Acte préparatoire52025DC0485

RAPPORT DE LA COMMISSION rassemblant les données relatives aux comptes de paiement collectées auprès des États membres conformément à l’article 27 de la directive 2014/92/UE du Parlement européen et du Conseil sur la comparabilité des frais liés aux comptes de paiement, le changement de compte de paiement et l’accès à un compte de paiement assorti de prestations de base

CELEX52025DC0485
TypeActe préparatoire
Datejeudi 11 septembre 2025

Résumé IA

Ce rapport de la Commission compile les données nationales sur les comptes de paiement, collectées en application de l'article 27 de la directive 2014/92/UE. Il vise à évaluer la comparabilité des frais, les procédures de changement de compte et l'accès aux services bancaires de base dans l'UE. Pour un professionnel du droit français, ce document sert d'outil de référence pour vérifier la transposition et l'application effective de la directive en France, notamment en matière de transparence tarifaire et d'inclusion bancaire.

Texte intégral

Bruxelles, le 11.9.2025

COM(2025) 485 final

RAPPORT DE LA COMMISSION

rassemblant les données relatives aux comptes de paiement collectées auprès des États membres conformément à l’article 27 de la directive 2014/92/UE du Parlement européen et du Conseil sur la comparabilité des frais liés aux comptes de paiement, le changement de compte de paiement et l’accès à un compte de paiement assorti de prestations de base







TABLE DES MATIÈRES

1. INTRODUCTION

2. RESPECT PAR LES PRESTATAIRES DE SERVICES DE PAIEMENT DES ARTICLES 4, 5 ET 6

3. RESPECT PAR LES ÉTATS MEMBRES DE L’OBLIGATION, AU TITRE DE L’ARTICLE 7, DE VEILLER À CE QU’IL EXISTE DES SITES INTERNET COMPARATEURS

4. NOMBRE DE COMPTES DE PAIEMENT AYANT FAIT L’OBJET D’UN CHANGEMENT DE COMPTE ET PROPORTION DES DEMANDES DE CHANGEMENT REFUSÉES

5. NOMBRE D’ÉTABLISSEMENTS DE CRÉDIT PROPOSANT DES COMPTES DE PAIEMENT ASSORTIS DE PRESTATIONS DE BASE, NOMBRE DE COMPTES DE CE TYPE QUI ONT ÉTÉ OUVERTS ET PROPORTION DE DEMANDES DE COMPTES DE PAIEMENT ASSORTIS DE PRESTATIONS DE BASE QUI ONT ÉTÉ REFUSÉES

6. CONCLUSION


1. INTRODUCTION

La directive sur les comptes de paiement (ci-après la «DCP») est entrée en vigueur en septembre 2014. Les États membres devaient adopter et publier les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer à la DCP au plus tard le 18 septembre 2016. En vertu de l’article 27 de la DCP, la Commission est tenue d’établir un rapport contenant les informations suivantes:

1.le respect par les prestataires de services de paiement des articles 4, 5 et 6 de la DCP;

2.le respect par les États membres de l’obligation de veiller à ce qu’il existe des sites internet comparateurs en vertu de l’article 7 de la DCP;

3.le nombre de comptes de paiement qui ont fait l’objet d’un changement de compte et la proportion de demandes de changement qui ont été refusées;

4.le nombre d’établissements de crédit proposant des comptes de paiement assortis de prestations de base, le nombre de comptes de ce type qui ont été ouverts et la proportion de demandes de comptes de paiement assortis de prestations de base qui ont été refusées.

Comme exposé à l’article 27, ce rapport est établi sur la seule base des données communiquées par les États membres. Toutefois, certaines lacunes ont été constatées dans les données (par exemple lorsque des informations n’étaient pas disponibles dans un État membre). Les méthodes et sources utilisées pour la collecte de données peuvent aussi être différentes d’un État membre à l’autre, ce qui peut rendre difficiles les comparaisons et l’évaluation.

Le présent rapport est le deuxième fondé sur l’article 27 de la DCP; il couvre les informations relatives aux années 2022 et 2023 1 . Il a été élaboré sur la base d’un questionnaire qui a fait l'objet de discussions et d'un accord avec des représentants des gouvernements des 27 États membres de l’UE.

