COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 7.7.2025
SWD(2025) 301 final
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION
Examen de la mise en œuvre de la politique environnementale 2025
Rapport par pays - BELGIQUE
accompagnant le document
Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions
Examen de la mise en œuvre de la politique environnementale pour la prospérité et la sécurité 2025
{COM(2025) 420 final} - {SWD(2025) 300 final} - {SWD(2025) 302 final} - {SWD(2025) 303 final} - {SWD(2025) 304 final} - {SWD(2025) 305 final} - {SWD(2025) 306 final} - {SWD(2025) 307 final} - {SWD(2025) 308 final} - {SWD(2025) 309 final} - {SWD(2025) 310 final} - {SWD(2025) 311 final} - {SWD(2025) 312 final} - {SWD(2025) 313 final} - {SWD(2025) 314 final} - {SWD(2025) 315 final} - {SWD(2025) 316 final} - {SWD(2025) 317 final} - {SWD(2025) 318 final} - {SWD(2025) 319 final} - {SWD(2025) 320 final} - {SWD(2025) 321 final} - {SWD(2025) 322 final} - {SWD(2025) 323 final} - {SWD(2025) 324 final} - {SWD(2025) 325 final} - {SWD(2025) 326 final}
Contenu
Résumé
Partie I: Domaines thématiques
1. Économie circulaire et gestion des déchets
Transition vers une économie circulaire
Gestion des déchets
2. Biodiversité et capital naturel
Cadres mondiaux et européens en faveur de la biodiversité
Protection et restauration de la nature – Natura 2000
Reconstitution des espèces
Rétablissement des écosystèmes
Prévention et gestion des espèces exotiques envahissantes
Évaluation et comptabilité des écosystèmes
3. Stratégie zéro pollution
Un air pur
Émissions industrielles
Prévention des accidents industriels majeurs – Seveso
Règlement relatif au mercure
Bruit
Qualité et gestion de l’eau
Substances chimiques
4. Action pour le climat
Le système d’échange de quotas d’émission de l’UE
Répartition de l’effort
Utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie
Adaptation au changement climatique
Partie II: Cadre facilitateur: outils de mise en œuvre
5. Financement
Principaux repères concernant le financement de l’action climatique
Financements et investissements en faveur de l’environnement
Gestion des finances publiques
6. Gouvernance environnementale
Information, participation du public et accès à la justice
Assurance du respect de la législation
Renforcement des capacités environnementales soutenu par l’UE
Résumé
En mai 2016, la Commission européenne a lancé l’examen de la mise en œuvre de la politique environnementale (EIR), un outil de rapport régulier fondé sur l’analyse, le dialogue et la collaboration avec les États membres de l’UE afin d’améliorer la mise en œuvre de la politique et de la législation environnementales existantes de l’UE . Faisant suite aux précédents examens réalisés en 2017, 2019 et 2022, le présent rapport évalue les progrès accomplis tout en décrivant les principaux défis et possibilités qu’il reste à traiter en ce qui concerne la mise en œuvre de la législation environnementale en Belgique. L’objectif du présent rapport est de fournir des informations sur les résultats en matière de mise en œuvre et d’attirer l’attention sur les moyens les plus efficaces de combler les lacunes en matière de mise en œuvre qui ont une incidence sur la santé humaine et l’environnement et nuisent au développement économique et à la compétitivité du pays. Le présent rapport s’appuie sur des rapports de mise en œuvre sectoriels détaillés recueillis par la Commission ou publiés par celle-ci en vertu de la législation environnementale spécifique.
Les principaux défis exposés ci-dessous ont été sélectionnés dans la partie I du présent rapport, intitulée «Domaines thématiques», en tenant compte de facteurs tels que la gravité du problème de mise en œuvre de la législation environnementale compte tenu de l’incidence sur la qualité de la vie des citoyens, l’écart entre les résultats et les objectifs et les implications financières. En Belgique, ces défis persistent depuis le premier examen de la mise en œuvre de la politique environnementale réalisé en 2017 et nécessitent une action urgente.
La Belgique est l’un des pays les plus performants de l’UE en ce qui concerne la productivité des ressources, l’utilisation de matières secondaires et la gestion des déchets. La Belgique fait partie de la catégorie de pays qui ne sont pas jugés à risque de ne pas atteindre les objectifs de recyclage des déchets municipaux et des déchets d’emballages. Cependant, le marché des produits recyclés reste limité et doit se développer pour offrir des perspectives économiques aux produits collectés séparément et recyclés. Des progrès supplémentaires pourraient être réalisés en introduisant de nouveaux instruments économiques pour prévenir la production de déchets, en évitant d’incinérer des déchets réutilisables ou recyclables – en particulier dans la Région de Bruxelles-Capitale – et en améliorant l’attrait économique du réemploi et du recyclage des déchets.
