Résolution (UE) 2025/1681 du Parlement européen du 7 mai 2025 contenant les observations qui font partie intégrante des décisions concernant la décharge sur l’exécution du budget des Agences de l’Union européenne pour l’exercice 2023
| CELEX | 52025BP1681 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | mercredi 7 mai 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série L |
| 2025/1681 | 8.10.2025 |
RÉSOLUTION (UE) 2025/1681 DU PARLEMENT EUROPÉEN
du 7 mai 2025
contenant les observations qui font partie intégrante des décisions concernant la décharge sur l’exécution du budget des Agences de l’Union européenne pour l’exercice 2023
LE PARLEMENT EUROPÉEN,
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence de l’Union européenne pour la coopération des régulateurs de l’énergie pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence de soutien à l’ORECE pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget du Centre de traduction des organes de l’Union européenne pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget du Centre européen pour le développement de la formation professionnelle pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence de l’Union européenne pour la formation des services répressifs pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Autorité bancaire européenne pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence européenne des produits chimiques pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence européenne pour l’environnement pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence européenne de contrôle des pêches pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Autorité européenne de sécurité des aliments pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Institut européen d’innovation et de technologie pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Autorité européenne du travail pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence européenne des médicaments pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence européenne pour la sécurité maritime pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence de l’Union européenne pour les chemins de fer pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence d’approvisionnement d’Euratom pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Autorité européenne des marchés financiers pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de la Fondation européenne pour la formation pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence de l’Union européenne pour l’asile pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle au sein de l’espace de liberté, de sécurité et de justice pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence de l’Union européenne pour la coopération judiciaire en matière pénale pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence de l’Union européenne pour la coopération des services répressifs pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence de l’Union européenne pour le programme spatial pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne pour l’exercice 2023, |
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes pour l’exercice 2023, |
| — | vu l’article 102 et l’annexe V de son règlement intérieur, |
| — | vu les avis de la commission de l’emploi et des affaires sociales, de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, de la commission des transports et du tourisme, de la commission de la pêche, de la commission de la culture et de l’éducation, de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures et de la commission des droits des femmes et de l’égalité des genres, |
| — | vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A10-0065/2025), |
| A. | considérant que les agences de l’Union (1) sont des entités juridiques distinctes, créées afin d’exécuter des tâches techniques, scientifiques ou d’encadrement spécifiques, qui aident les institutions de l’Union à élaborer et à mettre en œuvre des politiques; qu’elles sont implantées dans différents États membres et exercent une influence significative dans des domaines qui revêtent une importance capitale pour le quotidien des citoyens européens, comme la santé, la sûreté, la sécurité, la liberté et la justice; |
| B. | considérant que la présente résolution comprend, pour chaque organisme visé à l’article 70 du règlement (UE, Euratom) 2024/2509 du Parlement européen et du Conseil (2), et pour l’Agence d’approvisionnement d’Euratom, les observations transversales accompagnant les décisions de décharge conformément à l’article 268 du règlement (UE, Euratom) 2024/2509 et à l’article 3 de l’annexe V du règlement intérieur du Parlement; |
| C. | considérant que les agences décentralisées de l’Union et l’Agence d’approvisionnement d’Euratom devraient se concentrer sur des missions présentant une valeur ajoutée européenne claire et que l’organisation de ces missions devrait être optimisée de manière à éviter les chevauchements, dans l’intérêt des contribuables de l’Union; |
| D. | considérant que, dans le cadre de la procédure de décharge, l’autorité de décharge vise à souligner qu’il importe particulièrement de renforcer la légitimité démocratique des institutions de l’Union; que, pour ce faire, il faut accroître la transparence et la responsabilité, mais aussi mettre en œuvre une budgétisation axée sur les performances et assurer la bonne gestion des ressources humaines; |
| E. | considérant que l’action de l’Union en matière de contrôle budgétaire se fonde sur deux principes: d’une part, veiller à l’exécution appropriée et transparente du budget de l’Union et, d’autre part, protéger les intérêts financiers de l’Union et lutter contre la fraude; |
| F. | considérant qu’en 2012, le Parlement européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne ont adopté une «déclaration commune» et un ensemble complet de principes directeurs (une «approche commune» (3)) afin de renforcer la cohérence, l’efficacité et la responsabilité des agences; que la Commission s’est engagée à assurer le suivi de cet accord, le cas échéant en coopération avec les agences; |
| G. | considérant que, compte tenu de la nature non contraignante sur le plan juridique de la déclaration commune et de l’approche commune qui y est annexée, et sans préjudice de leurs attributions dans le cadre de la procédure législative et de la procédure budgétaire annuelle, les institutions tiendront compte de cette approche commune dans toutes leurs décisions futures concernant les agences décentralisées, à la suite d’une analyse au cas par cas; |
Observations générales
| 1. | constate qu’il existe trois types d’agences de l’Union: les agences décentralisées, les agences exécutives et les autres organismes; |
| 2. | rappelle que la présente résolution porte sur 31 des 33 agences décentralisées et sur deux des quatre autres organismes (EIT — Institut européen d’innovation et de technologie, et ESA — Agence d’approvisionnement d’Euratom); souligne que les procédures concernant le budget et la décharge pour deux agences décentralisées entièrement autofinancées, à savoir l’Office communautaire des variétés végétales (OCVV) et l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), incombent respectivement au conseil d’administration de l’OCVV et au comité budgétaire de l’EUIPO et ne font pas partie de la présente résolution; relève que, de manière analogue, les procédures annuelles relatives au budget et à la décharge pour le Conseil de résolution unique (CRU) relèvent de la seule responsabilité de son conseil d’administration; souligne la nécessité de garantir une utilisation efficace des ressources européennes; demande, à l’instar de la Cour des comptes (ci-après la «Cour»), une évaluation approfondie des agences décentralisées, afin d’évaluer les réformes possibles, d’éliminer les redondances, d’améliorer l’efficacité et de réaliser des économies de coûts; rappelle qu’il importe de renforcer les structures de gouvernance tout en veillant à ce que les agences restent efficaces et répondent à l’évolution des besoins; |
| 3. | souligne l’importance que revêt la procédure de décharge, non seulement parce qu’il s’agit d’une obligation qui découle des traités, mais aussi parce qu’elle promeut et vise à garantir la transparence, la responsabilité et un dialogue ouvert sur les finances de l’Union; constate qu’elle permet aussi aux agences de présenter leurs travaux et de démontrer leur valeur ajoutée à l’égard de l’Union et de ses citoyens; souligne en outre que les agences répondent aux questionnaires que leur adresse le Parlement et que l’autorité de décharge les invite à des auditions publiques, ce qui donne aux citoyens, aux entreprises, aux ONG et à d’autres parties prenantes la possibilité de suivre les réunions et d’avoir la garantie que les recettes et les dépenses respectent les principes de bonne gestion financière; |
| 4. | considère que l’octroi de la décharge par une autorité de décharge interne, comme c’est le cas à l’EUIPO, à l’OCVV et au CRU, pourrait être susceptible de donner lieu à un conflit d’intérêts; estime que l’octroi de la décharge par le Parlement évite les conflits d’intérêts éventuels et contribue à la transparence et à l’image publique des agences; |
| 5. | est d’avis que, sans préjudice du cadre juridique, les mêmes principes de responsabilité et de transparence devraient s’appliquer à tous les organismes liés à l’Union; |
| 6. | rappelle le paragraphe 58 de l’approche commune sur les agences entièrement autofinancées visant à garantir le contrôle public par le Parlement, qui dispose ce qui suit: «Il conviendrait d’explorer les possibilités de garantir la responsabilité démocratique au sein d’agences entièrement autofinancées (c’est-à-dire financées par leurs clients), étant donné qu’il s’agit d’instances de l’Union chargées de mettre en œuvre les politiques de l’UE mais qui ne sont pas soumises à une décharge au sens du TFUE. L’une des possibilités pourrait consister à ce que les agences en question présentent au Parlement européen, au Conseil et à la Commission un rapport annuel sur l’exécution de leur budget et tiennent compte des demandes ou des recommandations formulées par le Parlement et par le Conseil.»; |
| 7. | souligne que si la mise en place ou l’extension des agences de l’Union vise à renforcer les capacités de l’Union, il est essentiel de veiller à ce que ce processus soit guidé par des évaluations approfondies, des analyses d’impact et une valeur ajoutée clairement démontrée, afin que des enseignements puissent être tirés et que l’on puisse envisager de mettre fin à leur mandat si nécessaire; insiste sur le fait que cette approche non seulement assurerait une meilleure réglementation, mais renforcerait également l’efficacité, la responsabilité, la transparence et la cohérence du paysage institutionnel de l’Union; |
| 8. | rappelle que, selon le paragraphe 60 de l’approche commune, chaque agence de l’Union devrait être évaluée tous les cinq ans; prie instamment la Commission d’étudier davantage de synergies et une consolidation plus poussée des activités, ainsi que la possibilité de fusionner des agences ayant des activités complémentaires, afin de garantir un bon rapport coût-efficacité et de rationaliser les fonctions des agences, y compris d’éventuels examens de mandat en cas d’inefficacités ou de doubles emplois; encourage l’application de la clause de limitation dans le temps/de révision si nécessaire afin de préserver l’efficacité et de garantir une utilisation optimale des ressources; estime que l’efficacité budgétaire est essentielle au fonctionnement des agences; se fait l’écho de la recommandation formulée par la Cour dans son rapport spécial 22/2020 (4), qui conseille à la Commission de recourir davantage aux évaluations transversales d’agences dans le contexte de ses bilans de qualité relatifs aux différents domaines d’action; |
| 9. | réaffirme l’importance de la transparence, de la responsabilité et de la budgétisation axée sur les performances dans toutes les agences de l’Union, afin de garantir une gestion financière efficace; souligne que les agences doivent respecter strictement leurs mandats; reconnaît que certaines agences peuvent nécessiter un mandat renforcé; demande le renforcement des mécanismes de gouvernance afin d’éviter la duplication des compétences et d’améliorer l’efficacité opérationnelle; |
| 10. | souligne la nécessité de disposer de ressources suffisantes pour que les agences soient en mesure de s’acquitter des nouvelles tâches qui leur incombent en vertu de la nouvelle législation; |
| 11. | souligne l’importance pour les agences de renforcer leur présence dans les médias, sur l’internet et sur les réseaux sociaux afin de sensibiliser davantage le public à leurs travaux; |
| 12. | souligne la confusion croissante résultant de la multitude de cas où les noms et les sigles des agences sont identiques ou presque identiques; invite les organes respectifs à étudier les moyens d’améliorer la situation; |
Gouvernance
| 13. | rappelle que l’approche commune (5) donne une vue d’ensemble de la structure de gouvernance des agences décentralisées; reconnaît les progrès accomplis par les agences de l’Union dans l’amélioration de la gestion financière et des structures de gouvernance, tout en reconnaissant la nécessité d’améliorer encore l’efficacité et la responsabilité; rappelle que les conseils d’administration de toutes les agences décentralisées jouent un rôle crucial dans la garantie de la bonne gouvernance et de la responsabilité; rappelle également que, selon cette approche, le conseil d’administration devrait être composé d’un représentant de chaque État membre, de deux représentants de la Commission, d’un membre désigné par le Parlement (le cas échéant) et d’un nombre «assez réduit» de représentants des parties prenantes (le cas échéant), en veillant à ce qu’ils reflètent un éventail diversifié d’intérêts et à ce que le processus de sélection soit transparent; |