2.RESPECT PAR LES PRESTATAIRES DE SERVICES DE PAIEMENT DES ARTICLES 4, 5 et 6

Le chapitre II de la DCP instaure des règles visant à ce que les prestataires de services de paiement mettent à disposition des informations claires et transparentes sur les frais liés aux comptes de paiement. Ses deux grands objectifs, comme indiqué dans les considérants de la DCP, sont i) de renforcer le marché intérieur des services bancaires de détail; et ii) de permettre aux consommateurs de comparer effectivement les offres et de prendre des décisions en connaissance de cause.

La première étape de la réalisation de ces objectifs consiste à arrêter une terminologie normalisée, comme prévu par l’article 3 de la DCP. Pour y parvenir, les États membres disposent d’une liste des services payants les plus courants rattachés à un compte de paiement, élaborée selon une approche exhaustive et progressive. Cette terminologie normalisée est définie dans un règlement délégué 2 . Elle sert également de base aux articles suivants du chapitre II, étant donné que les prestataires de services de paiement sont tenus d’utiliser ces termes convenus pour se conformer aux autres dispositions du chapitre.

Conformément à l’article 27 de la DCP, les États membres ont fourni les informations ci-après sur le niveau de conformité des prestataires de services de paiement avec les articles 4, 5 et 6.

a)Article 4: Document d’information tarifaire et glossaire

L'article 4 dispose qu’en temps utile avant de conclure avec un consommateur un contrat relatif à un compte de paiement, les prestataires de services de paiement doivent fournir à ce consommateur un document d’information tarifaire. Ce document doit être fourni sur support papier ou autre support durable et contenir les termes normalisés et les frais correspondant à chaque service proposé par le prestataire. La présentation du document d’information tarifaire est soumise à des règles précises inscrites dans un règlement d’exécution 3 . En outre, les prestataires de services de paiement sont tenus de mettre à la disposition des consommateurs un glossaire comprenant les termes normalisés et les définitions correspondantes, et de veiller à ce que le document d’information tarifaire et le glossaire soient accessibles aux consommateurs à tout moment, à titre gratuit et dans plusieurs formats, y compris sous forme électronique, sur leur site internet et dans leurs locaux, et sur papier ou autre support durable sur demande du consommateur.

En ce qui concerne la fourniture en temps utile du document d'information tarifaire aux consommateurs, comme prévu par l’article 4, paragraphe 1, les données indiquent que les prestataires de services de paiement respectent globalement cette disposition. Cette conclusion est tirée des enquêtes, inspections et autres contrôles et analyses au titre de la surveillance qui ont été menés (BE, CZ, DE, ES, FR, HR, HU, IE, IT, LU, LV, MT, PL, PT, RO, SI) 4 , et de l’incidence très faible des plaintes ou de l’absence d’autres indices de non-conformité de la part des prestataires (AT, BG, CY, DK, EE, EL, ES, FI, LT, NL, SE, SK). Dans l’ensemble, ces constatations indiquent que les prestataires respectent les règles. Les documents d’information sont également présentés aux consommateurs sous différents formats, y compris sur support physique dans les agences et sous forme numérique sur les sites internet. À cet égard, les Pays-Bas ont signalé que, si les documents d’information tarifaire sont disponibles sur les sites internet, ils ne sont toutefois pas toujours faciles à trouver pour le consommateur. La France a constaté récemment qu'un établissement de crédit fournissait les informations tarifaires au moyen d’un code QR, dispositif qu’elle juge conforme s’il renvoie à un support durable pouvant être téléchargé, imprimé ou enregistré et si les informations sont disponibles sur demande du consommateur.

En ce qui concerne l’obligation pour les prestataires de services de paiement de mettre à disposition un glossaire de termes normalisés comme prévu à l’article 4, paragraphe 4, les données indiquent que les prestataires de services de paiement respectent globalement cette disposition. Cette conclusion est tirée des enquêtes, inspections et autres contrôles et analyses au titre de la surveillance (BE, BG, CZ, DE, FR, HR, HU, IE, IT, LU, LV, MT, PL, PT, RO, SI), et de l’incidence très faible des plaintes ou de l’absence d’autres indices de non-conformité de la part des prestataires (AT, CY, DK, EL, ES, FI, LT, NL, SE, SK). Dans l’ensemble, ces constatations indiquent que les prestataires respectent les règles.

