté, 15 % de l’ensemble des postes d’encadrement étant occupés par des Italiens; observe que trois États membres (Hongrie, Luxembourg et Malte) n’ont toujours pas de ressortissant parmi les 141 ambassadeurs de l’Union, tandis que les cinq pays qui en comptent le plus [France (22), Espagne et Italie (16), Allemagne (12) et Belgique (10)] occupent 54 % de tous les postes d’ambassadeurs; demande une nouvelle fois fermement au SEAE de garantir un bon équilibre géographique dans l’ensemble de son organisation et à tous les niveaux; se déclare une nouvelle fois préoccupé par l’équilibre entre les femmes et les hommes; note que les femmes sont nettement sous-représentées aux postes supérieurs, alors qu’elles sont surreprésentées principalement aux postes de grade AST; invite le SEAE à publier les informations relatives au genre et à la nationalité de ses salariés occupant des postes de cadres moyens et de cadres supérieurs; demande au SEAE d’aborder cette question, tout en respectant les compétences et les mérites des candidats;

44.

relève qu’un exercice de rotation majeur concernant 52 postes d’encadrement dans les délégations a été organisé en 2023; salue les efforts déployés par le SEAE pour sensibiliser les États membres à la nécessité d’attirer un large éventail de candidats pour les postes publiés et de proposer des candidats qualifiés pour les postes d’ambassadeurs de l’Union;

45.

relève avec satisfaction qu’en 2023, le SEAE a adopté son programme pour la diversité et de l’inclusion 2023-2025, un plan d’action détaillé visant à promouvoir un environnement de travail sûr et respectueux et une stratégie de tolérance zéro à l’égard du harcèlement; observe que les représentants du personnel, les associations du personnel et le comité paritaire pour l’égalité des chances, rebaptisé «comité paritaire pour la diversité et l’inclusion», ont été consultés au sujet de ces deux documents; constate que le plan d’action prévoit des mesures préventives de lutte contre le harcèlement, telles qu’une formation obligatoire en ligne à l’intention de tous les membres du personnel intitulée «Reconnaître le harcèlement au travail et agir» et une formation obligatoire pour le personnel d’encadrement intitulée «Comment créer un environnement de travail exempt de harcèlement»; invite le SEAE à continuer de former régulièrement le personnel (cadre et non-cadre) sur les questions de diversité, d’équité, d’inclusion et d’appartenance;

46.

constate avec inquiétude qu’en 2023, le SEAE a reçu trois demandes d’assistance relatives à des allégations de harcèlement moral impliquant deux fonctionnaires, qui ont donné lieu à deux enquêtes administratives, dont l’une est toujours en cours et l’autre a été conclue par une sanction disciplinaire; relève que, dans le cadre de la procédure informelle, le service de médiation du SEAE a traité 28 affaires concernant des allégations de harcèlement moral et 10 affaires de harcèlement sexuel et que les personnes de confiance ont traité 21 affaires d’allégations de harcèlement moral et 6 affaires de harcèlement sexuel en 2023; constate qu’en 2023, le SEAE a élaboré une décision relative à la lutte contre le harcèlement à l’attention du personnel local dans les délégations, adoptée en juin 2024; prend acte des efforts déployés par le SEAE pour renforcer ses politiques de lutte contre le harcèlement, y compris la mise en place de modules d’apprentissage en ligne obligatoires pour sensibiliser son personnel à cette question et la création d’une task-force «Convention d’Istanbul» chargée de définir des mesures visant à garantir un lieu de travail plus sûr pour tous; se déclare toutefois vivement préoccupé par le nombre toujours élevé de cas de harcèlement; invite le SEAE à mettre en œuvre des mesures de prévention plus fortes, un soutien aux victimes et des mesures disciplinaires strictes afin de garantir une tolérance zéro à l’égard du harcèlement et un environnement de travail sûr;

47.

