Acte préparatoire52025DC0063

RAPPORT DE LA COMMISSION relatif à l’application de l’article 4 du règlement (UE) 2019/1020 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 sur la surveillance du marché et la conformité des produits, et modifiant la directive 2004/42/CE et les règlements (CE) nº 765/2008 et (UE) nº 305/2011

CELEX52025DC0063
TypeActe préparatoire
Datelundi 3 mars 2025

Résumé IA

Ce rapport de la Commission évalue l'application de l'article 4 du règlement (UE) 2019/1020, qui impose la présence d'un opérateur économique établi dans l'UE pour les produits vendus en ligne ou à distance. Il analyse la mise en œuvre de cette obligation par les États membres et son impact sur la surveillance du marché, notamment pour lutter contre les produits non conformes provenant de pays tiers. Le document sert de bilan pour les professionnels du droit français sur l'efficacité de ce mécanisme de responsabilité des opérateurs économiques.

Texte intégral

Bruxelles, le 3.3.2025

COM(2025) 63 final

RAPPORT DE LA COMMISSION

relatif à l’application de l’article 4 du règlement (UE) 2019/1020 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 sur la surveillance du marché et la conformité des produits, et modifiant la directive 2004/42/CE et les règlements (CE) nº 765/2008 et (UE) nº 305/2011


1.Contexte

1.1.Rapport d’exécution

Le présent rapport fait état de l’application de l’article 4 du règlement (UE) 2019/1020 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 sur la surveillance du marché et la conformité des produits, et modifiant la directive 2004/42/CE et les règlements (CE) nº 765/2008 et (UE) nº 305/2011 [ci-après le règlement (UE) 2019/1020]. Un tel rapport est obligatoire, conformément à l’article 42, paragraphe 3 1 , du règlement (UE) 2019/1020. Il doit évaluer en particulier le champ d’application dudit article, ses effets et ses coûts et avantages.

1.2.Le règlement (UE) 2019/1020 sur la surveillance du marché

Le cadre de la surveillance du marché de l’Union relative aux produits visés par certaines législations d’harmonisation de l’Union est prévu par le règlement (UE) 2019/1020. Ce règlement est entré en application le 16 juillet 2021. Les autorités de surveillance du marché des États membres sont tenues de veiller à ce que la législation soit pleinement respectée.

Le règlement (UE) 2019/1020 vise les produits soumis à la législation d’harmonisation de l’Union concernant les produits manufacturés autres que les denrées alimentaires, les aliments pour animaux, les médicaments à usage humain et à usage vétérinaire, les plantes et animaux vivants, les produits d’origine humaine et les produits de plantes et d’animaux se rapportant directement à leur reproduction future. Le règlement (UE) 2019/1020 est par ailleurs étroitement lié au règlement relatif à la sécurité générale des produits 2 , étant donné que certaines dispositions de ce dernier s’appliqueront aux produits visés par le règlement (UE) 2019/1020, et inversement. Le règlement relatif à la sécurité générale des produits entrera en vigueur le 13 décembre 2024.

1.3.Article 4 du règlement (UE) 2019/1020

Afin de garantir la conformité des produits sur le marché de l’Union, l’article 4 du règlement (UE) 2019/1020 prévoit que, pour certains produits, un opérateur économique établi dans l’Union a la responsabilité de certaines tâches précises, définies à l’article 4, paragraphe 3, du règlement. Dans le présent rapport, le terme «opérateur économique responsable» désigne l’opérateur économique chargé des tâches définies à l’article 4.

Quatre types d’opérateur économique peuvent agir en qualité d’opérateur économique visé à l’article 4: un fabricant établi dans l’Union, un importateur (lorsque le fabricant n’est pas établi dans l’Union), un mandataire disposant d’un mandat écrit du fabricant qui le charge d’accomplir les tâches énoncées à l’article 4, paragraphe 3, au nom du fabricant, ou un prestataire de services d’exécution de commandes 3 établi dans l’Union, lorsqu’il n’existe pas de fabricant, d’importateur ou de mandataire établi dans l’Union. De cette manière, les autorités de surveillance du marché disposent d’une personne à qui elles peuvent adresser des demandes, y compris des demandes d’informations concernant la conformité des produits avec la législation d’harmonisation de l’Union, et avec laquelle elles peuvent coopérer pour veiller à ce que des mesures correctives immédiates soient prises pour remédier aux cas de non-conformité. L’article 4 est applicable depuis le 16 juillet 2021. Le 23 mars 2021, la Commission a publié des orientations sur son application pratique, destinées aux opérateurs économiques responsables et aux autorités de surveillance du marché 4 .

La proposition initiale de la Commission 5 concernant le champ d’application de l’article 4 incluait tous les produits harmonisés envisagés à l’annexe 1 et excluait uniquement les produits cosmétiques, les dispositifs médicaux et les produits liés à l’énergie 6 , étant donné que l’existence d’une personne responsable établie dans l’Union était déjà requise pour ces catégories de produits. Au fur et à mesure des discussions menées avec les colégislateurs, des modifications ont été apportées afin que l’article 4 ne concerne que 18 des règlements et directives 7 auxquels le règlement (UE) 2019/1020 s’applique. Cette limitation faisait suite à une analyse fondée sur les risques visant à déterminer les domaines dans lesquels il est jugé nécessaire qu’un opérateur économique responsable agisse en tant qu’interlocuteur des autorités de surveillance du marché 8 . Cette analyse a tenu compte des risques éventuels, du nombre de cas de non-conformité, ainsi que des situations dans lesquelles les produits sont principalement commercialisés par l’intermédiaire de chaînes d’approvisionnement physiques (plutôt qu’en ligne) 9 .

1.4.Méthodes et sources d’information utilisées pour le présent rapport

Conformément à l’article 42, paragraphe 3, du règlement (UE) 2019/1020, le présent rapport met particulièrement l’accent sur l’application de l’article 4. Il ne s’agit pas d’une évaluation complète 10 . Le rapport se fonde sur les données et les informations des années 2021 (depuis le 16 juillet 2021, date à laquelle le règlement (UE) 2019/1020 est entré en application), 2022 et 2023, qui n’ont donc été collectées que deux ou trois ans après l’entrée en application du règlement (UE) 2019/1020.