La Belgique est en train de mettre à jour sa stratégie nationale en faveur de la biodiversité afin d’aligner ses objectifs sur ceux fixés pour 2030 au niveau mondial et de l'UE. Un projet révisé de cette stratégie nationale en faveur de la biodiversité, qui comprend désormais les observations et suggestions reçues lors des consultations publiques, est disponible. Son adoption est prévue pour le début de l’année 2025. La couverture par des sites Natura 2000 ou par des zones protégées au niveau national belge est inférieure à la moyenne de l’UE. Des améliorations sont encore possibles en ce qui concerne la consolidation de la couverture par des zones protégées, comme l’illustre la récente désignation de deux parcs nationaux en Région wallonne. En revanche, en ce qui concerne les zones marines protégées, la Belgique se situe au-dessus de l’objectif de 30 % fixé par l’UE.
Le problème des dépôts d’azote, qui touche les zones naturelles et les écosystèmes, est traité par le «décret Azote» du 24 janvier 2024, qui vise à réduire progressivement les dépôts d’azote dans les sites Natura 2000. Toutefois, ce décret a fait l’objet de plusieurs recours. Les pratiques de l’agriculture biologique sont moins répandues en Belgique qu'en moyenne dans l’UE et n’ont pas contribué de manière significative à la réalisation de l’objectif de 25 % des terres agricoles de l’UE consacrées à l’agriculture biologique d’ici à 2030.
La Belgique n’a pas atteint les objectifs de la directive-cadre sur l’eau, compte tenu de la forte incidence des polluants provenant de l’agriculture sur la qualité des eaux souterraines/de surface. La pollution des eaux souterraines et des eaux de surface par les nitrates reste répandue en Flandre.
Dans l’ensemble, les eaux urbaines résiduaires collectées en Belgique font l’objet d’un traitement approprié, comme l’exige le droit de l’Union. La Belgique doit encore transposer le nouveau «décret Azote» dans son ordre juridique national.
Les investissements environnementaux globaux dont la Belgique a besoin pour atteindre ses principaux objectifs environnementaux s’élèvent à 3,7 milliards d’EUR par an, ventilés comme suit: économie circulaire (886 millions d’EUR); prévention et réduction de la pollution (1,5 milliard d’EUR); et eau (1,4 milliard d’EUR). Des investissements supplémentaires par rapport aux niveaux actuels sont nécessaires pour atteindre ces objectifs environnementaux et lutter contre le changement climatique; c’est ce que l’on appelle le déficit d’investissement. Celui-ci représente chaque année environ 0,67 % du produit intérieur brut de la Belgique, soit un chiffre inférieur à la moyenne de l’UE (0,77 %).
En ce qui concerne la gouvernance environnementale, la Belgique doit i) veiller à ce que les informations pertinentes relatives aux procédures d’évaluation des incidences sur l’environnement (EIE) et d’évaluation environnementale stratégique (y compris sur les possibilités de participation du public et la publication des décisions finales) soient accessibles par voie électronique; ii) fournir des informations sur la durée moyenne de toutes les étapes du processus d’EIE; iii) ratifier l’amendement à la convention de la Commission économique des Nations unies pour l’Europe sur l’évaluation de l’impact sur l’environnement dans un contexte transfrontière et à son protocole sur l’évaluation de l’impact sur l’environnement; et iv) améliorer l’accès du public concerné à la justice dans les affaires environnementales nationales et éliminer les obstacles pratiques, tels que les coûts excessifs. Sur le plan positif, la Belgique continue de mettre correctement en œuvre la directive INSPIRE et tant la Flandre que la Wallonie ont introduit des procédures de permis unique (environnemental et urbain) pour les projets relatifs aux sources d’énergie renouvelables. Parmi les bonnes pratiques recensées par le passé figurent des comités d’examen environnemental spécialisés pour les EIE (2022) et un rapport sur les inspections effectuées par le parquet flamand (2017).
Partie I: Domaines thématiques
1.Économie circulaire et gestion des déchets
Transition vers une économie circulaire
Faire progresser la transition vers une économie circulaire dans l’UE permettra d’atténuer l’incidence environnementale et climatique de nos systèmes industriels en réduisant l'utilisation de matières premières, en gardant plus longtemps les produits et matériaux en circulation et en diminuant la production de déchets, ce qui permettra de découpler la croissance économique de la consommation de ressources. Une économie circulaire peut permettre d’augmenter considérablement la compétitivité et la création d’emplois tout en encourageant l’innovation et en ouvrant l'accès à de nouveaux marchés. Les mesures du plan d’action pour une économie circulaire de 2020 sont désormais en place ou se trouvent à un stade législatif avancé et les États membres de l’UE doivent donc désormais se concentrer sur leur mise en œuvre rapide et efficace.
