COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 7.7.2025
SWD(2025) 317 final
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION
Examen de la mise en œuvre de la politique environnementale 2025
Rapport par pays-LUXEMBOURG
accompagnant le document:
Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions
Examen de la mise en œuvre de la politique environnementale pour la prospérité et la sécurité 2025
{COM(2025) 420 final} - {SWD(2025) 300 final} - {SWD(2025) 301 final} - {SWD(2025) 302 final} - {SWD(2025) 303 final} - {SWD(2025) 304 final} - {SWD(2025) 305 final} - {SWD(2025) 306 final} - {SWD(2025) 307 final} - {SWD(2025) 308 final} - {SWD(2025) 309 final} - {SWD(2025) 310 final} - {SWD(2025) 311 final} - {SWD(2025) 312 final} - {SWD(2025) 313 final} - {SWD(2025) 314 final} - {SWD(2025) 315 final} - {SWD(2025) 316 final} - {SWD(2025) 318 final} - {SWD(2025) 319 final} - {SWD(2025) 320 final} - {SWD(2025) 321 final} - {SWD(2025) 322 final} - {SWD(2025) 323 final} - {SWD(2025) 324 final} - {SWD(2025) 325 final} - {SWD(2025) 326 final}
Contenu
Résumé
Partie I: Domaines thématiques
1. Économie circulaire et gestion des déchets
Transition vers une économie circulaire
Gestion des déchets
2. Biodiversité et capital naturel
Cadres mondiaux et européens en faveur de la biodiversité
Protection et restauration de la nature – Natura 2000
Reconstitution des espèces
Rétablissement des écosystèmes
Prévention et gestion des espèces exotiques envahissantes
Évaluation et comptabilité des écosystèmes
3. Stratégie zéro pollution
Un air pur
Émissions industrielles
Prévention des accidents industriels majeurs – Seveso
Règlement relatif au mercure
Bruit
Qualité et gestion de l’eau
Substances chimiques
4. Action pour le climat
Le système d’échange de quotas d’émission de l’UE
Répartition de l’effort
Utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie
Adaptation au changement climatique
Partie II: Cadre facilitateur – outils de mise en œuvre
5. Financement
Principaux repères concernant le financement de l’action climatique
Financements et investissements en faveur de l’environnement
Gestion des finances publiques
6. Gouvernance environnementale
Information, participation du public et accès à la justice
Assurance du respect de la législation
Renforcement des capacités environnementales soutenu par l’UE
Annexe
Résumé
En mai 2016, la Commission a lancé l’examen de la mise en œuvre de la politique environnementale (EIR), un outil de rapport régulier fondé sur l’analyse, le dialogue et la collaboration avec les États membres de l’UE afin d’améliorer la mise en œuvre de la politique et de la législation environnementales existantes de l’UE . À la suite des précédents EIR réalisés en 2017, 2019 et 2022, le présent rapport évalue les progrès accomplis tout en décrivant les principaux défis et possibilités qu’il reste à aborder en ce qui concerne la mise en œuvre de la législation environnementale au Luxembourg. L’objectif du présent rapport est de fournir des informations sur les résultats en matière de mise en œuvre et de mettre en lumière les moyens les plus efficaces de combler les lacunes en matière de mise en œuvre qui ont une incidence sur la santé humaine et l’environnement et nuisent au développement économique et à la compétitivité du pays. Le présent rapport s’appuie sur des rapports de mise en œuvre sectoriels détaillés recueillis par la Commission ou publiés par celle-ci en vertu de la législation environnementale spécifique.
Les principaux problèmes exposés ci-dessous ont été sélectionnés dans la partie I du présent rapport, intitulée «Domaines thématiques», en tenant compte de facteurs tels que la gravité du problème de mise en œuvre de la législation environnementale compte tenu de l’incidence sur la qualité de la vie des citoyens, l’écart entre les résultats et les objectifs et les implications financières. Au Luxembourg, ces problèmes persistent depuis le premier examen de la mise en œuvre de la politique environnementale réalisé en 2017 et nécessitent une action urgente.
