COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 15.7.2025
COM(2025) 395 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS
sur l’évaluation intermédiaire du programme Erasmus+ 2021-2027 et l’évaluation finale du programme Erasmus+ 2014-2020
{SWD(2025) 186 final}
Introduction
Erasmus+ est le programme de l’Union européenne pour l’éducation et la formation, la jeunesse et le sport. Depuis 1987, le programme a donné à plus de 16 millions de personnes de tous âges la possibilité de vivre et d’apprendre dans un autre pays de l’UE ou en dehors, contribuant ainsi à promouvoir un sentiment d’identité européenne et des valeurs communes. Il a également contribué de manière substantielle à la coopération transfrontalière et à l’élaboration des politiques dans les domaines susmentionnés.
Le présent rapport est soumis au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions conformément à l’article 24, paragraphe 6, du règlement (UE) 2021/817 du Parlement européen et du Conseil et est accompagné d’un document de travail des services de la Commission présentant les éléments probants/données probantes et les données sous-jacentes. Il présente les observations de la Commission sur l’évaluation finale du programme 2014-2020 et l’évaluation intermédiaire du programme 2021-2027. Il se fonde sur l’étude d’appui réalisée par un contractant externe indépendant, sur les rapports soumis par les États membres de l’UE et les pays tiers associés au programme sur la mise en œuvre et l’impact d’Erasmus+ dans leurs territoires, ainsi que sur d’autres études, données de suivi du programme et contributions des parties intéressées.
L’évaluation couvre les actions Erasmus+ menées de 2014 à 2020 (évaluation finale) et de 2021 à 2023 (évaluation intermédiaire) dans tous les États membres, les pays tiers associés au programme et les pays tiers non associés au programme. Le programme disposait d’un budget total de 16,2 milliards d’EUR pour la période 2014-2020 et de 10 milliards d’EURpour la période 2021-2023.
Malgré les effets négatifs de la pandémie de COVID-19, Erasmus+ a soutenu la mobilité à des fins d’éducation et de formation à l’étranger de plus de 6,2 millions de participants au cours de la période 2014-2020 et d’environ 1,6 million en 2021-2023, contribuant ainsi à accroître leurs aptitudes et leurs compétences. Le programme est devenu plus inclusif et a augmenté la proportion de personnes moins favorisées parmi ses participants, passant d’environ 10 % au cours de la période 2014-2020 à 15 % en 2023. Il a financé plus de 136 000 organisations différentes dans le cadre du programme 2014-2020 et plus de 77 000 entre 2021 et 2023, en soutenant leur coopération et en améliorant leurs pratiques. La demande de financement a dépassé les fonds disponibles pour la plupart des actions du programme au cours des deux périodes.
Au cours des deux générations du programme, Erasmus+ a créé une valeur ajoutée européenne importante pour les individus et les organisations et a joué un rôle essentiel dans la promotion des valeurs communes de l’UE et d’une identité européenne commune. Les parties prenantes le jugent très pertinent au regard des défis socio-économiques auxquels l’Europe est confrontée, tant sur le plan interne que mondial.
Le programme Erasmus+, dans sa structure actuelle, qui promeut l’apprentissage tout au long de la vie, depuis l’école maternelle jusqu’à l’éducation des adultes, y compris les activités de jeunesse, est en place depuis 2014. Il a maintenant atteint un niveau élevé de stabilité, d’acceptation et de soutien de la part des principales parties prenantes dans tous ses domaines. La stabilité globale de la structure, des modes de gestion et de mise en œuvre du programme entre les deux périodes de programmation a contribué de façon notable à son exécution efficace.
Le présent rapport tient compte des recommandations formulées dans les rapports nationaux et dans l’étude d’appui, reflétant certaines limites de la base factuelle/base de données probantes, notamment en ce qui concerne le lien de causalité et l’efficacité, propose des ajustements à la mise en œuvre du programme 2021-2027 et examine des suggestions d’amélioration pour le programme qui lui succédera.
Efficacité
Erasmus+ 2014-2020
Le programme a effectivement produit les réalisations et les résultats escomptés malgré d’importantes perturbations dues à la pandémie de COVID-19 qui ont durement touché la fin de la période de programmation. Le succès du programme réside à la fois dans le volume des activités de mobilité, avec plus de 6,2 millions d’apprenants et de personnels partis en mobilité soutenus au cours de la période, dans les améliorations qu’il a apportées aux compétences des participants, aux pratiques des organisations, ainsi que dans son influence sur les politiques.
Erasmus+ a apporté des avantages considérables aux individus, leur permettant de développer des compétences, telles que la capacité d’apprendre, l’esprit critique, la résilience, les compétences linguistiques et l’amélioration des performances universitaires, les participants au programme affichant de meilleurs résultats que ceux qui n’y avaient pas participé. Sur la base des données nationales, un lien de causalité peut être établi quant à la mobilité des étudiants de l’enseignement supérieur, démontrant une amélioration des résultats d’obtention des diplômes pour les étudiants du premier cycle dans les domaines des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM). Le programme a efficacement favorisé l’identité européenne et la citoyenneté active, notamment grâce aux activités mises en œuvre dans le domaine de la jeunesse. Pour le personnel, dans différents secteurs, le programme a renforcé la mise en réseau internationale et encouragé les partenariats transnationaux. En particulier, en moyenne, 84 % des membres du personnel participant à la mobilité à des fins d’éducation et de formation ont indiqué qu’ils avaient amélioré les compétences requises par leurs emplois.
