COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 3.3.2025
COM(2025) 64 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS
Quatrième édition du rapport «Perspectives en matière d'air pur»
Quatrième édition du rapport «Perspectives en matière d’air pur»
1.Introduction
Au cours des dernières décennies, grâce à la législation de l’UE en matière de qualité de l’air et aux mesures prises conjointement par l’UE et les autorités nationales, régionales et locales, la pollution atmosphérique dans l’UE a diminué. Les émissions des cinq principaux polluants atmosphériques ont considérablement chuté entre 2005 et 2024. Toutefois, la qualité de l’air reste un sujet de préoccupation majeur pour la santé des citoyens européens, en particulier dans les zones urbaines où les niveaux de pollution restent supérieurs aux niveaux établis dans les lignes directrices de l’OMS, et pour l’état des écosystèmes.
L’approche adoptée par l’UE pour améliorer la qualité de l’air prévoit une intervention dans trois domaines (également dénommés «piliers»). Le premier est constitué par les normes applicables à la qualité de l’air ambiant définies dans la directive révisée sur la qualité de l’air ambiant. Le deuxième consiste à fixer au niveau national des obligations de réduction des émissions au titre de la directive définissant les engagements nationaux de réduction des émissions (directive PEN) pour les principaux polluants atmosphériques transfrontières. Le troisième consiste à fixer dans la législation des normes en matière d’émissions applicables, au niveau de l’UE, aux principales sources de pollution, allant des véhicules aux navires en passant par les activités de production énergétique et industrielle, ainsi que des critères écologiques pour la conception des chaudières et des poêles. La plupart des émissions provenant des activités agricoles ne sont néanmoins pas réglementées.
L’UE a intensifié son action au titre des trois piliers afin de s’adapter aux nouvelles évolutions politiques et scientifiques. En particulier, afin de mettre en œuvre le pacte vert pour l’Europe et de concrétiser l’ambition «zéro pollution» de l’UE pour un environnement exempt de substances toxiques, la directive sur la qualité de l’air ambiant a été révisée afin d’introduire des normes plus ambitieuses en matière de qualité de l’air à l’horizon 2030, qui placeront l’UE sur la voie d’une pollution zéro dans l’air d’ici à 2050 au plus tard. Les normes sont plus étroitement alignées sur les lignes directrices actualisées de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la qualité de l’air concernant les principaux polluants atmosphériques. Ces normes plus ambitieuses en matière de qualité de l’air ambiant obligeront les États membres à réduire davantage leurs émissions de polluants atmosphériques.
Dans le cadre du deuxième pilier, concernant la directive PEN, l’UE effectue depuis 2022 des contrôles annuels afin de vérifier le respect des engagements nationaux en matière de réduction des émissions pris pour la période 2020-2029 pour les cinq polluants atmosphériques transfrontières les plus nocifs. Le premier contrôle de conformité effectué en 2022 sur la base des données relatives aux émissions de 2020 a fait apparaître que des mesures bien plus importantes sont nécessaires, en particulier pour réduire les émissions d’ammoniac.
Le troisième pilier consiste à lutter contre les émissions à la source. À cette fin, plusieurs révisions de la législation ont été finalisées depuis la troisième édition du rapport «Perspectives en matière d’air pur». Ainsi, la norme d’émission «Euro 7» pour les véhicules à moteur neufs a été finalisée, la directive relative aux émissions industrielles a été révisée et, surtout, la suite d’initiatives «Ajustement à l’objectif 55» et REPowerEU a été adoptée. Les travaux de révision des critères d’écoconception applicables aux chaudières à combustibles solides et aux dispositifs de chauffage décentralisés sont toujours en cours.
Cette quatrième édition du rapport «Perspectives en matière d’air pur» évalue les perspectives de réalisation des objectifs fixés dans la directive PEN à l’horizon 2030 et au-delà, en ce qui concerne la réduction des émissions de polluants atmosphériques et de leurs incidences sur la qualité de l’air, la santé, les écosystèmes et l’économie. Elle complète le deuxième rapport sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la directive PEN publié en juillet 2024 en procédant à une analyse prospective. La présente analyse s’appuie sur les révisions législatives susmentionnées et sur la communication relative à un objectif climatique de l’Europe pour 2040 et son analyse d’impact.
La quatrième édition du rapport «Perspectives en matière d’air pur» contribue de manière directe au deuxième rapport de surveillance et de prospective sur la «pollution zéro» de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) et du Centre commun de recherche (JRC), en analysant les probabilités d’atteindre les deux objectifs du plan d’action «zéro pollution» liés à l’air pur. Ces objectifs sont les suivants:
-réduire de plus de 55 % à l’horizon 2030 les incidences de la pollution atmosphérique sur la santé (exprimées en nombre de décès prématurés); et
-diminuer de 25 % la proportion d’écosystèmes dans lesquels la pollution atmosphérique fait peser une menace sur la biodiversité (par rapport aux chiffres de 2005).
Enfin, la quatrième édition du rapport «Perspectives en matière d’air pur» fournit une analyse actualisée destinée à orienter l’évaluation en cours de la directive PEN, qui doit être finalisée d’ici la fin de 2025, et souligne les avantages connexes de la réduction des émissions de méthane pour le climat et la qualité de l’air.
2.État des émissions de polluants atmosphériques et de la qualité de l’air
1.
2.
2.1.Émissions actuelles de polluants atmosphériques et état de la qualité de l’air
Au fil des ans, l’UE a réduit ses émissions pour ce qui est des principaux polluants atmosphériques, bien qu’à des cadences très différentes selon le type de polluant. Comme le montre le graphique 1, l’UE a déjà réduit ses émissions de SO2 de plus de 80 %, de NOx de 50 % et de COVNM et PM2,5 de plus de 30 % depuis 2005. Toutefois, fait inquiétant, les niveaux d’émissions d’ammoniac (NH3), dont plus de 90 % proviennent du secteur agricole, stagnent et ont même augmenté ces dernières années dans certains États membres.
Graphique 1: évolution des émissions de l’EU-27 pour la période 2005-2022 (en pourcentage des niveaux enregistrés en 2005)