Acte préparatoire52025DC0330

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL sur la mise en œuvre de l’assistance macrofinancière aux pays tiers en 2024

CELEX52025DC0330
TypeActe préparatoire
Datelundi 23 juin 2025

Résumé IA

Ce rapport de la Commission européenne dresse le bilan des opérations d'assistance macrofinancière (AMF) accordées aux pays tiers partenaires de l'UE au cours de l'année 2024. Il détaille les montants décaissés, les pays bénéficiaires et les conditions de politique économique associées à ces prêts et dons, visant à soutenir la stabilité macroéconomique et les réformes structurelles. Pour un professionnel du droit français, ce document offre un aperçu opérationnel des instruments financiers extérieurs de l'UE et de leur mise en œuvre concrète, utile pour appréhender les engagements financiers de l'Union et leurs implications juridiques.

Texte intégral

Bruxelles, le 23.6.2025

COM(2025) 330 final

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL

sur la mise en œuvre de l’assistance macrofinancière aux pays tiers en 2024

{SWD(2025) 166 final}


TABLE DES MATIÈRES

1. Introduction

2. Opérations d’assistance macrofinancière en 2024

2.1 Partenariat oriental

Moldavie

Ukraine

2.2 Voisinage méridional

Égypte

2.3 Balkans occidentaux

Macédoine du Nord

3. GARANTIR LE BON USAGE DES FONDS DE L’AMF: ÉVALUATIONS OPÉRATIONNELLES ET ÉVALUATIONS EX POST

3.1 Évaluations opérationnelles

3.2 Évaluations

4. Développements généraux liés à l’instrument d’AMF

4.1 Fonctionnement de l’instrument d’AMF

4.2 L’AMF dans le cadre financier pluriannuel 2021-2027

5. Perspectives – Opérations d’AMF et situation budgétaire en 2025


RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL

sur la mise en œuvre de l’assistance macrofinancière aux pays tiers en 2024 1

1.Introduction

L’assistance macrofinancière (AMF) est un instrument financier de l’Union européenne 2 destiné aux pays partenaires dont la balance des paiements est en situation de crise. Depuis sa création en 1990, l’AMF a contribué à renforcer la stabilité macroéconomique et financière de pays voisins ou géographiquement proches de l’Union européenne, tout en encourageant la mise en œuvre de réformes structurelles. Elle est subordonnée à un accord de prêt qui ne soit pas un accord de précaution, qui est convenu avec le Fonds monétaire international (FMI) 3 . Le fait de soulager le pays partenaire des pressions immédiates auxquelles il est soumis, lui permettant ainsi de s’attaquer aux problèmes à l’origine du déséquilibre de sa balance des paiements, est l’occasion pour lui d’accroître sa marge de manœuvre budgétaire, d’améliorer la soutenabilité de sa dette et de se concentrer sur la mise en œuvre des réformes nécessaires. En facilitant le processus d’ajustement macroéconomique, les opérations d’AMF peuvent avoir des effets économiques et sociaux positifs, en accordant au pays plus de temps et de marge de manœuvre pour traiter les causes profondes de la crise touchant sa balance des paiements.

L’AMF prend le plus souvent la forme de prêts financés par des obligations de l’UE. Depuis janvier 2023, l’approche de financement de l’AMF est passée d’une approche «back-to-back» 4 à une structure unifiée, dans laquelle les émissions d’obligations sont découplées de décaissements spécifiques. Au lieu de cela, la Commission émet désormais des obligations de l’UE sous une appellation unique et en achemine le produit vers une réserve centrale de financement, qui finance plusieurs programmes d’action de l’Union (y compris l’AMF). Dans certains cas, l’AMF peut se composer intégralement de prêts, tandis que dans d’autres cas, il peut s’agir d’une combinaison de prêts et de dons.

L’AMF est versée par tranches et uniquement si toutes les conditions de politique économique liées à celles-ci, telles que convenues avec le pays concerné, sont remplies. En outre, l’une des conditions politiques préalables à l’octroi de l’AMF exige de veiller au respect des mécanismes démocratiques (y compris le pluralisme parlementaire, l’état de droit et la protection des droits de l’homme). L’AMF complète également l’aide de coopération régulière de l’UE et contribue aux objectifs plus généraux de la préservation de la stabilité, de la promotion de la prospérité et de la défense de nos valeurs au-delà de l’Union européenne. Cette constatation est étayée par les conclusions de plusieurs évaluations ex post indépendantes d’opérations d’AMF achevées 5 ainsi que par la méta-évaluation récente des opérations menées au cours de la dernière décennie 6 .

En 2024, année de défis accrus dans un contexte d’évolution rapide de la situation géopolitique, l’AMF a continué de démontrer sa capacité de réaction rapide et efficace à des circonstances exceptionnelles, tout en maintenant sa mission essentielle de promotion de la stabilité. L’AMF fournie dans le cadre de l’initiative des prêts à l’Ukraine par l’accélération de l’utilisation des recettes extraordinaires (initiative ERA) menée par le G7 – sous l’impulsion de la poursuite de la guerre d’agression menée par la Russie – a réaffirmé l’engagement de l’Union à traduire la solidarité en soutien tangible à l’Ukraine, tout en aidant d’autres partenaires confrontés aux répercussions économiques de la guerre. L’escalade des hostilités au Proche-Orient a également incité l’Union à fournir une AMF à des acteurs clés de la région.

Le rapport de 2024 a été élaboré conformément aux obligations d’information de la Commission prévues par les actes juridiques pertinents. Il s’accompagne d’un document de travail des services de la Commission, qui fournit une analyse plus détaillée de la mise en œuvre de chaque opération d’AMF.

2.Opérations d’assistance macrofinancière en 2024

En 2024, dans un contexte marqué par l’intensification de l’agression de la Russie contre l’Ukraine et la persistance des besoins de financement de cette dernière, l’Union a adopté un nouveau dispositif exceptionnel d’AMF en faveur de l’Ukraine dans le cadre de l’initiative des prêts ERA menée par le G7. À la suite du versement de 18 milliards d’EUR en 2023 au titre du programme AMF+, la facilité pour l’Ukraine est devenue le principal instrument de soutien budgétaire de l’Union en faveur de l’Ukraine en 2024, fournissant une assistance budgétaire de 16,5 milliards d’EUR. Néanmoins, en raison de l’agression menée actuellement par la Russie, les besoins de financement de l’Ukraine sont restés à des niveaux exceptionnellement élevés en 2024. Cela a incité les dirigeants du G7 à s’engager, à la mi-2024, en faveur de prêts ERA à l’Ukraine à hauteur de 45 milliards d’EUR, qui doivent être remboursés au moyen de recettes exceptionnelles générées par les actifs souverains russes immobilisés. L’UE s’est appuyée sur cet engagement en adoptant le règlement (UE) 2024/2773 établissant le mécanisme de coopération pour les prêts à l’Ukraine et en accordant une AMF exceptionnelle à l’Ukraine, d’une valeur maximale de 18,1 milliards d’EUR à des conditions très favorables, afin d’alléger dans la mesure du possible la pression sur les finances publiques de l’Ukraine. Les prêts sont assortis d’une échéance de 45 ans et d’un délai de grâce de 10 ans. Le remboursement dépendra principalement des recettes exceptionnelles liées aux actifs souverains russes immobilisés. À la suite du versement de l’AMF en décembre 2024, des décaissements sont prévus tout au long de l’année 2025.

