Acte préparatoire52025JC0009

COMMUNICATION CONJOINTE AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL Plan d’action de l’UE sur la sécurité des câbles

CELEX52025JC0009
TypeActe préparatoire
Datevendredi 21 février 2025

Résumé IA

Cette communication conjointe de la Commission et du Haut Représentant présente un plan d'action visant à renforcer la sécurité, la résilience et la protection des infrastructures de câbles sous-marins, essentielles aux communications et à l'économie européennes. Face aux risques croissants de sabotage, d'espionnage et de catastrophes naturelles, le texte propose des mesures concrètes pour améliorer la prévention, la détection, la réparation et la dissuasion, notamment via un meilleur partage d'informations et des mécanismes de coordination entre États membres. Pour le professionnel du droit français, ce plan annonce des initiatives législatives et réglementaires futures, ainsi que des implications en matière de droit de la mer, de cybersécurité et de protection des infrastructures critiques.

Texte intégral

Bruxelles, le 21.2.2025

JOIN(2025) 9 final

COMMUNICATION CONJOINTE AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL

Plan d’action de l’UE sur la sécurité des câbles


1.Introduction

Les câbles sous-marins, qu’ils soient utilisés pour la communication ou le transport d’énergie, remplissent des fonctions critiques et stratégiques pour les économies et les sociétés européennes. Ils relient plusieurs États membres entre eux, des îles avec le territoire continental de l’UE, les régions ultrapériphériques et les pays et territoires d’outre-mer, ainsi que l’UE et le reste du monde. Les câbles de communication sous-marins acheminent 99 % du trafic internet intercontinental. Les câbles électriques sous-marins, notamment les interconnexions, permettent l’intégration des marchés de l’électricité des États membres, renforcent leur sécurité d’approvisionnement et amènent à terre l’énergie renouvelable produite en mer. Il est nécessaire d’agir pour leur résilience et leur sécurité afin de protéger les intérêts stratégiques vitaux de l’UE.

Si les câbles sous-marins peuvent être endommagés involontairement, le schéma observé ces derniers mois, en particulier en mer Baltique, suggère que cette infrastructure critique est de plus en plus la cible d’actes hostiles délibérés. L’atteinte à son intégrité perturbe des fonctions et services essentiels dans l’UE, ce qui nuit à la vie quotidienne des citoyens. De tels actes de sabotage — qui peuvent faire partie de campagnes hybrides de plus grande ampleur — représentent un risque important pour la sécurité de l’UE et de tous ses États membres, compte tenu de la présence de câbles sous-marins dans la mer Méditerranée, l’océan Atlantique, la mer du Nord, la mer Noire et la mer Baltique.

La sécurité et la résilience des infrastructures de câbles sous-marins de l’UE sont essentielles et doivent être considérablement renforcées 1 . Le 9 février 2025, à l’occasion de la Journée balte de l’indépendance énergétique à Vilnius, la présidente von der Leyen a défini quatre priorités pour sécuriser nos infrastructures de réseau critiques, axées sur la prévention, la détection, la réaction et la réparation, ainsi que sur la dissuasion. Le présent plan d’action de l’UE sur la sécurité des câbles définit une approche claire, fondée sur ces quatre priorités, afin d’accroître encore la résilience et la sécurité des câbles sous-marins, couvrant à la fois les infrastructures de communication et les infrastructures de câbles électriques.

La capacité de l’UE à prévenir et détecter ces incidents, à y réagir, à s’en remettre et à décourager leur répétition montrera comment nous pouvons relever ces défis grâce à la coordination et à la solidarité au niveau de l’UE et en étroite coopération avec des partenaires partageant les mêmes valeurs. Si la protection des infrastructures critiques incombe avant tout aux États membres, compte tenu de la nature transfrontière et de l’importance économique des câbles sous-marins, une action plus vigoureuse au niveau de l’UE, conçue pour soutenir les États membres les plus touchés et compléter les mesures nationales, est nécessaire pour garantir une approche globale en matière de sécurité dans l’ensemble de l’UE. Si le présent plan d’action se concentre principalement sur les câbles sous-marins, certaines de ses actions pourraient être exploitées ou étendues pour renforcer la sécurité d’autres infrastructures maritimes critiques, telles que les gazoducs ou les parcs éoliens en mer.

Le présent plan d’action est conçu dans le cadre d’une approche fondée sur le cycle de la résilience: prévenir, détecter, réagir et réparer, dissuader. L’UE doit d’abord prévenir les incidents perturbateurs et accroître sa résilience face aux menaces et aux vulnérabilités qui pèsent sur les infrastructures de câbles sous-marins. Elle doit également accroître sa capacité de détection afin d’être en mesure d’identifier et d’anticiper les menaces le plus tôt possible. Lorsqu’un incident survient, l’UE doit accroître sa capacité de réaction de manière coordonnée et solidaire avec les États membres les plus touchés. En particulier, l’UE doit développer les capacités adéquates pour revenir à la normale le plus rapidement possible après tout incident. Enfin, l’UE doit renforcer sa posture de dissuasion. Elle agira pour assurer la sécurité des infrastructures maritimes critiques et demander des comptes aux acteurs malveillants, y compris par des actions contre la «flotte fantôme».

Ces travaux s’appuient sur plusieurs activités de l’UE qui sont déjà en cours et qui contribuent à la sécurité et à la résilience des câbles sous-marins. Ces activités sont axées notamment sur le renforcement des capacités (financement en matière numérique et énergétique au titre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe), l’anticipation des risques (recommandation sur des infrastructures de câbles sous-marins sûres et résilientes 2 ), l’adoption de mesures de gestion des risques en matière de cybersécurité et le signalement des incidents importants (directive concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité — directive SRI 2 3 ) et le renforcement de la résilience physique non liée à la cybersécurité des entités critiques (directive sur la résilience des entités critiques — directive CER 4 ).

En outre, en raison de ses implications civilo-militaires évidentes, le présent plan d’action est conçu dès le départ comme une initiative pleinement complémentaire des activités en cours de l’OTAN 5 . Elle contribuera en outre à la future stratégie de sécurité intérieure, à la stratégie de l’union de la préparation et au livre blanc sur l’avenir de la défense européenne, en mettant l’accent sur l’approche «tous risques» et «pangouvernementale» recommandée dans le rapport 2024 6 du conseiller spécial Sauli Niinistö.

2.Prévention: accroître la résilience et la préparation de l’UE

Le premier objectif du plan d’action est de réduire le nombre et l’impact des incidents perturbateurs et de rendre plus difficile pour tout acteur malveillant de mettre en péril la sécurité de l’Union. Cela nécessite à la fois des mesures visant à renforcer la résilience et la sécurité des câbles sous-marins et des mesures destinées à stimuler les investissements dans le déploiement de nouveaux câbles.

2.1 Mise en œuvre du cadre juridique et de sécurité

L’UE a mis en place un cadre de sécurité horizontal comprenant la directive sur la résilience des entités critiques et la directive SRI 2. En vertu de la directive CER, les États membres doivent prendre des mesures pour renforcer la résilience des entités critiques et la protection des infrastructures critiques. Cette directive couvre à la fois les risques d’origine humaine et les risques naturels. En particulier, les États membres doivent recenser les entités critiques, procéder à des évaluations des risques 7 et adopter une stratégie de résilience. Une fois répertoriées, les entités critiques devront prendre des mesures de renforcement de la résilience, telles que prévenir les incidents, assurer une protection physique adéquate de leurs locaux et de leurs infrastructures critiques, réagir aux incidents, résister à leurs conséquences et les atténuer, avant d’assurer le retour à la normale.