Le plan d’action pour une économie circulaire de 2020 a lancé le processus législatif d’adoption d’un ensemble d’initiatives qui doivent à présent être mises en œuvre par les gouvernements nationaux dans l’ensemble de l’UE. Ces initiatives ont toutes été introduites selon une approche globale fondée sur le cycle de vie, avec des mesures couvrant les différentes étapes du cycle de vie d’un produit, de la conception à la fin de vie en passant par l’utilisation.
Dans le plan d’action pour une économie circulaire, l’UE s’est fixé comme objectif principal de doubler son taux d’utilisation circulaire des matériaux d’ici à 2030.
Le taux d’utilisation circulaire des matériaux mesure l’un des aspects de la circularité, à savoir la part que représentent les déchets recyclés dans la quantité totale de matières utilisées dans l’économie. Un taux d’utilisation circulaire des matériaux plus élevé signifie que davantage de matières secondaires ont été utilisées en remplacement de matières premières, ce qui permet de réduire les incidences environnementales de l’extraction de matières primaires.
L'illustration 1 montre que l’utilisation circulaire des matériaux en Belgique a augmenté entre 2022 et 2023, pour atteindre 19,7 %, après une tendance à la baisse constatée depuis 2020. En 2023, le taux d’utilisation circulaire des matériaux en Belgique était nettement supérieur à la moyenne de l’UE (11,8 %). En 2023, la Belgique était le quatrième pays de l’UE le plus avancé dans le domaine de l’utilisation circulaire des matières secondaires, derrière les Pays-Bas (30,6 %), l’Italie (20,8 %) et Malte (19,8 %).
Illustration 1: taux d’utilisation circulaire des matériaux (en %), 2013-2023
Source: Eurostat, «Taux d’utilisation circulaire de matières», env_ac_cur, dernière mise à jour du 13 novembre 2024, consulté le 10 décembre 2024, https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/cei_srm030/default/table?lang=fr .
La productivité des ressources mesure la quantité totale de matières utilisées directement dans une économie par rapport à son produit intérieur brut (PIB). Améliorer la productivité des ressources peut contribuer à réduire au minimum les incidences négatives sur l’environnement et à diminuer la dépendance vis-à-vis de marchés de matières premières volatils. Comme le montre l'illustration 2, la Belgique a généré 2,84 EUR par kg de matières consommées en 2023, ce qui la place bien au-dessus de la productivité moyenne des ressources de l’Union (2,23 EUR par kg). Toutefois, les dernières données révèlent une baisse récente de la productivité des ressources en Belgique.
Illustration 2: productivité des ressources (en EUR/kg), 2013-2023
Remarque: l’unité de mesure utilisée est le volume chaîné en EUR/kg (2015). Les volumes chaînés rendent compte des variations des quantités et des prix des produits de base au cours des années précédentes, en tenant compte de l’inflation, et sont indexés sur l’année appropriée la plus proche, qui est ici 2015.
Source: Eurostat, «Productivité des ressources», env_ac_rp, dernière mise à jour du 7 août 2024, consulté le 9 décembre 2024, https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/env_ac_rp/default/table?lang=fr .
Politiques et mesures
Parallèlement aux initiatives européennes menées dans le cadre du plan d’action pour une économie circulaire, les États membres sont encouragés à adopter et à mettre en œuvre des stratégies circulaires aux niveaux national, régional et municipal. Ces stratégies devraient être adaptées à chaque réalité nationale et locale, afin d’exploiter les possibilités offertes par l’économie de proximité , tout en suivant les principes d’une approche globale tenant compte de l’ensemble de la chaîne de valeur.
Depuis son lancement en 2017, , les autorités nationales, régionales et locales ont utilisé la plateforme des acteurs européens de l’économie circulaire (en ligne) pour partager leurs stratégies, feuilles de route et bonnes pratiques, par exemple de nouveaux modèles d’entreprise et des technologies innovantes.
En décembre 2021, la Belgique a adopté au niveau fédéral un nouveau plan d’action complet en faveur de l’économie circulaire 2021-2024. Ce plan vise à promouvoir les possibilités qu'offre l’économie circulaire en matière d’innovation, de création d’emplois et de compétitivité en Belgique. Il a également pour but, à l'instar de la transition vers une économie circulaire de manière générale, de lutter contre le changement climatique, la perte de biodiversité et la dégradation de l’environnement. Grâce à ce plan, l’État fédéral actionnera les leviers et les compétences à sa disposition, notamment en ce qui concerne la politique en matière de produits, la politique de protection des consommateurs, les marchés publics et la politique fiscale. Les plans régionaux sont le moteur de la transition de la Belgique au niveau politique.