| 14. | observe que la structure de gouvernance des agences décentralisées est, dans l’ensemble, assez semblable pour toutes les agences; relève qu’elles disposent toutes d’un conseil d’administration et d’un directeur; constate que neuf agences ont un conseil exécutif (Cedefop, EUDA, ENISA, ERA, EU-OSHA, Eurofound, Eurojust, FRA, EIT) (6), tandis que seules les agences liées au programme spatial de l’Union européenne ont un conseil d’homologation de sécurité; prend également acte du fait que les trois autorités européennes de surveillance (ABE — Autorité bancaire européenne, AEMF — Autorité européenne des marchés financiers, et AEAPP — Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles) ont institué un conseil des autorités de surveillance et deux agences relevant du pôle «Marché unique» (ACER — Agence de l’Union européenne pour la coopération des régulateurs de l’énergie, et Office de l’ORECE — Agence de soutien à l’ORECE), un conseil des régulateurs; |
| 15. | rappelle que les conseils d’administration d’Eurofound, du Cedefop et de l’EU-OSHA ont une structure tripartite; relève que chaque État membre est représenté par un membre du gouvernement, un membre d’un employeur et un membre d’un syndicat (81 représentants au total) dans chaque conseil d’administration; constate que la Commission dispose de trois représentants et qu’un expert indépendant (sans droit de vote) est nommé par le Parlement; rappelle la taille réduite du conseil de direction de l’ETF, qui se compose de 27 représentants des États membres (sans les partenaires sociaux), trois représentants de la Commission (qui disposent d’une voix partagée au sein du conseil), trois experts nommés par le Parlement (contre un par agence ayant une structure tripartite) et trois représentants des pays partenaires nommés par la Commission (7); |
| 16. | prend acte des conclusions de l’évaluation d’Eurofound, du Cedefop, de l’ETF et de l’EU-OSHA en ce qui concerne la structure de gouvernance tripartite (Eurofound, Cedefop et EU-OSHA); observe que cette structure tripartite procure des avantages, comme la représentation, la direction stratégique et le partage de connaissances, mais que la taille et la diversité des conseils d’administration posent problème pour parvenir à des compromis en ce qui concerne les décisions relatives aux activités principales et les décisions administratives; souligne que, selon l’évaluation, des modèles de gouvernance de substitution permettent une participation plus efficace des partenaires sociaux; souligne le potentiel accru d’économies et de synergies dans les activités de ces agences; souligne la nécessité d’une surveillance financière rigoureuse des agences de l’Union afin de garantir un bon rapport coût-efficacité et de prévenir l’utilisation abusive des fonds publics; souligne la nécessité d’une approche responsable et fondée sur les besoins du financement des agences, afin d’éviter toute expansion bureaucratique tout en veillant à ce que les agences disposent de ressources suffisantes pour remplir leur mandat; |
| 17. | prend acte des conclusions du rapport sur l’évaluation du règlement (UE) 2019/1896 du Parlement européen et du Conseil (8) relatif au corps européen de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) et de ses observations jugeant ce règlement adapté à sa finalité, ainsi que du réexamen du contingent permanent publié en février 2024: note que, si le règlement fournit un cadre pour une gestion efficace des frontières, des défis subsistent en matière de gouvernance, de responsabilité et d’efficacité; reconnaît que la structure de gouvernance nécessite des ajustements pour que Frontex puisse pleinement remplir son mandat, notamment en ce qui concerne l’équilibre de la représentation au sein du conseil d’administration, la rationalisation des processus décisionnels internes et la prévention des chevauchements de responsabilités; se félicite de la nouvelle structure organisationnelle adoptée par le conseil d’administration en novembre 2023, qui constitue une étape vers l’amélioration de la gouvernance, de la coordination stratégique et de l’allocation des ressources; reconnaît les inefficacités administratives mises en évidence dans le rapport d’évaluation, notamment en ce qui concerne les procédures de remboursement et les obstacles bureaucratiques auxquels les États membres sont confrontés lorsqu’ils déploient du personnel auprès de Frontex; invite la Commission à étudier les moyens de simplifier ces processus afin de réduire les charges inutiles pesant sur les autorités nationales; souligne l’importance de mettre en œuvre les recommandations du rapport annuel de l’officier aux droits fondamentaux; demande à Frontex, tout en reconnaissant les progrès accomplis, de continuer à renforcer la transparence, de coopérer pleinement aux enquêtes et de mettre en œuvre des mesures garantissant la protection des droits fondamentaux dans toutes ses activités; |
| 18. | insiste sur le fait qu’une approche équilibrée, combinant un contrôle efficace aux frontières avec des garanties solides en matière de droits fondamentaux, est essentielle pour maintenir un espace Schengen sûr et un cadre crédible de gestion des migrations pour l’Union; répète, par conséquent, qu’il importe que les agents du contingent permanent (Frontex) reçoivent une formation structurelle et continue aux droits fondamentaux, qui garantira leur connaissance et leur respect des obligations et normes pertinentes en matière de droits fondamentaux, et du droit international en matière de droits de l’homme et du droit humanitaire (9); souligne, en outre, l’importance de signaler les violations des droits fondamentaux lorsqu’ils en sont témoins, au travers de rapports d’incidents graves; |
Gestion budgétaire et financière
| 19. | constate que les recettes définitives totales pour 2023 (après les budgets rectificatifs) et les chiffres comparatifs pour 2022 pour les 33 agences de l’Union faisant l’objet de la présente résolution étaient ventilés comme suit (10):
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| 20. | souligne que l’augmentation des recettes entre 2022 et 2023 a été importante dans certaines agences, de 54,59 % pour l’AAE, 20,86 % pour Eurojust, 19,65 % pour Frontex et 19,15 % pour l’ACER; salue l’augmentation du financement des agences chargées de l’application de la législation; |
| 21. | constate qu’à l’ESA, cette augmentation est principalement due à la poursuite du développement du système informatique lié à l’observatoire nucléaire et à la gestion des informations de l’AAE (NOEMI) ainsi qu’à la fourniture de services de comptabilité; à Eurojust, cette augmentation est principalement due aux ressources supplémentaires nécessaires pour accomplir les missions ajoutées par les trois propositions de règlement présentées par la Commission et pour compenser l’incidence particulièrement grave de l’inflation (13); au sein de Frontex, la hausse budgétaire vise à financer la poursuite de la création du contingent permanent de garde-côtes, notamment les équipements (14); pour ce qui est de l’ACER, l’augmentation est principalement due aux missions supplémentaires déléguées dans les versions révisées prévues du règlement sur les infrastructures énergétiques et du règlement concernant la réduction des émissions de méthane (15), à l’indexation annuelle des rémunérations correspondante, à l’augmentation des frais de contentieux et à l’augmentation de la dotation budgétaire tirée des redevances liées à des projets spécifiques; |
| 22. | prend acte de la réponse à la question écrite indiquant que les reports de Frontex (45 % en 2023) sont liés à son cycle opérationnel, qui n’est pas aligné sur l’année civile et ne peut être facilement ajusté puisqu’il concerne l’ensemble des États membres; est conscient que les priorités politiques de la Commission et les attentes des citoyens de l’Union en matière de sécurité sont les explications avancées pour augmenter le budget de Frontex; insiste sur le fait qu’il est essentiel de garantir des ressources suffisantes pour le bon fonctionnement de Frontex, tout en évaluant en permanence si son budget est adapté à sa finalité et s’il produit des résultats; rappelle la nécessité de suivre les progrès réalisés en ce qui concerne la capacité d’absorption de l’Agence, notamment par le recrutement de garde-frontières et de garde-côtes, en soulignant l’importance d’une bonne planification pour garantir son efficacité; invite en outre l’EUAN à collaborer avec les agences et la Cour pour développer une présentation standardisée des reports qui s’aligne mieux sur le principe d’annualité de la réglementation financière; |
| 23. | rappelle que le financement de la majorité des agences de l’Union provient dans son intégralité de contributions du budget de l’Union; constate toutefois que certaines agences sont entièrement ou partiellement financées par d’autres sources de recettes, dont des certificats, des autorisations, l’enregistrement de substances, des contributions, la collecte de données, la surveillance du marché, la supervision ainsi que d’autres services, tels que la traduction et les travaux de terminologie fournis par le Centre de traduction des organes de l’Union européenne (CdT); |
| 24. | reconnaît spécifiquement que:
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| 25. | constate que, pour l’exercice 2023, les sources de financement des agences autofinancées qui font l’objet de la présente résolution étaient ventilées comme suit:
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| 26. | prend acte de l’observation de la Cour selon laquelle l’Agence de l’Union européenne pour la coopération des régulateurs de l’énergie (ACER), l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA), l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), l’Agence européenne des médicaments (EMA), l’Agence de l’Union européenne pour les chemins de fer (AFE) et l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) sont légalement tenues de déterminer et de comptabiliser séparément les coûts des activités financées par leurs recettes propres; relève que ces agences ont mis en place des systèmes pour respecter cette exigence et constate que certaines agences vont au-delà de ces exigences; |
| 27. | observe que les règlements fondateurs des trois autorités européennes de surveillance (ABE, AEAPP et, à l’exception des activités financées au moyen des redevances de surveillance, AEMF) disposent qu’au début, les contributions qu’elles perçoivent des autorités nationales compétentes devraient représenter 60 % de leurs budgets, les 40 % restants provenant du budget de l’Union; constate que cet arrangement reflète le mélange entre les tâches à caractère réglementaire (pour lesquelles le financement de l’UE est approprié) et les tâches liées à la convergence de la surveillance (pour lesquelles les contributions versées par les autorités nationales compétentes sont appropriées) dans les mandats des trois autorités; souligne qu’en l’absence de délimitation claire entre les activités financées par les deux sources de financement figurant dans les règlements fondateurs, ces autorités n’opèrent aucune distinction entre les coûts couverts par la subvention au titre du budget de l’Union et ceux couverts par les contributions nationales; |
| 28. | invite l’ABE, l’AEAPP et l’AEMF à développer la capacité à déterminer et comptabiliser séparément les coûts des activités à l’origine de chacun de leurs flux de recettes propres afin d’améliorer leur prise de décision et la qualité des informations qu’elles fournissent aux parties prenantes concernant les déficits ou les excédents générés par ces activités; |
| 29. | relève que le CdT a mis en place un système pour assurer le suivi du coût de chaque produit et activité à l’origine de ses recettes propres, ce qui lui permet de calculer les profits ou les pertes; souligne qu’en 2023, dix des 17 principaux produits du CdT ont donné lieu à des pertes qui se sont montées en tout à 3,4 millions d’EUR; |
| 30. | souligne qu’au cours de la dernière décennie, le CdT a connu sept années de déficits budgétaires et six années de pertes comptables dues à une diminution du volume des activités; prend acte du fait que, pour traiter la diminution du volume des activités, le CdT s’est appuyé sur une réserve spéciale constituée en 2011 pour assurer la stabilité du budget et des prix; relève que cette réserve a atteint son volume maximal en 2014 (15,6 millions d’EUR), puis a chuté à 10,3 millions d’EUR en 2022 et 8,9 millions d’EUR en 2023; est conscient que lorsque la réserve sera totalement épuisée, tout déficit ultérieur devrait être couvert par les subventions de l’Union, conformément au règlement fondateur du CdT; invite le CdT à informer l’autorité de décharge de ses plans pour atténuer les risques en matière de continuité des activités; |
| 31. | prend note de la nécessité pour les agences d’améliorer leurs rapports financiers et leurs mécanismes de contrôle interne; demande aux agences de fournir chaque année une ventilation détaillée de leurs dépenses, dont des données désagrégées sur les contrats externes, les services de conseil et les sous-traitants; insiste sur la nécessité de disposer d’outils numériques en temps réel pour l’établissement de rapports qui améliorent le contrôle financier et la responsabilité vis-à-vis du Parlement européen et du public; encourage la réalisation de nouveaux progrès dans la mise en œuvre des recommandations d’audit; |
Principaux risques recensés par la Cour
| 32. | prend acte de la conclusion de la Cour dans son rapport annuel sur les agences de l’Union relatif à l’exercice 2023 (ci-après le «rapport de la Cour») selon laquelle l’audit de la Cour a enregistré des résultats similaires à ceux de l’année précédente (2022), les faiblesses dans les procédures de marchés publics restant la principale source de paiements irréguliers; |
| 33. | relève que, selon le rapport de la Cour, le risque global pour la fiabilité des comptes des agences, tels qu’établis conformément aux règles comptables adoptées par le comptable de la Commission et fondées sur les normes comptables internationales, est généralement faible, comme c’était le cas en 2022; |