Le présent rapport se fonde principalement sur des informations provenant de l’étude d’évaluation de la mise en œuvre de l’article 4 du règlement (UE) 2019/1020 sur la surveillance du marché et la conformité des produits, réalisée par Deloitte Consulting pour la Commission européenne entre août 2023 et juillet 2024. Outre des recherches documentaires, cette étude présentait les résultats de consultations ciblées sous la forme d’enquêtes et d’entretiens. Sauf indication contraire, lorsque le présent rapport fait référence aux résultats de l’enquête ou aux résultats «du consultant/de l’étude», il est fait référence à cette étude. Les enquêtes ont été réalisées sur la plateforme EU Survey et portaient sur les autorités de surveillance du marché 11 et les autorités douanières, ainsi que les fabricants, les importateurs, les mandataires, les prestataires de services d’exécution des commandes et les représentants des consommateurs. À l’exception des autorités de surveillance du marché, le consultant n’a pu obtenir qu’un faible taux de réponse parmi les parties prenantes:

Groupe cible

Nombre de réponses à l’enquête

Autorités de surveillance du marché

118 12

Autorités douanières

10

Fabricants

60

Importateurs

2

Mandataires

0

Prestataires de services d’exécution des commandes

1

Représentants des consommateurs

1

Le consultant a également mené des entretiens pour combler les lacunes recensées en matière de données ainsi que pour recueillir des informations pour les études de cas:

Groupe cible

Nombre d’entretiens menés

Opérateurs économiques

3

Autorités de surveillance du marché

10

Autorités douanières

2

Experts

1

Organisations représentatives des consommateurs

3

Au moins une autorité de surveillance du marché de chaque État membre a répondu, mais la répartition des réponses est inégale. L’Allemagne représentait 25 réponses sur 118. Parmi les autres répondants notables figurent l’Espagne (11) et la Finlande (9). En revanche, plusieurs États membres, dont la Belgique, la France, Malte et la Pologne, n’ont donné qu’une seule réponse. Il convient de noter que le nombre d’autorités de surveillance du marché varie considérablement d’un État membre à l’autre, car il dépend de l’organisation et de la structure administrative nationales.

En raison du taux de réponse très faible des opérateurs économiques, le consultant a fait appel à IPSOS 13 afin de recueillir les réponses des fabricants produisant des produits relevant de l’article 4, en Allemagne et en France respectivement. IPSOS a communiqué respectivement 25 réponses de fabricants allemands et 25 réponses de fabricants français, qui figurent dans le premier tableau ci-dessus.

En ce qui concerne les autorités douanières, 10 États membres ont répondu: Belgique, Danemark, Irlande, France, Chypre, Lettonie, Roumanie, Slovaquie Finlande et Suède. Parmi celles-ci, deux autorités (Irlande et Suède) ont accepté un entretien.

Outre l’étude susmentionnée, le présent rapport tient également compte des conclusions tirées de deux projets distincts:

a)une initiative commune lancée par un groupe de travail de l’EUPCN 14 , qui a recueilli des éléments de preuve auprès des autorités de surveillance du marché afin d’évaluer la conformité des produits vendus en ligne aux dispositions formelles de l’article 4, paragraphe 1;

b)l’initiative commune JAHARP2021-10 15 axée sur le rôle des prestataires de services d’exécution des commandes prévus à l’article 4Soutien à l’article 4 du règlement (UE) 2019/1020»).

Ainsi qu’il ressort des informations ci-dessus, les données utilisées pour l’analyse figurant dans le présent rapport sont quelque peu limitées. Étant donné que le rapport est réalisé relativement peu de temps après l’entrée en application du règlement (UE) 2019/1020 et qu’il faut du temps aux autorités de surveillance du marché et aux autres parties prenantes pour s’adapter aux nouvelles dispositions, les données et l’expérience pratique sont limitées. La plupart des données concrètes recueillies par le consultant remontent à 2022. En outre, alors que le consultant, comme expliqué ci-dessus, souhaitait étudier plusieurs catégories de parties prenantes, le taux de réponse n’a pu être considéré comme satisfaisant que pour les autorités de surveillance du marché.

2.Mise en œuvre des dispositions de l’article 4

2.1.Mesures d’application

2.1.1.Les autorités de surveillance du marché ont-elles contrôlé l’application des dispositions de l’article 4?

Les autorités de surveillance du marché ont effectué des contrôles de la conformité à l’article 4 (normalement en vérifiant que l’opérateur économique responsable est indiqué sur le produit), soit sous la forme de mesures distinctes, soit dans le cadre du contrôle du respect d’autres dispositions de la législation d’harmonisation de l’Union, ce qui est le plus souvent le cas. Selon l’étude, 85 % (92 sur 108) des autorités de surveillance du marché ont effectué des contrôles de la conformité à l’article 4 depuis l’entrée en application du règlement (UE) 2019/1020 16 . Parmi ces 85 %, 20 % (18 sur 92) ont indiqué avoir effectué des contrôles axés principalement sur l’évaluation du respect de l’article 4 17 .

Dans le cas de produits entrant dans l’Union en provenance de pays tiers, les informations visées à l’article 4 ne sont pas directement fournies ou mises à la disposition des autorités douanières dans les déclarations en douane ou de toute autre manière (voir également la section 3 sur la proposition de réforme des douanes). Pour vérifier si les dispositions de l’article 4 ont été respectées, les autorités douanières et les autres autorités désignées pour effectuer les contrôles des produits entrant sur le marché de l’Union 18 n’ont donc pas d’autre choix que de procéder à un contrôle physique du produit, que ce soit de manière aléatoire ou dans le cadre d’autres contrôles. En raison de ce manque d’informations, les douanes ne disposent pas d’informations pertinentes sur les risques pour gérer ceux-ci et ne sont donc pas en mesure de détecter les risques de non-respect de l’article 4. Il s’agit là d’un obstacle important à l’actuel article 4, qui empêche fondamentalement tout contrôle effectif de son application aux frontières extérieures de l’Union, alors qu’il s’agissait clairement d’un objectif essentiel de cet article. Néanmoins, la plupart des autorités douanières (7 sur 10) déclarent effectuer des contrôles de la conformité à l’article 4 19 . Étant donné que la plupart des autorités douanières ayant répondu à l’enquête n’ont pas pris de mesures particulières pour effectuer les contrôles du respect de l’article 4 20 , il semblerait que, comme dans le cas des contrôles réalisés par les autorités de surveillance du marché, les contrôles douaniers du respect de l’article 4 soient effectués principalement dans le cadre d’autres contrôles.

2.1.2.L’article 4 a-t-il été respecté?

Les autorités de surveillance du marché effectuent souvent les contrôles du respect de l’article 4 dans le cadre d’autres contrôles. Lors des contrôles spécifiques au respect de l’article 4 21 , l’opérateur économique responsable n’a pas été indiqué dans 7 % des cas. Dans 5 % des contrôles, les coordonnées d’un opérateur économique responsable établi dans l’Union étaient indiquées, mais lorsque les autorités de surveillance du marché ont contacté cet opérateur économique, il s’est avéré que les informations n’étaient pas correctes (l’opérateur économique n’était pas joignable ou déclinait toute responsabilité) 22 .