Le programme a soutenu efficacement les améliorations apportées à la qualité dans les organisations participantes, en favorisant la création de nouvelles pratiques et méthodes, comme indiqué par exemple par 64 % des organisations bénéficiaires interrogées. La mise en place de réseaux organisationnels associant un grand nombre d’acteurs de différents secteurs a contribué à renforcer la capacité d’innovation et à améliorer le flux de connaissances entre les établissements d’enseignement et les entreprises, grâce également à des actions telles que les alliances de la connaissance. Le programme a également débouché sur la création de nouveaux partenariats et de nouvelles stratégies d’internationalisation, comme le confirment, par exemple, les rapports nationaux de tous les pays.
Erasmus+ 2014-2020 a indirectement soutenu la réalisation des grands objectifs d’Europe 2020 dans le domaine de l’éducation et des objectifs des critères de référence 2020 pour la coopération européenne dans le domaine de l’éducation et de la formation, en améliorant l’attitude des étudiants à l’égard de l’éducation et de la formation et l’attractivité des établissements d’enseignement supérieur, notamment via le pilotage d’initiatives à fort potentiel en vue d’un impact transformationnel, telles que les alliances entre universités européennes. Le programme a influencé des changements stratégiques avec l’intégration de pratiques innovantes dans les systèmes nationaux d’enseignement et a déclenché des initiatives visant à professionnaliser et à reconnaître l’animation socio-éducative comme qualification professionnelle. Les effets systémiques «induits» démontrent l’incidence du programme au-delà des différents participants et organisations. Toutefois, il reste des défis à relever pour transposer à plus grande échelle les résultats de projets réussis ou d’initiatives à long terme ainsi que pour les traduire en réformes nationales efficaces.
·Pour l’avenir, la Commission étudie, en collaboration avec les États membres et les parties prenantes, un parcours d’investissement pour les alliances entre universités européennes, dans le but de proposer une approche globale à long terme en matière de financement pour les alliances entre universités européennes.
·La Commission explore également les possibilités de garantir des voies de financement renforcées, y compris pour l’expansion et la durabilité des initiatives des centres d’excellence professionnelle et des académies Erasmus+ des enseignants.
·En outre, la Commission expérimentera des alliances entre écoles européennes dans le but de faire progresser la mobilité des élèves et des enseignants, la coopération transfrontière entre les écoles et les autorités scolaires, ainsi que l’innovation.
Le programme est en phase avec les priorités politiques de l’UE en matière d’emploi et de croissance, en les faisant progresser directement ou indirectement. Sa dimension internationale a contribué efficacement aux priorités axées sur le renforcement du rôle de l’UE en tant qu’acteur mondial. Tirant parti de son rôle de programme pour l’éducation, Erasmus + a indirectement contribué à la priorité de la politique migratoire en soutenant l’intégration des immigrants nouvellement arrivés.
Le programme a obtenu de bons résultats en termes de promotion de l’équité et de l’inclusion dans le secteur de la jeunesse, grâce à la mise en place d’une stratégie, d’outils et de structures dédiés permettant de déployer un soutien ciblé en faveur des jeunes participants et des organisations de jeunesse et de fournir des orientations aux agences nationales. Ce train complet de mesures a permis d’atteindre une proportion de 29 % de jeunes ayant des besoins particuliers et moins favorisés parmi les participants au programme en 2020. L’absence de définition, d’approche et de stratégie harmonisées au niveau du programme a également limité la possibilité d’augmenter la proportion de participants défavorisés dans les autres secteurs. L’approche adoptée par le programme vis-à-vis de l’inclusion est restée largement sectorielle, le secteur de la jeunesse étant le plus à même de relever ces défis.
Erasmus+ 2021-2027
Erasmus+ 2021-2027 est en passe d’atteindre ses principaux objectifs en termes de réalisations, de résultats et d’impacts. Plus de 1,6 million d’apprenants et de personnel de l’éducation et plus de 77 000 organisations distinctes ont bénéficié du soutien du programme entre 2021 et 2023. Ces résultats ont été obtenus malgré les importantes perturbations causées par la pandémie de COVID-19, qui a fortement touché ses débuts.
Le programme continue de procurer des avantages importants aux personnes, y compris aux participants moins favorisés, en nourrissant un sentiment d’identité européenne, en défendant les valeurs communes de l’UE et en approfondissant la connaissance de l’intégration européenne. Par ailleurs, 99 % des participants ont tiré profit de leur expérience de mobilité et 95 % estiment avoir accru leur sentiment d’appartenance. Sur la base de données qualitatives, les effets durables reconnus sur les organisations comprennent l’amélioration des pratiques d’enseignement, l’accroissement des possibilités de coopération, le renforcement des capacités, le développement organisationnel et l’internationalisation. Les organisations de petite taille bénéficient souvent des retombées positives les plus importantes. La continuité entre les périodes de programmation de la plupart des actions et la participation continue des organisations à Erasmus+ ont facilité l’apprentissage organisationnel et renforcé la capacité à produire des résultats positifs pour les apprenants et le personnel de l’éducation. Au niveau du système, Erasmus+ 2021-2027 apporte une contribution significative à la mise en place de l’espace européen de l’éducation, il est essentiel pour atteindre les objectifs de la stratégie européenne en faveur de la jeunesse et joue un rôle déterminant dans le renforcement de la dimension européenne du sport, en contribuant à faire progresser efficacement la coopération politique dans tous les domaines du programme.