| 34. | souligne que, selon le rapport de la Cour, le risque global pour la légalité et la régularité des recettes sous-jacentes aux comptes des agences est faible pour la plupart des agences et moyen pour les agences partiellement autofinancées, auxquels cas des règlements spécifiques sont applicables à la perception des redevances et autres contributions, comme c’était le cas en 2022; |
| 35. | remarque que la Cour fait état d’un risque jugé globalement moyen pour la légalité et la régularité des paiements sous-jacents aux comptes des agences, bien que ce risque varie de faible à élevé d’un titre du budget à l’autre; note que la Cour fait état d’un risque jugé généralement faible pour le titre I (dépenses de personnel), moyen pour le titre II (dépenses administratives) et faible à élevé pour le titre III (dépenses opérationnelles) selon l’agence considérée et la nature de ses dépenses opérationnelles; souligne que la Cour fait état d’un risque pour le titre III comparable à celui pour le titre II mais que, le titre III portant sur des montants bien plus élevés, les répercussions sont considérées comme étant plus importantes; |
| 36. | fait part de son inquiétude quant au fait que, pour la sixième année consécutive, la Cour fait état d’un risque jugé moyen pour la bonne gestion financière, principalement en raison des procédures de marchés publics qui n’ont pas permis d’assurer une utilisation optimale des ressources; |
| 37. | relève que la Cour fait état d’un risque jugé faible pour la gestion budgétaire, son audit faisant apparaître des reports élevés de crédits engagés; |
| 38. | constate que, selon le rapport de la Cour, les problèmes courants identifiés dans l’ensemble des agences étaient: i) des faiblesses dans les marchés publics, qui demeuraient la principale source de paiements irréguliers; ii) des problèmes de gestion budgétaire, tels que des reports excessifs et des retards de paiement; iii) des faiblesses en matière de contrôle interne, particulièrement pour garantir le respect des règlements financiers et des lignes directrices procédurales; |
Vue d’ensemble des résultats d’audit
| 39. | relève que la Cour a émis une opinion d’audit sans réserve sur la fiabilité des comptes de toutes les agences; constate que la Cour a émis une opinion sans réserve sur la légalité et la régularité des recettes sous-jacentes aux comptes de l’ensemble des agences; constate toutefois que, bien qu’une opinion sans réserve ait été émise sur la légalité et la régularité des paiements sous-jacents aux comptes pour toutes les agences, des exceptions ont été recensées pour quatre agences: l’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT), l’Autorité européenne du travail (AET), l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité (ENISA) et l’Agence de l’Union européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle au sein de l’espace de liberté, de sécurité et de justice (eu-LISA); |
| 40. | remarque que, dans le cas de l’EIT, la réserve est liée à des paiements irréguliers de subventions, qui avaient fait l’objet de contrôles ex post réalisés par l’EIT sur la base d’un échantillon de 174 éléments de coûts; note que l’EIT avait rejeté des coûts en lien avec 27 éléments de coûts et que la Cour a détecté trois autres éléments de coûts pour lesquels l’EIT n’a pas été en mesure de démontrer que les bénéficiaires avaient rempli des conditions essentielles énoncées dans la convention de subvention, ce qui, selon les estimations, s’est traduit par un montant total de paiements irréguliers de subventions de 12,2 millions d’EUR, soit un taux d’erreur estimé à 3,4 %; relève que l’EIT conteste l’une des erreurs signalées par la Cour concernant trois éléments de coûts qui, à son avis, sont éligibles; constate en outre que, selon l’EIT, en l’absence de ce dossier, le taux d’erreur estimé communiqué par la Cour serait inférieur au seuil de signification de 2 %, ce qui conduirait à une opinion d’audit favorable sur la légalité et la régularité des paiements de l’EIT; |
| 41. | déplore que, pour ce qui est de l’AET, la réserve concerne des paiements d’un montant de 1,6 million d’EUR en 2023, ce qui représente 3,8 % du total des crédits de paiement disponibles; constate que ce montant comprend 1,3 million d’EUR en lien avec un marché jugé irrégulier dans le rapport d’audit relatif à 2022 du fait de la valeur attribuée qui excédait la limite maximale fixée pour le marché et 0,3 million d’EUR associé à des lacunes dans les contrôles ex ante dans le domaine de la mise en œuvre des marchés; prend acte de la réponse de l’AET, qui explique que le contrat a pris fin en février 2024 et a été remplacé par un nouvel accord-cadre établi en novembre 2023; est conscient de la décision de l’AET de continuer à recourir temporairement au contrat irrégulier afin d’atténuer les risques, de protéger sa réputation et de garantir une prestation de services ininterrompue, ce qui lui a permis de maintenir la cohérence de ses opérations et d’exécuter les activités prévues jusqu’à l’entrée en vigueur du nouvel accord; |
| 42. | note que, dans le cas de l’ENISA, la réserve concerne des paiements irréguliers effectués en 2023 pour un montant de 1,8 million d’EUR, ce qui représente 4,1 % du total des crédits de paiement disponibles en 2023; rappelle qu’en août 2022, 15 millions d’EUR avaient été ajoutés au budget de l’ENISA afin de lui permettre de fournir aux États membres un soutien renforcé en matière de cybersécurité à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie; constate également qu’en septembre 2022, l’ENISA avait lancé une procédure de marché public scindée en 28 lots et ensuite signé 28 contrats-cadres distincts d’une valeur de 14,4 millions d’EUR; est conscient qu’au début de l’année 2023, le conseil d’administration a dérogé exceptionnellement et temporairement à ses règlements financiers afin de répondre aux demandes révisées de soutien en matière de cybersécurité adressées par les États membres; relève que, selon la réponse de l’ENISA, la décision du conseil d’administration constituait une exception (limitée dans le temps et dans sa portée) pour répondre à une situation particulière et exceptionnelle dans un contexte international extrêmement difficile; note que cette exception a été dûment enregistrée en application du cadre de contrôle interne de l’ENISA et a donc été signalée dans le rapport d’activité annuel consolidé de 2023; |
| 43. | observe que, dans le cas de l’eu-LISA, la réserve concerne des paiements irréguliers d’un montant total de 12,6 millions d’EUR effectués en 2023, soit 3,2 % des crédits de paiement disponibles, dont 2,7 millions pour des marchés contrôlés en 2023 et 9,9 millions d’EUR pour des marchés jugés irréguliers dans le rapport d’audit relatif à 2022; |
| 44. | relève avec préoccupation la répétition d’une opinion avec réserve sur la légalité et la régularité des paiements effectués par l’eu-LISA, ce qui reflète les problèmes persistants signalés dans les rapports de la Cour depuis 2020; prend acte de l’observation de la Cour selon laquelle la plupart des contrats présentant des erreurs sont arrivés à leur terme ou ont été résiliés par l’eu-LISA en 2023; |
| 45. | observe que la justification de l’opinion avec réserve (eu-LISA) en 2023 comprenait les irrégularités suivantes:
|
| 46. | se dit profondément préoccupé par la récurrence des problèmes liés aux marchés publics qui donnent lieu à une opinion avec réserve pour la quatrième année consécutive et demande instamment à l’eu-LISA de prendre immédiatement des mesures correctrices afin de résoudre ces problèmes et d’éviter qu’ils ne se reproduisent dans la gestion financière et à l’occasion de futures passations de marchés, garantissant ainsi le plein respect du règlement financier; demande que le Parlement européen soit informé des progrès en question avant le 30 juin 2025; |
| 47. | salue le fait qu’au cours de l’audition (16), la Cour a reconnu qu’en dépit de l’opinion avec réserve émise pour 2023 (eu-LISA), les lacunes recensées sont traitées et des améliorations ont été constatées; |
| 48. | insiste sur le fait que, bien que le règlement financier ne fixe pas de plafonds pour les reports, la récurrence et les niveaux excessifs des reports nuisent au principe budgétaire d’annualité et sont révélateurs de problèmes structurels dans le cycle du processus et de l’exécution budgétaires; constate que, dans 14 agences (ENISA, Eurofound, EIGE, eu-LISA, EMA, EUSPA, AET, FRA, AECP, ECDC, EU-OSHA, ACER, Frontex et ASE), le niveau de reports concernant tous les titres budgétaires combinés est supérieur à 15 %; relève que, dans le cas de Frontex, le taux de reports est supérieur à 40 % et, dans celui de l’ASE, à 50 %; |
| 49. | rappelle que, selon le cadre réglementaire, les agences sont tenues d’effectuer des paiements dans des délais déterminés; constate que tout non-respect de ces derniers peut donner aux créanciers le droit d’obtenir des intérêts de retard; observe que, pour 2023, la Cour indique que si le montant total des intérêts de retard a été jugé faible, il convient de noter que neuf agences (ACER, ECDC, AEE, EUDA, ENISA, AFE, EU-OSHA, Eurojust et Frontex) n’ont souvent pas respecté leurs délais de paiement; demande aux agences concernées de veiller à respecter les délais légaux applicables aux paiements; souligne que, même si le montant total des intérêts de retard versés était faible, la fréquence élevée des paiements tardifs peut porter atteinte à la réputation des agences; |
| 50. | souligne que la Cour a ajouté des «paragraphes d’observations» pour attirer l’attention des lecteurs sur une question, figurant ou présentée dans les comptes, qui revêt une importance fondamentale pour la compréhension des comptes ou des recettes ou paiements sous-jacent(e)s; relève également que, pour l’exercice 2023, la Cour a ajouté des «paragraphes d’observations» pour les agences suivantes: le CdT, l’ABE, l’EIT, l’EMA, l’AFE, l’AEMF, Eurojust, l’eu-LISA et Frontex; |
| 51. | rappelle que, dans ses états financiers, le CdT fait état de la diminution de ses recettes d’exploitation, qui a donné lieu à un déficit; |
| 52. | attire l’attention sur les informations présentées dans les comptes annuels de l’AFE et d’Eurojust sur la mise en œuvre de SUMMA (17); constate que, tout au long de l’année 2023, des problèmes techniques ont continué de contribuer à une hausse des paiements tardifs (50 % en 2023) et des cas de non-conformité au sein d’Eurojust; constate que l’AFE a été victime de problèmes techniques au cours du premier trimestre, mais que des améliorations significatives ont été observées par rapport à 2022; |
| 53. | constate que les comptes de l’AEMF et de l’ABE comportent une information sur l’incertitude relative aux effets d’une action en justice (18); prend acte du fait qu’une action en justice a été officiellement notifiée à l’AEMF concernant une procédure conjointe de passation de marché à laquelle, hormis l’AEMF, trois autres agences de l’Union avaient participé (ABE, AEAPP et AFE); est conscient que la procédure a donné lieu à un contrat-cadre d’une valeur de 40,2 millions d’EUR et qu’à la fin de l’année 2023, l’AEMF et l’ABE avaient signé des contrats spécifiques d’un montant total de 2 185 226 EUR en ce qui concerne l’AEMF, et de 6 306 786 EUR dans le cas de l’ABE; |
| 54. | est préoccupé par le fait que la partie requérante demande l’annulation d’une décision d’adjudication et une compensation pécuniaire de l’ordre de 400 000 EUR à 3,5 millions d’EUR; constate qu’en raison du stade précoce de la procédure, les dirigeants de l’AEMF et de l’ABE ne sont pas en mesure de fournir une estimation fiable des coûts qui découleront éventuellement de l’affaire (19); |
| 55. | attire l’attention sur la présentation d’une dépréciation de 368 300 EUR dans les comptes de l’AEMF, qui correspond aux frais impayés d’entités surveillées de pays tiers; relève que la dépréciation est liée au fait que le règlement sur l’infrastructure du marché européen (EMIR) ne donne pas à l’AEMF un mécanisme efficace pour assurer le respect de la perception des frais impayés en dehors de l’Union; se félicite que l’accord récent entre les colégislateurs en vue de modifier le règlement (EMIR 3) ait donné à l’AEMF la possibilité de retirer la reconnaissance aux entités surveillées de pays tiers qui ne paient pas leurs frais; |
| 56. | relève que les comptes de l’ABE font état des incidences significatives du règlement sur la résilience opérationnelle numérique du secteur financier ainsi que du règlement sur les marchés de crypto-actifs, en ce qui concerne le non-financement des ressources nécessaires pour définir les tâches correspondantes ainsi que pour mettre en œuvre une politique de supervision et de surveillance appropriée, des activités qui ont eu lieu en 2023, avant que la perception des redevances puisse débuter; prend acte du fait que l’ABE a dû réaffecter des ressources à ces activités préparatoires; |
| 57. | constate que les comptes de l’EIT font état des hypothèses utilisées pour estimer les dépenses opérationnelles (dépenses relatives aux subventions), qui sont constatées par régularisation et présentées en tant que poste décroissant des préfinancements portés à l’actif dans le bilan; rappelle que le montant des charges à payer pour les subventions est une estimation significative, qui comporte inévitablement une incertitude; |
