COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 16.7.2025
SWD(2025) 546 final
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION
RÉSUMÉ DU RAPPORT D'ANALYSE D'IMPACT
[…]
accompagnant le document:
proposition de RÈGLEMENT DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL
relatif au mécanisme de protection civile de l'Union et au soutien de l'Union en matière de préparation et de réaction aux situations d'urgence sanitaire, et abrogeant la décision n° 1313/2013/UE (mécanisme de protection civile de l'Union)
{COM(2025) 548 final} - {SEC(2025) 545 final} - {SWD(2025) 545 final}
Quels sont les problèmes à résoudre?
Ces dernières décennies, le domaine d’action de la protection civile, de la préparation et de la réaction aux crises est en butte à une aggravation constante du paysage des menaces et des risques. Ce paysage se caractérise par un faisceau imprévisible de risques sanitaires, géopolitiques, sécuritaires, socio-économiques, climatiques et environnementaux. La sécurité et la résilience de l’UE et de ses États membres sont de plus en plus étroitement liées à celles de ses partenaires au-delà de ses propres frontières. Cette nouvelle donne requiert une action résolue au niveau de l’UE pour protéger les citoyens, les sociétés, les économies et notre démocratie.
Dans ce contexte, l’analyse d’impact a mis en évidence trois problèmes essentiels et les causes qui y sont associées:
1.la gestion des crises par l’UE est principalement réactive plutôt que proactive, compte tenu d’un recours insuffisant à la prospective stratégique, à l’anticipation, à l’innovation et à l’alerte rapide, de l’absence d’évaluations et de gestion intégrées des risques;
2.la boîte à outils de gestion des crises de l’UE est fragmentée, faute d’une approche pangouvernementale, du fait de lacunes en matière de coordination sectorielle et transfrontière, de déficits dans la coordination civilo-militaire; et de la déconnexion entre les efforts de coordination internes et externes de l’UE;
3.l’Union n’est pas suffisamment en mesure d’agir de manière solidaire, compte tenu d’un engagement limité de l’ensemble de la société, y compris dans le secteur privé; de lacunes dans les mécanismes de financement de l’UE pour la réaction aux crises; de l’alignement stratégique insuffisant des budgets nationaux; et de lacunes persistantes en matière de capacités. Une partie de ce problème réside dans le fait que différents types de crises sont traités de la même manière.
Vers quoi faut-il tendre?
Pour résoudre les problèmes recensés, le système de gestion des crises de l’UE doit être équipé de manière à atteindre quatre objectifs généraux. Tous ces éléments contribuent à la réalisation de l’objectif supérieur consistant à protéger les citoyens de l’Union contre les crises.
Les objectifs généraux reflètent les principes inscrits dans la stratégie pour une union de la préparation. En ce sens, ils constituent non seulement des moyens d’atteindre l’objectif supérieur qui consiste à protéger les citoyens de l’Union contre les crises, mais sont aussi des objectifs en soi.
ØObjectif général nº 1 (OG1): mettre en œuvre une approche intégrée tous risques, anticipative et proactive de la gestion des menaces et des risques.
ØObjectif général nº 2 (OG2): mettre en œuvre un cadre de coordination intersectorielle efficace et efficient pour les différentes crises dans le cadre d’une approche pangouvernementale.
ØObjectif général nº 3 (OG3): garantir une approche englobant l’ensemble de la société en matière de préparation et de réaction aux crises.
ØObjectif général nº 4 (OG4): veiller à ce que l’Union soit équipée pour agir en temps utile, de manière flexible et solidaire, afin de protéger les citoyens de l’Union contre les crises, y compris en matière de santé.
Pourquoi l’UE devrait-elle agir?
À mesure que les crises se développent de manière plus pluridimensionnelle et transfrontière, il convient de combler les lacunes en matière de capacités au niveau de l’UE, que ce soit au moyen de capacités détenues par l’UE ou d’efforts coordonnés entre les États membres. Cela permettrait non seulement d’améliorer la coordination des mécanismes de réaction aux crises mis en œuvre au niveau de l’Union et au niveau national, mais aussi de faire en sorte que l’aide de l’UE puisse atteindre tous les citoyens de l’UE dans le besoin, tout en ayant une incidence positive à plus long terme sur les sociétés et les économies de l’UE. Les capacités critiques, telles que celles offertes par les programmes Galileo et Copernicus, ne sont viables que dans le cadre d’une action collective, créant ainsi des infrastructures stratégiques qu’aucun État membre ne peut réaliser seul.
