Acte préparatoire52025DC0374

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS Feuille de route pour les crédits nature

CELEX52025DC0374
TypeActe préparatoire
Datelundi 7 juillet 2025

Résumé IA

Cette communication de la Commission présente une feuille de route visant à développer un cadre européen pour les crédits nature, afin de stimuler les investissements privés dans la restauration des écosystèmes et la biodiversité. Elle définit les principes clés pour la création d'un marché volontaire de crédits de haute intégrité, en complément des efforts de réduction des émissions. Pour un professionnel du droit français, ce texte annonce des travaux préparatoires qui pourraient aboutir à des actes législatifs ou des normes techniques harmonisées, impactant potentiellement les secteurs de l'environnement, de l'agriculture et de la finance durable.

Texte intégral

Bruxelles, le 7.7.2025

COM(2025) 374 final

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

Feuille de route pour les crédits nature


Introduction

La nature est l’allié le plus puissant dont nous disposons pour soutenir nos moyens de subsistance, notre santé et notre prospérité. Elle fournit des services écosystémiques essentiels, par exemple en retenant l’eau ou en assurant la fertilité des sols et la pollinisation. Elle contribue à l’atténuation du changement climatique, à l’adaptation à celui-ci et à la résilience face aux catastrophes, souvent de manière très efficace au regard des coûts. Pour les entreprises, elle aide à déterminer les processus de production, la solvabilité et l’accès au financement. Ces interactions ont également une incidence sur les risques pour les établissements financiers qui octroient des prêts à ces entreprises, et c’est pourquoi les autorités de surveillance financière s’intéressent de plus en plus aux risques liés à la nature 1 .

La nature est donc un fondement essentiel d’une économie compétitive et résiliente. Les personnes qui se trouvent aux avant-postes de la gestion de la nature, telles que les agriculteurs, les sylviculteurs, les propriétaires fonciers et les gestionnaires de terres, les pêcheurs, les utilisateurs des écosystèmes marins et d’eau douce, les gestionnaires de zones de conservation et les communautés locales, doivent être récompensées de manière appropriée, par l’intermédiaire du marché, pour leur contribution à la préservation et à l’amélioration de l’atout économique stratégique que constitue la nature.

Dans la panoplie d'instruments de financement pour la biodiversité et la nature, la certification et les crédits 2 apparaissent de plus en plus comme des moyens précieux susceptibles de compléter le financement public. En facilitant les investissements dans des activités bénéfiques pour la nature, ces instruments innovants et non contraignants peuvent jouer un rôle supplémentaire crucial dans la préservation de la santé de nos écosystèmes terrestres et marins et contribuer à endiguer le déclin de la biodiversité. En vue de renforcer la bioéconomie, ces instruments peuvent par ailleurs permettre de générer des revenus pour les personnes qui participent à la protection, à la restauration et à la gestion durable des écosystèmes, comme mis en exergue dans la vision pour l’agriculture et l’alimentation 3 , la stratégie pour la résilience dans le domaine de l’eau 4 et le pacte européen pour l’Océan 5 , tout en garantissant la sécurité alimentaire ainsi que la multifonctionnalité des forêts.

La présente feuille de route définit la voie à suivre pour atteindre ces objectifs. L'objectif est de compléter différentes sources de financement en faveur de la nature, comme les fonds publics, en soutenant le développement d’instruments de première qualité (les crédits nature), qui feront des investissements dans la nature un moteur fiable de création de valeur.

1.Arguments économiques en faveur d’une action positive pour la nature

1.1.Des investissements publics dans la nature qui profiteront à notre société et à notre économie

La nature est non seulement précieuse en elle-même, mais aussi essentielle pour faire face aux crises interdépendantes du changement climatique, de la perte de biodiversité et de la pollution. Plus de la moitié du PIB mondial et deux tiers de la valeur économique ajoutée de l’UE dépendent de la nature et de ses services écosystémiques 6 . Environ 72 % des entreprises de la zone euro sont fortement dépendantes des services écosystémiques, y compris en dehors de l’UE et notamment sur les marchés en développement et émergents, ce qui traduit bien la mondialisation des chaînes d’approvisionnement et l’interdépendance économique. La dégradation de la nature sur terre et en mer est désormais considérée comme un facteur majeur de pertes économiques et de risque financier 7 . Il est donc impératif d’investir dans la restauration de la nature pour assurer la compétitivité, la résilience, la prospérité et la sécurité de l’Europe.

Toutefois, malgré des travaux novateurs, comme le système intégré de comptes des écosystèmes de l’UE, qui a permis d’estimer que dix services écosystémiques généraient 234 milliards d’EUR de bénéfices par an 8 , ces services restent difficiles à évaluer en termes monétaires et ne sont pas correctement intégrés dans les signaux de prix du marché. Cet état de fait contribue à une surexploitation de la nature et à un sous-investissement chronique dans la restauration et la protection de celle-ci.

Par conséquent, la restauration et la protection de la nature reposent principalement sur des financements publics. L’UE s’est engagée à consacrer 10 % de son budget au soutien des actions et des investissements en faveur de la protection et de la restauration de la biodiversité en 2026 et 2027, par l’intermédiaire de plusieurs programmes de financement et d'interventions 9 , ainsi qu’à doubler ses dépenses extérieures consacrées aux actions en faveur de la biodiversité afin de les porter à 7 milliards d’EUR durant la période 2021-2027. Ces engagements sont conformes au cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal 10 , adopté au titre de la Convention sur la diversité biologique (CDB), qui appelle à augmenter sensiblement les ressources financières provenant de toutes les sources afin de mobiliser au moins 200 milliards d'USD par an d’ici à 2030, y compris au moyen de systèmes de financement innovants (cible 19).

Bien que de tels engagements constituent une avancée importante, ils sont encore loin d’être suffisants. Le cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal souligne l’ampleur du défi: le déficit de financement mondial de la biodiversité est estimé à 700 milliards d'USD par an, et ce déficit ne saurait être comblé par le seul financement public. Au niveau de l’UE, les financements publics actuels, qu’ils proviennent de sources européennes, nationales ou locales, sont également insuffisants pour répondre aux besoins en investissements, estimés à 65 milliards d’EUR par an 11 . Des niveaux importants et constants de financement public, comprenant des contributions de l’UE et des États membres, dans le respect des règles en matière d’aides d’État 12 , demeurent essentiels; néanmoins, une combinaison de fonds publics et privés sera indispensable pour atteindre les objectifs au rythme et à l'échelle voulus.

