Acte préparatoire52025DC0570

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS Un budget de l'UE dynamique au service des priorités de l'avenir - Le cadre financier pluriannuel 2028-2034

CELEX52025DC0570
TypeActe préparatoire
Datemercredi 16 juillet 2025

Résumé IA

Cette communication de la Commission propose les grandes orientations budgétaires pour le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034, visant à aligner le budget de l'UE sur ses priorités stratégiques futures. Elle esquisse une architecture budgétaire plus dynamique et flexible, avec des enveloppes dédiées à la compétitivité, la défense, la souveraineté technologique et la simplification des instruments financiers. Pour un professionnel du droit français, ce texte préfigure les futures négociations interinstitutionnelles et les bases juridiques des prochains règlements financiers, impactant directement la gestion des fonds européens et les obligations des États membres.

Texte intégral

Bruxelles, le 16.7.2025

COM(2025) 570 final

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

Un budget de l'UE dynamique au service des priorités de l'avenir - Le cadre financier pluriannuel 2028-2034

{SWD(2025) 570 final} - {SWD(2025) 571 final}


1.INTRODUCTION

Le cadre financier pluriannuel 2028-2034 sera bien plus qu’un simple plan financier. Ce sera une déclaration stratégique de la volonté politique collective de l’Union de mettre en œuvre ses priorités et d’agir avec force et unité sur la scène mondiale au cours de la décennie à venir. Le budget de l’UE est le moteur de l’Union. Il a montré à maintes reprises qu’il était vecteur de changement, agissant comme catalyseur pour l’investissement et la croissance et en tant qu’expression forte de la solidarité européenne. Rien qu’au cours des cinq dernières années, il a contribué à sauver des vies et à assurer des moyens de subsistance pendant la pandémie, a permis à l’Union de surmonter les crises de l’énergie et de la chaîne d’approvisionnement et a appuyé le soutien sans faille de l’Union envers l’Ukraine.

Il est temps de construire une Europe plus indépendante, car l’Union ne peut compter uniquement sur d’autres acteurs pour assurer sa sécurité et sa prospérité à long terme. La guerre d’agression menée par la Russie aux frontières de l’Union, l’instabilité géopolitique grandissante et la perturbation des relations commerciales à l’échelle mondiale ont constitué un signal d’alarme considérable pour l’Europe. Ces bouleversements nous ont contraints à réévaluer nos priorités stratégiques et à prendre des mesures urgentes pour réduire les dépendances et remédier aux vulnérabilités face à une multitude de menaces pesant sur notre sécurité et notre mode de vie. Pour ce faire, il était nécessaire de mettre l’accent sur la compétitivité, la sécurité, la défense, la migration, la sécurité alimentaire, l’autonomie stratégique, ainsi que sur nos préparatifs en vue du futur élargissement de l’Union. Cela a renforcé notre attachement aux principes et aux valeurs qui unissent l’Europe et font de l’Union un modèle de stabilité et de progrès dans un monde instable.

Prendre en main notre avenir commun signifie doter l’Union d’un budget ambitieux, tant par sa taille que dans sa conception. Pour créer des possibilités pour les générations actuelles et à venir d’Européens et pour aider les personnes dans le besoin. Pour défendre nos intérêts stratégiques et nos valeurs. Pour exploiter le potentiel du marché unique et exploiter les nouvelles technologies afin de stimuler la croissance et l’innovation. Pour atteindre nos objectifs climatiques et soutenir les entreprises, notamment les petites entreprises, et les citoyens dans la transition vers une économie à émissions nulles. Pour protéger notre environnement, préserver nos ressources naturelles, promouvoir la circularité et renforcer la compétitivité et la résilience de l’Europe, et notamment la résilience dans le domaine de l’eau. Pour assurer notre sécurité collective, rétablir l’avantage concurrentiel de l’Europe, renforcer la cohésion économique, sociale et territoriale et gérer les retombées des tendances démographiques. Pour renforcer les frontières extérieures de l’UE, gérer les migrations et assurer le bon fonctionnement de l’espace Schengen. Pour saisir l’occasion historique de renforcer encore l’Union que représente l’élargissement. Et enfin pour mettre en place des partenariats stratégiques mondiaux qui font de l’Union un acteur fort et fiable sur la scène mondiale, solidement ancré dans les principes du commerce international fondé sur des règles.