| 58. | note que, dans ses comptes annuels, l’EMA présente des informations importantes sur ses anciens locaux de Londres ainsi que sur les incertitudes dues à la mise en faillite de la société mère du sous-locataire; constate avec inquiétude que l’EMA pourrait se voir réclamer l’intégralité du montant restant dû au titre du bail principal; est conscient que le montant maximal, y compris la charge fiscale pour une taxe immobilière, que l’EMA serait tenue de payer en cas de non-occupation des locaux pendant la durée restante du bail, s’élève à 550 millions d’EUR; note que l’EMA renégocie actuellement les conditions du contrat de sous-location avec la succursale britannique du groupe et que, dans le cadre de ces renégociations, l’EMA a accepté un report du paiement des loyers des deux premiers trimestres de 2024 ainsi qu’une réduction du loyer dû par le sous-locataire à compter du 1er janvier 2024; relève qu’à cet égard, l’EMA a constitué une provision pour contrat déficitaire, d’un montant de 131,4 millions d’EUR; note que le sous-locataire de l’Agence a rempli ses obligations contractuelles pour l’année 2023, s’étant acquitté de ses loyers couvrant la période s’étendant jusqu’au 31 décembre 2023, et demande instamment à l’EMA et à la Commission de trouver une solution durable pour mettre fin au contrat et à toutes les obligations qui y sont associées avant la prochaine procédure de décharge en 2024; |
| 59. | remarque que les comptes de l’eu-LISA comportent une information sur la situation financière d’un contractant important avec deux contrats-cadres actifs; constate que l’eu-LISA a deux contrats-cadres actifs avec un contractant membre d’un consortium et que ce contractant a remplacé sa société mère dans les contrats et qu’il est chargé de mettre en œuvre et d’entretenir le système d’entrée/de sortie et de fournir des services au titre du lot 1 du contrat-cadre pour des opérations transversales; prend acte du fait que les montants contractuels restant dus sont, respectivement, de 97,5 millions d’EUR et de 41 millions d’EUR; relève que, pour parer aux risques éventuels liés à la viabilité financière de la société mère, l’eu-LISA suit de près la santé financière du contractant en utilisant des outils d’évaluation des risques indépendants et en adressant des demandes directes; note en outre que l’eu-LISA évalue régulièrement les progrès des immobilisations en cours de développement afin de garantir qu’elles n’auront aucune incidence négative sur son mandat et de gérer et d’atténuer de manière préventive les risques associés aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement dans les limites du règlement financier (20); |
| 60. | rappelle les approches différentes appliquées de manière répétée par Frontex et la Cour pour le calcul des contributions des pays associés à l’espace Schengen au budget de Frontex; constate que, selon la Cour, l’interprétation de Frontex est mauvaise, car elle conduit les pays associés à l’espace Schengen à payer une contribution au budget de Frontex d’environ 3,5 millions d’EUR (7 %) inférieure au montant qui serait calculé en fonction du rapport entre le volume de leurs économies et celui de l’économie de l’UE; relève que le comptable par intérim a examiné la situation et que, à l’instar du conseil d’administration, il considère qu’il n’est pas nécessaire que Frontex révise la méthode actuelle de calcul de la contribution des pays associés à l’espace Schengen au budget de Frontex (21); prend acte du rapport élaboré par Frontex pour faire suite au rapport concernant la décharge 2022, qui indique que l’agence n’envisage pas de modifier la méthode employée pour ces calculs; demande à l’agence de transmettre à l’autorité de décharge une explication détaillée de la méthode employée pour ces calculs; |
Performances
| 61. | constate que l’approche commune sur les agences décentralisées introduit le concept d’indicateurs de performance clés visant à améliorer le suivi des performances pour les agences; |
| 62. | constate, par ailleurs, que selon la feuille de route élaborée par la Commission (22), les indicateurs de performance clés devraient tenir compte du travail de l’agence et de son directeur; relève en outre que la Commission a également proposé que des modèles soient élaborés pour son programme de travail annuel ou pour l’évaluation; |
| 63. | souligne que, conformément à cette feuille de route, les indicateurs de performance clés devraient être élaborés chaque année par les agences et par la Commission et, dès lors, changer d’une année à l’autre, ce qui permet difficilement de suivre les performances de l’agence sur une longue période, étant donné qu’il est parfois impossible de suivre certains indicateurs sur plusieurs années; |
| 64. | recommande aux agences de prendre des mesures pour atteindre les indicateurs en suspens ou en retard et d’ajuster régulièrement leurs indicateurs clés de performance afin d’améliorer leurs résultats; |
| 65. | souligne que les lignes directrices de la Commission (23) relatives aux indicateurs de performance clés applicables aux directeurs des agences décentralisées de l’Union sont entièrement axées sur les performances des directeurs des agences, autrement dit sont principalement liés à la gestion du budget et des ressources humaines et ne sont pas utilisés pour donner une évaluation des résultats ou de l’efficience et de l’efficacité des activités qui relèvent des mandats des agences (24); |
| 66. | souligne par ailleurs que, comme il n’existe aucune approche normalisée pour présenter les indicateurs de performance clés dans les rapports annuels d’activités des agences, il est difficile d’obtenir une vue d’ensemble de l’état des performances de chaque agence; |
| 67. | insiste sur le fait que, conformément aux conclusions de la Cour, les indicateurs de performance clés ne contribuent pas au suivi des performances des agences en ce qui concerne les activités et la gestion des finances et des ressources humaines; |
| 68. | demande que toutes les agences fassent l’objet d’un examen indépendant de leurs performances afin de déterminer si leurs activités s’alignent effectivement sur les priorités politiques de l’Union et produisent des résultats tangibles; insiste sur l’introduction d’une budgétisation basée sur la performance et de critères d’efficacité afin de garantir une allocation optimale des ressources et une gouvernance axée sur les effets; |
| 69. | se félicite que l’Agence ait pris, en coopération avec l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), des mesures pour promouvoir le principe «une substance, une évaluation» afin de garantir une plus grande cohérence dans l’évaluation des dangers et des risques liés aux substances actives; invite les agences à continuer de promouvoir la coopération avec d’autres agences de l’Union et organisations internationales et d’encourager le dialogue avec les parties prenantes et les citoyens; |
| 70. | rappelle l’approche de «tolérance zéro» de l’Union à l’égard de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée et la contribution essentielle de l’Agence européenne de contrôle des pêches (AECP) à la mise en œuvre de la politique commune de la pêche (PCP), notamment en ce qui concerne le contrôle des pêches et la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée; |
| 71. | souligne que ce sont les États membres qui sont les premiers responsables du contrôle des activités de pêche, tandis que les tâches de l’Agence se limitent au soutien et à la coordination, ainsi qu’à la fourniture d’une assistance dans ce domaine aux États membres; invite l’Agence à aider les États membres à contrôler et identifier les infractions graves concernant le travail forcé et à assurer une formation adéquate des inspecteurs concernant ces infractions graves; |
| 72. | invite l’EUSPA à poursuivre ses efforts en tant que contributeur clé à la mise en œuvre du programme spatial de l’Union européenne, en renforçant la base industrielle, la compétitivité et l’innovation de l’Union; l’encourage à donner la priorité aux marchés publics européens, en particulier dans les domaines essentiels à la résilience, à l’autonomie stratégique et à la souveraineté de l’Union; souligne le rôle essentiel que jouent Galileo et son service public réglementé dans le domaine de la sécurité et de la défense de l’Union européenne, ainsi que les avantages à court terme de GOVSATCOM et la valeur stratégique à long terme d’IRIS2; souligne que les initiatives de l’Union en matière de capacités de défense et de sécurité devraient tirer parti de l’expertise et de l’infrastructure du secteur spatial de l’Union afin d’éviter tout double emploi; |
| 73. | prend acte de la nouvelle feuille de route sur l’interopérabilité; reconnaît que le nouveau calendrier pour le déploiement et l’interopérabilité des systèmes d’information de l’Union a été nécessaire en raison de retards dans le développement du système d’entrée/de sortie (EES), du système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages (ETIAS) et du système européen d’information sur les casiers judiciaires pour les ressortissants de pays tiers (ECRIS-TCN); souligne qu’un échange d’informations rapide, efficace et fiable, conformément à la législation applicable, est essentiel pour soutenir et renforcer l’espace de liberté, de sécurité et de justice de l’Union; reconnaît à cet égard le travail réalisé et les améliorations apportées par eu-LISA; |
| 74. | prend acte des efforts déployés par le Centre de traduction des organes de l’Union européenne («le Centre») pour assurer et promouvoir le multilinguisme dans l’Union, notamment dans les communications des agences de l’Union ou par l’enrichissement de la terminologie dans des domaines spécialisés afin d’améliorer la qualité des traductions; se félicite qu’un groupe de travail sur l’intelligence artificielle (IA) ait été mis en place en juin 2023 et que, pour donner un prolongement à ses travaux, il ait été décidé de constituer un groupe consultatif sur l’IA chargé de lui succéder; |
| 75. | invite l’AECP à aider les États membres à contrôler et identifier les infractions graves liées à l’application de l’article 90, paragraphe 2, point p), du règlement (UE) 2023/2842 du Parlement européen et du Conseil (25) concernant le travail forcé et à assurer une formation adéquate des inspecteurs à cette infraction importante; |
| 76. | relève qu’en 2023, l’AFCP a déclaré 44 993 inspections (en mer et à terre), ayant conduit à la détection d’infractions présumées lors d’au moins 4 230 de ces inspections; note que ces données représentent collectivement une légère diminution du nombre total d’inspections (5 % de moins qu’en 2022), ainsi qu’une diminution de 18 % du nombre total d’inspections lors desquelles des infractions présumées ont été détectées; rappelle que les inspections et autres actions de suivi jouent un rôle majeur non seulement pour la bonne gestion des ressources halieutiques, mais aussi pour assurer des conditions de concurrence équitables entre les pêcheurs de l’Union; |
| 77. | salue les efforts déployés par Eurojust en vue de la numérisation de la justice, à savoir la mise en œuvre d’un nouveau système de gestion des dossiers à la suite de la dernière modification du règlement Eurojust (26) et la mise en œuvre de la nouvelle plateforme de collaboration des ECE (27); prend note du rôle d’Eurojust en tant que point de contact pour les pays tiers et les organisations internationales en ce qui concerne les demandes de l’ECRIS-TCN dans le cadre de procédures pénales; |
| 78. | souligne l’importance du soutien continu d’Eurojust à l’Ukraine, apporté en assurant les investigations de l’équipe commune d’enquête sur les principaux crimes internationaux présumés commis en Ukraine, en exploitant la base de données centrale sur les preuves relatives aux crimes internationaux (CICED) afin de préserver, de stocker et d’analyser les preuves relatives aux principaux crimes internationaux dans une base de données centrale unique, sécurisée, et en garantissant une méthode sûre de transmission numérique des données pour la présentation des éléments de preuve, ainsi que leur analyse; se félicite en outre du lancement du nouveau centre international chargé des poursuites pour le crime d’agression contre l’Ukraine (ICPA) au sein d’Eurojust dans le but de soutenir les enquêtes nationales et de convenir de stratégies communes en matière d’enquêtes et de poursuites, et en contribuant activement aux travaux de la task-force «Saisie et gel» afin de garantir la mise en œuvre effective des sanctions de l’Union dans l’ensemble de l’Union européenne; |
| 79. | souligne le rôle joué par la FRA en tant que gardien essentiel des droits fondamentaux et de l’état de droit, et salue l’aide qu’elle apporte pour garantir le respect, la protection et la mise en œuvre des droits fondamentaux dans les législations et les politiques existantes de l’Union dans le domaine de l’égalité et de la lutte contre la discrimination, telles que la législation et les politiques de l’Union visant à lutter contre le racisme et l’antisémitisme et l’islamophobie, en contribuant à la collecte de données sur l’égalité et la mise en œuvre des stratégies pour l’égalité et la lutte contre le racisme telles que les cadres stratégiques nationaux en faveur des Roms, à l’examen à mi-parcours de la stratégie en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTQI pour la période 2020-2025, à la protection de la société civile et des défenseurs des droits de l’homme en danger, ainsi qu’à la révision de la directive sur les droits des victimes, du plan d’action contre le racisme et de la stratégie de l’Union pour la lutte contre l’antisémitisme et le soutien à la vie juive, et en fournissant des conseils sur le respect des droits fondamentaux en ce qui concerne le développement et l’utilisation des systèmes d’IA et la mise en œuvre et l’utilisation des fonds de l’Union; |
| 80. | met l’accent sur les orientations et l’engagement de la FRA dans le domaine de l’asile et de la migration, des frontières et de l’interopérabilité, ainsi que sur l’importance qu’elle accorde aux droits fondamentaux, aux obligations internationales des États membres et à la législation de l’Union relative aux droits de l’homme dans ce domaine, y compris la coopération avec l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (AUEA), afin d’améliorer les connaissances des tuteurs et des représentants légaux qui aident les enfants non accompagnés en quête d’une protection internationale au sein de l’Union et la formation dispensée au personnel d’Europol afin de mieux faire connaître et comprendre les considérations relatives aux droits fondamentaux dans les contextes opérationnels pertinents; se félicite de la contribution opportune de la FRA à la mise en œuvre de la directive relative à la protection temporaire dans le contexte des réfugiés fuyant l’Ukraine, au recensement des défis liés à la mise en œuvre du droit de l’Union en matière de séjour de longue durée, à l’identification des lacunes dans le code des visas, ainsi qu’à la liste des actions que l’Union et ses États membres peuvent entreprendre pour réduire le nombre de décès en mer; |