En vertu de la directive SRI 2, les entités qui sont des infrastructures numériques et les fournisseurs de services exploitant des câbles sous-marins (tels que les entreprises de télécommunications ou numériques) doivent protéger leurs réseaux et systèmes d’information ainsi que leur environnement physique contre tout événement, notamment les dommages causés par l’homme ou les dangers pour l’environnement. Les États membres sont également tenus d’inclure la protection des câbles de communication sous-marins dans les stratégies nationales de cybersécurité, en recensant les risques potentiels et les mesures d’atténuation afin de garantir au plus haut niveau leur protection contre tous les dangers. Étant donné que les exigences de la SRI 2 sont considérées comme au moins équivalentes à celles de la directive sur la résilience des entités critiques (directive CER), et afin d’éviter les doubles emplois et les charges administratives inutiles pour les entités du secteur des infrastructures numériques recensées conformément à la directive CER, seules les mesures de gestion des risques et les obligations en matière de notification des incidents de SRI 2 s’appliquent 8 . Les incidents affectant les câbles de communication sous-marins devraient donc être signalés au CSIRT 9 ou à l’autorité compétente.

Afin d’accroître l’impact de ce cadre de sécurité horizontal, il importe que tous les acteurs et entités concernés par le renforcement de la résilience des câbles sous-marins fassent l’objet de mesures de sécurité de manière harmonisée et cohérente, dans tous les États membres. À cette fin, la Commission encourage tous les États membres à veiller à ce que tous les opérateurs d’infrastructures de communication sous-marines soient couverts par la législation nationale transposant le cadre SRI 2. De plus, outre le respect des obligations légales qui leur incombent en vertu de la directive CER, les États membres sont encouragés à inclure, en tout état de cause, les entités fournissant des services essentiels pour les communications électroniques sous-marines et le transport d’électricité sous-marin dans leur stratégie visant à renforcer la résilience des entités critiques et dans l’évaluation des risques des services essentiels, ainsi qu’à répertorier comme critiques les entités pertinentes exploitant ces infrastructures. La mise en œuvre urgente et intégrale de ces actes juridiques par les États membres devrait être une priorité immédiate.

La Commission a également lancé une approche plus ciblée en ce qui concerne les câbles de communication sous-marins, au moyen de sa recommandation pour des infrastructures de câbles sous-marins sûres et résilientes 10 . La recommandation fournit un cadre stratégique de l’UE pour évaluer les risques concernant ces infrastructures de communication et définir des mesures d’atténuation. Elle prévoit que la Commission et les États membres procèdent à une cartographie et à une analyse des infrastructures existantes et prévues, ainsi qu’à des évaluations régulières, consolidées à l’échelle de l’Union, des risques, des vulnérabilités et des dépendances des infrastructures de câbles sous-marins.

En outre, la recommandation prévoit l’élaboration d’une «boîte à outils pour la sécurité des câbles» qui définit les mesures d’atténuation que les États membres sont encouragés à adopter pour réduire les risques, vulnérabilités et dépendances recensés. Le groupe d’experts 11 créé pour mettre en œuvre la recommandation mène actuellement ces travaux, effectue des évaluations des risques et élabore des scénarios de risque concernant les infrastructures critiques sous-marines. Une fois adoptés, les scénarios de risque peuvent régulièrement faire l'objet de tests de résistance. Sur la base des travaux menés dans le cadre de l’évaluation des risques de Nevers 12 , les évaluations des risques devraient adopter une approche large, incluant également les dépendances dans la chaîne d’approvisionnement, en veillant à ce que les pièces de rechange soient fournies en temps et en volume pour le déploiement des câbles.

La Commission proposera de financer les tests de préparation/tests de résistance des câbles de communication au titre du règlement sur la cybersolidarité, qui prévoit un montant total de 30 millions d’euros pour des actions de préparation dans les secteurs critiques jusqu’en 2027 dans le cadre du programme de l’UE pour une Europe numérique. Un premier appel pour les États membres est attendu cette année.

Les câbles électriques sont conçus et installés pour une durée de vie d’au moins 40 ans, avec des interventions minimales et des protections contre les activités de pêche, ce qui les rend déjà assez résilients, y compris par le renforcement des armatures de câbles et l’ensouillage des câbles. Comme indiqué dans la recommandation du Conseil de 2022 relative à une approche coordonnée à l’échelle de l’Union visant à renforcer la résilience des infrastructures critiques 13 , il convient de développer davantage le potentiel de la réalisation de tests de résistance au niveau national, étant donné que de tels tests pourraient être utiles pour améliorer la résilience des infrastructures critiques, notamment des câbles sous-marins. Afin de garantir davantage leur sécurité, le règlement sur la préparation aux risques 14 exige l’identification de scénarios de crise de l’électricité, y compris ceux résultant d’attaques malveillantes, et l’adoption ultérieure de mesures par les États membres pour prévenir une crise et en atténuer les effets si celle-ci devait néanmoins se produire. En outre, les États membres et les gestionnaires de réseau ou d’autres propriétaires et exploitants d’infrastructures énergétiques devraient veiller à ce que les câbles électriques soient conçus et installés de manière à maximiser leur sécurité.

Enfin, ces évaluations des risques et tests de résistance devraient être complétés par des exercices coordonnés sur la sécurité et la résilience des infrastructures de câbles sous-marins. La stratégie de sûreté maritime de l’UE (SSMUE) 15 comprend également un certain nombre d’actions relatives aux exercices de sûreté maritime, notamment dans le but de renforcer la surveillance et la protection des infrastructures maritimes critiques. Elle prévoit la participation des marines, des garde-côtes et d’autres autorités compétentes des États membres, ainsi que d’agences de l’UE. L’UE fera aussi le meilleur usage des exercices existants sur la sûreté maritime et les menaces hybrides, en coopération avec ses partenaires, notamment l’OTAN.

2.2 Un cadre d’investissement renforcé de l’UE

Pour accroître la résilience des câbles sous-marins, il est primordial de stimuler davantage les investissements de l’UE dans les infrastructures de câbles sous-marins, en mettant l’accent sur l’augmentation de la redondance des câbles, ainsi que sur les capacités en matière de sécurité et de réparation. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour réduire la dépendance à l’égard d’acteurs de pays tiers — y compris certains fournisseurs considérés à haut risque par l’UE — compte tenu des caractéristiques des marchés de l’énergie et des câbles de données.

C’est pourquoi la Commission proposera un cadre d’investissement de l’UE pour les infrastructures de câbles de l’UE qui sont importantes pour la résilience et la sécurité de l’UE. Ce cadre d’investissement tiendra compte des considérations de sécurité économique en cours d’élaboration en collaboration avec les États membres.

2.2.1 Projets de câbles d’intérêt européen dans le domaine des télécommunications

Grâce au programme numérique du mécanisme pour l’interconnexion en Europe, l’Europe dispose déjà d’un instrument de financement efficace pour les infrastructures de communications sous-marines par câble. Avec 30 nouveaux projets signés en décembre 2024, le programme dispose désormais d’un portefeuille de 51 projets d’une valeur de 420 millions d’euros, afin de renforcer l’épine dorsale de la connectivité de l’Union et de relier l’UE aux pays tiers partenaires.