Les actions Jean Monnet promeuvent efficacement l’engagement civique, le dialogue universitaire transnational et la connaissance de l’UE, en particulier en ce qui concerne l’intégration européenne et le fonctionnement de l’UE.
Erasmus+ 2021-2027 a fait preuve de résilience face à d’importants défis extérieurs, tels que la pandémie de COVID-19 et l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie. Le programme a pu réagir et s’adapter rapidement grâce à la flexibilité de sa mise en œuvre et à des mécanismes de soutien renforcés.
L’évaluation a conclu que les quatre priorités transversales introduites dans le programme 2021-2027 (inclusion et diversité, transformation numérique, transition écologique, participation à la vie démocratique et engagement civique) ont eu des effets positifs. Parmi celles-ci, l’inclusion et la diversité ont été largement perçues comme la priorité la mieux intégrée et mise en œuvre dans toutes les actions du programme. Une approche stratégique et des mesures de soutien spécifiques ont permis à davantage de personnes moins favorisées de participer au programme (environ 15 % en 2023), avec le taux de participation le plus élevé dans le secteur de la jeunesse (28 %). Des données probantes ont montré que les participants moins favorisés bénéficient de la participation à Erasmus+ de manière et dans une mesure comparable aux autres participants en termes de développement personnel, d’acquisition de compétences, d’intégration sociale et de perspectives de carrière. Les rapports nationaux ont également mis en évidence l’engagement accru des parties prenantes à répondre aux besoins des personnes les moins favorisées.
L’évaluation a également relevé mis en lumière défis persistants liés à l’inclusion. Bien que les obstacles financiers apparaissent comme une préoccupation majeure, ce sont généralement les effets cumulatifs de différents obstacles qui empêchent la participation à Erasmus+. L’évaluation a également fait mention de la nécessité d’un financement supplémentaire afin de répondre pleinement aux objectifs du programme, en particulier celui d’y associer les participants moins favorisés, y compris ceux des régions ultrapériphériques.
·La Commission s’efforcera d’accroître la portée du programme afin de garantir que les possibilités de mobilité à des fins d’éducation et de formation soient accessibles à tous.
·Pour accroître davantage la participation des personnes moins favorisées, la Commission examinera la mise en œuvre du cadre de mesures d’inclusion et de diversité, fournira plus d’orientations pour l’interprétation de la définition de «personnes moins favorisées», étudiera des mesures supplémentaires de soutien à l’inclusion et réexaminera les règles de financement actuelles.
La priorité de la transformation numérique a contribué à concentrer les investissements sur le développement des compétences numériques et a soutenu la transformation numérique des systèmes éducatifs. Par ailleurs, 29 % des participants à Erasmus+ de 2021 à 2023 ont indiqué que leur attitude à l’égard de l’utilisation des technologies numériques avait changé après leur expérience de mobilité et qu’ils étaient plus enclins à les utiliser dans leurs études ou leur travail. Des progrès ont également été observés dans la mise en œuvre de l’initiative Digital Opportunity Traineeships (stages en matière d’accès au numérique), destinée à contribuer à l’amélioration des compétences numériques des apprenants et du personnel d’éducation, avec près de 45 000 participants au cours de la période 2021-2023.
Erasmus+ 2021-2027 a soutenu la transition écologique en renforçant les connaissances des participants et en promouvant des changements de comportement sur les questions d’environnement et de durabilité, en intégrant des pratiques écologiques dans les projets et en contribuant au développement des compétences vertes. Environ la moitié des participants au programme ont déclaré avoir amélioré leur conscience écologique et être disposés à adopter des comportements plus durables. L’utilisation d’options de voyage plus durables pour la mobilité Erasmus+ s’est peu à peu développée en raison de l’augmentation des incitations et des changements de comportement. En 2023, un participant à la mobilité sur trois a eu recours à ces options. L’initiative DiscoverEU voit le jour pour sa contribution à la priorité de la transition écologique en offrant aux jeunes la possibilité de voyager dans toute l’Europe en utilisant des moyens de transport durables, avec un total de 179 209 titres délivrés à la fin de 2023. Néanmoins, au moment de l’évaluation, le soutien financier limité au début du programme, ainsi que le temps et les coûts supplémentaires ont été perçus comme un obstacle aux voyages verts .
·Le programme continuera d’investir dans le développement des compétences vertes et numériques, dans le renforcement des connaissances et la promotion de changements comportementaux en matière d’environnement et de durabilité, dans le soutien à des environnements d’apprentissage numérique pertinents, dans l’adoption de pratiques plus durables et la réduction de l’empreinte carbone des activités de mobilité en encourageant le recours accru à des moyens de transport plus écologiques.