En ce qui concerne l’obligation de mettre ces éléments à la disposition des consommateurs (et des personnes qui ne sont pas clientes) à tout moment sur leur site internet et dans leurs locaux, comme le prévoit l’article 4, paragraphe 5, les données indiquent que les prestataires de services de paiement respectent globalement cette disposition. Cette conclusion est tirée elle aussi des enquêtes, inspections et autres contrôles et analyses au titre de la surveillance (BE, BG, CZ, DE, FR, HR, HU, IE, IT, LU, LV, MT, PL, PT, RO, SI), et de l’incidence très faible des plaintes ou de l’absence d’autres indices de non-conformité de la part des prestataires (AT, CY, DK, EL, ES, FI, LT, NL, SE, SK). Dans l’ensemble, ces constatations indiquent que les prestataires respectent les règles.

Dans un nombre limité de cas, des anomalies mineures ont été rencontrées en ce qui concerne l’utilisation de termes non normalisés ainsi que la fourniture du document d’information tarifaire et du glossaire. Les prestataires concernés ont reçu pour instruction de remédier aux problèmes détectés au moyen de mesures correctives appropriées, mais aucune sanction n’a été imposée, étant donné que les prestataires ont pris des mesures pour respecter leurs obligations (ES, IT, PT). En France, un établissement qui ne fournissait pas le document d’information tarifaire a fait l’objet d’une injonction de faire pour avoir manqué à plusieurs reprises à ses obligations. Cependant, presque tous les États membres ont déclaré qu'aucune mesure d’exécution n’avait été prise en lien avec des infractions à l’article 4.

La plupart des États membres ont indiqué que le préjudice subi par le consommateur avait diminué en conséquence des exigences énoncées à l’article 4. Plusieurs États membres ont toutefois souligné qu’il n’y avait pas suffisamment de données pour évaluer la situation de manière complète et avec certitude.

b)Article 5: Relevé de frais

L’article 5 de la DCP régit le relevé de frais. Ce relevé doit inclure le détail de tous les frais encourus pour les services rattachés à un compte de paiement. Par souci de cohérence et de clarté, la Commission européenne a adopté un règlement d’exécution 5 qui normalise le format de présentation du relevé de frais et instaure un symbole commun. Le but de l’obligation en question est de promouvoir la transparence et d’aider les consommateurs à mieux comprendre les frais liés à leurs comptes de paiement.

En ce qui concerne l’obligation de fournir, au moins une fois par an et à titre gratuit, un relevé de tous les frais encourus, comme prévu à l’article 5, les données indiquent que les prestataires de services de paiement respectent globalement cette disposition. Cette conclusion est tirée des enquêtes, inspections et autres contrôles et analyses au titre de la surveillance (CZ, DE, FR, HR, HU, IE, IT, LU, LV, MT, PL, PT, SI), et de l’absence de plaintes ou d’autres indices de non-conformité de la part des prestataires (AT, BE, BG, CY, EL, ES, FI, LT, PL, RO, SE, SK). Dans l’ensemble, ces constatations indiquent que les prestataires respectent les règles.

Dans un nombre limité de cas, des lacunes ont été relevées, par exemple en Hongrie et au Portugal, en ce qui concerne les informations à faire figurer dans le relevé. Certaines lacunes ont également été relevées en Italie en ce qui concerne la catégorisation incorrecte de produits comme ne relevant pas de la DCP ainsi que la fréquence insuffisante à laquelle sont fournis les relevés de frais. Ces lacunes ont obligé les autorités compétentes à prendre des mesures pour faire respecter les règles (HU, IT). Cependant, presque tous les États membres ont déclaré qu'aucune mesure d’exécution n’avait été prise en lien avec des infractions à l’article 5.