| 81. | salue la contribution de la FRA à l’évaluation du règlement relatif au corps européen de garde-frontières et de garde-côtes (ci-après le «règlement relatif au corps européen de garde-frontières et de garde-côtes»), la participation aux réunions du conseil d’administration de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) et la coprésidence du forum consultatif de Frontex sur les droits fondamentaux, ainsi que la coopération avec l’Office des droits fondamentaux de Frontex; |
| 82. | constate avec satisfaction que la FRA a fourni une analyse et une expertise en matière de droits fondamentaux pour soutenir les activités et les travaux d’autres agences de l’Union chargées de la justice et des affaires intérieures (JAI), notamment l’AUEA, Frontex, Europol, l’Agence de l’Union européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle au sein de l’espace de liberté, de sécurité et de justice (eu-LISA) et l’Agence de l’Union européenne pour la formation des services répressifs (CEPOL); se félicite des contributions apportées par la FRA en 2023 pour faire progresser le respect des droits fondamentaux, notamment en fournissant des orientations sur les fonds de l’Union et en relevant les défis posés par les nouvelles technologies; invite la FRA à établir de quelle manière l’État de droit et les droits fondamentaux sont intrinsèquement liés et comment son travail pourrait être incorporé ou développé en synergie avec celui de la Commission européenne dans le cadre du Rapport annuel sur l’État de droit; |
| 83. | salue le déploiement réussi de PERCI (plateforme de l’UE sur les contenus illicites en ligne), notamment grâce à la mise en œuvre intégrale des recommandations du Contrôleur européen de la protection des données (CEPD); se félicite de la coopération étroite avec le CEPD et le groupe de travail conjoint mis en place avec Frontex pour donner suite aux recommandations du CEPD concernant le programme PeDRA (traitement des données à caractère personnel aux fins de l’analyse des risques) de Frontex, dans le cadre duquel les deux agences partagent un grand intérêt à protéger les droits fondamentaux tout en faisant progresser la sécurité; |
| 84. | se félicite de la mise en œuvre du règlement Europol (28) tel que modifié en 2022, en particulier de la nomination rapide d’un officier aux droits fondamentaux en janvier 2023, ce qui marque une étape importante vers le renforcement de l’engagement d’Europol en faveur des droits de l’homme dans ses opérations; |
| 85. | reconnaît l’importance des initiatives localisées qui renforcent les systèmes de santé et les initiatives environnementales, tout en renforçant la collaboration avec les États membres et les Agences (ECDC, ECHA, AEE, EFSA, EMA); demande que l’approche de répartition des financements soit améliorée, en donnant la priorité à la réduction des charges administratives et en orientant les ressources directement vers les bénéficiaires finaux en simplifiant les procédures afin d’améliorer l’accessibilité pour les acteurs économiques sur le terrain; |
| 86. | constate que, selon l’évaluation réalisée par la direction générale de la mobilité et des transports, chargée de la surveillance des trois agences (AESA, AESM, AFE), leurs performances de 2023 étaient pleinement conformes aux objectifs définis par la Commission: les activités régulières de suivi et de surveillance n’ont pas mis en évidence de problème particulier susceptible d’avoir une incidence substantielle sur l’assurance; en outre, les rapports des auditeurs externes et des auditeurs internes n’ont pas révélé de problèmes majeurs de nature à inspirer à la DG Mobilité et transports un surcroît d’inquiétudes; |
| 87. | constate qu’en 2023, l’AESA a renforcé de manière importante sa coopération avec les organisations militaires dans le cadre du plan d’action 2.0 sur la mobilité militaire et qu’elle est désormais conviée à toutes les réunions du comité de l’aviation de l’OTAN; prend acte de l’adoption de la stratégie de coopération civilo-militaire de l’Agence — priorité de longue date pour celle-ci — sur laquelle elle pourra s’appuyer dans ses activités touchant à la certification des aéronefs militaires dérivés d’aéronefs civils suivant le principe «aussi civil que possible aussi militaire que nécessaire»; |
| 88. | constate qu’en 2023, l’AESM a continué d’apporter une aide très efficace à la réduction de l’incidence du secteur du transport maritime sur l’environnement, notamment en participant aux nombreuses initiatives lancées dans le cadre du pacte vert pour l’Europe; relève en particulier l’expertise technique qu’elle a prodiguée dans le cadre de l’examen du train de mesures sur la sécurité maritime; félicite l’Agence pour l’appui qu’elle a apporté à la Commission et aux États membres lors de l’adoption définitive des propositions formulées dans le cadre du paquet «Ajustement à l’objectif 55», notamment en ce qui concerne l’extension du système d’échange de quotas d’émission (SEQE) au transport maritime et le règlement «FuelEU Maritime»; apprécie, dans ce contexte, les recherches qu’elle mène actuellement sur le potentiel de différents carburants de substitution et les problématiques de sécurité connexes découlant de l’adoption et du déploiement de sources d’énergie de substitution durables pour les navires; salue l’adaptation du module THETIS-MRV aux exigences de la législation relative au SEQE; |
| 89. | se félicite de la coopération continue et croissante des cinq agences (Eurofound, Cedefop, ETF, EU-OSHA, AET) et du partage des ressources entre elles et avec d’autres agences ainsi qu’avec des institutions comme la Commission et le Parlement; |
| 90. | invite la Commission à veiller à une meilleure utilisation de l’expertise des agences (Eurofound, Cedefop, ETF, EU-OSHA, AET) dans les domaines d’action pertinents, par exemple en ce qui concerne l’élaboration de rapports et d’études et la réalisation de recherches et d’enquêtes, de manière à éventuellement permettre une utilisation plus efficace des ressources budgétaires existantes de l’Union par rapport à d’autres solutions; salue les efforts déployés par les cinq agences pour développer davantage leur communication numérique et en ligne afin d’accroître leur visibilité et de sensibiliser à leur travail à fort impact; souligne, à cet égard, le potentiel sous-exploité en ce qui concerne la fourniture d’informations spécifiques et pertinentes ainsi que de produits de même qualité que les consultants externes, lorsque le mandat des agences le leur permet; |
| 91. | salue les efforts déployés par les agences (Eurofound, Cedefop, ETF, EU-OSHA, AET) pour mettre en œuvre des politiques en matière de diversité et d’inclusion, en particulier en ce qui concerne les personnes handicapées; encourage les agences à améliorer la collecte de données comparables sur l’emploi des personnes handicapées; reconnaît les progrès accomplis au sein des agences sur la voie de l’équilibre hommes-femmes au sein de leur personnel: demande que des efforts supplémentaires soient déployés pour garantir l’équilibre entre les hommes et les femmes, y compris au niveau de l’encadrement supérieur, et pour intégrer la dimension de genre dans toutes leurs activités; |
| 92. | prend acte du fait que les efforts de suivi du budget au cours de l’exercice 2023 se sont traduits par un taux d’exécution budgétaire des crédits d’engagement pour l’exercice en cours supérieur, en moyenne, à 97 %, à l’exception du CdT (89,55 %) et de l’AET (93,72 %); constate que les agences présentant le taux d’exécution le plus faible de crédits de paiement pour l’exercice en cours, dans un ordre ascendant en fonction de leurs pourcentages respectifs, sont les suivantes: ASE (47,61 %), Frontex (55,37 %), EU-OSHA (68,83 %), ACER (70,69 %) et ECDC (71,79 %); |
| 93. | prend note de l’augmentation du budget de l’AUEA en 2023, qui est passé de 168 millions d’EUR à 170 millions d’EUR (+ 0,77 %), ainsi que de son personnel, qui est passé de 519 à 529 (+ 2 %); réaffirme le rôle crucial que joue l’Agence de l’Union européenne pour l’asile pour aider les États membres à mettre en œuvre le régime d’asile européen commun et contrôler sa bonne mise en œuvre; rappelle que, dans son rapport de décharge 2022 de l’Agence de l’Union européenne pour l’asile, l’autorité de décharge a mis en évidence des préoccupations concernant la gestion et les procédures internes de l’Agence, notant que l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) avait ouvert une enquête, qui est maintenant terminée et qui aurait porté sur le népotisme et d’autres questions affectant la gestion financière de l’agence; déplore le fait que le directeur exécutif de l’agence se soit gardé d’apporter des réponses lors de l’audition préparatoire à la décharge lors de la réunion de la commission CONT; se dit alarmé par le fait que le conseil d’administration de l’Agence refuse de divulguer le contenu et la recommandation dudit rapport de l’OLAF à l’autorité de décharge; demande à l’Agence de mettre immédiatement à disposition les conclusions du rapport; |
| 94. | estime que le rapport final de l’OLAF (OC-2022-0717) sur l’AUEA arrive à des conclusions très préoccupantes sur des faits établis, qui mettent en péril la stabilité, la gouvernance et la réputation de l’Agence, ce qui impose la décision d’ajourner la décharge à l’Agence pour l’exercice 2023; rappelle, en outre, que l’OLAF a établi et quantifié une incidence financière qui ne peut être recouvrée, corroborant l’incidence négative sur la bonne gestion financière des ressources de l’Agence; demande, par conséquent, un suivi complet de la part du conseil d’administration, détaillant toutes les mesures prises pour remédier aux faiblesses détectées; |
| 95. | presse l’Agence de clarifier entièrement toutes les questions en suspens, de mettre en œuvre les recommandations de l’OLAF de manière crédible et transparente et de mettre en place des mécanismes solides de contrôle interne, de surveillance éthique et de responsabilité; invite l’Agence à informer dans les meilleurs délais l’autorité de décharge de toutes les mesures correctives prises; |
Marchés publics
| 96. | constate avec inquiétude que les faiblesses dans les procédures de marchés publics restent la principale source de paiements irréguliers; souligne que la Cour a formulé 38 observations sur les faiblesses dans les marchés publics en 2023 (contre 41 en 2022 et 28 en 2021) (29); demande instamment aux agences de mettre en place des mesures visant à garantir le respect strict de la réglementation en matière de marchés publics et des principes de transparence, de concurrence et de rentabilité; rappelle la nécessité de mettre en place des programmes de formation réguliers pour le personnel en matière de gestion financière, de règles relatives à la passation des marchés et de prévention de la fraude; demande des mesures de responsabilisation plus strictes garantissant que toute déficience persistante donne lieu à des mesures correctives ciblées et à des conséquences en cas de non-conformité répétée; |
| 97. | relève que, selon la Cour, 13 (30) des observations sur les faiblesses qui ont donné lieu à des paiements irréguliers en 2023 font référence à des irrégularités détectées et mentionnées lors de précédents audits; constate qu’en ce qui concerne les 25 observations restantes, neuf ont eu une incidence sur les paiements et les 16 autres n’ont pas donné lieu à des paiements irréguliers en 2023; constate que les observations de l’exercice qui n’ont eu aucune incidence sur les paiements concernent l’ACER, l’ABE, l’eu-LISA, l’AEMF, l’AESM, l’ENISA, l’AFE, l’EIGE, l’ECDC, l’AEE, l’EUDA, l’AUEA et le CEPOL; prend acte des réponses des agences et les invite à prendre des mesures en vue de remédier aux faiblesses détectées et à en informer l’autorité de décharge; |
| 98. | attire l’attention sur les neuf observations formulées par la Cour pour l’exercice concerné qui ont une incidence sur les paiements; constate que, pour ce qui est de l’ENISA, de l’eu-LISA et de l’AET, les irrégularités détectées, ainsi que celles recensées lors de précédents audits qui ont donné lieu à des paiements en 2023 (uniquement en ce qui concerne l’eu-LISA et l’AET), justifient l’opinion avec réserve émise par la Cour et ont été décrites dans la rubrique «Vue d’ensemble des résultats d’audit» de la présente résolution; |
| 99. | observe que les autres observations formulées pour l’exercice concerné qui ont une incidence sur les paiements concernent le CdT, l’EIGE, l’AECP, l’AFE et l’EU-OSHA, chaque agence faisant l’objet d’une observation, à l’exception de la dernière, à propos de laquelle deux observations ont été formulées; relève que les justifications des observations et les réponses des agences aux observations de la Cour sont les suivantes:
|
| 100. | fait écho à la recommandation de la Cour selon laquelle, lorsqu’elles mettent en œuvre des contrats-cadres, les agences concernées ne devraient avoir recours à des contrats spécifiques que pour acquérir des biens ou des services couverts par le contrat-cadre correspondant; fait également écho à la recommandation de la Cour selon laquelle les agences concernées devraient aussi veiller à respecter les règles énoncées dans le règlement financier concernant la modification de contrats existants, s’assurer que les contrats spécifiques définissent les prix, les quantités et les délais de livraison et veiller à ce que la mise en œuvre des contrats fasse l’objet de contrôles adéquats relatifs à ces éléments essentiels; |