·Le programme renforcera encore son soutien aux compétences de base, y compris la citoyenneté, et aux compétences STIM, conformément à la communication sur l’union des compétences.
Le programme a eu une incidence positive sur la promotion de la participation à la vie démocratique, des valeurs communes et de l’engagement civique. 57 % des participants aux activités de mobilité Erasmus+ entre 2021 et 2023 ont acquis des connaissances sur les valeurs démocratiques au cours de leur mobilité, et 39 % d’entre eux étaient plus disposés à s’engager dans des processus démocratiques et des activités communautaires. Les réactions des parties prenantes confirment que le programme contribue à promouvoir les valeurs communes de l’UE et à renforcer l’identité européenne.
·S’appuyant sur l’exemple de la stratégie d’inclusion et de diversité du programme, la Commission a en outre fourni un cadre conceptuel et opérationnel pour les priorités écologiques et numériques au moyen de stratégies de mise en œuvre spécifiques , et travaille actuellement à une stratégie de participation portant sur la citoyenneté et l’engagement dans les processus démocratiques.
Valeur ajoutée européenne
Erasmus+ 2014-2020
Le programme 2014-2020 a apporté une valeur ajoutée européenne substantielle grâce à son volume, à son champ d’application étendu, à ses vastes domaines, à la diversité des groupes cibles et à sa couverture géographique. Cela rend Erasmus+ unique dans toute l’Europe et au-delà et inégalé en termes d’échelle, de portée et de capacité à favoriser la collaboration entre ses divers bénéficiaires, influençant ainsi les mécanismes de mise en œuvre d’autres programmes de l’UE, dans les États membres et au-delà.
Le programme a également généré une valeur ajoutée pour les personnes et les organisations qui y ont participé, par rapport à celles qui n’y ont pas pris part, avec des avantages allant de l’amélioration des compétences et des résultats universitaires au renforcement des opportunités de coopération transfrontalière, en passant par la création de réseaux et une internationalisation croissante.
Il est établi qu’Erasmus+ 2014-2020 a joué un rôle essentiel dans la sensibilisation aux valeurs communes de l’UE et à ses thèmes, avec des résultats plus marqués dans les activités en faveur de la jeunesse. Par exemple, la participation au dialogue en faveur de la jeunesse est associée de manière positive à une citoyenneté active et à une participation accrues à la vie démocratique, tandis que la participation au service volontaire européen est associée à un sentiment positif envers l’UE, par rapport aux non-participants. Grâce aux activités Jean Monnet, le programme a soutenu le développement et la diffusion des connaissances sur les questions d’intégration européenne en vue d’une meilleure compréhension du fonctionnement de l’UE.
Erasmus+ 2014-2020 a apporté une valeur ajoutée en promouvant la coopération et la coordination des politiques européennes, en favorisant l’apprentissage par les pairs et en soutenant l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes, ce qui ne serait pas réalisable uniquement au moyen de ressources nationales. La valeur ajoutée est également véhiculée par la coopération entre les États membres et les pays tiers associés au programme, celui-ci offrant des possibilités de participation égale et soutenant certains de ces pays dans leurs préparatifs d’adhésion à l’UE. Bien que limitées aux domaines de l’enseignement supérieur et de la jeunesse, les activités impliquant des pays tiers non associés ont facilité la coopération avec des organisations du monde entier, contribuant à renforcer les capacités et à raffermir le rôle de l’UE en tant qu’acteur mondial sur la scène internationale.
Erasmus+ 2021-2027
L’évaluation intermédiaire montre qu’Erasmus+ crée une forte valeur ajoutée européenne par rapport à ce que pourraient obtenir les États membres et d’autres pays aux niveaux régional, national et international. Erasmus+ finance plus de la moitié des crédits mobilisés dans les États membres. Dans des pays comme Chypre et l’Irlande, le programme finance 100 % de la mobilité courte et plus de 90 % dans onze autres pays . Sans Erasmus+, il est probable que les avantages découlant du programme pour les particuliers et les organisations seraient considérablement réduits. L’internationalisation des domaines de l’éducation, de la formation, de la jeunesse et du sport serait quasiment réduite à zéro dans plusieurs pays, en particulier dans les secteurs de la jeunesse et du sport.
Le programme 2021-2027 a accru sa valeur ajoutée par rapport à la période de programmation précédente, en répondant efficacement aux besoins émergents et en élargissant son audience vers de nouveaux groupes cibles tels que les apprenants adultes et le personnel sportif, offrant ainsi des avantages significatifs aux personnes et organisations qui participent au programme, par rapport à ceux qui ne le font pas. Sa valeur ajoutée apparaît clairement lorsqu’il s’agit de développer des valeurs communes de l’UE, une identité européenne commune, la compréhension interculturelle et d’encourager un sentiment d’appartenance européenne, ainsi que de créer des compétences à l’épreuve de l’avenir.