La plupart des États membres ont indiqué que le préjudice subi par le consommateur avait diminué en conséquence des exigences énoncées à l’article 5. Plusieurs États membres ont toutefois souligné qu’il n’y avait pas suffisamment de données pour évaluer la situation de manière complète et avec certitude.

c)Article 6: Information des consommateurs

L’article 6 de la DCP impose aux prestataires de services de paiement d’utiliser les termes normalisés dans leurs informations contractuelles, commerciales et de marketing destinées aux consommateurs. Cela signifie qu’un langage cohérent et clair doit être utilisé pour aider les consommateurs à comprendre les services et les frais associés à leur compte de paiement. Les prestataires de services de paiement sont autorisés à employer des noms commerciaux dans le document d’information tarifaire et le relevé de frais, mais ces noms commerciaux ne peuvent être employés qu’en guise de désignation secondaire des services.

En ce qui concerne l’obligation d’intégrer les termes normalisés dans les informations contractuelles, commerciales et de marketing destinées aux consommateurs, comme précisé à l’article 6, paragraphe 1, les données indiquent que les prestataires de services de paiement respectent globalement cette règle. Cette conclusion ressort des enquêtes, inspections et autres contrôles au titre de la surveillance (BE, CZ, DE, FR, HR, HU, IE, IT, LU, LV, MT, PL, PT, RO) et de l’absence de plaintes ou d’autres indices de non-conformité de la part des prestataires (AT, BG, CY, DK, EE, EL, ES, FI, LT, NL, SE, SI, SK). Les données indiquent que, dans l’ensemble, les prestataires se conforment à cette obligation.

En ce qui concerne la fréquence à laquelle les prestataires de services de paiement incluent leur nom commercial dans le document d’information tarifaire et le relevé de frais, il apparaît de manière générale que les prestataires le font le plus souvent. Plusieurs États membres ont indiqué qu’ils ne disposaient pas de données suffisantes pour tirer des conclusions.

En ce qui concerne les mesures d’exécution liées aux infractions à l’article 6, presque tous les États membres ont indiqué qu’aucune mesure de ce type n’avait été prise. Le Portugal a signalé qu’entre 2022 et 2023, trois infractions avaient été détectées et avaient fait l’objet d’un suivi sous la forme d’avertissements. Toutefois, aucune mesure d’exécution n’a ensuite été prise. Sur la base d’une enquête menée en 2022, la France a signalé qu’un prestataire de services de paiement ne donnait pas toutes les informations requises. Toutefois, à la suite d’une injonction, ce prestataire s’est conformé à l’obligation prévue à l’article 6 de la DCP.

La plupart des États membres ont indiqué que le préjudice subi par le consommateur avait diminué en conséquence des exigences énoncées à l’article 6. Toutefois, plusieurs États membres ont signalé qu’il n’y avait pas suffisamment de données pour évaluer la situation de manière complète et avec certitude, et quelques autres États membres ont également souligné que l'incidence de l’article 6 était probablement limitée.

3.RESPECT PAR LES ÉTATS MEMBRES DE L’OBLIGATION, AU TITRE DE L’ARTICLE 7, DE VEILLER À CE QU’IL EXISTE DES SITES INTERNET COMPARATEURS

L’article 7 impose aux États membres de veiller à ce que les consommateurs aient accès gratuitement à au moins un site internet qui compare les frais facturés par les prestataires de services de paiement, au minimum pour les services mentionnés sur la liste nationale des services les plus représentatifs rattachés à un compte de paiement et soumis à des frais. Cet article dispose également que ces sites internet comparateurs peuvent être exploités soit par un opérateur privé, soit par une autorité publique, qu’ils doivent être indépendants sur le plan opérationnel, indiquer leurs propriétaires, énoncer les critères clairs et objectifs sur lesquels la comparaison sera effectuée, employer un langage clair et dénué d'ambiguïté, fournir des informations à jour, couvrir une partie importante du marché et prévoir une procédure efficace de signalement des informations inexactes quant aux frais publiés.

Presque tous les États membres 6 disposent d’au moins un site internet comparateur, comme l’exige l’article 7. La plupart des États membres ont confié à une autorité publique la responsabilité de créer et de mettre à jour ce site internet. En Irlande, en Pologne et en Espagne, outre un site internet public, il existe plusieurs sites internet privés. Au Danemark et en Tchéquie, les sites internet disponibles sont gérés par des opérateurs privés. En Finlande, aux Pays-Bas et en Suède, cette fonction est assurée aussi bien par des acteurs publics que par des acteurs privés.