Plus précisément, grâce à ces investissements, la Commission a renforcé la présence de l’UE sur les routes menant à l’Afrique, au Moyen-Orient, en Europe centrale et orientale, dans l’Atlantique et dans la région nordique, y compris la Baltique, où, pour cette dernière, 35,6 millions d’euros viennent d’être investis dans huit câbles de données sous-marins spécifiques.

Graphique: projets de câble financés dans le cadre des appels 1-3 au titre du programme numérique du mécanisme pour l’interconnexion en Europe. La carte peut évoluer en fonction de la mise en œuvre effective du programme.

Au cours de la période 2025-2027, un montant supplémentaire de 540 millions d’euros sera investi au titre du MIE dans les infrastructures numériques, y compris les câbles sous-marins, pour un montant total de près de 1 milliard d’euros au titre de l’actuel cadre financier pluriannuel.

Comme prévu dans la recommandation pour des infrastructures de câbles sous-marins sûres et résilientes, le groupe d’experts devrait proposer un projet de liste de projets de câbles stratégiques d’intérêt européen (PCSIE). Ces PCSIE pourraient être classés par priorité et bénéficier d’un financement accéléré de l’Union, complété par des fonds nationaux et, dans la mesure du possible, par des financements privés, conformément aux critères énoncés dans la recommandation ainsi qu’aux règles de l’Union en matière de financement et d’aides d’État. Dans cette perspective, la Commission réexaminera, au moyen d’un acte délégué, le règlement MIE (partie V de l’annexe) afin de créer un cadre clair pour les investissements au titre du MIE dans les câbles sous-marins, reflétant les priorités proposées par le groupe d’experts, sur la base d’une analyse solide des besoins réels en matière de résilience, par exemple au niveau des États membres ou des bassins maritimes. Il est primordial de donner la priorité aux projets qui sont importants en termes de résilience et du point de vue stratégique, mais qui ne seraient probablement pas considérés comme finançables et déployés de manière autonome par des investisseurs privés. La Commission engagera donc un dialogue spécifique avec l’industrie, les investisseurs privés, la Banque européenne d’investissement et les banques et institutions nationales de développement afin d’étudier les moyens de financer conjointement des PCSIE. L’intention est de convenir d’un cadre contractuel pour la participation de partenaires financiers afin de combiner les subventions au titre du MIE avec des apports extérieurs au budget de l’UE pour financer les infrastructures de câbles (mécanisme mixte avec des financements nationaux et des investissements privés).

La combinaison de fonds existants susceptibles de soutenir les infrastructures numériques, notamment le mécanisme pour l’interconnexion en Europe, l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI), l’instrument d’aide de préadhésion (IAP) et le Fonds européen de développement régional, pourrait être examinée plus avant. Les investissements dans le cadre de la stratégie «Global Gateway» devraient également être réalisés de manière à renforcer la résilience de l’UE, en particulier lorsqu’il s’agit de relier des régions ultrapériphériques et des pays et territoires d’outre-mer. Comme indiqué dans la recommandation relative à des infrastructures de câbles sous-marins sûres et résilientes, cela nécessite un alignement entre les différentes sources de financement au niveau de l’UE et une coordination étroite, de sorte que l’UE agisse dans le cadre d’une approche «Équipe Europe». Concrètement, cela pourrait être mis en œuvre par la coordination des investissements dans différents segments de câbles, en fonction des domaines de compétence des programmes concernés (connectivité de l’UE et routes internationales). Cela vaut aussi pour les investissements dans des cadres favorables pertinents (par exemple, renforcement des capacités, conseil juridique).

2.2.2 Projets d’intérêt commun et projets d’intérêt mutuel dans le secteur de l’électricité

En ce qui concerne les câbles électriques, le cadre réglementaire de l’UE relatif aux réseaux transeuropéens d’énergie (RTE-E) prévoit un processus global de sélection des projets d’intérêt commun (PIC) et des projets d’intérêt mutuel (PIM) avec des pays tiers. L’UE a déjà sélectionné 100 projets d’intérêt commun dans le domaine de l’électricité et en a facilité leur autorisation et leur réalisation, y compris par un financement, en particulier au titre du MIE-énergie, qui a investi plus de 8 milliards d’euros dans les infrastructures énergétiques de l’UE, la majorité concernant des câbles électriques. Les subventions les plus importantes financées par le MIE-énergie sont les suivantes (toutes dans le secteur de l’électricité):

·Synchronisation des pays baltes 1,23 milliard d’EUR de dépenses totales > EE, LT, LV, PL

·Great Sea Interconnector (interconnexion sous-marine): 658 millions d’EUR > CY, EL

·Île d’énergie de Bornholm (interconnexion sous-marine): 645 millions d’EUR > DE, DK

·Golfe de Gascogne (interconnexion sous-marine): 578 millions d’EUR > ES,FR

·Interconnexion celtique (sous-marine): 531 millions d’EUR > FR, IE

L’UE est déjà confrontée à la nécessité impérieuse de poursuivre et d’accélérer le déploiement d’infrastructures électriques afin de soutenir ses objectifs en matière de climat et d’énergie. En novembre 2023, la Commission a publié le plan d’action de l’UE sur les réseaux électriques, qui présente 14 actions non législatives visant à renforcer le cadre d’investissement pour les réseaux électriques. Ces actions devraient être achevées d’ici la mi-2025. L’UE doit investir davantage dans la modernisation et l’extension de son réseau d’infrastructures de transport et de distribution d’énergie, en accélérant les investissements dans l’électricité. Dans les années à venir, environ 530 à 540 milliards d’euros d’investissements seront nécessaires pour les réseaux électriques, soit 77 milliards d’euros par an en moyenne. Ce montant est nettement supérieur aux 85 milliards d’euros investis entre 2021 et 2023. Le train de mesures sur les réseaux européens visera également à faciliter davantage les investissements dans les infrastructures de réseau et à empêcher la participation d’acteurs de pays tiers non fiables aux projets de câbles électriques critiques.

En ce qui concerne la région de la mer Baltique, la Commission a facilité l’interconnexion et l’intégration de l’Europe du Nord dans le marché européen de l’énergie, en s’attachant en particulier à mettre fin à l’isolement énergétique des États baltes et de la Finlande. Au cours des 15 dernières années, plus de 2,7 milliards d’euros de fonds de l’UE ont été investis dans la région à cet égard. Les interconnexions sous-marines jouent un rôle essentiel dans cette intégration énergétique et dans la garantie de la sécurité de l’approvisionnement de la région. En outre, avec un potentiel d’énergies renouvelables en mer de 91 GW, la mer Baltique sera l’un des domaines clés pour le développement de la production et des infrastructures de l’UE en matière d’énergies renouvelables en mer. Tout cela implique un développement et une diversification majeurs des infrastructures ayant une incidence directe sur la réduction de la vulnérabilité de ces réseaux.

2.2.3 Câbles intelligents et alerte précoce

Les systèmes de câbles intelligents offrent une perspective intéressante pour la prévention des attaques et la détection des incidents. Ils peuvent être utilisés en tant que grands réseaux de capteurs géographiques pour surveiller les activités à proximité, anticiper les menaces et les vulnérabilités et servir de système d’alerte précoce afin de protéger les infrastructures de câbles elles-mêmes et les environs, à des fins tant civiles (par exemple, la surveillance de l’environnement) que militaires.