Les effets significatifs à l’échelle internationale d’Erasmus+ se répercutent à un degré plus élevé que ceux de son prédécesseur. Le programme donne un accès complet aux pays tiers associés et joue un rôle essentiel dans bon nombre de ces pays, en permettant d’accéder à des possibilités de mobilité et de coopération à des fins d’apprentissage, ainsi qu’en offrant des possibilités et un soutien en vue d’élaborer des politiques. Cela s’avère particulièrement utile dans la perspective des préparatifs d’adhésion à l’UE de certains de ces pays. La dimension internationale renforcée soutient les contacts interpersonnels, la coopération avec les institutions et organisations du monde entier, le renforcement des capacités et promeut les valeurs de l’UE et les relations internationales à l’échelle mondiale. L’évaluation intermédiaire souligne qu’il convient d’étayer la dimension internationale du programme. Cela est essentiel pour continuer à soutenir les priorités stratégiques de l’UE, à travers une coopération accrue avec les pays tiers non associés et par des synergies avec les objectifs et stratégies politiques de l’UE en matière de coopération internationale comme, par exemple, la stratégie «Global Gateway».
·Le programme continuera à soutenir les priorités stratégiques de l’UE grâce à des synergies avec des instruments et stratégies de politique extérieure tels que la stratégie «Global Gateway», un nouveau programme pour la Méditerranée et le pacte à venir pour la Méditerranée.
·La Commission examinera les options concernant l’association éventuelle de pays tiers au programme, en particulier les pays candidats et les candidats potentiels.
·En plus d’étendre les possibilités de mobilité en Europe, la Commission cherchera également à accroître les possibilités liées aux expériences de mobilité ainsi que les opportunités de coopération avec les pays tiers industrialisés et les pays tiers aux économies émergentes, en vue d’attirer les talents mondiaux et de remédier ainsi aux pénuries de compétences et renforcer la compétitivité de l’UE.
Efficacité et simplification
Erasmus+ 2014-2020
La structure de gestion d’Erasmus+ 2014-2020, qui repose sur une combinaison de modes de gestion directe et indirecte, s’est révélée efficace et adaptée à l’objectif visé, avec de bons mécanismes de coordination et de communication. La répartition des ressources, en tenant compte des équivalents temps plein et des dépenses administratives, semblait équilibrée entre les deux modes de gestion du programme, compte tenu du volume du budget et du nombre de projets gérés dans le cadre de chaque type de gestion.
L’évaluation confirme le rôle clé joué par les agences nationales en ce qui concerne le soutien à la mise en œuvre du programme au niveau national, la mise en forme d’activités de soutien sur la base de besoins spécifiques et de priorités nationales et la fourniture d’une assistance adaptée aux participants et aux organisations tout au long du cycle de vie du projet. Leur rôle a été particulièrement important pendant la pandémie de COVID-19 et unanimement reconnu par les parties prenantes.
Le programme 2014-2020 a financé environ 160 000 projets pour un montant total de 17,5 milliards d’EUR. Malgré une augmentation de 40 % du budget par rapport aux programmes précédents, le programme n’a pas été en mesure de répondre pleinement à la forte demande dans les différents secteurs, ce qui s’est traduit par de faibles taux de réussite. On estime qu’un budget supplémentaire d’environ 8,9 milliards d’EUR aurait été nécessaire pour financer plus de 44 000 propositions de qualité qui ont été rejetées pour manque de fonds.
Le programme a été jugé rentable, mais à des degrés divers pour ses actions clés. L’action clé nº 1 confirme un rapport coût-efficacité élevé, apportant des avantages substantiels à un grand nombre d’apprenants et de personnel en Europe et au-delà. La comparabilité limitée d’autres interventions poursuivant des objectifs similaires met en évidence sa valeur ajoutée européenne. Lorsque, malgré les limites, cette comparaison est effectuée, le coût du programme (16 EUR par jour/apprenant et 180 EUR par jour/membre du personnel ) semble très compétitif. Le rapport coût-efficacité de l’action clé nº 1 est encore renforcé par l’absence d’importantes zones d’inefficacité, combinée à l’utilisation d’options simplifiées en matière de coûts et à une forte demande.
Le rapport coût-efficacité de l’action clé nº 2 a été plus difficile à évaluer dans son ensemble, compte tenu de la diversité de ses réalisations dans les différents secteurs du programme. Compte tenu de cette diversité, l’action clé nº 2 a permis de réaliser les objectifs du programme au niveau organisationnel, notamment en favorisant la coopération internationale avec les pays tiers dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la jeunesse, en renforçant la coopération avec les entreprises et en encourageant l’internationalisation. Ces avantages, conjugués à la forte demande, présentent un bon rapport coût-efficacité.
De même, une évaluation complète du rapport coût-efficacité de l’action clé nº 3 est entravée par le caractère très diversifié de ces activités, constituées de multiples sous-actions dotées de petites enveloppes budgétaires. Ces activités sont jugées importantes en raison de leur rôle unique de soutien à la coordination des politiques européennes dans les domaines du programme, à la mise en œuvre des outils de l’UE et à la création de réseaux, qui ne pourraient être réalisés sans l’intervention du programme.