1.2.Le rôle des financements privés en faveur de la nature

Parallèlement aux investissements du secteur public, il existe de plus en plus d’arguments économiques qui militent pour un engagement du secteur privé en faveur de la nature, en particulier au moyen d’actions positives pour la nature 13 – autrement dit, des actions visant à enrayer et à inverser l’appauvrissement de la nature, notamment en améliorant et en préservant la biodiversité. Pour les entreprises, le fait de reconnaître la nature comme une ressource stratégique peut permettre l'émergence de nouvelles approches pour gérer les risques, créer de la valeur et favoriser la résilience économique. L’intégration de considérations relatives à la biodiversité dans les modèles commerciaux contribue à réduire les risques pour la réputation et les risques opérationnels, comme la baisse de rendement des cultures liée au déclin des pollinisateurs 14 , ou les interruptions de la chaîne d’approvisionnement liées à la dégradation des sols, en raison de l’effondrement des écosystèmes 15 . Cette démarche contribue en outre à renforcer le caractère distinctif des produits et peut potentiellement ouvrir la voie à de nouvelles sources de revenus. Parmi les exemples observés dans l’UE, on peut citer les entreprises agroalimentaires qui aident les agriculteurs à opérer la transition vers une agriculture régénératrice 16 , ou les modèles de financement mixte qui soutiennent l’aquaculture en vue de restaurer la biodiversité marine 17 .

Les entreprises qui adoptent des stratégies positives pour la nature peuvent bénéficier d’une plus grande confiance des investisseurs, de conditions financières plus favorables et d’une meilleure résilience sur le long terme 18 . Certaines institutions financières commencent également à reconnaître cette valeur et intègrent de plus en plus la biodiversité dans les évaluations des risques, comme en témoignent leurs primes, critères de prêt et décisions d’investissement 19 . Par exemple, certains assureurs créent des produits d’assurance alignés sur la nature et liés aux investissements écologiques, ou investissent dans des projets visant à restaurer les écosystèmes afin de réduire les risques d'assurance liés aux inondations 20 . En créant une telle valeur, les entreprises offrent donc des avantages non seulement à leurs parties prenantes, y compris les salariés, les clients, les fournisseurs, les communautés locales et la société dans son ensemble, mais aussi à leurs actionnaires 21 . Les cadres de divulgation d’informations prévus par la directive sur la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises 22 , par le règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers 23 et par le règlement sur la taxinomie 24 peuvent favoriser la généralisation de cette tendance.

Malgré ce potentiel évident, la transition positive pour la nature n’est pas sans présenter certains défis. Les coûts initiaux, les lacunes dans les données et les difficultés à mesurer les progrès en matière de biodiversité peuvent retarder l'obtention de résultats à court terme et décourager les investisseurs. Des instruments innovants et des cadres plus propices doivent être mis en place pour surmonter ces obstacles et développer une économie positive pour la nature 25 .

2.Crédits nature

2.1.De la certification aux crédits

Les crédits nature peuvent être un outil essentiel pour récompenser les actions positives en faveur de la nature au moyen d’investissements privés bénéficiant tant à la nature qu'aux entreprises, y compris les agriculteurs, les sylviculteurs, les propriétaires fonciers et les gestionnaires de terres, les pêcheurs, les utilisateurs des écosystèmes marins et d’eau douce, les gestionnaires de zones de conservation et les communautés locales.

En permettant à ces acteurs et parties prenantes de rendre visibles leurs actions positives pour la nature, au-delà des obligations juridiques individuelles et de la hiérarchie obligatoire en matière d’atténuation 26 , il est possible d’encourager le passage d'une simple limitation des dégâts à une inversion active de la tendance à l'appauvrissement de la nature. Au niveau de leurs politiques publiques, les États membres pourraient, par exemple, utiliser des crédits nature pour récompenser les contributions individuelles aux objectifs et obligations nationaux établis en vertu du règlement relatif à la restauration de la nature 27 ou du cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. Ces instruments pourraient également soutenir des activités connexes, telles que la publication d’informations sur la durabilité, le financement d’infrastructures vertes ou les paiements fondés sur les résultats. Pour assurer la crédibilité du processus, des critères stricts devront être pris en considération, sous-tendus par une gouvernance, une transparence et des garanties claires.

La certification garantit que des actions spécifiques de haute qualité et positives pour la nature sont mises en œuvre conformément à des critères ou principes prédéfinis. Cette certification permettrait d’évaluer la conception, la mise en œuvre, les effets atteints ou encore attendus, de façon à envoyer un signal reconnu d’intégrité environnementale fondé sur la qualité de l’intervention. En tant que reconnaissance officielle, vérifiée de manière indépendante, du caractère conforme de l'intervention aux normes reconnues et aux bonnes pratiques en matière de biodiversité, le certificat peut contribuer à réduire les risques pour les bailleurs de fonds et à instaurer rapidement un climat de confiance. Il peut également faciliter les investissements initiaux et permettre aux opérateurs d’accéder aux paiements pour les actions certifiées.

Sur cette base, un crédit nature pourrait être considéré comme une unité représentant un résultat positif pour la nature, découlant d’une action certifiée et vérifiée de manière indépendante, et quantifiée à l’aide d’un paramètre ou d’un indicateur de biodiversité reconnu. Ces paramètres et indicateurs peuvent être multiples et adaptés à chaque contexte, afin de mieux refléter l’hétérogénéité des écosystèmes et des résultats. Des cadres tels que la cartographie et l’évaluation des écosystèmes et de leurs services de l’UE 28 et le système des comptes intégrés de l’environnement et de l’économie de l’ONU 29 illustrent la manière dont la variabilité des écosystèmes peut être combinée à une structure cohérente d’indicateurs et de paramètres spécifiques aux écosystèmes, normalisée et fondée sur des données scientifiques.

