Acte préparatoire52025SC0595

DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION RÉSUMÉ DE L'ÉVALUATION Évaluation ex-ante accompagnant le document: Proposition de règlement du Conseil établissant le programme de recherche et de formation de la Communauté européenne de l’énergie atomique pour la période 2028-2032, complétant le programme-cadre pour la recherche et l’innovation «Horizon Europe», prévoyant la contribution de la Communauté au projet ITER et abrogeant le règlement (Euratom) 2025/1304

CELEX52025SC0595
TypeActe préparatoire
Datemercredi 3 septembre 2025

Résumé IA

Ce document de travail de la Commission européenne présente l'évaluation ex-ante du futur programme de recherche et de formation d'Euratom pour 2028-2032. Il vise à justifier la proposition de règlement du Conseil qui prolonge ce programme, en complément d'Horizon Europe, et inclut la contribution communautaire au projet ITER (fusion nucléaire). Pour un professionnel du droit français, ce texte expose les fondements juridiques et les justifications économiques et scientifiques de ce futur cadre réglementaire, essentiel pour anticiper les obligations et opportunités de financement dans le secteur nucléaire.

Texte intégral

Bruxelles, le 3.9.2025

SWD(2025) 595 final

DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION

RÉSUMÉ DE L'ÉVALUATION

Évaluation ex-ante

accompagnant le document:

Proposition de règlement du Conseil

établissant le programme de recherche et de formation de la Communauté européenne de l’énergie atomique pour la période 2028-2032, complétant le programme-cadre pour la recherche et l’innovation «Horizon Europe», prévoyant la contribution de la Communauté au projet ITER et abrogeant le règlement (Euratom) 2025/1304

{COM(2025) 594 final} - {SWD(2025) 594 final}


Résumé

La présente évaluation ex ante accompagne la proposition de règlement du Conseil établissant le nouveau programme Euratom pour la période 2028-2032 (ci-après le «programme»). Elle prévoit le financement d’actions dans le domaine de la fission et de la fusion nucléaires, ainsi que la contribution d’Euratom au projet ITER. La proposition de programme Euratom fait partie du paquet de propositions de la Commission pour le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) couvrant la période 2028-2034. Le paquet CFP vise à renforcer la compétitivité de l’Union européenne en tant que priorité essentielle.

L’UE est aujourd’hui confrontée à plusieurs défis, dont l’indépendance énergétique, le besoin urgent de décarbonation et l’impératif de maintenir sa primauté technologique dans un marché mondial de l’énergie en évolution rapide et dans un contexte d’instabilité géopolitique permanente. L’énergie nucléaire produit de l’électricité dans 12 des 27 États membres de l’UE et a fourni 22,8 % de l’électricité de l’Europe et la moitié de l’électricité à faibles émissions de carbone de l’UE en 2023. Le rôle actuel et le potentiel de l’énergie nucléaire pour atteindre les objectifs climatiques de l’UE, avec des avantages connexes pour la qualité de l’air, et la hausse de la demande d’électricité, ainsi que les promesses de l’énergie de fusion et des nouvelles technologies nucléaires, notamment les petits réacteurs modulaires (PRM) et les réacteurs modulaires avancés (RMA), placent ces technologies en tête des priorités politiques de l’UE. Cela se reflète dans le document stratégique et les actions de la Commission, tels que la communication sur l’objectif climatique de l’Europe à l’horizon 2040, qui souligne l’importance de toutes les solutions énergétiques à émissions de carbone faibles ou nulles, y compris le nucléaire, pour décarboner le système énergétique. Le rapport de 2024 sur l’avenir de la compétitivité européenne reconnaît en outre que la technologie nucléaire joue un rôle durable dans un bouquet énergétique compétitif dans l’ensemble de l’UE. Il considère également la fusion nucléaire comme «une technologie de rupture capable de révolutionner le paysage énergétique au cours de la seconde moitié de ce siècle».

L’évaluation ex ante a conclu que, pour relever les nouveaux défis auxquels l’UE est confrontée en matière de compétitivité et de sécurité énergétique, et en vue d’atteindre les objectifs de décarbonation, le programme Euratom doit être renforcé au niveau du budget et des mesures visant à renforcer l’innovation et les compétences dans le domaine de la science et de la technologie nucléaires, pour les applications liées ou non à la production d’électricité.