En 2024, l’Union a également versé à la Moldavie les dernières tranches de son AMF modifiée, qui visait à aider le pays à faire face aux effets de la crise énergétique qui a débuté en octobre 2021 et à contrer les répercussions de l’agression menée par la Russie contre l’Ukraine. Dans le même temps, la moitié de l’AMF de 100 millions d’EUR convenue en faveur de la Macédoine du Nord a été versée avec succès, soutenant le pays dans un contexte de durcissement des conditions de financement mondiales, de hausse des prix de l’énergie et de pertes inattendues d’électricité publique. La seconde tranche de l’AMF est disponible jusqu’en 2026, mais il semble peu probable qu’elle soit utilisée en raison de l’absence de progrès dans la mise en œuvre des conditions de politique.

En mars 2024, reconnaissant la situation financière critique de l’Égypte et son important rôle de stabilisateur dans la région, la Commission a proposé une AMF de 5 milliards d’EUR, dont une opération urgente à court terme d’un montant de 1 milliard d’EUR qui a été décaissée en décembre 2024, sous réserve de réformes économiques et de critères de référence en matière de droits de l’homme. La proposition relative aux 4 milliards d’EUR restants est toujours en cours d’examen par le Parlement européen et le Conseil, tout comme la proposition d’AMF de la Commission en faveur de la Jordanie, qui devrait être adoptée au deuxième trimestre 2025.

L’état d’avancement des opérations d’AMF en 2024 (par région)

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2.1Partenariat oriental

·Moldavie

La Moldavie, touchée par la crise énergétique de 2021, connaît à présent un redressement. Sa reprise économique a débuté en 2023 et s’est renforcée en 2024, avec une croissance du PIB de 2,6 %. Une reprise plus marquée de la consommation privée grâce au faible niveau d’inflation et à la progression des salaires réels a compensé, avec la reprise de l’investissement, la faiblesse de la croissance des exportations. Les salaires réels ont continué d’augmenter, tandis que l’assouplissement de la politique monétaire a favorisé les prêts aux consommateurs et l’investissement. Le déficit de la balance courante a augmenté en 2024 après une forte baisse en 2023, sous l’effet d’un déficit commercial plus important dû à la baisse des exportations de biens et à la stabilité des importations. La hausse des exportations de services, sous l’impulsion du secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC), a partiellement compensé la baisse des exportations de biens. Les envois de fonds ont continué de baisser pour atteindre 11,4 % du PIB au deuxième trimestre 2024, tandis que les flux d’investissements directs étrangers (IDE) en pourcentage du PIB ont diminué au cours des trois premiers trimestres de 2024. En 2024, le déficit budgétaire s’est réduit pour s’établir à 3,9 % du PIB, grâce à des recettes plus élevées, une baisse des dépenses en capital et un meilleur ciblage des mesures de soutien visant à atténuer l’impact des prix élevés de l’énergie sur les ménages. En 2024, le gouvernement est resté axé sur les réformes et s’est engagé en faveur de la stabilité macroéconomique, mais les aléas baissiers (notamment en ce qui concerne la situation énergétique) sont restés élevés. Les négociations d’adhésion à l’Union ont été officiellement lancées en 2024 et un référendum a donné une faible majorité en faveur des modifications constitutionnelles proposées en vue de l’adhésion à l’UE.

En 2021, la Moldavie a été durement touchée par la crise énergétique. En réponse à une demande présentée par le pays le 19 novembre 2021, la Commission a adopté une proposition relative à une AMF d’un montant de 150 millions d’EUR (120 millions d’EUR de prêts à moyen terme et des dons de 30 millions d’EUR). Le Parlement et le Conseil ont adopté une décision à cet effet le 6 avril 2022 [décision (UE) 2022/563]. Le protocole d’accord, la convention de prêt et la convention de subvention relative à cette AMF ont été signés le 22 juin 2022 et ratifiés par le parlement moldave le 14 juillet 2022.

Devant l’intensification des retombées directes et indirectes de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine sur l’économie moldave, la Commission a adopté, le 24 janvier 2023, une proposition visant à augmenter l’AMF en cours de 145 millions d’EUR, dont 100 millions d’EUR au maximum sous forme de prêts et 45 millions d’EUR sous forme de dons. Le Parlement européen et le Conseil ont adopté une décision à cet effet le 14 juin 2023 [décision (UE) 2023/1165]. Cette décision a porté le soutien global fourni au titre de cette opération d’AMF à 295 millions d’EUR (dont 75 millions d’EUR sous forme de dons). Cette assistance supplémentaire accordée au titre de l’AMF relevait d’un dispositif d’assistance financière plus large de l’UE en faveur de la Moldavie, annoncé par la présidente de la Commission en novembre 2022 et comprenant également un appui budgétaire de 105 millions d’EUR.

L’AMF a été versée en cinq tranches, conformément au protocole d’accord modifié entré en vigueur le 5 septembre 2023. La première tranche de 50 millions d’EUR (dont 15 millions d’EUR sous forme de dons) a été versée le 1er août 2022. La deuxième tranche de 50 millions d’EUR (10 millions d’EUR sous forme de dons) a été versée le 22 mars 2023. La troisième tranche (c’est-à-dire la première «tranche supplémentaire» de l’AMF supplémentaire) a été versée le 25 octobre 2023 (50 millions d’EUR sous forme de prêts) et le 27 octobre 2023 (22,5 millions d’EUR sous forme de dons). La quatrième tranche (c’est-à-dire la seconde «tranche supplémentaire» de l’AMF modifiée) a été versée le 18 juillet 2024 (50 millions d’EUR sous forme de prêts et 22,5 millions d’EUR sous forme de dons). La cinquième et dernière tranche a été versée le 17 décembre (45 millions d’EUR sous forme de prêts) et le 18 décembre 2024 (5 millions d’EUR sous forme de dons).

Le décaissement de l’AMF était tributaire d’un bilan positif de la facilité élargie de crédit/du mécanisme élargi de crédit (FEC/MEDC) mis en place dans le cadre du programme du FMI pour la Moldavie, adopté en décembre 2021 et augmenté en mai 2022. Depuis qu’il a été augmenté, le budget du programme du FMI s’élève à 815 millions d’USD. En décembre 2023, le conseil d’administration du FMI a également approuvé un arrangement en faveur de la Moldavie au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité, d’un montant équivalent à 173 millions d’USD, afin de soutenir les efforts déployés par la Moldavie pour renforcer sa résilience face aux chocs climatiques, soutenir les réformes engagées dans le secteur de l’énergie, améliorer l’état de préparation du secteur financier moldave et mobiliser des financements durables. Au lendemain du licenciement soudain du gouverneur de la Banque nationale de Moldavie, en décembre 2023, des discussions ont été menées, portant sur l’importance d’une bonne gouvernance et de l’indépendance de la banque centrale. Ces discussions ont donné lieu à un certain nombre de mesures qui ont permis au FMI de mener à bien le cinquième examen dans le cadre des accords FEC/MEDC et le premier examen dans le cadre de la facilité pour la résilience et la durabilité le 28 juin 2024. Le 17 décembre 2024, le FMI a achevé le sixième examen prévu par les accords FEC/MEDC ainsi que le second dans le cadre de la facilité pour la résilience et la durabilité avec la Moldavie, ce qui a permis un décaissement de 162,6 millions d’USD. Le programme du FMI devrait inclure deux examens supplémentaires et se poursuivre jusqu’en octobre 2025.

