COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 4.6.2025
COM(2025) 226 final
Recommandation de
RECOMMANDATION DU CONSEIL
relative aux politiques économique, sociale, de l’emploi, structurelle et budgétaire de la Finlande
{SWD(2025) 226 final}
| CELEX | 52025DC0226 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | mercredi 4 juin 2025 |
COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 4.6.2025
COM(2025) 226 final
Recommandation de
RECOMMANDATION DU CONSEIL
relative aux politiques économique, sociale, de l’emploi, structurelle et budgétaire de la Finlande
{SWD(2025) 226 final}
Recommandation de
RECOMMANDATION DU CONSEIL
relative aux politiques économique, sociale, de l’emploi, structurelle et budgétaire de la Finlande
LE CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE,
vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et notamment son article 121, paragraphe 2, et son article 148, paragraphe 4,
vu le règlement (UE) 2024/1263 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2024 relatif à la coordination efficace des politiques économiques et à la surveillance budgétaire multilatérale et abrogeant le règlement (CE) nº 1466/97 du Conseil 1 , et notamment son article 3, paragraphe 3,
vu la recommandation de la Commission européenne,
vu les résolutions du Parlement européen,
vu les conclusions du Conseil européen,
vu l’avis du comité de l’emploi,
vu l’avis du comité économique et financier,
vu l’avis du comité de la protection sociale,
vu l’avis du comité de politique économique,
considérant ce qui suit:
Considérations générales
(1)Le règlement (UE) 2024/1263, entré en vigueur le 30 avril 2024, précise les objectifs de la gouvernance économique, qui sont de promouvoir des finances publiques saines et durables, une croissance durable et inclusive et la résilience au moyen de réformes et d’investissements et de prévenir les déficits publics excessifs. Il dispose que le Conseil et la Commission exercent une surveillance multilatérale dans le cadre du Semestre européen, conformément aux objectifs et aux exigences du TFUE. Le Semestre européen comprend, en particulier, la formulation de recommandations par pays et la surveillance de leur mise en œuvre. En outre, le règlement encourage les États membres à s’approprier la politique budgétaire et axe davantage celle-ci sur le moyen terme, tout en visant une application plus efficace et plus cohérente des règles. Chaque État membre doit présenter au Conseil et à la Commission un plan budgétaire et structurel national à moyen terme, contenant ses engagements en matière budgétaire, de réforme et d’investissement sur un horizon de 4 ou 5 ans, selon la durée de la législature nationale. La trajectoire des dépenses nettes 2 , dans chacun de ces plans, doit être conforme aux exigences du règlement, et notamment aux obligations de placer la dette publique sur une trajectoire descendante plausible avant la fin de la période d’ajustement ou de l’y maintenir, ou de la maintenir à des niveaux prudents inférieurs à 60 % du produit intérieur brut (PIB), et de ramener et/ou de maintenir le déficit public en dessous de la valeur de référence de 3 % du PIB prévue par le traité à moyen terme. Lorsqu’un État membre s’engage à mettre en œuvre un ensemble pertinent de réformes et d’investissements conformément aux critères énoncés dans le règlement, la période d’ajustement peut être prolongée de trois ans au maximum.
(2)Le règlement (UE) 2021/241 du Parlement européen et du Conseil 3 , qui a établi la facilité pour la reprise et la résilience (ci-après la «facilité»), est entré en vigueur le 19 février 2021. La facilité apporte un soutien financier aux États membres, créant une impulsion budgétaire financée par l’Union, pour la mise en œuvre de réformes et d’investissements. Conformément aux priorités du Semestre européen pour la coordination des politiques économiques, la facilité favorise la reprise économique et sociale par la mise en œuvre de réformes et d’investissements durables tendant, en particulier, à promouvoir les transitions écologique et numérique et à rendre les économies des États membres plus résilientes. Elle contribue également à renforcer les finances publiques et à stimuler la croissance et la création d’emplois à moyen et à long termes, à renforcer la cohésion territoriale au sein de l’Union et à soutenir la poursuite de la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux.
(3)Le règlement (UE) 2023/435 du Parlement européen et du Conseil 4 (ci-après le «règlement REPowerEU»), adopté le 27 février 2023, vise à affranchir progressivement l’Union de sa dépendance à l’égard des importations de combustibles fossiles russes. Cet effort contribue à garantir la sécurité énergétique de l’Union en diversifiant son approvisionnement énergétique et en augmentant son utilisation des énergies renouvelables, ses capacités de stockage de l’énergie et son efficacité énergétique. La Finlande a ajouté un nouveau chapitre REPowerEU à son plan national pour la reprise et la résilience, afin de financer des réformes et des investissements clés qui contribueront à la réalisation des objectifs REPowerEU.