fait observer qu’en 2023, le SEAE a pris plusieurs mesures pour garantir le bien-être physique et mental de son personnel, y compris un bilan de santé systématique pour l’ensemble du personnel avant l’affectation dans une délégation, un soutien psychologique et des actions de sensibilisation; relève qu’en octobre 2023, deux décisions sur le temps de travail et les modalités de travail flexibles ont été adoptées, à la suite de quoi l’horaire flexible est devenu le régime de temps de travail par défaut au siège du SEAE et dans les délégations pour l’ensemble du personnel, à l’exception du personnel d’encadrement; note en outre que ces décisions autorisent le télétravail jusqu’à deux jours par semaine au siège du SEAE, un jour par semaine dans les délégations et dix jours par an en dehors du lieu d’affectation pour l’ensemble du personnel; relève que le télétravail exceptionnel pendant une période plus longue est resté possible en cas de crise, pour des raisons médicales ou pour d’autres raisons impératives;

48.

est préoccupé par le fait que le nombre de membres du personnel du SEAE en congé de maladie de longue durée pendant plus de 50 jours est passé de 111 en 2022 à 171 en 2023, soit une augmentation de 54 %; relève que le service médical a mis en œuvre plusieurs mesures visant à prévenir le risque d’épuisement professionnel, telles que le recrutement d’un psychiatre en décembre 2023 et un suivi plus systématique des congés de maladie par le service médical, l’accompagnement et l’encadrement psychologiques tant du personnel que de l’équipe d’encadrement, des activités de sensibilisation ainsi que la création d’un réseau de secouristes en santé mentale; souligne la nécessité pour le personnel d’encadrement de garantir une répartition équitable des tâches, d’appliquer les orientations et de mettre en œuvre des formules de travail flexibles; invite le SEAE à adopter une approche proactive pour prévenir les maladies de longue durée et l’épuisement professionnel et à faire du bien-être mental de son personnel une priorité en prenant des mesures de soutien efficaces;

49.

prend acte du fait qu’en raison de contraintes budgétaires, le nombre de stagiaires a été réduit; demande au SEAE de fournir des informations sur les conditions de travail et la rémunération des stagiaires au siège et dans les délégations;

Cadre éthique et transparence

50.

relève qu’en 2023, le SEAE a amélioré son cadre éthique en publiant de nouvelles instructions visant à interdire ou à limiter les missions dont les frais sont partiellement ou totalement payés par des sources externes afin d’éviter les risques de conflits d’intérêts et en envoyant un rappel concernant l’éthique à l’ensemble du personnel; constate que le SEAE s’est également concentré sur l’organisation de formations spécifiques sur l’éthique, les conflits d’intérêts, le contrôle interne et la lutte contre la fraude destinées et adaptées à différents publics au siège du SEAE et dans les délégations; relève en outre que les 16 «principes du comportement professionnel» adoptés en 2022 ont continué d’être communiqués aux nouvelles recrues et d’être largement promus, en particulier dans les formations consacrées à l’éthique et à l’intégrité ainsi qu’à la politique de lutte contre le harcèlement; demande au SEAE de tenir le Parlement informé de toute nouvelle évolution de son cadre éthique; invite le SEAE à dispenser régulièrement des formations obligatoires sur l’éthique, y compris l’utilisation éthique de l’IA, et sur l’obligation de rendre des comptes;

51.

se félicite qu’en octobre 2023, le SEAE ait adopté une nouvelle stratégie antifraude, applicable à l’ensemble du personnel au siège du SEAE et dans les délégations, qui résulte d’un processus d’examen approfondi des risques liés à la fraude et qui a été officiellement approuvée par l’OLAF; se félicite que le SEAE ait consacré des efforts particuliers à la formation et à l’orientation du personnel, notamment par l’intermédiaire de la cellule antifraude créée en décembre 2022; constate que le personnel du SEAE en poste dans les délégations de l’Union a participé activement à une série d’ateliers et de séminaires sur la sensibilisation à la fraude et la prévention de celle-ci, que le personnel nouvellement affecté à une délégation de l’Union a systématiquement reçu une formation sur ces questions avant de prendre ses fonctions et que la page intranet relative à la lutte contre la fraude a été remaniée dans le but de faciliter le signalement des cas de fraude potentiels et de proposer un éventail plus large de possibilités de formation en matière de lutte contre la fraude; demande au SEAE de dispenser régulièrement des formations obligatoires de sensibilisation et de prévention à la fraude pour l’ensemble du personnel;

