Publication d’une modification standard approuvée du cahier des charges d’une appellation d’origine protégée ou d’une indication géographique protégée dans le secteur des produits agricoles et des denrées alimentaires, visée à l’article 6 ter, paragraphes 2 et 3, du règlement délégué (UE) no 664/2014 de la Commission
| CELEX | 52025XC01478 |
| Type | Communication |
| Date | jeudi 27 février 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2025/1478 | 27.2.2025 |
Publication d’une modification standard approuvée du cahier des charges d’une appellation d’origine protégée ou d’une indication géographique protégée dans le secteur des produits agricoles et des denrées alimentaires, visée à l’article 6 ter, paragraphes 2 et 3, du règlement délégué (UE) no 664/2014 de la Commission
(C/2025/1478)
La présente communication est publiée conformément à l’article 6 ter, paragraphe 5, du règlement délégué (UE) no 664/2014 de la Commission (1).
COMMUNICATION DE L’APPROBATION D’UNE MODIFICATION STANDARD DU CAHIER DES CHARGES D’UNE APPELLATION D’ORIGINE PROTÉGÉE OU D’UNE INDICATION GÉOGRAPHIQUE PROTÉGÉE ÉMANANT D’UN ÉTAT MEMBRE
«Carne Mirandesa»
No UE: PDO-PT-0241-AM03 - 29 novembre 2024
AOP (X) IGP ( )
1. Dénomination du produit
«Carne Mirandesa»
2. État membre dont fait partie l’aire géographique
Portugal
3. Autorité de l’État membre communiquant la modification standard
Direction générale de l’agriculture et du développement rural
–
4. Description de la ou des modification(s) approuvée(s)
Motivation de la conformité de la ou des modification(s) à la définition d’une modification standard visée à l’article 53, paragraphe 2, du règlement (UE) no 1151/2012:
Toutes les modifications proposées sont des modifications standard, car il ne s’agit pas de modifications à l’échelle de l’Union – article 24 du règlement (UE) 2024/1143 et articles 6 et 6 ter du règlement (UE) no 664/2014 du 18 décembre 2013.
1. Dénomination
La dénomination «Carne Bovina Mirandesa» a été corrigée en «Carne Mirandesa», qui correspond à la dénomination correcte ainsi qu’à celle de l’enregistrement initial.
La modification a une incidence sur le document unique.
2. Description
| 1. | La réfrigération est supprimée, car la congélation doit également être incluse. Des analyses sensorielles ont été effectuées par des dégustateurs qualifiés et dans le cadre des concours nationaux de viandes traditionnelles portugaises, et aucune différence sensorielle n’a été détectée dans les morceaux congelés par rapport aux morceaux simplement réfrigérés, à condition que les morceaux aient été congelés et décongelés de manière techniquement correcte. |
| 2. | Dans la description, la présentation commerciale est déplacée vers un point spécifique de la description du produit. |
| 3. | Cette modification du cahier des charges se justifie également par la nécessité de préciser d’autres classes d’âge compatibles avec la législation (jeune bovin, veau, taureau) et de définir des durées minimales de maturation afin d’assurer un meilleur contrôle de la transformation des carcasses. Le classement des carcasses est également adapté conformément à la réglementation en vigueur afin d’en faciliter le contrôle respectif. |
| 4. | Le veau de lait, la vache et le taureau ont été ajoutés par nécessité de répondre au marché, du fait de la taille des exploitations, qui présentent une forte corrélation avec le produit qu’elles offrent. L’objectif est de distinguer le produit sur le marché et de mettre la production en valeur de la manière la plus spécifique possible et, dans ce contexte, les exploitations comptant peu de vaches produisent exclusivement du veau de lait, les exploitations plus grandes ne sont pas en mesure de produire le même produit, d’où la séparation et la création d’un nouveau produit (le veau de lait). En ce qui concerne la vache et le taureau, il existe une demande pour ce type de produit sur le marché et nous devons le distinguer pour ainsi le mettre en valeur et en évidence, ce que ne permet pas le contexte actuel. |
| 5. | L’âge des veaux et des bœufs/génisses est revu à la hausse, car, pour des raisons de compétitivité et de durabilité, les exploitations agricoles doivent augmenter leur densité d’élevage, ce qui nécessite une gestion minutieuse et surtout planifiée de l’alimentation. Toutefois, le changement climatique a créé des contraintes et des restrictions alimentaires, ce qui signifie que les animaux doivent passer plus de temps dans les exploitations pour satisfaire aux normes de qualité requises par la mention protégée. Ainsi, en revoyant l’âge à la hausse, nous avons réussi à maintenir la valeur et à garantir la qualité du produit. |
| 6. | La caractérisation organoleptique a été améliorée et ce qui n’était pas spécifique comme le goût sui generis a été supprimé. La modification a une incidence sur le document unique. |
3. Présentation commerciale
La marque de certification, qui n’est pas obligatoire, a été supprimée.