L’Europe doit maintenant agir différemment, et notamment en ce qui concerne le budget de l’Union. En cette période d’incertitude géopolitique et économique accrue, l’Union fait l’objet d’attentes considérables quant aux réponses à apporter à une série de défis générationnels. Les exigences sont plus élevées que jamais et la taille du budget de l’UE doit être à la mesure des responsabilités grandissantes de l’Union. Cependant, les ressources sont limitées. Les budgets nationaux sont mis à rude épreuve et ne permettent pas de relever seuls les défis transfrontières. L’emprunt conjoint permettant de financer NextGenerationEU devra être remboursé dans les années à venir. Cela signifie que nous devons optimiser l’utilisation de chaque euro du budget de l’UE pour investir dans les domaines où la valeur ajoutée de l’UE est la plus élevée et pour attirer les investissements privés et publics.

L’Union a besoin d’un budget plus ambitieux, qui sera à la fois plus simple, plus flexible et plus stratégique. Et surtout, le budget de l’UE doit produire des résultats. Tel est le message qui ressort massivement des grandes consultations publiques lancées par la Commission sur le futur cadre financier pluriannuel 1 , des recommandations d’un panel de citoyens européens consacré à ce thème 2 et des vastes consultations menées aux niveaux européen, national, régional et local. Il est temps à présent de mettre ces enseignements en pratique et de doter l’Union d’un budget moderne dans un monde en mutation rapide.

L’expérience montre que la flexibilité est essentielle. Le cadre financier pluriannuel apporte la stabilité et la prévisibilité qui font du budget de l’UE un moteur d’investissement à long terme aussi puissant. Toutefois, dans un monde incertain et instable, le budget de l’UE doit également disposer d’une capacité structurelle beaucoup plus forte pour s’adapter à l’imprévu. Trop souvent, la réponse budgétaire aux crises et à l’évolution des besoins a été ponctuelle et improvisée. Il ne s’agit pas là d’une base solide pour mener une politique à longue échéance. C’est la raison pour laquelle la Commission propose un budget plus souple et mieux préparé à faire face aux événements tant prévisibles qu’imprévisibles. Le rôle de pilotage du budget par le Parlement européen et le Conseil assurera à tout moment un niveau élevé de contrôle politique, de transparence et de responsabilité démocratique.

La Commission s’est engagée dans un effort de simplification de l’Europe sans précédent, ce qui doit inclure le budget de l’UE. Les consultations publiques ont confirmé que les programmes financiers de l’UE sont devenus trop fragmentés, avec des chevauchements, des lacunes et des règles divergentes, ce qui est source de confusion et réduit l’accessibilité, la flexibilité et l’efficacité des programmes. La Commission propose de rationaliser et d’harmoniser les programmes financiers de l’UE, ce qui permettrait de faciliter considérablement l’identification des possibilités de financement, de libérer des synergies et de créer un budget rationalisé, transparent et cohérent au service de tous les Européens.

Le prochain budget à long terme de l’UE représente une occasion de réaffirmer l’attachement de l’Europe à nos valeurs et objectifs communs. Les propositions de la Commission ont pour objectif que les investissements de l’UE soient guidés par nos priorités politiques et produisent de meilleurs résultats que les États membres lorsqu’ils agissent seuls. Elles sont ancrées dans le respect de l’état de droit et témoignent d’une volonté forte de veiller à ce que les fonds de l’UE soient dépensés à bon escient et dans le respect des normes les plus élevées en matière de bonne gestion financière.

La Commission propose un budget ambitieux de 1 980 milliards d’EUR pour la période 2028-2034, équivalent à 1,26 % du RNB de l’UE. Seul un budget suffisant peut permettre à l’Union de se montrer à la hauteur de ses ambitions. Ce budget permettra à l’Union de s’appuyer sur la dynamique créée par NextGenerationEU et de s’acquitter des tâches et des responsabilités qui lui ont été confiées.

La modernisation du financement du budget de l’UE est un élément essentiel de ce train de mesures, qui permettra de maintenir des contributions nationales stables malgré l’augmentation de la taille du budget. Un budget ambitieux axé sur les priorités européennes devrait reposer sur un système de recettes plus moderne et européen. À cette fin, la Commission propose un nouveau train de mesures renforcé relatif à de nouvelles ressources propres, qui comprend des ajustements à la proposition de 2023 relative à de nouvelles ressources propres et à des candidats supplémentaires. Les recettes ainsi générées permettront au budget de l’UE d’être conforme aux ambitions tout en respectant les obligations de l’Union en ce qui concerne le remboursement des emprunts NextGenerationEU.