52.

relève que le SEAE n’a reçu aucun dossier de dénonciation de dysfonctionnements en 2023; constate avec satisfaction qu’en 2023, le SEAE a commencé à élaborer une politique spécifique de protection des lanceurs d’alerte, conformément à la nouvelle stratégie antifraude; demande que le Parlement soit tenu informé de son adoption, prévue pour 2025, et de sa mise en œuvre dans l’ensemble du service;

53.

relève qu’en 2023, le SEAE a reçu cinq déclarations de conflits d’intérêts, qui ont été traitées conformément aux règles applicables; fait remarquer que, dans une affaire concernant un membre d’un comité d’évaluation dans le cadre d’une procédure de passation de marché, l’ordonnateur subdélégué a conclu à l’existence d’un conflit d’intérêts potentiel et a dispensé le membre du personnel concerné de ses fonctions de membre du comité d’évaluation;

54.

constate avec inquiétude que l’OLAF a ouvert huit enquêtes en 2023, qui sont toujours en cours, concernant des fautes potentielles dans le cadre de procédures de passation de marchés et d’exécution de marchés et de conventions de subvention ou des irrégularités potentielles en matière de ressources humaines; relève que les dossiers en cours en 2023 concernaient des fonctionnaires, des agents temporaires et des agents locaux tant au siège du SEAE que dans les délégations; demande que le Parlement soit tenu informé de la suite donnée à ces enquêtes; relève que huit affaires plus anciennes impliquant des agents actuels et anciens ont été closes et que des recommandations de mesures supplémentaires ont été formulées dans cinq de ces affaires; relève que le SEAE est en contact régulier avec l’OLAF par l’intermédiaire de sa cellule antifraude et qu’il assure le suivi en temps utile des recommandations formulées par l’OLAF; demande que le Parlement soit tenu informé de la mise en œuvre des recommandations;

55.

relève qu’en 2023, le SEAE a traité dix demandes de la Médiatrice européenne, dont neuf étaient liées à des dossiers administratifs et une à l’accès aux documents; prend note du fait que la Médiatrice n’a constaté aucune mauvaise pratique administrative, partielle ou totale, et n’a adressé aucune recommandation au SEAE;

56.

prend acte de toutes les activités entreprises pour sensibiliser le public aux activités extérieures; rappelle la demande du Parlement d’adopter des dispositions d’application autonomes relatives aux activités et aux mandats extérieurs, afin de protéger l’image et la réputation de l’Union, en particulier dans le cas des chefs de délégation;

57.

relève qu’en sa qualité de vice-présidente de la Commission, la vice-présidente/haute représentante est liée par les règles du registre de transparence; souligne que le SEAE, sans être une institution au sens de l’article 13 du traité sur l’Union européenne (traité UE) ni participer directement au processus législatif, joue toutefois un rôle important dans la législation de l’Union en ce qui concerne les décisions de sanctions et la négociation d’accords commerciaux internationaux, qui ont une incidence réglementaire considérable; jugerait particulièrement pertinent que le SEAE adopte des mesures de transparence, les notifie au conseil d’administration du registre de transparence et adhère au registre; invite le SEAE, dans une optique de transparence, à publier la liste de toutes les réunions tenues avec des groupes d’intérêts en tout genre, y compris celles auxquelles prennent part les chefs de délégations de l’Union; demande que le Parlement soit tenu informé de toute nouvelle initiative prise par le SEAE en faveur de la transparence; rappelle qu’il importe de renforcer davantage le contrôle démocratique de l’Union et de défendre des normes élevées en matière de responsabilité et de transparence dans les relations avec les organisations de la société civile; demande aux délégations de l’Union de veiller à ce que les fonds de l’Union accordés aux organisations de la société civile et aux partenaires sociaux dans les pays tiers soient utilisés conformément aux valeurs, aux politiques et aux règles financières de l’Union;