Ce modèle en deux étapes (une certification suivie d’un crédit) pourrait ouvrir la voie à des mécanismes de financement innovants. Les certificats permettraient de structurer et de catalyser les investissements positifs pour la nature en fournissant une base aux paiements contractuels ou aux garanties, tandis que les crédits permettraient d'évaluer en termes monétaires l’impact avéré des actions, offrant une source potentielle de dividendes aux fournisseurs et aux investisseurs de la première heure. Le rôle de la certification est de structurer les interventions et de garantir le contrôle de la qualité, tandis que les crédits traduisent les améliorations observées et vérifiées en unités pouvant être enregistrées, mises en commun, mises en réserve et échangées. Le processus peut comprendre un mécanisme visant à actualiser l’état d’avancement des interventions au fil du temps dans le certificat, de manière à faciliter la transparence, la gestion adaptative et, le cas échéant, l’émission progressive de crédits en fonction des étapes validées.

Par exemple, un groupe d’agriculteurs et de gestionnaires de terres qui unissent leurs efforts en vue d’améliorer un écosystème de zone humide peut recourir à diverses pratiques. Un certificateur indépendant reconnu évalue le plan du projet, les méthodes utilisées et les effets escomptés. Sur base de cette évaluation, le groupe reçoit un certificat, reconnaissance formelle du fait que son activité répond aux normes de qualité en matière d’action positive pour la nature. Ce certificat aidera les membres du groupe à obtenir un soutien financier et à renforcer la confiance des parties prenantes pour valoriser leurs pratiques. Au fil du temps, le projet fera l’objet d’un suivi et des crédits nature seront progressivement émis à mesure que les résultats seront démontrés. L’émission des crédits doit répondre à des protocoles scientifiques et de gouvernance stricts afin de préserver l’intégrité et d’éviter les revendications prématurées. La chaîne de valeur des crédits nature comprend les intermédiaires (tels que les agrégateurs ou les facilitateurs au niveau des paysages), les certificateurs, les registres et les acheteurs. Les acheteurs peuvent inclure des entreprises des secteurs en aval (par exemple des entreprises agroalimentaires), des institutions financières, des entités publiques ou des citoyens, en particulier dans le cadre de contributions volontaires, de marchés publics ou de mécanismes locaux de partage des avantages.

2.2.Renforcer la confiance et l’intégrité

Pour assurer la crédibilité du processus, il convient d’établir des critères et des principes stricts permettant de garantir la transparence, d’éviter les conflits d’intérêts et de prévenir l’écoblanchiment et le double comptage. La séparation des rôles entre les promoteurs de projets, les certificateurs et les opérateurs de registres est essentielle pour préserver l’intégrité du système et la confiance du marché.

Pour de nombreuses entreprises, allant des services publics aux assureurs, l’investissement dans la nature n’est pas un phénomène nouveau. Plusieurs outils de financement de la nature existent déjà, tels que les obligations vertes et les paiements pour les services écosystémiques. Parallèlement à ces outils, les crédits nature fondés sur des certificats pourraient apporter une valeur ajoutée en proposant un format vérifiable et normalisé permettant d’investir dans des actions positives pour la nature. S’ils sont bien conçus, ils peuvent devenir un instrument central pour canaliser les investissements privés et récompenser les initiatives favorables à la nature.

Dans la mesure du possible, la certification devrait s’aligner sur les normes et cadres existants de l’UE, par exemple le régime de l’agriculture biologique 30 , et les renforcer, afin de réduire le plus possible la charge administrative. Au lieu de fonctionner isolément, les crédits nature devraient donc être intégrés dans ce cadre plus large et devenir un instrument transformateur.

2.3.Initiatives récentes et émergence de nouveaux marchés

Bien qu’ils en soient encore à leurs prémices, on estime que les crédits nature recèlent un potentiel considérable. Au niveau mondial, les démarches en ce sens se sont rapidement développées ces dernières années: on recense plus de 50 initiatives de certification et de crédits nature 31 . Certaines initiatives internationales, menées par des coalitions d’experts telles que l’Alliance pour le crédit à la biodiversité (BCA) 32 , le Forum économique mondial (FEM) 33 et le Groupe consultatif international sur les crédits biodiversité (IAPB) 34 , ainsi que certains cadres de divulgation volontaire d’informations sur la nature, tels que le Groupe de travail sur la divulgation d’informations financières relatives à la nature (TNFD) 35 et le Réseau d’objectifs fondés sur la science (SBTN) 36 , convergent actuellement vers l’élaboration de principes communs pour la mise en place de systèmes crédibles et à haute intégrité, tels que l’additionnalité, l’attribution, la mesurabilité, la permanence, l’absence de double comptage, la transparence, les garanties sociales et environnementales, l’alignement sur les objectifs mondiaux et les utilisations possibles.

Dans le même temps, plusieurs États membres et pays tiers sont en train de tester des modèles de financement de la biodiversité qui combinent des capitaux publics et privés. Au sein de l’UE, la France a adopté un système fondé sur la création de sites naturels de compensation, de restauration et de renaturation 37 , l’Irlande a conçu un système de financement volontaire pour la restauration des tourbières 38 et la Finlande a récemment mis en place un système volontaire pour soutenir les efforts nationaux en matière de biodiversité 39 . Dans d’autres États membres (y compris l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovaquie et la Suède), des organismes non gouvernementaux, tels que des organisations de la société civile, des gestionnaires de terres et des organismes financiers, expérimentent activement des systèmes de certification et de crédits en faveur de la biodiversité et de la nature. En outre, le Royaume-Uni a récemment mis en œuvre sa stratégie de «gain net de biodiversité» (Biodiversity Net Gain) 40 , un système qui oblige les gestionnaires de terres et les promoteurs immobiliers à restaurer les écosystèmes.

Alors que les marchés des crédits nature évoluent à l’échelle mondiale, l’UE est bien placée pour jouer un rôle de premier plan dans ce domaine grâce à son cadre réglementaire global, qui garantit la protection des consommateurs, la responsabilité des entreprises et la transparence des investissements positifs pour la nature.