Le MIE-numérique promeut les câbles intelligents dans le programme de travail 2024-2027. La recommandation pour des infrastructures de câbles sous-marins sûres et résilientes comprend également des références aux systèmes de capteurs et de surveillance ainsi qu’à l’adoption et au déploiement de solutions innovantes pour détecter et décourager les menaces. Le règlement RTE-E promeut, lui aussi, les réseaux électriques intelligents transfrontaliers et le MIE-énergie a déjà facilité le financement de tels projets à hauteur de 410 millions d’euros, principalement pour des travaux.

Outre leur utilisation principale en tant que câbles à large bande, les systèmes de câbles de communication intelligents peuvent être utilisés comme arêtes dorsales pour connecter les ressources sous-marines telles que les stations d’accueil (lancement, récupération, transfert de données) pour les véhicules et systèmes sous-marins sans équipage, pour assumer des fonctions d’exploration, de réparation, de surveillance des fonds marins, etc. À long terme, l’expansion de la flotte avec ces véhicules et installations avancés, leur interopérabilité avec les navires modernes et leur soutien opérationnel pourraient être envisagés dans le cadre des futurs programmes de l’UE.

Des études de faisabilité seront lancées dans le cadre du MIE en étroite coordination avec le Fonds européen de la défense et le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture (Feampa). Des projets BlueInvest sont déjà en cours et portent sur l’observation, la détection et la communication sous-marines, en particulier sur les solutions de lancement et d’accueil pour les véhicules sous-marins autonomes (AUV), ainsi que sur l’utilisation de technologies d’intelligence distribuée. La coordination sera également assurée avec les financements pertinents d’Horizon Europe, notamment au moyen d’une action spécifique visant à «promouvoir les infrastructures de câbles sous-marins de pointe».

La Commission mettra en place un forum sectoriel pour consulter les acteurs et associations professionnelles les plus pertinents dans le domaine des technologies de câbles sous-marins afin de concevoir une feuille de route industrielle pour le déploiement de technologies de surveillance et de protection pour les infrastructures de câbles sous-marins. Le groupe d’experts des États membres mis en place pour donner suite à la recommandation sera étroitement associé à ces travaux.

Actions clés en matière de prévention

·La Commission, en collaboration avec les États membres et l’ENISA, par l’intermédiaire du groupe d’experts créé pour mettre en œuvre la recommandation relative à des infrastructures de câbles sous-marins sûres et résilientes, achèvera, d’ici au quatrième trimestre 2025:

§une cartographie des infrastructures de câbles sous-marins existantes et prévues;

§une évaluation coordonnée des risques (risques, vulnérabilités et dépendances) sur les câbles sous-marins, tenant compte de la sécurité de l’approvisionnement en pièces de rechange, et une méthode de tests de résistance;

§une boîte à outils pour la sécurité des câbles comprenant des mesures d’atténuation;

§une liste prioritaire de projets de câbles d’intérêt européen (PCIE).

·La Commission proposera, d’ici la fin de 2025, un acte délégué visant à modifier la partie V de l’annexe du règlement établissant le mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) afin de donner la priorité aux projets d’intérêt commun relevant du MIE. Il s’agirait d’une première étape vers un cadre d’investissement de l’UE pour les projets de câbles sous-marins.

·La Commission:

§réexaminera le cadre en matière de sécurité de l’approvisionnement énergétique, en accordant une attention particulière aux infrastructures énergétiques critiques;

§facilitera les investissements et renforcera la sécurité des câbles électriques critiques grâce au train de mesures sur les réseaux européens

Les États membres:

·doivent transposer et mettre en œuvre d’urgence les directives CER et SRI 2;

·sont encouragés à veiller à ce que tous les opérateurs d’infrastructures de communication sous-marines soient couverts par la législation nationale transposant le cadre SRI 2;

·sont encouragés à tenir dûment compte des entités fournissant des services essentiels pour les communications électroniques sous-marines et le transport d’électricité lors de la mise en œuvre de la directive CER, notamment en ce qui concerne la stratégie, l’évaluation des risques et le recensement des entités critiques;

·doivent veiller à ce que les câbles électriques soient conçus et installés de manière à maximiser leur sécurité.

3.Détection: renforcer la capacité de l’UE à surveiller et à détecter les menaces

Aujourd’hui, la coopération insuffisante aux niveaux régional, national et européen peut être exploitée dans le cadre d’une campagne hybride, en tirant parti de la fragmentation des différents niveaux de mécanismes de surveillance, ce qui permet d’échapper à la détection et de créer une possibilité de démenti plausible. La détection rapide et en temps réel s’est révélée être l’un des fondements de la lutte contre le sabotage des câbles sous-marins. Les incidents récents en mer Baltique ont été détectés presque en temps réel, ce qui a permis d’arrêter le navire avant que de nouveaux dommages ne soient causés. Les principaux défis tiennent à la démonstration de l’intentionnalité ainsi qu’à la prévision et à l’analyse des indicateurs de menace.

3.1 Soutenir un mécanisme de surveillance intégré des câbles sous-marins

Aujourd’hui, il n’existe pas de capacité permettant de surveiller efficacement toutes les dimensions des menaces entourant les câbles sous-marins et d’obtenir un tableau unique et complet de la situation au niveau des bassins maritimes. Pour pouvoir émettre des alertes précoces, il est essentiel de veiller faire fonctionner ensemble plusieurs systèmes, en fusionnant les données disponibles au niveau national et au niveau de l’Union.

Le tableau de la situation de l’UE en matière de sécurité des infrastructures maritimes pourrait bénéficier des activités de plusieurs systèmes tels que les services maritimes intégrés 16 de surveillance maritime et d’appréciation de la situation en mer, hébergés par l’Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM). D’autres systèmes apportent des informations supplémentaires, tels que: le réseau MARSUR (surveillance maritime) pour les navires des États membres dans le cadre de l’Agence européenne de défense, pour l'obtention d'un tableau de situation (Recognised Maritime Picture); EUROSUR, le cadre intégré géré par Frontex pour l’échange d’informations et la coopération opérationnelle au sein des services du corps européen de garde-frontières et de garde-côtes; l’environnement commun volontaire de partage de l’information (CISE), pour le domaine maritime géré par l’AESM. Il convient de relier et de fusionner les capacités de tous ces cadres en recherchant des synergies, en s’appuyant sur des solutions déjà opérationnelles et en évitant les doubles emplois. En outre, l’analyse du renseignement publiée par la capacité unique d’analyse du renseignement (SIAC) peut également contribuer et fournir une évaluation stratégique afin d’améliorer l’appréciation plus large de la situation.

Afin de soutenir les efforts des États membres, la Commission propose de soutenir le développement et le déploiement, avec la participation volontaire des États membres, d’un mécanisme de surveillance intégrée des câbles sous-marins par bassin maritime. L’objectif est d’aider les États membres désireux de relier et de fusionner — au niveau d’un bassin maritime régional fiable — des données provenant de plusieurs sources, notamment l’AESM, les États membres, les opérateurs privés, les câbles intelligents, l’industrie du transport maritime ou les canaux de défense. Cela pourrait ensuite permettre de connaître en temps utile et précisément la situation en vue de renforcer la détection et la surveillance, y compris pour les navires de patrouille. Cela permettrait de détecter rapidement les menaces en vue de raccourcir le délai de réaction, de prendre des mesures correctives (par exemple, l’interception) et d’accroître la capacité d’attribution de responsabilité. Tout en se concentrant principalement sur les câbles sous-marins, cette approche pourrait également être mise à profit pour renforcer la surveillance et obtenir un meilleur tableau de la situation concernant la sécurité d’autres infrastructures maritimes critiques telles que les gazoducs ou les parcs éoliens en mer.