58.

prie instamment le SEAE d’adhérer au registre de transparence de l’Union afin d’aligner ses pratiques sur celles du Parlement et de la Commission, en veillant à ce que toutes les informations sur les activités de lobbying et les intérêts financiers liés aux questions de défense et de diplomatie soient rendues publiques;

Numérisation, cybersécurité et protection des données

59.

relève que les dépenses pour les projets informatiques, les équipements informatiques et la cybersécurité sont passées de 19,7 millions d’EUR en 2022 à 29,9 millions d’EUR en 2023, soit une augmentation de 52 %; constate qu’en 2023, le SEAE a lancé d’importants projets de numérisation, tels que sa plateforme collaborative «HIVE» pour tous les utilisateurs au siège et dans les délégations, et qu’il a déployé son système d’information et de communication classifié (EC3IS) au siège du SEAE, avant son déploiement progressif dans les délégations sensibles et son interconnexion avec les systèmes correspondants à la Commission et au Conseil;

60.

fait observer qu’en 2023, le SEAE a commencé à héberger et à contrôler un environnement d’IA afin de mettre en place un modèle complet de gouvernance de l’IA; relève que cette étape technique a posé les jalons de l’adoption de lignes directrices sur l’utilisation de l’IA générative et d’une stratégie en matière d’IA en 2024, ainsi que de la réalisation de validations de principe; demande que le Parlement soit tenu informé de l’évolution de la stratégie en matière d’IA;

61.

relève que, dans le cadre de la mise en œuvre de la boussole stratégique en matière de sécurité et de défense adoptée en 2022, le SEAE a participé à l’adoption des principaux documents stratégiques et boîtes à outils relatifs, entre autres, à la cyberdéfense, à la cyberdiplomatie, aux menaces hybrides, à l’ingérence étrangère et à la manipulation de l’information; observe qu’en interne, le SEAE a continué d’améliorer ses capacités en matière de cybersécurité grâce au recrutement de personnel spécialisé et a poursuivi son offre d’activités de sensibilisation à la cybersécurité à différents publics, y compris l’équipe de gestion de la sécurité, les membres des délégations, les nouveaux arrivants et le personnel d’encadrement; demande au SEAE de dispenser régulièrement des formations obligatoires à la cybersécurité à l’ensemble du personnel; demande aussi que l’Union renforce son soutien à la Moldavie dans la lutte contre la désinformation, les menaces hybrides et les cyberattaques; invite la délégation de l’Union en Moldavie à redoubler d’efforts pour promouvoir une stratégie de communication plus volontariste et plus efficace axée sur la perspective européenne, y compris des campagnes d’information en langue russe;

62.

salue la mise en place de la mission de partenariat de l’Union en Moldavie (EUPM Moldova); souligne le rôle essentiel de cette mission et demande à l’Union et à ses États membres de prolonger le mandat de la mission au-delà de mai 2025 tout en augmentant les ressources afin de renforcer son efficacité;

63.

relève avec inquiétude qu’en 2023, le SEAE a enregistré plus de 29 623 cyberalertes via le système de gestion des informations et des événements de sécurité (SIEM) et qu’il a été confirmé que 92 d’entre elles concernaient des cyberattaques; constate que quatre cyberattaques ont eu une incidence sur les activités du SEAE et qu’une seule cyberattaque a eu des conséquences importantes; met en garde contre le fait que le SEAE est une cible très probable pour les acteurs dotés de ressources importantes, y compris ceux soutenus par des États étrangers, qui cherchent à perturber les institutions de l’Union; fait remarquer que le centre d’opérations de sécurité du SEAE est un acteur clé dans la gestion de la surveillance des menaces en temps réel et de l’identification des vulnérabilités des systèmes; demande au SEAE de continuer de considérer les actions visant à promouvoir la cyberdiscipline auprès des utilisateurs et à les sensibiliser à la cybersécurité comme des éléments indispensables de son cadre de cybersécurité; souligne qu’il importe que le SEAE continue de donner la priorité à la cybersécurité et à l’atténuation des menaces hybrides, tout en collaborant étroitement avec les autres institutions de l’Union et les États membres pour recenser et contrer ces menaces;