Le Luxembourg fait partie des pays les plus performants en matière d’économie circulaire et de gestion des déchets. Toutefois, dans certains secteurs, ses performances diminuent. Par exemple, son taux d’utilisation circulaire des matériaux est tombé en dessous de la moyenne de l’UE et des efforts supplémentaires devraient être entrepris afin d’accélérer la transition vers une économie circulaire. Surtout, le Luxembourg est l’un des États membres qui génèrent le plus de déchets. Si le pays est en bonne voie pour atteindre à la fois l’objectif de recyclage et de réemploi des déchets municipaux et l’objectif de recyclage des déchets d’emballages, sa dépendance vis-à-vis de l’incinération est tout de même supérieure à la moyenne des États membres. Des mesures devraient être prises afin de réduire les déchets, en ciblant les niveaux supérieurs de la hiérarchie des déchets.
La biodiversité et la nature se détériorent au Luxembourg et des mesures urgentes sont nécessaires pour protéger et restaurer les habitats et les espèces. Les écosystèmes sont soumis à plusieurs pressions, provenant notamment des pratiques agricoles et de l’artificialisation des sols. Le Luxembourg devrait prendre des mesures en vue de réaliser la transition vers une agriculture durable.
Malgré certains progrès, le Luxembourg estime qu’il ne parviendra pas à respecter ses engagements de réduction des émissions pour plusieurs polluants atmosphériques. Des préoccupations subsistent en ce qui concerne la qualité des masses d’eau, étant donné que la totalité des masses d’eau de surface et une grande partie des masses d’eau souterraines ne parviennent pas à atteindre un bon état chimique et écologique. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour réduire la pollution par les nitrates lorsque la pression agricole est importante. L’aménagement urbain et les constructions sont également une cause fréquente de modification des masses d’eau.
Les investissements environnementaux globaux dont le Luxembourg a besoin pour atteindre ses objectifs dans les principaux domaines de l’environnement s’élèvent à 1,7 milliard d’EUR par an, ventilés comme suit: économie circulaire (913 millions d’EUR), prévention et réduction de la pollution (217 millions d’EUR), eau (464 millions d’EUR) et biodiversité et écosystèmes (70 millions d’EUR). Pour atteindre ces objectifs environnementaux au-delà du changement climatique, le montant des investissements supplémentaires nécessaires par rapport au niveau actuel – soit le déficit d’investissement – atteint environ 403 millions d’EUR par an au Luxembourg. Ce chiffre représente environ 0,52 % du produit intérieur brut du Luxembourg, soit un chiffre inférieur à la moyenne de l’UE (0,77 %).
Dans l’ensemble, le Luxembourg obtient de bons résultats dans le domaine de la gouvernance environnementale; il doit toutefois renforcer sa capacité administrative pour soutenir la transition écologique.
Sur le plan positif, la productivité des ressources du Luxembourg est nettement supérieure à la moyenne de l’UE, ce qui illustre la capacité de son économie à utiliser les ressources de manière plus efficace pour produire des biens et des services. Le Luxembourg affiche des niveaux satisfaisants de collecte et de traitement des eaux urbaines résiduaires. Le pays continue de mettre en œuvre correctement la directive établissant une infrastructure d’information géographique dans la Communauté européenne, en fournissant ainsi des informations géographiques utiles pour la bonne gouvernance.
Partie I: Domaines thématiques
1. Économie circulaire et gestion des déchets
Transition vers une économie circulaire
Faire progresser la transition vers une économie circulaire dans l’UE permettra d’atténuer l’incidence environnementale et climatique de nos systèmes industriels en réduisant l'utilisation de matières premières, en gardant plus longtemps les produits et matériaux en circulation et en diminuant la production de déchets, ce qui permettra de découpler la croissance économique de la consommation de ressources. Une économie circulaire peut permettre d’augmenter considérablement la compétitivité et la création d’emplois tout en encourageant l’innovation et en ouvrant l'accès à de nouveaux marchés. Les mesures du plan d’action pour une économie circulaire de 2020 sont désormais en place ou se trouvent à un stade législatif avancé et les États membres de l’UE doivent donc désormais se concentrer sur leur mise en œuvre rapide et efficace.
Le plan d’action pour une économie circulaire de 2020 a lancé le processus législatif d’adoption d’un ensemble d’initiatives qui doivent à présent être mises en œuvre par les gouvernements nationaux dans l’ensemble de l’UE. Ces initiatives ont toutes été introduites selon une approche globale fondée sur le cycle de vie, avec des mesures couvrant les différentes étapes du cycle de vie d’un produit, de la conception à la fin de vie en passant par l’utilisation.