La définition des morceaux a été améliorée, ainsi que le mode de commercialisation, afin de l’adapter au marché.
La congélation est autorisée, car il s’agit d’une méthode de conservation qui répond aux exigences du marché et permet d’améliorer la compétitivité de l’activité.
La congélation a évolué et revêt désormais une importance majeure dans le commerce mondial. Ainsi, les producteurs pourront commercialiser ce produit congelé sur le marché, en maintenant des normes de qualité élevées et l’authenticité de l’appellation d’origine. La congélation répond aux besoins de commercialisation de produits transformés 100 % viande, sans additifs ou conservateurs, qu’il serait impossible de commercialiser à l’aide d’une autre méthode de conservation (réfrigération).
Concernant les points mentionnés ci-dessus, on peut affirmer que cette méthode permet de développer des produits en tranches et préparés en toute sécurité, en augmentant la durée de vie du produit (durée de conservation), et répond aux variations des courbes de l’offre et de la demande du marché tout au long de l’année.
Il apparaît que la congélation ne modifie pas les caractéristiques de la «Carne Mirandesa». Des analyses sensorielles ont été effectuées par des dégustateurs qualifiés et dans le cadre des concours nationaux de viandes traditionnelles portugaises, et aucune différence sensorielle n’a été détectée dans les morceaux congelés par rapport aux morceaux simplement réfrigérés, à condition que les morceaux aient été congelés et décongelés de manière techniquement correcte.
La modification a une incidence sur le document unique.
4. Article 3 des règles de production – Alimentation des animaux
Selon l’article 3 des règles de production:
Seront utilisés pour l’alimentation complémentaire des animaux destinés à l’abattage des produits naturels - maïs, pommes de terre, navets fourragers, herbes fourragères, foins. Il n’est pas permis de recourir à des produits pouvant interférer dans le rythme normal de croissance et de développement des animaux.
Modification proposée:
L’alimentation de base des animaux est le pâturage.
Tous les aliments fournis aux animaux proviennent de l’aire géographique. En cas de pénurie d’aliments produits dans la région (du fait de conditions météorologiques exceptionnelles, de foyers de maladies infectieuses, de contamination par des substances toxiques ou d’incendies) et pour garantir le bien-être animal, le recours à des aliments provenant d’autres régions est possible, sans jamais dépasser 50 % de la matière sèche sur une base annuelle.
Les aliments provenant de l’extérieur doivent être de la même qualité et présenter les mêmes caractéristiques que ceux produits dans la région.
Les aliments médicamenteux ne sont en aucun cas autorisés.
Les veaux, après sevrage et jusqu’à l’abattage, sont finis en stabulation, au pâturage ou en régime mixte. L’engraissement est, en règle générale, complété avec des céréales (comme le seigle, le maïs, le froment, l’orge, l’avoine, le triticale ou le sorgho) ou des protéagineux (comme les lentilles, les fèves, les pois chiches, les haricots, les pois, les lupins, les caroubes ou les fèves de soja).
Des complexes vitaminés et/ou minéraux peuvent également être ajoutés à l’alimentation des animaux dans la juste mesure de leurs besoins métaboliques.
Les animaux de plus d’un an, bœufs/génisses, vaches et taureaux, en plus de paître dans les pâturages naturels, sont nourris de fourrages, de produits de cultures horticoles et de fruits lorsque le pâturage fournit moins de nourriture. Des complexes vitaminés et/ou minéraux peuvent également être ajoutés à l’alimentation des animaux dans la juste mesure de leurs besoins métaboliques, mais moins significativement que pour les veaux.
