Acte préparatoire52025DC0516

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS Rapport sur l’état d’avancement de la mise en œuvre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe 2021-2027 pour la période 2021-2024

CELEX52025DC0516
TypeActe préparatoire
Datemercredi 24 septembre 2025

Résumé IA

Ce rapport de la Commission dresse le bilan de la mise en œuvre du mécanisme pour l'interconnexion en Europe (MIE) pour la période 2021-2024. Il évalue l'avancement des projets d'infrastructures de transport, d'énergie et de numérique financés par ce programme, en analysant les réalisations, les défis et l'absorption budgétaire. Pour un professionnel du droit français, ce document offre une vision opérationnelle de l'état d'exécution des fonds européens et des priorités politiques de la Commission, utile pour anticiper les futures opportunités de financement ou les obligations de conformité pour les projets transfrontaliers.

Texte intégral

Bruxelles, le 24.9.2025

COM(2025) 516 final

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

Rapport sur l’état d’avancement de la mise en œuvre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe 2021-2027 pour la période 2021-2024



































I.Introduction

L’article 22, paragraphe 4, du règlement (UE) 2021/1153 établissant le mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) pour la période 2021-2027 1 impose à la Commission de présenter des rapports sur les progrès accomplis contenant des informations sur la mise en œuvre du MIE et de préciser si les différents secteurs sont sur la bonne voie. Le règlement MIE a été adopté en juillet 2021, six mois après le début du cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027, et ce premier rapport sur les progrès accomplis couvrira les années 2021-2024.

Le mécanisme pour l’interconnexion en Europe a été mis en place pour construire, développer, moderniser et achever les réseaux transeuropéens dans les secteurs des transports, de l’énergie et du numérique. Une connectivité transfrontière fluide est une condition nécessaire au bon fonctionnement du marché unique de l’UE. Elle favorise une plus grande cohésion économique, sociale et territoriale et contribue à la réalisation par l’UE des engagements à long terme en matière de décarbonation au titre du pacte vert pour l’Europe. Le programme actuel succède au programme MIE 2014-2020 (MIE1) au titre du CFP précédent. Le budget financier pour la mise en œuvre du programme MIE 2021-2027 (MIE2) s’élève à 33,7 milliards d’EUR.

Le MIE est un instrument géré au niveau central. Il est mis en œuvre avec l’aide de l’Agence exécutive européenne pour le climat, les infrastructures et l’environnement (CINEA) pour les secteurs des transports et de l’énergie et avec l’aide de l’Agence exécutive européenne pour la santé et le numérique (HaDEA) pour le secteur numérique. Il est fondé sur la concurrence entre les projets présentés par des promoteurs de projets tels que des gestionnaires d’infrastructure ou des entreprises privées lors des appels à propositions réguliers au titre du MIE. Cette concurrence garantit une qualité élevée dans la préparation des projets et incite les promoteurs à livrer leurs projets dans les délais. Ce modèle de gouvernance garantit que les fonds du MIE servent les priorités définies dans le règlement. Le MIE est mis en œuvre au moyen de programmes de travail pluriannuels précisant le calendrier des appels à propositions, leurs thèmes, le budget indicatif et les critères de sélection et d’attribution.

Transports

En ce qui concerne le secteur des transports, le MIE soutient des projets d’intérêt commun en matière d’infrastructure liés à l’achèvement et à la modernisation du réseau transeuropéen de transport (RTE-T) afin de contribuer au développement d’un réseau transeuropéen de transport et d’infrastructures transeuropéennes de transport efficaces, interconnectés et multimodaux pour une mobilité intelligente, interopérable, durable, inclusive, accessible et répondant aux impératifs de sûreté et de sécurité. Le MIE a également pour objectif d’adapter des parties du RTE-T aux fins du double usage de l’infrastructure de transport afin d’améliorer la mobilité aussi bien civile que militaire. Le budget alloué au volet «Transports» du MIE pour la période 2021-2027 s’élève à 25,8 milliards d’EUR. Un total de 11,3 milliards d’EUR est alloué aux pays pouvant bénéficier d’un soutien du Fonds de cohésion et 1,7 milliard d’EUR à des projets de mobilité militaire à double usage.