Le cadre financier pluriannuel 2028-2034 est une occasion unique de remanier notre budget à long terme pour l’adapter à un monde en constante évolution. Le budget de l’UE et les politiques communes qu’il soutient font partie de l’architecture de notre Union. Les principes et objectifs fondamentaux qui ont façonné le budget de l’UE depuis sa création ne changeront pas, mais les défis auxquels l’Union est confrontée sont tels qu’un statu quo n’est pas envisageable. En rendant le budget de l’UE et ses programmes plus simples, plus flexibles et plus adaptés stratégiquement aux priorités d’aujourd’hui et de demain, nous donnerons à l’Union le budget moderne dont elle a besoin pour protéger ses citoyens, aider les entreprises européennes à prospérer et renforcer le modèle social européen. Et pour encourager les citoyens, les chercheurs et les entreprises de l’UE et d’ailleurs à choisir l’Europe.

Bref, il s’agit de construire une Europe indépendante capable de façonner son propre destin.

2.LE BUDGET DE L’UE: LES PRIORITÉS DE L’UE EN ACTION

Le nouveau budget de l’UE sera un budget fondé sur les politiques. La prochaine génération de programmes financiers de l’UE doit former un ensemble cohérent, afin que ces programmes œuvrent de concert pour porter la coopération européenne au niveau supérieur dans des domaines prioritaires tels que la compétitivité, la sécurité, la décarbonation, la durabilité et la cohésion économique, sociale et territoriale. Les programmes du budget de l’UE révisé sont conçus pour être complémentaires, ce qui permettra de combiner les ressources allouées au soutien des priorités européennes, tant au sein de l’Union qu’à l’échelle mondiale.

I.Favoriser la prospérité, la durabilité et la sécurité – investissements et réformes sur mesure au moyen de plans de partenariat nationaux et régionaux

Les plans de partenariat nationaux et régionaux combineront les fonds de l’UE mis en œuvre par les États membres et les régions au moyen d’un processus de planification cohérent et ajusté, pleinement aligné sur les priorités communes de l’Union. Ils maximiseront l’incidence de chaque euro dépensé, offriront davantage de flexibilité pour s’adapter aux besoins régionaux et locaux et simplifieront les règles pour les États membres et les régions.

Les nouveaux plans de partenariat nationaux et régionaux pour les investissements et les réformes s’appuieront sur les performances remarquables des politiques communes de l’Europe pour les rendre plus fortes et plus efficaces. Les partenariats renforceront les synergies entre les politiques actuelles visant à soutenir les priorités européennes, renforçant ainsi la cohésion économique, sociale et territoriale. En outre, ils stimuleront l’action de l’UE visant à supprimer les obstacles au marché intérieur. Avec une enveloppe de 865 milliards d’EUR (dont 50 milliards d’euros provenant du Fonds social pour le climat), les plans assureront un soutien continu aux politiques communes de l’Europe selon une approche modernisée.



L’enveloppe des plans de partenariat nationaux et régionaux 2028-2034

Les plans de partenariat seront ancrés dans les priorités européennes, mais adaptés aux besoins spécifiques des États membres et des régions. Les plans répondront aux principales priorités et aux principaux défis mis en évidence, y compris dans le cadre du Semestre européen. Ils seront assumés et mis en œuvre en partenariat avec les autorités nationales et régionales. Le nouveau système de mise en œuvre tiendra compte de la diversité des États membres, en leur offrant une certaine souplesse dans l’élaboration des chapitres nationaux, sectoriels et, le cas échéant, régionaux et territoriaux, comme le prévoient les règles actuelles, en fonction des structures et traditions constitutionnelles de chaque État membre. Les plans apporteront un soutien ciblé, couvrant l’ensemble des politiques de l’UE, aux besoins urgents, tels que les défis auxquels sont confrontées les régions frontalières orientales les plus touchées par la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine. De manière générale, les partenariats seront moins contraignants quant à la manière d’atteindre les objectifs communs, mais plus exigeants quant aux résultats à atteindre, en veillant au plein respect du principe de subsidiarité.

Les plans de partenariat nationaux et régionaux regrouperont 14 fonds existants et assureront une cohérence ainsi qu’une programmation conjointe entre ces fonds, tout en tenant compte de leurs spécificités. Cela permettra de rationaliser des processus de programmation complexes, de réduire la longueur des procédures de validation et de créer de nouvelles possibilités de synergies.

