Acte préparatoire52025DC0615

RAPPORT DE LA COMMISSION Espagne, Lettonie, Autriche, Finlande Rapport élaboré conformément à l'article 126, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne

CELEX52025DC0615
TypeActe préparatoire
Datemercredi 4 juin 2025

Résumé IA

Ce rapport de la Commission, fondé sur l'article 126, paragraphe 3, du TFUE, évalue la situation budgétaire de l'Espagne, de la Lettonie, de l'Autriche et de la Finlande afin de déterminer si ces États membres respectent les critères de discipline budgétaire, notamment en matière de déficit public. Il constitue une étape préliminaire pouvant conduire à l'ouverture d'une procédure de déficit excessif à leur encontre.

Texte intégral

Bruxelles, le 4.6.2025

COM(2025) 615 final

RAPPORT DE LA COMMISSION

Espagne, Lettonie, Autriche, Finlande





Rapport élaboré conformément à l'article 126, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne



1.Introduction

L’article 126 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) définit la procédure concernant les déficits excessifs, laquelle est précisée dans le règlement (CE) nº 1467/97 du Conseil visant à accélérer et à clarifier la mise en œuvre de la procédure concernant les déficits excessifs 1 , qui fait partie du pacte de stabilité et de croissance. Conformément à l’article 126, paragraphe 3, du TFUE, le présent rapport évalue la situation de certains États membres au regard du critère du déficit. Comme dans les précédentes versions, le format de ce rapport favorise la comparabilité des différentes situations, tandis que la situation de chaque État membre est examinée en fonction de ses caractéristiques propres.

Le règlement (UE) 2024/1264 modifiant le règlement (CE) nº 1467/97 est entré en vigueur le 30 avril 2024 et fait partie d’un paquet comprenant également le règlement (UE) 2024/1263 2 et la directive (UE) 2024/1265 du Conseil 3 . Ensemble, ces trois actes ont réformé le cadre de gouvernance économique de l’Union. Les objectifs de ce cadre réformé sont la soutenabilité de la dette publique ainsi qu’une croissance durable et inclusive, obtenues au moyen de réformes et d’investissements. Le cadre réformé promeut en outre l’appropriation au niveau national et est davantage axé sur le moyen terme, tout en visant une application plus efficace et plus cohérente des règles. La dernière modification en date du règlement (CE) nº 1467/97 n’a pas fondamentalement modifié l’évaluation du respect du critère du déficit. En revanche, l’évaluation du respect du critère de la dette a fait l’objet d’une modification substantielle (voir ci-dessous).

Le précédent rapport établi au titre de l’article 126, paragraphe 3, du TFUE a été adopté le 26 novembre 2024, dans le cadre du paquet d’automne du Semestre européen 2024 4 .

Critère du déficit et critère de la dette

Le critère du déficit est rempli si le déficit public réel de l’année précédente (2024) et le déficit prévu pour l’année en cours (2025) ne dépassent pas 3 % du PIB. Dans le cas contraire, la Commission examine si le ratio de déficit a diminué de manière substantielle et constante et atteint un niveau proche de la valeur de référence. Elle examine également si le déficit dépassant la valeur de référence n’est qu’exceptionnel et temporaire et si le ratio reste proche de la valeur de référence (section 2). Des facteurs pertinents doivent être pris en considération par la Commission et le Conseil dans les étapes qui leur permettent de se prononcer sur l’existence d’un déficit excessif i) si la dette publique ne dépasse pas 60 % du PIB ou ii) si la dette dépasse 60 % du PIB, mais que le déficit est proche de 3 % du PIB et que le dépassement est temporaire (section 4).

Conformément au traité, le critère de la dette est rempli si l’endettement brut des administrations ne dépasse pas 60 % du PIB, ou si ce ratio d’endettement diminue suffisamment et s’approche de la valeur de référence à un rythme satisfaisant. Conformément à l’article 2, paragraphe 2, du règlement (CE) nº 1467/97 (tel que modifié), le rapport entre la dette publique et le PIB est considéré comme diminuant suffisamment et s’approchant de la valeur de référence 5 à un rythme satisfaisant si l’État membre concerné respecte sa trajectoire des dépenses nettes fixée par le Conseil en vertu de l’article 17 ou 19 du règlement (UE) 2024/1263. Si l’État membre concerné ne respecte pas sa trajectoire des dépenses nettes, la Commission établit un rapport conformément à l’article 126, paragraphe 3, du TFUE si les débits 6 enregistrés dans le compte de contrôle de l’État membre dépassent l’un des deux seuils fixés (sauf si la position budgétaire est proche de l’équilibre ou excédentaire): soit 0,3 % du PIB par an ou 0,6 % du PIB cumulativement.

Le critère de la dette ne peut pas être pleinement évalué à ce stade 7 . Pour certains États membres, le Conseil n’a pas encore fixé de trajectoire des dépenses nettes. En outre, l’article 22, paragraphe 6, du règlement (UE) 2024/1263 prévoit que les écarts par rapport à la trajectoire des dépenses nettes fixée par le Conseil sont enregistrés comme débits (ou crédits) dans le compte de contrôle sur la base des données réelles. Pour les États membres dont la trajectoire des dépenses nettes a été fixée par le Conseil, l’année initiale de la trajectoire est 2025. L’évaluation du respect du critère de la dette ne peut donc être effectuée par la Commission qu’une fois que les données réelles pour 2025 seront disponibles, au printemps 2026.

Principales données sous-tendant et motivant le présent rapport

Dans l’évaluation du critère du déficit, le présent rapport concerne les États membres dont le ratio de déficit réel pour 2024 fourni par Eurostat, 8 ou le ratio de déficit prévu pour 2025 9 , dépasse 3 % du PIB. 10 En outre, l’évaluation du respect du critère de déficit tient également compte des prévisions de l’automne 2025 de la Commission 11 . Le présent rapport compare également le déficit public aux dépenses publiques d’investissement et tient compte de tous les autres facteurs pertinents, conformément à l’article 2 du règlement (CE) nº 1467/97.

Le rapport évalue le respect du critère du déficit dans quatre États membres, sur la base des données publiées par Eurostat le 22 avril 2025 (voir tableau 1). Ces quatre États membres sont l’Espagne, la Lettonie, l’Autriche et la Finlande. Concrètement:

-en Espagne, en Autriche et en Finlande, les déficits publics de 2024 ont dépassé 3 % du PIB. Cela démontre, à première vue, qu’il existe un déficit excessif dans chacun de ces États membres;

-en outre, selon la notification budgétaire du printemps 2025, la Lettonie prévoit que son déficit public dépassera 3 % du PIB en 2025. Le déficit prévu pour 2025 constitue également une preuve à première vue de l’existence d’un déficit excessif.

Comme indiqué ci-dessus, le critère de la dette ne peut pas, à ce stade, être pleinement évalué au regard des critères du nouveau cadre. Pour les données relatives au ratio de la dette publique brute au PIB, voir le tableau 3.


Tableau 1 - Position des États membres vis-à-vis des valeurs de référence en matière de déficit et de dette

Déficit effectif
ne dépassant pas () / dépassant ()
3 % du PIB en 2024

Déficit prévu
ne dépassant pas () dépassant ()
3 % du PIB en 2025

Le ratio de la dette
ne dépassant pas () / dépassant () 60 % du PIB à la fin de 2024

États membres évalués dans le présent rapport

Espagne

Lettonie

Autriche

Finlande

États membres non pris en compte dans le présent rapport

Belgique*

Bulgarie

Tchéquie

Danemark

Allemagne

Estonie

Irlande

Grèce

France*

Croatie

Italie*

Chypre

Lituanie

Luxembourg

Hongrie*

Malte*

Pays-Bas

Pologne*

Portugal

Roumanie**

Slovénie

Slovaquie*

Suède

Source: Eurostat (communiqué de presse du 22 avril 2025 et notification budgétaire du printemps 2024).
Remarque: (*) Fait l’objet d’une procédure concernant les déficits excessifs depuis le mois de juillet 2024. (**) Fait l’objet d’une procédure concernant les déficits excessifs depuis le mois d’avril 2020.

2.Solde des finances publiques

L’Espagne, l’Autriche et la Finlande ont dépassé la valeur de référence pour le déficit en 2024. En outre, l’Autriche et la Finlande prévoient que leur déficit pour 2025 sera supérieur à 3 % du PIB. La Lettonie a affiché un déficit public inférieur à la valeur de référence en 2024, mais prévoit d’enregistrer un déficit dépassant 3 % du PIB en 2025 (voir tableau 2).

En Autriche et en Finlande, les déficits publics de 2024 ont dépassé la valeur de référence et n’en sont pas restés proches. En Espagne, en revanche, le déficit a dépassé la valeur de référence, mais en est resté proche.

En ce qui concerne la Lettonie, le déficit prévu pour 2025 12 s’élève à 3,1 % du PIB (la même valeur que dans les prévisions du printemps 2025 de la Commission), de sorte qu’il sera supérieur à 3 % du PIB, mais en restera proche.