Dans le plan d’action pour une économie circulaire, l’UE s’est fixé comme objectif principal de doubler son taux d’utilisation circulaire des matériaux d’ici à 2030.
Le taux d’utilisation circulaire des matériaux mesure l’un des aspects de la circularité, à savoir la part que représentent les déchets recyclés dans la quantité totale de matières utilisées dans l’économie. Un taux d’utilisation circulaire des matériaux plus élevé signifie que davantage de matières secondaires ont été utilisées en remplacement de matières premières, ce qui permet de réduire les incidences environnementales de l’extraction de matières primaires.
Le taux d’utilisation circulaire des matériaux du Luxembourg a globalement diminué, avec quelques augmentations entre 2016 et 2018 et entre 2021 et 2022. En 2023, il se chiffrait à 10,2 %, soit un niveau inférieur à la moyenne de l’UE (11,8 %) (Illustration 1).
Illustration 1: Taux d’utilisation circulaire des matériaux (en %), 2013-2023
Source: Eurostat, «Taux d’utilisation circulaire de matières», env_ac_cur, dernière mise à jour du 13 novembre 2024, consulté le 10 décembre 2024, https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/env_ac_cur/default/table?lang=fr .
La productivité des ressources mesure la quantité totale de matières utilisées directement dans une économie par rapport à son produit intérieur brut (PIB). Améliorer la productivité des ressources peut contribuer à réduire au minimum les incidences négatives sur l’environnement et à diminuer la dépendance vis-à-vis de marchés de matières premières volatils. Comme le montre l'illustration 2, avec 4,53 EUR générés par kg de matière consommée, la productivité des ressources au Luxembourg est bien supérieure à la moyenne de l’UE de 2,23 EUR par kg en 2023.
Illustration 2: Productivité des ressources (en EUR/kg), 2013-2023
Remarque: l’unité de mesure utilisée est le volume chaîné en EUR/kg (2015). Les volumes chaînés rendent compte des variations des quantités et des prix des produits de base au cours des années précédentes, en tenant compte de l’inflation, et sont indexés sur l’année appropriée la plus proche, qui est ici 2015.
Source: Eurostat, «Productivité des ressources», env_ac_rp, dernière mise à jour du 7 août 2024, consulté le 9 décembre 2024, https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/env_ac_rp/default/table?lang=fr .
Politiques et mesures
Parallèlement aux initiatives européennes menées dans le cadre du plan d’action pour une économie circulaire, les États membres sont encouragés à adopter et à mettre en œuvre des stratégies circulaires aux niveaux national, régional et municipal. Ces stratégies devraient être adaptées à chaque réalité nationale et locale, afin d’exploiter les possibilités offertes par l’économie de proximité , tout en suivant les principes d’une approche globale tenant compte de l’ensemble de la chaîne de valeur.
Depuis le lancement de la plateforme en ligne des acteurs européens de l’économie circulaire en 2017 , les autorités nationales, régionales et locales ont utilisé la plateforme pour partager leurs stratégies, feuilles de route et bonnes pratiques, par exemple d’autres modèles d’entreprise et des technologies innovantes.
En février 2021, le Luxembourg a adopté une stratégie globale en faveur de l’économie circulaire, qui comprend des objectifs tout au long du cycle de vie des produits. Des feuilles de route seront élaborées pour les différents domaines de compétence des pouvoirs publics – à savoir la règlementation et les normes, les aspects financiers et la création et la gestion des connaissances – afin de garantir l’obtention d’effets tangibles.
Une révision de la stratégie a été réalisée en 2023 et ses recommandations sont en cours d’analyse en vue de leur mise en œuvre ultérieure. Parmi les recommandations figure la mise en place d’une structure consacrée à l’économie circulaire au niveau national; l’adoption d’une approche stratégique de l’action; l’introduction d’indicateurs mesurables; l’inclusion et la mobilisation des citoyens et des entreprises dans la transition; l’intensification des efforts en matière d’éducation; et l’accroissement du soutien apporté aux projets pilotes.