La Croatie a relevé que son site internet établissait également une distinction entre différents types de comptes, par exemple les comptes de base pour consommateurs appartenant à un groupe vulnérable. Certains sites internet fournissent également des informations sur d’autres produits, ou sur d’autres sites internet comparateurs consacrés à des produits différents, existant dans leurs États membres respectifs. Ces autres produits sont notamment les cartes de crédit, les assurances, les crédits hypothécaires, les crédits à la consommation et les comptes d’épargne. À l’exception de certains sites internet privés en Tchéquie, aucun des sites internet comparateurs accessibles au public dans les États membres ne semble fournir de conseils personnalisés aux consommateurs.

Dans l’ensemble, les sites internet comparateurs semblent être régulièrement mis à jour. En outre, plusieurs États membres soulignent que les prestataires sont tenus d’informer les opérateurs de sites internet de toute modification, avant que leurs nouvelles conditions prennent effet, ou au plus tard au moment de cette prise d’effet (BG, DE, ES, HR, HU, LT, MT, LV, PL, PT, RO, SI, SK).

Seuls quelques États membres ont indiqué que le mécanisme de notification des informations inexactes quant aux frais publiés avait été activé (BE, BG, EL, FI, FR, LU, MT), ne nécessitant généralement que des corrections mineures. Dans l’ensemble, cela semble indiquer que les sites internet comparateurs présentent des informations exactes. En ce qui concerne la correction des erreurs, la France a mis en évidence son processus de vérification automatique, qui effectue des contrôles de qualité des informations publiées sur le site au stade de la saisie. Malte a également souligné que son autorité compétente examinait toutes les modifications avant leur publication sur le site internet comparateur afin d’éviter que des informations inexactes ne soient publiées.

Plusieurs États membres ont également lancé des campagnes spécifiques de sensibilisation du public par différents canaux de communication, tels que la télévision, la radio et les médias sociaux (BE, DE, EE, HR, IE, PT). En outre, plusieurs autres États membres diffusent des informations à ce sujet via des sites internet publics, des communiqués de presse et des rapports (BG, ES, FI, LV, NL, PL, SE, SI). L’Autriche et la Hongrie ont par ailleurs souligné que les prestataires de services de paiement devaient informer les consommateurs de l’existence du site internet comparateur.

Seuls quelques États membres ont procédé à des évaluations spécifiques de leurs sites internet comparateurs ou prévoient de le faire à l’avenir. Par exemple, en 2020, une évaluation du site internet comparateur néerlandais a été réalisée, comprenant des questionnaires destinés tant aux utilisateurs qu’aux prestataires de services de paiement. Sur la base des informations tirées de l’évaluation, des informations claires sur les dates de mise à jour du site internet y ont été ajoutées. Le site internet du Luxembourg a été réexaminé en 2023 et a été rendu plus convivial pour les consommateurs et plus pratique. Bien que l’Espagne n’ait pas procédé à une évaluation globale, certains éléments indiquent que les consommateurs rencontrent des difficultés d’utilisation et que les informations ne semblent pas toujours correspondre aux préférences actuelles des consommateurs. En conséquence, l’Espagne réexamine actuellement son site internet. Malte a indiqué qu’elle effectuait périodiquement des opérations de comptage du nombre de visites et d'évaluation de l’efficacité de son site internet comparateur. La Roumanie va mener un projet cofinancé par le Fonds social européen. L’objectif est de réduire la charge administrative que protection des consommateurs fait peser sur les particuliers et les entreprises, notamment en améliorant le site internet comparateur afin qu’il soit plus convivial.

4.NOMBRE DE COMPTES DE PAIEMENT AYANT FAIT L’OBJET D’UN CHANGEMENT DE COMPTE ET PROPORTION DES DEMANDES DE CHANGEMENT REFUSÉES

a)Comptes de paiement qui ont fait l’objet d’un changement

La DCP établit une procédure rapide pour les consommateurs qui souhaitent changer de compte en passant d’une banque à une autre dans le même État membre.