En Région de Bruxelles-Capitale, le gouvernement régional a adopté le programme régional en économie circulaire 2016-2020 , composé de 111 mesures définissant une stratégie pour passer d’une économie linéaire à une économie circulaire à l’horizon 2025. Ce programme établit un cadre de mise en œuvre d’une durée de 10 ans pour orienter l’économie de Bruxelles vers un modèle circulaire. Afin de veiller à ce que le programme soit tenu à jour et reste pertinent, celui-ci est révisé tous les 18 mois. Depuis avril 2022, il est inclus dans la stratégie régionale de transition économique 2022-2030.
Le plan wallon des déchets-ressources, adopté en 2018 à la suite d’une vaste consultation publique, comprenait déjà parmi ses orientations stratégiques des objectifs opérationnels et des mesures de politique régionale pour la prévention et la gestion des déchets ménagers et industriels et accordait une priorité importante à la circularité des ressources. Le plan traite des déchets de manière générale et se concentre spécifiquement sur la réduction des déchets et du gaspillage alimentaires, la récupération des biodéchets et des plastiques, l’amélioration de la gestion des déchets de construction et de démolition, l’efficacité des systèmes de responsabilité élargie des producteurs et la lutte contre les dépôts sauvages. La stratégie régionale «Circular Wallonia» a également été adoptée le 4 février 2021. Cette stratégie suit un processus participatif pour adopter une approche systémique de la transition vers une économie circulaire. Elle recense six chaînes de valeur prioritaires: la construction et les bâtiments; les matières plastiques; la métallurgie (y compris les métaux rares/critiques) et les batteries; l’eau; les textiles; et l’industrie alimentaire et les systèmes alimentaires. Le rapport sur la mise en œuvre de la stratégie «Circular Wallonia» a été publié en septembre 2024.
En Région flamande, la stratégie «Vision 2050» a été approuvée en 2016. Elle a recensé l’économie circulaire parmi les sept transitions nécessaires d’ici à 2050 et a lancé un processus politique visant à accroître la circularité. D’autres politiques et mesures importantes en faveur de l’économie circulaire en Région flamande figurent dans le document Profil national de l’économie circulaire 2024 – Rapport sur la Belgique, publié par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE).
Le plan pour les matières locales 2023–2030 consacré aux déchets ménagers et aux déchets industriels similaires a été approuvé par le gouvernement flamand le 26 mai 2023. Il a été présenté à la Commission européenne à la fois en tant que programme de prévention et en tant que plan de gestion des déchets. Ce plan vise à stabiliser complètement la production totale de déchets, à diminuer certains flux de déchets spécifiques, à augmenter le taux de réemploi, à diminuer de 30 % les déchets résiduels et à réduire l’incinération et le dépôt sauvage. Il prévoit plusieurs obligations pour les autorités locales et plus de 70 mesures que le gouvernement flamand prendra dans les années à venir afin d’atteindre les objectifs.
La Région flamande dispose également d’un plan d’action relatif aux pertes alimentaires circulaires et à la biomasse, en vigueur depuis 2021, et d’un plan d’action sur le plastique, en vigueur depuis 2020. La mise en œuvre de ces deux plans d’action est en cours, avec des objectifs fixés pour 2025.
Dans le cadre du plan pour la reprise et la résilience (PRR) du pays , la Région flamande a adopté un plan de relance pour la résilience flamande , visant à soutenir une transition accélérée vers une économie circulaire maximale grâce à des fonds européens. Le plan d’investissement fédéral «Belgium Builds Back Circular» prévoit un investissement de 28,97 millions d’EUR entre 2022 et 2026 afin de stimuler la recherche et le développement dans les entreprises et les institutions de recherche en ce qui concerne les trois piliers suivants: l’écoconception; le remplacement des substances préoccupantes; et la sensibilisation et l’information des petites et moyennes entreprises sur l’économie circulaire.
En 2024, une nouvelle procédure d’infraction a été ouverte à l’encontre de la Belgique pour non-respect du taux convenu de collecte des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) en 2021 [INFR(2024) 2121].
Marchés publics écologiques
Les marchés publics constituent une part importante de la consommation européenne, le pouvoir d’achat des administrations publiques représentant environ 14 % du PIB de l’UE. Les marchés publics utilisant des critères écologiques ou circulaires (analyse du cycle de vie, plateforme à la demande, seconde main) peuvent contribuer à stimuler la demande de produits durables qui satisfont aux normes de réparabilité et de recyclabilité.