·Ukraine

Dans le contexte des graves destructions causées au capital humain et physique depuis l’invasion à grande échelle par la Russie en 2022, l’économie ukrainienne a fait preuve d’une résilience remarquable. Le PIB a augmenté de 5,3 % en 2023 et devrait avoir augmenté de 3,5 % en 2024, bien qu’un certain ralentissement de la croissance ait été observé au second semestre de l’année 2024. La reprise a été soutenue par la réouverture des routes d’exportation (notamment par l’intermédiaire de la mer Noire et du Danube) et par une forte aide financière internationale (y compris au titre de l’AMF exceptionnelle de l’UE en 2023 et de la mise en œuvre de la facilité pour l’Ukraine à partir de 2024). L’inflation, qui avait considérablement diminué en 2023, s’est accélérée fin 2024 en raison de la hausse des coûts de l’électricité à la suite de l’intensification des attaques contre les infrastructures énergétiques et de la forte croissance des salaires dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. En réponse, la Banque nationale d’Ukraine a resserré sa politique monétaire, portant le taux directeur à 14,5 % en janvier 2025. Le déficit de la balance courante s’est creusé pour atteindre 7,6 % du PIB en 2024, principalement en raison d’une réduction des dons internationaux, tandis que le déficit commercial est resté stable, l’augmentation des importations pour la défense et la reconstruction compensant la hausse des exportations. Malgré un environnement difficile, le secteur bancaire reste stable et rentable, avec une diminution des ratios de prêts non performants et une marge de fonds propres suffisante. Les finances publiques restent sous pression, avec un déficit budgétaire de 19,1 % du PIB en 2024, dû en grande partie à des dépenses élevées en matière de défense et de reconstruction. Les mesures fiscales devraient renforcer les recettes en 2025, mais l’écart budgétaire reste important. Pour l’avenir, les perspectives de croissance sont nuancées par l’incertitude liée à la destruction des infrastructures (énergétiques), aux pénuries de main-d’œuvre et à l’évolution future de la guerre. Dans ce contexte, un soutien international soutenu reste essentiel pour la stabilité économique de l’Ukraine et sa capacité à faire face à la guerre d’agression menée par la Russie.

À la suite du versement de 18 milliards d’EUR au titre du programme AMF+ en 2023, la facilité pour l’Ukraine est devenue le principal instrument d’appui budgétaire de l’Union en 2024, fournissant 16,5 milliards d’EUR d’assistance au titre du premier pilier. Néanmoins, l’escalade et la poursuite de l’agression de la Russie ont encore accru les besoins de financement pour 2024 et au-delà. Un déficit de financement résiduel est apparu malgré le soutien apporté par l’intermédiaire de la facilité pour l’Ukraine et les contributions d’autres partenaires. En réponse, les dirigeants du G7 se sont engagés, lors de leur sommet de juin 2024 dans les Pouilles (Italie), à fournir à l’Ukraine 45 milliards d’EUR de prêts ERA qui seraient remboursés au moyen des recettes exceptionnelles futures générées par les actifs souverains russes immobilisés détenus dans l’Union et dans d’autres territoires concernés.

S’appuyant sur cet engagement, la Commission a présenté, le 20 septembre 2024, une proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant un mécanisme de coopération pour les prêts à l’Ukraine et accordant une AMF exceptionnelle à l’Ukraine. Le Parlement européen et le Conseil ont adopté cette proposition le 24 octobre 2024 en tant que règlement (UE) 2024/2773 (ci-après le «règlement MCPU»), qui est entré en vigueur le 29 octobre 2024. Sur la base des contributions confirmées des partenaires du G7 à la suite de la réunion des ministres des finances du G7 du 25 octobre 2024 à Washington, l’Union a confirmé un prêt AMF de 18,1 milliards d’EUR en faveur de l’Ukraine, qui devait être versé en une seule tranche. La décision autorisant le versement de l’unique tranche a été adoptée le 18 décembre 2024 par la Commission européenne et le premier décaissement en faveur de l’Ukraine d’un montant de 3 milliards d’EUR a eu lieu le 10 janvier 2025. Les décaissements ultérieurs suivront tout au long de l’année 2025.

Compte tenu des circonstances exceptionnelles, cette AMF est assortie de conditions très favorables. L’Ukraine reste formellement responsable du remboursement des prêts ERA, mais le but est que les remboursements soient financés par les recettes exceptionnelles générées par les avoirs russes immobilisés. L’Ukraine ne devrait donc pas utiliser ses ressources propres pour rembourser directement les prêts. Les remboursements seront plutôt gérés par l’intermédiaire du MCPU, de sorte que l’Ukraine puisse tirer parti dès que possible de ces recettes exceptionnelles tout en réduisant au minimum l’incidence sur ses finances publiques. En outre, si les recettes exceptionnelles s’avèrent insuffisantes pour rembourser le prêt AMF, l’échéance très favorable de 45 ans et la période de grâce de dix ans avant le début des remboursements du principal offriront une grande marge de manœuvre pour assurer la stabilisation de la situation macrobudgétaire de l’Ukraine. Ce dispositif de financement réduit non seulement la pression immédiate sur les finances publiques ukrainiennes, mais garantit également que les flux de service de la dette resteront gérables lorsqu’ils débuteront dans les années 2030, atténuant ainsi considérablement les risques pesant sur la stabilité financière pendant la période de reprise. L’entrée de recettes dans le MCPU dépend de la poursuite de l’immobilisation de ces actifs, qui est soumise à la reconduction des sanctions tous les six mois. Le Conseil a adopté la dernière reconduction en date le 27 janvier 2025. La reconduction des sanctions requiert l’unanimité au sein du Conseil.

Comme pour les programmes d’AMF précédents, le décaissement de ce prêt AMF exceptionnel de 18,1 milliards d’EUR était subordonné au respect des engagements de politique énoncés dans le protocole d’accord entre l’Union et l’Ukraine. Le protocole d’accord, qui a été approuvé par le comité des États membres pour l’assistance macrofinancière le 7 novembre 2024, est entré en vigueur le 4 décembre 2024. La mise en œuvre réussie des conditions de politique compatibles avec une sélection de celles qui sous-tendent le plan pour l’Ukraine (couvrant des domaines de réforme essentiels tels que la stabilité macrofinancière, les entreprises publiques, l’administration publique, l’état de droit et la défense) a permis le versement de la seule tranche du prêt AMF le 18 décembre 2024.

