COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 25.6.2025
SWD(2025) 336 final
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION
RÉSUMÉ DU RAPPORT D'ANALYSE D'IMPACT
accompagnant le document:
Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil
relatif à la sécurité, à la résilience et à la durabilité des activités spatiales dans l’Union
{COM(2025) 335 final} - {SEC(2025) 335 final} - {SWD(2025) 335 final}
A. Nécessité d’une action
Quel est le problème et pourquoi se situe-t-il au niveau de l’Union?
La croissance des activités spatiales dans l’UE a été stimulée par une demande croissante de données spatiales et de services spatiaux afin de soutenir l’économie et la société ainsi que par la baisse des coûts de fabrication et de lancement des satellites. Cela a donné lieu à un élargissement du réseau d’entreprises privées exerçant des activités transfrontières, y compris à l’émergence rapide d’entreprises commerciales (industrie du «nouvel espace») dans tous les États membres.
Afin de soutenir la croissance rapide de l’industrie spatiale, les différents États membres ont mis en place un environnement réglementaire au niveau national.
Cette mosaïque d’approches réglementaires nationales entraîne une fragmentation du marché unique et pourrait s’accentuer, étant donné que d’autres États membres ont annoncé leur intention de mettre en place leur propre cadre juridique pour les activités spatiales. Cette fragmentation risque i) d’entraver la compétitivité de l’industrie spatiale de l’Union et les chaînes de valeur transfrontières des activités spatiales de l’Union; ii) de faire obstacle à la protection des infrastructures spatiales, en mettant ainsi en péril la viabilité à long terme des moyens spatiaux et l’utilisation des services spatiaux pour les utilisateurs de l’Union; et iii) de compromettre la capacité de l’industrie spatiale de l’Union à lutter contre les répercussions des activités spatiales sur l’environnement.
Quatre problèmes majeurs ont été mis en évidence:
a)un marché unique fragmenté, qui entrave les activités spatiales transfrontières;
b)un risque pour la résilience et la viabilité à long terme des activités spatiales menées par des organismes commerciaux et gouvernementaux dans l’ensemble de l’Union;
c)les défis environnementaux qui voient le jour en raison de la pression exercée par les chaînes d’approvisionnement pour le secteur spatial de l’Union.
Objectifs: Quels sont les objectifs à atteindre?
L’objectif général de la présente initiative est de soutenir le développement et le fonctionnement d’un marché unique européen du secteur spatial.
Plus précisément, l’initiative vise à:
·i) établir un cadre de l’Union régissant la conduite des opérateurs spatiaux dans l’Union de manière à créer un environnement stable, prévisible et concurrentiel pour les entreprises, qui favorise l’innovation;
·garantir la traçabilité des objets spatiaux et réduire la quantité de débris spatiaux générés par les opérateurs spatiaux de l’Union et les opérateurs spatiaux qui fournissent leurs services dans l’Union;
·créer un cadre d’évaluation des risques adapté aux besoins spécifiques des infrastructures spatiales dans l’Union et les États membres en matière de cybersécurité;
·créer une méthode commune pour évaluer et mesurer les incidences des activités spatiales de l’Union sur l’environnement.
Quelle est la valeur ajoutée de l’action au niveau de l’Union (subsidiarité)?
Les États membres ont adopté leurs propres approches en matière de sécurité, de résilience et de durabilité des activités spatiales. Une action au niveau de l’Union est essentielle pour parvenir à une harmonisation ciblée ces trois aspects essentiels, qui sont actuellement couverts de différentes manières par les exigences nationales en matière d’autorisation.
La mise en place d’un cadre au niveau de l’Union rehausserait le niveau de sécurité, de résilience et de durabilité de l’ensemble des activités spatiales, en générant ainsi une valeur ajoutée significative par rapport à une action individuelle au niveau des États membres. Elle contribuerait notamment i) à établir des conditions de concurrence équitables dans l’ensemble de l’Union en harmonisant les exigences en matière d’autorisation visant à garantir la sécurité, la résilience et la durabilité environnementale; ii) à éviter les chevauchements, les doubles emplois et les conflits entre les législations nationales, en améliorant ainsi le marché unique; iii) à transférer ou reconnaître les autorisations afin de fournir des services ou des biens à l’échelle de l’Union; iv) à améliorer et harmoniser la protection des infrastructures spatiales dans l’Union, en renforçant la capacité de ces systèmes à fournir des données et des services à l’appui du marché unique; et v) à assurer la cohérence de l’évaluation des incidences des activités spatiales sur l’environnement. Une approche commune au niveau de l’Union permettrait en outre à l’Union de jouer un rôle de premier plan sur la scène mondiale en ce qui concerne la définition de normes dans un secteur qui a un besoin urgent de solutions.
B. Solutions
Quelles sont les différentes options pour atteindre les objectifs? Y a-t-il une option privilégiée?
Pour atteindre les objectifs de cette initiative, quatre options stratégiques ont été envisagées: i) la corégulation (option 1); ii) un cadre contraignant au niveau de l’Union (option 2); iii) un cadre contraignant au niveau de l’Union, assorti de mesures non contraignantes (option 2+); iv) des accords bilatéraux (option 2++).