D’après les prévisions du printemps 2025 de la Commission, les déficits publics de l’Autriche et de la Finlande devraient continuer à dépasser 3 % du PIB en 2025 et en 2026. Par conséquent, le dépassement de la valeur de référence ne devrait pas être temporaire dans ces États membres. En revanche, selon les projections actuelles, le déficit public de l’Espagne ne devrait pas dépasser la valeur de référence en 2025 et 2026, de sorte que le dépassement de cette valeur devrait être temporaire. Quant à la Lettonie, son déficit public devrait légèrement dépasser 3 % du PIB en 2025 et 2026; le dépassement ne devrait donc pas être temporaire.

Dans le cas de l’Espagne, le dépassement de la valeur de référence en 2024 est lié à l’incidence budgétaire des inondations dévastatrices causées par la DANA 13 d’octobre 2024. Cette situation est reconnue et analysée comme un facteur pertinent (voir section 4.2.1 sur l’Espagne), mais le dépassement est considéré comme non exceptionnel aux fins du traité et du programme de stabilité et de croissance.

En Lettonie, le dépassement prévu de la valeur de référence en 2025 s’explique pleinement par une augmentation des dépenses de défense 14 . Le 28 avril 2025, la Lettonie a présenté une demande d’activation de la clause dérogatoire nationale afin de tenir compte de l’augmentation des dépenses de défense, conformément à la communication de la Commission du 19 mars 2025 15 . La Commission a évalué cette demande et, le 4 juin 2025, a adopté une recommandation de recommandation du Conseil autorisant la Lettonie à s’écarter de la trajectoire des dépenses nettes 16 recommandée au cours de la période 2025-2028 et à la dépasser 17 . Cette recommandation fait état des circonstances exceptionnelles échappant au contrôle du gouvernement et ayant une incidence majeure sur les finances publiques qui sous-tend l’augmentation des dépenses de défense. Compte tenu de ce qui précède, et sous réserve de l’adoption de la recommandation du Conseil, le dépassement prévu de la valeur de référence en 2025 est considéré comme exceptionnel.

En Autriche et en Finlande, le dépassement de la valeur de référence en 2024 est le résultat de conditions macroéconomiques très défavorables, à savoir une récession prolongée en 2023 et 2024. En Autriche, le PIB réel a diminué de 1,0 % en 2023, de 1,2 % en 2024 et, selon les prévisions de la Commission du printemps 2025, devrait encore diminuer de 0,3 % en 2025. En Finlande, le PIB réel a diminué de 0,9 % en 2023 et de 0,1 % en 2024, mais il devrait augmenter de 1,0 % en 2025. En outre, en Finlande, la détérioration de l’environnement sécuritaire due à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine a des répercussions considérables sur les finances publiques. Sur cette base, les dépassements de la valeur de référence pour le déficit peuvent être considérés comme exceptionnels pour les deux États membres.

En résumé, la présente analyse suggère que l’Espagne, la Lettonie, l’Autriche et la Finlande ne remplissent pas le critère du déficit, avant la prise en compte des facteurs pertinents.

Tableau 2 - Solde des finances publiques

En pourcentage du PIB

Notification budgétaire de printemps

Prévisions du printemps 2025 de la Commission européenne

2021

2022

2023

2024

2025

2025

2026

États membres évalués dans le présent rapport

Espagne

-6,7

-4,6

-3,5

-3,2

-2,5

-2,8

-2,5

Lettonie

-7,2

-4,9

-2,4

-1,8

-3,1

-3,1

-3,1

Autriche

-5,7

-3,4

-2,6

-4,7

-4,5

-4,4

-4,2

Finlande

-2,7

-0,2

-3,0

-4,4

-3,5

-3,7

-3,4

États membres non pris en compte dans le présent rapport

Belgique*

-5,4

-3,6

-4,1

-4,5

-5,2

-5,4

-5,5

Bulgarie

-4,0

-3,0

-2,0

-3,0

-2,9

-2,8

-2,8

Tchéquie

-5,0

-3,1

-3,8

-2,2

-2,2

-2,3

-2,2

Danemark

4,1

3,4

3,3

4,5

1,6

1,5

0,6

Allemagne

-3,2

-2,1

-2,5

-2,8

-2,5

-2,7

-2,9

Estonie

-2,6

-1,1

-3,1

-1,5

-3,0

-1,4

-2,4

Irlande

-1,4

1,7

1,5

4,3

1,6

0,7

0,1

Grèce

-7,1

-2,5

-1,4

1,3

-0,6

0,7

1,4

France*

-6,6

-4,7

-5,4

-5,8

-5,4

-5,6

-5,7

Croatie

-2,6

0,1

-0,8

-2,4

-2,3

-2,7

-2,6

Italie*

-8,9

-8,1

-7,2

-3,4

-3,3

-3,3

-2,9

Chypre

-1,6

2,7

1,7

4,3

2,7

3,5

3,4

Lituanie

-1,2

-0,7

-0,7

-1,3

-3,0

-2,3

-2,3

Luxembourg

1,0

0,2

-0,8

1,0

-0,9

-0,4

-0,5

Hongrie*

-7,1

-6,2

-6,7

-4,9

-3,7

-4,6

-4,7

Malte*

-7,0

-5,2

-4,7

-3,7

-3,5

-3,2

-2,8

Pays-Bas

-2,2

0,0

-0,4

-0,9

-1,8

-2,1

-2,7

Pologne*

-1,7

-3,4

-5,3

-6,6

-6,3

-6,4

-6,1

Portugal

-2,8

-0,3

1,2

0,7

0,3

0,1

-0,6

Roumanie**

-7,1

-6,4

-6,6

-9,3

-7,0

-8,6

-8,4

Slovénie

-4,6

-3,0

-2,6

-0,9

-1,9

-1,3

-1,5

Slovaquie*

-5,1

-1,7

-5,2

-5,3

-4,7

-4,9

-5,1

Suède

-0,2

1,0

-0,8

-1,5

-1,3

-1,5

-0,8

Source: Eurostat (données issues des notifications budgétaires 2021 à 2024 et 2025) et prévisions du printemps 2025 de la Commission européenne (données pour 2025 et 2026).

Remarque: (*) Fait l’objet d’une procédure concernant les déficits excessifs depuis le mois de juillet 2024. (**) Fait l’objet d’une procédure concernant les déficits excessifs depuis le mois d’avril 2020.



3.Dette publique

Parmi les États membres dont la situation est examinée dans le présent rapport, la dette publique brute à la fin de 2024 dépassait 60 % du PIB et, partant, la valeur de référence dans trois États membres: l’Espagne, l’Autriche et la Finlande (voir Tableau 3). Pour l’Espagne, le ratio de la dette publique au PIB a diminué en 2024 par rapport à l’année précédente, alors qu’il a augmenté en Autriche et en Finlande. D’après les prévisions du printemps 2025 de la Commission, les ratios de la dette au PIB de l’Autriche et de la Finlande devraient augmenter tant en 2025 qu’en 2026, tandis qu’une baisse est attendue pour l’Espagne.

La dette publique de la Lettonie à la fin de 2024 était inférieure à 60 % du PIB, et elle devrait le rester en 2025 et en 2026.

Tableau 3 – Dette publique

En pourcentage du PIB

Notification budgétaire de printemps

Prévisions du printemps 2025 de la Commission européenne

2021

2022

2023

2024

2025

2025

2026

États membres évalués dans le présent rapport

Espagne

115,7

109,5

105,1

101,8

101,5

100,9

100,8

Lettonie

45,9

44,4

44,6

46,8

49,7

48,6

49,3

Autriche

82,4

78,4

78,5

81,8

84,7

84,0

85,8

Finlande

73,2

74,0

77,5

82,1

85,0

85,6

87,5

États membres non pris en compte dans le présent rapport

Belgique*

108,5

102,7

103,2

104,7

106,9

107,1

109,8

Bulgarie

23,8

22,5

22,9

24,1

28,9

25,1

27,1

Tchéquie

40,7

42,5

42,5

43,6

44,5

44,5

45,4

Danemark

40,5

34,1

33,6

31,1

30,0

29,7

29,4

Allemagne

68,1

65,0

62,9

62,5

62,9

63,8

64,7

Estonie

18,4

19,1

20,2

23,6

24,3

23,8

25,4

Irlande

52,6

43,1

43,3

40,9

37,3

38,7

38,3

Grèce

197,3

177,0

163,9

153,6

145,7

146,6

140,6

France*

112,8

111,4

109,8

113,0

116,2

116,0

118,4

Croatie

78,2

68,5

61,8

57,6

56,0

56,3

56,4

Italie*

145,8

138,3

134,6

135,3

136,6

136,7

138,2

Chypre

96,5

81,1

73,6

65,0

60,9

58,0

51,9

Lituanie

43,3

38,1

37,3

38,2

44,1

41,2

43,9

Luxembourg

24,2

24,9

25,0

26,3

26,9

25,7

26,2

Hongrie*

76,2

73,9

73,0

73,5

72,6

74,5

74,3

Malte*

49,8

49,5

47,9

47,4

50,1

47,6

47,3

Pays-Bas

50,5

48,4

45,2

43,3

44,5

45,0

47,8

Pologne*

53,0

48,8

49,5

55,3

57,8

58,0

65,3

Portugal

123,9

111,2

97,7

94,9

91,8

91,7

89,7

Roumanie**

48,3

47,9

48,9

54,8

57,7

59,4

63,3

Slovénie

74,8

72,7

68,4

67,0

66,0

65,5

63,8

Slovaquie*

60,2

57,7

55,6

59,3

59,9

60,9

63,0

Suède

36,9

33,8

31,6

33,5

34,3

33,8

33,3

Source: Eurostat (données issues des notifications budgétaires 2021 à 2024 et 2025) et prévisions du printemps 2025 de la Commission européenne (données pour 2025 et 2026).