(4)Le 27 mai 2021, la Finlande a présenté à la Commission son plan national pour la reprise et la résilience, conformément à l’article 18, paragraphe 1, du règlement (UE) 2021/241. En vertu de l’article 19 de ce règlement, la Commission a évalué la pertinence, l’efficacité, l’efficience et la cohérence du plan pour la reprise et la résilience selon les lignes directrices concernant l’évaluation figurant à l’annexe V dudit règlement. Le 29 octobre 2021, le Conseil a adopté sa décision d’exécution relative à l’approbation de l’évaluation du plan pour la reprise et la résilience pour la Finlande 5 , laquelle a été modifiée le 8 décembre 2023 en vertu de l’article 18, paragraphe 2, du règlement pour actualiser la contribution financière maximale au titre du soutien financier non remboursable, ainsi que pour tenir compte du chapitre REPowerEU 6 . La libération des tranches est subordonnée à l’adoption d’une décision de la Commission, conformément à l’article 24, paragraphe 5, du règlement, indiquant que la Finlande a atteint de manière satisfaisante les jalons et cibles pertinents établis dans la décision d’exécution du Conseil. Les jalons et cibles ne peuvent être considérés comme atteints de manière satisfaisante qu’en l’absence de régression sur les jalons et cibles de la même réforme ou du même investissement précédemment atteints.
(5)Le 21 janvier 2025, le Conseil a adopté, sur recommandation de la Commission, une recommandation approuvant le plan budgétaire et structurel national à moyen terme de la Finlande 7 . Le plan, présenté conformément à l’article 11 et à l’article 36, paragraphe 1, point a), du règlement (UE) 2024/1263, couvre la période 2025-2028 et expose un ajustement budgétaire sur sept ans.
(6)Le 26 novembre 2024, la Commission a adopté un avis sur le projet de plan budgétaire 2025 de la Finlande. Le même jour, la Commission a adopté, sur la base du règlement (UE) nº 1176/2011, le rapport 2025 sur le mécanisme d’alerte, dans lequel la Finlande n’est pas mentionnée parmi les États membres devant faire l’objet d’un bilan approfondi. La Commission a également adopté une recommandation de recommandation du Conseil concernant la politique économique de la zone euro et une proposition de rapport conjoint sur l’emploi 2025, qui analyse la mise en œuvre des lignes directrices pour l’emploi et des principes du socle européen des droits sociaux. Le Conseil a adopté la recommandation concernant la politique économique de la zone euro 8 le 13 mai 2025 et le rapport conjoint sur l’emploi le 10 mars 2025.
(7)Le 29 janvier 2025, la Commission a publié la boussole pour la compétitivité, un cadre stratégique pour stimuler la compétitivité mondiale de l’UE sur les cinq prochaines années. La boussole met en évidence les trois impératifs de transformation pour une croissance économique durable: i) l’innovation; ii) la décarbonation et la compétitivité; et iii) la sécurité. Afin de combler le déficit d’innovation, l’UE entend favoriser l’innovation industrielle, soutenir la croissance des jeunes entreprises au moyen d’initiatives telles que la stratégie de l’UE en faveur des jeunes pousses et des entreprises en expansion, et promouvoir l’adoption de technologies avancées comme l’intelligence artificielle et l’informatique quantique. Poursuivant l’objectif d’un verdissement de l’économie, la Commission a présenté un plan d’action global pour une énergie abordable et un pacte pour une industrie propre, visant à garantir que la transition vers une énergie propre reste efficace par rapport à son coût, ne nuise pas à la compétitivité, en particulier des secteurs à forte intensité énergétique, et constitue un moteur de la croissance. Afin de réduire ses dépendances excessives et d’accroître sa sécurité, l’Union est déterminée à renforcer ses partenariats commerciaux mondiaux, à diversifier ses chaînes d’approvisionnement et à sécuriser son accès aux matières premières critiques et aux sources d’énergie propre. La mise en œuvre de ces priorités s’appuie sur des catalyseurs horizontaux, à savoir la simplification de la réglementation, l’approfondissement du marché unique, le financement de la compétitivité et une union de l’épargne et des investissements, la promotion des compétences et d’emplois de qualité, et une meilleure coordination des politiques de l’UE. La boussole pour la compétitivité est alignée sur le Semestre européen, de manière que les politiques économiques des États membres soient en phase avec les objectifs stratégiques de la Commission et à créer ainsi une approche unifiée de la gouvernance économique, qui favorise la croissance durable, l’innovation et la résilience dans l’ensemble de l’Union.