Les actions d’Euratom en faveur du développement de l’énergie de fusion seront guidées par la future stratégie de l’UE pour l’énergie de fusion et soutenues par un partenariat public-privé visant à accélérer sa commercialisation rapide et économiquement viable. Ce partenariat aura pour principal objectif de créer un écosystème stable et prévisible pour l’innovation industrielle, en s’appuyant sur les atouts et les réalisations d’EUROfusion et en tirant parti du projet ITER, tout en garantissant une feuille de route claire et structurée pour le développement technologique. Ces actions s’accompagneront d’un soutien ascendant à la création et à la croissance de jeunes pousses européennes innovantes dans le domaine de la fusion, ainsi qu’à l’élargissement des possibilités de recherche de l’UE dans le domaine de la fusion par confinement inertiel.

ITER restera une pierre angulaire du développement de l’énergie de fusion en Europe et, à cette fin, il doit être pleinement intégré dans une stratégie plus large de l’UE. Le programme Euratom aura pour objectif d’achever la construction de la première phase d’expérimentation dans les délais et dans les limites du budget. Cet objectif sera notamment atteint grâce à la fourniture de composants européens pour ITER conformément à la base de référence du projet, à une participation active à la gouvernance d’ITER, à la supervision de l’entreprise commune «Fusion for Energy» dans l’exécution de ses tâches; ce faisant, il conviendra de veiller à ce que les enseignements techniques et scientifiques tirés d’ITER profitent à l’Union.

Le nouveau programme Euratom devrait clairement définir l’un de ses objectifs en ce qui concerne le soutien au développement de technologies de fission innovantes, sûres et sécurisées pour une UE prospère et durable. Des technologies telles que les petits réacteurs modulaires peuvent soutenir les objectifs de décarbonation de l’UE, en complétant d’autres solutions énergétiques à faibles émissions de carbone et en renforçant l’autonomie stratégique. Leur déploiement en toute sécurité nécessite une approche européenne harmonisée de la sûreté et une validation indépendante. À plus long terme, la recherche Euratom se concentrera sur les aspects liés à la sûreté et au contrôle de sécurité des technologies nucléaires avancées, y compris les réacteurs modulaires avancés et les combustibles et matériaux innovants.

Parallèlement, la recherche Euratom doit soutenir la prolongation de la durée de vie des installations nucléaires de l’UE afin de garantir un fonctionnement sûr et un approvisionnement énergétique fiable à faible intensité de carbone. Pour ce faire, il convient d’améliorer en permanence les normes de sécurité et de traiter des questions telles que la gestion du vieillissement et l’intégrité structurelle.

Un système intégré et solide de gestion des déchets radioactifs est une condition préalable à toutes les activités nucléaires et le programme Euratom mettra au point des solutions pour les nouvelles technologies (PRM, RMA et fusion) et pour les flux de déchets sans méthodes de traitement matures, et poursuivra la recherche sur l’optimisation des marges de sécurité des technologies d’élimination, tout en garantissant une gestion fiable des connaissances et leur transfert aux générations successives. Le programme permettrait d’apporter un soutien plus important aux États membres dont les stocks nucléaires sont moindres ou à ceux qui en sont aux premiers stades du développement de la gestion des déchets.

Un programme Euratom renforcé devrait faire progresser les applications des technologies nucléaires autres que pour la production d’électricité, notamment l’exploration spatiale, la propulsion nucléaire, la production d’hydrogène, le chauffage urbain et les utilisations industrielles. Il doit également développer la recherche en médecine nucléaire afin de lutter contre les maladies graves, d’optimiser les doses de rayonnement des patients et de renforcer la préparation aux urgences radiologiques. En outre, le programme devrait étudier des applications innovantes des rayonnements ionisants afin de soutenir l’autonomie stratégique de l’UE dans le domaine des matériaux critiques, de l’économie circulaire et de la surveillance de l’environnement.

Afin de renforcer l’innovation et les compétences dans le domaine de la science et de la technologie nucléaires, le programme bénéficiera des règles de participation et de diffusion du nouveau programme-cadre «Horizon Europe», qui visent à simplifier davantage l’accès, à renforcer l’ouverture et à maximiser les effets du financement. Il existe des domaines, tels que la compétitivité industrielle et la santé publique, dans lesquels des actions conjointes entre le programme Euratom et les programmes de l’Union peuvent être plus bénéfiques pour les citoyens de l’Union que des actions menées au titre du seul programme. C’est pourquoi le programme devrait rechercher des synergies avec «Horizon Europe» et d’autres programmes de l’Union. Une gouvernance rationalisée devrait permettre à la Commission de discuter de tous les aspects de la recherche sur la fission et la fusion, y compris le projet ITER, avec les États membres et les principales parties prenantes, afin de leur donner une vue d’ensemble stratégique et d’améliorer la coordination entre Euratom et les actions nationales, tout en reconnaissant que, pour Fusion for Energy, la gouvernance avec les États membres relève du conseil de direction de Fusion for Energy.