En Belgique, une stratégie détaillée dans le domaine des marchés publics durables est en vigueur pour les ministères du gouvernement fédéral depuis 2014. Celle-ci associe les aspects écologiques et sociaux des marchés publics. Une révision de cette stratégie a été annoncée en 2022. Des réglementations spécifiques dans le cadre des marchés publics durables ont été adoptées pour le bois (en 2005), les véhicules (en 2009, 2010 et 2022) et l’efficacité énergétique (en 2013), avec des documents législatifs et stratégiques spécifiques dans les trois régions du pays et au niveau fédéral.
Des critères en matière de marchés publics écologiques ont été définis par la Flandre ainsi qu’au niveau fédéral grâce à des initiatives lancées par plusieurs ministères. Dans la plupart des cas, les critères européens en matière de marchés publics écologiques forment la base des discussions à l’échelle nationale avec les parties prenantes. À ce jour, les critères des marchés publics écologiques/durables fédéraux ont été élaborés pour quelque 70 groupes de produits et de services.
Les marchés publics durables constituent l’un des piliers du nouvel accord de coalition 2024-2029 du gouvernement flamand. Cet accord dispose que le gouvernement flamand doit mener une politique durable en matière de marchés publics. Les actions proposées dans les différents domaines politiques sont coordonnées, tous les partenaires participant à une action étant conjointement responsables de la réalisation de celle-ci. Parmi les actions actuelles, citons l’outil des critères des marchés publics durables, qui propose des critères de durabilité à tous les acheteurs publics, et le déploiement de l’Échelle de Performance CO2, qui vise à réduire structurellement l’incidence des gaz à effet de serre (GES) émis par le secteur des travaux publics.
Un outil a récemment été créé pour la passation de marchés publics durables. Cet outil, qui permet la mise en œuvre des critères non contraignants, est le fruit d'une collaboration avec le gouvernement néerlandais. Un site web fédéral est également consacré aux achats durables.
La Région de Bruxelles-Capitale s’est dotée d’un cadre à trois niveaux: i) la définition de normes, par exemple pour les véhicules propres et les travaux de construction et de rénovation de bâtiments durables; ii) la mise à disposition d’informations, de séances de formation et de conseils par l’intermédiaire d’un service d’assistance; et iii) l’instauration d’un cadre obligatoire pour les autorités publiques relevant de la Région de Bruxelles-Capitale.
Le 4 février 2021, la Région wallonne a adopté sa première stratégie en faveur de l’économie circulaire. Dans celle-ci, les marchés publics sont considérés comme un levier pour amorcer la transition de la région vers une économie circulaire. La stratégie définit plusieurs objectifs pour 2025, par exemple:
—intégration des principes de l’économie circulaire ou de critères circulaires dans 50 % de marchés publics pertinents;
—75 % de marchés publics circulaires et éthiques dans le domaine des TIC;
—inclusion d’un inventaire des matériaux et déconstruction sélective dans tous les marchés publics de démolition/déconstruction et tous les marchés bénéficiant de subventions;
—utilisation de matériaux de réemploi dans tous les marchés publics de travaux et, progressivement, dans les travaux financés par la Région wallonne.
En mars 2024, la Région wallonne a lancé un appel à candidatures visant à aider les pouvoirs adjudicateurs à repenser leurs politiques de passation de marchés afin d’y intégrer des considérations plus circulaires. Ces pouvoirs publics bénéficieront d’un soutien proportionnel à leur niveau d’expérience. Des outils, des réunions et des ateliers de renforcement des capacités compléteront cette initiative afin de maximiser la promotion de la transition circulaire dans le domaine des marchés publics. Une réunion entre acheteurs et fournisseurs d’offres circulaires sera organisée afin de favoriser le dialogue entre le secteur public et le secteur privé. Le plan wallon des déchets-ressources prévoit formellement de soutenir la prévention et la valorisation des déchets de construction et de démolition au moyen de marchés publics de travaux, notamment en imposant l’utilisation de matériaux recyclés. En outre, l’édition 2024 mise à jour du «Cahier des charges type bâtiments» prévoit l’obligation pour les entreprises de construction d’élaborer un plan de gestion des déchets de chantier selon un modèle établi et de trier les déchets en différentes catégories afin de maximiser la valorisation et la circularité des matières. Ces clauses doivent désormais être intégrées dans les spécifications particulières et mises en œuvre.
Une étude sur les recommandations adressées au gouvernement fédéral en ce qui concerne les marchés publics circulaires a été réalisée en 2024.
En suivant l’exemple de la France, une législation fédérale a été adoptée en 2024, créant un indice de réparabilité pour les lave-vaisselle, les aspirateurs, les nettoyeurs haute pression, les tondeuses à gazon et les ordinateurs portables. L’indice de réparabilité sera affiché dans les magasins à partir de mai 2025.