(8)En 2025, le Semestre européen pour la coordination des politiques économiques se déroule toujours parallèlement à la mise en œuvre de la facilité. La pleine mise en œuvre des plans pour la reprise et la résilience reste essentielle à la réalisation des priorités stratégiques du Semestre européen, car ces plans permettent aux pays concernés de relever efficacement l’ensemble, ou une partie non négligeable, des défis identifiés dans les recommandations par pays qui leur ont été adressées ces dernières années. Ces recommandations par pays conservent leur pertinence pour les plans pour la reprise et la résilience modifiés conformément à l’article 21 du règlement (UE) 2021/241.
(9)Les recommandations par pays de 2025 pointent les grands défis de politique économique auxquels les mesures prévues dans les plans pour la reprise et la résilience répondent insuffisamment, en tenant compte des défis pertinents déjà mis en évidence dans les recommandations par pays de 2019 à 2024.
(10)Le 4 juin 2025, la Commission a publié le rapport 2025 pour la Finlande. Ce rapport évalue les progrès accomplis par la Finlande dans les suites données aux recommandations qui lui ont été spécifiquement adressées et fait le point de la mise en œuvre, par la Finlande, de son plan pour la reprise et la résilience. Sur la base de cette analyse, il mentionne les défis les plus pressants auxquels la Finlande est confrontée. Il évalue également les progrès accomplis par la Finlande dans la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux et dans la réalisation des grands objectifs de l’Union en matière d’emploi, de compétences et de réduction de la pauvreté, ainsi que dans la réalisation des objectifs de développement durable des Nations unies.
Évaluation du rapport d’avancement annuel
(11)Le 21 janvier 2025, le Conseil a recommandé les taux de croissance maximaux suivants pour les dépenses nettes de la Finlande: 1,6 % en 2025, 1,9 % en 2026, 2,6 % en 2027 et 2,6 % en 2028, ce qui correspond aux taux de croissance cumulés calculés par référence à l’année 2023 de 5,3 % en 2025, de 7,4 % en 2026, de 10,1 % en 2027 et de 13,0 % en 2028. Le 30 avril 2025, la Finlande a présenté son rapport d’avancement annuel 9 sur le respect des taux de croissance maximaux recommandés pour ses dépenses nettes, d’une part, et la mise en œuvre des réformes et investissements sous-tendant la prolongation de la période d’ajustement ainsi que des réformes et investissements visant à répondre aux grands défis identifiés dans les recommandations qui lui ont été adressées dans le cadre du Semestre européen, d’autre part. Le rapport d’avancement annuel tient également compte des rapports semestriels présentés par la Finlande sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre de son plan pour la reprise et la résilience conformément à l’article 27 du règlement (UE) 2021/241.
(12)La guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et ses répercussions représentent un défi existentiel pour l’Union européenne. La Commission a recommandé d’activer de manière coordonnée la clause dérogatoire nationale du pacte de stabilité et de croissance afin de soutenir les efforts déployés par l’UE en vue d’une augmentation rapide et significative des dépenses de défense, et cette proposition a été accueillie favorablement par le Conseil européen le 6 mars 2025. À la suite de la demande formulée par la Finlande le 30 avril 2025, le Conseil, sur recommandation de la Commission, a adopté, le [date], une recommandation autorisant la Finlande à s’écarter des taux de croissance maximaux recommandés pour les dépenses nettes et à les dépasser 10 .