64.

relève que le SEAE a donné suite à une enquête du Contrôleur européen de la protection des données en 2023 ouverte dans le cadre d’une demande d’un membre du personnel concernant la publication de ses données à caractère personnel dans le répertoire en ligne de l’Union; constate qu’une affaire pendante depuis 2018 a été traitée en 2023 et close en 2024 avec un résultat positif pour le SEAE; prend acte des activités de sensibilisation et des orientations du SEAE pour garantir des conditions de concurrence équitables dans le domaine de la protection des données dans l’ensemble de son réseau, notamment le guide commun sur l’utilisation d’outils d’IA de tiers dans la double perspective de la protection des données et de la cybersécurité;

65.

relève que la lutte contre la manipulation de l’information et l’ingérence étrangères est restée une priorité pour le SEAE en 2023; se félicite que la boîte à outils relative aux activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger ait été approuvée par le Conseil européen en décembre 2023 sur la base des piliers que sont l’appréciation de la situation, le renforcement de la résilience, la réponse aux perturbations et les réponses diplomatiques; observe qu’en 2023, le SEAE a renforcé sa capacité d’analyse afin de recueillir des preuves de cas de manipulation de l’information et d’ingérence étrangères et d’élaborer des réponses au nombre croissant d’incidents et de menaces, en particulier dans la perspective des élections européennes de 2024; relève que le SEAE a également lancé de nouveaux projets phares visant à sensibiliser le public à la désinformation russe et à lutter contre celle-ci, tels que l’initiative EUvsDisinfo, qui a touché environ 20,3 millions de personnes en 2023, et à créer des partenariats durables pour lutter contre la manipulation de l’information et l’ingérence étrangères à l’échelle mondiale; invite le SEAE, en collaboration avec la Commission, à consacrer des ressources suffisantes pour lutter efficacement contre les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger; soutient l’engagement pris de mettre en place un «bouclier européen de la démocratie» pour détecter, suivre et supprimer les contenus en ligne trompeurs, améliorant ainsi la capacité de l’Union à lutter contre la manipulation de l’information et l’ingérence étrangères et renforçant son soutien à la protection des démocraties dans les pays tiers, en particulier dans le voisinage de l’Union; invite le SEAE et les délégations de l’Union dans les pays tiers à renforcer leurs capacités respectives de lutte contre la désinformation et la propagande liées à la PESC de l’Union; invite le SEAE à intensifier ses efforts pour donner aux citoyens de toute l’Union les moyens de lutter contre la manipulation de l’information et l’ingérence étrangères;

Bâtiments et sécurité

66.

relève qu’au cours de l’année 2023, la ligne budgétaire 3 0 0 3 consacrée aux immeubles et aux frais accessoires a été renforcée de 19 millions d’EUR, mais que d’importants travaux d’entretien ont néanmoins été reportés; est vivement préoccupé par le fait que l’accumulation des besoins en matière d’entretien et de sécurité pose des difficultés importantes au SEAE en ce qui concerne la manière de gérer efficacement et en toute sécurité le réseau des délégations et de remplir son devoir de sollicitude à l’égard du personnel des délégations; demande au SEAE d’élaborer des plans d’urgence pluriannuels pour la sécurité et l’entretien des bâtiments;

67.

relève que le SEAE occupe et gère des biens immobiliers sur une surface d’environ 87 618 m2 au siège du SEAE et de 379 300 m2 ailleurs dans le monde, qui comprennent 174 immeubles de bureaux et 152 résidences pour les ambassadeurs; constate qu’en 2023, le SEAE a présenté à l’autorité budgétaire un document de travail exposant sa politique d’achat, dans le cadre de laquelle 22 % des immeubles de bureaux et 20 % des résidences pour les ambassadeurs ont jusqu’ici été acquis, qui vise une utilisation optimale des ressources;