Sur la base des réponses des autorités de surveillance du marché, les opérateurs économiques responsables fournissent généralement une adresse postale (84 % des autorités de surveillance du marché l’ont signalé) et une adresse électronique (69 %) ou un numéro de téléphone (40 %) 23 . Plus de la moitié des autorités de surveillance du marché ont déclaré que le non-respect de l’article 4 était plus élevé pour les produits vendus en ligne que hors ligne (nettement plus élevé 35 %, ou légèrement plus élevé 16 %).

Faits de mise en œuvre recueillis dans le cadre d’une initiative conjointe des autorités de surveillance du marché avec l’EUPCN

Une expérience concrète du respect de l’article 4 a été réalisée dans le cadre d’une initiative conjointe lancée par un groupe de travail de l’EUPCN. L’objectif de cette initiative conjointe était d’évaluer la conformité des produits vendus en ligne avec les dispositions formelles de l’article 4, paragraphe 1 (à savoir la présence d’un opérateur économique responsable dans l’Union). À cette fin, elle visait à donner une vue d’ensemble aussi large que possible des produits proposés en ligne aux consommateurs de l’Union par des opérateurs économiques de pays tiers. Les autorités de surveillance du marché de 11 États membres y ont participé. Il leur a été recommandé d’inspecter les offres en ligne pour environ 10 produits différents. L’initiative s’est déroulée de juillet à décembre 2023. Au total, 215 offres en ligne ont été analysées. Elles couvraient 37 % des secteurs de produits concernés par l’article 4.

Dans un premier temps, une demande d’informations sur le fabricant et l’opérateur économique responsable établi dans l’Union visé à l’article 4, paragraphe 1, du règlement (UE) 2019/1020 a été envoyée aux opérateurs économiques (normalement le fabricant) qui ne sont pas établis dans l’Union. Une réponse indiquant l’existence d’un opérateur économique responsable dans l’Union a été reçue dans 43 % des cas. Dans un second temps, une demande d’informations a été envoyée aux opérateurs économiques responsables indiqués, afin de vérifier si cette entité existait réellement et reconnaissait sa responsabilité. L’opérateur économique responsable n’a été confirmé que dans 34 % des demandes envoyées lors de la seconde étape, de sorte que près de deux tiers des indications relatives aux opérateurs économiques se sont révélées incorrectes ou n’ont pas pu être vérifiées parce qu’ils n’ont pas répondu. L’initiative commune a donc montré un faible niveau de conformité avec l’article 4, paragraphe 1, pour les produits vendus en ligne, par rapport au résultat susmentionné dans la présente section, qui englobe d’autres circuits de vente. Globalement, 14 % (31 sur 215) seulement des offres en ligne de pays tiers pouvaient être considérées comme conformes à l’article 4.

En conclusion, malgré un certain degré de conformité avec l’article 4, des difficultés importantes subsistent, concernant en particulier le commerce électronique (qui, dans une large mesure, est le circuit d’approvisionnement visé par l’article 4) ainsi que l’identification et la vérification des opérateurs économiques responsables. Lorsque des contrôles du respect de l’article 4 sont effectués en lien avec des contrôles portant sur d’autres questions de conformité, la situation semble sensiblement différente de celle observée lorsque les contrôles axés sur l’article 4 concernent des produits proposés en ligne à partir de pays tiers.

2.1.3.L’article 4 a-t-il eu des effets sur la conformité globale?

En ce qui concerne les effets de l’article 4 sur la conformité globale (c’est-à-dire le respect de la législation d’harmonisation), ceux-ci ne sont pas évidents sur la courte période d’application de l’article 4. La moitié des autorités de surveillance du marché ayant répondu (50 %, 54 sur 108) n’ont vu aucune modification des niveaux généraux de conformité et de sécurité des produits relevant de l’article 4 par rapport aux autres produits. De plus, 37 % des autorités de surveillance du marché (40 sur 108) n’avaient pas d’avis, ce qui laisserait entendre qu’aucun changement majeur n’a été constaté 24 .

Graphique 1: modification des niveaux de conformité et de sécurité des produits relevant de l’article 4

En moyenne, les autorités de surveillance du marché qui ont répondu à l’enquête du consultant ont constaté des produits non conformes (non-conformité générale) dans 10 % de leurs contrôles environ (11 % en 2019 et 9 % en 2022). Le taux de non-conformité le plus élevé concernait des produits relevant de l’article 4 (12 % en 2019 et en 2022 également) 25 , ce qui conforte l’idée selon laquelle l’article 4 ne semble pas avoir d’effet immédiat sur la conformité générale.

En ce qui concerne les produits vendus en ligne, la plupart des autorités de surveillance du marché (41 d’entre elles, soit 38 %) qui ont pu exprimer un avis n’ont pas observé de changement après 2021 quant à la fréquence des cas de non-conformité générale pour les produits relevant de l’article 4. Au total, 15 % des autorités de surveillance du marché ont répondu que la fréquence des cas de non-conformité pour les produits relevant de l’article 4 et vendus en ligne avait changé: 6 % ont déclaré qu’elle avait légèrement diminué, mais 6 % ont indiqué qu’elle était nettement plus élevée et 4 % légèrement plus élevée.

Il semblerait que, lorsque les autorités de surveillance du marché contactent les opérateurs économiques responsables d’un produit concerné qui présente un risque de non-conformité, ces opérateurs économiques répondent dans la plupart des cas ou dans tous les cas (72 % des autorités de surveillance du marché ayant répondu ont donné cette réponse). Les opérateurs économiques qui ont répondu l’ont fait dans le délai demandé par l’autorité de surveillance du marché dans 75 % des cas, et ils ont également coopéré avec cette autorité dans 73 % des cas 26 . En général, près de la moitié (47 %) des autorités de surveillance du marché ayant répondu n’ont pas pu déterminer si l’application de l’article 4 avait eu une incidence sur la coopération avec les opérateurs économiques. Par contre, 28 % des autorités de surveillance du marché ont déclaré que la coopération avec les opérateurs économiques ne s’était pas améliorée, tandis que 21 % ont indiqué qu’elle s’était légèrement améliorée. Seuls 4 % des autorités de surveillance du marché ont constaté une nette amélioration de la coopération avec les opérateurs économiques 27 .

2.1.4.Aspects pratiques de l’application de l’article 4

Près de la moitié des autorités de surveillance du marché ayant répondu (48 d’entre elles, soit 44 %) n’ont pas jugé difficile l’interprétation de leurs tâches au titre de l’article 4, alors que 21 % d’entre elles ont rencontré des difficultés (seuls 2 % ont estimé que l’interprétation était très difficile) 28 . Parmi les autorités douanières, 4 des 10 autorités ayant répondu n’ont pas estimé que l’interprétation de leurs tâches au titre de l’article 4 était difficile, alors que 30 % l’ont jugé quelque peu difficile 29 . En outre, seuls 3 % 30 des autorités de surveillance du marché ayant répondu ont demandé de l’aide aux services de la Commission au sujet de l’article 4.