Les pôles de bassins maritimes régionaux pourraient bénéficier de différents services et instruments de l’UE, tels que:

·Détection précoce des activités maritimes suspectes (navires présentant un intérêt) au voisinage des câbles (par le développement de logiciels libres spécifiques fondés sur l’IA) sur la base de l’analyse comportementale et de l’analyse du trafic disponibles par exemple au sein de l’AESM, ainsi que du géorepérage. En cas d’accord entre les États membres participants, il devrait être possible d’intégrer des systèmes et des données de surveillance militaire.

·Des services de surveillance spatiale renforcés contrôlant de près l’activité des navires présentant un intérêt par l’intermédiaire du service Copernicus de surveillance maritime mis en œuvre par l’AESM; ceci devrait impliquer une surveillance ponctuelle ainsi que des postes permanents/réguliers dans les régions les plus sensibles, grâce au nouveau service gouvernemental d’observation de la Terre au niveau de l’UE.

·Des services de surveillance spécialisés tels que les drones (aériens, de surface et sous-marins) capables de repérer, de suivre et de surveiller les navires présentant un intérêt, en particulier lorsqu’une activité suspecte est détectée, en utilisant et en augmentant la capacité de l’AESM à acquérir de tels services, en s’appuyant sur l’expérience acquise avec rescEU 17 .

·Suivi du réseau en temps réel: utilisation d’outils logiciels tels que les systèmes de gestion des informations et des événements de sécurité (SIEM), afin de détecter les anomalies dans le trafic de données qui peuvent indiquer des perturbations ou des tentatives d’accès non autorisées.

·Système de détection des intrusions (SDI): systèmes spécialisés de surveillance des activités physiques et au niveau de la couche de données, permettant d’identifier les manipulations ou les activités suspectes à proximité des stations d’atterrissement ou des répéteurs.

En outre, la SIAC produira régulièrement des rapports sur les navires suspects et les menaces pesant sur les infrastructures de câbles sous-marins, sur la base des renseignements reçus des États membres, coordonnés avec le Centre satellitaire de l’Union européenne (CSUE) et soutenus par celui-ci à la demande de la SIAC.

Dans l’immédiat, il est impératif de veiller à ce que toutes les autorités compétentes au niveau national aient accès aux systèmes et services de l’AESM. Afin de renforcer encore l’appréciation de la situation maritime, la Commission, en coopération avec l’AESM et les États membres, étudiera l’accélération du déploiement de l’environnement commun de partage de l’information (CISE) volontaire afin d’exploiter pleinement son potentiel, en encourageant un plus grand nombre d’États membres à y adhérer.

À court terme, il est déjà possible de lancer un mécanisme régional intégré de surveillance spécifique axé sur la mer Baltique. Pour ce faire, il est possible de recourir à un appel ouvert au titre du programme pour une Europe numérique (22 millions d’euros) en vue de la création de centres d’opérations de sécurité transfrontières (SOC). Cette première plateforme régionale de surveillance pourrait constituer un banc d’essai permettant d’intégrer toutes les données, services, réseaux et entités pertinents par bassin maritime. À moyen terme, cette approche pourrait être étendue à d’autres bassins maritimes.

Des ressources importantes ont déjà été investies, par l’intermédiaire du programme-cadre de recherche de l’UE, dans le développement de technologies innovantes de détection et d’appréciation de la situation, à la disposition des garde-frontières, de la police, des opérateurs d’infrastructures critiques et d’autres autorités nationales 18 . La Commission continuera de promouvoir le développement et l’adoption de solutions technologiques afin de renforcer la capacité de détection des incidents et l’utilisation efficace de ces informations. Un rapport de synthèse que la Commission va élaborer en 2025 permettra de stimuler ces efforts.

3.2 Approche civile et militaire

Il est essentiel de garantir une approche civilo-militaire forte pour l’efficacité du mécanisme. L’appréciation de la situation maritime, la surveillance et l’interdiction nécessitent des capacités navales de pointe. Les États membres devraient investir davantage pour développer, acquérir et exploiter ces capacités de manière coordonnée avec le soutien de l’UE, en utilisant le Fonds européen de la défense pour la R&D et le programme proposé pour l’industrie européenne de la défense pour l’acquisition conjointe.

Plus concrètement, la dimension militaire du mécanisme de surveillance intégré — et en particulier le déploiement d’une connaissance de la situation sous-marine — pourrait être abordée dans le cadre des projets de défense d’intérêt commun tels que proposés dans le futur programme européen pour l’industrie de la défense. Les projets visant à développer les capacités dans le domaine maritime dans le cadre de la coopération structurée permanente (CSP) et dans le cadre de l’Agence européenne de défense (AED) devraient être accélérés.

Un financement au titre du Fonds européen de la défense pourrait également être mobilisé pour mettre au point des capteurs nationaux pour l’analyse prédictive des menaces, mais aussi une capacité nationale de détection spatiale des radiofréquences (RF), qui pourrait permettre de détecter plus rapidement les navires présentant un intérêt. Dans cette perspective, la Commission est prête à collaborer avec les États membres en vue du déploiement d’un réseau de capteurs sous-marins nationaux (vibrations, changements de pression ou activité inhabituelle à proximité du câble), de bouées intelligentes (surveillance des signatures acoustiques pour détecter les menaces potentielles telles que les ancres de navires), ou en vue de l’utilisation de câbles optiques comme capteur (détection acoustique distribuée).

La Commission intégrera les capacités spatiales de détection des radiofréquences dans le cadre du programme spatial de l’UE, en complément de l’utilisation des dispositifs existants et des données provenant des opérateurs sous-marins. Les câbles sous-marins optiques et électriques et les parcs éoliens en mer offrent également d’importantes possibilités de collecte de données sous-marines. Une coopération étroite entre les opérateurs privés et l’armée est essentielle pour libérer ce potentiel.

Le rôle des entités privées est primordial pour accroître la capacité de détection. Les entités privées devraient être encouragées à améliorer le signalement (volontaire ou réglementaire) des incidents. Les informations sur ces incidents, y compris ceux qui ne sont pas soumis à l’obligation légale de signalement, devraient être communiquées immédiatement à tous les États membres concernés. Par exemple, l’intégration de cette fonctionnalité dans les pôles régionaux permettrait une réaction et une interception plus rapides et éviterait qu’un même navire provoque d’autres coupures de câble et incidents.

Actions clés en matière de détection

La Commission, en coopération avec les États membres:

·soutiendra le développement et le déploiement, sur une base volontaire, d’un mécanisme de surveillance intégrée des câbles sous-marins par bassin maritime conçu pour relier et fusionner les données provenant de sources pertinentes, et établira un tableau précis de la situation du bassin maritime en temps réel;

·œuvrera à la mise en place rapide d’un pôle régional spécifique dans la région de la mer Baltique en tant que banc d’essai de l’approche intégrée en matière de surveillance;

·explorera le concept d’un réseau de capteurs sous-marins à déployer pour sécuriser les câbles sous-marins;

·lancera un programme spécifique de drones de surveillance (aériens, de surface et sous-marins) afin de stimuler le développement et le déploiement de ces capacités;

·préparera un rapport visant à promouvoir l’utilisation de nouvelles solutions technologiques pour la détection des incidents sur des câbles;

·soutiendra le développement d’un partenariat public-privé avec les câblo-opérateurs en vue de promouvoir une meilleure notification volontaire des incidents sur des câbles.