Le tableau 1 montre le nombre de comptes de paiement qui ont fait l'ont fait l’objet d’un changement entre 2016 et 2023. Certaines informations ne sont pas disponibles dans tous les États membres et les données figurant dans le tableau présentent certaines lacunes. Compte tenu de la transposition tardive dans certains États membres, un service de changement n’était pas forcément déjà disponible en 2016 ou 2017, ou les données n’ont pas été collectées pour ces années. En outre, dans certains États membres, les données n’ont pas toujours été collectées sur une base annuelle.

De surcroît, les données fournies ne sont pas toujours comparables, en raison des différentes méthodes de collecte de données utilisées. Alors que, dans certains États membres, les établissements de crédit sont tenus de communiquer des données périodiquement (ou sur une base ad hoc), dans d'autres États membres, les données ne peuvent être collectées que sur une base volontaire ou seulement auprès d’un échantillon d’établissements de crédit. Dans certains cas, les données fournies par les États membres pour 2016 peuvent inclure des changements qui ont été effectués au cours des mois précédant l’entrée en vigueur de la DCP (par exemple lorsqu’un service de changement similaire existait déjà dans ces États membres avant la mise en œuvre de la DCP).

Depuis le début de la collecte de données, il y a eu 17,6 millions de changements de compte de paiement à l’aide du service de changement de compte.

Tableau 1: Nombre de changements sur un an

Compte tenu des lacunes dans les données et du manque de données totalement comparables 7 , il est difficile de tirer des conclusions claires en ce qui concerne l’adoption du service de changement de compte ou de déceler une tendance claire sur la période couverte. Il est toutefois possible de constater des différences significatives. Si, dans certains États membres, un nombre important de changements ont eu lieu, dans d’autres, les chiffres semblent très bas. Il convient de noter en particulier le niveau élevé de changements de compte en France (1,2 million en 2023, et même 1,5 million en 2022), où le processus est désormais bien établi.

Selon les réponses des États membres, le faible nombre de changements enregistré dans certains d’entre eux peut être attribué à plusieurs facteurs. Il s’agit notamment i) d’une méconnaissance des services de changement de compte; ii) d’une faible demande (en raison de différences minimes entre les comptes de paiement, ou de la détention de plusieurs comptes auprès de prestataires différents); iii) de perceptions négatives à propos de la difficulté du processus; iv) d’inertie; v) de difficultés à identifier des solutions de remplacement plus intéressantes; vi) de la difficulté potentielle de transférer des facilités de crédit ou d'autres services liés au compte existant auprès d’un établissement financier; et vii) des inconvénients liés à un changement de numéro IBAN. Certains États membres ont pris des mesures pour faciliter davantage le processus de changement de compte 8 . La faible utilisation des services de changement de compte dans certains États membres pourrait justifier une évaluation et des discussions plus approfondies.

b)Nombre (et proportion) de demandes de changement refusées

Le tableau 2 montre le nombre de demandes de changement refusées entre 2016 et 2023. Les proportions ont été calculées en divisant le nombre de demandes de changement de compte refusées par le nombre total de demandes 9 . Les informations sont incomplètes car certains États membres ne collectent pas les données relatives aux demandes refusées. De surcroît, les données fournies ne sont pas toujours entièrement comparables, en raison des différentes méthodes de collecte de données utilisées.

Tableau 2: Nombre et proportion de demandes de changement refusées

Compte tenu des lacunes dans les données et des différences de méthode, il est difficile de tirer des conclusions définitives. Toutefois, il est possible de relever des différences très importantes entre États membres et d'y apporter un début d'explication, d'après les réponses des États membres au questionnaire. Le pourcentage de refus a atteint 85 % en Roumanie (2023), 49 % en Espagne (2020), 29 % en Pologne (2023), 27 % en Irlande (2023) et 27 % en Hongrie (2023), tandis que dans la plupart des autres États membres, la part de demandes refusées est beaucoup plus faible 10 . Les États membres ont donné plusieurs raisons pour expliquer le refus de demandes de changement de compte. Il s’agit notamment i) d’erreurs concernant le formulaire de demande de changement (informations manquantes, incorrectes ou incohérentes, type de compte non concerné, signatures illisibles/manquantes, etc.); ii) de documents incomplets; iii) d’un manque de coopération entre les banques; iv) de soldes de comptes négatifs; v) de non-respect de délais donnés; ou vi) de l’annulation de la demande par l’utilisateur.