Lorsqu’il leur a été demandé de déterminer le type d’opérateur économique responsable pour lequel le respect de l’article 4 posait un problème particulier, 37 % des autorités de surveillance du marché ont indiqué les importateurs, 35 % les prestataires de services d’exécution des commandes, 17 % les mandataires et 11 % les fabricants 31 . Toutefois, en ce qui concerne les questions d’interprétation juridique, de nombreuses autorités de surveillance du marché ont indiqué avoir rencontré des difficultés concernant le prestataire de services d’exécution des commandes et ses tâches, dans l’interprétation des termes «étiquetage» et «expédition» 32 . La consultation des autorités de surveillance du marché et des autres parties prenantes a révélé d’autres problèmes pratiques, tels que l’emplacement des coordonnées de l’opérateur économique responsable.

2.2.Coûts et avantages

2.2.1.Avantages

Les avantages escomptés de l’article 4 comprennent non seulement la facilitation des mesures correctives et l’applicabilité des décisions des autorités de surveillance du marché, mais aussi des conditions de concurrence plus équitables entre les producteurs de l’Union et ceux des pays tiers, grâce à l’effet dissuasif d’une aggravation des risques et des conséquences pour les producteurs de pays tiers qui mettent des produits non conformes sur le marché de l’Union. Comme indiqué à la section 2.1.3, l’article 4 ne semble pas encore avoir eu d’effet dissuasif en termes de diminution de la fréquence des produits non conformes. Selon plusieurs autorités de surveillance du marché, les opérateurs économiques responsables, en particulier les prestataires de services d’exécution des commandes, sont très difficiles à identifier lorsqu’ils ne sont pas mentionnés sur ou avec le produit, et lorsqu’ils le sont, il est difficile de les contacter. Dans la plupart des cas, les efforts supplémentaires déployés par les autorités de surveillance du marché pour identifier et contacter les opérateurs économiques responsables ne donnent aucun résultat. Lors de l’enquête, 4 des 10 autorités douanières ayant répondu n’ont constaté aucun changement concernant le nombre de produits non conformes à la frontière depuis l’entrée en vigueur de l’article 4. De plus, 40 % des autorités douanières ne sont pas en mesure de déterminer s’il y a eu un changement, et les 20 % restants indiquent qu’il y a effectivement eu une augmentation du nombre de cas de non-conformité parmi les produits concernés depuis la mise en œuvre de l’article 4 33 .

2.2.2.Coûts

Alors que la vérification des coordonnées des opérateurs économiques responsables peut prendre un certain temps 34 , 65 % (70 sur 108) des autorités de surveillance du marché n’ont constaté, selon l’enquête du consultant, aucune modification du coût de la surveillance du marché depuis l’entrée en application de l’article 4. Près de 10 % (11 sur 108) ont déclaré que leurs coûts de surveillance du marché avaient légèrement augmenté depuis l’entrée en application de l’article 4. Pour 3 % supplémentaires (3 sur 108), ces coûts ont nettement augmenté. Parmi les quelques autorités de surveillance du marché qui ont signalé des augmentations de coûts dues à l’intégration des obligations énoncées à l’article 4 dans les contrôles réguliers, les motifs étaient liés à l’utilisation de nouveaux outils techniques ou au recrutement de personnel supplémentaire. Les autorités de surveillance du marché ont très rarement mis à disposition un budget supplémentaire afin de garantir le respect de l’article 4 35 . Parmi les autorités douanières, les coûts liés à l’article 4 semblent faibles: 4 des 10 autorités ayant répondu ont indiqué que la vérification des coordonnées des opérateurs économiques responsables n’avait pas entraîné de coûts supplémentaires (tandis que 20 % ont répondu qu’elle avait entraîné certains coûts) 36 . En ce qui concerne les opérateurs économiques, la nature des tâches visées à l’article 4 signifie que, pour les produits conformes, les coûts (principalement l’indication de l’opérateur économique responsable) de la conformité à l’article 4 sont marginaux, même si les très rares réponses reçues à l’enquête montrent que certains opérateurs économiques (les fabricants) estiment que les coûts liés à l’article 4 représentent entre 1 % et 1,5 % 37 des coûts totaux liés à la mise en conformité avec les réglementations de l’Union 38 . Le consultant souligne que ces problèmes d’interprétation peuvent entraîner une surestimation des coûts liés à l’article 4 39 .

2.3.Champ d’application de l’article 4

Le champ d’application de l’article 4 est limité en matière de catégories de produits, de types d’opérateurs économiques responsables et de tâches. Une part notable des parties prenantes ayant répondu à l’enquête (jusqu’à 53 %, selon le type de champ d’application) a choisi la réponse «je ne sais pas» à la question de l’évaluation du champ d’application de l’article 4, ce qui pourrait indiquer un certain manque d’intérêt par rapport au caractère approprié du champ d’application de l’article 4 en ce qui concerne les catégories de produits visées, le type d’opérateurs économiques responsables et les tâches de ces derniers.

2.3.1.Champ d’application de l’article 4 — catégories de produits

Comme mentionné à la section 1.3, le champ d’application de l’article 4 est limité en matière de catégories de produits.

Plus de la moitié (57 sur 108, soit 53 %) des autorités de surveillance du marché ayant répondu ont déclaré ne pas savoir si l’éventail des produits visés était approprié. La grande majorité des autorités de surveillance du marché qui ont répondu «je ne sais pas» ont réellement de l’expérience en matière de contrôle du respect de l’article 4, mais elles ne sont pas certaines des effets d’un élargissement de son champ d’application. En outre, 22 % des autorités de surveillance du marché (24 sur 108) ont répondu que le champ d’application de l’article 4 était approprié sur le plan des produits visés. Si l’expérience concrète avancée par les autorités de surveillance du marché ne semble pas indiquer que ce champ d’application limité pose des problèmes pour la surveillance du marché, 25 % des autorités de surveillance du marché (27 sur 108) ont déclaré que l’éventail des produits visés devrait être élargi 40 . En ce qui concerne les possibilités concrètes d’élargissement du champ d’application, les suggestions faites (par tout au plus 5 % à 10 % des autorités de surveillance du marché pour chaque suggestion) portaient sur l’ajout de catégories de produits particulières ou sur l’élargissement à tous les produits.

Bien que le champ d’application actuel de l’article 4 ne présente pas d’obstacles significatifs selon les autorités douanières, celles-ci reconnaissent que son élargissement à tous les produits harmonisés permettrait de réaliser des gains d’efficacité. L’élargissement de l’article 4 à tous les produits harmonisés simplifierait les contrôles douaniers et améliorerait l’efficience et l’efficacité du profilage et de l’analyse des risques en matière douanière 41 . Il serait également en adéquation avec la démarche adoptée par le règlement relatif à la sécurité générale des produits.