3.Tirer les enseignements des marchés du carbone et s’en inspirer

Les crédits nature sont confrontés à bon nombre des mêmes défis que d’autres systèmes reposant sur la certification, par exemple les dispositifs de l’agriculture biologique ou de l’efficacité énergétique, qui ont eux aussi l’objectif de recenser et de récompenser les résultats bénéfiques pour l’environnement. En ce qui concerne la création de marchés pour les crédits nature, les marchés du carbone peuvent offrir des informations utiles pour la conception de systèmes à haute intégrité, résilients, fiables et tenant compte de toutes les parties.

L’évolution récente des marchés volontaires du carbone met en lumière à la fois les défis et les perspectives de ces dispositifs. Les préoccupations relatives à l’intégrité et au risque d’écoblanchiment ont entraîné une contraction de ces marchés, alors même que la préférence des acheteurs et la demande de projets de qualité incluant des bénéfices connexes environnementaux et sociaux sont restées fortes 41 . Ce constat montre l’importance de jeter des bases solides pour les marchés des crédits nature à un stade précoce, tant du côté de l’offre que du côté de la demande. Il est donc important de donner la priorité à des normes ambitieuses et scientifiquement rigoureuses, à un contrôle indépendant, à des cas d’utilisation et de revendication clairs et à une gouvernance fiable afin de prévenir les risques pour la réputation.

Le règlement de l’UE sur les absorptions et l’agrostockage de carbone 42 établit un système de certification volontaire pour les absorptions de carbone et les réductions d’émissions fondées sur les écosystèmes réalisées dans l’UE. Ce système repose sur des procédures solides en matière de surveillance, de transmission de rapports et de vérification. Il introduit le processus en deux étapes des certificats de conformité et des unités certifiées, qui simplifie l’accès au financement privé et se fonde sur des critères stricts de quantification, d’additionnalité, de stockage à long terme et de durabilité. En particulier, il exige que les activités dagrostockage de carbone génèrent des avantages connexes pour la biodiversité et les services écosystémiques. D’autres avantages connexes volontaires peuvent également être inclus, ce qui constitue un précédent important pour les futurs cadres axés sur la biodiversité. Cette initiative correspond à une tendance croissante du marché: les acheteurs valorisent de plus en plus les crédits solides qui offrent des avantages connexes, en particulier ceux liés aux solutions fondées sur la nature. L’intégration de la biodiversité dans la certification carbone pourrait non seulement renforcer la crédibilité écologique des unités certifiées, mais aussi familiariser les acheteurs avec les résultats en matière de biodiversité, ce qui pourrait jeter les bases de marchés autonomes des crédits nature. Le droit dérivé du règlement sur les absorptions et l’agrostockage de carbone, en cours d’élaboration, comprendra des dispositions relatives à la vérification par des tiers indépendants et à des outils scientifiques permettant d’évaluer la permanence des absorptions ainsi que les risques d’inversion, afin de contribuer à rétablir la confiance dans les performances certifiées et accréditées.

Il est possible de tirer des marchés du carbone certains enseignements précieux pour faciliter les premiers progrès, favoriser la cohérence des politiques et réduire au minimum la charge administrative. Dans le même temps, il convient de tenir compte des caractéristiques propres aux crédits nature, y compris les indicateurs, les objectifs et les garanties, ainsi que de la spécificité des sites, de la mesurabilité et de la latence des résultats en matière de biodiversité. Les crédits nature peuvent également couvrir un champ d’application plus large étant donné qu’ils peuvent concerner des interventions et des zones non liées à la séquestration du carbone ou présentant un potentiel supplémentaire limité en ce sens, mais recelant une grande valeur en termes de biodiversité, comme le soutien aux pollinisateurs ou la restauration des écosystèmes secs.

4.Développement des crédits nature

Depuis le début du mandat actuel, la Commission consulte les États membres et les parties prenantes afin de faire avancer les travaux sur ce sujet. Ces consultations ont mis en évidence la nécessité de mettre en place, tant au sein de l’UE qu’au niveau international, un processus de collaboration fondé sur des principes de haute intégrité, sur la transparence et sur des contributions solides sur le plan scientifique. Les parties prenantes ont insisté sur l’importance de récompenser non seulement les nouvelles interventions, mais aussi les initiatives en cours qui favorisent la conservation de la nature et la pérennisation des bonnes pratiques. Elles ont également souligné qu’il importe de tenir compte des défis liés aux aspects locaux de la biodiversité et de la propriété foncière, des enseignements tirés du marché du carbone, de l’accessibilité pour les petits opérateurs, des incitations du marché et de la nécessité d’assurer la cohérence avec les stratégies existantes.

En s’appuyant sur ces contributions, le développement des crédits nature devra se faire en plusieurs étapes:

·mise en place d’une coopération étroite entre les États membres et les parties prenantes afin d’exploiter leur expertise pour parvenir à une compréhension commune, tout en favorisant la coopération internationale;

·mise au point de méthodes transparentes et à haute intégrité clairement axées sur la simplicité et la facilité d’utilisation, tout en garantissant une gouvernance et des garanties crédibles pour prévenir les risques de réputation, y compris l’écoblanchiment, le double comptage et les fuites;

·identification et développement de l’offre et de la demande sur le marché;

·le cas échéant, fourniture de fonds publics d’amorçage, tels que des facilités de réduction des risques, des instruments de financement mixte et des subventions d’assistance technique, afin de stimuler l’introduction des crédits nature.

Ces premières étapes permettront d’établir si de nouvelles mesures réglementaires au niveau de l’UE sont nécessaires, tout en faisant ressortir les défis et les possibilités que cela engendrerait pour les secteurs clés. Par ailleurs, compte tenu des besoins particuliers et des dimensions locales ou régionales que revêtent souvent la nature et la biodiversité, une version pilote de ces marchés pourrait d’abord être mise en place au niveau local, avant leur déploiement à grande échelle. Ce déploiement pourrait être parallèle à la mobilisation au niveau international.

4.1.Assurer une coopération étroite entre les parties prenantes de l’UE et renforcer la coopération internationale

L’efficacité d’un marché dépend de l’adhésion de ses acteurs. L’UE commencera donc par instaurer un dialogue constructif entre les parties prenantes dans l’ensemble de l’Union ainsi qu’au niveau international.