Le Luxembourg prévoit de mettre en place une approche fondée sur la consommation pour calculer son empreinte carbone, y compris les émissions indirectes. Un calculateur d’empreinte carbone sera mis en place afin de sensibiliser aux possibilités de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) en agissant sur la consommation; cette mesure est liée à l’économie circulaire car elle peut permettre l’adoption d’autres modèles commerciaux et d’autres modes de consommation.
Marchés publics écologiques
Les marchés publics constituent une part importante de la consommation européenne, le pouvoir d’achat des administrations publiques représentant environ 14 % du PIB de l’UE. Les marchés publics utilisant des critères écologiques ou circulaires (analyse du cycle de vie, plateforme à la demande, seconde main) peuvent contribuer à stimuler la demande de produits durables qui satisfont aux normes de réparabilité et de recyclabilité. Le Luxembourg ne dispose actuellement pas de plan d’action national ou de stratégie nationale en matière de marchés publics écologiques. Néanmoins, la loi luxembourgeoise sur les marchés publics encourage les pouvoirs adjudicateurs à utiliser les procédures d’appel d’offres pour promouvoir le développement durable. Le pays ne dispose pas d’objectifs, de mesures particulières ou de critères obligatoires pour promouvoir les marchés publics écologiques. Quelques orientations concernant les critères pouvant être imposés sont fournies sous la forme de références et de liens renvoyant vers le site web des marchés publics écologiques et dans la boîte à outils («toolkit») des marchés publics écologiques de l’UE.
Aucune autre mesure n’a été portée à l’attention de la Commission depuis l’examen de la mise en œuvre de la politique environnementale de 2022.
Le label écologique de l’UE et le système de management environnemental et d’audit
Le nombre de groupes de produits portant le label écologique de l’UE et le nombre d’organisations enregistrées dans le système de management environnemental et d’audit (EMAS) dans un pays donné donnent une idée de la mesure dans laquelle le secteur privé et les parties prenantes nationales de ce pays sont activement engagés dans la transition vers une économie circulaire. Le label écologique de l’UE est attribué aux produits affichant les meilleures performances environnementales. L’EMAS est un système de management environnemental volontaire qui vise à réduire les incidences environnementales des organisations.
En septembre 2021, le Luxembourg comptait 9 produits (sur 98 977) et 9 licences (sur 2 983) enregistrés dans le système de label écologique de l’Union européenne. Les chiffres déjà faibles enregistrés en 2022 ont encore diminué. En ce qui concerne l’EMAS, en octobre 2024, le Luxembourg comptait huit organisations enregistrées, soit une de plus qu’en octobre 2021.
Le Luxembourg a tardé à mettre en œuvre les actions prioritaires suggérées dans les précédents rapports et les actions de 2022 étaient toutes axées sur des mesures liées aux déchets.
Actions prioritaires en 2025
·Adopter des mesures visant à augmenter le taux d’utilisation circulaire des matériaux.
·Accélérer la transition vers une économie circulaire en mettant en œuvre une stratégie nationale actualisée ainsi que le cadre et les recommandations de l’UE, notamment afin de la compléter par des mesures de circularité en amont.
Gestion des déchets
La transformation des déchets en ressources est favorisée par les éléments suivants:
—prise en compte de l’ensemble du cycle de vie des produits, de la conception à la fin de vie, en définissant des exigences relatives à la conception des produits afin de garantir qu’ils sont plus durables;
—mise en œuvre intégrale de la législation de l’Union sur les déchets, ce qui inclut la hiérarchie des déchets, l’obligation de veiller à une collecte séparée des déchets, les objectifs de réduction de la mise en décharge, etc.;
—la réduction de la production de déchets par habitant et en termes absolus;
—augmentation des taux de recyclage des déchets contenant des matières premières critiques, afin de réduire les dépendances et de mettre en place des chaînes de valeur résilientes, et stimulation de la demande de contenus recyclés dans tous les produits;
—limitation de la valorisation énergétique aux matériaux non recyclables;
—et en supprimant progressivement la mise en décharge des déchets recyclables ou valorisables.
L’un des principaux objectifs de la législation de l’UE en matière de déchets est de dissocier la croissance économique de ses incidences sur l’environnement.