Tant les opérateurs économiques que les organisations représentatives des consommateurs ont exprimé des points de vue mitigés sur les catégories de produits visées par l’article 4. Ces entités n’ont pas formulé de suggestions concernant l’intégration de nouvelles catégories de produits.

2.3.2.Champ d’application de l’article 4 — types d’opérateurs économiques responsables

Comme indiqué à la section 1.3, quatre types d’acteurs peuvent occuper la fonction de l’opérateur économique responsable visé à l’article 4. Les autorités de surveillance du marché ont des avis divergents sur cet aspect du champ d’application de l’article 4. La majorité des autorités de surveillance du marché ayant répondu (41 sur 108, soit 38 %) a exprimé des incertitudes quant à la question de savoir s’il convenait d’ajouter d’autres acteurs, en plus des quatre catégories d’opérateurs économiques responsables énumérées à l’article 4, paragraphe 2 42 . Une part importante des autorités de surveillance du marché (37 %) a déclaré que l’éventail actuel des opérateurs économiques responsables était approprié et qu’aucun autre acteur ne devait être envisagé. Néanmoins, 25 % des autorités de surveillance du marché ayant répondu ont indiqué que le champ d’application de l’article 4 devrait être élargi pour englober davantage de types d’opérateurs économiques 43 . De plus, 13 % des autorités de surveillance du marché (14 sur 108) ont souligné le rôle particulier des fournisseurs de places de marché en ligne. Il ne s’agit pas d’opérateurs économiques, mais certaines autorités de surveillance du marché ont exprimé le souhait de les voir jouer un rôle dans la surveillance du marché. Sur les 25 autorités de surveillance du marché qui ont formulé des suggestions concrètes quant à la participation d’acteurs supplémentaires au titre de l’article 4, 14 (56 % des répondants) ont mentionné les fournisseurs de places de marché en ligne 44 . Dans ce contexte, plusieurs autorités de surveillance du marché ont souligné la possibilité que les fournisseurs de places de marché en ligne vérifient les informations relatives aux opérateurs économiques responsables avant de référencer leurs produits et de publier des offres 45 . En ce qui concerne les parties prenantes autres que les autorités de surveillance du marché, la majorité des opérateurs économiques et toutes les organisations de consommateurs qui ont participé à la consultation ont approuvé l’idée de confier des tâches (par exemple, vérifier que le marquage des produits est conforme aux dispositions de l’article 4) aux fournisseurs de places de marché en ligne.

2.3.3.Champ d’application de l’article 4 — tâches à exécuter par les opérateurs économiques responsables

Les tâches de l’opérateur économique responsable décrites à l’article 4 sont les suivantes: i) vérifier et conserver la documentation des produits, ii) coopérer avec les autorités de surveillance du marché en fournissant des informations et des documents lors des contrôles de conformité, et iii) coopérer avec les autorités de surveillance du marché en cas de rappel du produit. La moitié des autorités de surveillance du marché ayant répondu ont estimé que ces tâches contribuaient à améliorer l’efficacité de leur surveillance du marché.

En outre, 29 % des autorités de surveillance du marché (31 sur 108) ont indiqué que le champ d’application de l’article 4 était approprié et qu’aucune tâche ni responsabilité supplémentaire n’était nécessaire. Néanmoins, 54 % des autorités de surveillance du marché ayant répondu ont déclaré ne pas savoir si les opérateurs économiques responsables devaient assumer des tâches et des responsabilités supplémentaires au titre de l’article 4 46 .

Parmi les autorités de surveillance du marché qui ont pu exprimer un avis, 38 % estiment que des tâches supplémentaires devraient être attribuées aux opérateurs économiques responsables. Elles ont suggéré, par exemple, de rendre ces opérateurs économiques responsables de la conformité des produits, et de leur donner les moyens de prendre des mesures correctives telles que la publication d’avertissements de sécurité, le retrait des produits du marché, le rappel des produits auprès des utilisateurs finaux et la vérification de l’exactitude des informations relatives à la conformité (plutôt que de simplement confirmer la présence de celles-ci). Une des trois organisations représentatives des consommateurs interrogées a également déclaré que la sécurité des produits devrait incomber aux opérateurs économiques responsables 47 .

3.Élaboration de politiques liées

Le règlement relatif à la sécurité générale des produits aura des effets sur l’article 4 de trois manières au moins:

a)Les opérateurs économiques qui mettent des produits visés par l’article 4, ou par le règlement relatif à la sécurité générale des produits, à disposition sur le marché au moyen d’une vente à distance, y compris en ligne, devront indiquer l’opérateur économique responsable lorsque ledit règlement entrera en application le 13 décembre 2024 [article 2, paragraphe 1, en liaison avec l’article 19, points a) et b), dudit règlement]. En outre, les fournisseurs de places de marché en ligne seront tenus de concevoir et d’organiser leur interface en ligne de manière à permettre à ces professionnels d’afficher les coordonnées de l’opérateur économique responsable [article 22, paragraphe 9, points a) et b), du règlement relatif à la sécurité générale des produits] et à garantir que les informations s’affichent ou qu’elles sont aisément accessibles aux consommateurs à l’endroit où le produit est référencé.

b)L’article 16 du règlement relatif à la sécurité générale des produits élargira l’application de l’article 4, paragraphes 2 et 3 du règlement (UE) 2019/1020 à tous les produits non visés par la législation d’harmonisation.

c)L’article 16 du règlement relatif à la sécurité générale des produits prévoira également des tâches de contrôle de conformité régulières supplémentaires pour les opérateurs économiques responsables concernés en rapport avec ces produits non harmonisés. Ces contrôles comprendront également des contrôles de sécurité (vérifications par rapport à la documentation technique).

Les dispositions du règlement sur les services numériques 48 relatives aux fournisseurs de plateformes en ligne peuvent contribuer à résoudre le problème de la non-conformité des produits vendus sur les plateformes en ligne qui permettent aux professionnels de conclure un contrat à distance avec les consommateurs (c’est-à-dire les places de marché en ligne), étant donné qu’elles prévoient l’attribution à ces derniers de tâches spécifiques qui jouent un rôle essentiel dans la surveillance du marché. Conformément à l’article 30 du règlement sur les services numériques, les fournisseurs de plateformes en ligne ne peuvent autoriser l’offre de produits aux consommateurs sur leur plateforme que si le professionnel a fourni des informations précises à la plateforme, notamment son nom, ses coordonnées, son numéro d’identification, les coordonnées de son compte de paiement, son registre du commerce et son numéro d’enregistrement ou un moyen d’identification équivalent (lorsque le professionnel est inscrit à un registre du commerce ou à un registre public similaire), ainsi qu’une autocertification par laquelle le professionnel s’engage à ne fournir que des produits ou services conformes aux règles applicables du droit de l’Union 49 . Tant les coordonnées du professionnel que l’autocertification de conformité doivent être mises à la disposition des destinataires du service par le fournisseur de la plateforme en ligne 50 , qui doit également tout mettre en œuvre pour évaluer si les informations fournies sont fiables et complètes.