Comme coup d'envoi à ce processus, la Commission lancera un appel à manifestation d’intérêt pour participer à un nouveau groupe d’experts de l’UE sur les crédits nature. Ce groupe permettra la mutualisation des connaissances, favorisera la collaboration, recensera les bonnes pratiques et fournira des contributions sur différents systèmes de certification, méthodes, approches de suivi et modèles de gouvernance. La gouvernance du groupe garantira la rationalisation des méthodes de travail. La participation sera inclusive: le groupe comprendra des experts individuels, des représentants des États membres, d’autres entités publiques et un large éventail de parties prenantes, telles que des agriculteurs, des sylviculteurs, des propriétaires fonciers et des gestionnaires de terres, des pêcheurs, des utilisateurs d’écosystèmes marins et d’eau douce, des gestionnaires de zones de conservation, des communautés locales, des entreprises et des investisseurs opérant dans l’UE et au niveau international, y compris des petites et moyennes entreprises (PME), des communautés scientifiques et des organisations de la société civile. Il conviendra également de veiller à ce que les peuples autochtones et les communautés locales soient dûment pris en considération, dans le plein respect de leurs droits, de leurs systèmes de connaissances et de leur rôle en tant que gardiens de la biodiversité.

Action [2025]: La Commission mettra en place un groupe d’experts sur les crédits nature afin de mobiliser de l’expertise, de partager les bonnes pratiques et de formuler des propositions.

La Commission contribuera à ces travaux par l’intermédiaire de ses projets en matière de recherche et d’innovation et de ses initiatives pilotes, notamment au titre d’Horizon Europe et du programme LIFE. Une série de projets pilotes, dans l’UE et au-delà, permettent déjà d’expérimenter concrètement différentes utilisations des crédits nature, des expériences qui seront essentielles pour orienter les politiques et les pratiques futures. Par exemple, en Estonie et en France, des projets pilotes s'intéressent aux manières dont les crédits nature pourraient appuyer des actions positives pour la nature dans les forêts et les zones humides. Hors Europe, au Pérou, un projet évalue comment des entreprises établies dans l’UE peuvent contribuer à la conservation de la biodiversité à l’étranger, tout en respectant les normes européennes en matière de publication d’informations sur la durabilité 43 . Des projets spéciaux visant à tester les méthodes de suivi, de déclaration et de vérification sont également en cours, y compris en ce qui concerne l’utilisation d’outils de télédétection et d’outils géospatiaux, avec l’aide de l’Agence spatiale européenne 44 et des services Copernicus 45 . Certains de ces projets sont directement financés par la Commission, tandis que d’autres bénéficient du soutien d'autorités nationales, d'instituts de recherche et/ou de la société civile.

Au niveau international, la Commission s’efforcera de travailler encore plus étroitement au sein d’instances essentielles telles que l’Alliance pour le crédit à la biodiversité (BCA), le Forum économique mondial et le Groupe consultatif international sur les crédits biodiversité. L’objectif est de veiller à ce que l’élaboration des politiques de l’UE s’appuie sur les normes mondiales émergentes, tout en contribuant à façonner le développement des marchés des crédits nature au niveau international. En parallèle, l’UE devrait encourager la coopération internationale en amont des grandes étapes mondiales, y compris la prochaine conférence des parties à la convention sur la diversité biologique.

Action [2025-2026]: La Commission prendra une part active aux discussions dans les instances internationales et coopérera avec des partenaires internationaux partageant les mêmes valeurs, notamment à l’occasion des préparatifs de la COP 17 de la Convention sur la diversité biologique.

4.2.Développer des méthodes et une gouvernance solides

4.2.1.Méthodes dagrostockage de carbone présentant des avantages connexes pour la biodiversité

Après l’entrée en vigueur des premières méthodes, prévue pour le début de l’année 2026, le cadre régissant les absorptions et l’agrostockage de carbone permettra la certification des activités d’agrostockage de carbone présentant des avantages connexes pour la biodiversité, tels que la remise en eau des tourbières, la plantation d’arbres ainsi que l’agriculture et l’agroforesterie durables, afin de veiller à ce que les projets de séquestration du carbone protègent et restaurent également la biodiversité et les écosystèmes.

Action [2026]: La Commission adoptera, au titre du cadre régissant les absorptions et l’agrostockage de carbone, les premières méthodes d’agrostockage de carbone, lesquelles devront obligatoirement comporter des avantages connexes pour la biodiversité.

4.2.2.Concevoir des méthodes et des cadres de gouvernance européens pour les crédits nature

Les critères et méthodes de certification des actions positives pour la nature doivent garantir un niveau élevé de transparence, assurer l’intégrité du côté de l’offre et de la demande, et prévenir les risques, tout en étant simples et opérationnels et en s’appuyant, dans la mesure du possible, sur les principes ou les normes existants.

La Commission invitera le groupe d’experts à fournir une expertise sur ces critères et méthodes, en recensant et en échangeant les pratiques nationales et internationales existantes et en recensant les principales possibilités et les principaux défis associés aux crédits nature.

Action [mi-2026]: La Commission invitera le groupe d’experts à fournir son expertise sur les critères et les méthodes applicables aux marchés des crédits nature.

Des cadres de gouvernance solides sont également essentiels à la crédibilité des marchés des crédits nature. Ils doivent définir clairement les règles de propriété, d’enregistrement, de transfert de crédits et de vérification indépendante, ainsi que les responsabilités liées à l’inexécution ou à l’annulation d’actions positives pour la nature. À l’heure actuelle, l’absence d’un cadre largement accepté pour mesurer, communiquer et vérifier les crédits nature, conjuguée à l’absence de reconnaissance mutuelle entre les États membres, crée de l’incertitude et risque de compromettre l’intégrité du marché.

Lors de la conception d’un cadre de gouvernance, il convient de tenir compte de plusieurs aspects pour que les secteurs productifs intègrent la nature dans leurs modèles commerciaux, tout en préservant le rôle multifonctionnel des écosystèmes terrestres, d’eau douce et marins. Il est important d’accorder une attention particulière à la simplicité, à la facilité d’utilisation et aux synergies avec les autres stratégies de l’UE, ainsi qu’aux droits de propriété, y compris vis-à-vis des données. Il importe également de répondre aux besoins spécifiques des petits exploitants et des PME, conformément au principe «penser en priorité aux PME».