5.NOMBRE D’ÉTABLISSEMENTS DE CRÉDIT PROPOSANT DES COMPTES DE PAIEMENT ASSORTIS DE PRESTATIONS DE BASE, NOMBRE DE COMPTES DE CE TYPE QUI ONT ÉTÉ OUVERTS ET PROPORTION DE DEMANDES DE COMPTES DE PAIEMENT ASSORTIS DE PRESTATIONS DE BASE QUI ONT ÉTÉ REFUSÉES

a)Établissements de crédit proposant des comptes de paiement assortis de prestations de base (CPPB)

Dans la plupart des États membres, tous les établissements de crédit qui proposent des comptes de paiement standard sont tenus d’offrir des comptes de paiement assortis de prestations de base (BE 11 , BG, CZ, DK, DE, EE, IE, ES, FR, IT, LV, LT, HU, NL 12 , AT, PL, PT, RO, SI, FI, SE). Dans d’autres États membres, seuls certains établissements de crédit, à savoir ceux qui remplissent des critères spécifiques établis par l’État en question, sont tenus de proposer des comptes de paiement assortis de prestations de base. Dans ces derniers cas, toutefois, ces établissements couvrent généralement une part importante du marché en termes de nombre de comptes de paiement.

Tableau 3: États membres dans lesquels seuls certains établissements de crédit proposent des CPPB

Pays

Établissements auxquels l'État membre impose de proposer des CPPB, et selon quels critères

Nombre total d’établissements de crédit tenus de proposer un compte de paiement assorti de prestations de base (par rapport au nombre total d’établissements de crédit qui proposent des comptes de paiement) et leur part de marché

Grèce

Tous les établissements de crédit qui fournissent des services de paiement aux consommateurs, à l’exception de ceux qui ne proposent que des comptes en ligne

Croatie

Les établissements de crédit dont les actifs dépassent 1,99 milliard d’EUR doivent proposer des CPPB Les autres établissements de crédit ont la possibilité de le faire

7 banques sur 20 (ayant des actifs supérieurs à 1,99 milliard d’EUR), représentant une part de marché de 94 %

Chypre

Tous les établissements de crédit actifs à Chypre sont tenus de proposer des CPPB, à l’exception de 3 très petites banques de droit local.

14 établissements de crédit représentant une part de marché d’environ 94 %

Luxembourg

Les établissements de crédit comptant au moins 25 agences au Luxembourg et détenant au moins 2,5 % de dépôts garantis doivent proposer des CPPB

5 établissements de crédit qui, considérés ensemble, représentent la plus grande partie du marché

Malte

Les établissements de crédit ayant 5 agences ou plus à Malte sont tenus de proposer des CPPB

5 établissements de crédit, représentant une part de marché de 93,7 %, proposent des CPPB

Slovaquie

Seulement les établissements de crédit qui fournissent tous les services bancaires associés à un compte de paiement assorti de prestations de base dans le cadre de leur activité de détail

10 établissements de crédit

b)Nombre de comptes de paiement assortis de prestations de base (CPPB)

Les informations relatives au nombre de CPPB fournies par les États membres et présentées dans le tableau 4 sont incomplètes pour certaines années. Dans certains États membres, les établissements de crédit n’opèrent pas de distinction entre un compte de paiement standard et un CPPB, et il n’existe donc aucune donnée sur les CPPB. De même, les informations ne sont pas toujours comparables, en raison des différentes méthodes de collecte de données utilisées. Dans certains États membres, seuls certains établissements de crédit proposent des CPPB en tant que produit spécifique, tandis que d’autres établissements de crédit n’opèrent pas de distinction entre différents types de comptes. Dans ces pays, les chiffres ne représentent donc que les CPPB proposés en tant que produit spécifique.