Justification:
| a) | Des aliments pour animaux ne provenant pas de l’aire géographique présentant des caractéristiques, une nature et une composition très semblables à celles des aliments provenant de l’aire géographique sont utilisés pour garantir le bien-être des animaux en cas de pénurie d’aliments produits dans l’aire géographique. |
| b) | Ces aliments ne doivent en aucun cas représenter plus de 50 % de matière sèche sur une base annuelle. |
| c) | Les conditions dans lesquelles le recours à des aliments pour animaux ne provenant pas de l’aire géographique est autorisé sont précisées, compte tenu de l’article 1er (2e partie) du règlement délégué (UE) no 664/2014 de la Commission du 18 décembre 2013. «Dans la mesure où il n’est techniquement pas possible de garantir une provenance intégrale de l’aire géographique délimitée, des aliments pour animaux ne provenant pas de ladite aire peuvent être ajoutés, à condition que la qualité ou les caractéristiques du produit dues essentiellement au milieu géographique ne soient pas altérées. Les aliments pour animaux ne provenant pas de l’aire géographique délimitée ne doivent en aucun cas représenter plus de 50 % de matière sèche sur une base annuelle.» |
| d) | Les situations de pénurie découlent essentiellement de deux types de facteurs. D’une part, une des caractéristiques du climat de la région, que les changements climatiques tendent à aggraver, se traduit par des épisodes, relativement fréquents, de sécheresse ou d’autres conditions météorologiques défavorables à la production agricole. D’autre part, une tendance au déclin de l’activité agricole est observée dans la région; elle résulte en grande partie du vieillissement démographique et du dépeuplement. Par exemple, il convient de signaler que, d’après l’Institut portugais de statistique, les cultures céréalières dans la région (NUTS II) «Nord» (dans laquelle se trouve l’aire géographique de la «CARNE MIRANDESA») ont enregistré une baisse de production supérieure à 70 % en 30 ans, passant de 371 000 tonnes en 1987 à 110 000 tonnes en 2017 (371 kt en 1987; 251 kt en 1997; 139 kt en 2007; 110 kt en 2017). |
| e) | Cette modification permet également de faire face à des situations de production insuffisante, dans l’aire géographique, d’aliments conformes aux spécifications d’un autre régime de qualité (production biologique). |
| f) | Dans ces conditions, la qualité de la viande issue des animaux ainsi nourris présente les caractéristiques requises par le cahier des charges. |
| g) | La présente proposition de modification répond également à la demande d’amélioration proposée dans la lettre de la Commission européenne [réf. Ares (2022) 4048192-31 mai 2022]: «À titre subsidiaire, veuillez indiquer le pourcentage maximal d’aliments supplémentaires (céréales, protéagineux, par exemple) fournis aux animaux par an ou tout au long de leur vie.». |
| h) | La modification proposée est couverte par l’article 1er (2e partie) du règlement (CE) no 664/2014 du 18 décembre 2013 et par l’article 47 du règlement (CE) 2024/1143 du 11 avril 2024. |
| i) | La modification répond à la définition d’une modification standard, car elle ne comprend pas de changement de dénomination de l’appellation d’origine protégée, n’annule pas le lien établi dans le cahier des charges entre le produit et l’aire géographique et n’entraîne pas de nouvelles restrictions dans la commercialisation du produit. La modification a une incidence sur le document unique. |
5. Découpe et conditionnement
Un nouveau point est ajouté. L’objectif est d’assurer le contrôle et de garantir l’origine et l’authenticité du produit final.