Remarque: (*) Fait l’objet d’une procédure concernant les déficits excessifs depuis le mois de juillet 2024. (**) Fait l’objet d’une procédure concernant les déficits excessifs depuis le mois d’avril 2020.



4.Facteurs pertinents pour l’évaluation du respect du critère du déficit

Conformément à l’article 126, paragraphe 3, du traité, pour chaque État membre, le présent rapport «examine [...] si le déficit public excède les dépenses publiques d’investissement et tient compte de tous les autres facteurs pertinents, y compris la position économique et budgétaire à moyen terme de l’État membre».

Ces facteurs sont précisés à l’article 2, paragraphe 3, du règlement (CE) nº 1467/97 tel que modifié et renvoient aux éléments suivants:

a)la position de la dette à moyen terme, c’est-à-dire le niveau des défis liés à la dette publique, l’évolution de la dette publique et de son financement, ainsi que les facteurs de risque connexes, en particulier la structure des échéances de la dette, les monnaies dans lesquelles elle est libellée ainsi que les passifs éventuels, y compris tout passif implicite lié au vieillissement démographique et à la dette privée;

b)la position budgétaire à moyen terme, y compris, en particulier, l’ampleur de l’écart effectif par rapport à la trajectoire des dépenses nettes fixée par le Conseil, en termes annuels et cumulés, mesurée par le compte de contrôle;

c)la position économique à moyen terme, y compris le potentiel de croissance, l’évolution de l’inflation et les évolutions cycliques par rapport aux hypothèses qui sous-tendent la trajectoire des dépenses nettes fixée par le Conseil;

d)la mise en œuvre de réformes et d’investissements, y compris, en particulier, de politiques destinées à prévenir et à corriger les déséquilibres macroéconomiques et de politiques visant à mettre en œuvre la stratégie commune de l’Union pour la croissance et l’emploi, notamment celles soutenues par la facilité pour la reprise et la résilience (FRR), ainsi que la qualité globale des finances publiques, notamment l’efficacité des cadres budgétaires nationaux;

e)l’augmentation des investissements publics dans le domaine de la défense, le cas échéant, compte tenu également du moment de l’enregistrement des dépenses d’équipement militaire. L’augmentation des investissements publics dans la défense a été incluse parmi les facteurs pertinents, à la suite de la réforme du cadre de gouvernance économique.

L’article 2, paragraphe 3, du règlement (CE) nº 1467/97 prévoit également que «tout autre facteur qui, de l’avis de l’État membre concerné, est pertinent pour pouvoir évaluer globalement le respect des critères du déficit et de la dette, et qu’il a présenté au Conseil et à la Commission» doit être dûment pris en considération dans le présent rapport.

En outre, conformément à l’article 2, paragraphe 4 du règlement (CE) nº 1467/97, lorsque la dette publique pose à l’État membre concerné un défi important, elle constitue une circonstance aggravante essentielle.

En ce qui concerne l’évaluation du respect du critère du déficit, l’article 2, paragraphe 4, du règlement (CE) nº 1467/97 prévoit que les facteurs pertinents peuvent être pris en considération par le Conseil et la Commission au cours des étapes conduisant à la décision constatant l’existence d’un déficit excessif, uniquement lorsque:

a)le ratio de la dette publique au PIB ne dépasse pas la valeur de référence de 60 %,

ou

b)dans le cas où le ratio de la dette publique au PIB dépasse la valeur de référence de 60 %, une double condition est remplie, à savoir que le déficit reste proche de la valeur de référence et que le dépassement de cette valeur soit temporaire.

Le ratio de la dette publique au PIB ne dépasse pas la valeur de référence de 60 %, en Lettonie. Par conséquent, pour la Lettonie, les facteurs pertinents peuvent être pris en considération par le Conseil et la Commission au cours des étapes suivantes conduisant à la décision constatant l’existence d’un déficit excessif (article 126, paragraphes 5 et 6, du TFUE).

Le ratio de la dette publique au PIB dépasse la valeur de référence de 60 % du PIB en Espagne. Toutefois, la double condition (proximité et caractère temporaire) est remplie; par conséquent, les facteurs pertinents peuvent être pris en considération par le Conseil et la Commission dans les étapes conduisant à la décision constatant l’existence d’un déficit excessif.

Quant aux autres États membres concernés par le rapport, à savoir l’Autriche et la Finlande, leur ratio d’endettement dépasse la valeur de référence de 60 % du PIB et la double condition nécessaire pour que les facteurs pertinents soient pris en considération (proximité et caractère temporaire) n’est pas remplie. Par conséquent, pour ces États membres, les facteurs pertinents ne peuvent pas être pris en considération par le Conseil et la Commission dans les étapes conduisant à la décision constatant l’existence d’un déficit excessif (article 126, paragraphes 5 et 6, du TFUE).

Conformément à la pratique établie et dans le respect de l’article 2, paragraphe 4, du règlement (CE) nº 1467/97, les facteurs pertinents sont examinés ci-après, même en ce qui concerne les États membres pour lesquels ils ne peuvent pas être pris en considération par le Conseil et la Commission au cours des étapes suivantes conduisant à la décision constatant l’existence d’un déficit excessif sur la base du critère du déficit.

Facteurs pertinents transnationaux

L’économie de l’UE a été confrontée à une série de chocs négatifs au cours de ces dernières années. La guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine a accentué la flambée des prix de l’énergie, qui avait déjà commencé en 2021, et les incidences économiques de cette situation ont varié d’un État membre à l’autre en fonction de leur proximité avec la région en guerre, de la structure des marchés de l’énergie et des voies d’approvisionnement, ainsi que de la structure des relations commerciales des différents États membres. L’inflation mesurée par l’IPCH a atteint des taux à deux chiffres en octobre 2022 dans l’UE dans son ensemble, taux qui étaient nettement plus élevés en Europe centrale et orientale. Il en a résulté une forte érosion du pouvoir d’achat des ménages ainsi qu’un changement de comportement de la part des consommateurs. Ces facteurs, ajoutés aux aides liées à la COVID-19 et aux mesures de soutien d’urgence dans le domaine de l’énergie, ont joué un rôle dans l’évolution de la situation budgétaire des États membres, par l’intermédiaire, par exemple, du report de l’adaptation de certaines assiettes fiscales à l’inflation, de mécanismes d’indexation automatique et d’une augmentation des dépenses consacrées à la défense et à la sécurité des frontières.

L’activité économique dans l’ensemble de l’UE s’était redressée en 2024, la croissance du PIB réel atteignant 1,0 % cette année-là contre 0,5 % en 2023. Les conditions d’une accélération progressive de l’activité économique semblaient être réunies, mais la forte montée des tensions commerciales et de l’incertitude pèse sur les perspectives. En parallèle, l’inflation a continué de diminuer, passant d’un pic de 9,2 % en 2022 à 2,6 % en 2024. Selon les prévisions du printemps 2025 de la Commission, la croissance du PIB réel de l’Union devrait s’établir à 1,1 % en 2025. Le processus de désinflation devrait se poursuivre, l’inflation globale tombant à 2,3 % en 2025 contre 2,6 % en 2024.

En ce qui concerne le déficit public agrégé de l’UE, après une réduction sensible en 2021 et 2022 par rapport aux niveaux très élevés enregistrés en 2020, le déficit a légèrement augmenté pour atteindre 3,5 % du PIB en 2023, avant de retomber à 3,2 % du PIB en 2024. En 2025, le déficit agrégé devrait augmenter légèrement pour atteindre 3,3 % du PIB.

À la fin de 2024, le ratio de la dette publique au PIB de l’UE s’élevait à 82,2 %, soit un niveau globalement inchangé par rapport à 2023 (82,1 %) et environ 9 points de pourcentage de moins par rapport au pic de 91,2 % enregistré à la fin de 2020, lorsque les ratios de dette publique ont considérablement augmenté en raison de la crise de la COVID-19. Toutefois, il reste supérieur d’environ 4 points de pourcentage par rapport au niveau enregistré avant la pandémie de COVID-19. D’après les prévisions du printemps 2025 de la Commission, le ratio de la dette devrait augmenter pour atteindre 83,2 % du PIB en 2025.