Action [2027]: La Commission invitera le groupe d’experts à fournir son expertise en matière de conception de cadres de gouvernance pour les crédits nature, en accordant une attention particulière aux petits exploitants et aux petites et moyennes entreprises.

4.3.Assurer la préparation des marchés des crédits nature

Parallèlement aux travaux sur les critères, les méthodes et la gouvernance, il sera nécessaire de s’employer à recenser l’offre et la demande sur le marché et à remédier aux éventuels obstacles ou goulets d’étranglement. Il conviendra pour cela d’évaluer plus en détail les marchés et les tendances, notamment en ce qui concerne les facteurs d’investissement et la capacité des acteurs, y compris les petits exploitants, à générer l’offre et la demande de crédits nature.

Les politiques existantes de l’UE peuvent être un moteur important de ce processus. Par exemple, le règlement sur la restauration de la nature fournit un cadre solide pour la restauration des écosystèmes, créant des signaux de demande prévisibles pour les investisseurs publics et privés. Cette pierre angulaire permet de générer des actions positives pour la nature qui peuvent être reconnues et vérifiées. Le potentiel qu’offrent les crédits nature pour financer la restauration de la nature, en complément du financement public et d’autres financements privés, sera mis en avant dans le prochain rapport sur le financement de la restauration de la nature 46 .

Action [2025-2026]: La Commission réalisera une évaluation de l’offre et de la demande de crédits nature à l’échelle de l’UE. Par la suite, en s’appuyant sur cette évaluation, la Commission invitera le groupe d’experts à fournir des contributions sur la manière de promouvoir les marchés des crédits nature.

4.4.Un financement public d’amorçage pour stimuler l’introduction des crédits nature

Le développement de marchés des crédits nature solides et reproductibles à grande échelle peut être mieux soutenu par des financements d’amorçage publics ou privés ciblés ou par des mécanismes de réduction des risques visant à récompenser et à généraliser les initiatives de certification précoce en faveur de la biodiversité de crédits nature qui sont essentielles pour attirer des capitaux privés. Sans ce soutien initial, il est probable que les coûts de transaction élevés, la fragmentation des informations et l’incertitude quant aux rendements continueront de limiter l’expansion du financement en faveur de la nature. Des travaux préliminaires sont actuellement réalisés avec la plateforme de conseil InvestEU de la Banque européenne d’investissement 47 , y compris sur la restauration des tourbières, ainsi qu’avec le service d’assistance «Green Assist» dans le cadre du programme LIFE 48 , afin de mettre au point des approches pratiques pour mettre en correspondance l’offre et la demande de crédits nature.

Si la certification offre la possibilité d’une rémunération initiale, elle entraîne néanmoins un coût pour les opérateurs. En outre, la mise en place du système de gouvernance entraîne elle aussi un coût et une charge administrative pour les secteurs privé et public, même si ce coût devrait être couvert par la valorisation des crédits nature.

En tant que précurseur des crédits nature financés par le secteur privé, le financement public d’amorçage, y compris à partir des fonds de l’UE disponibles pour soutenir la compétitivité de l’UE et les projets européens innovants dans le cadre de la transition vers une énergie propre, peut jouer un rôle important, en fournissant des garanties ou une source prévisible de revenus aux acteurs engagés dans des actions positives pour la nature.

Action [2025-2027]: Un projet pilote sur les crédits nature sera lancé, soutenu par les fonds de l’UE disponibles pour soutenir la compétitivité de l’UE et les projets européens innovants.

4.5.Prochaines étapes

Au cours de la période 2025-2027, la Commission prendra les mesures susmentionnées pour contribuer au développement des marchés des crédits nature, en étroite coopération avec les États membres, les parties prenantes et les partenaires internationaux. La mobilisation des agriculteurs et des sylviculteurs étant essentielle au succès des crédits nature, la Commission travaillera en étroite collaboration avec le conseil européen de l’agriculture et de l’alimentation 49 .

Cette collaboration ouvrira la voie à un examen plus approfondi des options stratégiques, y compris la manière dont l’architecture du carbone existante pourrait être exploitée pour créer un nouveau volet consacré aux crédits nature, en limitant les coûts de mise en œuvre conformément aux objectifs de simplification. Les marchés des crédits nature étant encore naissants, il serait envisageable d’étudier des mécanismes plus larges d’appui à la génération de la demande, notamment en encourageant l’adoption de règles en matière de publication d’informations et de marchés publics, d’incitations fiscales, d’exigences sectorielles ou d’autres outils réglementaires.

Les enseignements tirés des programmes nationaux, des projets pilotes, des exemples internationaux et du monde universitaire alimenteront ce processus, garantissant que tout nouvel instrument envisageable soit fondé sur la science, réalisable dans la pratique et aligné sur les objectifs européens et internationaux.

Action [2027]: À partir de l’expérience engrangée et des consultations réalisées, ainsi que des contributions du groupe d’experts, la Commission examinera les progrès accomplis et envisagera les prochaines étapes pour le développement et l’expansion des marchés des crédits nature.

Conclusion

Les étapes décrites dans la présente feuille de route définissent la voie à suivre pour transformer ces fondements en actions stratégiques au moyen de méthodes solides, de processus de certification robustes et de cadres de gouvernance inclusifs, ainsi que par la possibilité, du côté de l’offre et de la demande de crédits nature, d’assurer une grande intégrité dans l’offre comme dans la demande. Au cours de ce processus, l’accent sera placé sur les principes nécessaires de subsidiarité, d’intégrité, de simplicité et de réduction maximale de la charge administrative dès le départ.

Toutes les parties prenantes sont invitées à présenter leurs points de vue et leurs contributions sur les éléments énoncés dans la présente feuille de route ainsi que sur toute autre question qu’elles souhaiteraient soulever concernant les crédits nature.