La Commission européenne a mis en évidence une bonne pratique de la Belgique dans ce domaine: La Materialenbank, basée à Louvain, est un projet lancé en 2020 en tant qu’effort conjoint entre le conseil communal de Louvain, l’Atelier Circuler (une organisation sans but lucratif active dans le secteur du travail du bois) et Wonen en Werken (une organisation de l’économie sociale qui offre des possibilités d’emploi aux personnes issues de milieux défavorisés). Son activité principale consiste à trouver des déchets de construction (principalement du bois et des pierres) dans la région de Louvain (en Région flamande) et à les récupérer, les transformer et les revendre. Les matériaux récupérés sont achetés et utilisés dans la région de Louvain par des entreprises de rénovation locales ainsi que par le gouvernement communal, l’hôpital local et l’université locale. La Materialenbank ferme la boucle de la chaîne d’utilisation des matériaux de construction et participe à l’économie circulaire et sociale de la ville de Louvain.
Le label écologique de l’Union et le système de management environnemental et d’audit
Le nombre de produits portant le label écologique de l’Union et le nombre d’organisations enregistrées dans le système de management environnemental et d’audit (EMAS) dans un pays donné donnent une idée de la mesure dans laquelle le secteur privé et les parties prenantes nationales de ce pays sont activement engagés dans la transition vers une économie circulaire. Le label écologique de l’UE est attribué aux produits affichant les meilleures performances environnementales. L’EMAS est un système de management environnemental volontaire qui vise à réduire les incidences environnementales des organisations.
En septembre 2024, la Belgique comptait 3 947 produits portant le label écologique, sur un total de 98 977 produits de l’UE, et 68 licences de label écologique sur les 2 983 attribuées, ce qui témoigne d’une bonne adoption de ce label tant au niveau des produits qu’au niveau des licences. En outre, 59 organisations belges sont actuellement enregistrées dans le système EMAS, soit quatre de plus qu’en 2021.
Aucune action prioritaire portant spécifiquement sur l’économie circulaire sans lien avec les déchets n’a été suggérée dans le rapport par pays relatif à l’examen de la mise en œuvre de la politique environnementale (EIR) en 2022.
Action prioritaire en 2025
·Accélérer la transition vers une économie circulaire en mettant en œuvre une stratégie nationale actualisée ainsi que le cadre et les recommandations de l’UE, notamment afin de la compléter par des mesures de circularité en amont.
Gestion des déchets
La transformation des déchets en ressources est favorisée par les éléments suivants:
i) prise en compte de l’ensemble du cycle de vie des produits, de la conception à la fin de vie, en définissant des exigences relatives à la conception des produits afin de garantir qu’ils sont plus durables;
ii) mise en œuvre intégrale de la législation de l’Union sur les déchets, ce qui inclut la hiérarchie des déchets, l’obligation de veiller à une collecte séparée des déchets, les objectifs de réduction de la mise en décharge, etc.;
iii) réduction de la production de déchets par habitant et en termes absolus;
iv) augmentation des taux de recyclage des déchets contenant des matières premières critiques, afin de réduire les dépendances et de mettre en place des chaînes de valeur résilientes, et stimulation de la demande de contenus recyclés dans tous les produits;
v) limitation de la valorisation énergétique aux matériaux non recyclables; et
vi) suppression progressive de la mise en décharge des déchets recyclables ou valorisables.
L’un des principaux objectifs de la législation de l’UE en matière de déchets est de dissocier la croissance économique de ses incidences sur l’environnement.
L’approche de l’UE en matière de gestion des déchets repose sur la hiérarchie du traitement des déchets: prévention, préparation en vue du réemploi, recyclage, valorisation et, option de dernier recours, élimination (qui inclut la mise en décharge et l’incinération sans valorisation énergétique).
Toutes les propositions législatives présentées par la Commission depuis 2021 dans le domaine de la gestion des déchets visent à encourager les États membres à promouvoir une meilleure conception des produits, à obliger les producteurs à prendre en charge les coûts de gestion des déchets résultant de leurs produits et à veiller à ce que les déchets soient gérés aux niveaux supérieurs de la hiérarchie des déchets.
La production de déchets en Belgique affiche une tendance à la hausse à partir de 2012, suivie d’une baisse en 2022 (illustration 3). Dans l’ensemble, aucun découplage clair entre la production de déchets et la croissance économique n’est visible sur cette période de 12 ans.
Les performances globales de la Belgique en matière de production et de gestion des déchets sont bonnes. Cela peut être constaté en tenant compte de l’indicateur relatif au recyclage et à l’utilisation circulaire des matériaux, ainsi que de la production de déchets par habitant du pays, qui est inférieure à la moyenne de l’UE.