L’approche de l’UE en matière de gestion des déchets repose sur la hiérarchie des déchets: prévention, préparation en vue du réemploi, recyclage, valorisation et, option de dernier recours, élimination (qui inclut la mise en décharge et l’incinération sans valorisation énergétique).
Toutes les propositions législatives présentées par la Commission depuis 2021 dans le domaine de la gestion des déchets visent à encourager les États membres à promouvoir une meilleure conception des produits, à obliger les producteurs à prendre en charge les coûts de gestion des déchets résultant de leurs produits et à veiller à ce que les déchets soient gérés aux niveaux supérieurs de la hiérarchie des déchets.
La quantité totale de déchets produits au Luxembourg a connu une légère baisse globale au cours de la période considérée (Illustration 3). L’exclusion des principales catégories de déchets minéraux modifie cette tendance générale et révèle une augmentation modérée, principalement imputable à une augmentation significative de la production de déchets de combustion à partir de 2020. Les données communiquées pour la période 2010-2014 sont moins fiables et la collecte de données s’est considérablement améliorée depuis 2014. En raison des fortes variations de la production de déchets, il n’existe aucun signe clair d’un découplage entre la production de déchets et la croissance économique.
Illustration 3: Production de déchets (total et hors déchets minéraux majeurs), population et PIB, 2010-2022
Source: Eurostat, «Produit intérieur brut (PIB) et principales composantes (production, dépenses et revenu)», nama_10_gdp, consulté le 15octobre 2024, https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/nama_10_gdp__custom_9301905/default/table ; Eurostat, «Déchets générés par catégorie de déchets, dangerosité et activité de la NACE Rév. 2», env_wasgen, dernière mise à jour le 30 septembre 2024, consulté le 22 octobre 2024, https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/env_wasgen/default/table ; Eurostat, «Évolution de la population – Bilan démographique et taux bruts au niveau national», demo_grind, consulté le 15 octobre 2024, https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/demo_gind/default/table?category=demo.demo_ind .
Matières premières critiques
La stratégie luxembourgeoise en faveur de l’économie circulaire met l’accent sur l’utilisation efficace des matières premières critiques à toutes les étapes du cycle de vie des produits: en encourageant une conception durable des produits, ainsi que leur réparabilité et leur recyclabilité, elle réduit le besoin de matières premières critiques vierges. La stratégie renforce également les infrastructures de recyclage des matières premières critiques provenant de plusieurs flux de déchets, y compris les déchets électroniques et les déchets de construction et de démolition, et encourage la réutilisation des produits riches en matières premières critiques afin de prolonger leur cycle de vie et de réduire les volumes d’extraction de nouvelles matières premières critiques.
Parallèlement, la stratégie «zéro déchet» du Luxembourg met l’accent sur la réduction de la production de déchets à la source, en particulier les déchets riches en matières premières critiques, et encourage les pratiques «zéro déchet» dans les industries qui utilisent des quantités importantes de matières premières critiques (par exemple, l’électronique et la construction). Dans le secteur de la construction, elle encourage les pratiques de démolition sélective afin de faciliter la valorisation des matières premières critiques dans les déchets de construction et de démolition, en veillant à ce que les matériaux riches en matières premières critiques précieuses soient séparés et recyclés plutôt que d’être envoyés dans des décharges.
Déchets de construction et de démolition
Les déchets de construction et de démolition représentent près de 40 % du total des déchets produits dans l’UE. Une étude récente du Centre commun de recherche montre que, d’un point de vue environnemental, les activités de recyclage et de préparation en vue du réemploi sont préférables à l’incinération et à la mise en décharge pour la plupart des différentes fractions de déchets de construction et de démolition. Toutefois, les aspects économiques de ces activités ne favorisent pas la préparation en vue du réemploi et le recyclage par rapport à l’incinération et la mise en décharge. Si la technologie disponible était mise en œuvre, on estime que l’augmentation des activités de recyclage et de préparation en vue du réemploi permettrait d’éviter l’émission de 33 millions de tonnes de GES supplémentaires chaque année (soit plus que, par exemple, les émissions annuelles cumulées de l’Estonie, de la Lettonie et du Luxembourg).