(13)D’après les données validées par Eurostat 11 , le déficit public de la Finlande s’est creusé, passant de 3,0 % du PIB en 2023 à 4,4 % en 2024, tandis que la dette publique a augmenté, passant de 77,5 % du PIB à la fin de 2023 à 82,1 % à la fin de 2024. Selon les calculs de la Commission, ces évolutions correspondent à un taux de croissance des dépenses nettes de 3,1 % en 2024. Dans son rapport d’avancement annuel, la Finlande estime à 3,2 % la croissance des dépenses nettes en 2024. D’après les estimations de la Commission, l’orientation budgétaire 12 , incluant les dépenses financées tant au niveau national qu’au niveau de l’UE, a été expansionniste à concurrence de 0,6 % du PIB en 2024. Le 4 juin 2025, la Commission a adopté un rapport au titre de l’article 126, paragraphe 3, du TFUE 13 . Ce rapport évalue la situation budgétaire de la Finlande, étant donné que son déficit public en 2024 dépassait la valeur de référence de 3 % du PIB. Il conclut qu’à la lumière de cette évaluation, et après avoir pris en considération l’avis du comité économique et financier institué par l’article 126, paragraphe 4, du TFUE, la Commission n’a pas l’intention, à ce stade, de proposer en juin l’ouverture d’une procédure concernant les déficits excessifs.
(14)D’après le rapport d’avancement annuel, le scénario macroéconomique qui sous-tend les projections budgétaires de la Finlande prévoit une croissance du PIB réel de 1,3 % en 2025, tandis que l’inflation mesurée par l’IPCH devrait s’établir à 1,9 % en 2025. Les prévisions du printemps 2025 de la Commission tablent, quant à elles, sur une croissance du PIB réel de 1,0 % en 2025 et de 1,3 % en 2026 et sur une inflation mesurée par l’IPCH de 1,7 % en 2025 et de 1,5 % en 2026.
(15)Selon le rapport d’avancement annuel, le déficit public devrait diminuer pour s’établir à 3,8 % du PIB en 2025, tandis que le ratio de la dette publique au PIB devrait augmenter pour atteindre 85,3 % à la fin de 2025. Ces évolutions correspondent à une croissance des dépenses nettes de 1,6 % en 2025. Les prévisions du printemps 2025 de la Commission tablent pour leur part sur un déficit public de 3,7 % du PIB en 2025. La diminution du déficit en 2025 résulte principalement de l’amélioration de la conjoncture économique et des mesures d’assainissement mises en œuvre par le gouvernement en 2023 et 2024. Selon les calculs de la Commission, ces évolutions correspondent à une croissance des dépenses nettes de 1,3 % en 2025. D’après les estimations de la Commission, l’orientation budgétaire, incluant les dépenses financées tant au niveau national qu’au niveau de l’UE, devrait être restrictive à concurrence de 0,6 % du PIB en 2025. Le ratio de la dette publique au PIB devrait augmenter pour atteindre 85,6 % d’ici à la fin de 2025.
(16)Selon les prévisions du printemps 2025 de la Commission, des dépenses publiques représentant 0,2 % du PIB devraient être financées par un soutien non remboursable («subventions») de la facilité pour la reprise et la résilience en 2025, contre 0,1 % du PIB en 2024. Les dépenses financées par un soutien non remboursable de la facilité pour la reprise et la résilience permettent des investissements de qualité et des réformes de nature à améliorer la productivité qui n’ont pas d’incidence directe sur le solde et la dette publics de la Finlande.
(17)Les dépenses publiques de défense de la Finlande se sont élevées à 1,2 % du PIB en 2021, à 1,2 % du PIB en 2022 et à 1,4 % du PIB en 2023 14 . Selon les prévisions du printemps 2025 de la Commission, elles devraient représenter 1,5 % du PIB en 2024 et 2,1 % du PIB en 2025. Cela correspond à une augmentation de 0,9 point de pourcentage du PIB par rapport à 2021. Durant la période d’activation de la clause dérogatoire nationale (2025-2028), la Finlande pourra redéfinir l’ordre de priorité des dépenses publiques ou accroître les recettes publiques, de sorte que l’augmentation durable des dépenses de défense ne compromette pas la viabilité budgétaire à moyen terme.
(18)Selon les prévisions du printemps 2025 de la Commission, les dépenses nettes de la Finlande devraient augmenter de 1,3 % en 2025, leur croissance cumulée sur 2024 et 2025 s’élevant à 4,4 %. Toujours d’après les prévisions du printemps 2025 de la Commission, la croissance des dépenses nettes de la Finlande en 2025 devrait être inférieure au taux de croissance maximal recommandé, tant en termes annuels qu’en cumul sur 2024 et 2025.