Illustration 3: Production de déchets (total et hors déchets minéraux majeurs), population et PIB, 2010-2022
Remarque: les données sur la production de déchets pour les années impaires sont interpolées.
Matières premières critiques
En Belgique, la gestion des déchets est une compétence régionale. Les trois régions belges ont mis en place des cadres réglementaires concernant les déchets, y compris les flux de déchets qui contiennent des quantités importantes de matières premières critiques, et respectent la législation de l’UE en vigueur. La législation relative à la collecte séparée et au recyclage des DEEE, des batteries et des véhicules hors d’usage est en place. Les instruments les plus importants sont les régimes de responsabilité élargie des producteurs pour ces flux de déchets.
Chaque gouvernement régional a également conclu des conventions/accords environnementaux spécifiques avec les organisations qui représentent les secteurs concernés.
Les régions imposent des objectifs de recyclage de 95 % pour les métaux ferreux et non ferreux provenant du démantèlement et du traitement des DEEE, des batteries et des véhicules hors d’usage. Ces objectifs sont largement atteints pour les flux de déchets concernés. Les régions exigent des rapports spécifiques sur le traitement de ces flux de déchets (quantités de déchets respectivement réutilisés, recyclés, valorisés et éliminés; méthodes de traitement; flux de matières résultant du traitement; etc.)
Le décret wallon du 9 mars 2023 relatif aux déchets, à la circularité des matières et à la propreté publique mentionne spécifiquement les matières premières critiques.
La première version de la stratégie «Circular Wallonia» vise à accroître la mise en œuvre de l’économie circulaire dans les marchés publics. De nombreux travaux de sensibilisation, de partage d’informations, d’éducation et de soutien sont en cours afin de permettre aux pouvoirs publics (communes, administrations, etc.) d’intégrer des clauses de circularité dans les marchés publics de travaux, de fournitures ou de services. Toutefois, aucun effort n’a été entrepris afin d’accroître spécifiquement l’utilisation des matières premières critiques secondaires. Cet objectif pourrait faire l’objet d’un nouvel axe de travail de la nouvelle version de la stratégie «Circular Wallonia» afin de répondre aux priorités du règlement sur les matières premières critiques.
Dans la Région de Bruxelles-Capitale, aucune stratégie spécifique relative aux matières premières critiques n’a été adoptée. Le plan régional de gestion des ressources et des déchets (2018) aborde indirectement les matières premières critiques au moyen d’objectifs stratégiques généraux ou en ciblant spécifiquement les flux de déchets recensés dans le cadre du projet FutuRaM. Le gouvernement adoptera en 2025 un nouveau plan qui comprendra une stratégie spécifique relative aux matières premières critiques, conformément à la législation de l’UE sur les matières premières critiques.
Dans le contexte de la Région flamande, Vlaanderen Circulair (ou Circular Flanders) a réalisé une étude en lien avec les matières premières critiques. Vlaanderen Circulair est un partenariat entre les autorités flamandes, les entreprises, la société civile et le monde universitaire qui propose de mener une réflexion sur l’économie circulaire flamande et d’en débattre .
Enfin, dans le cadre du plan d’action fédéral belge pour une économie circulaire 2021-2024, plusieurs projets en cours sont susceptibles de tenir compte des matières premières critiques, bien qu’aucun d’entre eux ne cible spécifiquement ces matériaux.
Dans l’ensemble, il pourrait être bénéfique d’axer plus spécifiquement les politiques régionales sur la récupération des matières premières critiques dans les flux de déchets pertinents.
Déchets de construction et de démolition
Les déchets de construction et de démolition représentent près de 40 % du total des déchets produits dans l’UE. Une étude récente du Centre commun de recherche montre que, d’un point de vue environnemental, les activités de recyclage et de préparation en vue du réemploi sont préférables à l’incinération et à la mise en décharge pour la plupart des différents flux de déchets de construction et de démolition. Toutefois, les aspects économiques de ces activités sont souvent désavantageux par rapport à l’incinération et à la mise en décharge. Si la technologie disponible était mise en œuvre, on estime qu’en Belgique, une augmentation des activités de préparation en vue de la réutilisation et du recyclage des déchets de construction et de démolition permettrait d’éviter l’émission de 33 millions de tonnes de GES chaque année (soit plus que les émissions annuelles cumulées de l’Estonie, de la Lettonie et du Luxembourg).
Le taux de recyclage et de préparation en vue du réemploi des déchets minéraux de construction et de démolition en Belgique était de 53,2 % en 2022, contre 79,8 % en moyenne pour l’UE. Les mesures visant à accroître encore le taux de recyclage et de préparation en vue du réemploi des déchets de construction et de démolition comprennent la collecte séparée à la source, par exemple au moyen d’audits de pré-démolition numérisés («évaluations des ressources»); des régimes de responsabilité élargie des producteurs et d’autres instruments économiques; et des mesures en amont telles que l’augmentation des contenus recyclés dans les produits de construction et la conception circulaire des travaux de construction.