Justification:
| a) | En ce qui concerne la congélation: «La congélation est autorisée, car il s’agit d’une méthode de conservation qui répond aux exigences du marché et permet d’améliorer la compétitivité de l’activité. La congélation a évolué et revêt désormais une importance majeure dans le commerce mondial. Ainsi, les producteurs pourront commercialiser ce produit congelé sur le marché, en maintenant des normes de qualité élevées et l’authenticité de l’appellation d’origine. La congélation répond aux besoins de commercialisation de produits transformés 100 % viande, sans additifs ou conservateurs, qu’il serait impossible de commercialiser à l’aide d’une autre méthode de conservation (réfrigération). Concernant les points mentionnés ci-dessus, l’on peut affirmer que cette méthode permet de développer des produits en tranches et préparés en toute sécurité, en augmentant la durée de vie du produit (durée de conservation), et répond aux variations des courbes de l’offre et de la demande du marché tout au long de l’année. Il apparaît que la congélation ne modifie pas les caractéristiques de la “Carne Mirandesa”. Des analyses sensorielles ont été effectuées par des dégustateurs qualifiés et dans le cadre des concours nationaux de viandes traditionnelles portugaises, et aucune différence sensorielle n’a été détectée dans les morceaux congelés par rapport aux morceaux simplement réfrigérés, à condition que les morceaux aient été congelés et décongelés de manière techniquement correcte.» Cette modification répond à la définition d’une modification standard, car elle ne comprend pas de changement de dénomination de l’appellation d’origine protégée, n’annule pas le lien établi dans le cahier des charges entre le produit et l’aire géographique et n’entraîne pas de nouvelles restrictions dans la commercialisation du produit. |
| b) | En ce qui concerne la découpe: Le cahier des charges prévoyait déjà que la «Carne Mirandesa» pouvait être présentée dans le commerce «en carcasses ou en morceaux emballés» et que «les carcasses ou morceaux» étaient «emballés et réfrigérés». La présente modification prévoit la possibilité de présenter la viande «réfrigérée ou congelée» en carcasses, demi-carcasses et quartiers, ajoutant les morceaux spécifiquement identifiés dans l’aire géographique:
|
| c) | L’emballage était déjà prévu dans le cahier des charges, mais le libellé a été amélioré et mentionne à présent les morceaux qui doivent être emballés: la «Posta Mirandesa», le «Rodião Mirandês» et les autres morceaux ou portions. La modification a une incidence sur le document unique. |
6. Normes de production de la «Carne Bovina Mirandesa»
Le libellé a été mis à jour dès lors que l’information figurait dans les règles de production annexées au cahier des charges.
La modification a une incidence sur le document unique.
7. Article 10 des normes de production de la «Carne Bovina Mirandesa»
La congélation est autorisée, car elle répond aux exigences du marché et permet d’améliorer la compétitivité de l’activité. La congélation a évolué et revêt désormais une importance majeure dans le commerce mondial. Ainsi, les producteurs pourront commercialiser ce produit congelé sur le marché, en maintenant des normes de qualité élevées et l’authenticité de l’appellation d’origine.
La congélation répond aux besoins de commercialisation de produits transformés 100 % viande, sans additifs ou conservateurs, qu’il serait impossible de commercialiser à l’aide d’une autre méthode de conservation (réfrigération).
Concernant les points mentionnés ci-dessus, l’on peut affirmer que cette méthode permet de développer des produits en tranches et préparés en toute sécurité, en augmentant la durée de vie du produit (durée de conservation), et répond aux variations des courbes de l’offre et de la demande du marché tout au long de l’année.
La congélation ne modifie pas les caractéristiques de la «Carne Mirandesa».
La modification a une incidence sur le document unique.
8. Article 1er des normes de production de la «Carne Bovina Mirandesa»
La caractérisation pédoclimatique, qui contenait peu d’informations sur certains facteurs naturels, est améliorée.
Les facteurs naturels qui caractérisent l’aire géographique sont étayés, le cahier des charges comportant peu d’informations à ce sujet. Les données de production sont supprimées, faute de sens.
La description de la spécificité du produit n’était pas incluse dans le cahier des charges initial, alors qu’elle est prévue dans le cadre de l’article 7, paragraphe 1, points e) et f) du règlement (UE) no 1151/2012. Elle constitue en outre un élément important pour démontrer le lien entre la «Carne Mirandesa» et l’aire géographique.
La modification a une incidence sur le document unique.
9. Article 21 des normes de production de la «Carne Bovina Mirandesa» – Organisme de contrôle
Cette rubrique est modifiée afin d’assurer la conformité de son intitulé et de son contenu avec l’article 7, paragraphe 1, point g), du règlement (UE) no 1151/2012 et avec les normes de contrôle officiel approuvées par le règlement (UE) 2017/625 du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2017 (contrôle officiel).
La modification a une incidence sur le document unique.