(1) Banque centrale européenne, «Nature’s bell tolls for thee, economy!» (La nature sonne le glas de l’économie), discours, 22 mai 2025, https://www.ecb.europa.eu/press/key/date/2025/html/ecb.sp250522~b371549cb6.en.html .
(2) On entend par biodiversité la «variabilité des organismes vivants de toute origine, y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie; cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des écosystèmes» ( article 2 de la Convention sur la diversité biologique). Comme l’établit également le cadre conceptuel de la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), la «nature» est une notion plus large qui désigne le monde naturel, notamment la biodiversité et ses interactions avec son environnement. L’utilisation des termes «certification» et «crédits» est expliquée à la section 2.
(3) Une vision pour l’agriculture et l’alimentation – Œuvrer ensemble pour un secteur agricole et alimentaire européen attractif pour les générations futures, COM/2025/75 final, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex:52025DC0075 .
(4) Stratégie européenne pour la résilience dans le domaine de l’eau, COM(2025) 280 final, https://circabc.europa.eu/ui/group/1c566741-ee2f-41e7-a915-7bd88bae7c03/library/b560bc22-6a61-4b63-b62b-a7fe890ea177/details .
(5) Le pacte européen pour l’Océan, COM(2025) 281 final, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=comnat:COM_2025_0281_FIN .
(6) Forum économique mondial, «Nature Risk Rising: Why the Crisis Engulfing Nature Matters for Business and the Economy», 19 janvier 2020, https://www.weforum.org/publications/nature-risk-rising-why-the-crisis-engulfing-nature-matters-for-business-and-the-economy/ . Centre commun de recherche, «The EU’s economy on nature», JRC 140003, 28 février 2025, https://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/handle/JRC140003 .
(7) Ceglar, A., Parker, M., Pasqua, C., Boldrinking, S., Gabet, M., et al., «Economic and financial impacts of nature degradation and biodiversity loss». Bulletin économique de la Banque centrale européenne (BCE), nº 6, 2024, https://www.ecb.europa.eu/press/economic-bulletin/articles/2024/html/ecb.ebart202406_02~ae87ac450e.fr.html .
(8) Ces services écosystémiques sont la fourniture de cultures, la fourniture de bois, la pollinisation, la séquestration du carbone, la lutte contre les inondations, la purification de l’eau, les loisirs en milieu naturel, la fourniture d’eau, la filtration de l’air et la capture de poissons marins. Commission européenne: Eurostat, Vysna, V., Maes, J., Petersen, J.-E., La Notte, A. et al., Accounting for ecosystems and their services in the European Union (INCA) – Final report from phase II of the INCA project aiming to develop a pilot for an integrated system of ecosystem accounts for the EU – 2021 edition, Office des publications, 2020, https://data.europa.eu/doi/10.2785/197909 . La Notte, A., Grammatikopoulou, I., Zurbaran-Nucci, M., Marques, A., Ferrini, S. et al., Linking accounts for ecosystem services and benefits to the economy through bridging (LISBETH). Part II, How to use ecosystem services accounting to provide the financial sector with a more robust, systematic and consistent environmental metric, Office des publications de l’Union européenne, 2022, https://data.europa.eu/doi/10.2760/010621 .
(9) Sur la période 2021-2027, la contribution en faveur de la biodiversité a été estimée à environ 64 milliards d’EUR au titre de la politique agricole commune, 16 milliards d’EUR au titre des politiques de cohésion et 7 milliards d’EUR au titre du programme «Horizon Europe». Commission européenne, «Biodiversity mainstreaming», site web de la Commission européenne, https://commission.europa.eu/strategy-and-policy/eu-budget/performance-and-reporting/horizontal-priorities/green-budgeting/biodiversity-mainstreaming_en .
(10) Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal: décision adoptée par la Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique, CBD/COP/DEC/15/4, https://www.cbd.int/gbf .
(11) Examen de la mise en œuvre de la politique environnementale 2025 (à paraître).
(12) Commission européenne, DG Concurrence, «State aid Legislation», https://competition-policy.ec.europa.eu/state-aid/legislation_en .
(13) https://www.naturepositive.org/what-is-nature-positive/ . Voir également Lammerant, J., et Verhelst, J., «Nature positive in a business context: current working definition, Thematic Report on behalf of the EU Business @ Biodiversity Platform», décembre 2022. Disponible à l’adresse suivante: https://green-forum.ec.europa.eu/news/how-positive-will-nature-positive-be-eu-bb-platform-thematic-report-provides-meaningful-insights-2022-12-16_en . Voir également l’initiative «Nature Positive»: https://www.naturepositive.org/what-is-nature-positive/ .
(14) Turo, K. J., Reilly, J. R., Fijen, T. P. M., Magrach, A., et Winfree, R. (2024), «Insufficient pollinator visitation often limits yield in crop systems worldwide», Nature Ecology & Evolution, vol. 8, nº 9, p. 1612-1622. Disponible à l’adresse suivante: https://www.nature.com/articles/s41559-024-02460-2 .
(15) Marsden, L., Ryan-Collins, J., Abrams, J., et Lenton, T. (2024), Ecosystem tipping points: Understanding risks to the economy and financial system. UCL Institute for Innovation and Public Purpose, rapport stratégique 2024/03. Disponible à l’adresse suivante: https://www.ucl.ac.uk/bartlett/public-purpose/2024/apr/ecosystem-tipping-points .
(16) Manshanden, M., Jellema, A., Sukkel, W., Hennen, W. H. G. J., Jongeneel, R, et al. (2023), Regenerative agriculture in Europe: An overview paper on the state of knowledge and innovation in Europe. Wageningen Economic Research, https://doi.org/10.18174/629483 . Borgman, E., Fischer Bogason, R., Engelbrecht Hansen, A., Møller Nielsen, A., Bennun, L. (2023), Biodiversity and financing: Review of tools in the Nordic countries, https://norden.diva-portal.org/smash/record.jsf?pid=diva2%3A1803819&dswid=5871 .
(17) Global Seaweed Coalition et BEI, «Financing opportunities for EIB in support of sustainable seaweed and bivalve sectors in the EU, and criteria to ensure their sustainability», 13 mars 2025, https://www.safeseaweedcoalition.org/europe-seaweed-bivalve-report/ .
(18) Forum économique mondial (2024), «Financing the Nature-Positive Transition: Understanding the Role of Banks, Investors and Insurers», Note d’information du PDG, https://www3.weforum.org/docs/WEF_Financing_Nature-Positive_CEO_Briefing_2024.pdf .