68.

relève que la politique d’achat de biens immobiliers pour les délégations de l’Union d’avril 2023 et le document de travail sur la politique immobilière du SEAE pour 2024 visent à parvenir à la solution à long terme la plus avantageuse pour le budget de l’Union; souligne qu’aucun de ces documents ne contient de propositions ayant trait à la réduction du nombre de délégations ou à la création de pôles régionaux; prie instamment le SEAE de tenir le Parlement informé de toute évolution future éventuelle en ce sens;

69.

invite le SEAE à continuer de doter son important réseau de délégations dans le monde entier d’effectifs suffisants afin d’améliorer sa capacité à dialoguer avec les pays tiers;

70.

relève avec inquiétude que ces réductions budgétaires pourraient entraîner des fermetures excessives d’ambassades de l’Union et le report des installations de sécurité dans un certain nombre de délégations de l’Union, entravant la capacité du SEAE à remplir son mandat, à défendre les valeurs de l’Union et à assumer correctement son devoir de diligence à l’égard de l’ensemble du personnel des délégations; invite instamment les États membres à financer suffisamment le SEAE et la Commission pour que l’Union maintienne intact son réseau de délégations, signe de son engagement à l’échelle mondiale;

71.

fait remarquer que, depuis 2020, le SEAE développe sa politique de gestion des bureaux en faveur de concepts de bureau collaboratifs et flexibles, tant à son siège que dans les délégations; relève que le SEAE a commencé à rénover le complexe immobilier Schuman, en commençant par les sixième et septième étages, en vue de parvenir à une utilisation plus efficace des espaces de bureaux; prend en outre acte de l’achèvement du centre de réaction aux crises du SEAE dans le bâtiment Schuman en 2023; relève que, dans les délégations, le concept d’espace collaboratif a été mis en œuvre dans les nouveaux locaux de six délégations;

72.

se félicite que le SEAE s’attache à rendre ses bâtiments accessibles aux personnes handicapées et à mobilité réduite; relève que le bâtiment Belmont à Bruxelles satisfait déjà aux exigences légales relatives aux bâtiments accessibles et que la rénovation du complexe immobilier NEO répond également aux besoins des utilisateurs handicapés et à mobilité réduite; se félicite que, pour les délégations, les procédures de sélection du SEAE prévoient que l’accessibilité constitue un critère de sélection essentiel pour les nouveaux bâtiments de bureaux;

Environnement et durabilité

73.

se félicite qu’en 2023, le SEAE ait poursuivi la mise en œuvre du système de management environnemental et d’audit (EMAS/SME), notamment en créant un comité directeur «Environnement» et en adoptant une politique environnementale ainsi qu’une stratégie de communication pertinente qui souligne l’engagement du SEAE en faveur de la durabilité environnementale dans la gestion immobilière; fait observer que le comité directeur EMAS a travaillé sur de nouveaux objectifs en 2023, qui visent à réduire encore l’empreinte carbone d’ici à 2030; relève que les mesures approuvées comprennent une réduction de 35 % de la consommation de gaz naturel, une réduction de moitié de la consommation de papier et d’eau ainsi que de la production de déchets, une augmentation de la part des vols de courte à moyenne distance en classe économique pour les missions et une meilleure utilisation des marchés publics écologiques;

74.

se félicite que le SEAE ait commencé à intégrer des clauses de durabilité dans les nouveaux accords d’implantation commune, qui prévoient des actions obligatoires et des pratiques volontaires; relève que, en ce qui concerne les accords d’implantation commune déjà en vigueur, plutôt que d’inclure des clauses explicites de durabilité environnementale, ces accords mentionnent comme principe général que tout partenaire bénéficiant de l’implantation commune respecte les procédures et pratiques applicables dans le contexte local des immeubles de bureaux de l’Union;