Après une expansion globale importante en 2020-23, l’orientation budgétaire 18 en 2024 a été restrictive à 0,4 % du PIB, sous l’effet de la suppression progressive du soutien à l’investissement privé et d’une légère baisse des dépenses financées par le budget de l’UE (notamment en raison de la fin des dépenses au titre du cadre financier pluriannuel 2014-2020). Cela n’a été que légèrement compensé par une contribution expansionniste des investissements publics financés par les budgets nationaux. L’orientation budgétaire en 2025 devrait être globalement neutre (inférieure à 1/4 % du PIB), l’effet restrictif des budgets nationaux étant largement compensé par l’effet expansionniste des dépenses financées par le budget de l’Union.

Facteurs pertinents propres à chaque pays

La présente section évalue les facteurs pertinents propres à chaque État membre concerné par le présent rapport. Parmi ces facteurs figurent notamment les perspectives macroéconomiques à moyen terme, la position budgétaire à moyen terme (investissements publics compris, voir tableau 4), la position de la dette à moyen terme, la qualité globale des finances publiques, la mise en œuvre de réformes et d’investissements (y compris de politiques destinées à prévenir et à corriger les déséquilibres macroéconomiques ainsi que de politiques visant à mettre en œuvre la stratégie commune de l’Union pour la croissance et l’emploi, y compris celles soutenues par la FRR), l’augmentation des investissements publics dans la défense et tout autre facteur pertinent mis en avant par chaque État membre.

En ce qui concerne l’augmentation des investissements publics dans la défense, le présent rapport utilise la ventilation des dépenses publiques fondée sur les définitions des comptes nationaux (ESA 2010) en ce qui concerne la classification internationale des fonctions des administrations publiques (CFAP) à des fins de défense. Toutefois, les données de la CFAP ne sont généralement disponibles qu’après un certain laps de temps, et elles ne sont actuellement disponibles que jusqu’en 2023 dans la base de données Eurostat. Les informations supplémentaires et les estimations préliminaires sur les dépenses et/ou les investissements dans le domaine de la défense pour 2024 et 2025, telles que présentées dans les sections propres à chaque pays, ont été fournies par l’État membre concerné.

Bien que les sections propres à chaque pays contiennent des informations clés sur la position macroéconomique à moyen terme, notamment sur les contributions à la croissance, ainsi que sur la position budgétaire et la position de la dette à moyen terme, les prévisions du printemps 2025 de la Commission contiennent de plus amples informations sur les perspectives macroéconomiques et budgétaires 19 .



Tableau 4 - Investissements publics

En pourcentage du PIB

Prévisions du printemps 2025 de la Commission européenne

2021

2022

2023

2024

2025

2026

États membres évalués dans le présent rapport

Espagne

2,7

2,7

3,0

2,7

3,0

3,0

Lettonie

5,6

4,5

5,6

5,7

7,0

7,2

Autriche

3,6

3,5

3,7

3,9

3,9

4,0

Finlande

4,2

4,1

4,1

4,4

4,9

4,8

États membres non pris en compte dans le présent rapport

Belgique*

2,8

2,7

2,8

3,0

3,3

3,2

Bulgarie

2,7

2,4

3,8

3,0

3,6

3,3

Tchéquie

4,6

4,5

4,9

4,7

4,9

4,6

Danemark

3,2

3,0

3,1

3,1

3,8

3,9

Allemagne

2,9

2,8

2,8

2,9

3,0

3,0

Estonie

5,8

5,4

6,6

6,1

7,2

7,1

Irlande

2,0

2,0

2,3

2,7

2,8

3,1

Grèce

3,6

3,7

3,9

3,7

4,2

3,8

France*

4,1

4,2

4,2

4,3

4,3

4,2

Croatie

4,8

4,0

5,6

5,1

5,4

5,2

Italie*

2,8

2,6

3,2

3,5

3,8

3,9

Chypre

2,7

2,4

3,2

3,0

3,2

3,2

Lituanie

3,2

3,2

4,2

4,2

4,9

4,6

Luxembourg

4,1

4,3

4,7

4,5

4,7

4,6

Hongrie*

6,2

5,3

5,1

4,2

4,2

4,2

Malte*

3,7

3,2

3,6

3,3

3,8

3,9

Pays-Bas

3,4

3,2

3,1

3,2

3,2

3,3

Pologne*

4,1

3,8

5,1

4,9

5,1

5,2

Portugal

2,6

2,4

2,6

2,7

3,7

4,2

Roumanie**

4,1

4,4

5,4

5,7

6,1

6,5

Slovénie

4,7

5,5

5,3

5,1

5,3

5,2

Slovaquie*

3,0

3,1

3,5

3,6

5,1

5,2

Suède

5,0

5,1

5,3

5,4

5,5

5,6

Source: Eurostat (données couvrant les années 2021 à 2024) et prévisions du printemps 2025 de la Commission européenne (données pour 2025 et 2026). (*) Fait l’objet d’une procédure concernant les déficits excessifs depuis le mois de juillet 2024. (**) Fait l’objet d’une procédure concernant les déficits excessifs depuis le mois d’avril 2020.



ÉTATS MEMBRES POUR LESQUELS LES FACTEURS PERTINENTS PEUVENT ÊTRE PRIS EN CONSIDÉRATION

Espagne

Situation macroéconomique à moyen terme: le PIB réel a augmenté de 2,7 % en 2023. Il a continué d’augmenter en 2024, de 3,2 %, principalement en raison de la forte évolution de la consommation et de la contribution de la demande extérieure, stimulée par l’activité touristique. Le PIB devrait augmenter de 2,6 % en 2025 et de 2,0 % en 2026. Pour 2025, la croissance est due principalement à la consommation privée et à la reprise prévue des investissements, qui tire la demande intérieure.

Position budgétaire à moyen terme, investissements compris: le déficit des administrations publiques de l’Espagne s’est réduit, passant de 3,5 % du PIB en 2023 à 3,2 % en 2024. Selon les calculs de la Commission, ces évolutions correspondent à un taux de croissance des dépenses nettes de 3,5 % en 2024. Les investissements publics ont représenté 3,0 % du PIB en 2023 et ont légèrement diminué pour atteindre 2,7 % en 2024. Sur la base des estimations de la Commission, l’orientation budgétaire 20 , qui comprend les dépenses financées tant au niveau national qu’au niveau de l’UE, était restrictive, à hauteur de 0,3 % du PIB, en 2024. En 2024, la croissance des dépenses primaires courantes financées au niveau national (déduction faite des mesures discrétionnaires en matière de recettes) a eu un effet restrictif de 0,4 % du PIB sur l’orientation budgétaire.

Dans ses prévisions du printemps 2025, la Commission table sur un déficit public de 2,8 % du PIB en 2025 et de 2,5 % du PIB en 2026. Les investissements publics devraient augmenter à 3,0 % du PIB en 2025 et en 2026. Sur la base des estimations de la Commission, l’orientation budgétaire devrait être expansionniste, à hauteur de 0,3 % du PIB, en 2025. En 2025, la croissance des dépenses primaires courantes financées au niveau national devrait avoir un effet globalement neutre sur l’orientation budgétaire.

Selon les prévisions du printemps 2025 de la Commission, les dépenses nettes en Espagne devraient augmenter de 4,2 % en 2025 et de 7,9 % cumulativement en 2024 et 2025. Selon les prévisions du printemps 2025 de la Commission, la croissance des dépenses nettes de l’Espagne en 2025 devrait être supérieure au taux de croissance maximal recommandé par le Conseil le 21 janvier 2025 21 , ce qui correspond à un écart 22 de 0,2 % du PIB par rapport à la croissance maximale annuelle des dépenses nettes recommandée en 2025. L’écart prévu ne dépasse pas le seuil de 0,3 % du PIB pour l’écart annuel. Si l’on considère conjointement les années 2024 et 2025, le taux de croissance cumulé des dépenses nettes devrait être inférieur au taux de croissance maximal recommandé.

Défis liés à la dette et position de la dette à moyen terme: la dette publique est passée de 109,5 % du PIB à la fin de 2022 à 105,1 % à la fin de 2023. En 2024, elle a encore baissé pour atteindre 101,8 % du PIB. Le ratio de la dette au PIB devrait continuer de diminuer pour atteindre 100,9 % du PIB à la fin de 2025, puis 100,8 % à la fin de 2026.

Dans l’ensemble, l’analyse de la soutenabilité de la dette indique des risques élevés à moyen terme. La trajectoire de la dette est sensible aux chocs macroéconomiques. Selon les projections stochastiques, qui simulent un large éventail de chocs temporaires possibles affectant les variables macroéconomiques, il est très probable que le ratio d’endettement soit plus élevé en 2029 qu’en 2024.