En outre, l’article 31 du règlement sur les services numériques fait obligation aux places de marché de concevoir leur service de manière à permettre aux professionnels de se conformer aux obligations qui leur incombent en vertu, par exemple, de la législation en matière de protection des consommateurs ou de surveillance du marché, telles que l’identification de la personne responsable ou de l’opérateur économique pour chaque produit proposé. Cette disposition permettra aux consommateurs de savoir qui est responsable du produit qu’ils achètent.

Afin de soutenir les autorités de surveillance du marché dans un contexte d’essor du commerce électronique 51 , la Commission a lancé le métamoteur eSurveillance, une application visant à faciliter les contrôles de surveillance du marché pour les produits vendus en ligne. Cette application recense les offres de produits notifiées dans Safety Gate, le système d’alerte rapide de l’Union pour les produits non alimentaires dangereux qui sont toujours disponibles en ligne. Le système permet la détection automatique des produits et la création de demandes de retrait automatiques par les autorités de contrôle.

En outre, la Commission travaille actuellement à la création d’un autre métamoteur pour détecter les produits non conformes ou dangereux vendus en ligne. Cet outil analyse les descriptions de produits et les avis des clients afin de détecter des mots-clés précis qui pourraient indiquer la non-conformité de produits vendus sur des sites de commerce en ligne. La phase pilote s’est déroulée en 2023 et a été couronnée de succès. La deuxième phase de développement a lieu en 2024 et comprend la mise au point de nouvelles fonctionnalités d’intelligence artificielle. L’outil devrait être pleinement utilisable en 2025 et sera mis à la disposition de toutes les autorités de surveillance du marché intéressées.

Enfin, pour remédier au manque d’informations pertinentes à la disposition des autorités douanières en ce qui concerne la conformité des produits, la Commission a intégré dans sa proposition de réforme douanière 52 l’obligation de fournir ou de mettre à la disposition des autorités douanières certaines données utiles aux contrôles de conformité des produits aux frontières extérieures de l’Union, qui constituera une nouvelle condition de la mise en libre pratique. Les données supplémentaires porteront sur l’importateur, le fabricant, le fournisseur du produit lorsque celui-ci est différent du fabricant, «l’opérateur économique responsable dans l’Union conformément à l’article 4 du règlement (UE) 2019/1020 et à l’article 16 du règlement (UE) 2023/988», ainsi que sur la législation applicable au produit. Si la nouvelle obligation est maintenue après l’adoption de la proposition par les colégislateurs, elle permettra de gérer les risques et d’effectuer des contrôles fondés sur les risques concernant le respect de l’article 4, y compris dans le cas du commerce électronique.

4.Conclusions

Les observations exposées dans le présent rapport indiquent que les autorités de surveillance du marché et les autorités douanières appliquent l’article 4, bien qu’avec certaines difficultés et certains problèmes de non-conformité, comme expliqué précédemment. L’application de l’article 4 semble n’avoir entraîné que des hausses marginales des coûts pour les autorités ou les opérateurs économiques. Il n’existe toutefois pas encore de signes concrets indiquant que son entrée en vigueur a contribué à améliorer la conformité globale, même si l’on peut avancer que le non-respect de l’article 4 est susceptible de signaler un risque de non-conformité générale, étant donné qu’un produit qui ne respecte pas une règle formelle claire (telle qu’une obligation d’information ou de marquage) pourrait également présenter un risque de non-conformité plus grave 53 .

En ce qui concerne le commerce électronique, les résultats du rapport indiquent en outre que le non-respect de l’article 4 était plus élevé pour les produits vendus en ligne que hors ligne. Une grande partie des autorités de surveillance du marché ayant répondu ont souligné en particulier le rôle des fournisseurs de places de marché en ligne. Ces derniers ne sont pas des opérateurs économiques, mais certains répondants ont suggéré qu’ils soient davantage pris en considération dans les procédures de surveillance du marché (par exemple, il a été proposé que les fournisseurs de places de marché en ligne puissent participer à la vérification des indications fournies par les opérateurs économiques responsables des produits qui sont mis à disposition sur la plateforme).

Il convient de garder à l’esprit que l’article 4 n’a été appliqué que pendant une période relativement courte et que les informations recueillies à l’appui du présent rapport étaient limitées. À mesure que les parties prenantes acquerront davantage d’expérience en la matière, des routines et des procédures seront mises au point, qui pourraient améliorer l’application des dispositions et le contrôle de cette application. En outre, depuis son adoption, une nouvelle législation a été proposée ou adoptée et est entrée en vigueur, ce qui, combiné à l’article 4, devrait produire des résultats positifs pour améliorer la situation:

-Les obligations qui incombent aux fournisseurs de places de marché en ligne en vertu du règlement sur la sécurité générale des produits et du règlement sur les services numériques (indication obligatoire de l’opérateur économique responsable dans les offres en ligne) peuvent contribuer à résoudre le problème de la non-conformité des produits vendus sur les plateformes en ligne, une fois que le règlement relatif à la sécurité générale des produits entrera en application et que le règlement sur les services numériques donnera des résultats positifs quant à l’indication en ligne des opérateurs économiques responsables. D’un autre côté, le règlement relatif à la sécurité générale des produits pourrait compliquer la question de la conformité pour les opérateurs économiques, étant donné qu’il élargit le champ d’application de l’article 4 et prévoit de nouvelles tâches pour les opérateurs économiques responsables.

-La réforme douanière propose une nouvelle obligation de fournir aux douanes ou de mettre à la disposition des douanes certaines données, notamment celles relatives à l’opérateur économique responsable dans l’Union, conformément à l’article 4. Cette obligation devrait améliorer la gestion des risques et la conformité des produits, étant donné que la réforme permet d’effectuer des contrôles fondés sur les risques aux frontières extérieures de l’Union, relatifs aux produits entrant sur le marché de l’Union qui relèvent de l’article 4. Avant la réforme proposée, ces informations n’étaient pas communiquées aux autorités douanières.

Conformément à l’article 42, paragraphe 1, du règlement (UE) 2019/1020, la Commission procède à une évaluation complète du règlement (UE) 2019/1020 au plus tard le 31 décembre 2026. Cette évaluation portera également sur l’article 4, et davantage de données et d’expérience pratique en matière de mise en œuvre devraient être disponibles d’ici là. L’évaluation de 2026 s’appuiera donc sur le présent rapport et tiendra compte de l’application du règlement relatif à la sécurité générale des produits et du développement du commerce électronique (du point de vue, par exemple, de l’augmentation des quantités et de l’apparition de nouveaux modèles commerciaux), entre autres. En outre, la Commission est déterminée à tirer parti des différents outils disponibles dans le cadre d’une approche globale pour relever les défis posés par les plateformes de commerce électronique 54 .