Le programme de travail pluriannuel MIE - Transports, adopté en août 2021 2 et modifié en juillet 2023 3 , couvre les appels à propositions annuels de 2021 à 2024. En raison de la forte surparticipation à ces appels, de la maturité des projets et de la hausse de l’inflation après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la modification du programme de travail pluriannuel a permis de concentrer en début de période l’ensemble du budget disponible au titre du CFP actuel vers les appels 2023 et 2024 du MIE dans le domaine des transports.

Énergie

Le volet du MIE consacré au secteur de l’énergie (MIE - Énergie) vise à développer des projets d’intérêt commun et des projets d’intérêt mutuel dans le cadre de la politique relative aux réseaux transeuropéens d’énergie (RTE-E) 4 afin de poursuivre l’intégration du marché intérieur de l’énergie, d’accroître l’interopérabilité des réseaux par-delà les frontières et les secteurs, de faciliter la décarbonation de l’économie et de garantir la sécurité de l’approvisionnement. Le MIE - Énergie devrait également faciliter la coopération transfrontière dans le domaine de l’énergie, y compris pour les projets dans le domaine des énergies renouvelables. Le MIE - Énergie dispose d’un budget de 5,8 milliards d’EUR pour la période 2021-2027.

Le premier programme de travail pluriannuel pour le MIE - Énergie a été adopté en août 2021 5 . Il a été modifié en octobre 2022 6 à la suite de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine afin de fournir une assistance technique pour des études supplémentaires nécessaires afin d’accélérer la synchronisation du système électrique des États baltes avec le réseau européen continental 7 .

Le règlement révisé relatif aux infrastructures énergétiques transeuropéennes (RTE-E) 8 est entré en vigueur en 2022. Il établit des orientations pour la politique relative au réseau transeuropéen d’énergie et la procédure de sélection des projets d’intérêt commun (PIC) au sein de l’UE et des projets d’intérêt mutuel (PIM) avec des pays tiers 9 . Ces PIC et PIM en matière d’infrastructures sont l’une des deux catégories de projets pouvant bénéficier d’un financement au titre du MIE - Énergie (l’autre catégorie étant les projets transfrontières dans le domaine des énergies renouvelables).

Cette révision a aligné le règlement RTE-E sur l’objectif de neutralité climatique de l’UE pour 2050, limitant l’éligibilité des projets d’infrastructures de gaz à ceux nécessaires pour mettre fin à l’isolement énergétique de Chypre et de Malte. Elle a également introduit de nouvelles catégories de projets: réseaux électriques en mer, projets d’hydrogène et électrolyseurs. À la lumière de cette révision, une nouvelle liste de PIC et de PIM a été adoptée en novembre 2023, recensant les projets sélectionnés dans les nouvelles catégories et les rendant éligibles au titre du MIE à partir de 2024 10 .

Un nouveau programme de travail pluriannuel pour la période 2024-2027 a été adopté en février 2024 11 .

Numérique

Doté d’un budget d’environ 1,6 milliard d’EUR, le MIE - Numérique a pour objectif de contribuer au déploiement de réseaux numériques à très haute capacité et de systèmes 5G répondant aux impératifs de sûreté et de sécurité, de renforcer la résilience et les capacités des réseaux numériques dorsaux sur les territoires de l’UE en les reliant aux territoires voisins et de favoriser la numérisation des réseaux de transport et d’énergie. Le MIE - Numérique (2021-2027) poursuit des objectifs différents et dispose d’un budget plus important que son prédécesseur, le MIE - Réseaux de télécommunications (2014-2020). Le MIE - Numérique met l’accent sur les subventions pour le déploiement d’infrastructures de connectivité numérique d’intérêt paneuropéen, tandis que le MIE - Réseaux de télécommunications avait alloué 117 millions d’EUR aux instruments financiers soutenant le déploiement des infrastructures à haut débit, 130 millions d’EUR à WiFi4EU et le reste du budget aux services numériques (environ 900 millions d’EUR).