L’utilisation généralisée des coûts unitaires dans l’action clé nº 1, qui représente la plus grande part du financement du programme, a amélioré l’efficacité de l’ensemble du programme. Toutefois, l’utilisation de coûts réels pour certaines activités relevant de l’action clé nº 2 et de l’action clé nº 3 a rendu la gestion et l’établissement de rapports plus complexes tant pour les bénéficiaires que pour les organismes chargés de la mise en œuvre du programme, ce qui a conduit à des inefficacités. Le système de suivi du programme a également montré certaines limites dues à une couverture insuffisante de domaines spécifiques d’intervention du programme et à des difficultés à lier la mesure des indicateurs au niveau du système à l’intervention.
Erasmus+ 2021-2027
Les activités de mobilité à des fins d’éducation et de formation (action clé nº 1) confirment un rapport coût-efficacité élevé . Par rapport au coût moyen de la mobilité (22 EUR par jour/apprenant et 215 EUR par jour/membre du personnel ), ces activités ont apporté des avantages considérables aux apprenants, au personnel et à leurs organisations. Dans sa phase initiale, le programme a été affecté par les restrictions en matière de mobilité dues à la pandémie de COVID-19, mais la demande de mobilité a augmenté une fois que les activités ont repris. Cela a suscité des inquiétudes quant à la question de savoir si le budget serait suffisant, en particulier, pour améliorer encore l’accès des personnes moins favorisées. L’extension du régime d’accréditation, qui permet aux organisations d’accéder plus facilement aux financements chaque année pour mettre en œuvre leurs activités de mobilité prévues, a réduit les coûts d’évaluation des propositions de l’action clé nº 1, le temps nécessaire à la sélection des projets et à la présentation des demandes de subvention, ce qui a permis d’accroître le rapport coût-efficacité de l’action clé nº 1 par rapport à la période précédente.
Les preuves indiquent le rapport coût-efficacité des activités de coopération entre organisations et établissements (action clé nº 2). Les partenariats de coopération et les partenariats à petite échelle sont reconnus comme présentant un bon rapport coût-efficacité. La demande de financement au titre de l’action clé nº 2 est élevée, elle nécessite une augmentation de l’enveloppe budgétaire et une simplification des exigences relatives à la demande, à la mise en œuvre et à l’établissement de rapports pour les actions relevant de la gestion directe, ce qui permet une participation plus large des petites organisations.
Sur la base de données qualitatives, l’évaluation a mis en évidence les avantages systémiques et à long terme des actions de soutien à l’élaboration des politiques et à la coopération (action clé nº 3). Toutefois, il n’y avait pas suffisamment de preuves sur leur rapport coût-efficacité du fait de la nature, à plus long terme et orientée vers les politiques, de leurs résultats. De même, l’évaluation des actions Jean Monnet n’a révélé à ce stade que peu d’éléments probants, en particulier en ce qui concerne les initiatives nouvellement introduites dans l’enseignement scolaire et dans l’enseignement et la formation professionnels (EFP). Néanmoins, des points de vue d’un rapport coût-efficacité positif ont émergé de consultations des parties prenantes.
Malgré l’appréciation générale de l’augmentation du budget du programme 2021-2027 par rapport à son prédécesseur (environ + 76,5 %) , le budget actuel du programme n’est toujours pas suffisant pour financer tous les projets de qualité. Par exemple, la demande de mobilité dans les projets scolaires accrédités a doublé de 2021 à 2022, et plus que doublé de 2022 à 2023, avec un taux de réussite moyen de seulement 17 % en 2023 pour les actions en gestion indirecte au titre de l’action clé nº 2. Au cours de la période 2021-2023, environ 72 000 projets se sont vus accorder un budget total de 9,8 milliards d’EUR. Les données de suivi du programme montrent qu’il aurait été possible d’octroyer plus de 5 milliards d’EUR de budget supplémentaire à plus de 29 400 propositions de qualité supplémentaires ayant obtenu une note supérieure au seuil de qualité, mais rejetées pour manque de fonds (dont 2,2 milliards d’EUR à 3 800 propositions de qualité en gestion directe et 2,9 milliards d’EUR à 25 600 propositions de qualité en gestion indirecte).
Les mesures de simplification introduites dans le programme 2021-2027 en vue de réduire la charge administrative et d’élargir l’accès au programme sont considérées de façon positive par les parties prenantes et ont permis de rationaliser les règles de financement et de réduire au minimum les charges administratives liées à la participation et à la gestion. Ces mesures comprennent des formes simplifiées de subventions pour certaines activités, telles que des contributions forfaitaires pour les partenariats, l’introduction de nouveaux types de subventions de moindre ampleur, telles que les partenariats à petite échelle, et l’extension du régime d’accréditation. Compte tenu du niveau de demande différent selon les actions/secteurs d’un pays à l’autre, dans le cadre du programme actuel, les agences nationales disposent d’une plus grande souplesse pour transférer des fonds entre les dotations budgétaires afin de répondre à des besoins spécifiques, garantissant ainsi une absorption budgétaire optimale. L’évaluation a suggéré que les procédures du programme pourraient être encore simplifiées afin de réduire davantage la charge administrative.