Le taux de préparation en vue du réemploi et le recyclage des déchets minéraux de construction et de démolition au Luxembourg était de 94,4 % en 2022, contre 79,8 % en moyenne pour l’UE. Les mesures prises afin d’augmenter encore ce taux comprennent la facilitation de la collecte séparée à la source, par exemple au moyen d’audits de prédémolition numérisés. D’autres instruments économiques, par exemple des régimes de responsabilité élargie des producteurs et des mesures en amont telles que l’augmentation des contenus recyclés dans les produits de construction et la conception circulaire des travaux de construction, y contribuent également.
Stimuler la mise en œuvre de la politique environnementale – le rapport d’alerte sur les déchets de 2023
La présente section se concentre sur la gestion des déchets municipaux, pour laquelle le droit de l’Union fixe des objectifs de recyclage obligatoires. En juin 2023, la Commission a publié le rapport d’alerte sur les déchets, qui recense les tendances générales en matière de gestion des déchets. Le Luxembourg est en bonne voie pour atteindre l’objectif concernant le recyclage et le réemploi des déchets municipaux et celui concernant le recyclage des déchets d’emballages.
Illustration 4: Probabilité que les États membres atteignent les objectifs fixés en matière de recyclage et de préparation en vue du réemploi des déchets municipaux et des déchets d’emballages
| | États membres non à risque de ne pas atteindre l’objectif en matière de recyclage et de préparation en vue du réemploi de 55 % des déchets municipaux et l’objectif de recyclage de 65 % des déchets d’emballages |
| | États membres à risque de ne pas atteindre l’objectif en matière de recyclage et de préparation en vue du réemploi pour les déchets municipaux mais non à risque de ne pas l’atteindre pour l’ensemble des déchets d’emballages |
| | États membres à risque de ne pas atteindre les deux objectifs |
| | Couverture extérieure |
Source: Agence européenne pour l’environnement (AEE), «Many EU Member States not on track to meet recycling targets for municipal waste and packaging waste», briefing nº 28/2022, Copenhague, 2023. Données de référence © ESRI.
Sous certaines conditions, la législation de l’UE sur les déchets permet à certains États membres de reporter les délais fixés pour atteindre certains objectifs de gestion des déchets municipaux et des déchets d’emballages. Les États membres qui souhaitent faire usage de cette possibilité doivent en avertir la Commission 24 mois avant l’expiration du délai et présenter un plan de mise en œuvre exposant les mesures qu’ils envisagent de prendre pour atteindre les objectifs reportés dans un nouveau délai. En ce qui concerne les objectifs pour 2025, 11 États membres, dont fait partie le Luxembourg, ont fait usage de cette prérogative.
Le 22 décembre 2023, le Luxembourg a notifié à la Commission son intention de reporter la réalisation de l’objectif de recyclage des déchets d’emballages en plastique fixé pour 2025 par la directive relative aux emballages et aux déchets d’emballages. Le Luxembourg a joint à cette notification un plan de mise en œuvre décrivant les mesures nécessaires pour atteindre l’objectif reporté dans un nouveau délai (à savoir 2030 au lieu de 2025). À la demande de la Commission, le Luxembourg a présenté un plan de mise en œuvre révisé le 21 juin 2024. Selon ce plan de mise en œuvre, les principales mesures que le Luxembourg mettra en place comprennent une nouvelle législation sur les déchets d’emballages, un régime de responsabilité élargie des producteurs pour les emballages non ménagers et un système de consigne pour les bouteilles en plastique. La Commission a considéré que le plan présenté était conforme aux exigences énoncées dans la législation applicable en matière de déchets.
Dans le rapport d’alerte sur les déchets, la Commission a recommandé aux États membres d’accélérer leurs efforts visant à améliorer leurs performances en matière de recyclage. D’une part, la Commission travaille avec les autorités nationales et les parties prenantes en vue d’accélérer la mise en œuvre des mesures nécessaires à la réalisation des objectifs, y compris au moyen d’un financement spécifique. D’autre part, la Commission prend actuellement des mesures coercitives à l’encontre des États membres qui, sur la base des données qui lui ont été communiquées, n’atteignent pas les objectifs de la directive-cadre sur les déchets, de la directive relative aux emballages et aux déchets d’emballages et de la directive relative aux déchets d’équipements électriques et électroniques.