Le premier programme de travail pluriannuel du MIE - Numérique , couvrant les appels pour 2021-2023, a été adopté en décembre 2021 12 et modifié en avril 2023 13 pour tenir compte de l’évolution de la préparation et de la demande des parties prenantes et des dernières évolutions des priorités stratégiques. Le deuxième programme de travail pluriannuel du MIE - Numérique (2024-2027) a été adopté en octobre 2024 14 .

II.Appels à propositions de 2021 à 2024

Transports

Le MIE - Transports est principalement alloué dans le cadre d’appels à propositions annuels. À ce jour, trois appels annuels généraux et de cohésion ont été lancés et conclus, avec un budget disponible de 19 milliards d’EUR. L’enveloppe pour la mobilité militaire (1,7 milliard d’EUR) a été allouée dans son intégralité dans le cadre de trois appels entre 2021 et 2023. Le dernier appel concernant l’enveloppe générale et de cohésion (2,5 milliards d’EUR) a été clôturé en janvier 2025 et l’évaluation est en cours. Il s’agissait du premier appel fondé sur le règlement RTE-T révisé 15 qui est entré en vigueur en 2024.

Les réponses aux appels ont démontré l’existence d’un vif intérêt de la part des promoteurs de projets, les taux de surparticipation atteignant près de trois fois le budget disponible. La guerre d’agression non provoquée menée par la Russie contre l’Ukraine a également révélé la nécessité de soutenir le développement d’infrastructures de transport civilo-militaires pour faire face aux conséquences de la nouvelle situation géopolitique. L’incidence de la hausse des prix de l’énergie et des matières premières et le manque de main-d’œuvre ont entraîné de nouveaux besoins de financement. Dans ce contexte, la Commission, en accord avec le comité MIE, a fait usage de la flexibilité prévue dans le programme de travail pluriannuel pour les appels 2021 et 2022 (octroi de fonds supplémentaires allant jusqu’à 20 % du montant indiqué dans le programme de travail initial). En outre, le programme de travail pluriannuel 2021-2027 du MIE a été modifié en juillet 2023 afin de concentrer davantage en début de période l’ensemble du budget disponible au titre du CFP actuel vers les appels à propositions du MIE - Transports pour 2023 et 2024.

Une partie du budget du MIE - Transports est allouée au mécanisme pour une infrastructure pour carburants alternatifs (AFIF), qui a été mis en place sous la forme d’un instrument mixte combinant des subventions au titre du MIE et des instruments financiers fournis par des banques nationales de développement ou commerciales. Doté d’un budget de 2,3 milliards d’EUR, l’AFIF est consacré aux infrastructures pour carburants alternatifs tels que les points de recharge électrique, l’électricité à quai pour les navires amarrés, les stations de ravitaillement en hydrogène, etc. L’appel à propositions glissant de 2021 pour l’AFIF (avec cinq dates butoirs) a été clôturé à la fin de 2023.

Le deuxième appel glissant pour l’AFIF, doté du budget restant de 1 milliard d’EUR, a été lancé en février 2024, avec trois dates butoirs tous les six mois jusqu’à début 2026. La première date butoir était fixée au mois de septembre 2024. Pour cette date butoir, 421 millions d’EUR ont été attribués à 39 propositions sélectionnées.

Tableau 1: Appels à propositions MIE - Transports 2021-2023

Propositions

Budget

Taux de surparticipation*

Enveloppe

Éligibles

Sélectionnées

Indicatif

Demandé

Alloué

Général

909

299

8,5 milliards

30,7 milliards

9,5 milliards

3,6

Cohésion

214

109

8,8 milliards

19,6 milliards

9 milliards

2,2

AFIF

191

167

1,9 milliard

2 milliards

1,7 milliard

1

Mobilité militaire

186

95

1,7 milliard

5 milliards

1,7 milliard

2,9

Total général

1 454

631

20,3 milliards

56,8 milliards

21,5 milliards

2,8

(*) Taux de surparticipation: le financement demandé divisé par le budget indicatif de l’appel.