Annexe

L’article 4 ne s’applique qu’aux produits visés par les actes législatifs suivants:

-règlement (UE) nº 305/2011 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2011 établissant des conditions harmonisées de commercialisation pour les produits de construction et abrogeant la directive 89/106/CEE du Conseil (JO L 88 du 4.4.2011, p. 5);

-règlement (UE) 2016/425 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 relatif aux équipements de protection individuelle et abrogeant la directive 89/686/CEE du Conseil (JO L 81 du 31.3.2016, p. 51);

-règlement (UE) 2016/426 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant les appareils brûlant des combustibles gazeux et abrogeant la directive 2009/142/CE (JO L 81 du 31.3.2016, p. 99);

-directive 2000/14/CE du Parlement européen et du Conseil du 8 mai 2000 concernant le rapprochement des législations des États membres relatives aux émissions sonores dans l’environnement des matériels destinés à être utilisés à l’extérieur des bâtiments (JO L 162 du 3.7.2000, p. 1);

-directive 2006/42/CE du Parlement européen et du Conseil du 17 mai 2006 relative aux machines et modifiant la directive 95/16/CE (JO L 157 du 9.6.2006, p. 24);

-directive 2009/48/CE du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2009 relative à la sécurité des jouets (JO L 170 du 30.6.2009, p. 1);

-directive 2009/125/CE du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 établissant un cadre pour la fixation d’exigences en matière d’écoconception applicables aux produits liés à l’énergie (JO L 285 du 31.10.2009, p. 10);

-directive 2011/65/UE du Parlement européen et du Conseil du 8 juin 2011 relative à la limitation de l’utilisation de certaines substances dangereuses dans les équipements électriques et électroniques (JO L 174 du 1.7.2011, p. 88);

-directive 2013/29/UE du Parlement européen et du Conseil du 12 juin 2013 relative à l’harmonisation des législations des États membres concernant la mise à disposition sur le marché d’articles pyrotechniques (JO L 178 du 28.6.2013, p. 27);

-directive 2013/53/UE du Parlement européen et du Conseil du 20 novembre 2013 relative aux bateaux de plaisance et aux véhicules nautiques à moteur et abrogeant la directive 94/25/CE (JO L 354 du 28.12.2013, p. 90);

-directive 2014/29/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 relative à l’harmonisation des législations des États membres concernant la mise à disposition sur le marché des récipients à pression simples (JO L 96 du 29.3.2014, p. 45);

-directive 2014/30/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 relative à l’harmonisation des législations des États membres concernant la compatibilité électromagnétique (JO L 96 du 29.3.2014, p. 79);

-directive 2014/31/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 relative à l’harmonisation des législations des États membres concernant la mise à disposition sur le marché des instruments de pesage à fonctionnement non automatique (JO L 96 du 29.3.2014, p. 107);

-directive 2014/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 relative à l’harmonisation des législations des États membres concernant la mise à disposition sur le marché d’instruments de mesure (JO L 96 du 29.3.2014, p. 149);

-directive 2014/34/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 relative à l’harmonisation des législations des États membres concernant les appareils et les systèmes de protection destinés à être utilisés en atmosphères explosibles (JO L 96 du 29.3.2014, p. 309);

-directive 2014/35/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 relative à l’harmonisation des législations des États membres concernant la mise à disposition sur le marché du matériel électrique destiné à être employé dans certaines limites de tension (JO L 96 du 29.3.2014, p. 357);

-directive 2014/53/UE du Parlement européen et du Conseil du 16 avril 2014 relative à l’harmonisation des législations des États membres concernant la mise à disposition sur le marché d’équipements radioélectriques et abrogeant la directive 1999/5/CE (JO L 153 du 22.5.2014, p. 62);

-directive 2014/68/UE du Parlement européen et du Conseil du 15 mai 2014 relative à l’harmonisation des législations des États membres concernant la mise à disposition sur le marché des équipements sous pression (JO L 189 du 27.6.2014, p. 164).

Des ajouts à cette liste ont été faits après l’adoption du règlement (CE) nº 2019/1020. L’article 4 s’applique également aux règlements suivants:

-règlement délégué (UE) 2019/945 de la Commission du 12 mars 2019 relatif aux systèmes d’aéronefs sans équipage à bord et aux exploitants, issus de pays tiers, de systèmes d’aéronefs sans équipage à bord (JO L 152 du 11.6.2019, p. 1);

-règlement (UE) 2023/1542 du Parlement européen et du Conseil du 12 juillet 2023 relatif aux batteries et aux déchets de batteries, modifiant la directive 2008/98/CE et le règlement (UE) 2019/1020, et abrogeant la directive 2006/66/CE (JO L 191 du 28.7.2023, p. 1);

-règlement (UE) 2024/1252 du Parlement européen et du Conseil du 11 avril 2024 établissant un cadre visant à garantir un approvisionnement sûr et durable en matières premières critiques et modifiant les règlements (UE) nº 168/2013, (UE) 2018/858, (UE) 2018/1724 et (UE) 2019/1020 (JO L 2024/1252 du 3.5.2024).

-En outre, la proposition suivante de la Commission comprend des dispositions qui, si elles étaient adoptées, rendraient l’article 4 du règlement (UE) 2019/1020 applicable aux produits concernés: proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant des conditions harmonisées de commercialisation pour les produits de construction, modifiant le règlement (UE) 2019/1020 et abrogeant le règlement (UE) 305/2011 – COM(2022) 144.

(1)

Comme le prévoit cet article, le rapport devait être présenté au plus tard le 16 juillet 2023. En raison des limitations des données et du fait qu’une publication à cette date aurait eu pour conséquence d’examiner des informations ne portant que sur une année, il a été jugé plus approprié de publier le rapport à ce stade.

(2)

Règlement (UE) 2023/988 du Parlement européen et du Conseil du 10 mai 2023 relatif à la sécurité générale des produits, modifiant le règlement (UE) nº 1025/2012 du Parlement européen et du Conseil et la directive (UE) 2020/1828 du Parlement européen et du Conseil, et abrogeant la directive 2001/95/CE du Parlement européen et du Conseil et la directive 87/357/CEE du Conseil (JO L 135 du 23.5.2023, p. 1).

(3)

Défini à l’article 3, paragraphe 11, du règlement comme «toute personne physique ou morale qui propose, dans le cadre d’une activité commerciale, au moins deux des services suivants: entreposage, conditionnement, étiquetage et expédition, sans être propriétaire des produits concernés, à l’exclusion des services postaux au sens de l’article 2, point 1), de la directive 97/67/CE du Parlement européen et du Conseil, des services de livraison de colis au sens de l’article 2, point 2), du règlement (UE) 2018/644 du Parlement européen et du Conseil, et de tout autre service postal ou service de transport de marchandises».