2.2Voisinage méridional

·Égypte

Une situation de plus en plus instable en Palestine a eu des répercussions sur la région, y compris en Égypte. Toutefois, depuis 2024, le climat économique en Égypte s’est considérablement amélioré à la suite de l’unification du régime de taux de change fragmenté en mars 2024, soutenue par d’importants engagements financiers de la part des partenaires internationaux. Le PIB réel a augmenté de 2,4 % au cours de l’exercice précédent (exercice financier de juillet 2023 à juin 2024) (contre 3,8 % lors de l’exercice financier 2022/2023) et a atteint 3,5 % en glissement annuel au troisième trimestre 2024. Le chômage est resté globalement stable, atteignant 6,7 % en septembre 2024 (contre 7,0 % en 2024). La hausse des prix à la consommation est restée élevée, à 24,1 % en décembre 2024, bien qu’inférieure au pic temporaire de 35,7 % enregistré en février 2024. Entre février et décembre, les réserves officielles sont passées de 35,3 milliards d’USD à 47,1 milliards d’USD (couvrant environ dix mois d’importations). Cette hausse s’explique par les dotations successives provenant de l’accord historique de Ras El-Hekma, un investissement de 35 milliards d’USD d’un fonds souverain des Émirats arabes unis dans un projet immobilier sur la côte nord de l’Égypte. Le déficit budgétaire durant l’exercice financier de 2023-2024 a également bénéficié des recettes exceptionnelles de l’accord de Ras El-Hekma, qui représentaient 3,6 % du PIB au cours de l’exercice 2023-2024 (contre -6,2 % du PIB au cours de l’exercice précédent). Le solde primaire s’est nettement amélioré au cours de la même période. Le FMI estime que la dette publique est tombée à 90,9 % du PIB à la fin de l’exercice 2023/2024 (contre 95,9 % lors de l’exercice précédent), étant donné qu’une partie des recettes provenant de l’accord d’investissement Ras El-Hekma a été utilisée pour réduire la dette. Le déficit de la balance courante s’est détérioré pour s’établir à 5,5 % du PIB lors de l’exercice 2023/2024 (contre 1,2 % du PIB au cours de l’exercice précédent). L’unification des taux de change et le renforcement de la confiance grâce au soutien international depuis mars ont soutenu les exportations et le tourisme, mais le ralentissement de la balance courante due aux perturbations de la mer Rouge a été prolongé et ne s’atténuera probablement que progressivement.

Le 17 mars 2024, l’UE et l’Égypte sont convenues d’approfondir leurs relations et de mettre en place un partenariat stratégique et global de prospérité, de stabilité et de sécurité partagées, couvrant des domaines de coopération spécifiques. Le partenariat s’appuie sur un train de mesures financières pouvant atteindre 7,4 milliards d’EUR, consistant en soutien à court et à long terme au programme de réformes macrobudgétaires et socio-économiques nécessaires. Compte tenu de la situation économique et financière difficile de l’Égypte et de son rôle important en tant que facteur de stabilisation dans une région de plus en plus instable, la Commission a proposé, le 15 mars 2024, de soutenir l’Égypte au moyen de deux opérations d’AMF, d’un montant maximal de 5 milliards d’EUR, sous la forme de prêts à long terme assortis de conditions très favorables. Le dispositif d’AMF était divisé en i) une proposition d’opération d’AMF à court terme de 1 milliard d’EUR (fondée exceptionnellement sur l’article 213 du TFUE 7 ) afin de permettre le décaissement intégral en une seule tranche en 2024 compte tenu des besoins de financement urgents de l’Égypte (et des vacances du Parlement européen avant les élections de l’été 2024); et ii) une proposition d’opération d’AMF classique d’un montant maximal de 4 milliards d’EUR (sur la base de l’article 212 du TFUE). Le Conseil a adopté l’AMF à court terme le 12 avril 2024 [décision (UE) 2024/1144]. Le Parlement européen et le Conseil examinent actuellement la proposition d’opération d’AMF classique.

Le dispositif d’AMF a été proposé conjointement avec un programme MEDC renforcé du FMI, sur la base d’un accord technique conclu le 6 mars 2024, qui a ensuite été adopté par le conseil d’administration du FMI le 29 mars 2024. Le programme, qui a été adopté pour la première fois en décembre 2022, est passé de 3 milliards d’USD à 8 milliards d’USD et constitue un solide point d’ancrage pour de nouveaux progrès en matière de réformes économiques. Le FMI et l’Égypte sont parvenus à un accord technique sur le quatrième examen le 24 décembre 2024.

L’AMF à court terme était fondée sur un protocole d’accord. Le protocole d’accord prévoyait le versement de l’aide en une seule tranche et contenait un ensemble de réformes de politique économique convenues afin d’améliorer la stabilité macroéconomique et la résilience, de renforcer l’environnement et la compétitivité des entreprises et de faire progresser la transition écologique. Conformément au protocole d’accord, le versement de l’aide a fait l’objet: i) de la mise en œuvre des réformes de politique économique convenues; ii) de la mise en œuvre d’étapes concrètes et crédibles vers le respect des mécanismes démocratiques effectifs (dont le pluralisme parlementaire) et l’état de droit et la garantie du respect des droits de l’homme; et iii) un financement du programme du FMI assuré dans les délais prévus. L’évaluation globale de la mise en œuvre a été positive. La décision relative au versement de l’AMF a été adoptée le 18 décembre 2024 et la tranche unique a été entièrement décaissée le 27 décembre 2024.

2.3Balkans occidentaux

·Macédoine du Nord

La reprise de l’économie après la COVID‑19 reste lente. La production réelle a augmenté de 2,8 % en 2024. La croissance a été alimentée par l’investissement et par la consommation publique, cette dernière reflétant en partie une forte hausse des salaires dans le secteur public. Soutenue par l’augmentation des revenus réels, la croissance de la consommation des ménages s’est également redressée. Le solde extérieur a apporté une contribution négative à la croissance, la demande des principaux marchés d’exportation étant faible. L’inflation, qui avait ralenti plus tôt dans l’année, a de nouveau augmenté en septembre pour atteindre une moyenne annuelle de 3,5 %, contre 9,4 % en 2023. Cette augmentation de fin d’année a été principalement due à la hausse des prix des denrées alimentaires, de l’alcool et du tabac, malgré les plafonds de prix imposés par le gouvernement pour les biens de base. Si la baisse des prix de l’énergie a permis à la balance courante d’afficher un léger excédent à la fin de 2023, celle-ci est redevenue déficitaire en 2024 (-2,3 %), en raison d’une détérioration du déficit commercial des marchandises et de la diminution de l’excédent des revenus secondaires. Le déficit des revenus primaires s’est également creusé.

Le 6 février 2023, la Commission a adopté une proposition visant à fournir à la Macédoine du Nord une AMF d’un montant maximal de 100 millions d’EUR, sous forme de prêts, à verser en deux tranches égales. La décision du Parlement européen et du Conseil a été adoptée le 12 juillet 2023 [décision (UE) 2023/1461] et le protocole d’accord a été signé avec les autorités de Macédoine du Nord en janvier 2024. Le protocole d’accord énonce 20 conditions relatives aux politiques à mener (dont huit s’appliquent au premier décaissement) dans les domaines suivants: finances publiques; environnement des entreprises; éducation et marché du travail; énergie; système judiciaire, bonne gouvernance et lutte contre la corruption. La Commission a confirmé que toutes les conditions relatives à la première tranche étaient remplies et a approuvé, le 22 avril 2024, le décaissement correspondant de 50 millions d’EUR.