·La Commission continuera de rationaliser les règles du programme à travers ses différentes actions, en tenant compte des besoins spécifiques des différents secteurs, et étudiera d’autres mesures en vue de simplifier l’accès des organisations de petite taille et des organisations participant pour la première fois au programme.
En ce qui concerne les instruments de soutien à la gestion du programme, l’ensemble précédent d’outils informatiques utilisés pour les actions en gestion indirecte, basé sur une technologie obsolète, devait être mis à niveau afin de répondre à l’évolution des demandes d’Erasmus+. L’introduction de nouveaux systèmes informatiques au début de la période de programmation actuelle visait à répondre à ces besoins, mais leur déploiement a entraîné de nombreuses inefficacités au niveau de l’application des projets, de la gestion et de l’établissement de rapports. Les données semblent indiquer que la mise en œuvre du programme s’en est retrouvée entravée au début de la période de programmation actuelle. Des mesures correctives importantes ont été introduites et de nombreux problèmes ont été résolus. Il convient de poursuivre ces efforts et mesures correctives.
Les mécanismes de suivi du programme ont été jugés appropriés et proportionnés, démontrant des améliorations tout au long des deux générations du programme quant à la clarté des rôles et responsabilités. Les indicateurs utilisés pour le programme 2021-2027 fournissent un cadre de suivi efficace et complet, même si l’accent porte davantage sur les données quantitatives, tandis que les données qualitatives pour l’analyse des résultats et des impacts sont moins systématiquement recueillies. Parmi les points à améliorer, il conviendrait de systématiser et rationaliser davantage les activités de suivi, d’améliorer la cohérence et la clarté des outils et des modèles utilisés pour communiquer les résultats. L’évaluation a également mis en évidence certaines lacunes en matière de recherche dans des domaines clés du programme, tels que celui des valeurs de l’UE. Elle a également souligné la nécessité de mieux saisir les résultats à plus long terme pour toutes les dimensions du programme afin de faciliter son évaluation finale grâce à des collectes de données plus complètes, en réduisant le recours excessif à des données d’enquêtes ad hoc et en permettant une comparabilité accrue et des analyses transnationales avec des méthodes contrefactuelles.
Les stratégies et mesures antifraude actuellement en place ont été jugées appropriées et solides.
·La Commission continuera d’aborder systématiquement les questions en suspens concernant les outils informatiques actuels pour les actions relevant d’une gestion indirecte.
·Afin d’améliorer l’évaluation de l’impact causal à long terme du programme, la Commission renforcera son système de suivi et d’évaluation, notamment en améliorant l’alimentation de ses indicateurs d’impact. Pour ce faire, elle évaluera les options afin de permettre la collecte de données administratives sur les résultats des participants à la mobilité et de réaliser davantage d’études longitudinales avec des méthodes contrefactuelles dans tous ses domaines d’intervention.
Pertinence
Erasmus+ 2014-2020
Le programme a montré sa pertinence par rapport aux priorités de l’UE et aux défis émergents, en s’adaptant au fil du temps. Il a bien réagi à la crise migratoire de ces années-là, il a mis l’accent sur le dialogue interculturel et la prévention de la radicalisation, soutenant l’intégration des réfugiés en tirant parti du rôle de l’éducation. L’accent accru mis sur la transformation numérique au cours des dernières années de mise en œuvre du programme a été essentiel pour permettre une réaction plus efficace aux défis posés par la pandémie de COVID-19. En renforçant sa pertinence et en s’adaptant au monde en mutation, le programme a ouvert la voie à son successeur, en soutenant des mesures qui sont devenues de plus en plus pertinentes au fil des ans. Cela a été le cas, par exemple, des projets pilotes des alliances «université européenne» et des centres d’excellence professionnelle, d’outils numériques tels que SELFIE ou des mobilités hybrides.
Erasmus+ 2021-2027
Erasmus+ 2021-2027 est considéré comme extrêmement bien adapté aux besoins et défis socio-économiques en Europe et au-delà, reflétant à la fois les grandes priorités de l’UE et les questions émergentes issues de crises récentes telles que la pandémie de COVID-19 et l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, faisant en cela mieux que son prédécesseur.
Les quatre priorités transversales introduites dans le programme 2021-2027 sont largement considérées comme pertinentes aux niveaux tant européen que national et contribuent de manière substantielle à renforcer encore l’alignement d’Erasmus+ sur les priorités de l’UE. Grâce à ces priorités, le programme met fortement l’accent sur la transition numérique et écologique, en soutenant le développement des compétences numériques et vertes ainsi que la numérisation et l’écologisation des systèmes éducatifs dans les secteurs du programme.
Erasmus+ a également été jugé très adapté à la diversité des besoins de ses participants et des organisations bénéficiaires dans ses différents secteurs. L’attention accrue et les efforts déployés pour atteindre les personnes moins favorisées sont généralement reconnus, tandis que l’utilisation d’outils numériques et d’apprentissage mixtes est considérée comme une étape positive pour atteindre un éventail socio-économique plus large de participants. Le programme attire effectivement un large éventail de parties prenantes, bien que des organisations plus grandes et mieux dotées en ressources aient souvent plus facilement accès aux procédures de financement et de demande. Malgré les améliorations et les mesures introduites depuis 2021, des efforts supplémentaires en faveur d’une plus grande accessibilité et d’une plus grande inclusivité sont nécessaires pour faciliter l’accès de tous.