(19) Réseau pour le verdissement du système financier (NGFS), «Nature-related Financial Risks: a Conceptual Framework to guide Action by Central Banks and Supervisors», 7 septembre 2023, https://www.ngfs.net/en/press-release/ngfs-publishes-conceptual-framework-nature-related-financial-risks-launch-event-paris .
(20) Banque européenne d’investissement, Hudson, G., Hart, S., et Verbeek, A., Investing in nature-based solutions: state-of-play and way forward for public and private financial measures in Europe, Banque européenne d’investissement, 2023, https://data.europa.eu/doi/10.2867/031133 .
(21) Forum économique mondial, «Davos Manifesto 2020: The Universal Purpose of a Company in the Fourth Industrial Revolution», 2 décembre 2019, https://www.weforum.org/stories/2019/12/davos-manifesto-2020-the-universal-purpose-of-a-company-in-the-fourth-industrial-revolution/ .
(22) Directive (UE) 2022/2464 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 modifiant le règlement (UE) nº 537/2014 et les directives 2004/109/CE, 2006/43/CE et 2013/34/UE en ce qui concerne la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (JO L 322 du 16.12.2022), https://eur-lex.europa.eu/eli/dir/2022/2464/oj .
(23) Règlement (UE) 2019/2088 du Parlement Européen et du Conseil du 27 novembre 2019 sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (JO L 317 du 9.12.2019), https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2019/2088/oj .
(24) Règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2020 sur l’établissement d’un cadre visant à favoriser les investissements durables et modifiant le règlement (UE) 2019/2088 (JO L 198 du 22.6.2020), https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2020/852/oj .
(25) Voir, par exemple, le groupe de travail de NetworkNature dénommé «Task Force on Finance and Business Models (for NbS) in a Nature-Positive Economy». Pour de plus amples informations, voir ce lien .
(26) La hiérarchie de l’UE en matière d’atténuation, inscrite juridiquement dans les directives «Oiseaux» et «Habitats» (directive 2009/147/CE et directive 92/43/CEE du Conseil), mais aussi dans les orientations de l’UE sur la prise en considération des écosystèmes et de leurs services dans la prise de décision, impose aux promoteurs d’éviter, de réduire le plus possible et, en tout dernier ressort, de compenser les effets résiduels.
(27) Règlement (UE) 2024/1991 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2024 relatif à la restauration de la nature et modifiant le règlement (UE) 2022/869 (JO L, 2024/1991, 29.7.2024), https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2024/1991/oj/ .
(28) Vallecillo Rodriguez, S., Maes, J., Teller, A., Babí Almenar, J., Barredo Cano, J. I., et al., EU-wide methodology to map and assess ecosystem condition: towards a common approach consistent with a global statistical standard, Office des publications de l’Union européenne, 2022, https://data.europa.eu/doi/10.2760/13048 . Maes, J., Bruzón, A. G., Barredo, J. I., Vallecillo S., Vogt, P., et al., «Accounting for forest condition in Europe based on an international statistical standard», Nature Communications 14, 3723 (2023), https://doi.org/10.1038/s41467-023-39434-0 .
(29) Système des comptes intégrés de l’environnement et de l’économie de l’ONU, «Ecosystem Accounting», site web du SEEA de l’ONU, https://seea.un.org/ecosystem-accounting .
(30) Règlement (UE) 2018/848 du Parlement européen et du Conseil du 30 mai 2018 relatif à la production biologique et à l’étiquetage des produits biologiques, et abrogeant le règlement (CE) nº 834/2007 du Conseil (JO L 150 du 14.6.2018), https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2018/848/oj/ .
(31) Voir la base de données open source développée par BloomLabs. Voir également: Pollination Group, «State of voluntary biodiversity credit markets», octobre 2023, https://pollinationgroup.com/global-perspectives/understanding-the-current-state-of-voluntary-biodiversity-markets/ .
(32) Pour en savoir plus sur la BCA: https://www.biodiversitycreditalliance.org/ .
(33) Pour en savoir plus sur le FEM: https://initiatives.weforum.org/financing-for-nature/biodiversitycreditsinitiative .
(34) Pour en savoir plus sur l’IAPB: https://www.iapbiocredits.org/ .
(35) Pour en savoir plus sur le TNFD: https://tnfd.global/ .
(36) Pour en savoir plus sur le SBTN: https://sciencebasedtargetsnetwork.org/ .
(37) Voir: https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/sites-naturels-compensation-restauration-renaturation .
(38) Pour en savoir plus sur Peatland Finance Ireland: https://peatlandfinance.ie/ .
(39) Voir: https://ym.fi/en/voluntary-nature-values-market .
(40) Voir: https://www.legislation.gov.uk/ukpga/2021/30/schedule/14/enacted .
(41) Ecosystem Marketplace, «State of the voluntary carbon market, Renewing trust in carbon finance», 28 mai 2025, https://www.forest-trends.org/publications/2025-state-of-the-voluntary-carbon-market/.
(42) Règlement (UE) 2024/3012 du Parlement européen et du Conseil du 27 novembre 2024 établissant un cadre de certification de l’Union relatif aux absorptions permanentes de carbone, à l’agrostockage de carbone et au stockage de carbone dans des produits (JO L, 2024/3012, 6.12.2024), https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2024/3012/oj/ .
(43) Commission européenne, DG Environnement, «EU delivers on global financing commitments to protect nature at COP 16», article de presse, site web de la Commission européenne, 31 octobre 2024, https://environment.ec.europa.eu/news/cop16-eu-delivers-global-financing-commitments-protect-nature-2024-10-31_en .
(44) Pour en savoir plus, voir «Leveraging Earth Observation for Nature Finance»: https://www.leon-naturefinance.org/ .
(45) Pour en savoir plus sur les services Copernicus: https://www.copernicus.eu/fr/services .
(46) Article 21, paragraphe 7, du règlement (UE) 2024/1991 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2024 relatif à la restauration de la nature et modifiant le règlement (UE) 2022/86.
(47) Pour en savoir plus sur la plateforme de conseil InvestEU: https://investeu.europa.eu/investeu-programme/investeu-advisory-hub_en .
(48) Pour en savoir plus sur le service «Green Assist»: https://cinea.ec.europa.eu/green-assist-green-advisory-service-sustainable-investments-support_en .
(49) https://ec.europa.eu/transparency/expert-groups-register/screen/expert-groups/consult?lang=fr&groupID=3976 .