COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 29.1.2025
COM(2025) 26 final
COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS
Rapport annuel 2025 sur le marché unique et la compétitivité
{SWD(2025) 11 final} - {SWD(2025) 12 final}
Introduction
La capacité de l’Union européenne (UE) à se montrer compétitive et à progresser sur la voie du succès au sein de l’économie mondiale en dépit des défis géopolitiques actuels est essentielle à la prospérité de l’Europe. Il lui faut, dans cette optique, faire toute la clarté sur ses forces et ses faiblesses afin d’étayer une stratégie tournée vers l’avenir lui permettant de remédier à ses lacunes, de renforcer ses atouts et de se créer de nouvelles perspectives.
Le marché unique, qui compte près de 450 millions de personnes et 23 millions d’entreprises pour un PIB s’élevant à 17 000 milliards d’EUR, est au cœur de la compétitivité à long terme de l’UE. Il fait de l’UE l’une des trois plus grandes puissances économiques mondiales et pèse environ un sixième de l’économie internationale. Les obstacles qui persistent au sein du marché unique et la charge administrative l’empêchent toutefois de déployer tout son potentiel. L’intégration du marché unique a connu un ralentissement dans sa progression, tandis que des entraves demeurent, en particulier dans le secteur des services. Les entreprises, notamment les PME, font état des difficultés auxquelles elles sont confrontées pour gérer la charge administrative et se conformer à la réglementation édictée par les pouvoirs publics. Ces éléments rendent plus difficile l’exercice d’une activité commerciale et réduisent les possibilités de développement des entreprises.
La compétitivité de l’économie de l’UE est soumise à une pression croissante à plusieurs égards. Elle pâtit des prix structurellement élevés de l’énergie et de l’électricité. Ceux-ci sont actuellement deux à trois fois supérieurs aux prix pratiqués aux États-Unis. Sur la voie de l’investissement, les entreprises européennes éprouvent des difficultés à commercialiser leurs résultats de recherche, car elles sont entravées dans cette démarche par un manque d’investissements publics et privés dans les technologies et les secteurs les plus prometteurs. Le développement et l’adoption de technologies numériques et d’autres technologies avancées accusent par conséquent un retard par rapport aux économies concurrentes. Il s’y ajoute un manque de main-d’œuvre qualifiée. La situation géopolitique de plus en plus instable appelle à accorder une attention particulière aux dépendances stratégiques.
En matière de productivité, l’Europe reste à la traîne par rapport aux États-Unis, mais dispose d’un fort potentiel de rattrapage. La productivité de la main-d’œuvre de l’UE, mesurée par le PIB en SPA par heure travaillée, correspondait à 77,8 % des niveaux américains en 2023 (voir le graphique 1). Ces dernières années, elle a en revanche été supérieure à celle du Royaume-Uni et du Japon, sur le plan tant des niveaux que de la dynamique. Au sein de l’UE, cette moyenne masque des disparités, puisque les États membres qui ont adhéré à l’Union plus récemment rattrapent les niveaux américains.
L’Europe perd de son attractivité en tant que destination propice aux affaires. Depuis 2008, un tiers des sociétés dites «licornes» ont décidé de se réimplanter à l’étranger . Seules 4 des 50 plus grandes entreprises technologiques sont établies dans l’UE et, au cours des cinquante dernières années , aucune des sociétés les plus valorisées de l’Union n’a été créée à partir de zéro , ce qui témoigne d’un manque de dynamisme du marché, d’un climat d’innovation inadéquat et d’obstacles élevés à l’entrée et au développement sur le marché. En conséquence, la confiance dans l’UE en tant que lieu d’activité économique affiche un recul, qui se matérialise par une diminution des investissements directs étrangers et une importante tendance des ménages à investir leurs économies ailleurs. Dans le même temps, les investissements dans des secteurs et des technologies clés pour la compétitivité de l’UE présentent un grand potentiel d’accroissement, qui puise dans les atouts de l’UE, sous réserve de la mise en place des conditions-cadres adéquates.
Le rapport annuel sur le marché unique et la compétitivité dépeint le contexte analytique de la boussole pour la compétitivité, présentée simultanément en tant que première initiative majeure de la nouvelle Commission. Ce rapport vise à poser un diagnostic à l’appui du pacte pour une industrie propre et de la stratégie pour le marché unique. Il se fonde sur les rapports de l’ancien Premier ministre Enrico Letta sur le marché unique, de l’ancien Premier ministre Mario Draghi sur la compétitivité et de l’ancien président Sauli Niinistö sur la préparation. Il répond aux demandes des entreprises visant à placer la compétitivité au centre des priorités de l’UE.
Graphique 1: Évolution de la productivité de la main-d’œuvre dans l’UE et dans d’autres économies avancées.

Documents similaires