Énergie

Le budget du MIE - Énergie est alloué au moyen de différents appels: i) l’appel visant à soutenir les projets d’infrastructures énergétiques (à l’origine uniquement pour les PIC, mais les PIM sont éligibles depuis 2024), et ii) les appels visant à soutenir la coopération transfrontière dans le domaine des énergies renouvelables (CB RES), qui comprennent un appel visant à soutenir des études préparatoires et un appel visant à soutenir des études et travaux techniques.

L’appel à propositions pour les PIC au titre du MIE a été lancé chaque année, avec un budget indicatif de 785 millions d’EUR pour 2021, de 800 millions d’EUR pour 2022, de 750 millions d’EUR pour 2023 et de 850 millions d’EUR pour 2024. Les appels à proposition pour les PIC au titre du MIE ont enregistré des taux de participation élevés et ont donné lieu à des subventions d’une valeur de 95 % des budgets indicatifs alloués aux propositions de financement acceptables.

Tableau 2: Appels à propositions pour les PIC au titre du MIE - Énergie pour la période 2021-2024

Propositions

Budget

Taux de surparticipation*

Année

Éligibles

Sélectionnées

Indicatif

Demandé

Alloué

2021

11

5

785 millions

1,3 milliard

1 milliard

1,66

2022

19

8

800 millions

1,3 milliard

601 millions

1,68

2023

11

8

750 millions

1,3 milliard

566 millions

1,67

2024

70

41

850 millions

3,1 milliards

1,25 milliard

3,67

Total général

111

21

3,2 milliards

7 milliards

3,5 milliards

2,20

(*) Taux de surparticipation: le financement demandé divisé par le budget indicatif de l’appel.

L’appel de 2021 a alloué un montant plus élevé que celui initialement prévu dans le budget indicatif de l’appel. Alors que les appels à propositions ultérieurs en 2022 et 2023 ont fait l’objet d’une surparticipation, la Commission a alloué des montants légèrement inférieurs aux budgets des appels initiaux. Cela s’explique par la stricte sélection des projets sur la base de la maturité et, partant, de la probabilité de leur réalisation, de la pertinence des propositions soumises au regard des critères d’attribution et de la justification des besoins de financement (existence d’un déficit de financement qui ne pourrait être comblé sans un financement au titre du MIE).

L’appel de 2024, doté d’un budget indicatif de 850 millions d’EUR, a été lancé en avril 2024 et clôturé en octobre 2024, avec une allocation de 1 250 millions d’EUR en faveur de 41 des 70 propositions éligibles.

Appels à la coopération transfrontière dans le domaine des énergies renouvelables (CB RES)

Cinq appels CB RES ont été organisés depuis 2021: trois appels visant à soutenir des études préparatoires (2021, 2022, 2023) et deux appels visant à soutenir des études et des travaux techniques (2022, 2023). Pour les études préparatoires, le premier appel présentait un taux de participation relativement faible, lié à la nouveauté de ce volet du programme. Le ratio de financement s’est considérablement amélioré au cours des deux années suivantes, bien qu’il reste modeste, à l’image du processus de constitution d’une réserve de projets répondant aux critères.

Tableau 3: Appels CB RES au titre du MIE - Énergie pour la période 2021-2023

Propositions

Budget

Taux de surparticipation*

Année

Éligibles

Sélectionnées

Indicatif

Demandé

Alloué

2021

3

2

1 million

473 944

298 944

0,5

2022

5

3

31 millions

44 millions

22 millions

1,42

2023

10

9

51 millions

74 millions

68 millions

1,45

Total général

18

14

83 millions

118 millions

91 millions

1,43

(*) Taux de surparticipation: le financement demandé divisé par le budget indicatif de l’appel.