(19)Le rapport d’avancement annuel ne contient pas de projections budgétaires au-delà de 2025. Sur la base des mesures connues à la date de finalisation des prévisions, les prévisions du printemps 2025 de la Commission tablent sur un déficit public de 3,4 % du PIB en 2026. La diminution du déficit en 2026 s’explique principalement par l’augmentation des recettes permise par la plus forte croissance économique (dont l’effet devrait toutefois être partiellement annulé par les réductions d’impôts prévues) et la baisse des dépenses primaires. Ces évolutions correspondent à une croissance des dépenses nettes de 1,5 % en 2026. D’après les estimations de la Commission, l’orientation budgétaire, incluant les dépenses financées tant au niveau national qu’au niveau de l’UE, devrait être restrictive à concurrence de 0,5 % du PIB en 2026. Selon la Commission, le ratio de la dette publique au PIB devrait augmenter et atteindre 87,5 % d’ici à la fin de 2026.
(20)La recommandation approuvant le plan à moyen terme de la Finlande précise l’ensemble des réformes et investissements sous-tendant la prolongation de la période d’ajustement, avec un calendrier de mise en œuvre. Cela inclut des mesures existantes et renforcées du plan pour la reprise et la résilience, comme l’instauration du modèle nordique des services de l’emploi, des investissements dans les infrastructures énergétiques et l’introduction de l’innovation numérique dans les services sociaux et les soins de santé, ainsi que des réformes et investissements supplémentaires liés à la transition écologique, à l’innovation, au marché du travail, aux soins de santé et à l’aide sociale, comme la réforme établissant le modèle général de sécurité sociale et la réforme de l’aide sociale. Au vu des informations communiquées par la Finlande dans son rapport d’avancement annuel, la Commission conclut que l’ensemble des réformes et investissements qui justifiaient une prolongation et qui étaient attendus pour le 30 avril 2025 ont été mis en œuvre.
Principaux défis
(21)Au cours des dix dernières années, la Finlande a continuellement enregistré des déficits publics, tandis que sa dette publique, exprimée en pourcentage du PIB, augmentait régulièrement. En 2023 et 2024, le gouvernement a adopté un ensemble de mesures d’assainissement budgétaire à hauteur de 9 milliards d’EUR (environ 3 % du PIB), pour inscrire les finances publiques sur une trajectoire soutenable. En 2024 cependant, en partie du fait de conditions macroéconomiques défavorables, le déficit public a atteint 4,4 % du PIB, contre 3,0 % en 2023, et la dette publique, 82 % du PIB, contre 77,5 % en 2023. De nouvelles mesures pour améliorer l’efficacité de la dépense publique et retrouver ainsi une marge de manœuvre budgétaire pourraient dès lors se révéler d’autant plus nécessaires qu’il faut préserver les investissements publics indispensables et répondre aux besoins d’une société vieillissante, sans affaiblir les finances publiques. Le gouvernement a procédé au dernier réexamen complet des dépenses en 2023 et lancé des réexamens annuels des dépenses afin de soutenir le processus budgétaire. La Finlande dispose d’un système de sécurité sociale complet, mais complexe, qui contient des incitations constituant des trappes à l’inactivité pesant sur les finances publiques. Le système est en cours de réforme: plusieurs modifications lui ont été apportées depuis 2023, et deux trains de mesures importants devraient être présentés au Parlement en 2025. Les modifications apportées à l’aide sociale renforceront le rôle de celle-ci en tant qu’aide de dernier recours, ainsi que les obligations des bénéficiaires. La première étape vers l’instauration de la prestation générale de sécurité sociale simplifie la garantie d’un revenu minimum en regroupant les prestations de chômage existantes dans un cadre unique. Le fait d’améliorer l’efficience des prestations sociales et d’offrir de plus grandes incitations à travailler soutiendrait la viabilité budgétaire du système de sécurité sociale. Selon les attentes, les réformes devraient en outre répondre aux besoins des groupes vulnérables, notamment ceux qui n’ont qu’un accès limité au marché du travail.
(22)Conformément à l’article 19, paragraphe 3, point b), du règlement (UE) 2021/241, et à l’annexe V, critère 2.2, dudit règlement, le plan pour la reprise et la résilience prévoit un vaste ensemble de réformes et d’investissements qui se renforcent mutuellement et qui doivent être mis en œuvre d’ici à 2026. Ceux-ci doivent permettre au pays de relever efficacement l’ensemble, ou une partie significative, des défis identifiés dans les recommandations qui lui ont été spécifiquement adressées. Dans ce délai serré, il est essentiel que la Finlande parachève la mise en œuvre effective de son plan pour la reprise et la résilience, y compris le chapitre REPowerEU, pour renforcer sa compétitivité à long terme par les transitions écologique et numérique, tout en veillant à l’équité sociale. Il demeure essentiel d’associer systématiquement les collectivités locales et régionales, les partenaires sociaux, la société civile et les autres parties prenantes concernées afin que tous les acteurs s’approprient le plan pour la reprise et la résilience, de manière à en garantir la bonne mise en œuvre.