ØL’agriculture et les zones rurales restent une priorité, car elles permettent de renforcer l’autonomie stratégique, la sécurité alimentaire et la durabilité de l’UE. Les partenariats sont l’occasion pour la politique agricole commune d’évoluer vers un cadre d’action plus simple, plus ciblé et plus efficace, afin de trouver le juste équilibre entre les incitations, les investissements et la réglementation. Les agriculteurs continueront à bénéficier de la prévisibilité et de la stabilité de l’aide au revenu octroyée par le budget de l’UE, tout en jouissant de possibilités supplémentaires d’investissement et d’actions conjointes en faveur des zones rurales. Les États membres seront en mesure de créer des synergies pour mieux relever les défis auxquels sont confrontés les agriculteurs et les communautés rurales, en offrant des possibilités aux jeunes agriculteurs et en promouvant le renouvellement des générations, tout en assurant la sécurité alimentaire sur le long terme. L’UE promouvra davantage les produits agricoles de l’UE afin de créer de nouveaux débouchés commerciaux. Face à l’incertitude croissante sur les marchés agricoles, l’UE protégera les agriculteurs et stabilisera les marchés en cas de perturbations de ces derniers grâce au filet de sécurité commun.

ØLa politique de cohésion sera renforcée, modernisée et centrée sur les régions, et elle continuera à défendre ses principes fondamentaux de partenariat, de gouvernance multi-niveaux et d’action territorialisée. Elle fonctionnera en synergie avec les autres politiques et produira des retombées plus importantes grâce à des investissements et des réformes ciblés, tout en continuant à promouvoir une Europe plus cohérente, en veillant à ce que tous les Européens, quel que soit leur lieu de résidence, aient accès à des perspectives économiques et à une meilleure qualité de vie. Elle aidera les régions moins développées à rattraper leur retard et les régions en transition juste à faire en sorte que personne ne soit laissé pour compte. Elle accordera une attention particulière aux régions ultrapériphériques, en reconnaissant leurs défis et leur potentiel uniques.

ØLa force de l’Europe dépend de la capacité de ses citoyens à agir, et c’est pourquoi la question du soutien aux citoyens et au modèle social européen occupera une place centrale dans les plans. Un objectif social de 14 % s’appliquera aux plans de partenariat nationaux et régionaux afin d’orienter des investissements importants vers la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux, favorisant ainsi les emplois de qualité, les compétences, l’inclusion sociale et le logement dans tous les États membres, régions et secteurs.

ØLes partenariats veilleront à ce que le soutien de l’UE aux défis en matière de migration, de gestion des frontières et de sécurité soit adapté aux besoins de chaque État membre et de ses régions. Le lien entre les réformes et les investissements incitera davantage les États membres à mettre en œuvre le pacte sur la migration et l’asile et la stratégie de sécurité intérieure de l’UE. La facilité de l’UE assurera une réponse flexible et commune de l’UE aux besoins urgents et aux nouveaux défis.

ØLa pêche restera la pierre angulaire de nos communautés et de nos économies côtières. Les partenariats établiront un lien plus étroit entre la politique relative aux océans et la politique de la pêche de l’UE, la politique de cohésion et la politique agricole commune, afin de renforcer le soutien apporté à nos pêcheurs et à nos pêcheuses, tout en contribuant à stimuler les activités économiques telles que l’aquaculture, le tourisme et le transport maritime, en créant des emplois et en améliorant les moyens de subsistance dans les régions côtières.

Les plans de partenariat nationaux et régionaux, parallèlement à d’autres programmes de l’UE, aideront l’Union à maintenir le cap afin de respecter notre engagement à décarboner l’Europe à l’horizon 2050. Les investissements et les réformes soutenus par le plan stimuleront l’innovation, accroîtront la résilience face aux impacts du changement climatique, amélioreront la connectivité et aideront l’Europe à devenir plus indépendante sur le plan énergétique. Ils aideront les entreprises et les citoyens de toutes les régions de l’Union à relever les défis de la transition vers une économie propre et à saisir les possibilités qu’elle offre, tout en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte.

Financement de la migration et de la gestion des frontières dans le budget 2028-2034

La réalisation des objectifs fondée sur les résultats et la combinaison d’investissements se renforçant mutuellement et de réformes produiront des effets plus importants et représenteront un meilleur rapport qualité-prix. Les paiements seront subordonnés à la réalisation des jalons et des cibles en matière d’investissement et de réforme liés aux priorités convenues, ce qui devrait permettre d’allouer des fonds et d’obtenir des résultats plus rapidement et plus efficacement. Ainsi, l’accent sera mis au bon endroit: sur les résultats des dépenses de l’UE. Des dispositions solides en matière d’audit et de contrôle garantiront que les plans de partenariat seront mis en œuvre conformément aux normes les plus élevées en matière de bonne gestion financière.