L’AMF est tributaire d’un bilan positif du programme du FMI en cours. Le 22 novembre 2022, faisant suite à la demande des autorités et à un accord technique, le conseil d’administration du FMI a donné son feu vert à un accord de 24 mois relatif à une ligne de précaution et de liquidité. En janvier 2024, le FMI a achevé son premier examen du programme. Toutefois, la ligne de précaution et de liquidité du FMI a expiré en novembre 2024 sans que le deuxième examen n’ait eu lieu, ce qui signifie qu’une condition préalable essentielle au versement de la seconde tranche de l’AMF n’est actuellement pas remplie.

La première moitié de l’AMF a été décaissée avec succès, mais il semble peu probable que le tirage de la seconde ait lieu. Le nouveau gouvernement n’a pas progressé dans la mise en œuvre des conditions liées à la dernière tranche de 50 millions d’EUR, dont l’adoption par le parlement de plusieurs lois, y compris les dispositions dérivées de la loi sur l’efficacité énergétique et les dispositions d’exécution de la nouvelle loi sur la lutte contre le blanchiment de capitaux. En outre, la Macédoine du Nord a récemment contracté deux prêts bilatéraux d’un montant de 500 millions d’EUR chacun à un taux d’intérêt favorable auprès de la banque publique hongroise Eximbank, ce qui atténue ses besoins de financement extérieur. Dans ces circonstances, le décaissement de la seconde tranche de l’AMF est peu probable. La période de disponibilité de l’AMF s’achève en août 2026.

3.GARANTIR LE BON USAGE DES FONDS DE L’AMF: ÉVALUATIONS OPÉRATIONNELLES ET ÉVALUATIONS EX POST

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3

3.1Évaluations opérationnelles

Conformément aux exigences du règlement (UE, Euratom) 2024/2509 (ci-après le «règlement financier») de l’Union, la Commission, avec l’aide de consultants extérieurs, effectue des évaluations opérationnelles afin d’obtenir des assurances raisonnables quant au bon fonctionnement des procédures administratives et des circuits financiers dans les pays bénéficiaires.

Les évaluations opérationnelles portent sur les systèmes de gestion des finances publiques (GFP), notamment sur la manière dont les ministères des finances et les banques centrales sont organisés et sur la nature des procédures qu’ils mettent en œuvre, ainsi que – plus précisément – sur la manière dont sont gérés les comptes sur lesquels est déposée l’aide financière de l’Union. Une attention particulière est également accordée au fonctionnement, à l’indépendance et aux programmes de travail des organismes d’audit externe, ainsi qu’à l’efficacité de leurs mesures de contrôle. Les procédures de passation des marchés publics au niveau central sont également examinées.

Une évaluation opérationnelle réalisée en 2020 pour la Moldavie, avant l’opération dans le contexte de la pandémie de COVID‑19, a mis en évidence des progrès significatifs dans les systèmes de GFP et les circuits financiers depuis le dernier examen en 2015. Il a été conclu que les procédures financières de la Moldavie se prêtaient à un nouveau programme d’AMF. La dernière évaluation opérationnelle des circuits administratifs et financiers de l’Ukraine a été réalisée en 2022, avant l’AMF octroyée à titre exceptionnel et l’AMF+. Il s’agissait de la troisième évaluation de ce type réalisée en Ukraine, même si elle s’est déroulée à distance en raison de la guerre. Dans l’ensemble, elle a permis de constater que des progrès considérables avaient été accomplis concernant le renforcement des systèmes de gestion des finances publiques et d’autres circuits financiers depuis le dernier exercice de 2018. Elle a également pris acte de l’engagement permanent des autorités ukrainiennes de poursuivre les améliorations, tout en soulignant la nécessité de donner la priorité, en matière de gestion des finances publiques, à des réformes dans des domaines clés. Elle a également recommandé de prendre de nouvelles mesures dès que la sécurité se sera améliorée, compte tenu des efforts de reconstruction considérables à venir. La facilité pour l’Ukraine comprend des mesures strictes en matière d’audit et de contrôle, y compris la création d’une commission des comptes indépendante chargée d’évaluer l’efficacité des systèmes de gestion et de contrôle de l’Ukraine et de réaliser régulièrement des audits sur le terrain.

En 2023, une évaluation opérationnelle de la Macédoine du Nord a été réalisée dans le cadre de la nouvelle opération d’AMF. Des consultants externes ont estimé que les circuits et procédures financiers du pays étaient satisfaisants et que le système de gestion des finances publiques de la Macédoine du Nord était sain, constatant les progrès significatifs réalisés récemment.

Deux évaluations opérationnelles ont été réalisées en 2024 dans le cadre de la préparation des nouvelles opérations d’AMF en Égypte et en Jordanie, la première partie de l’opération d’AMF en Égypte ayant été pleinement mise en œuvre en 2024 et le reste devant être adopté par les colégislateurs en 2025, parallèlement à l’opération d’AMF en Jordanie. L’évaluation opérationnelle pour l’Égypte a été la deuxième depuis 2013 et une partie de celle-ci a été réalisée à distance en raison de retards dans l’habilitation de sécurité. Les autorités égyptiennes ont accompli des progrès significatifs, notamment en introduisant une nouvelle législation régissant la gestion des finances publiques et les opérations bancaires. Le cadre de gestion des finances publiques et les circuits financiers de l’Égypte ont été jugés adéquats pour le programme d’AMF, pour autant que la dynamique de réforme se poursuive. L’évaluation opérationnelle pour la Jordanie a été la deuxième depuis 2020 et a confirmé les progrès accomplis dans l’amélioration des systèmes de GFP et de l’efficacité des fonds publics. Toutefois, des difficultés subsistent, notamment en ce qui concerne l’indépendance et la transparence limitées du bureau d’audit; la sous-utilisation du comité d’examen des plaintes relatives aux marchés publics; et un marché secondaire sous-développé des titres de dette publique. Malgré ces problèmes, l’évaluation a conclu que les systèmes financiers jordaniens constituaient une base solide pour le programme d’AMF. Les conclusions des évaluations opérationnelles pour la Jordanie et l’Égypte seront prises en considération lors de l’élaboration des conditions spécifiques de politique économique applicables aux deux AMF.

3.2Évaluations

Conformément au règlement financier et aux décisions d’AMF qui en appliquent les dispositions, la Commission réalise des évaluations 8 à l’issue des opérations d’AMF afin d’évaluer leur incidence. Les deux principaux objectifs de ces évaluations consistent à analyser les répercussions de l’AMF sur l’économie du pays bénéficiaire, en particulier sur la soutenabilité de sa position extérieure, et à évaluer la valeur ajoutée de l’action de l’Union.

En 2024, la Commission a conclu l’évaluation ex post conjointe des opérations en faveur des pays du partenariat oriental que sont la Moldavie, la Géorgie et l’Ukraine (2017-2020). Le rapport externe et le document de travail des services de la Commission qui l’accompagne ont été publiés en janvier 2025. Concernant les trois pays, il ressort de cette évaluation que les opérations ont eu un effet positif sur la soutenabilité de la dette et sur la situation macroéconomique. Cette constatation est particulièrement importante pour l’Ukraine, compte tenu de l’ampleur plus importante de l’opération et du cadre macroéconomique particulièrement compliqué du pays. Dans l’ensemble, l’évaluation a conclu que les trois opérations ont permis d’induire un changement positif dans plusieurs domaines clés du programme de réformes et que les opérations étaient cohérentes par rapport au cadre d’action général de l’Union, et alignées sur les programmes de réforme des autorités et les programmes des autres donateurs.