4.Réaction et rétablissement: Renforcement de la coopération et de la solidarité de l’UE

4.1 Réaction: vers une réaction plus coordonnée aux crises

Lorsqu’un incident survient sur un câble sous-marin, plusieurs cadres de crise pourraient être activés. Le schéma directeur de l’UE pour les infrastructures critiques de 2024 19 vise à améliorer la coordination et la réaction au niveau de l’UE en cas de perturbation des infrastructures critiques ayant une dimension transfrontière notable, qui relèvent du champ d’application de la directive CER. Le schéma directeur en matière de cybersécurité, qui est en cours de révision, couvre les crises résultant d’incidents de cybersécurité majeurs qui affectent la disponibilité des réseaux et des systèmes d’information pour les secteurs visés par la directive SRI 2, notamment le sabotage de câbles sous-marins. La législation sectorielle en matière d’énergie, par exemple pour les secteurs de l’électricité et du gaz, contient des dispositions opérationnelles spécifiques pour gérer les crises, auxquelles participent également directement des experts techniques des États membres.

Les récents incidents en mer Baltique ont mis en évidence la nécessité d’une réaction plus adaptée et coordonnée en tirant parti des synergies entre ces différents cadres de gestion des crises. En particulier, compte tenu du caractère spécifique des câbles sous-marins et de la dimension civilo-militaire par nature de ces incidents, il est important que les États membres utilisent efficacement les mécanismes de signalement des incidents prévus par les directives CER et SRI 2. En outre, les États membres devraient utiliser les listes de contacts prévues dans le schéma directeur de l’UE pour les infrastructures critiques et dans le schéma directeur en matière de cybersécurité en cas d’incident, en veillant à ce que ces points de contact aient les liens nécessaires avec toutes les dimensions liées aux incidents sur des câbles.

En outre, la coopération et les synergies avec l’OTAN devraient être renforcées. Sur la base des travaux en cours dans le cadre du dialogue structuré UE-OTAN sur la résilience, la coopération au niveau du personnel sera encore approfondie en ce qui concerne la résilience et la protection des infrastructures sous-marines critiques, y compris les câbles sous-marins. Les équipes mettront l’accent sur la promotion des synergies entre les différentes initiatives au niveau opérationnel, y compris au moyen d’exercices et de discussions fondées sur des scénarios, grâce au partage ciblé d’informations et à la coordination en cas de crise. Cela est d’autant plus important que l’OTAN intensifie ses activités en faveur de la sûreté maritime en mer Baltique.

Enfin, les États membres peuvent également avoir accès à l’aide d’urgence au titre du Fonds pour la sécurité intérieure afin de soutenir les interventions telles que les enquêtes et la sécurisation des infrastructures. Si l’incident survenu sur un câble sous-marin s’inscrit dans le cadre d’une campagne hybride de plus grande ampleur, les équipes d’intervention rapide de l’UE en cas de menaces hybrides (HRRT) pourraient être déployées pour soutenir, à leur demande, les États membres concernés.

4.2 Rétablissement: vers une flotte de réserve de navires câbliers de l’UE

Lorsqu’un incident survient sur des infrastructures de câbles sous-marins, il est primordial d’intervenir rapidement et de réparer le câble endommagé. Toutefois, si les navires d’aujourd’hui se sont révélés efficaces pour réparer les câbles endommagés avec un délai d'intervention raisonnable, leur nombre et leur capacité actuels seraient insuffisants pour intervenir en temps utile en cas d’attaques systémiques et simultanées contre des câbles critiques dans différentes zones maritimes de l’Union. Les navires d’entretien et de réparation constituent un goulet d’étranglement majeur pour la capacité à revenir à la normale après un incident 20 . En outre, la disponibilité d’équipements de réparation et de travailleurs spécialisés est un problème, en particulier pour les câbles spécifiques et complexes tels que les réseaux électriques sous-marins.

À court terme, la Commission proposera de faciliter la conclusion de contrats pour des services de réparation disponibles sur le marché, éventuellement par l’intermédiaire du mécanisme de protection civile de l’Union. En particulier, afin d’agir rapidement, un soutien pourrait être apporté à l’installation à bord des navires d’équipements de réparation modulaires prêts à l’emploi, afin d’accroître la réactivité de l’UE selon un bon rapport coût-efficacité.

Il est tout aussi important de garantir la sécurité de l’approvisionnement en pièces de rechange pour câbles (par exemple, gabions boîtes, matériaux de clôture ou transformateurs pour sous-stations) et de prendre les mesures nécessaires pour stocker les matériaux et équipements essentiels si nécessaire, de manière à toujours être en mesure de réparer. Les stocks devraient être prépositionnés de manière stratégique dans les zones à haut risque afin d’assurer un déploiement rapide. Pour les câbles électriques sous-marins, compte tenu de leur spécificité et de leur conception sur mesure, il convient de conjuguer les efforts entre les États membres, les propriétaires de câbles et les fabricants de câbles, afin de normaliser les exigences en matière de conception, les pièces de rechange (telles que les joints), ainsi que la formation des équipes de réparation.

À moyen terme, la Commission pourrait soutenir l’acquisition de navires de réparation et d'installation supplémentaires ou la passation de marchés dans ce domaine, en ciblant éventuellement les bassins de la mer Baltique/Nord, de la Méditerranée et de l’Atlantique, priorité étant donnée au bassin de la Baltique/du Nord, qui est actuellement le plus touché. L’ajout d’un plus grand nombre de navires à la flotte actuelle réduirait le temps de réaction sur les infrastructures sous-marines critiques touchées par des défaillances systémiques. Cela pourrait également prendre la forme d’accords-cadres régionaux visant à garantir la disponibilité immédiate et prioritaire de navires appropriés dotés d’un équipage spécialisé en cas de nécessité de réparation ou de déploiement. Un accord-cadre régional pilote facilité par la Commission pourrait d’abord être testé pour la mer Baltique avec les États membres, les propriétaires de câbles et les fabricants de câbles.

À moyen terme, la Commission propose de mettre en place une flotte de réserve polyvalente de navires câbliers de l’UE à utiliser en cas d’urgence pour déployer ou réparer des câbles électriques ou optiques sous-marins reliant les territoires de l’UE. Ces navires disposeraient de capacités de brise-glace pour pouvoir opérer dans les latitudes septentrionales et dans des conditions météorologiques extrêmes et pourraient inclure des équipements modulaires de réparation ou de pose. Ils pourraient éventuellement contribuer à répondre à d’autres menaces telles que les menaces environnementales (par exemple, les marées noires). Des fonds de l’UE, combinés au soutien des États membres, pourraient être mobilisés à cette fin. Par exemple, la flotte pourrait être cofinancée par le mécanisme pour l’interconnexion en Europe 21 en synergie avec d’autres fonds, en particulier les fonds de cohésion avec les États membres intéressés. Cette capacité pourrait éventuellement être intégrée dans le mécanisme de protection civile de l’Union, y compris rescEU.