Il est nécessaire de prendre en considération d’autres facteurs pour pouvoir réaliser une évaluation globale de la soutenabilité de la dette. D’un côté, les facteurs d’accroissement des risques sont liés au contexte de taux d’intérêt plus élevés compte tenu du niveau élevé de la dette publique. De l’autre, les facteurs d’atténuation des risques comprennent l’allongement de l’échéance de la dette ces dernières années, la relative stabilité des sources de financement, avec une base diversifiée et étendue d’investisseurs, ainsi qu’une très grande part de la dette libellée en euros. En outre, la «clause de clôture» introduite par la réforme des retraites de 2023, si elle était pleinement mise en œuvre conformément aux engagements FRR de l’Espagne, contribuerait à combler les écarts émergents en matière de viabilité budgétaire liés aux dépenses publiques de retraite.

La recommandation du Conseil du 21 janvier 2025 approuvant le plan à moyen terme de l’Espagne précise l’ensemble des réformes et des investissements qui sous-tendent la prolongation de la période d’ajustement, ainsi qu’un calendrier pour leur mise en œuvre. Il s’agit notamment de mesures existantes et renforcées du plan pour la reprise et la résilience, telles que des réformes dans le domaine de la fiscalité et de la lutte contre la fraude fiscale, des réformes visant à améliorer la qualité des dépenses publiques et des investissements dans les domaines de la transformation numérique, de la transition écologique et de la productivité, ainsi que des réformes et des investissements supplémentaires tels que le déploiement d’un cadre commun de réglementation des entreprises, l’introduction de factures électroniques obligatoires et des investissements dans le capital humain et le capital physique. Compte tenu des informations fournies par l’Espagne dans son rapport d’avancement annuel, la Commission constate que l’ensemble des réformes et des investissements sous-tendant une prolongation de la période d’ajustement qui devaient être mis en œuvre le 30 avril 2025 au plus tard l’ont été, à l’exception de certains éléments de la mesure C28.R3 relevant du plan pour la reprise et la résilience de l’Espagne et de l’étape connexe relative à l’entrée en vigueur des réformes fiscales découlant des recommandations du groupe d’experts ou d’autres analyses du ministère des finances.

En outre, les réformes structurelles et les investissements au titre de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) auront une incidence positive sur la croissance du PIB dans les années à venir. La mise en œuvre des réformes et des investissements prévus dans le plan pour la reprise et la résilience de l’Espagne est en cours. Toutefois, son achèvement en temps utile nécessite des efforts accrus.

Cadre budgétaire national: le Conseil budgétaire espagnol (AIReF) dispose d’un large mandat et s’est rapidement imposé comme une institution indépendante digne de confiance. En Espagne, les règles budgétaires nationales comprennent une règle d’équilibre budgétaire, une règle relative à la dette et une règle en matière de dépenses nationales. Avec la désactivation de la clause dérogatoire générale à la fin de 2023 et l’adoption récente de nouvelles règles au niveau de l’UE, l’Espagne est actuellement en phase de transition, ses règles budgétaires nationales s’appliquant de nouveau. Dans son plan national pour la reprise et la résilience, l’Espagne s’est engagée à procéder à des réexamens des dépenses, préparés par l’AIReF, et à les intégrer au processus budgétaire annuel.

Augmentation des investissements publics dans la défense: sur la base des données de la CFAP publiées par Eurostat, les dépenses publiques dans le domaine de la défense ont représenté, au total, 0,9 % du PIB en 2023. Parmi ces dépenses, les investissements publics dans la défense représentaient 0,2 % du PIB en 2023, soit 0,2 point de pourcentage de moins qu’en 2022.

Autres facteurs mis en avant par l’État membre: le 2 mai 2025, l’Espagne a fait valoir des facteurs pertinents supplémentaires qui n’ont pas été mentionnés ci-dessus. L’évolution budgétaire en 2024 a été influencée par les inondations dévastatrices qui ont eu lieu en octobre 2024. Les inondations causées par la DANA 23 ont constitué la pire catastrophe naturelle de l’histoire récente de l’Espagne et sont responsables de lourdes pertes matérielles et humaines. Selon l’Espagne, en l’absence de dépenses liées aux inondations 24 , le déficit nominal serait tombé à 2,8 % du PIB en 2024, conformément à la valeur de référence du traité et à 0,2 point de pourcentage en dessous de la projection du plan budgétaire et structurel à moyen terme présenté deux semaines seulement avant les inondations. Compte tenu de la gravité inhabituelle de la tempête d’octobre 2024, la Commission considère qu’il s’agit d’un facteur d’atténuation pertinent pour évaluer le dépassement de la valeur de référence du déficit en 2024.

Lettonie

Situation macroéconomique à moyen terme: le PIB réel a augmenté de 2,9 % en 2023, avant de se contracter de 0,4 % en 2024, principalement en raison du contexte géopolitique défavorable et de l’incertitude croissante pesant sur la consommation et, en particulier, sur l’investissement. Le PIB devrait légèrement augmenter en 2025, de 0,5 %, puis augmenter de 2,0 % en 2026. La consommation privée et la consommation publique devraient être les principaux moteurs de la croissance en 2025. Les investissements devraient diminuer en raison d’un fort report négatif et d’incertitudes persistantes, tandis que les exportations ne devraient se redresser que progressivement, sous l’effet négatif des droits de douane imposés par les États-Unis.

Position budgétaire à moyen terme, investissements compris: le déficit public a diminué, pour passer de 2,4 % du PIB en 2023 à 1,8 % en 2024. Selon les calculs de la Commission, ces évolutions correspondent à un taux de croissance des dépenses nettes de 4,5 % en 2024. Les investissements publics ont représenté 5,6 % du PIB en 2023 et ont ensuite légèrement augmenté pour atteindre 5,7 % en 2024. Sur la base des estimations de la Commission, l’orientation budgétaire, qui inclut les dépenses financées tant au niveau national qu’au niveau de l’UE, était neutre en 2024. En 2024, la croissance des dépenses primaires courantes financées au niveau national (déduction faite des mesures discrétionnaires en matière de recettes) a eu un effet globalement neutre sur l’orientation budgétaire.

Dans ses prévisions du printemps 2025, la Commission table sur un déficit public de 3,1 % du PIB en 2025et de 3,1 % du PIB en 2026. Les investissements publics devraient augmenter jusqu’à 7,0 % du PIB en 2025, avant de continuer à augmenter marginalement pour atteindre 7,2 % en 2026, soit plus que le déficit public au cours de ces mêmes années. Sur la base des estimations de la Commission, l’orientation budgétaire devrait être expansionniste, à hauteur de 1,1 % du PIB, en 2025. En 2025, la croissance des dépenses primaires courantes financées au niveau national devrait avoir un effet globalement neutre sur l’orientation budgétaire.

Selon les prévisions du printemps 2025 de la Commission, les dépenses nettes en Lettonie devraient augmenter de 5,7 % en 2025 et de 10,4 % en cumul sur 2024 et 2025. Sur la base des prévisions du printemps 2025 de la Commission, la croissance des dépenses nettes de la Lettonie en 2025 devrait être inférieure au taux de croissance maximal recommandé par le Conseil le 21 janvier 2025 25 , tant en termes annuels qu’en cumul sur 2024 et 2025.

Défis liés à la dette et position de la dette à moyen terme: la dette publique a légèrement augmenté pour passer de 44,4 % du PIB à la fin de 2022 à 44,6 % du PIB à la fin de 2023. En 2024, elle a augmenté pour atteindre 46,8 % du PIB. Le ratio de la dette au PIB devrait augmenter pour atteindre 48,6 % du PIB à la fin de 2025 et 49,3 % à la fin de 2026.

Dans l’ensemble, l’analyse de la soutenabilité de la dette indique des risques moyens à moyen terme. La trajectoire de la dette n’est que modérément sensible aux chocs macroéconomiques. Selon les projections stochastiques, qui simulent un large éventail de chocs temporaires possibles affectant les variables macroéconomiques, il est peu probable que le ratio d’endettement soit plus élevé en 2029 qu’en 2024.

Il est nécessaire de prendre en considération d’autres facteurs pour pouvoir réaliser une évaluation globale de la soutenabilité de la dette. D’une part, les facteurs d’accroissement des risques comprennent la part relativement importante de la dette publique détenue par les non-résidents, la part des prêts non performants dans le secteur bancaire letton et la position extérieure globale nette négative. D’autre part, les facteurs d’atténuation des risques comprennent le fait que la dette est entièrement libellée en euros et la faible part de la dette à court terme dans la dette totale.

En outre, les réformes structurelles et les investissements au titre de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) auront une incidence positive sur la croissance du PIB dans les années à venir. La mise en œuvre des réformes et des investissements prévus dans le plan pour la reprise et la résilience de la Lettonie est en cours. Toutefois, son achèvement en temps utile nécessite des efforts accrus.