Les principes de l’état de droit et de la charte des droits fondamentaux ne sont pas négociables. Le règlement sur la conditionnalité liée à l’état de droit 3 continuera de s’appliquer à l’ensemble du budget de l’UE (voir section 5). Les plans de partenariat nationaux et régionaux renforceront le lien entre les recommandations du rapport sur l’état de droit et le soutien financier. Si des fonds sont perdus pour un État membre en raison de violations persistantes de l’état de droit ou de la charte des droits fondamentaux, ils pourront être utilisés dans le cadre de programmes en gestion directe ou indirecte, en particulier ceux qui contribuent à soutenir la démocratie et la société civile en Europe, ainsi que les valeurs de l’Union ou la lutte contre la corruption.

Une facilité de l’UE soutiendra la mise en œuvre aux niveaux national et régional. La facilité soutiendra des actions pouvant être menées plus efficacement au niveau de l’Union, en complément des projets mis en œuvre par les États membres et les régions. Il s’agira notamment de mettre en œuvre les compétences exclusives de l’Union dans des domaines tels que la conservation des ressources biologiques de la mer dans le cadre de la politique commune de la pêche, de soutenir la politique relative aux océans, de promouvoir les actions sociales et les investissements dans les infrastructures sociales et dans l’économie sociale au niveau de l’UE, y compris au moyen d’instruments de garantie, et de favoriser la coopération interrégionale ou interurbaine. La facilité contribuera à faire face aux catastrophes naturelles ou d’origine humaine, en créant des synergies avec d’autres domaines d’action couverts par les partenariats, tels que l’agriculture. Une réserve de fonds non alloués offrira la possibilité de réagir plus efficacement aux événements imprévus et aux catastrophes dans les États membres, si les flexibilités prévues dans le cadre des dotations nationales et régionales ne sont pas suffisantes.

L’UE continuera également d’apporter un soutien fort à la communauté chypriote turque au moyen d’un instrument spécifique.

II.Stimuler la compétitivité européenne: le Fonds européen pour la compétitivité et Horizon Europe

(*) R&I collaborative compatible avec les activités menées dans le cadre du Fonds pour la compétitivité

Le nouveau Fonds européen pour la compétitivité, qui fonctionnera en synergie avec Horizon Europe, permettra d’apporter un soutien ininterrompu aux innovateurs européens, de la recherche au déploiement, de l’idée initiale à la jeune pousse, puis à l’entreprise en expansion. Il contribuera financièrement à la mise en œuvre de la boussole pour la compétitivité et aidera l’Union à acquérir un avantage concurrentiel dans des secteurs stratégiques, notamment en facilitant les projets plurinationaux et transfrontières à forte valeur ajoutée européenne. Il stimulera ainsi la prospérité et la création d’emplois de qualité.

Le prochain budget à long terme de l’UE doit faire avancer radicalement la manière dont l’Union soutient la compétitivité. L’Europe est le berceau de l’innovation, du progrès scientifique et de l’esprit d’entreprise. Elle possède une implantation industrielle de classe mondiale. Toutefois, sa compétitivité et sa sécurité économique sont entravées par des obstacles au marché unique, la fragmentation des marchés des capitaux, une numérisation insuffisante, une concurrence internationale déloyale, les prix élevés de l’énergie, des pénuries de compétences et de main-d’œuvre, le faible taux de concrétisation de la recherche en résultats commercialisables et des difficultés à rapprocher les projets des financements dont ils pourraient bénéficier.

L’Europe doit faire beaucoup mieux pour créer les conditions permettant à ses meilleurs projets et entreprises de prospérer et de se développer, comme le soulignent les rapports Draghi 4 et Letta 5 ainsi que la boussole pour la compétitivité 6 . Comme indiqué dans le pacte pour une industrie propre, il sera essentiel d’allier décarbonation et croissance économique grâce à des prix de l’énergie abordables, à un soutien aux produits propres fabriqués dans l’UE (au moyen de l’acte législatif visant à accélérer la décarbonation de l’industrie), à des emplois de qualité et à un renforcement du financement, notamment par l’intermédiaire de la Banque pour la décarbonation de l’industrie. Le renforcement de la sécurité économique de l’Europe doit également être un objectif essentiel. Il convient à cet égard de veiller à ce que les secteurs clés restent résilients et compétitifs face aux bouleversements géopolitiques et aux mutations technologiques. Par ailleurs, l’UE doit donner la priorité aux investissements dans les technologies de pointe qui seront essentielles à l’avenir, telles que l’espace, l’intelligence artificielle et l’informatique quantique. Pour que l’Europe reste compétitive, autonome et sûre, il est nécessaire qu’elle construise des infrastructures numériques de classe mondiale et sécurisées, telles que des réseaux à haute capacité et des gigafabriques d’IA.