(23)La mise en œuvre des programmes de la politique de cohésion, qui font appel au soutien du Fonds européen de développement régional (FEDER), du Fonds pour une transition juste (FTJ) et du Fonds social européen plus (FSE+), s’est accélérée en Finlande. Il importe de poursuivre les efforts tendant à garantir la mise en œuvre rapide de ces programmes, tout en maximisant leur impact sur le terrain. La Finlande prend déjà des mesures dans le cadre de ses programmes de la politique de cohésion pour stimuler la compétitivité et la croissance. Dans le même temps, la Finlande reste confrontée à des défis, notamment la nécessité de renforcer sa compétitivité ainsi que sa résilience économique et sociale en réponse à des problématiques telles que l’inadéquation des compétences, le chômage structurel et la fourniture des services sociaux et de soins de santé, tout particulièrement dans les régions situées à sa frontière orientale. Conformément à l’article 18 du règlement (UE) 2021/1060, la Finlande est tenue, dans le cadre de l’examen à mi-parcours des fonds de la politique de cohésion, de réexaminer chaque programme en tenant compte, entre autres, des défis mis en évidence dans les recommandations qui lui ont été adressées en 2024. La proposition de la Commission adoptée le 1er avril 2025 15 prévoit de prolonger au-delà du 31 mars 2025 le délai de présentation d’une évaluation – par programme – des résultats de l’examen à mi-parcours. Elle prévoit également d’offrir une certaine souplesse pour accélérer la mise en œuvre des programmes et d’encourager les États membres à allouer des ressources au titre de la politique de cohésion à cinq priorités stratégiques de l’Union, à savoir la compétitivité dans les technologies stratégiques, la défense, le logement, la résilience dans le domaine de l’eau et la transition énergétique.
(24)La plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe» (STEP) offre l’opportunité d’investir dans une priorité stratégique essentielle de l’UE en renforçant la compétitivité de l’UE. STEP fait appel à 11 fonds existants de l’UE. Les États membres peuvent également contribuer au programme InvestEU, qui soutient les investissements dans des domaines prioritaires. La Finlande pourrait se servir de ces initiatives pour soutenir le développement ou la fabrication de technologies critiques, notamment des technologies propres et économes en ressources.
(25)Au-delà des défis économiques et sociaux auxquels le plan pour la reprise et la résilience et d’autres fonds de l’UE visent à répondre, la Finlande est confrontée à plusieurs autres défis, liés à la commercialisation de l’innovation, à la décarbonation, à l’emploi et aux compétences, ainsi qu’à la mise en œuvre de la réforme des services sociaux et de soins de santé.
(26)La Finlande se classe parmi les champions de l’UE en matière d’innovation, avec une proportion élevée d’entreprises qui développent et commercialisent de nouveaux produits et une utilisation généralisée des outils numériques dans la population. En outre, l’augmentation des dépenses de R&D, le gouvernement ayant fixé un objectif de 4 % du PIB pour 2030, et un environnement favorable aux entreprises contribuent à encourager l’innovation. Malgré ces bons résultats sur le front de l’innovation, la productivité a stagné au cours des dix dernières années, en partie sous l’effet d’héritages du passé, comme le déclin du secteur de l’électronique au début des années 2010. De plus, les entreprises les plus productives n’ont pas une taille suffisante pour tirer la productivité globale vers le haut. Ces dernières années, le nombre d’entreprises coopérant avec des établissements d’enseignement supérieur ou des instituts de recherche a diminué, ce qui a probablement freiné la commercialisation de l’innovation. En outre, les résultats de la recherche ne dépassent souvent pas l’enceinte des universités, les chercheurs ne disposent pas des compétences entrepreneuriales et des orientations nécessaires pour convertir leurs découvertes en produits commercialisables. Par conséquent, tout en progressant vers l’objectif fixé pour 2030 en matière de R&D, il serait utile de redoubler d’efforts pour encourager davantage la coopération entre universités et entreprises et pour aider les chercheurs à acquérir des compétences entrepreneuriales, de façon à améliorer la commercialisation de l’innovation.