| 101. | rappelle que, dans le cadre de toute procédure de passation de marché, il est important de garantir la qualité des biens et des services, une concurrence loyale entre les soumissionnaires et de permettre de fournir les biens et services les plus intéressants économiquement parlant, en privilégiant les entreprises européennes par rapport aux entreprises non européennes et en respectant les principes de transparence, de proportionnalité, d’égalité de traitement et de non-discrimination; |
| 102. | insiste sur la nécessité de renforcer la coopération entre l’EUAN et la Commission européenne en matière de marchés publics; |
| 103. | souligne l’importance de renforcer la numérisation au sein des agences, tant pour les opérations et la gestion internes que pour l’accélération de la numérisation des procédures; souligne la nécessité de rester proactif; soutient, à cet égard, de nouveaux investissements dans les outils numériques et l’innovation afin d’améliorer les tâches procédurales et d’éviter un fossé numérique entre les agences; |
Politique du personnel, égalité entre les hommes et les femmes, inclusion, conflits d’intérêts et prévention de la fraude
| 104. | note qu’en 2023, les 33 agences décentralisées ont déclaré employer au total 10 580 membres du personnel, contre 10 146 en 2022 (fonctionnaires, agents temporaires et contractuels et experts nationaux détachés compris), soit une augmentation de 4,27 % par rapport à 2022; |
| 105. | constate que des cas de syndrome d’épuisement professionnel (25 au total) ont été enregistrés dans six agences, à savoir l’AESA (cinq cas), l’AEE (quatre cas), l’AECP (un cas), l’EFSA (deux cas), l’EMA (dix cas) et Europol (trois cas); relève toutefois que les agences, notamment l’ECDC, l’ECHA, l’AESM, l’ENISA, l’AFE, la FRA et Frontex, ne collectent pas toutes des données liées aux cas de syndrome d’épuisement professionnel pour des raisons de protection des données; se dit préoccupé par l’absence de collecte de données à caractère médical, qui sont importantes pour suivre le bien-être mental du personnel des agences; invite instamment les agences à prendre des mesures immédiates pour faire face au nombre croissant de cas d’épuisement professionnel parmi le personnel; constate que plusieurs employés ont effectué des heures supplémentaires dans 19 agences en 2022 (contre 13 en 2021); note en particulier qu’un nombre important d’employés ont effectué des heures supplémentaires à l’EFSA (81 % du personnel) et à Eurofound (97 % du personnel); rappelle à cet égard qu’il importe d’élaborer une politique des ressources humaines à long terme, y compris des structures de soutien en matière de santé mentale, qui garantisse une approche globale de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, y compris des dispositions relatives au télétravail et à l’évolution de carrière; souligne en outre l’importance de préserver la santé mentale et le bien-être du personnel; |
| 106. | note que le directeur de l’EIT, s’exprimant au nom du réseau des agences de l’Union, a convenu, le 4 décembre 2024, devant la commission du contrôle budgétaire, de mener des recherches sur les types de contrats du personnel de nettoyage qui travaille dans les agences décentralisées; demande au réseau des agences de l’Union européenne d’informer l’autorité de décharge des types de contrat du personnel de nettoyage qui travaille dans les agences décentralisées, y compris la proportion de contrats à long terme et à court terme; |
| 107. | soutient les efforts continus déployés par Frontex pour renforcer l’action de son officier aux droits fondamentaux, notant l’emploi de 46 contrôleurs des droits fondamentaux en 2023; souligne qu’il importe de veiller à ce que tous les contrôleurs des droits fondamentaux soient recrutés au grade AD, afin de renforcer encore leurs capacités et leur indépendance; reconnaît que Frontex a pris des mesures importantes pour répondre aux avis de l’officier aux droits fondamentaux, en particulier sur des questions telles que l’intégration de la dimension de genre et la traite des êtres humains; |
| 108. | constate qu’en 2023, le taux de rotation du personnel était supérieur à 5 % dans 18 agences sur 33 (Cedefop, CEPOL, ABE, AECP, EIGE, AEAPP, EIT, AET, EUDA, ETF, AUEA, eu-LISA, Eurofound, Eurojust, Europol, EUSPA) et que, dans trois d’entre elles, ce taux a dépassé 10 % (Office de l’ORECE, CdT, Eurojust); félicite les agences qui ont pris des mesures ciblées en vue d’éviter un taux de rotation élevé du personnel; souligne qu’il importe que toutes les agences mettent en place des mesures permettant d’améliorer la gestion et la rétention des talents; compte sur l’EUAN pour faire office d’espace d’échange de bonnes pratiques pour les agences qui en sont membres et, si possible, pour leur permettre d’unir leurs forces en la matière; invite la Commission à soutenir activement les agences dans le recrutement de l’expertise nécessaire à l’exercice de leur mandat, en encourageant une coopération plus étroite avec les universités et les autres institutions pertinentes; |
| 109. | souligne que l’équilibre géographique continue de constituer un point problématique pour plusieurs agences, dans lesquelles des pourcentages considérables de membres de leur personnel sont des ressortissants des États membres où elles sont situées; |
| 110. | reconnaît que pour attirer les talents et assurer la diversité géographique du personnel, les spécificités propres à chaque agence sont importantes (situation, infrastructures, possibilités scolaires, domaine d’action) tout comme les facteurs limitatifs externes (concurrence avec le secteur privé, précarité de l’emploi due aux contrats à durée déterminée, coefficients correcteurs peu élevés, notamment); prend acte avec satisfaction, dans le rapport de suivi de la décharge relative à l’exercice 2021 de l’EUAN, des actions prises par l’EUAN pour remédier au manque d’attrait et pour améliorer la représentativité du personnel des agences en termes d’âge, de sexe et d’origine géographique; |
| 111. | rappelle que les agences situées dans des pays dotés de coefficients correcteurs relativement faibles ont en permanence des difficultés à attirer des agents qualifiés et diversifiés sur le plan géographique; invite la Commission à analyser cette question avec l’État membre concerné et à envisager le recours à des incitations économiques pour contribuer à atténuer le problème; rappelle en outre que le coefficient correcteur met en pratique le principe général d’égalité de traitement; |
| 112. | souligne que certaines agences font largement appel à des consultants externes, principalement en informatique mais aussi dans les domaines relevant de leurs compétences principales, ce qui représente une part importante de leur budget opérationnel (par ex. ACER, ETF, AET, etc.); invite toutes les agences à donner la priorité au personnel permanent plutôt qu’à des consultants externes et à des agents contractuels, et ce afin de garantir de bonnes conditions de travail et d’éviter la perte de connaissances et d’expérience; invite en outre les agences à prévenir la précarité de l’emploi due aux contrats à court terme et à donner la priorité à l’emploi à long terme; demande à cet égard que les agences disposent d’une certaine souplesse pour convertir les postes d’experts nationaux détachés (END) en postes d’agents temporaires, en assurant le maintien de l’expertise, la fonctionnalité opérationnelle et la continuité des activités; insiste en outre sur la nécessité d’éviter l’externalisation des tâches à des sociétés de conseil lorsque le savoir-faire disponible peut être trouvé en interne; |
| 113. | reconnaît les progrès accomplis au sein des agences sur la voie de l’équilibre hommes-femmes au sein de leur personnel: demande que les efforts soit renforcés pour garantir l’équilibre entre les hommes et les femmes au niveau de l’encadrement supérieur, et pour intégrer la dimension d’égalité entre les genres de manière systématique dans toutes les politiques, procédures et activités des agences; |
| 114. | invite les agences à fixer des objectifs et des calendriers clairs pour parvenir à l’équilibre hommes-femmes et à la diversité géographique au sein de l’encadrement supérieur et des organes décisionnels, et à rendre systématiquement compte des progrès accomplis; |
| 115. | constate une amélioration de l’équilibre hommes-femmes en 2023 par rapport à 2022 au niveau de l’encadrement supérieur et intermédiaire (31) et au niveau des membres du conseil d’administration (32); constate que, d’une manière générale, l’équilibre hommes-femmes indiqué pour le personnel (33) n’a pas changé; encourage l’ACER, l’Office de l’ORECE, le Cedefop, l’ECDC, l’ECHA, l’EFSA, l’AEAPP, l’OEDT, l’AESM, l’ENISA, l’AFE, l’eu-LISA, l’AET, Europol, l’AUEA, l’EUSPA et Frontex à aider les femmes à se porter candidates à des postes d’encadrement; demande une nouvelle fois à la Commission et aux États membres de respecter l’équilibre hommes-femmes lors de la désignation et de la nomination des membres de l’encadrement ou des conseils d’administration; rappelle l’ambition des agences de s’aligner sur la Commission en vue d’atteindre un équilibre hommes-femmes de 50 % à tous les niveaux de leur encadrement d’ici à la fin de l’année 2025; invite les agences à continuer à prendre ces aspects en considération pour tous les recrutements futurs de personnel et à s’employer à améliorer l’équilibre hommes-femmes au sein de leur personnel d’encadrement supérieur; |
| 116. | invite instamment les agences décentralisées à renforcer les politiques d’égalité entre les genres à tous les niveaux, en garantissant l’égalité des chances en matière de recrutement, de progression de carrière et de conditions de travail pour l’ensemble du personnel; encourage toutes les agences à adopter et à mettre en œuvre des stratégies solides en matière de diversité et d’inclusion, promouvant l’équité et l’équilibre et garantissant l’égalité des chances et la représentation des femmes et des minorités aux postes de direction; invite les agences à élaborer des stratégies globales pour évaluer les progrès accomplis et recenser les domaines à améliorer; rappelle que le Parlement évaluera si ces principes sont respectés dans le cadre de la procédure de décharge annuelle; |
| 117. | note que toutes les agences ont mis en place des mesures en vue d’améliorer le bien-être au travail et l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle des membres de leur personnel; constate que la quantité de mesures ainsi que leur influence varient considérablement d’une agence à l’autre et qu’aucun cadre commun de référence ne semble exister entre les agences; invite l’EUAN à coordonner la définition d’un cadre commun de référence à cet égard; relève avec satisfaction qu’une grande majorité des agences ont mis en place des mesures d’intégration des personnes handicapées; encourage les agences à maintenir les bonnes pratiques en matière de bien-être du personnel, d’inclusion et d’intégration des personnes handicapées et à continuer à favoriser l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, ainsi que l’apprentissage tout au long de la vie et l’évolution de carrière; souligne qu’il importe de renforcer les efforts pour parvenir à un équilibre entre les hommes et les femmes et à un équilibre géographique parmi le personnel institutionnel et dans les postes d’encadrement supérieur; souligne le rôle utile que les échanges de bonnes pratiques peuvent jouer dans le domaine de la gestion du personnel; invite les agences à dispenser des formations pertinentes à intervalles réguliers à leur personnel; |
| 118. | encourage toutes les agences à mettre en œuvre une politique de sauvegarde de la dignité personnelle et de prévention du harcèlement psychologique et sexuel, et à participer à la task force interagences de conseillers confidentiels; demande, à cet égard, que le personnel des agences de l’Union suive la mise en place d’une formation préventive obligatoire en matière de lutte contre le harcèlement; constate avec inquiétude que, selon les réponses au questionnaire standard, l’ENISA a informé l’autorité de décharge que deux enquêtes administratives relatives à des allégations de harcèlement étaient ouvertes en 2023; elle a en outre indiqué que l’une d’elles avait été close en 2024 après réception d’un rapport final de l’OLAF; attend de l’Agence qu’elle assure un suivi approfondi des dossiers en cours et qu’elle prenne des mesures fortes pour prévenir tout cas similaire à l’avenir; invite les agences à faire régulièrement rapport, au moyen du rapport de suivi, sur les progrès réalisés dans ce domaine; |
| 119. | note qu’un conflit d’intérêts apparent peut présenter un risque pour la réputation de l’agence et doit être traité, même s’il s’avère qu’il n’est pas fondé; |
| 120. | prie instamment toutes les agences de renforcer la prévention et la gestion des conflits d’intérêts, notamment grâce à des déclarations d’intérêts systématiques des cadres supérieurs, des experts externes et des membres du conseil d’administration, publiées de manière proactive et accessible; |
| 121. | souligne l’importance de préserver l’indépendance des agences de l’Union européenne de toute influence indue de l’industrie afin de maintenir la confiance du public dans leur processus décisionnel; s’inquiète des lacunes réglementaires et des conflits d’intérêts potentiels au sein de certaines agences; met en évidence les problèmes liés aux liens étroits avec l’industrie et les rapports faisant état d’une influence indue, qui passe notamment par un «pantouflage» entre les institutions publiques et les entreprises privées; souligne la nécessité d’une plus grande transparence, de mécanismes de contrôle plus solides et d’un engagement ferme à donner la priorité à la santé et à la sécurité publiques plutôt qu’à des intérêts financiers; |
| 122. | relève que, pour 2023, la Cour n’a signalé aucun cas important de conflits d’intérêts, à l’exception de Frontex et de l’OEDT; |