Doté d’une enveloppe totale de 409 milliards d’euros (qui comprend Horizon Europe), le Fonds européen pour la compétitivité permettra un renforcement sans précédent de l’appui budgétaire de l’UE en faveur de la recherche, de l’innovation, du développement et du déploiement 7 .

Le nouveau Fonds européen pour la compétitivité concentrera la force de frappe en matière d’investissement au niveau de l’UE afin d’accélérer l’expansion, la fabrication et le déploiement de technologies stratégiques en Europe. Il deviendra un outil essentiel pour renforcer la compétitivité des entreprises européennes et la base industrielle de l’UE, notamment grâce au soutien qu’il apportera aux technologies, produits et services «fabriqués en Europe». En remplaçant la mosaïque actuelle de programmes qui se chevauchent, le Fonds, régi par un corpus réglementaire unique, permettra un accès nettement plus facile et rapide au financement de l’UE, y compris pour les petites entreprises. Il permettra à l’UE d’investir là où cela compte – et d’investir de manière efficace. Il prévoira des procédures de sélection, d’évaluation et d’attribution simplifiées et accélérées, ainsi que des exigences simplifiées en matière de rapports pour les bénéficiaires de financements de l’UE, ce qui permettra de financer plus rapidement les promoteurs de projets.

Eu égard à la recommandation formulée dans le rapport Draghi, le Fonds européen pour la compétitivité sera axé sur les biens publics de l’UE. Il soutiendra des domaines essentiels à la compétitivité de l’UE: la transition propre et la décarbonation; le leadership numérique; la résilience et la sécurité, l’industrie de la défense et de l’espace; et la santé, les biotechnologies, l’agriculture et la bioéconomie. Il offrira également des services de conseil aux promoteurs de projets.

L’investissement public au niveau européen a un rôle essentiel à jouer en tant que catalyseur de l’investissement privé. Le Fonds européen pour la compétitivité prévoira une boîte à outils de financement complète visant à attirer les investissements privés. Chaque projet sélectionné se verra ainsi attribuer la forme de soutien la plus appropriée, qu’il s’agisse de subventions ou de prêts, de marchés publics ou d’instruments financiers (y compris des investissements en fonds propres). Il est important de noter que la force de frappe avérée d’InvestEU permettra de mobiliser des investissements publics et privés en faveur des secteurs prioritaires de l’UE, en étroite coopération avec ses partenaires chargés de la mise en œuvre, à savoir la Banque européenne d’investissement et d’autres banques nationales de développement. Le Fonds soutiendra également les partenariats public-privé, y compris les projets importants d’intérêt européen commun.

Horizon Europe, le programme de renommée mondiale pour la recherche et l’innovation, continuera d’investir dans la recherche fondamentale et collaborative d’avant-garde ainsi que dans l’innovation de rupture dans des domaines stratégiques. Il fonctionnera comme un programme autonome étroitement lié au Fonds européen pour la compétitivité au moyen de programmes de travail intégrés de recherche collaborative et d’un corpus réglementaire commun. Le nouveau programme Horizon Europe sera simplifié et renforcé. Grâce à des règles plus claires et des procédures plus transparentes pour les demandeurs et les parties prenantes, il permettra des dépenses de l’UE plus rapides et plus stratégiques. Par ailleurs, en s’appuyant sur son approche bien établie axée sur l’excellence et en préparant les futurs moteurs de croissance et de primauté technologique, il soutiendra des actions transsectorielles de recherche fondamentale. Horizon Europe s’articulera autour de quatre piliers: Science d’excellence, Compétitivité et société, Innovation et Espace européen de la recherche. Un Conseil européen de la recherche élargi permettra de promouvoir la science fondamentale et le soutien aux jeunes pousses fourni par le Conseil européen de l’innovation sera renforcé. Le programme Euratom de recherche et de formation financera les activités de recherche et de formation dans le domaine nucléaire et contribuera au projet ITER sur la fusion nucléaire.