Le renforcement de la préparation au niveau de l’UE renforcera la protection des citoyens contre les menaces transfrontières, aura un effet dissuasif, répondra au sentiment de profonde incertitude parmi les citoyens et contribuera aux conditions préalables fondamentales de la prospérité et de la compétitivité économiques. Comme l’ont montré les crises récentes, l’UE joue un rôle déterminant dans le maintien de la préparation et de la résilience de l’Union.
Options stratégiques
L’analyse d’impact propose trois options stratégiques qui abordent ces quatre objectifs généraux à des degrés divers et sous différents angles. Le champ d’application des options stratégiques est conforme à la proposition législative associée à la présente analyse d’impact.
Il convient de souligner une différence fondamentale dans l’architecture budgétaire entre les options stratégiques 1 et 2, d’une part, et l’option stratégique 3, d’autre part (voir également figure 1):
·les options stratégiques 1 et 2 proposent une approche «complémentaire» de la préparation, en tant que priorité horizontale intégrée dans le MPCU/MPCU 2.0 en synergie avec d’autres programmes.
·L’option stratégique 3 propose de centraliser tous les éléments de préparation dans le cadre d’un Fonds de préparation unique. Contrairement aux options 1 et 2, l’option 3 déconnecterait ainsi la préparation des autres politiques pertinentes.
Figure 1 – Préparation dans l’architecture du CFP dans le cadre des différentes options (à titre indicatif, la taille des domaines ne ressemble pas à la part du portefeuille du CFP)
Dans le cadre de l’option 1, un mécanisme de protection civile de l’Union sectoriel renforcé, y compris un renforcement ciblé de l’ERCC, est proposé. Les activités menées au niveau de l’UE doivent être complétées par des efforts importants au niveau national, y compris en ce qui concerne les capacités de réaction, qui, au niveau de l’UE, sont limitées au secteur «traditionnel» de la protection civile (stocks médicaux, stocks CBRN, lutte aérienne contre les incendies de forêts, etc.). Si l’intensification des efforts nationaux permet d’atteindre avec succès tous les objectifs, la valeur ajoutée de l’action au niveau de l’UE n’est pas pleinement exploitée. En conséquence, cette option manque d’efficacité, d’efficience et de cohérence externe, et ne permet pas une simplification optimale par rapport à l’option 2.
Dans le cadre de l’option 2, un MPCU transsectoriel rassemble le MPCU et les activités pertinentes pour la préparation en matière de sécurité de la santé publique. Par rapport à l’option 1, des synergies et des complémentarités entre les activités de protection civile et de préparation aux situations d’urgence sanitaire sont réalisées au moyen d’un instrument unique dans le cadre du MPCU 2.0. La structure budgétaire intégrée garantit flexibilité et souplesse dans la gestion de l’instrument. L’option 2 prévoit la mise en place d’une plateforme européenne de coordination de crise, appelée à devenir la capacité centrale de l’UE en matière de préparation aux risques transsectoriels, y compris la constitution de stocks, et de gestion opérationnelle des crises. Les capacités de réaction au niveau de l’UE vont au-delà du secteur «traditionnel» de la protection civile, y compris, par exemple, les ponts mobiles/pontons, les télécommunications à large bande et la connectivité sécurisée, et les contre-mesures médicales, y compris par la constitution de stocks virtuels. D’autres activités pertinentes en cas d’urgence sanitaire sont prévues pour lutter contre les menaces transfrontières pour la santé, conformément à la nature transsectorielle générale de l’initiative.
En outre, une troisième option stratégique est décrite, laquelle a été écartée à un stade précoce: l’option stratégique 3 consiste principalement en la création d’un instrument de financement unique (Fonds de préparation) au niveau de l’UE, comprenant tous les mécanismes et activités pertinents pour l’ensemble du CFP. Cette option stratégique ne serait pas optimale en raison i) d’une incohérence avec la stratégie de l’Union en matière de préparation; ii) de la complexité accrue des systèmes de gestion financière; et iii) d’une fusion de différents types de compétences, à la fois de soutien et de partage. Outre ces limites inhérentes à l’instrument, il est très peu probable, compte tenu de sa complexité, que les États membres le soutiennent au cours du processus de négociation. En conséquence, l’option stratégique 3 est considérée comme non viable et est donc écartée.
L’option privilégiée et ses principales incidences
L’option privilégiée est l’option 2, car elle exploite pleinement la valeur ajoutée de l’UE et, ce faisant, permet d’atteindre pleinement les objectifs. Dans le contexte d’un paysage de crise de plus en plus multidimensionnel et transfrontière, le choix de l’option 2 engendre des avantages importants sur le plan social (par exemple, un dénominateur commun plus élevé dans la préparation des populations), environnemental (par exemple, une meilleure préservation des espaces naturels et de la biodiversité) et économique (par exemple, les coûts liés à la prévention globale et à la préparation sont nettement inférieurs à ceux liés à la réaction).