10. Article 17 des normes de production de la «Carne Bovina Mirandesa» – Règles de production
Alignement du libellé des règles d’étiquetage facultatives sur l’article 7, paragraphe 1, point h), et l’article 12, paragraphes 4 et 5, du règlement (CE) no 1151/2012, ainsi que sur l’article 3 du règlement (CE) no 668/2014 afin de renforcer le contrôle et d’identifier la dénomination enregistrée.
Remplacement du logo précédent pour renouveler l’image de l’appellation.
Cette modification n’a pas d’incidence sur le document unique.
11. Lien avec l’aire géographique
Amélioration des informations relatives à l’influence des caractéristiques spécifiques de l’aire géographique sur les caractéristiques spécifiques du produit (lien).
Modification:
La spécificité de la «Carne Mirandesa» est le résultat de la race des animaux, la race Mirandesa, de l’alimentation: le lait maternel, les fourrages et les céréales produits dans l’exploitation, et du système de production, en particulier les pratiques de gestion des animaux.
La combinaison des caractéristiques génétiques de la race Mirandesa, en particulier sa croissance lente, avec une infiltration précoce de graisse intramusculaire dès le plus jeune âge, associée à sa gestion, en particulier à son alimentation, confère à la «Carne Mirandesa» ses caractéristiques organoleptiques spécifiques, à savoir sa texture, sa coloration, sa distribution de la graisse et son humidité, ainsi que son goût herbacé et fruité. En fonction de l’âge de l’animal, il existe évidemment une différenciation progressive de la viande au niveau de la coloration et de la texture.
L’importance des pâturages et de l’environnement dans lequel ils s’insèrent est mise en évidence dans l’alimentation.
Ses caractéristiques spécifiques sont reconnues par les consommateurs. La «Carne de Bovino Mirandesa», notamment la «posta mirandesa», est l’un des plats les plus populaires de la gastronomie du Trás-os-Montes.
Il était initialement consommé lors des foires qui se déroulaient un peu partout dans l’aire géographique, mais il a franchi les frontières de la région.
Cette viande est reconnue comme étant exceptionnellement tendre et succulente avec des arômes et des saveurs qui la différencient de toute autre viande bovine. Comme indiqué dans le livre d’Alfredo Saramago et d’António Monteiro, «Cozinha Transmontana» (Cuisine du Trás-os-Montes), «contrairement aux autres provinces, la viande bovine est consommée en abondance dans le Trás-os-Montes. Et les populations les plus nanties n’étaient pas les seules à la consommer.(...) La “posta mirandesa” est un exemple de la consommation de viande bovine par les classes populaires.»
José Saramago décrit la «posta» qu’il a dégustée en 1981 dans le restaurant Gabriela, à Sendim, comme étant «gigantesque, nageant dans une sauce au vinaigre» «qui fait transpirer les joues» et «d’une viande tendre, que le couteau coupe sans effort».
José Quitério présente la recette de la «posta mirandesa» donnée en mirandais par António Mourinho, prêtre local et fondateur des Pauliteiros de Miranda de Duas Igrejas:
«La Pôsta comme les “mirandesas” l’appellent est le mets le plus appétissant et le plus rapide à préparer sur les terres de Miranda. La majeure partie du veau est rôtie au feu de bois, assaisonnée uniquement de sel. La sauce s'écoule de la viande elle-même», déclare le Père Mourinho, affirmant que la «posta» «est le plat rustique des foires des terres de Miranda, Mogadour et Vimioso, préparé à l’air libre et mangé au couteau et à la fourchette».
On peut en déduire que la «posta» n’était assaisonnée qu’avec du sel et qu’elle n’était accompagnée que de son propre jus.
La «Carne Mirandesa» est célébrée lors de festivals tels que le festival de la «posta mirandesa» à Vimioso et a remporté de nombreux prix tels que des médailles d’or lors du concours national de viandes traditionnelles portugaises et des noms qualifiés au salon national de l’agriculture entre 2012 et 2022.
Justification:
Cette proposition de modification visait également à répondre à la suggestion formulée dans la lettre de la Commission, réf. Ares (2022) 4048192-31 mai 2022:
«la “combinaison des caractéristiques génétiques de cette race autochtone, avec la gestion pratiquée et l’utilisation des ressources alimentaires de l’aire géographique délimitée”, contenue dans la rubrique “Lien”, doit être complétée par des informations sur les caractéristiques génétiques de cette race autochtone, les caractéristiques ou spécificités de la viande et leur incidence sur le produit.».