III.Construire une union européenne de la défense

Le nouveau budget à long terme de l’UE fera franchir un palier à l’union européenne de la défense, une priorité urgente dans un contexte de menaces et d’incertitudes croissantes. Les financements provenant du Fonds européen pour la compétitivité, des plans de partenariat nationaux et régionaux et du mécanisme pour l’interconnexion en Europe ainsi que les financements extérieurs apporteront, ensemble, une valeur ajoutée européenne sans précédent aux dépenses nationales consacrées à la défense.

Le futur budget de l’UE doit donner un nouvel élan à la création d’une véritable union européenne de la défense. Alors que la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine a ramené la guerre sur le sol européen, l’actuel budget à long terme de l’UE a renforcé la capacité de l’Union à financer la préparation de la défense, notamment au moyen de la nouvelle action de soutien à la production de munitions, de l’instrument pour des acquisitions conjointes dans le domaine de la défense et du renforcement de la facilité européenne pour la paix.

Le livre blanc pour une défense européenne – Préparation à l’horizon 2030 prévoit les actions que l’Union peut entreprendre pour soutenir et coordonner les efforts consentis par les États membres afin de renforcer la base industrielle de défense et la préparation globale de l’UE en matière de défense. Dans ce cadre, les États membres disposeront d’une plus grande marge de manœuvre budgétaire pour augmenter les dépenses de défense, notamment au moyen de prêts supplémentaires financés par des emprunts communs (l’instrument «Agir pour la sécurité de l’Europe» 8 ). Toutefois, cela ne suffit pas. Le prochain budget doit marquer le début d’une nouvelle ère d’investissements stratégiques en faveur des capacités et de la préparation de l’Europe en matière de défense, y compris le développement conjoint de capacités européennes de défense critiques. Une priorité particulière sera accordée à la réponse aux défis auxquels sont confrontés les États membres les plus exposés aux menaces militaires conventionnelles. Cette réponse sera fournie au moyen de projets communs tels que le bouclier pour la frontière orientale.

Le Fonds européen pour la compétitivité apportera un soutien important aux investissements dans les domaines de la défense, de la sécurité et de l’espace. La Commission propose d’augmenter sensiblement le financement par rapport à celui fourni au titre du cadre financier actuel. Il s’agit également d’une évolution importante sur le plan de l’approche adoptée, dans la mesure où le soutien sera fourni tout au long du parcours d’investissement, c’est-à-dire de la recherche au déploiement en passant par le développement et la fabrication, au moyen d’un instrument unique. Cette approche contribuera en outre à atténuer les risques liés aux projets de défense communs. Le soutien qui en découle, apporté aux applications à double usage et à la cybersécurité, permettra de renforcer la coordination. L’UE continuera de mettre à niveau ses systèmes spatiaux, notamment Galileo, EGNOS, Copernicus et IRIS², tout en développant de nouvelles capacités, notamment un service gouvernemental d’observation de la Terre et un positionnement, une navigation et une synchronisation en orbite terrestre basse.

L’intégration du financement de la défense et de l’espace au sein du Fonds européen pour la compétitivité présente plusieurs avantages. Premièrement, elle permet de veiller à ce que les bénéficiaires soient soumis à des règles cohérentes, facilitant ainsi l’accès au financement. Deuxièmement, elle exploite les synergies entre le soutien apporté à l’industrie de la défense et celui fourni à l’industrie spatiale, étant donné que ces industries offrent des possibilités d’enrichissement mutuel, tout en assurant un soutien continu et résolu en faveur des investissements de l’UE dans les infrastructures spatiales et les principaux moyens spatiaux européens. Troisièmement, afin de proposer une approche plus ajustée, elle donne accès à l’ensemble des outils financiers qui seront disponibles dans le cadre du Fonds européen pour la compétitivité.

Les États membres et les régions seront également en mesure de soutenir les investissements et les réformes dans le domaine des capacités de défense et des projets de sécurité de l’Union au moyen du financement qu’ils pourront fournir au titre des plans de partenariat nationaux et régionaux, conformément aux priorités de l’UE et en synergie avec le financement de l’UE. Ces mesures contribueront à renforcer la compétitivité de la base industrielle européenne dans les domaines de la défense, de la sécurité et des technologies et à soutenir la préparation, la détection des menaces et la réaction face aux crises de l’Union, notamment en renforçant la cybersécurité et en garantissant la résilience des infrastructures critiques. Les États membres pourront également financer les parties nationales des réseaux transeuropéens de transport, les réseaux nationaux de transport et de distribution de l’énergie et les projets importants d’intérêt européen commun (notamment dans le domaine de la défense) dans le cadre des plans de partenariat nationaux et régionaux.

La guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine a mis en évidence l’importance d’investir dans la mobilité militaire afin de veiller à ce que les forces des États membres soient en mesure de réagir rapidement et dans des proportions suffisantes aux crises qui éclatent aux frontières extérieures de l’UE et au-delà. Le mécanisme pour l’interconnexion en Europe renforcé mettra donc davantage l’accent sur les corridors de mobilité militaire et maximisera les synergies avec d’autres investissements dans le réseau de transport. Les investissements soutiendront le transport de troupes et d’équipements par voies ferrées, routes, aéroports, ports maritimes, voies navigables intérieures et terminaux multimodaux.

La facilité européenne pour la paix continuera à fonctionner en tant qu’instrument extrabudgétaire, contribuant aux efforts déployés par l’Union pour préserver la paix, prévenir les conflits et renforcer la sécurité internationale. La facilité financera des actions décidées par le Conseil et relevant de deux piliers: les coûts communs d’opérations et missions militaires et les mesures d’assistance 9 . Dans la perspective d’un environnement géopolitique en constante mutation, la facilité devrait pouvoir continuer à soutenir ses partenaires à l’échelle mondiale, y compris l’Ukraine, tout au long du calendrier du prochain cadre financier. Elle devrait par ailleurs être renforcée pour atteindre 30,5 milliards d’euros.

IV.Renforcer le marché unique européen

Le marché unique est l’une des réalisations emblématiques de l’Union. Pourtant, la récente stratégie pour le marché unique 10 a une fois de plus montré que le marché unique était loin d’être achevé. Les investissements provenant du budget de l’UE qui apportent la plus grande valeur ajoutée sont ceux qui contribuent à supprimer des obstacles et à créer des liens. Le nouveau budget de l’UE est conçu dans cet esprit.

Le budget de l’UE a toujours soutenu l’élargissement et l’approfondissement du marché unique européen. Ce soutien est apporté au moyen de politiques communes telles que la politique de cohésion et la politique agricole commune, mais également grâce à des investissements dans les infrastructures physiques, qui font des réseaux transeuropéens une réalité, et dans les infrastructures administratives, qui créent les conditions nécessaires à la réussite du marché unique.

Le nouveau mécanisme pour l’interconnexion en Europe financera l’achèvement des réseaux transeuropéens et favorisera la transition propre de l’UE dans les domaines de l’énergie et des transports. La guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et la nécessité de s’émanciper des combustibles fossiles russes ont montré à quel point il était vital de construire une véritable union de l’énergie et de disposer de réseaux d’infrastructures de l’UE bien intégrés. Toutefois, les progrès concernant les infrastructures essentielles, telles que les liaisons ferroviaires et les interconnecteurs transfrontières, ont été trop lents. La facilité donnera un nouvel élan à ces investissements essentiels dans la résilience et la sécurité de l’Europe, notamment en soutenant des projets dans les régions les moins connectées de l’Union, telles que les îles et les régions ultrapériphériques. Elle investira dans les interconnexions et les réseaux transfrontières, les liaisons de transport transfrontières, les réseaux en mer, les sources d’énergie renouvelables et le stockage des énergies renouvelables, et les infrastructures pour carburants alternatifs, soutenant ainsi les ambitions de l’Union en matière de climat. La facilité financera des projets de transport à double usage civil et militaire afin de permettre une mobilité militaire fluide dans l’ensemble de l’UE, condition préalable à une union européenne de la défense plus forte et mieux préparée.

Le nouveau programme pour le marché unique centralisera les mesures financées par le budget de l’UE pour supprimer les obstacles transfrontaliers et transnationaux et favoriser la coopération entre les administrations nationales. Il contribuera au contrôle de l’application de la législation de l’UE relative au marché unique et de la politique de concurrence, aux mesures de normalisation, à la protection des consommateurs et à la coopération entre les autorités statistiques en matière de statistiques de grande qualité qui viendront étayer la conception, le suivi et l’évaluation de toutes les politiques de l’Union. En outre, il supprimera la fragmentation des financements de l’UE qui subsiste dans ce secteur afin de soutenir la coopération entre les administrations nationales et de réduire la charge administrative dans les domaines des douanes, de la fiscalité et de la lutte contre la fraude, tous essentiels au bon fonctionnement du marché unique. Il contribuera par ailleurs à la mise en œuvre de l’union de l’épargne et des investissements et de la réforme douanière de l’UE, une fois qu’elle sera adoptée.

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