Le programme répond aux besoins émergents liés aux nouveaux défis posés par les évolutions technologiques, en particulier l’émergence de l’intelligence artificielle générative et la fourniture de compétences pour stimuler la compétitivité de l’UE. Le nombre de projets et d’initiatives dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la sécurité numérique et du bien-être numérique ne cesse d’augmenter. De même, le programme investit dans le soutien au développement de compétences à l’épreuve de l’avenir afin de relever les défis de la compétitivité, comme l’ont souligné les rapports Draghi et Letta . En ce sens, le financement de la mobilité à des fins d’éducation et de formation semble essentiel pour garantir que les jeunes générations disposent des compétences adéquates leur permettant de relever les défis d’un contexte en évolution rapide, et apporte la preuve de sa pertinence continue.
·Afin de renforcer encore sa contribution à la compétitivité de l’UE, le programme continuera de soutenir le développement des compétences pour la vie et les emplois, ainsi que leur circulation, par exemple au moyen de la mobilité à des fins d’éducation et de formation et d’une coopération transnationale approfondie, conformément à la communication sur l’union des compétences.
Erasmus+ est largement reconnu dans les secteurs de l’éducation et de la formation, de la jeunesse et du sport. La sensibilisation reste plus élevée dans l’enseignement supérieur, ce qui montre la nécessité de stratégies de communication plus ciblées pour mieux faire connaître les possibilités offertes à tous les secteurs. De même, l’évaluation a souligné le potentiel d’améliorations supplémentaires pour promouvoir l’accès aux groupes difficiles à atteindre.
Cohérence
Erasmus+ 2014-2020
L’évaluation du programme 2014-2020 confirme que celui-ci présente une bonne cohérence interne, grâce à la forte dimension d’apprentissage intégrée dans ses activités. Les projets pilotes des alliances «université européenne» et des centres d’excellence professionnelle ont, au cours des deux dernières années de la période de programmation, renforcé leur dimension transsectorielle et semblent compatibles avec les objectifs du programme.
L’évaluation finale du programme 2014-2020 confirme également son degré élevé de cohérence externe. Le programme a complété d’autres domaines d’action et instruments de financement par des objectifs similaires, créant notamment des synergies avec le Fonds social européen (FSE) et Horizon 2020.
Erasmus+ 2021-2027
Erasmus+ 2021-2027 démontre une forte cohérence interne, avec une structure claire et cohérente pour ses parties prenantes, un degré élevé de complémentarité des actions clés et une attention accrue accordée à la collaboration intersectorielle. La cohérence interne d’Erasmus+ 2021-2027 s’est améliorée par rapport à la période 2014-2020, avec une structure plus rationalisée et cohérente facilitant une meilleure mise en œuvre et une accessibilité renforcée. La cohérence serait encore améliorée en abordant la question de la gestion séparée des actions Jean Monnet afin d’éviter toute confusion entre les parties prenantes.
La cohérence externe du programme est élevée par rapport à d’autres programmes de l’UE ayant des objectifs similaires ou complémentaires, tels que le FSE+, le FEDER (y compris Interreg) ou Horizon Europe. Les complémentarités concernent les objectifs des programmes, leur conception et leur mise en œuvre. Bien que les possibilités de synergies aient été renforcées au cours de la période de programmation 2021-2027, elles semblent encore sous-utilisées jusqu’à présent. Celles-ci incluent également le label d’excellence et la possibilité nouvelle pour les États membres de transférer des fonds des programmes en gestion partagée, y compris ceux financés par le FSE+/FEDER, vers Erasmus. Les parties prenantes consultées ont montré une connaissance limitée du label d’excellence dans le cadre d’Erasmus+, alors qu’à ce jour, l’option de transfert n’a été utilisée que par l’Allemagne. De nouvelles possibilités d’améliorer la cohérence extérieure sont recensées en ce qui concerne le champ d’application, l’orientation et les complémentarités avec le corps européen de solidarité.
·Pour le cycle de programmation de l’après-2027, la Commission étudiera les moyens de renforcer davantage la cohérence entre Erasmus+ et le corps européen de solidarité.
·La Commission collaborera avec les autorités nationales et les agences nationales pour renforcer la coordination et la coopération avec d’autres instruments de financement de l’UE, renforcer les synergies et mettre au point des mécanismes permettant de recenser les pratiques de synergie fructueuses et de favoriser leur reproductibilité.
Conclusions
Les deux générations du programme se sont avérées efficaces en apportant une forte valeur ajoutée européenne, en jouant un rôle clé dans les domaines de l’éducation, de la formation, de la jeunesse et du sport. Bien que des domaines d’amélioration aient été recensés, tant l’évaluation finale que l’évaluation intermédiaire confirment qu’Erasmus+ obtient de bons résultats pour les cinq critères d’évaluation et remplit efficacement ses objectifs. Ces conclusions constituent une base solide pour la poursuite de la mise en œuvre du programme 2021-2027 et jettent les bases d’une réflexion sur l’après-2027.