Cadre budgétaire national: le cadre budgétaire national de la Lettonie a fait l’objet d’une réforme globale en 2013, avec l’adoption cette année-là de la loi sur la discipline budgétaire et la mise en place en 2014 du Conseil letton de discipline budgétaire. Le Conseil letton de discipline budgétaire contrôle le respect des règles budgétaires lettones, y compris les règles relatives au solde structurel et aux dépenses. En outre, ce Conseil approuve les prévisions macroéconomiques qui sous-tendent le processus budgétaire et communique de manière proactive sur divers aspects de la politique budgétaire et de la viabilité des finances publiques. Il s’agit d’une institution collégiale indépendante et bien établie qui participe activement au débat national.

Augmentation des investissements publics dans la défense: sur la base des données de la CFAP publiées par Eurostat, les dépenses publiques dans le domaine de la défense ont représenté, au total, 3,1 % du PIB en 2023. Parmi ces dépenses, les investissements publics dans la défense représentaient 0,5 % du PIB en 2023, soit 0,3 point de pourcentage de plus qu’en 2022.

Selon les informations fournies par les autorités lettones, les investissements dans le domaine de la défense devraient atteindre 1,0 % du PIB en 2025, soit une augmentation de 0,2 % du PIB par rapport à 2024.

Autres facteurs mis en avant par l’État membre: le 30 avril 2025, la Lettonie a fourni d’autres facteurs pertinents non mentionnés ci-dessus, notamment une croissance du PIB en 2025 inférieure aux prévisions antérieures, qui aurait une incidence négative sur les recettes fiscales des administrations publiques. La lettre attirait également l’attention sur la demande de la Lettonie d’activer la clause dérogatoire nationale afin de tenir compte de l’augmentation des dépenses de défense (voir section 2 ci-dessus).

ÉTATS MEMBRES POUR LESQUELS LES FACTEURS PERTINENTS NE PEUVENT PAS ÊTRE PRIS EN CONSIDÉRATION

Autriche

Situation macroéconomique à moyen terme: le PIB réel s’est contracté de 1,0 % en 2023 et de 1,2 % en 2024, en raison principalement de la stagnation de la consommation et du ralentissement de l’industrie, eux-mêmes provoqués par les pressions sur les coûts et la baisse de l’investissement. Le PIB devrait se contracter de nouveau en 2025, de 0,3 %, avant d’augmenter de 1,0 % en 2026. La baisse enregistrée en 2025 est principalement due à la chute des investissements en équipement et aux exportations nettes négatives.

Position budgétaire à moyen terme, investissements compris: le déficit public est passé de 2,6 % du PIB en 2023 à 4,7 % du PIB en 2024. Selon les calculs de la Commission, ces évolutions correspondent à un taux de croissance des dépenses nettes de 8,7 % en 2024. Les investissements publics ont représenté 3,7 % du PIB en 2023 et ont augmenté pour atteindre 3,9 % en 2024. Sur la base des estimations de la Commission, l’orientation budgétaire, qui comprend les dépenses financées tant au niveau national qu’au niveau de l’UE, était expansionniste, à hauteur de 2,3 % du PIB, en 2024. En 2024, la croissance des dépenses primaires courantes financées au niveau national (déduction faite des mesures discrétionnaires en matière de recettes) a eu un effet expansionniste de 2,1 % du PIB sur l’orientation budgétaire.

Dans ses prévisions du printemps 2025, la Commission table sur un déficit public de 4,4 % du PIB en 2025 et de 4,2 % du PIB en 2026. Les investissements publics devraient se maintenir à 3,9 % du PIB en 2025, puis augmenter pour atteindre 4,0 % du PIB en 2026. Sur la base des estimations de la Commission, l’orientation budgétaire devrait être restrictive, de 1,3 % du PIB, en 2025. En 2025, la croissance des dépenses primaires courantes financées au niveau national devrait avoir un effet restrictif de 0,9 % du PIB sur l’orientation budgétaire.

Le 13 mai 2025, l’Autriche a présenté son premier plan budgétaire et structurel à moyen terme, conformément au règlement (UE) 2024/1263. Ce plan couvre la période 2025-2029 et présente un ajustement budgétaire réparti sur sept ans. La Commission procède actuellement à son évaluation et adoptera sa recommandation de recommandation du Conseil en temps utile.

D’après les prévisions du printemps 2025 de la Commission, les dépenses nettes de l’Autriche devraient augmenter de 2,0 % en 2025. Selon les prévisions du printemps 2025 de la Commission, la croissance des dépenses nettes de l’Autriche en 2025 devrait être inférieure au taux de croissance maximal que cette dernière s’est engagée à respecter dans son plan.

Défis liés à la dette et position de la dette à moyen terme: la dette publique a légèrement augmenté, passant de 78,4 % du PIB à la fin de l’année 2022 à 78,5 % à la fin de l’année 2023. En 2024, le ratio de la dette au PIB a augmenté pour atteindre 81,8 % et devrait encore augmenter pour atteindre 84,0 % à la fin de 2025 et 85,8 % à la fin de 2026.

Dans l’ensemble, l’analyse de la soutenabilité de la dette indique des risques élevés à moyen terme. La trajectoire de la dette dans le scénario de référence est sensible aux chocs macroéconomiques. Selon les projections stochastiques, qui simulent un large éventail de chocs temporaires possibles affectant les variables macroéconomiques, il est très probable que le ratio d’endettement soit plus élevé en 2029 qu’en 2024.

Il est nécessaire de prendre en considération d’autres facteurs pour pouvoir réaliser une évaluation globale de la soutenabilité de la dette. D’un côté, les facteurs d’accroissement des risques sont liés à la récente hausse des taux d’intérêt et au fait qu’environ 60 % de la dette est détenue par des non-résidents. En outre, certains risques liés aux passifs éventuels trouvent leur origine dans le secteur privé, notamment compte tenu de la possibilité que les garanties publiques soient mises en jeu. De l’autre, les facteurs d’atténuation des risques comprennent l’allongement de l’échéance de la dette ces dernières années, ainsi que le fait qu’une grande part de la dette est libellée en euros.

En outre, les réformes structurelles et les investissements au titre de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) auront une incidence positive sur la croissance du PIB dans les années à venir. La mise en œuvre des réformes et des investissements prévus dans le plan pour la reprise et la résilience de l’Autriche est en cours.

Cadre budgétaire national: l’Autriche est l’un des cinq États membres disposant de deux institutions budgétaires indépendantes, le WIFO et le Fiskalrat. Le premier est un institut de recherche bien établi qui fournit les prévisions macroéconomiques sur lesquelles repose la planification budgétaire du gouvernement. Le second a pour mission principale de contrôler (ex ante et ex post) le respect des règles budgétaires nationales et de l’UE; ce contrôle fait l’objet d’un rapport deux fois par an. Le Fiskalrat n’évalue les prévisions budgétaires qu’après l’adoption du budget par le parlement. Il publie également des recommandations sur la politique budgétaire et l’orientation budgétaire à moyen terme.

Augmentation des investissements publics dans la défense: sur la base des données de la CFAP publiées par Eurostat, les dépenses publiques dans le domaine de la défense ont représenté, au total, 0,6 % du PIB en 2023. Parmi ces dépenses, les investissements publics dans la défense représentaient 0,1 % du PIB, sans changement par rapport à 2022.

Selon les informations fournies par les autorités autrichiennes, les dépenses totales en matière de défense auraient augmenté de 0,07 % du PIB en 2024 par rapport à 2021.

Autres facteurs mis en avant par l’État membre: le 30 avril 2025, l’Autriche a fait valoir d’autres facteurs pertinents qui n’ont pas été mentionnés ci-dessus, à savoir l’incidence des graves inondations de l’automne 2024, qui a pesé sur les finances publiques. En outre, selon l’Autriche, le processus de désinflation a été plus rapide que prévu, ce qui a réduit l’assiette fiscale par rapport au dernier budget présenté en octobre 2023. Le budget 2025-2026 a été présenté le 13 mai et sera adopté par le parlement vers la fin du mois de juin 26 . Il contient un train de mesures d’assainissement de 6,4 milliards d’EUR (1,3 % du PIB) en 2025 et de 8,7 milliards d’EUR (1,7 % du PIB) en 2026.

Finlande

Situation macroéconomique à moyen terme: le PIB réel s’est contracté de 0,9 % en 2023. Le PIB réel s’est encore légèrement contracté de 0,1 % en 2024, sous l’effet principalement d’une baisse importante de l’investissement et d’un léger recul de la consommation, tandis que les dépenses publiques et les échanges nets ont soutenu la croissance. Le PIB devrait augmenter de 1,0 % en 2025 et de 1,3 % en 2026. En 2025, la croissance résulte principalement de la reprise de la consommation et de l’investissement, laquelle s’explique par l’accroissement des revenus des ménages rendu possible par l’augmentation des salaires et l’amélioration des conditions de financement.