| 123. | considère qu’à l’heure actuelle, la plupart des agences ont mis en place des procédures solides et exhaustives pour sensibiliser aux conflits d’intérêts et les prévenir, en assurant comme il se doit les parties prenantes et le public de l’indépendance des membres de leur personnel; |
| 124. | note avec satisfaction la collaboration étroite avec les agences chargées de la justice et des affaires intérieures, notamment la conclusion d’un nouvel accord de travail avec l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), l’ouverture de 15 nouveaux dossiers dans lesquels Eurojust a soutenu le Parquet européen, ainsi que la coopération sur 42 affaires avec l’Agence de l’Union européenne pour la coopération des services répressifs (Europol); souligne qu’Eurojust a lancé un projet pilote pour l’échange systématique et structurel de données à des fins de détection des liens, qui sera réexaminé au cours du premier semestre de 2024; se félicite du plan d’action 2022-2023 d’Eurojust-OLAF pour lutter contre les crimes qui affectent les intérêts financiers de l’Union européenne; |
Contrôle interne
| 125. | note avec inquiétude les conclusions de la Cour relatives aux systèmes de gestion et de contrôle en ce qui concerne neuf agences, à savoir l’EMA, Europol, l’EUSPA, Eurofound, l’EIT, Eurojust, l’ACER, l’ENISA et l’AEE; |
| 126. | souligne que, dans le cas d’Europol et de l’EIT, deux des trois observations ont donné lieu à des paiements irréguliers en 2023; |
| 127. | rappelle qu’en 2022, la Cour avait conclu qu’Europol avait remboursé de manière irrégulière la TVA à des autorités publiques en la considérant comme un coût éligible et qu’en 2023, un tel remboursement a atteint un montant total de 279 900 EUR; se félicite de la décision d’Europol de ne plus considérer la TVA comme un coût éligible pour les nouvelles subventions de fonctionnement; |
| 128. | relève que, dans le cas de l’EIT, une des observations justifie une opinion avec réserve sur la légalité et la régularité des paiements sous-jacents aux comptes qui a été décrite à la rubrique «Vue d’ensemble des résultats d’audit» de la présente résolution; |
| 129. | est préoccupé par le fait que la deuxième observation de la Cour relative à l’EIT porte sur le passage de l’Institut à une structure de conventions de subventions pluriannuelles, mais que les procédures et les lignes directrices pour la réalisation de contrôles ex post sur les paiements de subventions n’ont pas encore été actualisées pour tenir compte des implications; salue le fait que l’EIT travaille déjà à la mise à jour de son dispositif de vérification ex post afin de prendre en compte ces implications; |
| 130. | est conscient qu’au cours du premier trimestre de 2023, l’EMA a réalisé une migration de données mais n’a pas respecté les délais pour 48 inspections vétérinaires, et que des retards considérables dans l’émission de factures n’ont ainsi pas été consignés dans le registre des exceptions et des recettes ont été comptabilisées de manière incorrecte; relève que cela est contraire au règlement financier de l’EMA et révèle une faiblesse dans ses systèmes de gestion et de contrôle; prend acte de l’intention de l’EMA d’améliorer le processus dans le contexte de la mise en œuvre du nouveau règlement relatif aux redevances; |
| 131. | relève qu’Eurofound a effectué un paiement de 38 600 EUR lié à un marché relatif à l’évaluation de la qualité des données d’enquête, sans recueillir certaines pièces justificatives essentielles concernant les éléments livrables prévus par le marché; |
| 132. | constate qu’en 2023, Eurojust a observé une augmentation des opérations non standard classées comme des exceptions ou des cas de non-conformité, leur nombre passant de 43 à 71 et le montant total correspondant augmentant de 294 000 EUR à 566 400 EUR par rapport à 2022; prend acte de la réponse d’Eurojust à l’observation, selon laquelle la majeure partie des cas de non-respect en 2023 était imputable à un seul cas concernant une subvention d’une équipe commune d’enquête (ECE); relève que, selon l’agence, cette hausse est principalement due à des ressources humaines insuffisantes et à un manque d’efficacité des processus internes, et salue le fait qu’Eurojust a remédié au problème en 2024 en révisant la procédure actuelle d’enregistrement et de signalement des cas de non-respect; |
| 133. | note que le directeur exécutif de l’EUSPA avait confirmé le démarrage anticipé d’activités de surveillance avant la signature d’une convention de subvention et que les activités ont donc eu lieu sans être couvertes par un engagement budgétaire; souligne que cela n’a été consigné ni dans le registre des exceptions ni dans le rapport annuel d’activités, ce qui est contraire aux dispositions du règlement financier; relève que l’EUSPA fait valoir qu’il n’était pas nécessaire d’inscrire le démarrage anticipé d’activités sans engagement budgétaire dans le registre des exceptions mais qu’elle reconnaît que le cas n’a pas été signalé dans le rapport annuel d’activités comme il aurait dû l’être; |
| 134. | prend acte de la nomination par l’ACER d’un nouveau comptable, qui était également le chef d’équipe du département du budget, des finances et des marchés publics, en violation du règlement financier de l’ACER, qui dispose que les fonctions de l’ordonnateur et du comptable sont séparées; est conscient que, depuis le 1er mai 2024, une réorganisation a eu lieu et la cheffe de l’équipe «Budget, finances et marchés publics» a été libérée de ses fonctions de direction d’équipe; |
| 135. | note qu’en septembre 2023, le directeur exécutif de l’ENISA a autorisé 15 agents intérimaires à exercer des fonctions dans le circuit financier sans consentement préalable et en violation de la réglementation; est conscient que, selon la réponse de l’agence, l’ENISA a eu recours à des agents intérimaires et des END en raison des besoins opérationnels et du manque de ressources et qu’elle demandera à déroger aux règles financières si le manque de ressources persiste; |
| 136. | note par ailleurs que le comptable de l’ENISA exerçait en même temps la fonction de coordinateur du contrôle interne, ce qui est contraire à la réglementation qui prévoit la séparation de ces fonctions; relève que l’ENISA prend note de l’observation mais considère que les rôles de coordinateur du contrôle interne et de comptable ne sont pas nécessairement incompatibles, puisque l’ordonnateur n’avait délégué aucun pouvoir au coordinateur du contrôle interne; se félicite du fait que l’ENISA clarifiera les rôles et responsabilités du coordinateur du contrôle interne dans ses processus internes; demande que le Parlement européen soit informé des progrès en question avant le 30 juin 2025; |
| 137. | observe que l’AEE a approuvé des paiements de subventions forfaitaires sans être en mesure de montrer comment le montant avait été calculé, ce dernier risquant donc de ne pas avoir été proportionnel aux services fournis; relève que l’AEE estime que la décision écrite relative au paiement d’une somme forfaitaire est pleinement conforme aux dispositions pertinentes du règlement financier; souligne que l’agence veillera à ce que les montants forfaitaires soient correctement déterminés et consignés dans les cas où les coûts sont déclarés par une entreprise individuelle/un partenaire indépendant dans les CTE (centres thématiques européens) (34); |
| 138. | constate que l’AEE a externalisé à un contractant externe des contrôles financiers ex ante et que la Cour a décelé des lacunes dans les modalités de contrôle; note que, dans sa réponse, l’AEE a pris acte de l’observation de la Cour et a indiqué qu’elle mettrait à jour les procédures applicables aux contrôles ex ante afin de parer à ce risque; |
| 139. | invite les agences à donner suite rapidement et systématiquement aux observations de la Cour et à prendre des mesures correctives concrètes pour remédier aux faiblesses mises en exergue dans le cadre de contrôle interne; demande instamment la mise en place de mesures de responsabilisation plus strictes garantissant que toute déficience persistante donne lieu à des mesures correctives ciblées et à des conséquences en cas de non-conformité répétée; |
Cybersécurité, éthique et transparence
| 140. | attire l’attention sur la nécessité de prendre toutes les mesures de sécurité nécessaires pour préserver l’intégrité en ligne des informations traitées; insiste sur le renforcement de la résistance des agences aux cyberattaques ou aux tentatives d’infiltration, en particulier en provenance de Russie ou de tout autre pays tiers; souligne que la passation conjointe de marchés entre agences dans ce domaine pourrait permettre de réduire les coûts financiers et d’améliorer les résultats; |
| 141. | se félicite de la coopération de la FRA avec l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité (ENISA) en matière de protection de la vie privée et des données tout au long de l’élaboration et de la mise en œuvre des initiatives en matière de cybersécurité, ainsi qu’avec l’eu-LISA pour garantir que la conception et l’utilisation des systèmes informatiques respectent les normes en matière de droits fondamentaux; |
| 142. | note que les agences décentralisées de l’Union européenne ont mis en place divers mécanismes en matière de transparence et d’activités de lobbying dans leurs domaines d’action respectifs; souligne toutefois que, selon la Cour, les agences ne parviennent pas toujours à assurer une transparence satisfaisante et une utilisation des fonds optimale lors des appels d’offres, avec des règles et procédures complexes concernant les marchés publics (35); constate avec inquiétude les problèmes de transparence qui subsistent et qui, à leur tour, affectent la cohérence, l’efficacité et, surtout, la responsabilité; |
| 143. | souligne les progrès positifs accomplis dans la mise en œuvre des objectifs en matière de droits fondamentaux, y compris l’exécution en cours du plan d’action en faveur des droits fondamentaux et l’évaluation indépendante du respect par l’Agence du cadre relatif aux droits fondamentaux, conformément au règlement relatif au corps européen de garde-frontières et de garde-côtes; se félicite du suivi proactif par Frontex des plaintes relatives aux droits fondamentaux, la majorité ayant été rejetée pour irrecevabilité; se félicite de l’engagement renforcé de Frontex en faveur de la transparence et de l’obligation de rendre des comptes; |
| 144. | souligne que, dans un souci de clarté et de transparence, les agences qui perçoivent des recettes propres devraient faire état des mêmes informations d’une manière aisément compréhensible dans leurs comptes annuels définitifs, dans leur rapport annuel d’activités consolidé et dans leur document unique de programmation, ces documents ayant des finalités différentes; |
| 145. | relève par ailleurs qu’en 2023, Frontex a refusé de donner au public l’accès à un rapport de son officier aux droits fondamentaux concernant une opération de Frontex en Albanie (affaire 652/2023/VB), ce qui a donné lieu à une enquête de la Médiatrice; la Médiatrice a estimé que Frontex aurait dû donner accès à certaines parties de ce rapport; salue le fait que Frontex ait accepté la solution proposée par la Médiatrice; |
| 146. | déplore que les agences décentralisées ne soient pas tenues d’appliquer le registre de transparence à des contacts extérieurs; relève toutefois que, conformément à l’accord interinstitutionnel du 20 mai 2021 (36) entre le Parlement européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne sur un registre de transparence obligatoire, les agences peuvent utiliser ce registre sur une base volontaire; |
| 147. | encourage toutes les agences ç faire usage de cette possibilité à titre volontaire et à suivre l’exemple d’eu-LISA et de Frontex, qui sont les deux seules agences à demander à leurs contacts extérieurs tiers de s’inscrire dans le registre de transparence; |
| 148. | souligne que les signataires de l’accord interinstitutionnel promeuvent et encouragent l’utilisation du registre de transparence; rappelle l’appel urgent lancé à toutes les agences décentralisées pour qu’elles utilisent pleinement le registre; |
| 149. | note que l’eu-LISA s’est également concentrée sur la cybersécurité et la lutte contre les menaces dans le domaine du cyberespace, en particulier en procédant aux préparatifs nécessaires aux obligations découlant des nouveaux règlements de l’Union en matière de sécurité de l’information et de cybersécurité; souligne que l’eu-LISA gère et tient à jour une plateforme de suivi de la sécurité, un plan d’incidents de cybersécurité, des livrets de réaction et des modalités d’astreinte 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 afin de garantir une identification et une réaction en temps utile à l’égard des cybermenaces; se félicite du rôle joué par l’eu-LISA dans le soutien aux exercices interagences en matière de cybersécurité, en coopération avec le réseau des agences JAI (JHAAN) (37); souligne l’importance pour les agences décentralisées d’être pleinement capables de se défendre contre les cyberattaques; encourage une coopération plus étroite entre l’eu-LISA et les autres agences afin de mettre en place une réponse collective et plus résiliente à la cybercriminalité; souligne, à cet égard, l’importance de renforcer les mesures de cybersécurité dans toutes les agences, compte tenu des risques croissants de cybermenaces et de violations de données; demande des investissements supplémentaires dans une infrastructure informatique sécurisée et une formation à la cybersécurité pour le personnel de l’agence; invite les agences à présenter un rapport annuel d’évaluation des risques en matière de cybersécurité au Parlement et à la Cour; |
| 150. | invite instamment Frontex à garantir, sans délai, la mise en œuvre intégrale de toutes les recommandations des organes européens d’audit et de contrôle, en particulier celles de l’OLAF et du groupe de travail sur le contrôle de Frontex du Parlement européen, du Médiateur européen, de la Cour et du groupe de travail Frontex sur les droits fondamentaux et les aspects opérationnels juridiques des opérations (GT FRaLO); |