En 2024, la Commission a lancé l’évaluation ex post des opérations d’AMF dans le contexte de la COVID‑19 en faveur de dix pays partenaires (2020-2022), qui sera publiée en même temps que le document de travail des services de la Commission qui l’accompagne en 2025. L’étude d’évaluation portera sur le dispositif d’AMF de 3 milliards d’EUR fourni en 2020 à des partenaires dans les régions du voisinage oriental, des Balkans occidentaux et du voisinage méridional afin d’atténuer les conséquences économiques de la pandémie de COVID‑19.

4.Développements généraux liés à l’instrument d’AMF

4

4.1Fonctionnement de l’instrument d’AMF

La déclaration commune de 2013 du Parlement européen et du Conseil sur l’assistance macrofinancière 9 établit le caractère macroéconomique et financier de l’assistance et indique clairement que son objectif est «de rétablir la viabilité des finances extérieures de pays et de territoires admissibles confrontés à des difficultés de financement extérieur». Pour que l’AMF soit effectivement un instrument d’«urgence», il est important de la mobiliser efficacement et en temps utile. Il a souvent été jugé que le processus décisionnel relevant de la procédure législative ordinaire était chronophage, ce qui constituait une déficience majeure pour un instrument de crise destiné à faire face rapidement à une crise de la balance des paiements 10 .

Toutefois, dans des circonstances exceptionnelles liées à la crise de la COVID‑19 et à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, les dispositifs d’AMF concernés ont bénéficié d’une adoption très rapide qui a été rendue possible parce que toutes les institutions ont pleinement exploité les flexibilités procédurales à leur disposition. Dans ces cas, le Parlement européen et le Conseil sont convenus d'utiliser des procédures d’urgence existantes qui permettaient que l’assistance correspondante soit adoptée dans un délai d’un mois à compter de la présentation des propositions de la Commission. Le Parlement a invoqué une clause spécifique (article 163) de son règlement intérieur, ce qui lui a permis adopter la proposition directement en séance plénière, en omettant l’étape habituelle de l’examen par la commission du commerce international (INTA).

Les règlements intérieurs du Parlement européen et du Conseil prévoient une procédure accélérée d’adoption rapide dans les situations d’urgence, mais la procédure ordinaire prend beaucoup plus de temps. Cela a été démontré dans le cas de la récente proposition de la Commission relative à l’AMF en faveur de la Jordanie, qui a été présentée en avril 2024 mais qui ne devrait pas être adoptée avant le deuxième trimestre de 2025. Cet important retard s’explique en partie par les élections au Parlement européen de juin 2024 et par la nécessité de reconstituer ses commissions. Dans le cas de l’Égypte, la nécessité urgente de pouvoir fournir une première partie de l’aide dès le second semestre de 2024 a incité la Commission à décider, à titre exceptionnel, en mars 2024, de proposer une première opération d’AMF urgente mais à court terme pour aider l’Égypte sur la base de l’article 213 du TFUE (qui s’applique aux cas où une assistance financière à caractère urgent est requise et nécessite uniquement l’adoption par le Conseil). Consciente toutefois qu’il ne s’agit pas d’une approche idéale, la Commission a donc proposé l’essentiel de l’AMF en faveur de l’Égypte dans le cadre d’une deuxième opération d’AMF, à moyen terme, qui suit les procédures habituelles prévues à l’article 212 du TFUE (en associant les deux colégislateurs plutôt que le seul Conseil). Dans ce contexte, il est important de noter que la procédure simplifiée 11 pour l’adoption d’une décision du Parlement européen a été modifiée. Contrairement à la procédure d’urgence, la procédure simplifiée ne requiert pas de demande du président/de la présidente pour traiter la proposition en urgence et elle rationalise le processus d’adoption en exigeant moins d’étapes pour l’approbation que la procédure ordinaire. Cette procédure n’a pas encore été utilisée pour les AMF en cours, mais pourrait bien correspondre au caractère urgent de l’AMF et constitue une étape bienvenue sur la voie d’une éventuelle amélioration de l’efficacité des opérations classiques.

L’AMF exceptionnelle au titre de l’initiative ERA en faveur de l’Ukraine a de nouveau été menée sans lien explicite avec un programme du FMI (même si l’Ukraine bénéficie d’un décaissement satisfaisant au titre du MEDC). En outre, elle a bénéficié d’un provisionnement par l’intermédiaire de la marge de manœuvre du budget de l’UE, comme pour l’AMF+. Celui-ci a été accordé à des conditions très favorables, avec une échéance de 45 ans et un délai de grâce de dix ans. Les remboursements, y compris les intérêts et tout autre coût lié au prêt, sont couverts par les recettes exceptionnelles provenant des avoirs immobilisés de la Banque centrale russe, réduisant ainsi au minimum l’incidence sur les finances publiques de l’Ukraine.

Les préparatifs en cours en vue du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) sont l’occasion de tirer des enseignements utiles des expériences récentes en matière d’AMF, lesquels pourraient nourrir un travail de réflexion sur l’avenir de l’AMF avec le Parlement et le Conseil.

4.2L’AMF dans le cadre financier pluriannuel 2021-2027

La période couverte par le CFP actuel est caractérisée par un degré inhabituel de tensions dans de nombreuses économies, en raison des conséquences de la pandémie de COVID‑19 dans le monde entier. En outre, les pays partenaires de l’UE restent vulnérables en raison des faiblesses structurelles de leur propre économie. La région est non seulement exposée comme avant à une forte incertitude géopolitique, mais elle est aussi en proie à une instabilité économique aggravée par la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et, plus récemment, par l’escalade du conflit au Proche-Orient. Compte tenu des perspectives mondiales toujours difficiles, il est plus que probable que l’UE doive être en mesure de fournir une AMF à la région dans les années à venir, bien qu’il soit impossible, du fait de la nature même d’un instrument de crise, de prévoir son champ d’application. Il importe donc de veiller à affecter des ressources budgétaires suffisantes à l’instrument d’AMF dans les dernières années de l’actuel CFP.

Les prêts consentis dans le cadre de l’AMF sont garantis au titre de la garantie pour l’action extérieure prévue dans le règlement (UE) 2021/947 (ci-après le «règlement IVCDCI – “Europe dans le monde”»); leur taux de provisionnement s’élève à 9 %, comme cela était le cas dans le cadre des précédents CFP 12 . Le budget total initialement affecté au provisionnement des prêts AMF a été fixé à environ 1 milliard d’EUR, ce qui équivaut à un volume de prêts de 11 milliards d’EUR. Depuis le début du CFP en cours, en 2021, et dans le contexte du soutien considérable apporté par l’UE à l’Ukraine par l’intermédiaire de l’AMF en 2022, environ deux tiers du provisionnement prévu avaient déjà été utilisés à la fin de 2023. Dans ce contexte et à la suite de la réunion extraordinaire du Conseil européen du 1er février 2024 sur l’examen à mi-parcours du CFP, environ 225 millions d’EUR de passifs de provisionnement liés à l’opération exceptionnelle d’AMF de 5 milliards d’EUR en faveur de l’Ukraine décaissée en 2022 ont été transférés à la facilité pour l’Ukraine. Parallèlement au renforcement du budget affecté au provisionnement des prêts AMF, cela a permis de mobiliser des ressources suffisantes pour financer l’AMF à court terme adoptée en faveur de l’Égypte, à concurrence maximale de 1 milliard d’EUR. Ce renforcement du budget au titre de l’IVCDCI – «Europe dans le monde» permettrait de financer une opération d’AMF classique en faveur de l’Égypte à concurrence maximale de 4 milliards d’EUR – à condition qu’il soit adopté par les colégislateurs – tout en laissant de quoi financer d’autres opérations d’AMF d’ici à la fin de 2027 (voir section 5 ci-après).