Position budgétaire à moyen terme, investissements compris: le déficit des administrations publiques de la Finlande s’est creusé, passant de 3,0 % du PIB en 2023 à 4,4 % en 2024. Selon les calculs de la Commission, cette évolution correspond à un taux de croissance des dépenses nettes de 3,1 % en 2024. Les investissements publics ont représenté 4,1 % du PIB en 2023 et ont augmenté pour atteindre 4,4 % en 2024. Sur la base des estimations de la Commission, l’orientation budgétaire, qui comprend les dépenses financées tant au niveau national qu’au niveau de l’UE, était expansionniste, à hauteur de 0,6 % du PIB, en 2024. En 2024, la croissance des dépenses primaires courantes financées au niveau national (déduction faite des mesures discrétionnaires en matière de recettes) a eu un effet expansionniste de 0,3 % du PIB sur l’orientation budgétaire.

Dans ses prévisions du printemps 2025, la Commission table sur un déficit public de 3,7 % du PIB en 2025 et de 3,4 % du PIB en 2026. Les investissements publics devraient augmenter pour atteindre 4,9 % du PIB en 2025, pour diminuer légèrement et s’établir à 4,8 % en 2026. Sur la base des estimations de la Commission, l’orientation budgétaire devrait être restrictive, de 0,6 % du PIB, en 2025. En 2025, la croissance des dépenses primaires courantes financées au niveau national devrait avoir un effet restrictif de 1,1 % du PIB sur l’orientation budgétaire.

Selon les prévisions du printemps 2025 de la Commission, les dépenses nettes en Finlande devraient augmenter de 1,3 % en 2025 et de 4,4 % cumulativement en 2024 et 2025. Sur la base de ces mêmes prévisions, la croissance des dépenses nettes de la Finlande en 2025 devrait être inférieure au taux de croissance maximal recommandé par le Conseil le 21 janvier 2025 27 , tant en termes annuels qu’en cumul sur 2024 et 2025.

Défis liés à la dette et position de la dette à moyen terme: la dette publique a légèrement augmenté, passant de 74,0 % du PIB à la fin de 2022 à 77,5 % du PIB à la fin de 2023. En 2024, le ratio de la dette a augmenté pour atteindre 82,1 % du PIB et devrait encore augmenter pour s’établir à 85,6 % du PIB à la fin de 2025, puis à 87,5 % à la fin de 2026.

Dans l’ensemble, l’analyse de la soutenabilité de la dette indique des risques élevés à moyen terme. La trajectoire de la dette dans le scénario de référence est sensible aux chocs macroéconomiques. Selon les projections stochastiques, qui simulent un large éventail de chocs temporaires possibles affectant les variables macroéconomiques, il est très probable que le ratio d’endettement soit plus élevé en 2029 qu’en 2024.

Il est nécessaire de prendre en considération d’autres facteurs pour pouvoir réaliser une évaluation globale de la soutenabilité de la dette. D’une part, les garanties publiques et les engagements implicites connexes pour le secteur public sont les plus importants de l’Union. D’un autre côté, les facteurs d’atténuation des risques comprennent la relative stabilité des sources de financement (avec une base diversifiée et étendue d’investisseurs) ainsi qu’une dette libellée en euros.

La recommandation du Conseil du 21 janvier 2025 approuvant le plan à moyen terme de la Finlande précise l’ensemble des réformes et des investissements qui sous-tendent la prolongation de la période d’ajustement, ainsi qu’un calendrier pour leur mise en œuvre. Cet ensemble comprend des mesures existantes et renforcées figurant dans le plan pour la reprise et la résilience, telles que l’introduction du modèle nordique de services de l’emploi, des investissements dans les infrastructures énergétiques et l’introduction de l’innovation numérique dans le domaine social et des soins de santé, ainsi que des réformes et des investissements supplémentaires tels que la réforme introduisant le modèle général de sécurité sociale et la réforme de l’aide sociale, liées à la transition écologique, à l’innovation, au marché du travail, aux soins de santé et à l’aide sociale. Compte tenu des informations fournies par la Finlande dans son rapport d’avancement annuel, la Commission constate que toutes les réformes et tous les investissements qui justifiaient une prolongation et qui étaient attendus pour le 30 avril 2025 ont été mis en œuvre.

En outre, les réformes structurelles et les investissements au titre de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) auront une incidence positive sur la croissance du PIB dans les années à venir. La mise en œuvre des réformes et des investissements prévus dans le plan pour la reprise et la résilience de la Finlande est en cours.

Cadre budgétaire national: la pierre angulaire du cadre budgétaire finlandais est un ensemble de plafonds de dépenses contraignants couvrant l’administration centrale. Au début du mandat parlementaire de 4 ans, le gouvernement décide des limites de dépenses et des règles qui régiront la procédure pendant toute la durée du mandat, complété par une règle de déficit nominal. En outre, la Finlande applique une règle d’équilibre budgétaire en termes structurels ainsi qu’une règle relative à la dette couvrant les administrations publiques, qui s’appliquent également pendant la durée du mandat du gouvernement (quatre ans). Enfin, les règles d’équilibre budgétaire applicables aux administrations locales et au secteur de la sécurité sociale sont fixées par le droit commun. La Finlande met en place sa stratégie budgétaire à moyen terme définissant les objectifs budgétaires et les priorités à moyen terme du gouvernement selon ces règles et suivant un calendrier de planification indicatif.

Augmentation des investissements publics dans la défense: sur la base des données de la CFAP publiées par Eurostat, les dépenses publiques dans le domaine de la défense ont représenté, au total, 1,4 % du PIB en 2023. Parmi ces dépenses, les investissements publics dans la défense représentaient 0,1 % du PIB en 2023, soit 0,1 point de pourcentage de moins qu’en 2022.

D’après les informations fournies par la Finlande, les investissements totaux dans la défense augmenteront de 0,4 % du PIB en 2024, par rapport à 2021. En outre, les dépenses totales en matière de défense devraient augmenter de 0,9 % du PIB en 2025 par rapport à 2021, tandis que les investissements dans le domaine de la défense devraient augmenter de 0,6 % du PIB en 2025 par rapport à 2021.

Autres facteurs mis en avant par l’État membre: le 6 mai 2025, la Finlande a fourni d’autres facteurs pertinents non mentionnés ci-dessus, à savoir les efforts d’assainissement décidés en 2024 s’élevant à 1 % du PIB et prenant effet en 2025. La lettre attirait également l’attention sur la demande de la Finlande du 30 avril 2025 d’activer la clause dérogatoire nationale afin de tenir compte de l’augmentation des dépenses de défense. La Commission a évalué la demande et a adopté une recommandation de recommandation du Conseil autorisant la Finlande à s’écarter de la trajectoire des dépenses nettes 28 recommandée pour la période 2025-2028 et à la dépasser.

5.Conclusions

Le déficit public a dépassé la valeur de référence de 3 % du PIB en 2024 en Espagne, en Autriche et en Finlande. Dans le cas de l’Espagne, ce déficit a dépassé la valeur de référence en 2024, mais il en est resté proche. En Autriche et en Finlande, les déficits publics étaient supérieurs à la valeur de référence et n’en étaient pas proches en 2024.

La Lettonie avait un déficit public qui ne dépassait pas la valeur de référence en 2024, mais elle a déclaré que son déficit public devrait dépasser 3 % du PIB en 2025 en restant toutefois proche de cette valeur. Dans ses prévisions, la Commission table elle aussi sur un déficit supérieur à 3 % du PIB, mais proche de cette valeur, en 2025.

Selon les prévisions de la Commission, les déficits publics de la Lettonie, de l’Autriche et de la Finlande devraient dépasser 3 % du PIB en 2025 et 2026 (quoique seulement légèrement dans le cas de la Lettonie). En conséquence, le dépassement de la valeur de référence pour le déficit est considéré comme non temporaire pour la Lettonie, l’Autriche et la Finlande. En revanche, selon les prévisions de la Commission, le déficit public de l’Espagne ne devrait pas dépasser la valeur de référence en 2025 et 2026, de sorte que le déficit excessif devrait être temporaire.

Le dépassement de la valeur de référence est considéré comme exceptionnel dans le cas de l’Autriche, de la Finlande et de la Lettonie, et comme non exceptionnel dans le cas de l’Espagne.

En résumé, l’Espagne, la Lettonie, l’Autriche et la Finlande ne remplissent pas le critère du déficit avant la prise en compte des facteurs pertinents.

Au cours des étapes conduisant à la décision constatant l’existence d’un déficit excessif, les facteurs pertinents peuvent être pris en considération pour les États membres dont la dette publique est inférieure à 60 % du PIB (c’est le cas de la Lettonie), ainsi que pour les États membres dont la dette publique dépasse 60 % du PIB, à condition que leur déficit reste proche de la valeur de référence et que le dépassement de cette valeur soit temporaire (c’est le cas de l’Espagne). Ces facteurs peuvent influencer l’évaluation du respect du critère du déficit, en tant que circonstances aggravantes ou atténuantes, sachant que les défis importants liés à la dette sont considérés comme une circonstance aggravante essentielle. Les facteurs pertinents examinés dans le présent rapport sont considérés, globalement, comme atténuants pour la Lettonie et comme présentant un tableau contrasté pour l’Espagne.