La modification a une incidence sur le document unique et répond à la définition d’une modification standard, car elle ne comprend pas de changement de dénomination de l’appellation d’origine protégée, n’annule pas le lien établi dans le cahier des charges entre le produit et l’aire géographique et n’entraîne pas de nouvelles restrictions dans la commercialisation du produit.
La modification a une incidence sur le document unique.
DOCUMENT UNIQUE
«Carne Mirandesa»
No UE: PDO-PT-0241-AM03 - 29 novembre 2024
AOP (X) IGP ( )
1. Dénomination(s) (de l’AOP ou de l’IGP)
«Carne Mirandesa»
2. État membre ou pays tiers
Portugal
3. Description du produit agricole ou de la denrée alimentaire
3.1. Code de la nomenclature combinée
| — | 02 - VIANDES ET ABATS COMESTIBLES |
3.2. Description du produit portant la dénomination visée au point 1
Viande provenant d’animaux de la race Mirandesa, inscrits dans le registre des naissances de la race bovine Mirandesa, nés, élevés, abattus et découpés dans l’aire géographique délimitée conformément au cahier des charges.
Elle peut se présenter sous la forme de viande de jeune veau, de veau rosé, de jeune bovin, de vache ou de taureau, présentant les caractéristiques suivantes:
| Produit | Classement | Âge au moment de l’abattage | Sexe | Poids vif | Autres caractéristiques physiques |
| Veau de lait | V | 5 à 9 mois | Des deux sexes | 134 ± 28 kg | Coloration rose clair. Graisse de couleur blanche, caractérisée par une présence modérée de graisse intramusculaire. Le muscle est d’un grain fin et d’une consistance ferme. |
| Veau | Z | 10 à 12 mois | Des deux sexes | 162 ± 38 kg | Coloration rose. Graisse de couleur blanche, caractérisée par une présence modérée de graisse intramusculaire. Le muscle est d’un grain fin et d’une consistance ferme. |
| Jeunes bovins | Z | 13 à 30 mois | Des deux sexes | 250 ± 53 kg | Coloration rouge clair. Graisse de couleur blanc foncé, caractérisée par une forte présence de graisse intramusculaire. Le muscle est d’un grain fin et d’une consistance ferme. |
| Vache | S.E.U.R.O.P | 31 à 120 mois | Femelle | 280 ± 62 kg | Coloration rouge. Graisse de couleur rouge, caractérisée par la présence de graisse intramusculaire apparente. Le muscle est d’un grain fin et d’une consistance ferme. |
| Taureau | S.E.U.R.O.P | 31 à 96 mois | Mâle | 460 ± 84 kg | Coloration rouge foncé. Graisse de couleur rouge, caractérisée par la présence de graisse intramusculaire apparente. Le muscle est d’un grain fin et d’une consistance ferme. |
Lorsqu’elle est présentée crue, la «Carne Mirandesa» fraîche a un goût herbacé et fruité.
3.3. Aliments pour animaux (uniquement pour les produits d’origine animale)
La conduite d'élevage des animaux est directement associée à l’utilisation des prairies naturelles («lameiros»), où la végétation spontanée est constituée en grande partie de graminées et de légumineuses. Les animaux sont élevés presque exclusivement à l’air libre, de manière extensive. Les espèces fourragères cultivées dans la région sont également utilisées pour nourrir les animaux. Le maïs est utilisé en été, tandis que le fourrage d’avoine et de seigle est utilisé au printemps et en automne, et les navets en hiver.
En cas de pénurie d’aliments produits dans la région (du fait, entre autres, de conditions météorologiques exceptionnelles, de contamination par des substances toxiques ou d’incendies) et pour garantir le bien-être animal, le recours à des aliments provenant d’autres régions est possible, sans jamais dépasser 50 % de la matière sèche sur une base annuelle.
3.4. Étapes spécifiques de la production qui doivent avoir lieu dans l’aire géographique délimitée
Toutes les étapes de la production ont lieu dans l’aire géographique.