5.Perspectives – Opérations d’AMF et situation budgétaire en 2025

L’AMF étant un instrument non programmable et propre aux situations de crise, il est difficile de prévoir précisément quelles seront les opérations menées d’ici au terme du présent CFP. La présente section se concentre donc sur les opérations déjà approuvées en 2025 et met également en évidence les opérations potentielles, en soulignant l’évolution rapide de la situation géopolitique.

Le conflit en cours au Proche-Orient a accru l’incertitude économique et a durement touché les pays de la région. Des opérations sont déjà prévues pour l’Égypte et la Jordanie, qui ont souffert de la baisse du tourisme et du commerce, ce qui a mis en évidence les faiblesses structurelles des deux pays. La dépendance de l’Égypte à l’égard d’un financement extérieur instable et le contrôle excessif de l’État ont accru les pressions exercées sur la balance des paiements. En Jordanie, le conflit s’est ajouté à d’autres chocs extérieurs récents, qui ont aggravé les déficits budgétaires et les problèmes structurels, entraînant un endettement public et des besoins de financement élevés. D’autres pays de la région sont également profondément touchés.

Le 8 octobre 2023, les autorités jordaniennes ont demandé une opération d’AMF d’un montant de 700 millions d’EUR (AMF IV). En réponse, le 8 avril 2024, la Commission a proposé un nouveau dispositif d’AMF d’un montant maximal de 500 millions d’EUR. Cette proposition a été élaborée à la suite d’une évaluation minutieuse des besoins de financement extérieur de la Jordanie et de sa capacité à les couvrir, conformément aux principes d’un partage équitable des charges entre les donateurs, en étroite coordination avec le FMI, et dans le droit fil du nouveau mécanisme élargi de crédit en faveur de la Jordanie, d’un montant de 1,2 milliard d’USD pour la période 2024-2027. En janvier 2025, la Jordanie a présenté une demande de nouvelle AMF de 1 milliard d’EUR (soit une augmentation de 500 millions d’EUR par rapport à l’AMF proposée par la Commission), dans un contexte marqué par l’incertitude régionale persistante, de nouvelles répercussions sur ses perspectives budgétaires et économiques et la nécessité de préserver la dynamique de son programme de réformes. L’adoption par les colégislateurs de l’opération d’AMF IV (d’un montant de 500 millions d’EUR) est attendue au deuxième trimestre 2025, trois décaissements étant prévus entre 2025 et 2027. Le 29 janvier 2025, la présidente von der Leyen a annoncé que la Commission présenterait une proposition d’AMF supplémentaire de 500 millions d’EUR, qui est attendue pour le printemps 2025.

Les colégislateurs envisagent actuellement le deuxième volet de l’AMF de 5 milliards d’EUR en faveur de l’Égypte, soit l’essentiel du dispositif d’AMF d’un montant maximal de 4 milliards d’EUR pour la période 2025-2027. Cette AMF offrirait un soutien à l’Égypte, qui a été touchée par des chocs extérieurs, notamment la poursuite de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et les effets de l’escalade du conflit au Proche-Orient. Les sorties de portefeuille et la baisse des recettes en devises étrangères résultant du ralentissement de l’activité touristique et de la diminution des recettes du canal de Suez ont contribué à creuser sensiblement le déficit de financement extérieur, avec des risques persistants liés à la situation géopolitique complexe. L’adoption de la décision est actuellement prévue pour le deuxième trimestre de 2025.

En novembre 2022, la Tunisie a demandé une AMF d’un montant de 1,2 milliard d’EUR pour l’aider à couvrir ses besoins de financement dans un contexte de dégradation de l’environnement mondial et de prix mondiaux des matières premières en hausse. Cette demande faisait suite à l’accord technique conclu en octobre 2022 avec le FMI pour un nouveau mécanisme élargi de crédit (quatre ans, 1,9 milliard d’USD). Toutefois, le conseil d’administration du FMI n’a pas encore adopté le programme, étant donné que des politiques à mener au préalable par la Tunisie ne l’ont pas encore été, notamment en ce qui concerne la réforme des subventions au carburant. Grâce à un tourisme dynamique et à des envois de fonds réguliers, la pression financière extérieure à laquelle est soumise la Tunisie s’est temporairement atténuée. Sous réserve d’une évaluation minutieuse des conditions préalables à l’AMF et des besoins de financement extérieur de la Tunisie, la Commission est prête à élaborer une proposition de nouvelle AMF une fois que le programme du FMI sera en place. Cela a également été confirmé dans le cadre du partenariat global entre l’UE et la Tunisie, approuvé en juillet 2023. Il a été noté que cela nécessiterait une mise en œuvre substantielle et énergique de réformes supplémentaires.

En avril 2022, le Liban a conclu un accord technique avec le FMI (quatre ans, 3 milliards d’USD), mais n’a que très peu avancé quant à la longue liste des actions qu’il est tenu de mener au préalable. Depuis, le PIB libanais a continué de diminuer, de nombreuses institutions publiques ont cessé de fonctionner et la monnaie a été dévaluée de manière spectaculaire, ce qui a conduit à une dollarisation générale de l’économie libanaise. En janvier 2025, le Parlement libanais a élu un président et un nouveau Premier ministre a été nommé quelques jours plus tard, mettant fin à plus de cinq ans d’impasse politique et créant les conditions d’un nouvel élan en faveur des réformes. En février 2025, le nouveau gouvernement a fait part de son intention de renouer le dialogue avec le FMI en vue d’un nouveau programme, soulignant une éventuelle avancée positive dans la lutte contre la crise économique grâce à l’aide internationale et à des réformes globales. La Commission s’apprête à soutenir un programme complet de réformes au moyen d’une opération d’AMF dès que les conditions préalables (y compris un financement du programme du FMI mis à jour assuré dans les délais prévus) seront remplies.

De même, les changements soudains survenus dans le paysage politique syrien en décembre 2024 ont permis de sortir de l’impasse politique de longue date avec l’éviction du régime d’Assad. Avec un nouveau gouvernement, qui en est encore à ses balbutiements et où de nombreux paramètres ne sont toujours pas clairs (par exemple, la situation des droits de l’homme), il existe à tout le moins une possibilité théorique qu’un engagement significatif de l’UE, éventuellement complété par une AMF, puisse suivre à l’avenir.