(4)

JO C 100 du 23.3.2021, p. 1. eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:52021XC0323(01)

(5)

COM 2017(795).

(6)

Les règlements respectifs [le règlement (UE) nº 1223/2009 (article 4), le règlement (UE) 2017/745 (articles 15 et 16), le règlement (UE) 2017/746 (articles 15 et 16) et le règlement (UE) 2017/1369 (article 6)] prévoyaient déjà l’existence d’une personne responsable établie dans l’Union pour ces catégories de produits.

(7)

Veuillez vous reporter à l’annexe pour consulter la liste des actes législatifs concernés.

(8)

Considérant 21 du règlement (UE) 2019/1020.

(9)

Considérant 22 du règlement (UE) 2019/1020.

(10)

Une évaluation complète au sens des lignes directrices pour une meilleure réglementation publiées par la Commission européenne (en anglais uniquement): https://commission.europa.eu/law/law-making-process/planning-and-proposing-law/better-regulation/better-regulation-guidelines-and-toolbox_en .

(11)

Au total, l’Union compte près de mille autorités de surveillance du marché.

(12)

Dix de ces autorités de surveillance du marché concentrent leurs activités sur des produits ne relevant pas de l’article 4 et n’ont pas contrôlé de produits relevant de l’article 4. Par conséquent, elles n’ont pas pu donner leur avis quant à l’application de l’article 4.

(13)

IPSOS est une entreprise multinationale d’études de marché établie en France.

(14)

Réseau de l’Union pour la conformité des produits, établi en vertu du règlement (UE) 2019/1020 afin de structurer la coordination et la coopération entre les autorités de surveillance du marché de l’Union.

(15)

JAHARP – Joint Market Surveillance Action on HARmonised Products 2021 Omnibus – est un ensemble de projets cofinancés par l’Union. Ces projets visent à soutenir l’application du nouveau règlement (UE) 2019/1020 relatif à la surveillance du marché par l’élaboration d’approches communes et de bonnes pratiques.

(16)

Deloitte 5.1.2.A.1, p. 55.

(17)

Deloitte 5.1.2.A.1, p. 55.

(18)

Article 25, paragraphe 1, du règlement (UE) 2019/1020.

(19)

Deloitte 5.1.2.A.2, p. 59.

(20)

Deloitte 5.1.3.A.2 p. 66.

(21)

Les autorités de surveillance du marché qui ont participé à l’enquête ont signalé 29 745 contrôles de ce type en 2022.

(22)

Deloitte 5.1.2.A.1, p. 56.

(23)

Deloitte 5.1.2.A.1, p. 56.

(24)

Deloitte 5.2.A.1, p. 88.

(25)

Deloitte 5.1.2.A.1, tableau 6, p. 58.

(26)

Deloitte 5.1.2.A.1, p. 56.

(27)

Deloitte 5.1.3.A.1, p. 64.

(28)

Deloitte 5.1.4.A.1, p. 71.

(29)

Deloitte 5.1.4.A.2, p. 74.

(30)

Deloitte 5.1.4.A.1, p. 71.

(31)

Deloitte 5.1.5.A.1, p. 80.

(32)

Deloitte 5.1.4.A.1, p. 72.

(33)

Deloitte 5.2.A.2, p. 93.

(34)

Le délai moyen nécessaire à la réalisation d’un contrôle des produits harmonisés actuellement visés par l’article 4 a augmenté entre 2019 et 2022, avec l’intégration des contrôles de la conformité à l’article 4 dans les contrôles généraux.

(35)

Une autorité de surveillance du marché a déclaré l’avoir fait dans l’étude Deloitte (section 5.2.A.1, p. 90).

(36)

Deloitte 5.2.A.4, p. 101.

(37)

Deloitte 5.2.A.3, p. 96.

(38)

Les coûts liés à la vérification de la conformité du produit et de la présence de documents d’accompagnement, tels que la déclaration de conformité, ne devraient normalement pas être considérés comme des coûts liés à l’article 4.

(39)

Deloitte 5.2.B, p. 104.

(40)

Deloitte 5.3.A.1, p 108. Les suggestions d’ajouts semblent généralement correspondre aux secteurs contrôlés par les autorités de surveillance du marché ayant répondu.

(41)

Deloitte 5.3.A.2, p. 113.

(42)

Deloitte 5.3.A.1, p. 109.

(43)

Deloitte 5.3.A.1, p. 109.

(44)

Deloitte 5.3.A.1, p. 110.

(45)

Voir également la section 3 du présent rapport.

(46)

Deloitte 5.3.A.1 p. 111.

(47)

Deloitte 5.3.A.4, p. 113.

(48)

Règlement (UE) 2022/2065 du Parlement européen et du Conseil du 19 octobre 2022 relatif à un marché unique des services numériques et modifiant la directive 2000/31/CE (JO L 277 du 27.10.2022). Le règlement sur les services numériques est entré en application le 17 février 2024, ce qui signifie qu’il n’a pas pu avoir d’incidence sur les résultats présentés dans le présent rapport.

(49)

Article 30, paragraphe 1, du règlement sur les services numériques.

(50)

Article 30, paragraphe 7, du règlement sur les services numériques.

(51)

Selon les données dont dispose la Commission (DG TAXUD), en 2023, 2,3 milliards d’articles n’excédant pas 150 EUR ont été importés dans l’Union, ce qui représente une nette augmentation par rapport aux années précédentes. Le comportement des consommateurs est susceptible d’entraîner de nouvelles augmentations spectaculaires des ventes à distance, y compris de produits directement expédiés depuis des pays tiers. Celles-ci devraient atteindre environ 4 milliards d’envois en 2024, tandis que les importations commerciales traditionnelles (c’est-à-dire vendues dans des magasins physiques) s’élèvent à environ 300 millions par an.

(52)

Article 88, paragraphe 3, point a), de la proposition de RÈGLEMENT DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL établissant le code des douanes de l’Union et l’Autorité douanière de l’Union européenne, et abrogeant le règlement (UE) nº 952/2013 (COM/2023/258 final).

(53)

À titre d’exemple, si aucun opérateur économique responsable n’est indiqué pour un produit visé par la directive relative à la sécurité des jouets, comme l’exige l’article 4, il peut être justifié de vérifier si ce produit respecte les exigences de sécurité de ladite directive.

(54)

Voir les orientations politiques de la présidente pour la période 2024-2029, qui indiquent que la Commission relèvera les «défis posés par les plateformes de commerce électronique, afin de garantir aux consommateurs et aux entreprises des conditions de concurrence équitables fondées sur des contrôles douaniers, fiscaux et de sécurité efficaces et des normes de durabilité». https://commission.europa.eu/document/download/e6cd4328-673c-4e7a-8683-f63ffb2cf648_fr?filename=Political%20Guidelines%202024-2029_FR.pdf