Sur la base des résultats d’une évaluation et d’une comparaison des options, l’option 2+ «cadre contraignant au niveau de l’Union assorti de mesures non contraignantes» a obtenu la note la plus élevée et a donc été considérée comme l’option privilégiée. Ce résultat correspond également à l’option privilégiée retenue par les parties prenantes (y compris les PME) qui ont répondu à la consultation ciblée.
Quelles sont les positions des différentes parties prenantes? Qui soutient quelle option?
L’option privilégiée est largement soutenue par les parties prenantes consultées. Dans l’ensemble, 46 % des répondants à la consultation ciblée ont indiqué que l’option stratégique 2+ était l’option la plus à même d’atteindre l’objectif.
C. Incidence de l’option privilégiée
Quels sont les avantages de l’option privilégiée (ou, à défaut, des options principales)?
L’option privilégiée contribuerait à: i) réduire la production de débris spatiaux et les risques en matière de cybersécurité pour l’industrie spatiale de l’Union; ii) assurer la continuité des activités et atténuer le coût des perturbations; iii) améliorer les performances et la durabilité environnementales de l’industrie spatiale; iv) rendre l’industrie plus compétitive, notamment en garantissant un environnement favorable à la poursuite de la croissance des nouveaux arrivants commerciaux; v) accroître la confiance du public dans les systèmes et services spatiaux et l’encourager à s’appuyer sur ces systèmes et services; et vi) renforcer la gouvernance du secteur spatial en harmonisant les exigences essentielles que les autorités nationales devraient prendre en considération lors de l’octroi des autorisations.
Quels sont les coûts de l’option privilégiée (ou, à défaut, des options principales)?
Les coûts de mise en conformité dépendraient de la mesure dans laquelle chaque entreprise a mis en œuvre les mesures actuelles. Toutefois, les mesures contraignantes incluses dans l’option privilégiée entraîneraient une augmentation des coûts de fabrication de 3 à 10 % par rapport au scénario de référence.
Quelles sont les incidences sur les PME et la compétitivité?
Un cadre réglementaire commun renforcerait la compétitivité de l’industrie spatiale de l’Union i) en réduisant la charge et les coûts administratifs pour les entreprises, qui ne devraient plus se conformer aux nombreuses exigences non coordonnées dans l’ensemble de l’Union; et ii) en rendant les entreprises plus fiables grâce à une meilleure résilience et à une sécurité accrue, ce qui leur conférera un avantage concurrentiel à l’échelle mondiale.
Une intégration accrue du marché unique ouvrirait également la voie à de nouveaux marchés pour les PME, en élargissant la taille du marché de l’Union et en encourageant l’innovation. Cela attirerait également les investissements privés, en contribuant ainsi à l’expansion et à la croissance de l’industrie du nouvel espace dans l’Union (principalement des jeunes pousses et des PME ayant besoin de mobiliser davantage de capitaux).
Les coûts pour l’industrie, en particulier pour les PME, incluraient les coûts nécessaires pour satisfaire aux exigences techniques et opérationnelles, ainsi que des coûts supplémentaires liés aux contrôles administratifs et à l’application de la législation. Ces coûts pourraient être réduits par les moyens suivants: i) des mesures de soutien; et ii) des actions visant à rendre les règles proportionnées (en tenant compte, par exemple, de la taille d’une entreprise, de l’importance critique ou non de la mission ou de l’altitude à laquelle le satellite doit être placé en orbite). L’initiative procurerait des avantages opérationnels aux PME, notamment en augmentant leurs revenus grâce à la prolongation de la vie des satellites.
Y aura-t-il une incidence notable sur les budgets nationaux et les administrations nationales?
L’option privilégiée aurait une incidence sur les autorités nationales compétentes (c’est-à-dire celles qui sont chargées de délivrer des autorisations pour la conduite d’activités spatiales). Par exemple, elle pourrait avoir une incidence sur la mise en place de centres nationaux de surveillance de la sécurité et sur le traitement des données relatives à la notification et à l’évaluation des incidents. La charge qui pèse sur les administrations nationales dépendra de ce qu’elles ont déjà mis en place. Les États membres peuvent choisir de se faire assister par d’autres organismes, y compris l’Agence de l’Union européenne pour le programme spatial (EUSPA), pour vérifier le respect des exigences de l’UE en matière d’autorisation.
Y aura-t-il d’autres incidences notables?
Aucune autre incidence négative significative n’est attendue. L’option stratégique privilégiée contribuerait également à la réalisation de plusieurs des objectifs de développement durable des Nations unies et créerait des emplois.
Proportionnalité?
L’option privilégiée ne dépasserait pas ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs de la présente initiative et n’imposerait pas de coûts disproportionnés susceptibles de nuire à la compétitivité de l’industrie spatiale de l’Union. L’action de l’Union i) créerait une base de référence commune pour les aspects liés à la sécurité, à la résilience et à la durabilité environnementale des activités spatiales de l’Union; ii) serait proportionnée aux risques propres aux différentes orbites et altitudes et aux caractéristiques spécifiques des missions non critiques; iii) resterait neutre sur le plan technologique; et iv) respecterait les prérogatives des États membres en matière de sécurité nationale.
D. Suivi
Quand la législation sera-t-elle réexaminée?
Les objectifs spécifiques de l’initiative feront l’objet d’un suivi annuel. L’initiative serait évaluée trois ans après son entrée en vigueur afin d’évaluer son incidence sur le marché, en particulier sur les PME, ainsi que la réaction du marché.