3.5. Règles spécifiques applicables au tranchage, râpage, conditionnement, etc., du produit auquel la dénomination fait référence
La «Carne Mirandesa» peut se présenter dans le commerce en carcasses, demi-carcasses ou quartiers.
Elle peut également être présentée en morceaux ou en portions emballés (en tranches, en morceaux, en lamelles, en dés, hachés, etc.), notamment:
La «Posta» ou «Posta Mirandesa», obtenue exclusivement à partir des morceaux de carcasses de veaux ou de jeunes bovins dénommés «lombinho», «pojadouro», «picadouro», «alcatra» et «posta falsa», présentée entière ou en tranches.
Le «Rodião» ou «Rodião Mirandês», obtenu exclusivement à partir du morceau provenant de carcasses de veaux ou de jeunes bovins dénommé «aba carregada» (haut de côtes), se présentant sous la forme d’une pièce de découpe non désossée, entière ou en tranches.
La congélation est autorisée.
3.6. Règles spécifiques applicables à l’étiquetage du produit auquel la dénomination fait référence
Mentions obligatoires:
| — | «Carne Mirandesa» – Appellation d’origine protégée ou «Carne Mirandesa» – AOP. |
| — | Date de naissance de l’animal et catégorie correspondante de «produit»: veau de lait; veau; jeune bovin; vache ou taureau. |
| — | Identification du producteur |
4. Description succincte de la délimitation de l’aire géographique
L’aire géographique est limitée aux communes de Bragance, Macedo de Cavaleiros, Miranda do Douro, Mogadouro, Vimioso et Vinhais, qui constituent le berceau de la race Mirandesa.
5. Lien avec l’aire géographique
5.1. Spécificité de l’aire géographique
L’aire géographique présente différentes caractéristiques qui déterminent les différentes formes de production agricole. La région connaît un climat sous-humide, mésothermique, avec une forte pénurie d'eau en été et une concentration thermique estivale modérée.
Ces caractéristiques ont conduit à la prédominance de l’agriculture et des pâturages secs sur des sols schisteux et granitiques moyennement fertiles ou pauvres, dotés d’une faible capacité de rétention d’eau, caractérisés par une monoculture céréalière telle que le seigle, le maïs, le blé, l’orge, l’avoine, le triticale ou le sorgho.
Les prairies naturelles («lameiros») prédominent dans les zones plus pluvieuses, avec une végétation spontanée constituée en grande partie de graminées et de légumineuses.
Le type d’occupation rurale ou agricole est essentiellement le pâturage de vallée («lameiros» humides et secs); les céréales d’hiver (seigle) et la jachère/le pâturage; les châtaigneraies et l’élevage bovin.
Les «lameiros» sont des pâturages semi-naturels permanents d’origine séculaire, étroitement liés aux différents systèmes agroalimentaires qui caractérisent l’agriculture traditionnelle de montagne, consistant en une végétation spontanée et sous-spontanée, dont la composition floristique dépend fortement des conditions pédoclimatiques, mais aussi de la gestion de l’effectif de ruminants. Ils sont présents dans des conditions écologiques très diverses et constituent donc non seulement un patrimoine culturel et paysager important, mais aussi un patrimoine génétique. Selon leur mode d’utilisation, ces pâturages se caractérisent par des «lameiros» de pâturage, des «lameiros» d’herbes et des «lameiros» de foin et, en fonction de leurs disponibilités en eau, par des «lameiros» irrigués et des «lameiros» secs.
Les zones rurales de l’aire géographique de production sont également occupées et compartimentées notamment à l’aide de frênes, embellissant et enrichissant les «lameiros» en formant des rideaux fourragers.
On y trouve aussi des aulnes et des peupliers qui contribuent à accroître la diversité de la flore et de la faune. Cette végétation renforce les réserves d’eau dans le sol et la production végétale, améliorant le confort du bétail grâce à la régulation du climat et à la protection contre le vent.
Les animaux sont produits dans un système extensif, mais dans les petites exploitations, ils sont considérés comme faisant partie de la famille, de sorte qu’ils dorment normalement dans des lieux que les locaux appellent des loges, à proximité des foyers des éleveurs.