Au Luxembourg, le plan national de gestion des déchets et des ressources (PNGDR) intègre la notion de ressources depuis 2018. Ce plan vise à accroître la prévention et la réutilisation. Il intègre les principes de l’économie circulaire dans l’élaboration des mesures. En 2022, la Chambre des députés a adopté cinq lois, connues sous le nom de «Paquet économie circulaire», dont les principaux objectifs sont la prévention et la réduction des déchets. Ce paquet jette les bases de la transition de la gestion des déchets vers la gestion des ressources. L’objectif général est de renforcer les principes de l’économie circulaire, en suivant les principes de consommation responsable des ressources naturelles et en optimisant le cycle de vie des matières en les réutilisant, en les préparant en vue de leur réutilisation ou, à défaut, en les recyclant. La plupart des aspects de ce paquet sont couverts par des dispositions législatives et réglementaires nationales spécifiques.
Déchets municipaux
La production de déchets municipaux au Luxembourg a considérablement augmenté entre 2010 et 2021 (Illustration 5). Toutefois, l’augmentation observée en 2016 est due à l’élargissement de la définition des déchets municipaux dans la méthode de déclaration. Depuis 2016, la production de déchets municipaux stagne, avec une diminution en 2022. En 2022, le pays a généré 721 kg de déchets municipaux par habitant, ce qui est largement au-dessus de la moyenne de l’UE à 27, estimée à 515 kg par habitant. Ce volume élevé pourrait s’expliquer en partie par le nombre important de navetteurs transfrontaliers et par l’inclusion des déchets municipaux provenant d’autres sources que les ménages, qui représentent environ 30 % des déchets municipaux produits.
Illustration 5: Gestion et recyclage des déchets municipaux (y compris préparation en vue du réemploi), 2010-2022
Remarques: a) l’illustration présente les déchets incinérés («incineration»), mis en décharge («landfill»), compostés et digérés («composting and digestion»), recyclés et préparé en vue du réemploi («material recycling and preparing for reuse») et le total des déchets générés («waste generated»). b) La série a connu une rupture en 2016, lorsque la définition des déchets municipaux a été élargie. Depuis 2020, de nouvelles règles de déclaration s’appliquent pour le calcul du taux de recyclage des déchets municipaux conformément aux objectifs fixés à l’article 11, paragraphe 2, points c) à e), de la directive 2008/98/CE. Le Luxembourg applique les nouvelles règles de déclaration depuis 2015, mais des améliorations ont été apportées en 2020 et à nouveau en 2022 en ce qui concerne l’exactitude des taux moyens de perte.
Source: Eurostat, «Déchets municipaux par opérations de gestion des déchets», env_wasmun, consulté le 22 octobre 2024, https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/ENV_WASMUN/default/table .
Illustration 6: Taux de recyclage (y compris préparation en vue du réemploi) et de mise en décharge (en %), 2010-2022
Source: Eurostat, «Déchets municipaux par opérations de gestion des déchets», env_wasmun, consulté le 22 octobre 2024, https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/ENV_WASMUN/default/table .
Déchets d’emballages
La production de déchets d’emballages au Luxembourg stagne depuis 2010 (Illustration 7). Le pays a généré 209 kg de déchets municipaux par habitant en 2022, ce qui est nettement supérieur à la moyenne de l’UE, estimée à 186 kg par habitant pour la même année.
Illustration 7: Production de déchets d’emballages, 2010-2022
Remarques: a) L’illustration présente les déchets d’emballages en papier et carton («paper and cardboard packaging»), en bois («wooden packaging»), en aluminium, en verre («glass packaging»), en plastique, en métal, en acier («steel packaging») et autres («other packaging»). b) Depuis l’année de référence 2020, les règles de calcul du taux de recyclage des déchets d’emballages ont été modifiées, conformément à l’article 6 bis de la directive 94/62/CE. Le Luxembourg applique les nouvelles règles de déclaration depuis 2015, mais des améliorations ont été apportées en 2020 et à nouveau en 2022 en ce qui concerne l’exactitude des taux moyens de perte.
Source: Eurostat, «Déchets d’emballages par opérations de gestion des déchets», env_waspac, dernière mise à jour le 23 octobre 2024, consulté le 28 octobre 2024, https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/ENV_WASPAC__custom_842634/default/table?lang=fr .
Illustration 8: Taux de recyclage des déchets d’emballages (en %), 2010-2022

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