| 151. | relève que toutes les agences disposent d’une politique de dénonciation des dysfonctionnements; invite toutes les agences à veiller à disposer de canaux de signalement spécifiques, sécurisés et efficaces conformément aux exigences pertinentes de la directive (UE) 2019/1937 du Parlement européen et du Conseil (38) sur la protection des lanceurs d’alerte; |
| 152. | plaide pour l’inclusion systématique d’évaluations des risques spécifiques à l’IA dans les audits internes des agences, et ce afin de garantir le respect des lignes directrices éthiques et des normes de cybersécurité de l’Union; demande que le mandat de l’ENISA soit élargi pour inclure une surveillance spécifique des risques liés à l’utilisation de l’intelligence artificielle au sein des agences de l’UE; |
Durabilité, incidence sur l’environnement et inclusion sociale
| 153. | constate que, dans l’ensemble, 11 (39) des 33 agences de l’Union (33 %) ont déjà mis en œuvre le système communautaire de management environnemental et d’audit (EMAS); prend acte avec satisfaction des mesures proactives adoptées par plusieurs agences en vue d’obtenir la certification EMAS dans un avenir proche (40); note que certaines des agences (41) dotées d’un budget plus important n’ont pas communiqué leurs plans en vue de mettre en œuvre l’EMAS à brève échéance; prend note du fait que l’AESA évalue actuellement les instruments d’amélioration systématique et continue des performances environnementales, dont l’EMAS, et qu’elle rendra compte à ce sujet à l’autorité de décharge plus tard dans l’année; |
| 154. | rappelle que le rapport (horizontal) sur la décharge pour l’exercice 2022 soulignait que 14 agences n’avaient toujours pas mis en place de plans internes en matière de durabilité; constate que pour l’exercice 2023, le rapport de la Cour ne fournit pas de chiffres actualisés à cet égard; répète qu’il importe que toutes les agences disposent de plans internes en matière de durabilité; invite instamment les agences à rendre compte à la Commission des performances énergétiques de leurs bâtiments; |
| 155. | encourage la Cour à actualiser régulièrement les chiffres relatifs à la situation des plans internes de durabilité dans les agences; |
| 156. | relève qu’au cours de l’exercice 2023, les agences ont démontré un engagement croissant en faveur d’objectifs liés à l’environnement et à la durabilité; constate que l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) a joué un rôle essentiel dans le suivi des performances environnementales et en matière de changement climatique dans l’Union et dans la communication d’informations à ce sujet; note que des agences telles que la CINEA et l’AEE ont joué un rôle de fer de lance dans la mise en œuvre de programmes en matière de durabilité, en contribuant à des initiatives à l’échelle de l’Union qui visent à réduire l’empreinte carbone et à promouvoir les énergies renouvelables; |
| 157. | constate avec inquiétude que, bien que la tendance globale ait été au progrès, certaines agences ont rencontré des difficultés pour intégrer la durabilité dans leurs stratégies internes en raison d’inefficacités procédurales et d’une allocation insuffisante de ressources; souligne par conséquent qu’un cadre plus cohérent et davantage susceptible de se traduire par des actions s’impose pour garantir la durabilité à long terme des activités des agences; |
Suivi des observations des années précédentes formulées par la Cour
| 158. | note que les «observations» des rapports annuels spécifiques aux agences sont en fait des «recommandations» de la Cour pour lesquelles aucun délai n’est fixé; note que la Cour procède au suivi annuel de ces observations en vérifiant si elles restent «ouvertes» ou si elles sont «closes»; |
| 159. | relève que sur les 116 observations au total formulées par la Cour au cours des exercices précédents à l’intention des agences qui font l’objet de la présente résolution, 58 ont été closes au cours de l’exercice 2023, 53 sont toujours en suspens et cinq ont été partiellement closes; observe que le nombre d’observations en cours varie en fonction des agences, certaines n’en ayant aucune en suspens, comme c’est le cas pour l’Office de l’ORECE, l’ABE, l’ECHA, l’AEE, l’AESM, l’ENISA, l’EU-OSHA, l’EUSPA et Eurofound, tandis que le nombre le plus élevé d’observations en suspens concerne l’eu-LISA (huit observations), Frontex (sept observations) et l’AET (cinq observations); demande à ces agences de prendre des mesures proactives afin de résoudre ces problèmes non résolus; |
| 160. | prend acte du fait que, sur les 53 observations en suspens, six font référence à un niveau élevé de reports (ACER, AET, AECP, eu-LISA, FRA, Frontex); est préoccupé par le fait que, dans le cas de Frontex, cette observation est en suspens depuis 2018; |
| 161. | constate que l’AFE a une observation en suspens depuis 2018 au sujet de la perception de droits et de redevances pour des missions de certification, qui a débuté en 2019; relève que, conformément au règlement, les besoins spécifiques des petites et moyennes entreprises (PME) devraient être pris en compte et l’AFE devrait mettre en place des contrôles efficaces pour vérifier si les demandeurs peuvent être considérés comme des PME; demande à l’agence de rendre compte à l’autorité de décharge de l’état d’avancement de cette question et d’expliquer pourquoi cette observation est toujours en suspens; |
| 162. | constate que l’AESA a accumulé plus de 50 millions d’EUR d’excédent au fil des ans grâce aux activités financées par l’industrie, alors que cela n’est pas prévu par son règlement fondateur; demande à la Commission de proposer une solution au niveau législatif pour résoudre ce problème; |
| 163. | relève que l’ACER a recours à des travailleurs intérimaires pour mener à bien des tâches au long cours afin de suppléer au manque d’agents employés directement par ses soins depuis 2019; invite la Commission à fournir des postes statutaires supplémentaires; |
| 164. | charge sa présidente de transmettre la présente résolution aux agences soumises à la présente procédure de décharge, au Conseil, à la Commission et à la Cour des comptes, et d’en assurer la publication au Journal officiel de l’Union européenne (série L). |
(1) Il existe trois types d’agences de l’Union: les agences décentralisées, les agences exécutives et les autres organismes.
(2) Règlement (UE, Euratom) 2024/2509 du Parlement européen et du Conseil du 23 septembre 2024 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union (JO L, 2024/2509, 26.9.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/2509/oj).
(3) Déclaration commune du Parlement européen, du Conseil de l’Union européenne et de la Commission européenne sur les agences décentralisées du 19 juillet 2012: https://european-union.europa.eu/document/download/d4199ff4-1e3d-45e6-af7e-90cf1a7b10bc_en?filename=joint_statement_on_decentralised_agencies_en.pdf.
(4) «L’avenir des agences de l’UE — La souplesse et la coopération pourraient être renforcées», https://op.europa.eu/webpub/eca/special-reports/agencies-performance-audit-22-2020/fr/index.html.
(5) L’approche commune n’est pas juridiquement contraignante, les institutions sont convenues d’en tenir compte lorsqu’elles prennent des décisions concernant les agences décentralisées.
(6) Centre européen pour le développement de la formation professionnelle, Agence de l’Union européenne sur les drogues, Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité, Agence de l’Union européenne pour les chemins de fer, Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail, Agence de l’Union européenne pour la coopération judiciaire en matière pénale, Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, Institut européen d’innovation et de technologie.
(7) Évaluation des agences de l’UE: Eurofound, Cedefop, ETF and EU-OSHA SWD(2024) 222 final, p. 42, https://www.parlament.gv.at/dokument/XXVII/EU/198502/imfname_11414247.pdf.
(8) Règlement (UE) 2019/1896 du Parlement européen et du Conseil du 13 novembre 2019 relatif au corps européen de garde-frontières et de garde-côtes et abrogeant les règlements (UE) no 1052/2013 et (UE) 2016/1624 (JO L 295 du 14.11.2019, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2019/1896/oj).
(9) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:52024DC0075, troisième partie.
(10) Données correspondant à l’état des recettes et des dépenses pour l’exercice 2023 tel que publié au Journal officiel pour chaque agence à titre individuel.
(11) Déduction faite de l’excédent reporté de l’exercice précédent.
(12) Déduction faite des corrections budgétaires correspondant à l’excédent cumulé.
(13) Troisième document de travail, projet de budget 2023, p. 24.
(14) Troisième document de travail, projet de budget 2023, p. 26.
(15) Troisième document de travail, projet de budget 2023, p. 21.
(16) Réunion de la commission CONT, 4 décembre 2023.
(17) Nouveau système budgétaire, comptable et financier qui a été mis en œuvre en tant que pilote en 2022.
(18) UniSystems Luxembourg et Unisystems systimata pliroforikis/AEMF — affaire T-750/22.
(19) Comptes annuels de l’ABE, p. 26, et rapport de la Cour des comptes sur l’AEMF, p. 139.
(20) Comptes annuels de l’eu-LISA, p. 25.
(21) Comptes annuels de Frontex, p. 37.
(22) Feuille de route sur le suivi de l’approche commune sur les agences décentralisées de l’UE: 5- AB-12-13_Roadmap on the follow up to the Common Approach on EU Decentralised Agencies.pdf.
(23) Commission européenne, document de travail des services de la Commission, Guidelines on key performance indicators (KPI) for directors of EU decentralised agencies, 13.3.2015, p. 3: https://www.eumonitor.eu/9353000/1/j9vvik7m1c3gyxp/vjx64xley4zd.
(24) Rapport spécial de la Cour des comptes européenne 22/2020: «L’avenir des agences de l’UE — La souplesse et la coopération pourraient être renforcées»: https://www.eca.europa.eu/Lists/ECADocuments/SR20_22/SR_Future_of_EU_Agencies_FR.pdf.
(25) Règlement (UE) 2023/2842 du Parlement européen et du Conseil du 22 novembre 2023 modifiant le règlement (CE) no 1224/2009 du Conseil et modifiant les règlements (CE) no 1967/2006 et (CE) no 1005/2008 du Conseil et les règlements (UE) 2016/1139, (UE) 2017/2403 et (UE) 2019/473 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne le contrôle des pêches (JO L, 2023/2842, 20.12.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2023/2842/oj).
(26) Règlement (UE) 2023/2131 du Parlement européen et du Conseil du 4 octobre 2023 modifiant le règlement (UE) 2018/1727 du Parlement européen et du Conseil et la décision 2005/671/JAI du Conseil en ce qui concerne l’échange d’informations numériques dans les affaires de terrorisme (JO L, 2023/2131, 11.10.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2023/2131/oj).
(27) Règlement (UE) 2023/969 du Parlement européen et du Conseil du 10 mai 2023 établissant une plateforme de collaboration visant à soutenir le fonctionnement des équipes communes d’enquête et modifiant le règlement (UE) 2018/1726 (JO L 132 du 17.5.2023, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2023/969/oj).
(28) Règlement (UE) 2016/794 du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2016 relatif à l’Agence de l’Union européenne pour la coopération des services répressifs (Europol) et remplaçant et abrogeant les décisions du Conseil 2009/371/JAI, 2009/934/JAI, 2009/935/JAI, 2009/936/JAI et 2009/968/JAI (JO L 135 du 24.5.2016, p. 53, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2016/794/oj).
(29) Rapport de la Cour des comptes, p. 37. Uniquement les observations qui se réfèrent aux agences faisant l’objet de la présente résolution.
(30) Observations des exercices précédents ayant eu une incidence sur les paiements en 2023: AESA: 1,6 million d’EUR; EIGE: 59 600 EUR; AET: 1,32 million d’EUR et justification de l’opinion avec réserve; ETF, deux observations: 175 500 EUR et 300 600 EUR; Eurojust: 59 300 EUR; AUEA: 123 800 EUR; eu-LISA, trois observations: 7,7 million d’EUR, 1,8 million d’EUR, 0,4 million d’EUR, et justification de l’opinion avec réserve; CEPOL: 85 000 EUR; CdT, deux observations: 17 300 EUR et 257 200 EUR.
(31) 64 % d’hommes et 36 % de femmes (respectivement 67 % et 33 % en 2022); 54 % d’hommes et 46 % de femmes (respectivement 54 % et 46 % en 2022).
(32) 58 % d’hommes et 42 % de femmes (respectivement 60 % et 40 % en 2022).
(33) 54 % d’hommes et 46 % de femmes (respectivement 54 % et 46 % en 2022).
(34) Les centres thématiques européens (CTE) sont des consortiums d’organisations de pays membres de l’AEE apportant une expertise dans un domaine environnemental spécifique et engagées sous contrat par l’AEE pour l’aider dans ses programmes de travail: https://www.eionet.europa.eu/etcs.
(35) Exemple: Autorité bancaire européenne (ABE), rapport de la Cour des comptes, p. 97; Agence européenne pour la sécurité maritime (EMSA), rapport de la Cour des comptes, p. 122; Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), rapport de la Cour des comptes, p. 287.
(36) Accord interinstitutionnel du 20 mai 2021 entre le Parlement européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne sur un registre de transparence obligatoire: http://data.europa.eu/eli/agree_interinstit/2021/611/oj.
(37) Le réseau des agences chargées de la justice et des affaires intérieures (JAI) comprend neuf agences: le CEPOL, l’EASO, l’EIGE, l’OEDT, l’eu-LISA, Eurojust, Europol, la FRA et Frontex.
(38) Directive (UE) 2019/1937 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2019 sur la protection des personnes qui signalent des violations du droit de l’Union (JO L 305 du 26.11.2019, p. 17, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2019/1937/oj).
(39) ABE, ECDC, ECHA, AEE, EFSA, AEAPP, AESM, Europol, Eurofound, ETF et AEMF.
(40) Office de l’ORECE, Cedefop, eu-LISA, EUSPA et EMA.
(41) EIT, Frontex, AUEA et AESA.
ELI: http://data.europa.eu/eli/res/2025/1681/oj
ISSN 1977-0693 (electronic edition)
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