Les vaches sont gardées au pâturage toute l’année et reçoivent un complément de foin ou d’autres fourrages. Bien que leur alimentation soit exclusivement limitée au lait maternel, les veaux de lait peuvent accompagner leur mère au pâturage. Les veaux, jusqu’au sevrage qui a lieu entre 5 et 6 mois, plus tôt que les veaux de lait, peuvent également accompagner la mère au pâturage. Après le sevrage et jusqu’à l’abattage, la finition peut se dérouler en stabulation, au pâturage ou en régime mixte. Les animaux de plus d’un an, les jeunes bovins, les vaches et les taureaux, en plus de paître dans les pâturages naturels, sont également nourris de fourrages, de produits de cultures horticoles et de fruits lorsque les pâturages fournissent moins de nourriture.
Cet environnement influence le développement physique et mental et le bien-être des animaux.
La région est le berceau de la race bovine Mirandesa, race utilisée pour la production de la «Carne Mirandesa». Le règlement relatif au registre généalogique des bovins de la race Mirandesa a été établi le 22 avril 1959.
5.2. Spécificité du produit
La «Carne Mirandesa» présente des caractéristiques distinctives, à savoir sa texture, sa coloration, sa répartition de la graisse et son humidité, ainsi que son goût herbacé et fruité. En fonction de l’âge de l’animal, il existe évidemment une différenciation progressive de la viande au niveau de la coloration et de la texture.
Ces spécificités sont dues à la race bovine Mirandesa dont elle est tirée, à l’alimentation des animaux à l’aide de lait maternel, de fourrages et de céréales produits dans l’exploitation, et à la conduite d'élevage des animaux.
5.3. Lien causal entre l’aire géographique et la qualité ou les caractéristiques du produit
La spécificité de la «Carne Mirandesa» est le résultat de la race Mirandesa, de l’alimentation (lait maternel, fourrages et céréales produits dans l’exploitation) et du système de production, en particulier les pratiques d'élevage des animaux.
La combinaison des caractéristiques génétiques de la race Mirandesa, en particulier sa croissance lente, avec une infiltration précoce de graisse intramusculaire dès le plus jeune âge, associée à son mode d'élevage, en particulier son alimentation, confère à la «Carne Mirandesa» ses caractéristiques organoleptiques spécifiques, à savoir sa texture, sa coloration, sa répartition de la graisse et son humidité, ainsi que son goût herbacé et fruité. En fonction de l’âge de l’animal, il existe évidemment une différenciation progressive de la viande au niveau de la coloration et de la texture.
L’importance des pâturages et de l’environnement dans lequel ils se trouvent est mise en évidence dans l’alimentation.
Ses caractéristiques spécifiques sont reconnues par les consommateurs. La «Carne de Bovino Mirandesa» est célèbre et la «posta mirandesa» est l’un des plats les plus populaires de la gastronomie du Trás-os-Montes.
Il était initialement consommé lors des foires qui se déroulaient un peu partout dans l’aire géographique, mais il a franchi les frontières de la région.
Cette viande est reconnue comme étant exceptionnellement tendre et succulente avec des arômes et des saveurs qui la différencient de toute autre viande bovine. Comme indiqué dans le livre d’Alfredo Saramago et d’António Monteiro, «Cozinha Transmontana» (Cuisine du Trás-os-Montes) (Assírio & Alvim, 1999), «contrairement aux autres provinces, la viande bovine est consommée en abondance dans le Trás-os-Montes. Et les populations les plus nanties n’étaient pas les seules à la consommer.(...) La “posta mirandesa” est un exemple de la consommation de viande bovine par les classes populaires.».
José Saramago décrit la «posta» qu’il a dégustée en 1981 dans le restaurant Gabriela, à Sendim, comme étant «gigantesque, nageant dans une sauce au vinaigre» «qui fait transpirer les joues» et «d’une viande tendre, que le couteau coupe sans effort» («Viagem a Portugal», Porto Editora, novembre 2016).
La «Carne Mirandesa» est célébrée lors de festivals tels que le festival de la «Posta Mirandesa» à Vimioso et a remporté de nombreux prix tels que des médailles d’or lors du concours national de viandes traditionnelles portugaises et des noms qualifiés au salon national de l’agriculture entre 2012 et 2022.
Référence à la publication du cahier des charges
https://tradicional.dgadr.gov.pt/pt/cat/carne/carne-de-bovino/235-carne-mirandesa-dop
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/1478/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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