75.

fait observer qu’en 2023, le SEAE a poursuivi ses travaux sur la mise en œuvre d’une politique visant à rendre les déplacements domicile-travail plus écologiques et les missions du personnel plus durables, ce qui a conduit à l’adoption de mesures importantes en 2024, telles que l’augmentation du taux de remboursement pour les abonnements de transports en commun à 90 % pour tous les membres du personnel qui renoncent à l’accès aux parkings et l’objectif de parvenir à ce qu’au moins 60 % des kilomètres parcourus en avion dans le cadre de missions le soient en classe économique;

76.

souligne l’importance d’un engagement politique fort, d’effets de levier au niveau bilatéral et d’une diplomatie publique et culturelle afin de promouvoir les valeurs de l’Union et de lutter contre la désinformation; souligne qu’il est nécessaire de disposer d’un service pour l’action extérieure solide et résilient qui soit doté d’une direction politique claire afin de relever les défis actuels et d’assurer la cohérence de la politique étrangère de l’Union; invite instamment les délégations de l’Union à renforcer le soutien aux véritables acteurs démocratiques et à la société civile dans les Balkans occidentaux, tout en condamnant fermement et publiquement les actions d’acteurs illibéraux et non démocratiques qui vont à l’encontre des intérêts de l’Union, et à veiller à ce que la mise en œuvre du financement de l’instrument d’aide de préadhésion (IAP III) soit conforme aux objectifs de l’Union; invite les délégations de l’Union présentes dans la région à adopter une approche plus crédible et davantage fondée sur le mérite, s’appuyant sur les critères de Copenhague, notamment en ce qui concerne l’état de droit, la démocratie et la protection des droits de l’homme, compte tenu notamment des progrès limités accomplis par certains pays des Balkans occidentaux;

77.

se félicite de l’excellente coopération du SEAE avec des instances telles que l’OLAF, le Parquet européen, la Cour et le CEPD, qui s’est traduite par des réunions et des échanges d’informations réguliers; prend acte de la conclusion d’accords de travail spécifiques en juin 2024; invite toutefois le SEAE à institutionnaliser la coopération structurée avec ces instances et à mettre ainsi en place des mécanismes systématiques de détection de la fraude pour le financement de l’action extérieure de l’Union, en particulier dans les zones de conflit à haut risque et les États fragiles;

Coopération interinstitutionnelle

78.

observe qu’en 2023, le Parlement, le Conseil et le SEAE ont poursuivi leurs discussions techniques concernant le remplacement de l’accord institutionnel de 2002 entre le Parlement et le Conseil dans le domaine de la politique étrangère et de sécurité commune; déplore qu’une seule réunion technique ait eu lieu en 2023, à l’issue de laquelle le Conseil n’est pas parvenu à un accord sur les solutions de compromis proposées;

79.

relève qu’en 2023, le SEAE a entamé le processus de négociation d’un accord de travail avec le Parquet européen, qui a été signé en 2024; observe que cet accord de travail tient compte du contexte particulier dans lequel le SEAE exerce ses activités et met l’accent sur la protection des informations, la confidentialité des informations et la protection de l’immunité du personnel;

80.

relève que, dans son budget 2023, le SEAE a affecté 990,5 millions d’EUR à un projet pilote qui vise à instituer l’Académie diplomatique européenne, dans le cadre duquel 50 jeunes diplomates des États membres et des institutions de l’Union seront formés aux politiques étrangères et de sécurité de l’Union dans le but de créer un véritable corps diplomatique de l’Union chargé de promouvoir la politique étrangère et les intérêts extérieurs de l’Union; encourage cette initiative, qui constitue un pas vers le développement d’un corps diplomatique européen cohérent et bien formé, capable de représenter et de défendre efficacement les valeurs et les intérêts de l’Union sur la scène mondiale; souligne la nécessité d’améliorer la visibilité de l’Académie diplomatique européenne dans tous les États membres et de renforcer son rôle et ses capacités;

81.