Actions clés en matière de réaction et rétablissement

La Commission, en coopération avec les États membres:

·améliorera l’efficacité de la réaction de l’UE aux crises dans toutes ses dimensions en renforçant les synergies avec les cadres existants et en évaluant avec les États membres la nécessité d’une approche plus adaptée;

·assurera la mise en commun du budget provenant des programmes de financement de l’Union, y compris la possibilité de transferts volontaires par les États membres des fonds de cohésion vers le MIE, afin de financer une augmentation des capacités de l’UE en navires câbliers, ainsi que des équipements modulaires de réparation;

·proposera à moyen terme — en fonction des besoins — de construire une réserve européenne de navires polyvalents prêts à l’emploi, éventuellement au moyen d’un acte d’exécution dans le cadre du mécanisme de protection civile de l’Union (y compris rescEU). Cela pourrait être complété par des accords-cadres régionaux visant à garantir la disponibilité immédiate de navires appropriés dotés d’équipages spécialisés;

·concevra une approche commune pour garantir la sécurité de l’approvisionnement en pièces de rechange pour câbles, par exemple au moyen de stocks ciblés.

La Commission et la haute représentante:

·renforceront la coopération opérationnelle avec l’OTAN en ce qui concerne la résilience et la protection des câbles et d’autres infrastructures sous-marines critiques.

Compte tenu des capacités industrielles très avancées de l’UE en matière de construction de navires spécialisés pour l’entretien et la réparation des câbles sous-marins, ces mesures pourraient également contribuer à la future stratégie maritime industrielle visant à renforcer le secteur manufacturier maritime européen.

5.Dissuasion

Si toutes les actions énumérées dans le présent plan d’action renforcent le cadre de l’UE pour la résilience et la réaction en cas d’incident par un effet dissuasif, il est également important d’être en mesure d’aller plus loin s’agissant de l’imputation de responsabilité (enquête criminalistique, par exemple) et des sanctions. Cela est d’autant plus important que ces actions sont le plus souvent préparées et envisagées dans le but d’entraver l’imputation de responsabilité. L’UE devrait être dotée des moyens nécessaires pour qualifier, prouver, coordonner l’imputation de responsabilité et imposer des sanctions. L’UE renforcera donc sa position dissuasive en obligeant les auteurs à répondre de leurs actes et en augmentant les coûts pour les acteurs malveillants.

5.1 Réaction aux campagnes hybrides: augmentation des coûts pour les auteurs

L’UE a mis en place une boîte à outils hybride qui fournit un cadre pour traiter de manière globale les campagnes hybrides qui touchent l’UE, ses États membres et ses partenaires. Il facilite une réponse éclairée, ciblée et coordonnée à ces campagnes au niveau de l’UE, en utilisant l’ensemble des outils et mesures de l’UE.

Les mesures vont des déclarations et de l’imputation conjointe à d’autres mesures diplomatiques et à la communication coordonnée, y compris avec des partenaires, notamment l’OTAN. Ces mesures visent à sensibiliser au paysage des menaces, à demander des comptes aux acteurs malveillants et à signaler les conséquences possibles de leur comportement. Elles visent également à décourager les discours de démenti plausible entourant les opérations clandestines.

L’UE devrait utiliser au mieux les régimes de sanctions existants pour prévenir tout sabotage sur les infrastructures sous-marines et y réagir. L’UE peut recourir au nouveau régime de sanctions en raison des activités déstabilisatrices de la Russie. Ces sanctions peuvent cibler les personnes qui sont jugées responsables d’actions ou de politiques de la Russie qui visent à déstabiliser l’UE, ses États membres, des pays tiers et des organisations internationales, ou qui soutiennent de telles actions ou politiques ou en tirent avantage (les personnes inscrites sur la liste font l’objet d’un gel des avoirs et d’une interdiction de pénétrer sur le territoire de l’UE). En outre, les mesures limitant la capacité de la «flotte fantôme» à contourner les sanctions de l’UE contribuent à améliorer la sécurité des zones maritimes de l’UE. Dans un souci d’efficacité accrue, l’UE et le G7 continueront d’étudier d’autres options pour faire face aux risques respectifs de la flotte fantôme.

5.2 Renforcer les actions de l’Union contre la flotte fantôme

Les incidents récents mettent en évidence le rôle et l’utilisation potentielle de navires souvent anciens, en mauvais état, dont le propriétaire et la couverture d’assurance sont mal connus. Cette flotte de navires vieillissants — principalement des navires-citernes et d’autres cargos opérant pour contourner les sanctions — représente un risque grave pour la sécurité de l’Union, qu’il s’agisse de risques environnementaux (pollution due aux marées noires), de risques pour les infrastructures critiques (coupures de câbles) ou de risques pour la sécurité de l’approvisionnement énergétique, ce qui en fait une menace géopolitique plus large. Les navires présentant un intérêt (c’est-à-dire ceux qui mériteraient une attention particulière) devraient également englober ceux qui effectuent des opérations dangereuses ou ceux qui, déguisés en navires de pêche ou de recherche, sont équipés d’engins de surveillance.

Des mesures concrètes doivent être prises pour réduire l’incidence éventuelle de ces navires et éviter qu’ils ne causent des dommages intentionnels ou non dans les différents bassins maritimes autour de l’Union, conformément au droit international de la mer 22 . L’UE devrait collaborer avec ses partenaires pour aligner les différentes listes des navires interdits et éliminer toute faille à cet égard.

L’UE devrait poursuivre et renforcer l’approche coordonnée visant à resserrer encore les contacts avec les États du pavillon et les États du port dont les navires sont soupçonnés d’avoir pris des mesures dommageables, afin d’être en mesure d’accroître l’obligation de rendre des comptes et la responsabilité.

Enfin, l’UE et ses États membres, en collaboration avec l’Organisation maritime internationale, devraient établir une interprétation commune des dispositions pertinentes du droit international de la mer permettant aux États membres, en tant qu’États côtiers et États du pavillon, de protéger plus efficacement les infrastructures critiques et de prendre des mesures en ce qui concerne la flotte fantôme de navires et tout navire présentant un intérêt qui opère en haute mer. En particulier, le cadre juridique régissant l’interception ou l’arraisonnement de navires présentant des risques pour l’UE devrait être soigneusement évalué, dans le plein respect des conventions des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM).

5.3 Promouvoir la diplomatie en matière de câbles — collaboration avec les partenaires

Le réseau d’infrastructures de câbles est intercontinental et des incidents se produisent également dans d’autres parties du monde. Il est donc important de développer une coopération internationale forte en matière de sécurité des câbles.

Premièrement, en ce qui concerne la résilience des câbles sous-marins, l’UE devrait développer et déployer une diplomatie avancée en matière de câbles. Comme annoncé dans la recommandation pour des infrastructures de câbles sous-marins sûres et résilientes, les États membres et l’Union, travaillant dans le cadre d’une approche «Équipe Europe» et par l’intermédiaire des délégations de l’UE, devraient continuer à coopérer pour promouvoir le développement d’infrastructures de câbles sous-marins sûres, fiables et résilientes avec les pays voisins, les partenaires stratégiques et d’autres pays tiers, ainsi que dans les enceintes multilatérales et multipartites. Pour un impact plus large, les principes de la boîte à outils de l’UE pour la sécurité des câbles seront promus pour les infrastructures gérées ou développées en coopération avec les pays de l’élargissement et du voisinage (Medusa dans la Méditerranée, les câbles de la mer Noire, etc.) et d’autres pays tiers (BELLA avec l’Amérique latine et les Caraïbes, câble EurAfrica, autres projets «Global Gateway», etc.).