Un troisième appel CB RES pour des études et des travaux techniques, doté d’un budget indicatif de 80 millions d’EUR, a été lancé en octobre 2024 et clôturé en janvier 2025. Les appels CB RES visant à soutenir des études préparatoires ont été abandonnés en 2024.

Numérique

Les trois premiers appels (2021, 2022 et 2023) ont porté sur les thèmes suivants: connectivité dorsale pour les passerelles numériques mondiales, 5G et informatique en nuage de périphérie pour des communautés intelligentes, couverture 5G le long des corridors de transport et réseaux dorsaux pour les fédérations paneuropéennes d’informatique en nuage. Ces appels ont révélé une forte demande pour certains sujets (câbles sous-marins) et une baisse de la demande pour d’autres (tels que les corridors 5G, en raison du manque actuel de préparation du marché). Cela a conduit à une adaptation dynamique du programme de travail et de l’allocation des ressources, recentrées sur une connectivité résiliente, à haute capacité et souveraine au sein de l’UE et au niveau international. Des informations précieuses ont ainsi été fournies pour le deuxième programme de travail au titre du MIE - Numérique (2024-2027).

Tableau 4: Appels au titre du MIE - Numérique pour la période 2021-2023

Propositions

Budget

Taux de surparticipation*

Année

Éligibles

Sélectionnées

Indicatif

Demandé

Alloué

2021

51

38

258 millions

555 millions

151 millions

2,15

2022

63

38

277 millions

923 millions

260 millions

3,33

2023

70

52

241 millions

578 millions

273 millions

2,39

Total général

184

128

776 millions

2,056 milliards

684 millions

2,64

(*) Taux de surparticipation: le financement demandé divisé par le budget indicatif de l’appel.

III.Principaux domaines d’investissement

Transports

En vertu de l’article 3, paragraphe 2, point a) i), du règlement MIE, le MIE - Transports doit contribuer au développement d’un réseau transeuropéen de transport et d’infrastructures efficaces, interconnectés et multimodaux favorisant une mobilité intelligente, interopérable, durable, inclusive, accessible et répondant aux impératifs de sûreté et de sécurité.

L’article 4, paragraphe 1, du règlement dispose que le MIE doit contribuer à hauteur de 60 % de son budget financier à la réalisation des objectifs en matière de climat. Le MIE - Transports a dépassé cet objectif, étant donné que 79 % de son financement est consacré au transport durable. Il a investi dans l’infrastructure ferroviaire électrifiée, y compris les sous-systèmes de signalisation associés (ERTMS), dans les voies navigables intérieures et le transport multimodal, ainsi que dans le déploiement d’infrastructures pour les véhicules à émissions nulles. Le MIE finance également des mesures compensatoires pour des projets d’infrastructure (reboisement, infrastructures spécifiques permettant la continuité des habitats naturels ou couloirs pour la traversée en toute sécurité des animaux). En outre, l’appel à propositions de 2023 a introduit un élément d’«adaptation au changement climatique» qui intègre des mesures d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à celui-ci dans le développement de projets d’infrastructure.

Investissements par mode de transport

Le programme MIE a financé les infrastructures de transport européennes à hauteur de plus de 21 milliards d’EUR entre 2021 et 2024. L’essentiel de ces investissements concerne des projets ferroviaires, qui ont reçu plus de 15 milliards d’EUR. Les investissements dans cette catégorie vont de la construction et de la modernisation des voies ferrées au déploiement du système européen de gestion du trafic ferroviaire (ERTMS).