Stimuler la mise en œuvre de la politique environnementale – le rapport d’alerte sur les déchets de 2023
La présente section se concentre sur la gestion des déchets municipaux, pour laquelle le droit de l’Union fixe des objectifs de recyclage obligatoires. En juin 2023, la Commission a publié le rapport d’alerte sur les déchets , qui recense les tendances générales en matière de gestion des déchets et indique quels sont les États membres qui risquent de ne pas atteindre les objectifs fixés pour 2025 en matière de déchets (voir illustration 4). La Belgique fait partie de la catégorie de pays qui ne sont pas jugés à risque de ne pas atteindre les objectifs de recyclage des déchets municipaux et des déchets d’emballages.
Illustration 4: probabilité que les États membres atteignent les objectifs fixés en matière de recyclage et de préparation en vue du réemploi des déchets municipaux et des déchets d’emballages
| | États membres non à risque de ne pas atteindre l’objectif en matière de recyclage et de préparation en vue du réemploi fixé à 55 % pour les déchets municipaux et à 65 % pour les déchets d’emballages |
| | États membres à risque de ne pas atteindre l’objectif en matière de préparation en vue de la réutilisation et de recyclage pour les déchets municipaux mais non à risque de ne pas l’atteindre pour les déchets d’emballages |
| | États membres à risque de ne pas atteindre les deux objectifs |
| | Couverture extérieure |
Source: AEE, «Many EU Member States not on track to meet recycling targets for municipal waste and packaging waste», briefing nº 28/2022, Copenhague, 2023, https://www.eea.europa.eu/publications/many-eu-member-states . Données de référence © ESRI.
Sous certaines conditions, la législation de l’UE sur les déchets permet à certains États membres de reporter les délais fixés pour atteindre certains objectifs de gestion des déchets municipaux et des déchets d’emballages. Les États membres qui souhaitent faire usage de cette possibilité doivent en avertir la Commission 24 mois avant l’expiration du délai et présenter un plan de mise en œuvre exposant les mesures qu’ils envisagent de prendre pour atteindre les objectifs reportés dans un nouveau délai. En ce qui concerne les objectifs pour 2025, 11 États membres, dont ne fait pas partie la Belgique, ont fait usage de cette prérogative. D’autre part, la Commission prend actuellement des mesures coercitives à l’encontre des États membres qui, sur la base des données qui lui ont été communiquées, n’atteignent pas les objectifs de la directive-cadre sur les déchets, de la directive relative aux emballages et aux déchets d’emballages et de la directive relative aux déchets d’équipements électriques et électroniques .
Déchets municipaux
En Belgique, en 2022, le taux de recyclage et de préparation en vue du réemploi était de 55 % pour les déchets municipaux et le taux de recyclage était de 80 % pour les déchets d’emballages. Moins de 2 % des déchets municipaux sont mis en décharge.
Illustration 5: Gestion et recyclage des déchets municipaux (y compris préparation en vue du réemploi), 2010-2022
Source: Eurostat, «Déchets municipaux par opérations de gestion des déchets», env_wasmun, consulté le 22 octobre 2024, https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/ENV_WASMUN/default/table .
Si la Belgique obtient déjà des résultats comparativement positifs, des améliorations sont encore possibles, notamment en détournant les déchets de l’incinération vers le recyclage. Par exemple, la collecte séparée pourrait être améliorée en Région de Bruxelles-Capitale. Par ailleurs, la Belgique a renforcé les dispositions relatives à la collecte des biodéchets et il est prévu d’étendre la collecte des déchets alimentaires.
Illustration 6: Taux de recyclage (y compris préparation en vue du réemploi) et de mise en décharge (en %), 2010-2022
Remarque: il y a une rupture dans les séries de données en 2020. Depuis l’année de référence 2020, de nouvelles règles de déclaration s’appliquent pour le calcul du taux de recyclage des déchets municipaux conformément aux objectifs fixés à l’article 11, paragraphe 2, points c) à e), de la directive 2008/98/CE. Il est toutefois difficile de savoir, sur la base des informations disponibles, si ces nouvelles règles de déclaration ont déjà été pleinement mises en œuvre en Belgique.
Déchets d’emballages
Les taux de recyclage des déchets d’emballages sont restés relativement stables au cours des 10 dernières années, excepté pour les emballages en plastique, pour lesquels l’objectif fixé pour 2025 a été dépassé en 2022.
Illustration 7: production de déchets d’emballages, 2010-2022

Documents similaires