(27)La Finlande dispose d’un approvisionnement abondant en énergie propre et peu coûteuse, ce qui pourrait procurer un avantage concurrentiel important à l’industrie, qui a pesé pour 44 % dans la consommation totale d’énergie de la Finlande en 2023. Il conviendrait de mettre cet avantage pleinement à profit, en augmentant encore le taux d’électrification et de décarbonation de l’industrie afin d’accélérer la réduction des émissions industrielles de gaz à effet de serre. La réforme en cours des procédures d’autorisation environnementale devrait contribuer à accélérer des investissements majeurs dans les énergies renouvelables et la décarbonation.
(28)Les transports demeurent un secteur crucial pour la réalisation des objectifs climatiques de la Finlande, avec un fort potentiel de réduction plus poussée des émissions. Avec sa feuille de route nationale pour des transports sans combustibles fossiles, la Finlande a proposé des modifications législatives, des dispositifs d’incitation et des investissements. Il sera essentiel que le pays déploie les mesures prévues s’il veut atteindre ses objectifs ambitieux. L’accélération des investissements dans des domaines tels que l’électrification des véhicules privés, les liaisons de transport public pour réduire la dépendance à la voiture et les transports interurbains peut doter la Finlande d’un avantage concurrentiel, tout en soutenant la décarbonation du secteur des transports d’une manière socialement équitable et inclusive.
(29)Doper les investissements dans les technologies vertes, y compris l’énergie éolienne terrestre et en mer, et dans la R&D verte renforcerait la compétitivité de la Finlande. L’adoption d’une loi ambitieuse sur l’économie circulaire pourrait améliorer l’efficacité de l’industrie en imposant une réduction du volume des déchets industriels et une augmentation des taux de réutilisation et de recyclage dans les processus industriels. Cela pourrait également contribuer à rendre la Finlande moins dépendante des importations de matières premières et de biens intermédiaires.
(30)Le taux de chômage en Finlande a fortement augmenté, passant à 8,4 % en 2024 contre 7,2 % en 2023, après deux années consécutives de recul du PIB (-1 % en 2023 et -0,1 % en 2024). Le taux d’emploi est tombé à 77,0 % en 2024, contre 78,2 % en 2023, ce qui compromet la capacité de la Finlande à atteindre son objectif national de 80 % d’ici à 2030. Le 1er janvier 2025, les municipalités et les bassins municipaux d’emploi ont repris la responsabilité de l’organisation des services publics de l’emploi, y compris le modèle nordique des services de l’emploi, qui vise à soutenir les demandeurs d’emploi au moyen de politiques d’activation du marché du travail. L’inadéquation des compétences, c’est-à-dire l’incapacité pour les employeurs de trouver des travailleurs présentant les compétences requises pour pourvoir les postes vacants, pose des problèmes, en particulier dans le domaine des soins de santé, où la demande de travailleurs devrait augmenter à mesure que la population vieillit. En outre, des pénuries de compétences spécifiques dans des domaines pertinents pour la transition écologique risquent de freiner l’avancée de la Finlande vers son objectif climatique de neutralité carbone d’ici à 2035. Les pénuries de compétences menacent également la compétitivité et la croissance à long terme de la Finlande. En 2024, le taux de diplômés de l’enseignement supérieur en Finlande s’établissait à 39,1 %, ce qui est inférieur à la moyenne de l’UE (44,2 %) et à l’objectif défini au niveau de l’UE (45 %), et très en deçà de l’ambition de la Finlande d’atteindre 50 % d’ici à 2030. Il est essentiel d’augmenter le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur et d’élargir l’offre de l’enseignement supérieur, en l’alignant étroitement sur les besoins du marché du travail, pour remédier aux pénuries de compétences à long terme.