Actions clés en matière de dissuasion

La Commission et la haute représentante, en collaboration avec les États membres:

·déploieront une diplomatie proactive en matière de câbles afin d’entrer en contact avec les partenaires stratégiques, y compris dans les enceintes multilatérales, en vue de coopérer sur les questions liées à la sécurité des câbles;

·renforceront les capacités de l’UE à réagir et à limiter l’impact de la flotte fantôme;

·renforceront la capacité à demander des comptes aux acteurs malveillants, notamment en tirant le meilleur parti des régimes de sanctions existants et en coordonnant l’imputation de responsabilité;

·renforceront l’approche de communication stratégique sur la sécurité des câbles afin de lutter contre la campagne hybride fondée sur l’usage abusif du démenti plausible;

·lanceront une réflexion au niveau international sur la manière de tirer pleinement parti du cadre du droit international de la mer pour renforcer la sécurité des câbles sous-marins;

·renforceront le dialogue et la coopération avec l’OTAN en matière de sécurité des câbles.

Deuxièmement, lorsqu’il s’agit de faire face aux incidents, l’Union devrait renforcer l’échange d’informations avec, par exemple, les partenaires de la région indo-pacifique qui sont confrontés à des incidents similaires en ce qui concerne les infrastructures sous-marines critiques. Pour ce faire, il convient de tirer parti des partenariats et réseaux existants afin de promouvoir davantage les initiatives liées à la sécurité, à la connaissance de la situation et à la résilience des câbles sous-marins et de veiller à ce que le soutien de l’UE aux pays tiers soit pleinement aligné sur les intérêts de l’UE en matière de sécurité. La haute représentante prendra des initiatives diplomatiques dans les enceintes multilatérales, telles que les Nations unies, afin de sensibiliser aux menaces qui pèsent actuellement sur les intérêts de l’UE et de ses États membres en matière de sécurité 23 . Ces questions seront également abordées dans le cadre des dialogues pertinents en matière de sécurité et de défense avec les partenaires et pourront également être abordées dans les partenariats en matière de sécurité et de défense, le cas échéant. Troisièmement, les travaux menés au niveau multilatéral pourraient également inclure une réflexion éventuelle sur la manière de tirer pleinement parti de toutes les pistes d’action possibles conformément au droit international de la mer, y compris la convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), en vue de renforcer la protection des infrastructures de câbles sous-marins ainsi que la promotion de normes et de bonnes pratiques.

6.Conclusion

Face aux menaces croissantes pour la sécurité, l’UE doit prendre des mesures rapides et décisives. En utilisant les outils à sa disposition de manière plus coordonnée et plus efficace, l’UE peut donner un puissant exemple de solidarité et d’unité.

Les mesures prévues dans le présent plan d’action visent à apporter une réponse immédiate et à court terme aux menaces actuelles auxquelles l’UE est confrontée, notamment en mer Baltique. Le plan d’action définit une approche globale en abordant le cycle de résilience des infrastructures sous-marines critiques. La Commission et la haute représentante coopéreront avec les États membres et les partenaires, y compris l’OTAN, pour concrétiser ces actions avec un objectif clair: apporter des solutions concrètes à des défis bien définis en matière de sécurité.

(1)

Voir également le livre blanc de la Commission de 2024 intitulé «Comment maîtriser les besoins de l’Europe en matière d’infrastructures numériques?»

(2)

Recommandation (UE) 2024/779 de la Commission du 26 février 2024 pour des infrastructures de câbles sous-marins sûres et résilientes, (JO L, 2024/779, 8.3.2024).

(3)

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32022L2555

(4)

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32022L2557

(5)

Conformément aux trois déclarations communes sur la coopération UE-OTAN et aux principes directeurs convenus inscrits dans les conclusions du Conseil et du Conseil européen.

(6)

Safer Together – Strengthening Europe’s Civilian and Military Preparedness and Readiness (Plus en sécurité ensemble – renforcer la préparation et l’état de préparation civils et militaires de l’Europe). Rapport de Sauli Niinistö, ancien président de la République de Finlande, en sa qualité de conseiller spécial auprès du président de la Commission européenne.

(7)

Dans onze secteurs, dont les secteurs de l’énergie et des infrastructures numériques.

(8)

Tel que défini au considérant 20 de la directive CER.

(9)

«Cyber Security Incident Response Team» (centre de réponse aux incidents de sécurité informatique).

(10)

Recommandation (UE) 2024/779 de la Commission du 26 février 2024 pour des infrastructures de câbles sous-marins sûres et résilientes, (JO L, 2024/779, 8.3.2024).

(11)

Composé de représentants de la Commission, des États membres et de l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité (ENISA).

(12)

Rapport sur la cybersécurité et la résilience des infrastructures et réseaux de communication de l’UE | Façonner l’avenir numérique de l’Europe

(13)

Recommandation du Conseil du 8 décembre 2022 relative à une approche coordonnée à l’échelle de l’Union pour renforcer la résilience des infrastructures critiques (2023/C 20/01) (JO C 20 du 20.1.2023, p. 1).

(14)

Règlement d’exécution (UE) 2019/941 de la Commission sur la préparation aux risques, JO L 158 du 14.6.2019, p. 1 Le règlement est en cours de réexamen.

(15)

Conclusions du Conseil sur la stratégie de sûreté maritime de l’UE (SSMUE) révisée et son plan d’action. st14280-en23.pdf

(16)

Au sein du système d’échange d’informations maritimes de l’Union, régi par la directive 2002/59/CE relative au système d’information et de suivi du trafic des navires (VTMIS). Les services maritimes intégrés sont à l’échelle de l’UE et fournissent des informations et des communications transfrontalières et transsectorielles.

(17)

La réserve stratégique de capacités et les stocks d’urgence européens pour la réaction aux catastrophes, entièrement financée par l’UE au titre du mécanisme de protection civile de l’Union (MPCU).

(18)

Notamment: technologies de détection sous-marine (projets SMAUG et UNDERSEC); solutions pour la détection automatique du comportement anormal des navires, en particulier en cas d’arrêt ou de détérioration du système d'identification automatique (SIA) (MARISA, AI-ARC, PROMENADE, EFFECTOR et COMPASS2020); signaux d’alerte précoce et sensibilisation en temps réel (VIGIMARE).

(19)

Recommandation du Conseil du 25 juin 2024 établissant un schéma directeur pour coordonner une réaction au niveau de l’Union en cas de perturbations des infrastructures critiques ayant une dimension transfrontière notable (C/2024/4371) (JO C, C/2024/4371, 5.7.2024)

(20)

Cela a été confirmé par le groupe d’experts de la recommandation pour des infrastructures de câbles sous-marins sûres et résilientes.

(21)

Dans le cadre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe, un financement serait possible en tant que mesure d’accompagnement au titre de l’article 9, paragraphe 1, du règlement MIE.

(22)

Notamment la CNUDM et la résolution A.1192 (33) de l’Organisation maritime internationale du 6 décembre 2023.

(23)

Il pourrait s’agir notamment du conseil consultatif international de l’UIT pour la résilience des câbles sous-marins.