En outre, le MIE - Transports soutient l’amélioration du transport par voie d’eau, avec plus de 2 milliards d’EUR alloués aux ports maritimes et intérieurs, aux voies navigables intérieures, à la numérisation (systèmes de suivi du trafic des navires et d’information — VTMIS — et services d’information fluviale — SIF) et à la modernisation des terminaux. Le MIE - Transports finance également des projets routiers, tels que la construction et la modernisation des routes du RTE-T, ainsi que le développement d’aires de stationnement sûres et sécurisées et de systèmes de transport intelligents (STI). Dans le domaine du transport aérien, le MIE finance la gestion du trafic aérien (Système européen de nouvelle génération pour la gestion du trafic aérien — SESAR) et la modernisation des aéroports (dans le cadre de la mobilité militaire). En outre, le MIE - Transports soutient l’amélioration des infrastructures dans tous les modes de transport afin de faciliter la mobilité des moyens militaires. Enfin, 1,38 milliard d’EUR sont alloués aux infrastructures pour carburants alternatifs, la part la plus importante étant consacrée à la recharge des véhicules routiers, suivie par les navires et les aéronefs en stationnement.

Tableau 5: Investissements dans le cadre du MIE - Transports par mode (2021-2024, millions d’EUR) 16

CA Air (96)

CA Eau (185)

CA Route (1,103)

Rail
(y compris ERTMS, mobilité militaire)

Eau
(y compris SIF, VTMIS et mobilité militaire)

Route
(y compris STI, mobilité militaire)

Route
(y compris STI, mobilité militaire)

Carburants alternatifs (CA):

La majeure partie du financement du MIE (80 %) est allouée à des projets sur le réseau central RTE-T, 13 % au réseau global et 7 % à des projets qui ne peuvent pas être reliés à une partie spécifique du réseau RTE-T, mais qui restent importants pour son achèvement (par exemple SESAR, STI, composants embarqués de l’ERTMS, etc.).

Connectivité transfrontière

Le MIE - Transports soutient la connectivité transfrontière pour des déplacements fluides dans l’UE, 78 % du financement du MIE dans le domaine des transports étant consacré à des projets visant à combler les chaînons transfrontières ou manquants, à garantir la multimodalité, à installer des infrastructures pour carburants alternatifs et à harmoniser les systèmes de gestion du trafic. Il a également financé cinq projets transfrontières phares (tunnel Lyon-Turin, tunnel de base du Brenner, tunnel de Fehmarn Belt, Rail Baltica, Seine-Escaut) et leurs voies d’accès.



Graphique 1: Soutien au titre du MIE - Transports en faveur de la connectivité transfrontière


16,6 milliards d’EUR

sur le budget total du MIE - Transports, qui s’élève à 21,2 milliards d’EUR

La plupart des projets transfrontières améliorent les connexions ferroviaires ou en ouvrent de nouvelles, mais le MIE soutient également les connexions par voies navigables intérieures et quelques tronçons routiers. Par exemple, un important goulet d’étranglement sur le Danube dans le corridor Rhin/Meuse-Main-Danube entre Straubing et Vilshofen, dans le sud de l’Allemagne, a bénéficié d’un soutien du MIE pour accroître la profondeur et la capacité du chenal.

Infrastructures pour carburants alternatifs

Le MIE - Transports soutient le déploiement d’infrastructures pour carburants alternatifs à hauteur de plus de 1,38 milliard d’EUR, principalement en faveur de projets de déploiement de stations de recharge sur les routes du RTE-T et de points de recharge électrique. Il finance également l’installation d’électricité à quai pour les navires amarrés, l’électrification des opérations aéroportuaires au sol et les stations de ravitaillement en hydrogène.

Depuis 2021, environ 1 500 points d’approvisionnement en carburants alternatifs ont été mis en service le long du réseau transeuropéen de transport, principalement pour les véhicules utilitaires légers. Les projets sélectionnés jusqu’à présent devraient permettre d’installer plus de 25 000 points d’approvisionnement pour les véhicules utilitaires légers et près de 2 000 points d’approvisionnement pour les véhicules utilitaires lourds. Le portefeuille de projets relatifs aux carburants alternatifs contribuera également à la décarbonation des activités dans 63 aéroports européens et au déploiement de la recharge électrique à quai pour les navires dans 28 ports européens.