(31)En Finlande, la proportion de personnes ayant déclaré des besoins médicaux non satisfaits est passée de 7,9 % en 2023 à 8,5 % en 2024, ce qui est nettement supérieur à la moyenne de l’UE (2,5 %). Le système social et de santé finlandais a fait l’objet en 2023 d’une restructuration fondamentale, qui a conduit à la création de «régions de bien-être», responsables de l’organisation des services sociaux, des soins de santé et des secours au niveau régional. Deux ans après leur création, les régions de bien-être se trouvent à des stades de mise en œuvre différents, se traduisant par des disparités régionales dans l’accès aux services sociaux, aux soins de santé et aux soins de longue durée. En 2023 et 2024, les régions de bien-être ont connu d’importants dépassements budgétaires, en raison de l’inflation, d’inefficacités persistantes, du vieillissement de la population, dont les besoins augmentent, et de pénuries de main-d’œuvre, imposant de recourir à des prestataires privés. Un pilotage financier plus strict, une utilisation accrue des services numériques et l’amélioration des données pour la prise de décision devraient permettre de gagner en productivité et en efficacité. Pour assurer la viabilité à long terme des services sociaux et des soins de santé, il sera essentiel de veiller à ce que leur réforme en améliore le rapport coût-efficacité, tout en garantissant leur accessibilité et leur qualité.
(32)Compte tenu de la forte interdépendance entre les économies des États membres de la zone euro et de leur contribution collective au fonctionnement de l’Union économique et monétaire, le Conseil a recommandé en 2025 que les États membres de la zone euro prennent des mesures, notamment dans le cadre de leur plan pour la reprise et la résilience, pour mettre en œuvre la recommandation 2025 concernant la politique économique de la zone euro. Dans le cas de la Finlande, les recommandations 2, 3, 4 et 5 contribuent à la mise en œuvre de la première recommandation pour la zone euro énoncée dans la recommandation de 2025, relative à la compétitivité; les recommandations 1, 4 et 5 contribuent à la mise en œuvre de la deuxième recommandation pour la zone euro énoncée dans la recommandation de 2025, relative à la résilience; et la recommandation 1 contribue à la mise en œuvre de la troisième recommandation pour la zone euro énoncée dans la recommandation de 2025, relative à la stabilité macroéconomique et financière,
RECOMMANDE que la Finlande s’attache, en 2025 et 2026:
1.à accroître ses dépenses et sa préparation globales en matière de défense, conformément aux conclusions du Conseil européen du 6 mars 2025; à respecter les taux de croissance maximaux des dépenses nettes recommandés par le Conseil le 21 janvier 2025, tout en utilisant la marge permise par la clause dérogatoire nationale pour l’augmentation des dépenses de défense; à mettre en œuvre l’ensemble des réformes et des investissements qui sous-tendent la prolongation de la période d’ajustement, comme recommandé par le Conseil le 21 janvier 2025; à améliorer l’efficacité des dépenses publiques en tenant compte des résultats des réexamens des dépenses; à poursuivre la réforme du système de sécurité sociale afin d’accroître l’efficacité des prestations sociales, de renforcer les incitations au travail et de soutenir la viabilité à long terme des finances publiques, tout en répondant aux besoins des groupes vulnérables;
2.étant donné les délais applicables, en vertu du règlement (UE) 2021/241, pour l’achèvement en temps utile des réformes et des investissements, à veiller à la mise en œuvre effective de son plan pour la reprise et la résilience, y compris le chapitre REPowerEU; à accélérer la mise en œuvre des programmes de la politique de cohésion (FEDER, FTC, FSE+) en s’appuyant, s’il y a lieu, sur les possibilités ouvertes par l’examen à mi-parcours; à tirer le meilleur parti des instruments de l’UE, y compris la marge offerte par InvestEU et la plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe», afin d’améliorer la compétitivité;
3.à poursuivre l’objectif de dépenses de R&D à hauteur de 4 % du PIB d’ici à 2030 et à améliorer la commercialisation de l’innovation i) en intensifiant la coopération entre les entreprises et le monde universitaire dans le cadre de projets communs, et ii) en améliorant les compétences entrepreneuriales des chercheurs et le soutien à ceux-ci;
4.à réduire la dépendance à l’égard des combustibles fossiles en stimulant les investissements publics et privés dans la décarbonation de l’industrie et des transports, notamment par l’électrification, ainsi que dans le développement de technologies vertes;
5.à renforcer les politiques d’activation du marché du travail pour tous et à remédier aux pénuries de compétences par la reconversion et le perfectionnement professionnels et l’élargissement de l’offre de l’enseignement supérieur, en particulier pour les compétences les plus recherchées sur le marché du travail; à veiller à ce que la réforme des services sociaux et des soins de santé: i) améliore l’offre et le rapport coût-efficacité des services sociaux et des soins de santé, y compris les soins de longue durée, ainsi que l’accès à ces services, et ii) remédie aux inefficacités.
Fait à Bruxelles, le
Par le Conseil
Le président
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