se félicite que le SEAE ait intensifié sa coopération avec la Médiatrice européenne en 2023 afin de mieux sensibiliser son personnel aux principes de bonne administration; constate que dans le cadre de cette coopération renforcée, le bureau de la Médiatrice européenne est invité à présenter ses travaux lors des séminaires du SEAE préalables à la prise de poste et lors des séminaires annuels du SEAE à l’intention du personnel;

Communication

82.

relève que le SEAE dispose d’une enveloppe budgétaire de 22,2 millions d’EUR, répartie sur différentes lignes budgétaires qui englobent les publications, les événements, la communication stratégique, les activités de sensibilisation et la presse; se félicite que la défense de la démocratie et de l’état de droit soit restée une priorité pour le SEAE et relève qu’elle passe notamment par la lutte contre la manipulation de l’information et l’ingérence étrangères au moyen de politiques et d’instruments renforcés;

83.

fait observer l’augmentation des violations de la liberté de religion dans le monde entier; invite le SEAE à doter son personnel de moyens suffisants à cet égard (y compris au moyen de formations) dans les pays où la liberté de religion n’existe pas ou dans lesquels elle est menacée, en vue d’engager un dialogue à ce sujet avec les autorités compétentes à tous les niveaux dans les pays où la liberté de religion est violée et d’en faire un élément essentiel de son action extérieure;

84.

observe que, dans le cadre de ses activités de communication, le SEAE s’efforce d’atteindre le grand public au travers de manifestations publiques et de journées portes ouvertes et en accueillant des groupes de visiteurs; relève qu’en 2023, le SEAE a lancé plusieurs campagnes de communication thématiques via différents canaux sur le soutien à l’Ukraine, les conséquences de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et le respect des valeurs de l’Union; se félicite que l’Ukraine soit restée une priorité absolue du SEAE; note qu’en 2023, le SEAE a consolidé sa présence sur les réseaux sociaux et augmenté son nombre d’abonnés de 41,5 % sur LinkedIn, de 13,8 % sur Instagram, de 5,4 % sur Twitter et de 4,7 % sur Facebook; prie instamment le SEAE d’améliorer sa communication sur les politiques de l’Union auprès des citoyens des pays tiers et d’intensifier les efforts de coordination visant à accroître la visibilité des projets financés par l’Union, en particulier dans les pays candidats, afin de contrer les tentatives d’acteurs malveillants de saper les efforts de l’Union;

85.

se félicite de la participation du SEAE à la campagne de communication institutionnelle du Parlement pour les élections européennes de 2024, en particulier la campagne d’information ciblant les 25 à 30 millions de citoyens européens qui vivent dans des pays tiers sur les possibilités de vote aux élections européennes, notamment par l’intermédiaire du réseau des délégations; relève que 11 millions de destinataires ont bénéficié de cette campagne, qui comportait notamment 26 campagnes vidéo et plus de 2 000 publications sur les réseaux sociaux;

86.

souligne la contribution qu’apporte le SEAE aux principales initiatives de l’Union visant à manifester un soutien indéfectible à l’Ukraine notamment avec la campagne #StandWithUkraine et des projets de communication précis tels que Faces of Ukraine, Art vs War, et Share Your Light;

87.

continue d’encourager les délégations de l’Union à promouvoir les acteurs locaux, les organisations de la société civile et les partenaires sociaux des pays tiers et à collaborer avec eux, afin de stimuler le dialogue social et le dialogue concernant l’état de droit, les droits fondamentaux et la lutte contre la corruption; relève qu’en 2023, dans le cadre du programme thématique en faveur des organisations de la société civile, sur la base duquel des partenariats de l’Union sont conclus avec des organisations responsables et transparentes, 50 millions d’EUR ont été alloués au système de l’Union pour un environnement favorable à la société civile, qui surveille et promeut l’espace dévolu à la société civile dans 86 pays partenaires.

ELI: http://data.europa.eu/eli/res/2025/1611/oj

ISSN 1977-0693 (electronic edition)