Dans le voisinage oriental et les Balkans occidentaux, l’évolution de la situation économique continue d’être influencée par la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, entraînant des changements commerciaux et des perturbations financières. Au-delà de l’Ukraine, la guerre a mis à rude épreuve les ménages et les entreprises, alimentant l’inflation et augmentant les besoins de financement dans l’ensemble des pays des deux régions. L’Ukraine et la Moldavie restent tributaires d’une aide internationale substantielle, l’UE jouant un rôle clé. La facilité de l’UE pour l’Ukraine, d’un montant de 50 milliards d’EUR (2024-2027), ainsi que l’AMF au titre de l’initiative ERA récemment approuvée, soutiennent la résilience de l’Ukraine. Le plan de croissance pour la Moldavie (1,9 milliard d’EUR, 2025-2027) vise à stimuler l’accès au marché et la convergence des revenus. La facilité pour les réformes et la croissance en faveur des Balkans occidentaux fournira jusqu’à 6 milliards d’EUR (2024-2027) sous forme de dons et de prêts, soutenant ainsi une accélération des efforts de réforme dans ces pays.

La Commission est disposée à examiner toute autre demande d’AMF et, le cas échéant, proposera des opérations d’AMF nouvelles et/ou de suivi aux partenaires éligibles.

Le tableau 1 donne un aperçu des engagements et paiements de dons d’AMF et des décaissements de prêts au titre de l’AMF pour les années 2022, 2023, 2024 et (à titre provisoire) 2025.



Tableau 1: engagements et paiements concernant les dons d’AMF et décaissements de prêts au titre de l’AMF pour la période 2022-2025 (en EUR) 13

2022

2023

2024

2025

Crédits d’engagement pour les dons inscrits au budget

30 114 460

45 423 330

57 367 177

59 267 773

Évaluations opérationnelles et évaluations ex post

114 460

350 000

619 440

700 000

Autres opérations d’AMF possibles

30 000 000

45 073 330

56 747 737

58 567 773

Engagements, total

30 114 460

45 423 330

57 367 177

59 267 773

Crédits de paiement pour les dons inscrits au budget

20 868 187

39 880 000

57 367 177

59 267 773

Évaluations opérationnelles et évaluations ex post

-

329 765

749 270

700 000

AMF Moldavie (UE 2022/563) achevée

15 000 000

10 000 000

5 000 000

-

AMF Moldavie (complément) (UE 2023/1165) achevée

-

22 500 000

22 500 000

-

Autres opérations d’AMF possibles

-

-

-

58 567 773

Paiements, total

15 000 000

32 829 765

23 249 270

59 267 773

Dotations non utilisées pour les paiements de dons

5 868 187

7 050 235

34 117 907

-

Décaissements de prêts au titre de l’AMF

-

-

-

AMF Jordanie III (achevée)

-

200 000 000

-

-

AMF Moldavie (achevée)

35 000 000

40 000 000

45 000 000

-

AMF d’urgence Ukraine (achevée)

1 200 000 000

-

-

-

AMF exceptionnelle Ukraine (achevée)

6 000 000 000

-

-

-

Complément d’AMF Moldavie (achevée)

-

50 000 000

50 000 000

-

AMF+ Ukraine (achevée)

-

18 000 000 000

-

-

AMF Macédoine du Nord

-

-

50 000 000

-

AMF à court terme Égypte (achevée)

-

-

1 000 000 000

-

AMF ERA Ukraine

-

-

-

18 116 000 000

AMF Jordanie (en préparation)*

-

-

-

300 000 000

AMF Égypte (en préparation)*

-

-

-

1 333 000 000

Décaissements de prêts au titre de l’AMF, total

7 235 000 000

18 090 000 000

1 145 000 000

19 749 000 000

Opérations d’AMF dans le contexte de la COVID‑19: achevées

AMF Tunisie (achevée)

300 000 000

-

-

-

Décaissements de prêts au titre de l’AMF COVID‑19, total

300 000 000

-

-

-

Décaissements de tous les prêts au titre de l’AMF, total

7 535 000 000

18 090 000 000

1 145 000 000

19 749 000 000

* Pour la Jordanie et l’Égypte, les montants des prêts à décaisser en 2025 sont tout à fait provisoires, car les opérations d’AMF sont en cours de préparation et n’ont pas encore été adoptées par les colégislateurs.

(1)

Le présent rapport se fonde sur les renseignements disponibles jusqu’en mars 2025.

(2)

La base juridique de l’AMF aux pays tiers autres que les pays en développement est l’article 212 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE). L’article 213 du TFUE peut être utilisé comme base juridique lorsque le pays tiers a besoin d’une aide financière urgente.

(3)

Dans le cas du soutien exceptionnel de l’AMF+ apporté à l’Ukraine à la suite de l’invasion à grande échelle de son territoire par la Russie, en février 2022, il a été convenu de déroger à cette condition préalable.

(4)

Dans des cas dûment justifiés (par exemple, un faible montant, une forte préférence du bénéficiaire pour une structure de prêt spécifique), l’approche «back-to-back», selon laquelle la Commission émet des obligations et transfère le produit directement au pays bénéficiaire (par exemple, les décaissements de prêts à la Moldavie en juillet et décembre 2024), peut s’appliquer.

(5)

Toutes les évaluations peuvent être consultées sur le site web de la Commission: https://ec.europa.eu/info/evaluation-reports-economic-and-financial-affairs-policies-and-spending-activities_en .

(6)

SWD(2023) 0016, document de travail des services de la Commission, Evaluation of macro-financial assistance to third countries (Meta-evaluation of operations for 2010-2020).

(7)

L’article 213 du TFUE s’applique dans les cas où une aide financière urgente est nécessaire et ne requiert qu’une adoption par le Conseil.

(8)

Toutes les évaluations peuvent être consultées sur le site web de la Commission: https://ec.europa.eu/info/evaluation-reports-economic-and-financial-affairs-policies-and-spending-activities_en .

(9)

Déclaration commune du Parlement européen et du Conseil adoptée en même temps que la décision accordant une assistance macrofinancière supplémentaire à la Géorgie (décision nº 778/2013/UE du 12 août 2013). Disponible à l’adresse suivante: https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32013D0778&from=FR .

(10)

Une méta-évaluation de la dernière décennie d’opérations a été réalisée en 2023 – SWD(2023) 0016; document de travail des services de la Commission, «Evaluation of Macro financial assistance to third countries (Meta-evaluation of operations for 2010-2020)».

(11)

Conformément à la procédure simplifiée (article 52 du règlement intérieur du Parlement européen), le président/la présidente de la commission parlementaire peut suggérer que la proposition soit approuvée sans amendement. Sauf opposition d’un nombre de députés ou un ou plusieurs groupes politiques atteignant au moins le seuil moyen au sein de la commission, la procédure proposée est réputée approuvée. Le président/la présidente peut, à titre de solution de remplacement, proposer de fixer un délai pour le dépôt des amendements sans qu’un projet de rapport n’ait été préalablement élaboré. Sauf opposition d’un nombre de députés ou un ou plusieurs groupes politiques atteignant au moins le seuil moyen au sein de la commission, la procédure proposée est réputée approuvée.

(12)

Le règlement (UE) 2021/947 (instrument IVCDCI – «Europe dans le monde») a été adopté et est entré en vigueur en juin 2021. Bien que le règlement joue un rôle important dans la configuration budgétaire de l’AMF, l’instrument AMF en tant que tel reste distinct de l’instrument IVCDCI – «Europe dans le monde», et des opérations d’AMF spécifiques continuent d’être activées, si nécessaire, par des décisions ad hoc distinctes.

(13)

Ce tableau ne tient compte d’aucune proposition de nouvelles opérations d’AMF après décembre 2024.