Globalement, pour l’Espagne et la Lettonie, le critère du déficit est, compte tenu de tous les facteurs pertinents, considéré comme rempli.

La Finlande a demandé l’activation de la clause dérogatoire nationale le 30 avril 2025, et la Commission recommande au Conseil de répondre à cette demande. En outre, depuis 2021, les dépenses de défense en Finlande sont passées de 1,2 % du PIB à 1,5 % en 2024 et devraient, selon les prévisions de la Commission, s’établir respectivement à 2,1 % et 2,0 % du PIB en 2025 et 2026. Sans cette augmentation des dépenses de défense, les déficits en 2025 et 2026 devraient, selon la Commission, être inférieurs à la valeur de référence sans mesures supplémentaires. La décision de ne pas engager de procédure concernant les déficits excessifs à l’égard de la Finlande parce que le dépassement de la valeur de référence de 3 % du PIB en 2025 et 2026 est dû à des dépenses supplémentaires dans le domaine de la défense est conforme à l’article 2, paragraphe 5, du règlement (UE) n 1467/97, qui dispose que si la clause dérogatoire nationale est activée, la Commission et le Conseil peuvent décider de ne pas parvenir à une conclusion quant à l’existence d’un déficit excessif.

Jusqu’à présent, l’Autriche n’a pas demandé l’activation de la clause dérogatoire nationale et ses dépenses de défense sont stables et relativement faibles depuis 2021.

À la lumière de la présente évaluation, la Commission estime qu’il n’y a pas lieu d’ouvrir une procédure concernant les déficits excessifs à l’égard de la Finlande.

À la lumière du présent rapport et compte tenu de l’avis du comité économique et financier institué par l’article 126, paragraphe 4, du TFUE, la Commission envisagera de proposer l’ouverture d’une procédure concernant les déficits excessifs pour l’Autriche, en proposant au Conseil d’adopter une décision constatant l’existence d’un déficit excessif en vertu de l’article 126, paragraphe 6.

_________________

(1) Règlement (CE) nº 1467/97 du Conseil visant à accélérer et à clarifier la mise en œuvre de la procédure concernant les déficits excessifs (JO L 209 du 2.8.1997), modifié en dernier lieu par le règlement (UE) 2024/1264 du Conseil du 29 avril 2024 (JO L, 2024/1264, 30.4.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/1264/oj ).
(2) Règlement (UE) 2024/1263 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2024 relatif à la coordination efficace des politiques économiques et à la surveillance budgétaire multilatérale et abrogeant le règlement (CE) nº 1466/97 du Conseil (JO L, 2024/1263, 30.4.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/1263/oj ).
(3) Directive (UE) 2024/1265 du Conseil du 29 avril 2024 modifiant la directive 2011/85/UE sur les exigences applicables aux cadres budgétaires des États membres (JO L, 2024/1265, 30.4.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2024/1265/oj ).
(4) COM(2024) 959 final.
(5) Aux termes de l’article 2, point 2), du règlement (UE) 2024/1263, on entend par «dépenses nettes», les dépenses publiques, déduction faite des dépenses d’intérêts, des mesures discrétionnaires en matière de recettes, des dépenses relatives aux programmes de l’Union entièrement compensées par des recettes provenant de fonds de l’Union, des dépenses nationales de cofinancement des programmes financés par l’Union, des éléments cycliques des dépenses liées aux indemnités de chômage et des mesures ponctuelles et autres mesures temporaires.
(6) Dans le compte de contrôle établi par la Commission conformément à l’article 22, paragraphe 2, afin de suivre les écarts par rapport à la trajectoire des dépenses nettes fixée par le Conseil, les écarts à la hausse sont enregistrés comme débits.
(7) Les chiffres relatifs au ratio de la dette publique au PIB sont présentés à la section 3.
(8) Voir Eurostat, Euro-indicateurs du 22 avril 2025 ( https://ec.europa.eu/eurostat/en/web/products-euro-indicators/w/2-22042025-AP ), conformément à l’article 14 du règlement (CE) nº 479/2009 du Conseil.
(9) L’ensemble complet des tableaux communiqués à Eurostat par les États membres est disponible à l’adresse suivante: http://ec.europa.eu /eurostat/web/government-finance-statistics/excessive-deficit-procedure/edp-notification-tables .
(10) Les États membres faisant actuellement l’objet d’une procédure concernant les déficits excessifs ne sont pas concernés par le présent rapport.
(11) Sauf indication contraire, les chiffres concernant les années 2025 et 2026 qui figurent dans le présent rapport sont tirés des prévisions du printemps 2025 de la Commission européenne (European Economy-Institutional Papers 318).
(12) Comme indiqué à Eurostat dans le cadre de la notification budgétaire du printemps 2025.
(13) «DANA» est l’acronyme de «Depresión aislada en niveles altos», phénomène communément désigné sous le nom de «goutte froide» en français.
(14) Selon les prévisions du printemps 2025 de la Commission, les dépenses de défense de la Lettonie sont estimées à 3,0 % du PIB en 2024 et devraient augmenter pour atteindre 3,3 % en 2025, soit une augmentation de 0,8 % du PIB par rapport à 2021.
(15) Communication COM(2025) 2000 final de la Commission du 19 mars 2025.
(16) Recommandation de la Commission en vue d’une recommandation du Conseil autorisant la Lettonie à s’écarter de la trajectoire recommandée des dépenses nettes et à la dépasser, 4.6.2025, COM(2025) 610 final.
(17) D’après l’article 2, paragraphe 1, du règlement (CE) nº 1467/97, le dépassement de la valeur de référence fixée pour le déficit public est considéré comme exceptionnel, au sens de l’article 126, paragraphe 2, point a), deuxième tiret, du TFUE, s’il résulte de l’existence d’une grave récession économique dans la zone euro ou dans l’ensemble de l’Union, établie par le Conseil, conformément à l’article 25 du règlement (UE) 2024/1263 ou de circonstances exceptionnelles échappant au contrôle du gouvernement et ayant des effets sensibles sur les finances publiques de l’État membre concerné, conformément à l’article 26 dudit règlement.
(18) L’orientation budgétaire vise à évaluer l’impulsion économique donnée par les politiques budgétaires, qu’elles soient financées au niveau national ou par le budget de l’UE.
(19) Pour de plus amples informations sur les perspectives budgétaires, voir également les recommandations de la Commission en vue d’une recommandation du Conseil sur les politiques économique, sociale, structurelle, budgétaire et de l’emploi, ainsi que les rapports par pays 2025 publiés par la Commission le 4 juin 2025.
(20) L’orientation budgétaire est définie comme une mesure de la variation annuelle de la position budgétaire sous-jacente des administrations publiques. Elle vise à évaluer l’impulsion économique donnée par les politiques budgétaires, qu’elles soient financées au niveau national ou par le budget de l’UE. L’orientation budgétaire est mesurée comme étant la différence entre i) la croissance potentielle à moyen terme et ii) la variation des dépenses primaires, déduction faite des mesures discrétionnaires en matière de recettes et y compris les dépenses financées par un soutien non remboursable (subventions) provenant de la facilité pour la reprise et la résilience et d’autres fonds de l’Union.
(21) Recommandation du Conseil du 21 janvier 2025 approuvant le plan budgétaire et structurel à moyen terme de l’Espagne, JO C/2025/643 du 10.2.2025. ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/643/oj
(22) À partir de 2026, ces chiffres figureront dans le compte de contrôle établi conformément à l’article 22 du règlement (UE) 2024/1263.
(23) «DANA» est l’acronyme de «Depresión aislada en niveles altos», phénomène communément désigné sous le terme de «goutte froide» en français.
(24) Avec une incidence budgétaire de 0,4 % du PIB — 85 % environ de l’incidence budgétaire totale découlent directement des montants versés par le Consorcio de Compensación de Seguros, un fonds public d’assurance qui fournit une indemnisation directe et automatique pour les dommages résultant de risques extraordinaires, tels que les catastrophes naturelles.
(25) Recommandation du Conseil du 21 janvier 2025 approuvant le plan budgétaire et structurel à moyen terme de la Lettonie, JO C/2025/652 du 10.2.2025. ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/652/oj
(26) Le projet de plan budgétaire de l’Autriche a été présenté à la Commission et à l’Eurogroupe le 13 mai 2025. L’avis de la Commission sur le projet de plan budgétaire devrait être publié dans le courant du mois de juin, en même temps que l’évaluation du plan à moyen terme (également présentée le 13 mai 2025).
(27) Recommandation du Conseil du 21 janvier 2025 approuvant le plan budgétaire et structurel à moyen terme de la Finlande, JO C/2025/656 du 10.2.2025. ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/656/oj
(28) Recommandation de la Commission en vue d’une recommandation du Conseil autorisant la Finlande à s’écarter de la trajectoire recommandée des dépenses nettes et à la dépasser, 4.6.2025, COM(2025) 606 final.